vendredi 30 avril 2010

Il faudrait qu'on m'explique...

Je ne suis pas bien sûre de comprendre le battage médiatique qui entoure l'affaire Ribéry et Cie. J'ai beau tourner et retourner chacune des composantes de cette histoire dans tous les sens, je ne vois pas de quoi il faudrait que je m'offusque.

Un footballeur de l'équipe de France s'est tapé une prostituée. So what? La prostitution ne me choque pas si elle relève d'un choix librement consenti. Une femme en détresse qui ne trouve pas d'autre moyen de gagner sa vie; une fille qui préfère, pour le même prix, tailler une pipe à un inconnu en 5 minutes que bosser une demi-journée à l'usine ou derrière une caisse chez Carrefour; une gamine pas spécialement dans la misère mais qui voit là un moyen rapide et facile de se payer un sac Dolce & Gabbana, je trouve ça triste mais pas scandaleux. C'est leur corps, leur vie, leur choix.

Zahia était mineure, OK. Peut-être a-t-elle menti à son client (que j'imagine mal exiger une carte d'identité avant d'ouvrir sa braguette). Et puis de toute façon, en France, l'âge du consentement sexuel est fixé à 15 ans. Elle en avait 17, donc légalement, je ne situe pas trop le problème.

Un sportif censé représenté la France a fauté. Ha ha ha. Notre beau pays a été gouverné pendant 14 ans par un type qui menait une double vie et qui avait une fille cachée avec sa maîtresse, puis pendant 12 ans par un cavaleur notoire. Ne parlons même pas de Nanito 1er dont les frasques extra-conjugales ont fait fuir son épouse n°2. Je m'excuse, mais si on devait établir une échelle de l'obligation de comportement exemplaire, il me semble que le dirigeant d'une nation devrait se trouver plus haut qu'un type qui tape dans un ballon avec une dizaine de ses potes, fût-ce devant des millions de spectateurs déchaînés.

J'ai envie de dire que dans cette histoire, la seule personne qui a le droit d'être vraiment fâchée, c'est Mme Ribéry. Pour le reste, ce serait bien que l'opinion publique se mêle de ses affaires - ou, si elle tient absolument à s'émouvoir, qu'elle le fasse pour un truc qui en vaut la peine, genre la marée noire dans le golfe du Mexique.

jeudi 29 avril 2010

"Notes 4: Songe est mensonge"

Malgré le buzz qui entoure son blog depuis pas mal de temps déjà, j'ai attendu de rencontrer Boulet à une soirée organisée par Editeur Préféré pour m'intéresser enfin à son travail. La lecture du tome 3 de ses Notes, "La viande, c'est la force", m'a conquise quasi instantanément. Je n'y peux rien: l'humour de geek est une des rares choses au monde capable de me faire hurler de rire.

Malgré tout, j'avoue que je n'ai pas accroché au fil directeur de ce tome 4. Comme Boulet le dit lui-même, les rêves des autres, c'est toujours chiant - et les bédés sur les rêves des autres, pareil. J'ai tout de même été frappée par la justesse de cette constatation qu'il fait au début et sur laquelle il revient plusieurs fois par la suite: l'imagination n'est pas, ainsi qu'on le raconte trop souvent, l'apanage des enfants mais bien celui des adultes.

Pour le reste, c'est toujours aussi bien dessiné et toujours aussi drôle. Je suis parfois effrayée de me reconnaître à ce point dans le comportement, les goûts et et les travers d'un type mal rasé, de surcroît plus jeune que moi et indécrottablement célibataire. Mention spéciale à l'Interview des pages 42 à 44, à la Fiscal Fantasy des pages 122-123 qui tombe à point nommée en cette période de déclaration de revenus, et à la Fin du Monde des pages 150-151, définitivement mes trois histoires préférées.

mercredi 28 avril 2010

"Cadavre Exquis"

Après l'hilarant recueil des meilleures notes de son blog, après les deux tomes de "Joséphine" qui m'avaient moins convaincue, Pénélope Bagieu se lance pour la première fois dans l'exercice du "récit au long cours" plutôt que des gags en une page.

L'héroïne de "Cadavre exquis" s'appelle Zoé. Elle a 22 ans, un job pourri d'hôtesse d'accueil, un copain chômeur qui pète au lit, un appartement de douze mètres carrés et aucune ambition dans la vie. Un jour, son chemin croise celui de Thomas Rocher, ex-écrivain à succès en mal d'inspiration qui vit terré dans son somptueux appartement...

Je ne peux ni vous dévoiler la fin, ni même vous révéler le pitch de cette bédé - ce serait gâcher son principal intérêt, qui est de surprendre le lecteur tout en restant dans la logique d'une histoire dont la mise en place dure presque cent pages. Je l'avoue: avant de comprendre où Pénélope Bagieu m'emmenait, j'ai failli m'ennuyer. Puis j'ai juste eu envie d'applaudir. Malgré quelques longueurs, "Cadavre exquis" est une jolie réussite qui prouve que son auteure est bel et bien capable d'écrire de la fiction pure, et pas seulement de faire rire en se moquant d'elle-même.

mardi 27 avril 2010

Mise à jour de mon blog de voyage

Le début du récit de notre voyage à Tokyo est en ligne ici. J'essaierai de poster chaque jour pendant les deux semaines à suivre, mais je vais avoir beaucoup de boulot et je ne vous promets rien. Je vais aussi tâcher d'alimenter le blog de Régis avec les nombreuses photos de lui que nous avons prises au Japon.

lundi 26 avril 2010

Japanese food

Back from Tokyo

Après un voyage sans encombres (le contraste entre le bordel de Roissy et la paisible efficacité de Narita est assez hallucinant...), mais qui a quand même duré plus de vingt heures porte-à-porte, nous voici rentrés à Bruxelles. Nous nous sommes écroulés dans notre lit vers 22h30 hier soir, et nous étions debout à 6h30 ce matin. Comme quoi, j'aurais une vie beaucoup mieux réglée si je revenais d'Asie plus souvent. Aujourd'hui, nous avons un million de choses à faire avant de reprendre le boulot: aller chercher les chats chez Tata Sophie, remplir le frigo, vider les valises et faite une lessive, traiter le courrier-papier en attente, rapatrier les photo sur nos ordis respectifs et commencer à les trier, faire nos comptes (aïe)...

Chouchou avait le blues hier me semble-t-il, mais pas moi. Je suis toujours contente de partir en voyage, et presque plus contente encore de rentrer. Retrouver mon chez-moi, pouvoir de nouveau larver le matin, manger autre chose que de la nourriture de resto ou de traiteur... Dans l'avion, j'ai failli pleurer de joie à la vue d'une carotte bouillie et d'une feuille de salade anémiée - et Dieubouddhallah sait que je n'éprouve pas un amour immodéré pour les légumes à la base. Hier soir et ce matin, je me suis blottie contre Chouchou en savourant l'absence de trou dans le matelas entre nous deux. Je me réjouis d'avance de laver, tout à l'heure, mon linge en machine plutôt qu'à la main dans un lavabo. Et de porter de nouveau d'autres chaussures que des Converse fatiguées.

C'était vraiment de chouettes vacances. Libérés des obligations touristiques de base par notre précédent séjour à Tokyo, nous avons pu oublier les "must-see" et ne faire que ce dont nous avions réellement envie. L'expo Roppongi Crossing 2010 au Musée Mori; la deuxième visite au Musée Ghibli et le déjeuner avec Hélie; la virée en trolley le long de la côte, entre Fujisawa et Kamakura; le pèlerinage au Mont Fuji; le dîner au Pays des Merveilles resteront autant de grands moments. L'effervescence provoquée au ryokan par l'annulation des vols vers l'Europe a délié les langues et facilité les conversations; nous avons rencontré beaucoup de gens intéressants et discuté longuement avec eux dans la salle commune - et ça aussi, c'était vraiment bien.

Dessiner, en revanche, n'a pas été facile. Au Japon, il n'existe pas de cafés à la terrasse desquels on peut traîner pendant des heures; dans les restaurants, le personnel s'attend à ce qu'on déguerpisse sitôt la dernière bouchée avalée, et s'asseoir par terre dans la rue est hors de question. Je n'avais peut-être pas choisi le format de carnet le plus approprié à la situation, non plus: mon Moleskine trop encombrant était difficile à sortir impromptu dans le métro, par exemple. Alors que j'aurais eu envie de croquer des dizaines de Japonaises au look intéressant. Mon travel log est donc, une fois de plus, essentiellement composé de texte et de collages avec quelques dessins par-ci par-là... et je dois encore le finaliser dans les jours à venir. Quant à Chouchou, il a récolté quelques idées de bédés sympas qu'il vous fera partager dans les semaines à venir. Stay tuned!

dimanche 25 avril 2010

"The Big Bang theory" saison 1

Si vous aimez l'humour de geek, vous ne POUVEZ PAS passer à côté de cette série.

Leonard et Sheldon ont un QI combiné d'environ 350. Physiciens surdoués mais quelque peu handicapés des relations sociales, ils partagent un appartement à Pasadena, en Californie. Leur vie se trouve bouleversée le jour où Penny, une serveuse blonde à gros seins qui espère devenir actrice, s'installe en face de chez eux. Le choc des cultures sera rude et hilarant.

Je l'avoue, j'ai quelques problèmes avec les sitcoms, leur format trop court pour qu'un épisode fasse une pause-dîner acceptable et surtout leurs insupportables rires enregistrés. Ici, de plus, il est très difficile de s'identifier et donc de s'attacher aux héros. Mais "The Big Bang Theory" permettra à tout amateur de Star Trek ou du Seigneur des Anneaux de tester la tonicité de son muscle pubo-coccygien - celui qui lui évitera de se faire pipi dessus en regardant la série... ou pas.

samedi 24 avril 2010

Où Chouchou ne comprend pas bien le concept d'anniversaire

Pour ses 40 ans aujourd'hui, c'est Chouchou qui m'a fait un cadeau mémorable: une peur bleue.

Après avoir vainement cherché, du côté de Shibuya, un izakaya indiqué par le Cartoville pour y fêter dignement l'occasion, nous avons décidé de rentrer à Ikebukuro et de nous rabattre sur un bar à sushis (une valeur sûre ici, surtout pour les amateurs de thon rouge qui frétille encore). Je suis montée dans le métro, et les portes se sont refermées derrière moi. Sur Chouchou, qui a basculé en arrière. Alors qu'il y avait un grand espace entre le quai et la rame. Tandis qu'il s'écroulait, l'espace d'une fraction de seconde, je l'ai vu passer sous le train qui démarrait, projetant son sang, sa cervelle et ses tripes à dix mètres à la ronde et ne me laissant qu'une bouillie rougeâtre à rapatrier en Belgique. Sans vouloir plagier Audiard, de battre mon coeur s'est arrêté.

Puis Chouchou s'est relevé très vite et a sauté dans la rame dont les portes se sont une deuxième fois refermées sur lui, mais cette fois il est resté debout et a pu monter dans le train quand elles se sont rouvertes. Dix secondes plus tard, je me suis mise à pleurer à chaudes larmes, la tête baissée pour ne pas heurter le stoïcisme nippon des autres voyageurs. Chouchou s'en tire avec deux énormes bleus sur un tibia, mais je parie que je vais en faire des cauchemars pendant quelques semaines.

Ce qui a changé depuis la dernière fois (suite)

- Les Japonais se mettent à manifester pour l'écologie. En une semaine, nous avons croisé quatre manifs différentes visant (un peu ambitieusement peut-être) à sauver la planète ou (plus modestement) à interdire la chasse à la baleine. Bien entendu, tout ceci se fait dans l'ordre et le calme, sous la supervision de deux paires de policiers en uniforme. Mais quand même.

- Les Lolita Goth ont disparu! Dimanche dernier, il n'en restait que deux spécimens tout de rose vêtus sur le pont du Meiji-Jingu qui était autrefois leur lieu de rasseblement. Dans les boutiques de Takeshite-Dori, le noir, la dentelle et les froufrous ont cédé la place aux teintes pastel, aux fleurettes et aux canotiers. C'est tout juste si Atelier Pierrot et Alice et les Pirates survivent encore au sous-sol de Laforêt, l'équivalent du 109 dans Omotesando. Très triste je suis.

- Disparu également, le Coca light. Désormais, on ne trouve plus que du Coca gras (bourré de sucre, donc) ou du Coca Zéro (sans sucre, mais aussi sans goût). Pourquoi, mais pourquoiiiiii?

Par contre, ça n'a pas changé en 5 ans (et ça mérite d'être noté): le tarif des chambres du Kimi-Ryokan, du Japan Rail Pass, des tickets de métro et des timbres tarif monde. A croire qu'il n'y a pas d'inflation au Japon.

vendredi 23 avril 2010

Un dîner au Pays des Merveilles


Parmi les incontournables dans notre liste de choses à faire au Japon durant ce séjour, il y avait la visite d'un café ou d'un restaurant à thème, avec décor extravagant et serveuses déguisées. L'étude approfondie d'un livre très bien documenté sur ce thème nous avait permis de sélectionner deux établissements tentants à tous points de vue: le Vampire Café et le Alice in Wonderland Fantasy Dining, tous deux situés dans le quartier chic de Ginza. Craignant qu'il y ait un dress code informel dans le premier, nous avons demandé au réceptionniste de notre ryokan de réserver pour nous dans le second.

La première chose dont nous avons été informés, c'est qu'en tant que gaijins, nous devrions payer un supplément de 600 yens plus 10% du montant de nos consommations. D'indignation, j'ai failli renoncer à y aller. Vous imaginez, si un établissement français annonçait quelque chose comme "chez nous, les niaquoués (car "gaijins" est souvent employé dans un sens péjoratif...) raquent plus cher"? Il aurait toutes les associations de consommateurs plus SOS Racisme sur le dos, et à juste titre! L'immense courtoisie dont les Japonais font preuve vis-à-vis des touristes fait parfois oublier leur profonde xénophobie; ce genre d'incident la rappelle de manière fort désagréable et laisse un goût un peu amer.

Néanmoins, Chouchou était super motivé, et comme on ne refuse rien à un homme qui a 40 ans dans deux jours et qu'on aime tendrement, j'ai décidé de m'asseoir sur mon indignation pour l'accompagner quand même. C'est sous une pluie battante et avec des indications fort vagues que nous nous sommes mis en quête, hier après-midi, du Taiyo Building. Une série de suppositions éclairées couplées à un peu de chance nous ont permis de le localiser malgré nos craintes. Nous avons fait l'ouverture: le service de 19h, nous avait-on dit au téléphone, était complet; nous avons donc dû nous résoudre à dîner à... 17h.

Au 5ème étage du Tayio Building, les portes de l'ascenseur se sont ouvertes directement dans le hall du Alice in Wonderland Fantasy Dining. Chaises au dossier sculpté de roses, murs ornés de reproductions des pages de l'oeuvre de Lewis Carroll et... atmosphère claustrophobante, on est immédiatement dans le bain. Car si la décoration de ce restaurant est soignée dans les moindres détails, avec une inventivité qui m'a arraché des "Oh" et des "Ah" ravis jusque dans les toilettes, le plafond hyper bas et peint en noir, les murs très rapprochés ou couverts de miroirs et l'éclairage tamisé rougeâtre m'ont immédiatement fait penser à une boîte échangiste ou à un bordel - impression qui ne m'a pas lâchée pendant tout le repas et qui contrastait très fort avec mes attentes plus, disons, disneyesques.



Cette pénombre nous a empêchés de prendre autant de photos (ou du moins, autant de photos réussies) que nous l'aurions voulu. Admirez tout de même l'uniforme croquignolet des serveuses:



(Et, non, la clientèle n'était pas constituée que de vieux pervers, mais essentiellement de jeunes Japonaises qui auraient pu être les soeurs ou les copines de ces jeunes filles.)

Passons à la nourriture. Plusieurs cartes (menu principal, menu saisonnier, cocktails, vin) étaient logées dans la ravissante boîte que voici:



En arrière-plan, la clochette avec laquelle nous étions censés appeler notre serveuse quand nous aurions fait notre choix ou si nous désirions quoi que ce soit. Je me suis demandé comment les filles faisaient pour entendre et surtout localiser la provenance des carillons aux heures de grande affluence...

En guise d'amuse-bouche, on nous a apporté deux tranches de pain brun caoutchouteux et, dans une ravissante tasse de porcelaine anglaise, une sorte de Maredsous (= Vache qui Rit belge) avec un petit billet marqué "Eat me". Je vous rassure, nous n'avons pas rétréci pour autant.



Pour débuter notre repas, nous avons commandé la farandole d'entrées: "Une seule, à partager", ai-je dit à la serveuse. Qui est revenue quelques minutes plus tard avec deux assiettes composées à l'identique: une rose de Serrano au milieu, une carte à jouer en craquelin (pique pour Chouchou, carreau pour moi) quelques feuilles de salade et trois olives, une petite tartine à l'avocat et à la tomate, un morceau de fromage bleu, une tranchette de saumon au pesto et un peu de carpaccio. J'ai pensé qu'elle m'avait mal comprise, mais en regardant l'addition à la fin, je me suis aperçue que l'entrée nous avait bien été comptée une seule fois. Je m'attendais à une seule grande assiette avec deux fourchettes, et je suis épatée qu'on ait pris la peine de nous en préparer deux petites.



Nos plats du milieu nous ont été apportés alors que nous n'avions pas encore fini notre entrée, une grosse faute de service selon moi: je déteste sentir qu'on me presse de manger et de déguerpir. Le boeuf haché aux aubergines gratinées de Chouchou et mon risotto à la tomate et aux cèpes étaient présentés de la même façon, dans une croûte de pâte feuilletée et déguisés en chat. C'était franchement délicieux, mais quelle portion minuscule! Heureusement que vu l'heure, nous n'avions pas très faim.



Du coup, il nous restait bien assez de place pour un dessert. Admirez ce trio de gâteaux roulés: une chenille parfumée au thé vert, un chat à la mangue et un chapelier au marshmallow (ou à la barbapapa, Chouchou et moi n'avons pas réussi à tomber d'accord), servis avec un coeur en sucre filé rouge et un duo de coulis fraise/kiwi. Et fait exceptionnel au Japon, ils étaient aussi bons que beaux.



Montant total de l'addition pour deux personnes (avec deux cocktails en plus des plats suscités): 7832 yens, soit environ 60 euros, dont un quart de "surtaxe gaijin". Pas si cher en soi si on considère qu'on paye le décor et l'ambiance autant que la nourriture. Mais rageant quand même sur le principe. Pour autant, si vous allez au Japon, tester un restaurant à thème me paraît une expérience fun à tenter. Malgré toutes mes réserves, j'ai passé un bon moment et je ne regrette pas du tout d'avoir suivi Chouchou au Pays des Merveilles.

Alice in Wonderland Fantasy Dining
Taiyo Building, 5ème étage
8-8-5 Ginza, Chuo-ku
TOKYO
A la sortie de la station de métro Ginza, longer Chuo-dori en marchant sur le trottoir de droite en direction de Shimbashi. Le Taiyo Building se trouve quelques centaines de mètres plus loin, un peu avant le carrefour dont l'immeuble Ginza Nine fait l'angle.
Réservation recommandée (surtout pour les gaijins!)
Tel: 03-3574-6980

jeudi 22 avril 2010

La tête dans les nuages

Si Chouchou n'avait pas insisté, jamais je ne serais allée voir le Mont Fuji. Près de trois heures de train avec deux correspondances et autant pour le retour le soir, merci bien. Sans compter que la montagne, ça ne me gagne pas franchement. L'intérêt de contempler de plus près un cône volcanique dont je connais déjà la silhouette par coeur pour l'avoir vue sur un million de cartes postales et autres représentations m'échappait passablement. Mais Chouchou en rêvait, et on ne refuse rien à un homme qui aura 40 ans dans trois jours, surtout quand on l'aime tendrement.

Nous avons donc pris le Limited Express de la Chuo Line depuis Shinjuku jusqu'à Otsuki. De là, un tortillard rigolo nous a poussivement emmenés vers les hauteurs, en traversant de la vraie campagne japonaise reculée - et j'avoue que c'était bien beau et très dépaysant. A notre arrivée à Kawaguchi, nous sommes descendus à pied vers l'un des cinq lacs qui entourent le pied du Mont Fuji. Sa berge est bordée de commerces qui font boutique de souvenirs au rez-de-chaussée et restaurant au premier étage. Après un déjeuner rapide et sans chichis, nous avons pris le funiculaire (appelé "ropeway") qui nous a hissés jusqu'à un très joli point d'observation. Chouchou a enfin pu découvrir le Mont Fuji... qui, en grand timide, cachait sa tête dans de gros nuages. Impossible de faire une photo de carte postale. Mais cela ne nous a pas découragés; nous avons sorti nos carnets pour tenter de dessiner le géant drapé dans la brume. Avant de redescendre, et comme indiqué sur le dépliant, nous avons sonné la jolie cloche de Tenjo en regardant le Mont Fuji et en faisant un voeu: "SVP, laissez-nous rentrer dimanche!".

Nous avons enchaîné avec une croisière sur le "pleasure boat" qui fait le tour du lac. Il n'y avait qu'un seul autre couple avec nous, des Japonais d'âge mûr qui ont préféré rester à l'intérieur. C'est donc sur le pont désert que je me suis frileusement blottie contre la poitrine virile de Chouchou pour regarder le Mont Fuji passer lentement derrière les cerisiers en fleurs. Et j'ai bien dû admettre que c'était un Moment, un de ces instants parfaits qui resteront gravés dans la mémoire et auquel on se raccrochera pour traverser des temps plus sombres. Un point pour Chouchou.

Après ça, j'ai entraîné Chouchou au Cheesecake Factory local manger un gâteau qui n'avait de cheesecake que le nom, mais qui était quand même bien bon - ouf! Puis nous avons acheté chacun un mini-Mont Fuji en peluche bleu et blanc avant de prendre le chemin du retour, un peu soûlés par l'altitude mais profondément heureux.

mercredi 21 avril 2010

Les gens sont drôlement soigneux par ici


Le Kimi-Ryokan où nous logeons possède une salle commune équipée d'une télé, d'un frigo, d'un micro-ondes et de deux distributeurs de boissons. Beaucoup de clients, dont Chouchou et moi, achètent de la nourriture à l'extérieur pour petit-déjeuner et dîner ici, histoire d'économiser un peu sur les restos.

La vaisselle n'étant pas fournie, j'ai pris l'habitude à chacun de mes séjours d'emporter un mug pabô que j'abandonne sur place à la fin, histoire de faire de la place dans la valise. Et cette fois, j'ai eu la surprise de retrouver celui que j'avais laissé ici en septembre 2007 - un mug acheté dans l'Arizona pour $1 ou 2 lors d'un road trip avec les VIP, et dont je m'étais lassée.

Le premier matin, je l'ai aperçu sur la table et je n'ai pas réagi. Le deuxième matin, je l'ai trouvé vaguement familier. Le troisième matin, ça a fait tilt dans mon crâne de piaf. "Ah, mais c'est le mien!". Dimanche (ou un autre jour, à la convenance du nuage de cendres), c'est un hideux mug du Musée de Chypre rapporté de vacances par la mère de Chouchou qui ira le rejoindre dans les placards du ryokan au titre de ma contribution à la Circulation Internationale de la Vaisselle pour l'an 2010.

mardi 20 avril 2010

Le voeu de Régis

Il existe deux sortes de temples au Japon: les Bouddhistes, dont la visite est généralement payante, et les Shintoïstes auxquels on peut accéder gratuitement. Ces derniers sont dédiés au culte des kamis, les esprits japonais. On les reconnaît à leurs toris, de grands portails rouges ornés de kanjis noirs. Pour 500 yens, vous pouvez acheter une plaquette de bois ornée, d'un côté, d'une représentation du ou d'un des kamis tutélaires du temple - souvent un animal. L'autre côté est vierge; vous pouvez y inscrire un voeu avec le marqueur en libre service que personne ne vole jamais, parce que c'est le Japon. Puis, pour que votre voeu soit exaucé, vous devez accrocher la plaquette sur un des présentoirs mis à votre disposition.



La plupart des visiteurs réclament la santé et le bonheur pour leurs proches; d'autres, plus ambitieux, souhaitent la paix dans le monde. On trouve parfois des messages très émouvants, comme hier après-midi sur l'île d'Enoshima: "6 milliards d'humains sur Terre et tu es celui que je préfère. Ton papa qui t'aime" ou encore au temple de Kannon à Hase: "Je suis passée par ici, c'était beau, je me sentais bien et j'ai pensé à toi. Où que tu sois, j'espère que tu as trouvé la sérénité". Certain(e)s se montrent plus pragmatiques:


Quant à Régis, il tente de combiner les deux approches:


It's a small world after all

Au fil des séjours, j'ai fait des tas de rencontres intéressantes autour de la table dans la salle commune du Kimi Ryokan - notamment un photographe animalier connu, spécialisé dans les chats. Mais je crois que cette année, j'ai battu un record de coïncidences.

Un premier couple s'attarde souvent le matin après le petit-déjeuner et le soir après le dîner pour surfer sur un Vaio. A priori, ils sont assez mal assortis: lui, Afro-Américain d'une bonne cinquantaine d'années, très calme et très posé; elle, Zébulon autrichien à la longue chevelure blonde et au drôle de nez épaté, sans doute guère plus de 30 ans. En les écoutant discuter en anglais, nous avons découvert qu'il pratiquait le iaido et qu'elle était... prof d'aïkido. Je lui ai demandé si elle était venue à Tokyo pour étudier à l'aïkikaï, et de là, nous nous sommes mis à parler de Tamura-senseï, le prof de l'Homme qu'elle connaît bien puisqu'il donne de nombreux stages en Autriche et dans le reste de l'Europe. Elle participe d'ailleurs chaque été à celui de la Colle sur Loup qui me laissait célibataire tous les ans dix jours au mois d'août. Si ça se trouve, je l'ai déjà croisée dans un stage ou l'autre il y a des années.

Un second couple, de Français cette fois, a raté son avion de retour dimanche et prend son mal en patience en attendant de pouvoir être rapatrié. Lui utilise son iPhone pour travailler à distance. Elle réalise un carnet de voyage. En apprenant que j'en fais un aussi, elle a demandé à le voir, et nous nous sommes mises à discuter d'illustration. Elle m'a parlé de Kitty Crowther, sa prof que je ne connaissais pas et dont le travail semble intéressant - sans compter qu'elle enseigne à Bruxelles. Je lui ai parlé d'Antonia Neyrins, et elle s'est exclamée: "Ah oui, je la connais bien Antonia!" mais sans me préciser comment. Plus tard, quand je lui ai demandé si elle avait de la colle adaptée pour le métal (j'avais acheté une pièce souvenir à l'effigie du trolley qui relie Fujisawa et Kamakura, et je voulais l'inclure dans mon journal), elle m'a répondu: "Ah non, je ne fais pas ça, moi. Je ne travaille pas du tout comme Antonia." Mission de ce soir: tenter d'en apprendre davantage pour satisfaire ma curiosité...

lundi 19 avril 2010

Ca par contre, le Japon peut se le garder

- Ses desserts infâmes. Adaptés de recettes occidentales dont les Japonais conservent l'apparence mais suppriment presque tout le sucre et le beurre. Il a l'air bon, ce "strawberry shortcake parfait", hein? Ben, il ne l'est pas. Et en plus, il y a des corn flakes et de la Jell-O rouge planqués dedans.

- Ses lieux publics toujours fumeurs, sans même parfois qu'un espace soit réservé aux non-adeptes de la clope désireux de manger un tonkatsu ou de boire un Coca dans une atmosphère respirable.

- Ses futons. Rien à faire, ces machins-là me cassent le dos.

- Le refus total de ses habitants de parler anglais. Alors que bon, ils en font tous minimum 6 ans à l'école, ce qui devrait suffire pour répondre à une demande de renseignements basique.

dimanche 18 avril 2010

Maudit nuage

Après le coup de stress dû à la grève de la SNCF à l'aller, il semblerait que notre retour en Europe soit hypothéqué par le fameux nuage de cendres responsable de la fermeture de nombreux aéroports. La salle commune de notre ryokan est pleine de gens dont les vols ont été annulés et qui ne pourront pas rentrer chez eux avant une bonne semaine, si les avions dans lesquels on les a recasés peuvent décoller d'ici là. Autant dire que même si notre départ n'est pas prévu avant dimanche prochain, je flippe comme une malade. Je suis en train de lister les frais que ça entraînera: en hôtel (d'autant que nous entrerons alors en période de congés annuels pour les Japonais, et que trouver un hébergement bon marché sera sans doute impossible), en transport (notre rail pass aura expiré), en repas à emporter mais surtout en manque à gagner puisque je ne pourrai pas bosser tant que je ne serai pas rentrée en France. L'eee-PC, c'est bien pour bloguer, pas pour traduire. Apparemment, les compagnies aériennes ne prennent en charge que la première nuit d'hôtel dans le meilleur des cas, et quelque chose me dit que les catastrophes naturelles doivent figurer dans les clauses d'exclusion de l'assurance de ma Visa Premier avec laquelle j'ai payé nos deux billets d'avion. Donc, j'ai déjà mailé mes parents (actuellement en visite chez Soeur Cadette à Dallas, et qui auront peut-être eux-mêmes du mal à se rapatrier à Toulouse) pour solliciter une petite injection de cash. Et je ne vois pas ce que je peux faire de plus à part gober des Xanax pour tenter de profiter de la deuxième moitié de mes vacances en croisant les doigts pour que les aéroports rouvrent d'ici dimanche.

Ce que j'importerais volontiers du Japon

- La discipline et la politesse des gens dans le métro. Dans la plus grande gare du monde en pleine heure de pointe, une marée humaine proprement effrayante et pas un seul heurt. La circulation est dense et rapide mais fluide, et on ne constate aucune bousculade y compris pour monter dans un train déjà bondé. Les voyageurs s'entassent calmement, sans jamais râler ni agresser leur voisin. J'aime.

- Le métro lui-même, qui circule entièrement en surface à Tokyo (pour des raisons de sécurité dans cette région sismique, j'imagine). Un trajet d'une demi-heure ou plus est tout de suite moins déprimant quand on bénéficie de la lumière du jour et qu'on peut regarder le paysage défiler par la fenêtre.

- Les sachets à parapluie distribués gratuitement à l'entrée de tous les lieux publics, histoire que les gens ne foutent pas d'eau partout. Il y a même des emballeuses automatiques, oui oui. J'espère juste que le plastique usagé (récupéré dans des containers à la sortie) est recyclé; sinon, quel gâchis!

- Les toilettes de la mort, surtout celles avec siège chauffant. Rhâââ, quoi. Et puis tous ces petits boutons qui permettent de s'envoyer des jets d'eau réglables vers le fondement, c'est assez grandiose quand on y pense. Je ne pousserai cependant pas la fascination jusqu'à visiter le musée que Tokyo a consacré aux toilettes à travers les âges.

- Le laisser de chaussures à la porte obligatoire dans les lieux d'habitation (même si je le pratique déjà chez moi). C'est tellement plus propre!

- Le traîner en yukata après la douche ou le soir. En plus de son confort étonnant, ce peignoir en coton léger sèche remarquablement bien la peau mouillée.

- Les magasins ouverts le dimanche, et fermant à tour de rôle un seul jour dans la semaine.

- Les vrais bars à sushis où le poisson ne coûte presque rien, et où le thé vert est gratuit; les échoppes de gyozas où les raviolis sont à se rouler par terre (exception faite de notre expérience malheureuse de l'autre soir).

- Les bentos: plateaux-repas souvent très joliment préparés, pratiques à manger dans le train ou dans la salle commune d'un ryokan, et commençant aux alentours de 400 yens (3€ environ). Celui de la photo ci-contre est au saumon; il a coûté 1200 yens, soit un peu moins de 10€. Pour dîner sur le pouce, c'est quand même vachement plus sympa qu'un McDo, non?

- L'audace vestimentaire des Japonaises qui ignorent pratiquement le port du jean et se débrouillent pour porter des micro-shorts, des jupes ou des robes avec de jolies chaussures même quand il fait mauvais dehors. Le flegme des mâles de l'espèce qui ne leur jettent ni regards lubriques ni remarques déplacées.

- Les Japonaises tout court. Parce qu'elles sont trop mignonnes.

samedi 17 avril 2010

Comment rattraper une matinée gâchée à Tokyo


1. Aux grands maux les grands remèdes: aller déjeuner au Hard Rock Café. Celui de Roppongi qu'on n'a pas encore fait lors des deux voyages précédents. Recevoir les compliments de la serveuse qui trouve "Légissu" (= Régis) super-kawaï. Commander une Cobb salad avec une sauce blue cheese (pour elle) et un BBQ bacon cheeseburger (pour lui), plus une part de vrai cheesecake à la croûte en Graham crackers et un coulis de fraise qui tue (avec deux cuillères pour éviter l'implosion). Manger en secouant la tête en rythme tandis que Deep Purple, Melissa Etheridge, Lenny Kravitz et Eric Clapton font de la vraie musique sur les écrans et dans les haut-parleurs.

2. Aller visiter le Musée Mori qui, cette fois, expose bien de jeunes artistes japonais et pas une rétrospective de l'oeuvre de Le Corbusier comme en septembre 2007 lors de notre voyage précédent. Trouver tout formidable, et particulièrement les arbres découpés dans des sacs de shopping. Féliciter une Japonaise pour son bô chapô et entamer avec elle une conversation un poil surréaliste, moitié en mauvais anglais (le sien), moitié en très mauvais japonais (le mien). Un peu plus loin, tomber sur Hélie, son père et sa soeur. Quelle était la probabilité, sérieusement? Convenir de déjeuner ensemble le lendemain au musée Ghibli puisque c'est aussi le jour pour lequel ils ont réservé. Acheter une peluche rose délirante signée Takashi Murakami. Se retenir d'emporter aussi la mignonne Tour de Tokyo en Lego. Et le robot qui trébuche. Et, et, et...

3. Après un passage au ryokan pour déposer les sacs de shopping, partir vers Ikebukuro Est. Il y a juste la station de métro voisine à traverser, ça ne fait pas plus de deux kilomètres, ah ah. Fouiller tous les étages d'Animate et conclure qu'on n'est plus du tout à la page en matière de mangas. Laisser tomber et se rabattre sur Namjatown, parc d'attractions surréaliste composé de quatre zones respectivement dédiées aux desserts, aux glaces (jusqu'ici ça se tient), aux gyozas (admettons) et... aux massages. Avec au milieu, un tunnel complètement creepy ambiance Halloween plein de jeux mécaniques tous plus lugubres les uns que les autres. Des endroits comme ça, franchement, je n'en ai vu qu'au Japon. Chouchou s'offre une partie de Time Crisis (un bon shoot'em up de base) et moi un massage des pieds (que j'ai en compote). Puis nous partons nous goinfrer de gyozas pour le dîner mais choisissons mal notre échoppe parmi la douzaine qui s'offrent à nous et ingurgitons de loin les plus mauvais raviolis japonais de toute mon existence, expériences françaises comprises. Pas grave, ça en valait la peine rien que pour l'ambiance si spéciale du lieu.

vendredi 16 avril 2010

Comment perdre une matinée à Tokyo

1. Hyper excités par la perspective d'aller au Musée Ghiblirhirhirhi, se coucher tard la veille et n'émerger qu'à 8h45 le matin.
2. Prendre à Shinjuku un train de la Chuô line qui va gagner Mitaka en s'arrêtant dix minutes dans chaque gare, le tout à travers un paysage bien déprimant et trempé par la pluie.
3. Arrivés à Mitaka, courir pour attraper la navette conduite par le premier Japonais mal aimable rencontré depuis le début du séjour.
4. Présenter ses billets au jeune boutonneux posté à l'entrée du musée et l'entendre répondre sur un ton sans appel: "Ziss iz for toumorro".
5. Ouvrir de grands yeux. Vérifier la date sur le billet. "April the 16th". Demander à Chouchou: "On n'est pas jeudi? Je croyais qu'on était jeudi."
6. Recompter les jours passés. Si, on est bien jeudi. Mais vu qu'on a souhaité hier l'anniversaire de Soeur Cadette, née le 14, on n'est probablement pas le 16.
7. Se demander d'où vient l'erreur. On avait pourtant dit à Chouchou de réserver pour le premier jeudi des vacances. Ou bien il s'est trompé, ou bien c'est l'agence. Qui, entre parenthèses, aurait pu ajouter "Friday" à côté de la date, pour les gens qui ne savent jamais le combien ils sont.
8. Dépités, reprendre dans l'autre sens la navette au conducteur mal aimable et se retrouver à Shinjuku vers midi avec une moitié de journée de gâchée.

jeudi 15 avril 2010

Ce qui a changé depuis la dernière fois

- La sortie C6 Ouest de la station d'Ikebukuro est désormais dotée d'un escalator et d'un auvent. Bien pratique quand on est super chargé et/ou qu'il pleut à verse, comme le jour de notre arrivée. Par ailleurs, les couloirs menant de ladite sortie au hub central de la gare ont été transformés en pseudo quartier chic de Paris circa 1900 avec du fer forgé partout, des noms français qui une fois sur deux ne veulent rien dire et une profusion de boulangeries qui vendent des gâteaux roses ou verts.

- Il y a des SDF dans le métro. Ils ne jouent pas d'accordéon et ne font même pas la manche: en bons Japonais, ils se contentent de dormir par terre sans déranger personne. Mais ça fait un choc de constater qu'ici aussi, la pauvreté augmente. Ou se déplace-t-elle seulement au chaud et à l'abri pendant les averses glacées? Jusqu'ici, je n'avais connu Tokyo que sous le soleil.

- On commence à trouver dans Tokyo des stands qui vendent des jus de fruits ou de légumes frais. Bon d'accord, on est encore loiiiiiin de l'originalité et de la variété de Guapa, mais étant donnée la difficulté, pour le touriste moyen, d'obtenir sa dose quotidienne de vitamines durant un séjour au Japon (pays où les fruits et légumes sont si chers qu'on les vend à l'unité!), c'est toujours mieux que rien.

- Maintenant que le Kimi Ryokan a installé le wifi, mais qu'on ne le capte qu'au rez-de-chaussée, la salle commune est prise d'assaut par les clients équipés de portables. Les prises électriques sont chères. Pendant que je tape ceci, une Espagnole achève la conversation de plus d'une demi-heure qu'elle vient d'avoir sur Skype. En face de moi, deux Italiens (une mère et son fils, ou une cougar et son boytoy) apprennent le japonais sur internet en se partageant une paire d'écouteurs.

- Nestlé doit être en délicatesse avec la chaîne Family Mart, parce qu'on ne trouve plus de Kit-Kat aux parfums délirants dans ces supérettes ouvertes 24h/24. Moi qui viens de passer deux ans et demi à fantasmer sur ceux au chocolat blanc et aux graines de vanille, snif!

mercredi 14 avril 2010

Le dernier rempart de la civilisation humaine

Lundi, 10h40, dans le TGV qui nous emmène à Roissy (et qui nous y déposera très en retard, nous occasionnant une grosse suée et manquant nous faire rater notre avion).

Le contrôleur entre dans le wagon. Chouchou prend nos deux billets de train et pose sa trousse dessus, les cachant complètement.

MOI: Euh, ça ne serait pas plus judicieux de les mettre bien en vue pour que le monsieur puisse les prendre en passant?

CHOUCHOU: Oui, mais je ne voudrais pas qu'ils s'envolent.

MOI: Dans un train fermé?

CHOUCHOU: On ne sait jamais, avec le vent du voyage.

MOI: ...

CHOUCHOU: Et puis, des extraterrestres pourraient ouvrir un portail spatiotemporel pour venir nous les voler!

MOI: Ils pourraient ouvrir un portail spatiotemporel, mais pas soulever une trousse?

mardi 13 avril 2010

Avène, beware

Je suis victime d'une malédiction assez frustrante: chaque fois que je trouve dans le commerce un produit qui me convient, le fabricant le supprime de sa gamme avant la fin de l'année en cours.

Mes jeans m'ont boudinée pendant 20 ans, jusqu'à ce que Levis révise la coupe de son 501 femme en prévoyant de la place pour y caser tous les attributs d'un Botticelli. J'aurais dû en acheter trois d'un coup, parce que quand le mien a fini par lâcher après quatre ans de bons et loyaux services, le 501 était de nouveau taillé sur les mensurations de Kate Moss. Quelques mois plus tard, j'ai cru pleurer de joie en découvrant le boyfriend d'Uniqlo. Il a été disponible au magasin de Paris pendant exactement huit semaines. Depuis, plus rien.

Même chose avec les parfums, domaine dans lequel je suis extrêmement difficile: 95% d'entre eux me filent mal à la tête. Mon idée de l'enfer, c'est de me retrouver coincée dans un ascenseur avec une femme qui porte Poison. Les seules odeurs que je supporte bien sont celles des agrumes. Ainsi, j'ai successivement craqué pour le premier CK One Summer, puis pour l'Aqua Allegoria Orange Magnifica de Guerlain. Tous deux étaient des parfums éphémères qui n'ont été vendus que l'espace d'une saison.

Jusqu'ici, j'étais assez tranquille dans le domaine des cosmétiques, étant donné que je passais mon temps à en changer. Mais l'an dernier, j'ai enfin trouvé le trio magique qui me faisait une peau acceptable: Washing Cream de Menard pour nettoyer, Gommage Doux Eclatant de Seaderm pour exfolier et Crème pour les Peaux Intolérantes d'Avène pour hydrater. A ce jour, Menard est en rupture de stock de Washing Cream depuis plusieurs mois parce qu'une plante cruciale pour la fabrication est devenue introuvable, et les laboratoires Seaderm en proie à de gros soucis financiers ont cessé de livrer leurs distributeurs.

Je ne voudrais pas porter la poisse à Avène, mais je m'attends à ce que leur usine brûle d'un jour à l'autre.

lundi 12 avril 2010

"Ma vie à deux" vs "Tout sur ma vie avec le prince charmant"

Parues en même temps chez le même éditeur, ces deux bédés de filles ont aussi le même sujet: la vie de couple traitée sur le mode humoristique. Pourtant, "Ma vie à deux : Pour le meilleur et pour le pire !" a réussi à me faire rire et sourire tout au long de ses 130 pages tandis que "Tout sur ma vie avec le Prince Charmant" n'a suscité chez moi qu'un profond agacement.

Malgré un graphisme plus recherché que celui de sa consoeur, Hélène Badault se contente de ressasser le thème usé jusqu'à la corde de Mars contre Vénus - autrement dit, des différences domestiques "fondamentales" entre hommes et femmes. Du coup, l'ambiance de sa bédé est assez aigre et peu plaisante.

Missbean, en revanche, sait aussi montrer les moments de complicité presque gamine de ses héros et la cocasserie de leur vie à deux dans un espace minuscule. Son album déborde de la tendresse et du sens de l'auto-dérision qui devraient être le ciment de n'importe quel couple. Pour l'avoir personnellement vécue, je suis particulièrement fan de l'anecdote relatée pages 66-67 et appelée "Le dernier samouraï", mais j'ai adoré presque toutes les autres aussi. Une chouette idée de cadeau pour des amoureux qui s'installent ensemble... ou pour se faire plaisir à soi-même.

dimanche 11 avril 2010

Ca promet pour plus tard

L'un de mes neveux, voyant un autre petit garçon embêter son frère, a foncé sur le malotru pour lui lancer sans sommation son pied dans l'entrejambe.
Ce justicier en culotte courte, c'est Cahouète (3 ans 1/2) qui venait ainsi au secours d'Attila (8 ans 3/4).
...Estimant, sans doute, que nul autre que lui n'avait le droit de taper sur son aîné.

samedi 10 avril 2010

De plus en plus osé!

Chouchou s'est dépêché de finir sa bédé en cours pour la poster avant notre départ. Vous pouvez la voir . Dites-lui qu'il ressemble à Zeus, ça lui fera plaisir.

vendredi 9 avril 2010

Sur le départ

Les bagages sont faits. Comme il faudra avoir de la place au retour pour le shopping, je n'ai emporté que très peu de vêtements, un tube de lessive à la main et deux mini-étendoirs à linge pliants. Du coup, mes quatre T-shirts, mon jean de rechange et mon petit sac de sous-vêtements étaient tout perdus dans mon immense valise. Pour combler un peu e vide qui restait, j'ai rajouté une provision de thé en sachets, de briquettes de lait chocolaté, de brioche tranchée et de Grany (le petit déjeuner n'est définitivement pas ce que je préfère au Japon: les légumes vinaigrés, la soupe miso et la friture de poisson avant 10h du mat', j'ai un peu de mal). Oh, et des mini-saucissons. Ne riez pas: vous ne vous êtes jamais trouvé perdu dans Ginza avec un Dr. Chouchou que le vide de son estomac menace de transformer en Mr. Godzilla. Il est bon d'avoir de quoi nourrir la Bête dans les cas d'urgence.

Ernest-Raoul et Augustine sont en pension chez Miss Sunalee et diane cairn, où leurs principales activités des deux semaines à venir risquent d'être l'imbibage de cocktails et les partouzes de pious. Je sais, nous sommes des parents indignes. Mais deux adultes qui se promènent avec une peluche prêtent à sourire; deux adultes qui se promènent avec deux peluches commencent à être sacrément encombrés; deux adultes qui se promènent avec trois peluches suscitent des regards interloqués et vaguement inquiets. Donc, nous n'emmenons que Régis. Principalement pour pouvoir le tenir à l'oeil et éviter de nous brouiller avec nos amis. Quant à Scarlett et Copernique, elles partent chez tata Sophie demain soir.

J'ai passé l'après-midi à ranger l'appartement. Premier constat: j'ai déjà accumulé 43 paires de chaussures à Bruxelles. Il est temps de me trouver une passion moins placarophage. Les timbres-poste du Xème siècle, par exemple. En vrac. Deuxième constat: 32 flacons de vernis à ongles, mine de rien, ça prend vachement de place aussi. Pensons philatélie médiévale. Troisième constat: vous vous souvenez que dans mes résolutions de cette année, il y avait "écluser ma PAL"? C'est un échec retentissant. ...J'ai quand même réussi à trouver une place à chaque chose, parce que j'aime rentrer crevée de vacances dans un appart' impec. Il nous reste encore à faire le ménage demain, mais comme toute la lessive a été expédiée en début de semaine (RIP petite robe à fleurs Alain Manoukian), ça devrait aller assez vite. Du coup, ce soir pendant que je blogue, Chouchou tente de finir sa bédé en cours pour la publier avant notre départ. Pas facile de dessiner - ou de taper sur un clavier, d'ailleurs - en braillant les Magnolias de Claude François et en faisant les bras qui vont avec...

"True blood" saison 2

J'ai trouvé encore plus mauvais et plus addictif que la saison 1 de "True blood": la saison 2 de "True blood".

(Attention: spoilers!)

Non mais c'est vrai quoi. Depuis quand on met les bases d'une série sans dessus-dessous dès la saison 2, en séparant les héros pendant les trois quarts des épisodes pour mener deux histoires majeures en parallèle? Et les histoires, parlons-en des histoires! La première (celle de l'église des illuminés), simpliste et bâclée au possible, lance des pistes intéressantes sans les exploiter vraiment. La deuxième (celle de la ménade) n'en finit plus et semble juste un prétexte pour caser une scène d'orgie sanglante dans chaque épisode. Oh, et Vampire Bill est toujours aussi insipide et chiant; s'il vise le "beau brun ténébreux", il serait bien inspiré de prendre des leçons auprès d'Angel.

Cette saison 2 réserve quand même quelques moments forts comme les crises de stress post-traumatique de Lafayette (sans conteste mon personnage préféré) ou la mort de Godric. Et j'ai apprécié la relation entre Hoyt et Jessica - quelques grammes de tendresse dans un monde de brutes -, ainsi que l'épaisseur donnée à Andy Bellefleur ou l'humanisation de Vik le Viking d'Eric. Mais ce ne sont que quelques perles perdues dans une grande mare de boue. Pourtant... j'attends déjà impatiemment le 13 juin et le début de la saison 3. "True blood", c'est un peu l'équivalent télévisuel des magazines féminins. Je trouve ça vraiment naze, mais je ne peux pas m'empêcher de me jeter dessus.

La minute coquine

Comme Maïa Mazaurette qui a attiré mon attention sur cette boutique en ligne, je n'ai jamais porté de cache-tétons (ils me font un peu le même effet que les menottes en fourrure: trop soft pour moi! ^^), mais je serais prête à essayer si on m'offrait ceux-là:



Autant les coeucoeurs ou les pampilles qu'on trouve dans les sexshops de luxe ne me tentent guère, autant je fantasme total sur l'idée d'avoir des yeux au bout des seins. Ou un Pacman et un fantôme rouge. Ou des champignons de Super Mario. Ou des revolvers. Ou des croissants. Allez faire un tour chez Lady Tornade, ça vaut franchement le détour!

jeudi 8 avril 2010

Où le recours à la méthode Coué s'impose

L'heure est grave.

Parmi les trésors d'ingéniosité qu'elles déploient pour augmenter leurs tarifs sans que ça se voie, les compagnies aériennes ont eu la bonne idée de diminuer le poids de bagages autorisés sur les vols long courrier. Résultat: nous n'aurons le droit de ramener du Japon qu'une valise de 20 kilos par personne. Alors qu'il y a deux ans et demi, mon sac en pesait 32 à lui seul.

(Mon sac fait TOUJOURS 32 kilos quand je rentre d'un voyage sur un autre continent. Peut-être s'agit-il de sa contenance maximale quand tout est méga-compacté à l'intérieur. Peut-être est-ce la limite de ce que je suis capable de charrier seule. Peut-être est-ce mon réglage par défaut, allez savoir.)

Bon, comme l'univers est bien foutu parfois, il se trouve que je n'ai pas trop de sous à dépenser en ce moment et que les deux contraintes vont dans le même sens. Evidemment, j'aurais préféré qu'elles aillent toutes les deux dans l'autre - c-à-d, que je sois pétée de thunes et autorisée à ramener mon propre poids en peluches Totoro et en Kit-Kat à la pastèque. Mais l'univers n'est pas bien foutu à ce point, sinon ça se saurait.

Donc, il a fallu budgéter les dépenses plaisir et établir des priorités. Ont survécu à ma sélection draconienne les objets suivants:

- Ce drôle de petit appareil photo, un Fuji Instax qui prend des mini-Polaroïd rectangulaires et qui n'est pas disponible en Europe. Plus quatre ou cinq cartouches d'avance pour s'amuser un peu avec dans Tokyo.

- Une poupée Blythe d'un modèle restant encore à déterminer, que j'achèterai vraisemblablement dans la plus adorable boutique du monde. Deux ou trois vêtements, et quelques goodies comme l'agenda 2010, ce mug craquant ou ce recueil de photos.

- Si et seulement si je trouve un modèle qui me fait craquer: une théière en fonte, de préférence rouge vif, pour ma collection dont l'expansion est désormais limitée par le manque de place.

- De la papeterie japonaise dénichée chez Tokyû Hands et Ito-Ya: carnets, stickers, stylos-gel, crayons de couleur, papier washi...

- Le traditionnel assortiment de magnets et de breloques qui ne coûtent pas grand-chose, ne pèsent presque rien et font de merveilleux souvenirs à conserver ou à offrir.

- Un T-shirt du Hard Rock Café de Roppongi (j'ai déjà "fait" ceux de Ueno-Eki et de Yokohama).

- Un T-shirt Hello Kitty bleu taille 8 ans ou 135 cm pour Choupie, et un équivalent version garçon pour Attila et Cahouète.

- Un tube de Washing Cream de Menard, si j'arrive à en trouver (la production a été arrêtée faute d'un ingrédient crucial, et il n'en reste plus à l'institut de Paris). Autrement, peut-être des cosmétiques DHC de la gamme Q10, si les prix sont plus intéressants qu'en France. Au pire du pire, une bricole Shiseido.

Niveau poids, je devrais m'en sortir. Niveau budget, par contre, il va falloir que je fasse sacrément gaffe car lors de mon séjour précédent, j'avais dû craquer pas loin de 300€ rien que chez Junie Moon, glups! Cette fois, pas question de ramener un sac Vuitton deux fois plus cher qu'en France ou un tombereau de mangas X (à moins que Chouchou se dévoue...), ni de céder à l'appel de la robe de lolita goth que je porterai, euh, jamais. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner, pas pour dévaliser les magasins. Je vais là-bas pour dessiner...

mercredi 7 avril 2010

Un grand cri de rage et de frustration

J'aimerais pousser un grand cri de rage et de frustration.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH!

L'autre jour, un des éditeurs pour lesquels je bosse annonce sur Facebook la sortie du tome 4 d'une série que j'adore mais qui, n'ayant pas connu le succès qu'elle méritait à mon humble avis, a été abandonnée l'espace de quelques années. Ca ne rate pas: dans les cinq minutes qui suivent, un sombre crétin commente: "Juin 2010, et ben c'est pas trop tôt! Sont longs les traducteurs! Quand on voit que la série en est déjà au tome 7 ou 8 aux USA..."

Il se trouve que le bouquin en question, je l'ai traduit il y a... 3 ou 4 ans (je ne me souviens même plus tellement c'est vieux). Et que j'aurais été ravie de combler le retard sur la publication américaine si on me l'avait demandé. Mais non: dans l'esprit des lecteurs, si ça traîne, c'est forcément la faute de ces fainéants de traducteurs qui sont tellement bien payés qu'ils peuvent se permettre de passer un an sur un livre de poche. Ca ne peut en aucun cas venir d'une décision éditoriale. Parce que bon, on le sait bien qu'une maison d'édition, c'est une oeuvre caritative qui n'a aucun impératif de rentabilité. Ni aucun autre bouquin à publier à côté.

J'ai l'impression que mes collègues et moi passons notre temps à jouer les boucs émissaires. Quand un bouquin en français est mauvais, qui accuse-t-on? L'auteur? Non. L'auteur est nécessairement un dieu de la littérature, puisqu'il a été publié. Si le traducteur se contente de coller à un texte original moyen, on lui reproche la médiocrité finale de la version française. S'il tente de l'améliorer, on s'offusque: pour qui se prend-il, à oser trahir la version originale?! Il n'est jamais qu'un traducteur, un de ces gratte-papiers qu'on soupçonne toujours de s'être rabattus sur cette occupation parce qu'ils n'ont pas réussi eux-mêmes à devenir écrivains.

Voilà pourquoi j'évite généralement de lire les critiques des bouquins que j'ai traduits. Et voilà pourquoi je ne devrais, probablement, pas être amie sur Facebook avec mes éditeurs.

mardi 6 avril 2010

"Il était une fois Playmobil"

"Quand même, faut-il que je l'aime..."

C'est ce que je me répétais dimanche il y a dix jours tandis que, après une nuit écourtée par la soirée d'Editeur Préféré à l'Evénement Bleu et par le passage à l'heure d'été, j'attendais devant le Musée des Arts Décoratifs de Paris, sous une pluie fine mais persistante, en compagnie de hordes d'enfants excités comme des puces, pour visiter... une expo de Playmobil.

Je suis probablement la seule gamine née entre 1965 et 1975 qui n'a jamais possédé aucune boîte de ces petites figurines à cheveux amovibles. Chouchou, en revanche, a été l'heureux propriétaire d'un fort et d'un bateau pirate dont il parle encore avec des trémolos dans la voix. Il n'était pas le seul à pousser des exclamations émerveillées dans la foule de parents qui utilisaient leur progéniture comme excuse pour se faire un petit trip nostalgie.

Que dire de cette expo? Euh... Il y avait beaucoup, beaucoup de Playmobil. La collec' complète, ou pas loin. Par chance, elle était rassemblée dans d'immenses vitrines devant lesquelles il était possible de passer assez rapidement, et elle n'occupait que deux salles plus un coin vidéo. Du coup, il ne nous a pas fallu plus de dix minutes pour en faire le tour. Ce qui, à 9€ le billet, me paraît quand même un peu chérot. Mais pour ce prix-là, nous avons pu faire toutes les photos que nous voulions sans que personne de plus d'un mètre vingt vienne nous embêter. J'étais ravie, je vous raconte même pas.

Jusqu'au 16 mai 2010
Musée des Arts décoratifs - galerie des jouets
107 rue de Rivoli
75001 Paris
Tél. : 01 44 55 57 50

lundi 5 avril 2010

...Et je doute qu'elle ressuscite miraculeusement

Non, la pose de Jésus, c'est pas parce que c'est Pâques.
C'est parce que cette photo est la seule sur laquelle on voit à peu près bien ma robe préférée, dont j'ai prononcé le décès aujourd'hui aux alentours de 16h33.
Figurez-vous Chouchou a décidé qu'il ne saurait partir au Japon en laissant derrière lui un panier à linge sale dont on ne verrait pas le fond. Soit. Afin d'expédier toutes les lessives durant ce jour férié, il a décidé de porter le linge essoré mais encore humide à la laverie afin de le mettre dans un séchoir électrique et de l'en ressortir prêt à être plié et rangé.
Parmi le linge sale, il y avait cette petite robe à fleurs Alain Manoukian achetée il y a... au moins 5 ans alors que je faisais les soldes d'hiver à Monpatelin avec la seule de mes cousines également atteinte de shoppingite aiguë. Je m'en souviens encore. On avait passé une matinée entière à écumer la galerie marchande toutes les deux. Martine est quelqu'un que j'aime beaucoup et que je n'ai pas souvent l'occasion de voir, alors ça me faisait vraiment plaisir cette virée de filles avec elle.
A l'époque, la petite robe à fleurs Alain Manoukian m'était limite trop grande. Je l'aimais tellement que je ne la portais que dans des occasions spéciales, comme ce week-end en roulotte avec Chouchou pour mes 36 ans. Plus récemment, elle m'avait accompagnée au Musée de la Mode de Hasselt où la photo ci-dessus a été prise. (Oui, en public. Je crains très peu le ridicule quand il s'agit de faire des photos-souvenir originales.)
Sa dernière sortie aura été samedi dernier, pour la soirée organisée par Editeur Préféré à l'Evènement Bleu. A cause du poids pris l'an dernier, la petite robe à fleurs Alain Manoukian me serrait pas mal, mais elle me faisait encore une jolie silhouette féminine.
Le problème, c'est qu'elle était en viscose, une matière qui tire-bouchonne et rétrécit quand on l'expose à une chaleur intense comme, disons, celle d'un sèche-linge. Désormais, la petite robe à fleurs Alain Manoukian est un piteux torchon taille 8 ans que mon sentimentalisme vestimentaire m'empêche de ranger à la seule place qui lui convienne encore: dans la poubelle.

Les brunchs du dimanche (4): L'orangerie d'Egmont


Au plaisir de tester un nouvel endroit pour bruncher s'ajoutait celui de retrouver Miss Sunalee et diane cairn, que nous n'avions pas vu depuis plus d'un mois parce qu'ils étaient partis en vacances au Vietnam. Une averse intempestive s'est bien déclenchée comme nous sortions du métro, nous forçant à nous réfugier dix minutes sous l'auvent de chez Tiffany; mais heureusement, le ciel s'est ensuite dégagé et nous avons pu gagner l'orangerie sans encombre (bien qu'en titubant, pour 50% d'entre nous, sur des talons de 12 fort peu adaptés à la gadoue qui régnait dans le parc).

Cadre: Le restaurant de l'orangerie est un bel endroit à la déco rouge et blanche, inondé de lumière par d'immenses baies vitrées. On peut s'y installer à des tables traditionnelles ou à un comptoir, et la grande salle comporte une mezzanine pour les convives qui préfèrent une atmosphère plus feutrées. Par beau temps (entre le 14 et le 16 juillet, approximativement), on peut manger dehors dans l'orangerie même, et ce doit être assez agréable.

Nourriture: Le brunch proposé était assez classique. Pour 25€, nous avons eu droit à l'assortiment habituel de viennoiseries et de brioches, à des jus de fruits frais, à un choix respectable de salades froides, de crudités, de charcuterie et de fromage, ainsi qu'à un bar où un cuisinier préparait à la demande crêpes ou omelettes garnies selon les desiderata du client. En revanche, hormis les omelettes en question, il n'était proposé qu'un seul plat chaud, ce que j'ai trouvé un peu léger. Et les boissons chaudes étaient en supplément.

Service: L'hôtesse et le cuisinier étaient charmants. On ne pouvait hélas pas en dire autant de notre serveur. Quand Chouchou et moi lui avons demandé s'il avait du thé vert, il nous a toisé d'un air méprisant: "Ben évidemment!". En fin de repas, comme nous nous attardions à table pour bavarder avec nos amis, il est revenu plusieurs fois voir si nous voulions commander autre chose, et quand nous avons fini par lui réclamer l'addition, il a lâché sur un ton aigre: "Oui, c'est une bonne idée". Espèce de déplaisant, va.

En résumé, je dirais que le cadre est agréable et le brunch lui-même dans une honnête moyenne, sans plus. Le Cook & Book et le Bla Bla & Gallery continuent pour l'instant à planer très haut en tête de ma liste des brunchs bruxellois. Ce qui ne nous a pas empêché de passer un délicieux moment entre amis à discuter de voyages. Parce que la bonne compagnie, par un dimanche pluvieux, c'est quand même bien plus important que la déco ou le contenu de l'assiette.

dimanche 4 avril 2010

"Plage de Manaccora, 16h30"

Il y a sept ou huit ans, à l'époque de la sortie du "Cosmonaute", j'ai eu une brève période Philippe Jaenada, durant laquelle j'ai dévoré quasiment tout ce qu'il avait écrit jusque là. Si j'ai adoré son sens de l'humour et les situations parfois absurdes dans lequelles il n'hésitait pas à mettre ses personnages, ses tics d'écriture ont fini par me lasser. Les digressions dans les digressions, c'est sympa pendant quelques centaines de pages; au-delà, ça agace. Et puis cette manie d'utiliser toujours la même figure féminine folledingue... Saturée, j'ai regardé les bouquins suivants de Jaenada se succéder sur les tables des libraires sans que me vienne l'envie d'en acheter un.

Jusqu'à "Plage de Manaccora, 16h30". Pourquoi celui-là et pas un de ceux qui l'ont précédé, ou qui le suivront? Parce que Caro de Pensées de Ronde en avait dit beaucoup de bien, et que j'ai pas mal de coups de coeurs littéraires en commun avec elle depuis deux ou trois ans. J'ai bien fait de l'écouter: j'ai adoré ce roman court que j'ai lu quasiment d'une traite. De quoi parle-t-il? Pendant leurs vacances dans le sud de l'Italie, un couple et son jeune fils sont confrontés à un monstrueux incendie de forêt qui les rabat vers la mer. Et fidèle à l'adage qui veut que l'on revoie toute sa vie en accéléré quand on est sur le point de mourir, le narrateur se remémore des scènes marquantes de son existence tandis qu'il s'efforce d'entraîner sa famille en sécurité. Outre la force de l'histoire, j'ai beaucoup apprécié l'évolution du style de l'auteur. Philippe Jaenada a su conserver ce qui faisait sa spécificité d'écrivain tout en se débarrassant d'une certaine arrogance plumitive. Désormais, il sait parfaitement doser ses digressions poupées-russes pour amuser ou interpeler sans perdre son lecteur en route. Et au lieu de chercher à éblouir ce dernier, il s'attache juste à être vrai, ce qui le rend souvent émouvant. "Plage de Manaccora, 16h30" est l'oeuvre d'un auteur enfin parvenu à maturité que je continuerai à suivre avec intérêt.

samedi 3 avril 2010

Mars 2010


Tu parles d'un héritage!

Je crois que je suis en train de devenir mon père.

Non, une moustache poivre-et-sel n'est pas subitement apparue sur ma lèvre supérieure. Non, mon sac Dreyfuss bien-aimé ne s'est pas transformé en vilaine gibecière de chasse et non, je n'ai pas miraculeusement perdu cinq ou dix kilos. (Oui, je pèse plus lourd que mon père. VDM.) Mais plus le temps passe, et plus je deviens catastrophiste.

J'ai toujours été d'un naturel peu confiant en mon prochain, et eu du coup tendance à baliser au maximum mes interactions sociales. Pour le reste, en revanche, je donnais plutôt dans l'optimisme. Je prenais toutes les précautions qui me semblaient nécessaires afin que les choses se passent bien; après quoi, je me détendais et je profitais de la vie.

Mais depuis quelque temps, je constate chez moi une mutation inquiétante: le développement d'une tendance à inventer des problèmes là où il n'y en a pas, à toujours partir du principe que l'issue d'une situation donnée sera la pire possible. Les fans de "Friends" se souviendront peut-être de cet épisode où Rachel s'enferme hors de chez elle alors que son bébé dort à l'intérieur. Elle se tape un délire total, imaginant qu'un aigle s'engouffre par la fenêtre ouverte pour enlever sa fille. Sur le coup, ça m'avait fait beaucoup rigoler. Aujourd'hui, je trouve poignantes les souffrances mentales de la pauvre Rachel.

Chaque nouveauté dans ma vie est désormais une source d'angoisse. Prenons par exemple le voyage au Japon que Chouchou et moi devons faire incessamment sous peu. Cette semaine, dans la journée qui a suivi ma visite chez le dentiste, une de mes gencives a triplé de volume. J'ai aussitôt conclu que j'avais un horrible abcès qui allait s'infecter et m'obliger à courir aux urgences tokyoïtes, où un chirurgien qui n'aurait pas compris mon mauvais japonais m'arracherait une dent saine sans anesthésie avant de me présenter une facture de plusieurs milliards de yens que la sécu ne me rembourserait jamais. En fait, je m'étais brûlée avec un thé trop chaud et j'avais une bête cloque qui a éclaté ce matin.

Je me suis sentie soulagée pendant environ une minute. Puis j'ai cherché un autre sujet d'inquiétude. Et je n'ai pas tardé à le trouver. Ce préacheminement en Thalys jusqu'à Charles-de-Gaulle, quel piège! Les trains sont toujours en retard, c'est bien connu. Si nous loupons notre avion, nous perdrons au minimum un jour de vacances, et peut-être notre réservation au Kimi-Ryokan, ce qui foutrait tout notre séjour en l'air. Quand j'ai fait part de mes craintes à Chouchou, il m'a annoncé que la SNCF avait déposé un préavis de grève pour le 6 avril. Rhââââââ je le savais que ce voyage allait être une catastrophe, je le savais, je le savais!

...Demain je contacte l'agence pour voir s'il n'y aurait pas moyen de changer nos réservations de Thalys et de gagner Paris la veille, quitte à payer une nuit d'hôtel sur place pour être sûrs d'avoir notre avion dimanche prochain.

vendredi 2 avril 2010

Amnésie sélective

J'ai un terrible secret à vous avouer. Je suis une amnésique de la lecture.

Six mois ou un an après avoir lu un bouquin, même si je l'ai beaucoup aimé, il n'en subsiste guère que quelques traces dans ma mémoire: le sujet grosso modo, le nom des personnages principaux (et encore, pas toujours). Mais en général, la fin s'est totalement envolée. Le milieu aussi, parfois. Quand j'ai de la chance, je retiens une ou deux scènes marquantes. Je suis encore capable de parler dudit bouquin avec enthousiasme, voire de le recommander chaudement - en même temps que, dans mon for intérieur, je prie pour que mon interlocuteur ne me réclame pas trop de détails sous peine de passer pour une mytho en pleine séance de pipotage.

Prenons par exemple "Neverwhere" de Neil Gaiman, qui figure parmi mes livres préférés de tous les temps. Je me rappelle que ça se passe à Londres, dans une sorte de monde souterrain qui cohabite avec le nôtre à l'insu des humains, et que les noms des stations de métro y prennent une signification assez littérale. A part ça... nada. J'ai perdu le nom du héros et tout le contenu de l'histoire. Je ne me souviens que de la jubilation intense éprouvée en lisant ce bouquin, de sa faculté à m'avoir coupée du réel pendant quelques heures.

Le plus bizarre, c'est que pour tout le reste, j'ai une putain de mémoire de compète. Je connais par coeur l'adresse et la date d'anniversaire de tous mes proches (plus leur numéro de téléphone depuis qu'on est passés aux portables, mais avant, j'étais aussi un répertoire ambulant). J'ai parfois l'impression d'avoir avalé un juke-box avec les centaines de chansons dont je peux restituer (faux, mais là n'est pas la question) jusqu'à la moindre inflexion de la voix du chanteur. Mon agenda me sert uniquement de garde-fou, car je sais exactement ce que j'ai à faire pendant chacun des jours restants de cette année 2010. Mais les bouquins, les bouquins que j'aime tant, semblent être lentement aspirés par une sorte de trou noir, et je ne comprends pas pourquoi.

Est-ce parce que j'en lis trop - une centaine de romans par an et au moins autant de bédés? Est-ce parce que je les lis trop vite et ne les relis jamais? Est-ce parce que mon cerveau, tel un disque dur plein à craquer, a atteint sa capacité maximum de stockage? J'avoue que le phénomène me laisse perplexe et parfois plus qu'un peu embarrassée. Il présente tout de même un avantage: si un jour, je suis vraiment fauchée, j'aurai une bibliothèque entière de livres quasi-neufs pour moi à dévorer.

jeudi 1 avril 2010

La Gazette de Sigmund

Pour les amateurs de LKH et de Série Préférée, le site ABFA vient de publier La Gazette de Sigmund #3, fanzine virtuel dans lequel vous trouverez entre autres choses une série de petites annonces tordantes et une interview d'une traductrice hyper-sympathique ^^ Enjoy!

Happy beurzdé to you!

Editeur Préféré fête ses dix ans aujourd'hui, et non, ce n'est pas un poisson d'avril.

Je travaille pour lui presque depuis le début. A l'époque, Editeur Préféré, c'était trois personnes qui bossaient dans un minuscule local en banlieue parisienne, et un milieu dubitatif sur la réussite potentielle de gens qui voulaient se spécialiser dans la fantasy - genre mal considéré s'il en est en France. Aujourd'hui, c'est plus de 30 salariés qui occupent quelques centaines de mètres carrés dans le 8ème arrondissement, et une place de n°1 européen dans sa catégorie. Je viens d'entamer ma 26ème traduction pour Bones et compagnie, et c'est la deuxième année consécutive que ça me rapporte des droits d'auteur en plus de mes à-valoir (ici, insérer bruit de tiroir-caisse: ka-ching!). Côté professionnel, une collaboration fructueuse, donc. Et côté personnel, des tas de chouettes rencontres faites par l'intermédiaire du forum, des liens tissés pendant les salons et approfondis sur Facebook, des dizaines de personnes dont je partage virtuellement le quotidien, les petits bonheurs et les grands énervements - ou l'inverse.

Il paraît que mélanger le travail et l'amitié n'est pas une bonne idée. Mais toute règle a ses exceptions. Je suis ravie qu'Editeur Préféré en fasse partie, et c'est bien volontiers que je rempile pour poursuivre le chemin à ses côtés pendant la prochaine décennie.