dimanche 31 janvier 2010

Tour de Babel

A Bruxelles, Chouchou et moi habitons dans un petit immeuble de trois étages. Tout en haut, juste au-dessus de nos têtes, vit Dumbo, lycéen slovène à la démarche pachydermique, doté d'une mère fonctionnaire aux Communautés Européennes qui est absente les trois quarts du temps. L'appartement du rez-de-chaussée est occupé par un Italien malpoli qui fait semblant de ne pas nous voir quand il nous croise dans le hall. Et celui du premier étage, vide depuis deux ou trois mois, même qu'on l'a bien senti dans nos factures de chauffage abrite désormais une charmante Brésilienne qui parle très bien anglais et qui est venue nous emprunter des allumettes vendredi vers 23h. J'ai cru comprendre qu'elle s'appelait Daniela. Dommage pour Père: entre les euros slovènes que je n'ose pas demander à Dumbo de me ramener depuis que Chouchou a menacé d'appeler la police un soir où il faisait la teuf avec ses potes, les euros italiens trop répandus pour être intéressants, et les non-euros du Brésil fâcheusement situé sur le mauvais continent, ce n'est pas grâce à mes voisins que sa collection va s'agrandir.

Janvier 2010


samedi 30 janvier 2010

Bonnes résolutions 2010: +1 mois

Janvier touche à sa fin; c'est le moment de faire un premier bilan sur la tenue des nombreuses et ambitieuses résolutions prises en début d'année.

Côté shopping non-indispensable, j'ai acheté: trois paires de chaussures en soldes, une jupe Desigual, une petite bague Swarovski, un ensemble de lingerie Etam et un bol à thé japonais. Mais j'ai déjà tout utilisé à l'exception des chaussures (j'ai dû mettre le nez dehors trois fois ce mois-ci), et je suis super-contente de tout. Le bol japonais, en particulier, est une merveille que je ne me lasse pas de tripoter même lorsqu'il ne contient pas la moindre goutte de thé. Et le plus important: 80% de ces achats ont été financés par des reventes sur eBay. Résultat, mes factures de carte bleue du mois sont inférieures de moitié à leur montant moyen habituel. Yihaaaa! Fière de moi je suis sur ce coup-là. Et frustrée? Un peu, mais ça reste supportable. Je me rends compte qu'à force de mater une paire de chaussures donnée pendant des soirées entières sur internet, j'arrive à m'en dégoûter sans que ça m'ait coûté un centime.

Lecture du moment: "L'art de l'essentiel", de Dominique Loreau, dont j'avais déjà bien aimé "L'art de la simplicité" et "L'art des listes" - pas de révélation fracassantes, mais une réaffirmation toujours utile de sains principes de vie.

Côté rythme de vie, mon merveilleux réveil-station iPod continue à faire son office. Désormais, je me lève tous les matins à 9h, y compris le week-end, et je réussis à m'endormir tous les soirs entre 00h30 et 1h sans grosses difficultés. Du coup, j'ai pu allonger un peu mon temps de travail quotidien et augmenter ma productivité. C'est bien, mais je vise encore un poil plus haut, ou disons un poil plus tôt: dans les semaines à venir, je vais tâcher de reculer l'heure de mon réveil jusqu'à 8h30. Je sais, c'est follement ambitieux comme programme, à la limite de la démence agravée - mais j'ai la foi.

Côté, euh, reprise en mains physique (le mot "régime" est banni de mon vocabulaire), j'ai fait quelques minuscules efforts sur mon alimentation. A quatre heures, je mange des fruits plutôt que des pains au lait beurrés trempés dans du chocolat chaud, et j'ai supprimé les pancakes de ma liste de produits préférés sur le site de Picard. Je sais bien que ça ne va pas suffire. Mais nous avons investi dans la Wii Fit Plus, et dès que Chouchou m'aura installé ça (*hint, hint*), je me remets à faire du stepper sur ma Balance Board surélévée, avec poids aux poignets et aux chevilles, en regardant "Dr. House" pour ne pas mourir d'ennui. Tout de même, je n'ai pas hâte de me peser dessus pour la première fois depuis plus d'un an et de l'entendre s'écrier: "Oh là là, mais vous êtes obèse!". Je crois que je vais couper le son pendant l'opération. Et peut-être fermer les yeux pour ne pas voir mon Mii se changer en montgolfière à lunettes.

vendredi 29 janvier 2010

Six mois sous Xanax: le bilan...

Il y a six mois, mon généraliste me mettait sous Deroxat et Xanax suite à une grosse crise de panique, en me prévenant que ce n'était qu'un palliatif temporaire et que je devais suivre une psychothérapie pour résoudre le problème de mon angoisse de la maladie.

Les premiers temps, je n'ai pas bien réagi du tout aux médicaments. J'étais complètement assommée; je dormais 16h par jour et le reste du temps, je luttais pour garder les yeux ouverts ou ne pas m'écrouler en pleine rue. J'ai dû augmenter la dose beaucoup plus lentement que prévu, et deux bons mois se sont écoulés avant que je recommence à fonctionner à peu près normalement. Effets positif:s adieu les insomnies, bonjour la coolitude à toute épreuve! Effets négatifs: adieu les orgasmes (à cause de la perte de sensibilité...), bonjour les fringales! J'ai bien dû prendre cinq kilos à cause de ça, alors que j'en traînais déjà pas mal de surnuméraires.

La thérapie, entamée avec toute la bonne volonté du monde, a été un pur échec. Si raconter ma vie ne m'a curieusement posé aucun problème, j'étais tellement sceptique par rapport aux méthodes utilisées que ça ne pouvait juste pas fonctionner. Peut-être aurais-je dû voir un comportementaliste plutôt qu'une traumatologue...

J'ai commencé à diminuer mes doses de médicaments en octobre, et là encore, l'arrêt a dû être extrêmement progressif. La première fois que j'ai tenté de supprimer complètement le Deroxat (après être descendue de 40 à 10mg quotidiens), j'ai été saisie au bout de trois jours de violents vertiges qui, tout un samedi durant, m'ont jetée à terre telle une poupée de chiffon, d'une façon presque comique: je suis debout... ah tiens je suis allongée sur le lino. J'ai recommencé à raison de 10mg trois jours d'affilée, puis rien le quatrième, pour espacer les prises jusqu'à ne plus consommer que 10mg une fois tous les trois jours. Arrivée là, j'ai stoppée le Deroxat, attendu un peu que mon état se stabilise, puis entrepris de faire la même chose avec le Xanax.

Actuellement, je ne prends plus qu'un demi-comprimé de Xanax un soir sur deux. Les soirs où je n'en prends pas, mes pensées sont un peu plus sombres que d'habitude, et mon angoisse de la maladie tente de remonter en surface. Mais ça va, j'arrive à gérer.

Je comprends maintenant pourquoi on dit que les anti-dépresseurs ne doivent pas être pris à la légère. J'ai expérimenté la lourdeur de leurs effets secondaires et la difficulté du sevrage. J'aimerais bien ne pas avoir à recommencer. Pourtant, je dois reconnaître qu'ils m'ont permis de sortir du cercle vicieux dans lequel je m'étais lentement enfermée depuis près d'un an et demi, de casser l'enchaînement automatique de pensées négatives qui me donnait l'impression d'être en train de mourir. Comme avec mon endométriose, je constate que lorsqu'un traitement efficace existe, il n'est jamais anodin, et qu'il faut toujours être prêt à en payer le prix.

Illustration: www.istockphoto.com

jeudi 28 janvier 2010

"Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux"

Sous la forme d'un catalogue de vente aux enchères, si bien réalisé qu'on le croirait authentique, Leanne Shapton retrace la liaison fictive entre Lenore Doolan, 26 ans, critique culinaire dans la presse américaine, et Harold Morris, 39 ans, photographe au sommet de son art. A travers les photos en noir et blanc des objets de leur quotidien se dessinent deux caractères impétueux dont l'amour semblait condamné dès le début. On devine Lenore primesautière, jalouse et un poil hystérique, tandis qu'Harold apparaît comme un paniqué chronique de l'engagement. J'ignore si les objets ont une âme; ce qui est certain, c'est qu'avec un peu de talent, il est possible de les faire parler, et même de les rendre très bavards. Avec son titre à coucher dehors, "Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux : Maison de vente ... février 2009, 10h et 14h, heure de New York" est un ovni littéraire dont j'ai savouré chaque page. Il m'a fait prendre conscience qu'il existe bien des manières de raconter une histoire, et donné une ou deux idées que je devrais exploiter prochainement dans ce blog.

Chie Mihara mon amour

Comment j'ai découvert Chie Mihara:
Il y a deux ans environ, en parcourant des blogs de modeuses. Toutes les adeptes de la marque vantaient l'originalité un peu rétro de ses modèles, et surtout leur incroyable confort. Intriguée, je me suis mise à ouvrir l'oeil. C'est chez Graphie Sud que j'ai pour la première fois vu des Chie Mihara "en vrai", et j'ai aussitôt eu le coup de foudre pour les Raouda. A ce jour, ma collection compte sept paires (en réalité, j'en ai acheté neuf, mais deux d'entre elles acquises par correspondance ne m'allaient vraiment pas, et je m'en suis séparée).

Mais qui se cache derrière cette marque au nom imprononçable?
Une créatrice d'origine japonaise, qui a passé la plus grande partie de sa vie au Brésil et commencé par exercer le métier d'orthopédiste. Voilà pourquoi ses chaussures sont si bien foutues: elle a les connaissances nécessaires pour respecter au maximum la morphologie du pied quand elle dessine un modèle. Du coup, à hauteur de talon égale, c'est vrai qu'on cavale beaucoup plus longtemps avec des Chie Mihara qu'avec des chaussures de n'importe quelle autre marque de ma connaissance. Et si en plus on rajoute un coussinet de gel à l'intérieur, on repousse encore le moment où on a l'impression de marcher sur des pelotes d'épingles. Oh, et pour info: "Chie" se prononce "Tchié", et dans le Mihara, on a un "h" aspiré et un "r" japonais qui sonne plutôt comme un "l".

Et au niveau des prix, ça donne quoi?
Des escarpins ou des babies Chie Mihara coûtent, au prix fort, un peu plus de 200€; des bottines, plus de 300€. Oui, c'est cher, même pour des chaussures de grande qualité. Du coup, je ne les achète qu'en soldes ou sur eBay, et suis très fière de n'avoir payé aucune de mes paires plein pot - moins 30% au minimum; parfois moins 50, voire moins 60. Il faut être patiente et pister assidûment les modèles repérés.

Pister, d'accord, mais où?
A Paris, il y a un corner Chie Mihara au Printemps Haussman, et la marque est également vendue dans les magasins Garrice.
A Bruxelles, on la trouve chez Graphie Sud (près de la place Brugmann) ou chez Boccacci/Les Anonymes (dans la rue du Bailly).
Sur internet, voir Sarenza, Spartoo ou Le Bazar Parisien.
Attention: on trouve rarement le même modèle à deux endroits différents, et quasi jamais dans la même couleur. En effet, l'usine Chie Mihara teint ses chaussures à la demande des clients. Depuis deux ans, j'ai ainsi vu défiler mes Saima bien-aimées avec une douzaine de combinaisons de couleurs différentes. Ce qui me donne le sentiment que les miennes sont quasi-uniques, et ça, ça me plaît beaucoup!

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer mes petites chéries:

Les Raouda (soldes d'été 2008 chez Graphie Sud), mes toutes premières, un poil grandes mais tant pis: je les aime d'amûûûr pour leur association gris clair/jaune citron presque fluo


Les Saima (soldes d'été 2008 chez Boccacci), celles qui me valent une flopée de compliments chaque fois que je les porte


Les Guel (eBay été 2008), cute dark green Mary-Janes, jamais portées car un poil trop petites - je ne vais sans doute pas tarder à m'en séparer


Les Triton (eBay, hiver 2009), autre achat par correspondance plus réussi cette fois: payées une bouchée de pain, ce sont de très loin mes sandales d'été préférées


Les Bonanza (soldes d'hiver 2009 chez Graphie Sud), dont je n'arrive pas à remonter la fermeture éclair jusqu'en haut pour cause de mollets calamiteux, mais tant pis: de toute façon, je ne les porte que sous des jeans


Les Solot (soldes d'hiver 2009 chez Boccaci), que je regrette toujours d'avoir laissé échapper en rouge sur Sarenza à force d'hésiter: en noir, elles sont plus faciles à porter mais manquent de peps... et les poils de chat se voient encore plus


Et les Alegra (soldes d'hiver 2010 chez Boccacci), donc - ma toute dernière acquisition.


mercredi 27 janvier 2010

10 (other) things I loved this month

- La mini-ligne Eternity d'Etam Lingerie en microfibre, notamment le caraco et le shorty. Japonisant, über-mignon, très confortable et même pas cher: que demande le peuple? (Par contre, je n'ai pas supporté le noeud-noeud du shorty plus d'une demi-journée; depuis, il languit tristement sur ma table de nuit en attendant que je décide de son sort.)

- La chanson de Thomas Dutronc, "Les frites bordel". Bien déprimante dans sa première moitié, hilarante dans sa seconde - une magnifique apologie du gras que ne renierait pas Boulet. M'a donné envie de découvrir tout l'album dont elle est tirée, "Comme Un Manouche Sans Guitare".



- La vidéo de Glosoli, par Sigur Ros, groupe de rock expérimental islandais. La musique est étrange, pas nécessairement mon genre à la base, et j'avoue que le symbolisme du clip m'échappe totalement. Pourtant, je suis sous le charme. Watch this:




- Le Kusmi Tea à la fraise. Parce que même si je raffole par-dessus tout des thés verts japonais bien âpres et des Oolong très fins, parfois - notamment à l'heure du goûter - j'ai envie de quelque chose de moins "authentique" et de plus sucré. Et puis la boîte est jolie ^^ (bien que pas très pratique à ranger).

- La bague Lychee de Swarovski, adorable petit poisson de brillants rouges dont les nageoires remuent quand on bouge la main. La collection printemps-été 2010 de la marque contient par ailleurs une énorme mais sublime carpe koi bleue, hélas (ou heureusement pour mon porte-monnaie!) réservée aux grandes mains.

- Le vernis A oui bit of red de OPI: rouge vif, épais, brillant, il me fait penser à une pomme d'Api. Je crois que je tiens une nouvelle marque chouchou. Un peu chère en France, dommage (13€ le flacon chez Monop' au lieu de $8 aux Zuess...), mais je craque pour les jeux de mots de ses noms et l'incroyable variété de ses couleurs.

- Le rouge à lèvres Russian Red de MAC: j'ai enfin trouvé le rouge parfait, très soutenu, avec une légère pointe de bleu, qui complémente à merveille mon teint clair et mes cheveux foncés. En plus, il ne transfère pratiquement pas sur les verres ou la bouche de Chouchou, et c'est aussi le préféré de Dita Von Teese: comme référence glamour, il y a pire!

- Cette sérigraphie sur bois cute & creepy, baptisée "Kokoro" et en vente sur Shanalogic. Si Chouchou et moi fêtions la Saint-Valentin, c'est ce que je me serais lui aurais offert cette année.

- Mes nouveaux verres à dents: bleu pour Monpatelin, rouge pour Bruxelles. Payés trois fifrelins au Grand Comptoir de Toulouse, et pile poil dans le ton de la déco de mes deux salles de bain.

- Zoo World, sur Facebook. Juste au moment où je commençais à me lasser de Farmville, je suis tombée sur cet autre petit jeu de gestion qui fonctionne selon des principes assez différents et qui permet de collectionner de mignons zanimô tout en s'instruisant (mais oui, mais oui!).

mardi 26 janvier 2010

"Cristallisation secrète"


Dans tous ses livres - et ils commencent à être nombreux -, Yoko Ogawa explore inlassablement le thème de la mémoire. Ce qui pourrait devenir répétitif si elle ne réussissait pas l'exploit de le faire chaque fois d'une manière différente, sous un angle nouveau et original, tout en gardant ce style délicat et empreint de mélancolie qui n'appartient qu'à elle. D'habitude, j'attends que ses romans sortent en poche chez Babel pour les acheter. Mais la superbe illustration et la quatrième de couverture de la version Actes Sud - plus grande et plus chère - m'ont fait faire une exception pour "Cristallisation secrète".

L'histoire se déroule sur une île coupée du reste du monde et soumise à un étrange phénomène: les choses y disparaissent les unes après les autres. Après les oiseaux et les roses, vient ainsi le tour des calendriers, puis des livres... et bientôt, c'est une partie même du corps humain qui se trouve touchée par cet effacement progressif. Les habitants ne s'en émeuvent pas, à l'exception de quelques rares individus dont les souvenirs demeurent intacts - et qui sont impitoyablement traqués par les "chasseurs de mémoire"...

Très vite, le lecteur comprend que "Cristallisation secrète" est une subtile métaphore des régimes totalitaires. C'est la première fois à ma connaissance qu'une oeuvre de Yoko Ogawa aborde un sujet aussi concret et politique. Mais elle le fait d'une façon si pleine de poésie, si dénuée de critique directe qu'on a l'impression de pénétrer dans une dimension parallèle, sans rapport avec la réalité malgré l'angoisse qu'elle suscite. Pour autant, difficile de ne pas penser à Anne Frank et à tous les Juifs qui furent, comme l'éditeur de la narratrice, obligé de se terrer dans des réduits minuscules pour échapper aux rafles nazies pendant la seconde guerre mondiale. Un roman magnifique qui donne à réfléchir et à se souvenir.

lundi 25 janvier 2010

Musée Magritte: qui a éteint la lumière?

Depuis son ouverture en juin dernier, la presse comme les visiteurs vantent la beauté du Musée Magritte, au point que les visites guidées sont complètes plusieurs mois à l'avance. Chouchou étant amateur de surréalisme et moi n'y connaissant que dalle mais voulant bien élargir ma culture artistique, nous avions décidé de faire cette visite incontournable hier après-midi en compagnie de Philou.

Il est vrai que la collection qui occupe trois étages compte actuellement quelques 200 pièces (dont certaines prêtées pour une durée limitée par des collectionneurs privés), et que même s'il y manque beaucoup des tableaux les plus célèbres de l'artiste, elle reste d'une richesse incontestable. Ainsi, on peut visualiser l'évolution du travail de Magritte au fil du temps, mais aussi sa très grande variété: publicité, illustrations de romans ou de poésie, période impressionniste... Rien à dire sur ce point.

Par contre, pour le reste... Tous les cinq pas, on se heurte à un guide en train de discourir d'une voix forte pour un groupe d'une vingtaine de personnes qui bloquent l'accès aux oeuvres. Et comme celles-ci sont très, très peu éclairées et qu'il faut quasiment mettre le nez dessus pour déchiffrer leur titre ou voir ce que représentent les plus petites, le confort de la visite s'en trouve fortement diminué. Je conçois qu'on doive protéger la peinture contre une trop forte lumière pour éviter qu'elle se détériore, mais à ce point?

D'un autre côté, je ne peux pas dire que je mourais d'envie d'examiner les tableaux exposés en détail. Magritte semblait être un personnage extrêmement intéressant, affranchi de toutes les limitations de la pensée et des conventions artistiques, un esprit fort et original avec qui j'aurais adoré discuter. Je trouve passionnante sa réflexion sur le lien entre langage et image. Son travail, en revanche, me passe totalement au-dessus de la tête. A de rares exceptions près, je ne le comprends pas; il ne m'émeut ni ne m'interpelle.

dimanche 24 janvier 2010

La tournée des thés

Or donc, ce week-end, mon ami Philou qui habite Lille était venu nous voir à Bruxelles. Et hier, après un passage fructueux chez Les Anonymes, chez Peinture Fraîche et chez Rose, nous avons entrepris une tournée des boutiques de thé de la capitale belge. Nous avons commencé par une pause goûter au Cha Yuan, où nous avons eu la chance de trouver une table pour quatre disponible. Tandis que Philou se contentait d'une modeste tranche de pain d'épices pour accompagner son Assam d'Inde, je m'enfilais une délicieuse assiette de soba au thé avec mon Tamaryokuchi Impérial, et Chouchou dégustait carrément tout un menu vapeur avec un Genmaicha. Avant de partir, je n'ai pas oublié de racheter du Tie Guan Yin Impérial, un excellent Oolong dont je venais juste de terminer ma réserve.

Le tram nous a ensuite déposés au Sablon, où Philou nous a entraînés à L'Univers du Thé, boutique que nous avions repérée mais encore jamais visitée. Le grand choix de rooibos ne m'a guère intéressée; en revanche, j'ai apprécié les petits cloches de verre qui permettaient de sentir les mélanges et repéré deux ou trois verts japonais à l'odeur prometteuse. Et puis alors que je m'apprêtais à ressortir les mains vides, Philou m'a signalé une tisane qui ressemblait à une salade de fruits: la Luna Park, mélange de morceaux de pomme, d'ananas, de papaye, de noix de coco, de cannelle, d'amandes grillées, de cassis et de popcorn. Toujours à la recherche de boissons chaudes à consommer le soir à la place du thé vert qui m'empêche de dormir, je me suis laissée tenter et j'en ai embarqué cent grammes. (Verdict après testage: miam!) J'ai également craqué pour un bol japonais à la forme irrégulière, gris anthracite moucheté de noir. J'ai demandé le prix: "49€", m'a répondu la dame qui tenait la caisse. "Euh, le set de quatre?" ai-je bredouillé naïvement. Non, l'unité. Mais il était si beau, et j'avais justement dans mon porte-monnaie un billet de 50€ que m'avait remis le matin même une acheteuse eBay contre un pendentif que je ne portais plus. "Au revoir, petit billet", ai-je fait mine de sangloter en le posant sur le comptoir. "Bienvenue, petit billet!" a répliqué la dame en se frottant les mains avec un grand sourire.

Direction le centre-ville et la rue Antoine Dansaert, au tout début de laquelle se trouve une autre boutique que je n'avais jamais remarquée: le Nong Cha. Philou m'y a offert du You Zi Huo Cha, un thé vert façonné aux fleurs de pamplemousse dont il me vantait la sublimitude depuis sa descente de l'Eurostar. (La dégustation effectuée le soir même a prouvé qu'il ne mentait pas: ce truc est une tuerie interstellaire.) La longue file d'attente qui nous précédait m'a laissé tout le loisir d'admirer la tenue de la vendeuse. Lorsque notre tour de passer en caisse est enfin arrivé, je l'ai complimentée sur sa jupe que je trouvais très belle. "C'est une de mes créations, mais il n'y en a plus", m'a-t-elle répondu. Voyant que j'hésitais à la croire, elle a ajouté: "Je suis styliste, je vends mes vêtements dans une autre boutique". Et elle m'a sorti une carte de visite que j'ai identifiée avant même de voir le nom inscrit dessus. "Alizari! Vous êtes la créatrice d'Alizari? J'ai une jupe de chez vous que j'adore!". Apparemment, elle tient Nong Cha le jour et dessine ses modèles la nuit. Pas étonnant qu'elle ait l'air un peu fatigué... Il restait encore d'autres établissements à visiter, mais 18h30 sonnait déjà et les commerçants bruxellois ferment tôt. Tant pis, ce sera pour un prochain week-end!

samedi 23 janvier 2010

Bon, ben j'ai craqué


Chie Mihara modèle Alegra, 135€ chez Les Anonymes.
Je suis faible.

"Sumimasen" et autres carnets de voyage au Japon

Je ne suis pas la seule carnettiste passionnée par le Japon. D'autres, plus doués que moi, ont même publié leur travail. Dernière découverte en date: "Sumimasen". Ce chouette petit bouquin se commande par l'intermédiaire du blog de l'auteure, qui vous l'envoie dédicacé et joliment emballé. Je me suis beaucoup amusée à retrouver des étapes communes dans nos parcours. Comme moi, Isabelle Boinot a séjourné au Kimi Ryokan à Tokyo et pris plein de photos depuis l'observatoire de Sunshine City; comme moi et des millions d'autres touristes occidentaux, elle a suivi le Chemin des Philosophes à Kyoto, visité le Ninnaji et pas compris grand-chose à l'ordonnancement du Ryoanji. Comme moi, elle a collectionné sur son carnet les tampons à l'effigie des monuments les plus populaires. Comme moi, m'a-t-elle appris durant notre échange de mails, elle retournera là-bas pour la troisième fois au printemps. J'ai vraiment beaucoup aimé son carnet dessiné; j'espère que celui que je ferai en avril sera aussi joli et foisonnant.

Sur le même thème, je recommande également:
"Tokyo Sanpo : Promenades à Tokyo" de Florent Chavouet - une pure merveille qui nous a rendus épouvantablement jaloux du talent de son auteur, Chouchou et moi
"A Year in Japan" de Kate T. Williamson - une collection de délicates aquarelles qui se passent de commentaires
"Japan ai!" de Aimee Steinberger - une bédé dont j'avais déjà parlé ici
"Allo... la terre ? Ici, Tokyo" de Nadège Fougeras - le récit en textes et en photos d'une année d'expatriation au Japon, et la perplexité mêlée d'amusement d'une Française qui découvre les coutumes nipponnes

vendredi 22 janvier 2010

Il faut qu'une porte soit ouverte ou bleue...


...Mais surtout, si elle se trouve dans un lieu où j'habite, il faut qu'une porte soit décorée!

C'est plus fort que moi: là où d'autres ne voient qu'un simple battant peint en blanc et destiné à isoler une pièce, je vois un panneau d'affichage n'attendant que de recevoir des listes de courses, des cartes postales marrantes, des photos-souvenirs, des cartes de voeux, des aimants rigolos, des billets de concert, des dessins d'enfants (ou de Chouchou!), des cartes de visite d'endroits appréciés, des prédictions trouvées dans les biscuits chinois, des stickers muraux, des flyers au graphisme accrocheur... Comme un collage en perpétuelle évolution, une mosaïque de petits bouts de vie.

L'idéal, bien sûr, c'est la porte blindée comme celle de notre appartement de Bruxelles, que je vous ai déjà montrée ici et qui permet tous les délires. Sinon, une cinq bonnes couches de peinture magnétique suffisent à transformer un battant de bois en pense-bête géant: c'est la tactique que j'ai appliquée à la porte du bureau de Monpatelin.







Sinon, on trouve dans les magasins de gadgets déco (à Bruxelles, je vous recommande vivement Rose) des bandes colorées à fixer soit par vis, soit par ruban autocollant double face. Pièce à conviction: la porte d'entrée de l'appart' de Monpatelin, très difficile à photographier en raison du manque de recul.




jeudi 21 janvier 2010

Peut-être un tout petit peu trop, même


Quand je vous disais qu'il fait beau toute l'année à Monpatelin,
même en hiver!
Thermomètre de ma pharmacie à l'appui ^^

mercredi 20 janvier 2010

Y a-t-il un daltonien dans la salle?

Puisqu'on en est à causer de mon boulot à moi que j'ai et de ma Série Préférée à moi que je traduis, je vous livre une petite anecdote qui, je l'espère, vous fera rire autant que Chouchou et moi.

Quand je traduis un bouquin pour Editeur Préféré, je rédige (à sa demande) une fiche dans laquelle, entre autres choses, je fais une recommandation pour l'illustration de la couverture française: personnage, lieu ou objet marquant, avec une description destinée à guider l'illustrateur. Deux fois sur trois, mes propositions sont superbement ignorées mais je ne me vexe pas, c'est pas comme si j'avais un bac +5 en marketing ha ha ha, mais bon, je ne suis ni éditrice ni directrice artistique, donc je poursuis mes suggestions avec fatalisme et sans grand espoir.

Or, il se trouve que le tome 11 de Série Préférée (qui sortira juste à temps pour le Salon du Livre, hé hé hé) porte le nom de "Péchés céruléens". Ce titre fait référence à une scène durant laquelle l'héroïne se livre, dans des draps d'une teinte de bleu particulière, à toutes sortes d'activités réprouvées par l'église catholique. Partant de là, et puisque la ligne graphique de la série veut que la couv' montre toujours une partie du corps de l'héroïne, je suggère "une jambe nue à demi entortillée dans des draps bleus".

Aujourd'hui, je viens de découvrir l'illustration finale:


mardi 19 janvier 2010

Il a dit oui!!!!

Je viens de recevoir un mail très rigolo d'Editeur Préféré qui dit ceci:

Ecoute, en temps normal, y aurait pas de problème… mais comme en plus tu es sa traductrice, je me demande bien quelle idée débile il faudrait que je trouve dans le peu de temps à idées débiles (et je le déplore) qui m’est imparti pour t’empêcher de passer du temps avec elle.

Et aussi ceci:

Tiens, t’aurais pas envie d’être son interprète quand elle est là, des fois ?

Je lui ai répondu que pas pendant quatre jours d'affilée, non, parce que je serai avec Chouchou et que je ne voudrais pas qu'il s'ennuie tout seul dans son coin avec sa timidité à lui qu'il a - mais que pour la durée des séances de dédicaces, pourquoi pas? Si ça se fait, et si ça vous intéresse, je vous donnerai tous les renseignements nécessaires pour venir nous apercevoir, Auteure de Série Préférée et moi, au Salon du Livre fin mars.

Je suis woohoo, joie, bonheur, félicité et excitation.

lundi 18 janvier 2010

Où je quémande éhontément

Mail envoyé à l'instant à Editeur Préféré:

Où je te donne l'occasion de me faire un très chouette cadeau d'anniversaire
(Oui, ceci s'appelle quémander ouvertement)
(Non, j'ai pas honte)
(Enfin, pas assez)

Coucou toi,

Je serai à Paris pour le Salon du Livre 2010; j'arrive le jeudi midi et je repars le dimanche soir.
Et figure-toi que c'est mon anniversaire le vendredi.
Tu sais ce qui me ferait trop trop plaisir?
*yeux de Bambi*
Ce serait de rencontrer Auteure de Série Préférée (dont je viens juste d'apprendre qu'elle fera le déplacement pour l'occasion) ailleurs que sur votre stand où elle va être assaillie par des hordes de fans en délire.
Tu crois qu'il y aurait moyen? Dis, dis? Hein, dis? Même cinq minutes devant la porte des toilettes dans vos locaux, ce serait génial.
Régis et moi t'en serions éternellement reconnaissants.
Bisous, ô génie qui détient le pouvoir d'exaucer les voeux d'anniversaire ^^

...Vous croyez que ça a une chance de marcher?

Où mon inconscient mérite des beignes

Cette nuit, j'ai encore rêvé de l'Homme.

Dans un appartement étranger, où un jeune demi-frère qui n'existe pas dans la vie réelle squattait la chambre du fond, il me rejouait la scène douloureusement familière du "non, je ne t'aime plus". Celle où il avait un mouvement de recul chaque fois que je m'approchais de lui, celle où il ne me répondait plus que par monosyllabes et ne faisait pourtant rien pour me quitter, attendant que la décision et sa concrétisation matérielle viennent de moi. Il me plantait là pour partir avec tout un car de supporters de foot - substitut onirique des aïkidokas - à un match très important, beaucoup plus en tout cas que moi et mon coeur brisé en un million de petits morceaux. Espérant sans doute qu'avant son retour, j'aurais eu le bon goût de dégager sans faire d'histoires ni laisser la moindre trace de ma présence dans sa vie pendant des années.

Je me suis réveillée ce matin la gorge nouée, et je sais que je vais traîner un malaise diffus pendant toute la journée. Je sais que ça va m'empêcher de bosser ou de faire quoi que ce soit de productif parce que chaque fois que je tenterai de me concentrer sur autre chose, je reverrai son visage figé dans le masque de l'indifférence froide qui, à l'époque, sapait toute mon estime de moi et mon envie de vivre.

Ce que j'ignore par contre, c'est pourquoi je continue à rêver de lui - et à en souffrir autant - alors que nous sommes séparés depuis presque quatre ans maintenant et qu'éveillée, je ne ressens plus rien d'autre vis-à-vis de lui qu'une rancune tenace. Samedi, j'ai passé une bonne partie de la soirée à regarder des photos de la fête d'anniversaire de Christine, sur lesquelles il figurait ça et là. Tout ce que ça m'a inspiré sur le coup, c'est: "Tiens, il a grossi lui aussi" (rictus satisfait); "Habillé tout en noir? Il vient d'enterrer quelqu'un?"; et "Une chemise Burberry? Sa blondasse lui achetait vraiment n'importe quoi". Oui, j'ai eu un un petit pincement au coeur en revoyant ensuite des photos de l'époque où nous étions ensemble, mais globalement, j'étais plus intéressée par la géométrie variable de ma coiffure au fil des saisons, le renflement quasi-inexistant de mes cuisses le jour où nous avons fêté les 2 ans de Choupie, et un mystérieux top orange assez sexy dont j'avais totalement oublié l'existence.

C'était sans compter mon incompréhensible inconscient et sa réaction à retardement. Franchement, il y a des jours où je lui mettrais volontiers des beignes.

dimanche 17 janvier 2010

Still drinking in L.A. after all these years

Veste en tweed Barbour, col roulé kaki Lacoste, écharpe orange Hugo Boss achetée sur les conseils du vendeur de la boutique Façonnable à Saint-Trop', Rollex classique au poignet, chaussures montantes de gentleman farmer dont la droite a été un peu grignotée par sa femelle bull terrier: c'est dans cette tenue qu'Etre Exquis passe me chercher ce samedi midi avec son Range Rover tout neuf et si confortable. En riant, il cite une pancarte d'une manif écolo second degré vue sur internet: "Les générations suivantes n'avaient qu'à arriver avant!". Et même si, sur le principe, je ne suis pas d'accord, je ris avec lui. Il est comme ça, Etre Exquis: il désarme toutes les velléités de militantisme avec sa nonchalance bon enfant.

Il m'emmène sur le port d'un patelin voisin, où nous déjeunons sur la terrasse (couverte et chauffée, certes) d'une brasserie. En attendant que la serveuse apporte notre commande, il allume sa Xième clope de la journée. Puis, du hamburger maison qu'il a commandé, il ôte la feuille de salade et la tranche de tomate en secouant la tête d'un air mi-amusé, mi-désapprobateur, avant d'aplatir fermement le reste et de mordre dedans avec gourmandise. Nous mangeons sans trop parler, dans ce silence confortable qui règne parfois entre les vieux amis. Après avoir repoussé mon assiette dans laquelle ne s'attardent que trois ou quatre têtes de gambas, je le taquine sur sa perpétuelle absence de papiers d'identité. Et là, triomphant, il sort de sa sacoche le permis de conduire qu'il vient de refaire après avoir roulé sans (et sans carte grise, également perdue) pendant des années. Ce nouveau permis est rangé dans le passeport périmé qui date de l'époque où nous sortions ensemble, et dont il ne s'est jamais servi. Je compare les deux photos: indiscutablement, il vieillit bien. Ses pattes d'oie soulignent la malice de ses yeux et rappellent qu'il est toujours prompt à se marrer. Et puis il a gagné en assurance, ça se voit. Serait-il le même homme si je ne l'avais pas quitté pour quelqu'un d'autre et s'il n'avait pas, ensuite, collectionné les conquêtes pendant sept ans avant de se caser? C'est le genre de question qu'il ne se pose pas. Etre Exquis prend la vie comme elle vient, avec fatalisme et gentillesse, sans débordements affectifs mais avec une immense loyauté.

Quand nous avons fini de manger, il met le cap vers Grandeville où j'ai quelques courses à faire. Son lecteur de CD termine le premier album de Gorillaz et enchaîne sur Bran Van 3000 alors que nous sommes coincés dans les embouteillages aux abords du centre commercial. Etre Exquis monte le son, et nous brâmons en choeur: " I woke up again this morning with the sun in my eye, when Mike came over with a script surprise..." Une douce chaleur m'envahit. Plus de douze ans après notre rencontre, dix ans après notre rupture - malgré toutes nos différences, Etre Exquis est toujours mon ami, mon confident et mon roc.

vendredi 15 janvier 2010

My name is Dick. Moby Dick.

A l'automne 2008, quand j'ai arrêté la Wii Fit parce que John l'entraîneur à coiffure variable commençait sérieusement à me gonfler, je pesais 59 kilos. Ce qui était trop pour mon petit mètre cinquante-quatre, mais qui semblait correspondre à mon poids de forme: celui que j'arrive à maintenir sans trop d'efforts en mangeant raisonnablement-mais-sans-me-priver et en ayant un minimum d'activité physique.

Depuis près d'un an et demi, donc, je ne m'étais pas pesée. Et j'avais bien constaté quelques phénomènes inquiétants, comme l'apparition de plusieurs mentons surnuméraires et d'un ravissant muffin top débordant de mes jeans. Mais comme ils s'accompagnaient d'un bonnet C et que par ailleurs, Chouchou continuait à me regarder avec des yeux gourmands en me jurant sur Thor et Jupiter qu'il trouvait mes rondeurs de pin-up appétissantes, je ne m'affolais pas outre mesure.

J'ai vraiment commencé à m'inquiéter lors de mes dernières virées shopping de 2009, en découvrant que je devais désormais taper dans le 42 alors que jusqu'ici, je faisais du 38 en haut et du 40 en bas. Outre que le chiffre me semblait vexant, je voyais se profiler des restrictions budgétaires à l'horizon et n'avais aucune envie de devoir renouveler toute ma garde-robe.

Et puis cet après-midi, à la fin d'une visite routinière, mon généraliste m'a forcée à me peser. Et sur sa balance s'est affiché le chiffre 69.8.

69.8

Autant dire 70.

J'ai failli m'évanouir d'horreur. Mon pire poids précédent était de 67 kilos, du temps où je sortais avec Etre Exquis et où on mangeait au resto presque tous les soirs. En rencontrant l'Homme, je m'étais mise au régime et au sport intensif, et j'avais perdu douze kilos dans les mois qui avaient suivi, avant d'en reprendre quatre pour retomber sur ce fameux poids de forme de 59 kilos que j'ai, avec des petites variations d'un ou deux kilos, réussi à conserver pendant huit ans malgré l'arrêt de la clope et du sport.

Mon généraliste m'a trouvé plein d'excuses: l'hormone que je prends pour lutter contre mon endométriose et le Deroxat que je viens juste d'arrêter ont tous les deux tendance à décupler l'appétit. Mais je me fiche de la raison; je veux juste ne pas être un Culbuto.

Si j'étais du genre à m'auto-apitoyer, je serais en train de jeter une corde par-dessus la poutre de ma mezzanine (ou de m'empiffrer de galette des rois jusqu'à l'overdose de fruits confits). Au lieu de quoi, je mets au point mon plan de bataille anti-kilos. D'ici fin décembre, je veux avoir retrouvé mon poids de forme. 2010 sera l'année de la déconsommation, au niveau du shopping mais aussi des calories. Et comme je suis infoutue de m'affamer (ce qui n'est de toute façon pas une tactique payante à long terme), je vais recommencer à me bouger autrement que dans un cours mensuel de yoga.

Plus de shopping autre qu'utilitaire, plus d'orgies de pâtes et de pizza, lever à 8h30 au lieu de 11h et 30% de boulot en plus chaque jour. Si j'arrive à tenir mes résolutions, je pense que je mériterai d'être canonisée. A titre posthume, évidemment, car j'aurai sans doute perdu toute envie de vivre bien avant fin décembre.

jeudi 14 janvier 2010

Out with the old, in with the new

Je raffole des illustrateurs de La Marelle, avec leurs univers féériques qui vont du joliment sucré au subtilement angoissant en passant par le gothique enchanteur. Aussi, quand j'ai décidé que j'avais assez vu mon vieux répertoire Susan Branch, je n'ai pas mis très longtemps à lui trouver un remplaçant. Et malgré mon amour pour le travail de Benjamin Lacombe, j'ai choisi ce modèle de Peggy Nille dont le motif oiseau et l'association de tons rouge-bleu m'avaient fait craquer.

Cet après-midi, à la faveur d'une averse qui m'a empêchée de concrétiser mon projet de courses utilitaires au centre commercial voisin, je me suis attaquée à la tâche délicate de recopier l'adresses et le numéro de téléphone de tous mes contacts. Et le plus difficile n'a été ni la phase de vérification dans les pages blanches en ligne (malgré une connexion internet d'une lenteur exaspérante), ni celle d'écriture proprement dite (même si, ordinateur oblige, j'ai perdu l'habitude de manier longtemps le style et attrape très vite des crampes aux doigts). Non, le plus dur, ça a été de juger qui je transférais dans mon nouveau répertoire et qui j'effaçais définitivement de ma vie... si tant est qu'une telle chose soit encore possible à l'ère Facebook.

- Fleur B, vieille copine de la danse que je connais depuis 25 ans. On n'avait déjà plus grand-chose à se dire avant qu'elle fasse un bébé avec un type rencontré quelques mois plus tôt (après m'avoir soûlée pendant une éternité avec ses histoires d'amour foireuses et l'ennui qui la plombait dès que l'une d'entre elles durait plus d'un an ou deux), mais maintenant qu'elle est à fond dans son trip mère de famille, je crois que je peux la rayer de ma vie sans remords.

- Nadine B, copine de l'Homme que j'appréciais énormément: cultivée, chaleureuse, créative, un bonheur de petit bout de femme. En plus, elle a divorcé de son mari au moment où je me séparais de l'Homme - probablement pour les mêmes raisons, soupçonne-je. J'ai pensé à l'appeler pour qu'on aille se faire une virée shopping à Aix et qu'on casse ensemble du sucre sur le dos de nos ex. Et puis je n'ai pas osé, et maintenant, il est presque quatre ans trop tard. Dommage.

- Korrigan. Membre de la fameuse "bande des six", grande époque jeu de rôles. Je n'avais déjà pas très bien réagi aux avances qu'il m'avait faites quelques mois après la naissance de sa fille, mais depuis que son ex-compagne m'a expliqué qu'il passait tout son temps libre à se droguer avec ses potes et qu'il l'avait battue pendant qu'elle était enceinte, autant dire qu'il n'existe plus pour moi.

- Captain. Mmmh. J'ai envisagé de lui envoyer une carte pour ses 40 ans en novembre dernier, et je me suis dit que ça ne servirait qu'à retourner le couteau dans la plaie (même si j'imagine qu'elle est refermée depuis le temps). A ranger définitivement au rayon des souvenirs.

- Valérie, mon esthéticienne à domicile. Preuve vivante qu'il ne faut pas établir de rapports trop familiers avec le petit personnel des gens auxquels seuls nous relie une pilosité obstinée dans les régions inférieures. Etre élevée au rang de madame Irma de sa vie amoureuse, juste parce que j'avais fait entendre quelquefois la voix du bon sens, a fini par devenir pesant. Résultat: depuis le mois de mai, je rachète des rasoirs jetables et des bandes de cire froide.

- L'Homme. Poubelle. Et si je pouvais l'y jeter pour de vrai avec son numéro, ce serait encore mieux, tiens.

- Mon ex-mari qui, pour une raison inconnue, n'ose même plus me regarder en face lorsque le destin nous remet en présence l'un de l'autre onze ans après notre divorce. Je préfère ne pas prendre le risque de le traumatiser en composant accidentellement son numéro.

- Rose J, séropositive bretonne avec qui j'ai correspondu pendant des années, et à qui j'envoyais des colis de vêtements pour sa fille chaque fois que je faisais du vide dans mes placards. Ses lettres m'ont rendue plus humaine, je crois. Un jour, elle a cessé de me répondre. Je ne saurai probablement jamais pourquoi; j'espère que ça n'est pas pour la raison la plus évidente.

- La cousine d'Etre Exquis (grâce à qui je l'ai connu). Aussi charmeuse que lui. Aussi réellement snob qu'il fait semblant de l'être pour rire. Aussi raciste qu'il est dépourvu de préjugés. En plus, elle a failli me mettre dans une merde professionnelle noire. Je me contenterai de prendre de ses nouvelles de loin en loin.

- Catherine M, ma grande copine de l'aïkido. Elle avait avec son mec de l'époque une histoire étrangement semblable à celle que je vivais avec l'Homme, et qui s'est également terminée par un cocufiage doublé de lâcheté patentée. Comme moi, pendant qu'elle léchait ses blessures, elle a rencontré un type génial. Pas comme moi, elle en a profité pour assouvir ses envies de maternité. Another one bites the dust...

- Plein de gens de ma (honteuse) période Popstar avec lesquels il y a eu des embrouilles dignes d'une classe de CM1. Et encore, c'est accorder peu de crédit aux enfants de dix ans.

Mon répertoire ne s'est pas retrouvé trop vide pour autant, car j'en ai profité pour y ajouter tous les gens retrouvés ou rencontrés ces dernières années - essentiellement, une flopée de blogueurs belges, espèce dont on ne dira jamais assez de bien malgré l'amour suspect de certains d'entre eux pour les speculoos et la purée dans la choucroute. Et c'est là que je me suis rendu compte que je n'avais ni l'adresse ni le numéro de téléphone (parfois, même pas le vrai nom de famille) de tous mes potes du monde de l'édition. Si vous en faites partie et si vous n'êtes pas recherché par Interpol, ce serait sympa de me laisser vos coordonnées dans un commentaire que je ne publierai pas. D'avance, merci pour la richesse de mon répertoire.

mercredi 13 janvier 2010

L'anti-loi de Murphy

Il y a les jours placés sous le signe de Murphy: ceux où vous vous levez du pied gauche et le posez dans le vomi nocturne du chat, ceux où il ne reste plus une goutte de lait dans le frigo pour votre chocolat matinal ni l'ombre d'une tranche de brioche dans le placard, ceux où l'eau chaude devient subitement glaciale alors que vous êtes sous la douche les cheveux pleins de shampoing et où le facteur choisit ce moment-là pour sonner à votre porte avec le colis que vous attendez depuis des semaines, ceux où vous ne trouvez plus vos clefs au moment de partir de chez vous et où votre bus vous passe sous le nez; bref, ceux où toutes les petites choses qui peuvent tourner mal et vous pourrir la vie tournent mal et vous pourrissent la vie.

Et puis il y a les jours où le taxi que vous avez commandé est à l'heure malgré la neige, où le chauffeur conduit tout en souplesse en vous vantant la beauté des plages marocaines, où il vous dépose à la gare avec suffisamment d'avance pour acheter votre repas de midi chez Food Maker et faire une provision de magazines de fille; ceux où la voiture 8 dans laquelle se trouve votre siège s'arrête pile poil devant vous et où vous héritez pour le voyage d'une charmante voisine - vieille dame flamande et néanmoins diabétique qui, de peur de subir un incident comme ceux survenus récemment dans l'Eurostar, est partie de chez elle avec tout le contenu de son frigo et vous offre une délicieuse poire épluchée par ses soins avec un couteau suisse ; ceux où il fait 12° et un grand soleil dans votre ville de destination; ceux où un ami justement désoeuvré cet après-midi vous attend à l'arrivée, vous déleste aussitôt de votre valise en plomb pleine de livres et vous entraîne vers son Range Rover flambant neuf pour vous ramener chez vous; ceux où après un mois et demi d'absence vous trouvez votre appartement dans l'état où vous l'avez laissé et vide de tout insecte indésirable; ceux où le livreur de pizza vous annonce qu'il peut passer une demi-heure plus tôt que d'habitude et vous claironne un tonitruant "Bonne année!" quand vous lui ouvrez la porte.

Ces jours-là, vous vous dites que ça vaudrait presque le coup de filer au bureau de presse de Votrepatelin avant la fermeture pour remplir une grille de Loto.

mardi 12 janvier 2010

Le sevrage continue

Dans quelques jours, ça fera quatre ans que j'ai arrêté de fumer. Du jour au lendemain, je suis passée d'un demi-paquet quotidien depuis 18 ans à une clope taxée par-ci par-là quand je faisais une soirée avec des potes. Les deux premières semaines, j'ai trouvé ça dur, mais j'ai bu beaucoup de thé, mâché plein de chewing-gums sans sucre, et petit à petit l'envie m'est passée. Ma toute dernière cigarette remonte à plus d'un an et demi; j'ai tiré deux taffes dessus et, dégoûtée, je l'ai écrasée sous mon talon. Autant pour la légende urbaine qui veut que l'arrêt de la clope soit un processus infernal, et que l'ex-fumeur reste en danger de rechute jusqu'à la fin de sa vie.

Là, ça fait deux semaines que j'essaie d'arrêter les chaussures (d'en acheter, pas d'en porter, hein - surtout par les températures abyssales qu'il fait en ce moment), et je trouve ça vachement plus difficile. D'ailleurs c'est simple, je passe toute mes soirées à surfer sur les sites de Sarenza, Spartoo, Asos, Amazon et eBay en tapant les mots-clés "Chie Mihara", "Hush Puppies", "Shellys" et "Pura Lopez". Quand Miss Sunalee m'a dit, en rentrant d'une virée soldes rue du Bailly, que Les Anonymes avaient mes Koketa soldées à 159€, j'ai eu un tout petit peu envie de faire mon ex-madame Cantat d'aller prendre un cours de noeud coulant. Mais j'ai résisté (probablement aidée en cela par les températures abyssales susmentionnées - pour une fois que je me réjouis d'être frileuse!).

A ce jour, le dérapage de Paris excepté, je ne compte aucune nouvelle acquisition à mon actif depuis le 1er de l'An. Je suis même en train de liquider une partie de ma collection sur eBay: les modèles qui ne correspondent plus à mes goûts du jour ou qui sont un peu trop grands pour moi. Certaines paires, notamment de sublimes et extravagants escarpins à bout rond Christian Lacroix, ou de non moins sublimes et extravagantes mules Prada à talon aiguille, me posent un véritable cas de conscience. Je les ai payées une fortune; je les adore, mais je ne les porterai jamais parce qu'elles ne collent pas du tout avec mon style de vie. Elles sont pareilles à de lourds reproches qui m'assaillent chaque fois que j'ouvre mon placard à chaussures. Je devrais probablement m'en séparer, mais ça me fend le coeur.

En attendant, pour remédier à ma frustration - ou compter les points durement remportés sur mon addiction -, j'enregistre la photo de toutes les paires que je n'achète pas. Un de ces quatre, je vous en ferai une mosaïque, et vous mesurerez alors l'étendue exacte de mon héroïsme.

lundi 11 janvier 2010

Snowed in


Samedi, un superbe blizzard a fait rage toute la journée à Bruxelles. Hier, la neige ne tombait plus que par intermittences, mais les trottoirs étaient en piteux état et la température encore assez basse pour nous dissuader d'aller cinéma comme prévu. Tant pis pour "Where the wild things are": nous n'avons pas mis le nez dehors ce week-end.

A la place, nous avons fait la grasse matinée, bien mangé malgré un frigo passablement vide, regardé quelques épisodes de la deuxième saison de "Dr. House", pris des photos de Régis, dessiné, fait le ménage et surtout rangé. Mes étagères et placards, qui ne sont jamais très en désordre dans le pire des cas, ont vu leur contenu impitoyablement trié et réorganisé. J'ai fait du vide dans mes fournitures de scrap et enfin trouvé un contenant approprié pour ma collection grandissante de vernis à ongles (des petits meubles à tiroirs Muji en plastique transparent).

Par ailleurs, j'ai commencé deux nouveaux carnets:

- Un tout petit, illustré par Benjamin Lacombe pour La Marelle, sur lequel j'ai noté les CD et les livres dont j'ai envie. Il restera en permanence dans mon sac pour me permettre de faire des recherches ciblées lorsque je vais chez Pêle-Mêle ou le bouquiniste de Monpatelin.

- Un plus grand, ligné et illustré d'une toile de Magritte, offert par Kris et Céline lors de leur dernière visite à Bruxelles. En commençant par le début, on y trouve mon "ongoing to-do list", c'est-à-dire les choses que je veux ou dois faire mais pour lesquelles je n'ai pas de deadline précise; chaque tâche accomplie est ensuite barrée au stylo-gel rose fluo. Et à la fin, j'ai décidé de noter les rentrées d'argent dues à mes différentes (re)ventes sur eBay ou Amazon Marketplace: ça correspondra à la somme que je peux dépenser en chaussures ou autres plaisirs pas indispensables.

Sinon, hier midi, j'ai improvisé une petite bouffe que j'appellerai les spaghetti fond-de-frigo. Dans une sauteuse, j'ai fait revenir un oignon rouge émincé avec deux cuillères à soupe d'huile d'olive; j'ai ensuite rajouté 400 g de coulis de tomates nature, 100g d'olives noires dénoyautées hachées, 100g de jambon cru italien coupé en petits morceaux et plein de poivre. Cette bête sauce versée sur deux bols de spaghetti complets nous a fait pousser de grands soupirs satisfaits et repus. J'aime cuisiner avec trois fois rien et voir briller les yeux de Chouchou ♥

Best of BEAUTY 2009


Visage:
- Nettoyer: Washing cream, Menard
- Exfolier: Gommage doux éclatant, Seaderm
- Hydrater: Crème pour peaux intolérantes, Avène
Ce trio a fait des miracles sur ma peau réactive. Pour la première fois depuis l'âge de 13 ans, je n'ai plus de boutons.

Cheveux:
- Shampoing: I love juicy, Lush (qui donne tout son sens à l'expression "squeaky clean")
- Soin: Sunflower color preserving deep recovery pak, Kiehl's (un must pour les cheveux colorés)
- Démêlant: Zeste démêlant sans rinçage jasmin/pamplemousse, Petit Marseillais

Maquillage:
- Fond de teint: Teint idole ultra, Lancôme (pour son sublime aspect poudré)
- Mascara: Hypnôse, Lancôme (suivi de près par le Colossal de Gemey qui est beaucoup plus économique mais sèche un peu trop vite dans son tube)
- Rouge à lèvres: Joli rouge brillant, Clarins (je l'adore en Papaye, mais toute la gamme est chouette)
- Démaquillant: Sens'eyes, Make Up For Ever (même les eyeliners les plus tenaces ne lui résistent pas, et il ne pique pas les yeux)
- Vernis à ongles: Mavala (pour leur prix minuscule et leur énorme gamme de couleurs; mes préférés sont, ex-aequo, Macao et Night Club)

dimanche 10 janvier 2010

Best of CULTURE 2009

Livres:
- roman contemporain: "L'ombre du vent", Carlos Ruiz Zafon
- fantastique: "La marque" (Kushiel T1), Jacqueline Carey
- nouvelles: "Tristes revanches", Yoko Ogawa (talonné par "La grammaire de Dieu", Stefano Benni)
- carnet de voyage: "Tokyo Sanpo", Florent Chavouet
- non-fiction: "The creative license", Danny Gregory
- poésie: "L'anniversaire de la salade", Tawara Machi
- bédé européenne: "Rosalie Blum", Camille Jourdy (et pas très loin derrière, "Transat", Aude Picault)
- manga: "Lorsque nous vivions ensemble", Kazuo Kamimura
- humour: ex-aequo, "Francis rate sa vie", Claire/Jack & "Notes vol.3: La viande, c'est la force", Boulet

Séries télé:

- découverte cette année: "Gossip girl"
- déjà connue: "How I met your mother"

Cinéma:
- oeuvre originale: "The boat that rocked"
- adaptation: ex-aequo, "The curious case of Benjamin Button" et "Watchmen"

Musique:
- album studio: "Lungs", Florence & the machine
- live: "Leonard Cohen in London"
- best of: Vanessa Paradis
- BO de film: "The boat that rocked"

Expositions:
- actualité: "C'est notre Terre!"
- photo: "Richard Avedon 1946-2004"
- autre: "CALLE SOPHIE"

Spectacles:
- concert: Leonard Cohen à Bercy
- burlesque: Dita Von Teese au Crazy Horse
- autre: "Aspects of Alice" au TaFantastika

samedi 9 janvier 2010

Crumble aux pommes (ou à ce que vous voulez)

Du temps où je vivais avec l'Homme-ce-chacal, le crumble était ma pâtisserie de base comme les madeleines le sont aujourd'hui: le truc simple et délicieux que je préparais pour apporter chez des amis, improviser un goûter à la maison ou lutter contre une grosse contrariété par overdose de sucre. Je me souviens qu'une fois, j'en avais préparé un aux nectarines pour ma belle-mère, qui l'avait regardé d'un air désolé quand j'avais posé le plat sur la table à la fin du repas: "Oh, il est raté? Tant pis, ce sera peut-être bon quand même". J'ai dû lui expliquer ce que signifiait le mot "crumble" et la raison pour laquelle son aspect était parfaitement normal.

Depuis que je suis avec Chouchou, j'ai pratiquement cessé d'en faire. Mais hier après-midi, je ne sais pas pourquoi, j'ai soudain eu envie d'un bon crumble avec des pommes acidulées qui fondraient dans la bouche. Manque de bol: de pommes, il n'y avait point à la maison, et dehors il faisait -5° avec des trottoirs verglacés. Heureusement, j'ai un amoureux prévenant: le matin, il avait oublié dans le coffre de la voiture Cambio utilisée pour emmener les chats chez le véto un sac recyclable contenant un tas de CD et le bouquin fraîchement acheté chez Pêle-Mêle. Donc je devais de toute façon descendre place Jourdan pour le récupérer. Tant qu'à faire, pourquoi ne pas m'arrêter au GB acheter des pommes?

Pour 4 personnes:
- 3 grosses pommes (personnellement, j'aime les Pink Lady, mais chacun fait comme il sent)
- 200 g de farine sans levure
- 100 g de beurre salé
- 100 g de sucre en poudre
- facultatif: de la cannelle, ou encore quelques cuillérées de confiture d'abricot

Rincer les pommes sans les éplucher mais en n'oubliant pas d'enlever les étiquettes, hum. Les découper grossièrement en morceaux de la taille d'une noix environ. Les déposer au fond d'un plat en pyrex.
Eventuellement, saupoudrer de cannelle ou recouvrir de confiture.
Dans un saladier, malaxer la farine, le sucre et le beurre jusqu'à ce que le mélange forme comme un gros tas de miettes. Répartir les miettes sur les pommes de manière à les recouvrir.
Faire cuire 25 à 30 mn dans un four préchauffé à 180°.

Amigurumi

M.Pops, à qui je proposais l'autre jour d'envoyer une partie des fournitures de scrap dont je souhaite me débarrasser, a eu la gentillesse d'offrir, en échange, de me confectionner des amigurumi, ces adorables petits animaux/monstres/personnages crochetés ou tricotés, dont la mode prend sa source au Japon.

Aussitôt, je me suis rendue sur etsy en quête de modèles. M.Pops et moi sommes tombées d'accord sur un faon et un renard que je vous montrerai lorsque je les aurai reçus; en attendant, voici quelques-uns des autres modèles qui m'ont fait craquer et regretter très fort de ne pas savoir crocheter: