lundi 31 mai 2010

Imaginales 2010: impressions après refroidissement


Bien sûr, c'était pas le FSO.

D'abord, on n'a pas crevé de chaud et passé notre temps à chercher de l'ombre ou à piquer le parasol des voisins, parce que les Vosges fin mai, c'est pas la Provence en juillet, même si on a eu beau temps presque tout du long.

Ensuite, on n'a pas campé sur les remparts dans des sacs de couchage poussiéreux et mangé des salades de thon en boîte pendant quatre jours: on a dormi au charmant et très abordable Hôtel Azur et fait bombance au resto à chaque repas (sauf pour le pique-nique de spécialités régionales où on a fait bombance assis dans l'herbe avec des assiettes en carton, un unique couteau en plastique et pas assez de pain, mais c'était chouette quand même).

On n'a pas baisé furieusement à quatre pattes dans des douches communes à moitié inondées ou au milieu de la forêt avec des aiguilles de pin qui nous rentrent dans les fesses et les genoux et les copains qui matent par les meurtrières sans qu'on s'en rende compte: on s'est contentés, en vieux couple paresseux, d'un câlin matinal dans les draps en désordre.

Au lieu d'enchaîner des jeux de rôles dont le scénario nous avait été livré à l'heure où la partie était censée commencer, on a assisté à une table ronde sur le thème "La violence dans la fantasy", écouté Editeur Préféré récapituler la belle aventure qui est la nôtre depuis 10 ans (et fêté ça avec du champagne et de délicieux petits fours) et apprécié les confidences de Jacqueline Carey sur sa géniale série "Kushiel".

Au lieu d'acheter un Xème supplément pour "L'Appel de Cthulhu" ou une superbe mais quelque peu encombrante hache de bataille en latex, on s'est fait dédicacer des bouquins par des auteurs qu'on aime déjà bien ou qu'on voudrait découvrir: Jacqueline Carey, donc, mais aussi Gudule, Jeanne A. Debats, Maïa Mazaurette ou Don Lorenjy. On a hésité à investir dans "Le déchronologue" ou "Les lames du cardinal" parce que bon, valise déjà trop pleine et compte en banque plus assez.

A première vue, non, ces Imaginales n'avaient pas grand rapport avec la manifestation culte qui a marqué la fin de mon adolescence et le début de mon âge adulte.

Pourtant...

Pourtant dans les deux cas, l'esprit était le même. Ce week-end, des potes qui vivent aux quatre coins de la France le reste de l'année se sont retrouvés pour partager, en plus d'une passion, le plaisir d'être ensemble. Loin de leur quotidien, dans une bulle qui n'a duré que quelques jours et dont ils sont ressortis aussi crevés que ravis avec des souvenirs plein la tête.

...Et une seule envie: remettre ça l'année prochaine.

Où je me sens persécutée du cheesecake

Au Hard Rock Café de Roppongi le mois dernier, j'avais commandé un cheesecake avec supplément de coulis de fraises et eu l'immense bonheur de voir arriver ceci sur ma table:


La croûte n'était pas en speculoos mais bien en biscuits digestifs comme il se doit, surmontée d'une garniture crémeuse à souhait et d'un coulis plein de morceaux tellement frais qu'ils remuaient encore. Si ce n'était pas le meilleur cheesecake que j'aie mangé de toute ma vie, il arrivait sans problème dans le tiercé de tête.

Forte de cette très agréable expérience, jeudi dernier, alors que je dînais avec les VIP au Hard Rock Café de Paris, j'ai renoncé à commander le burger qui me faisait envie et pris une simple Cobb Salad pour avoir encore faim pour un dessert. La serveuse m'a annoncé que j'avais de la chance, parce qu'il ne restait plus qu'un seul cheesecake. J'ai poussé un soupir de soulagement intérieur.

Jusqu'à ce qu'elle dépose ça devant moi:


Non, la moutarde ne remplaçait pas le coulis de fraises, c'est juste pour donner une idée de la taille ridicule de la chose. Moins ridicule, cependant, que sa présentation. Un cheesecake dans un verre, sérieusement? Y'a des grands malades dans la vie.

samedi 29 mai 2010

Les Imaginales: premières impressions


Les Imaginales, c'est de la balle. Ces dernières 24 heures, j'ai discuté avec Jacqueline Carey qui est adorable mais beaucoup plus réservée que le contenu de ses bouquins ne le laisse supposer, fait dédicacer un bouquin pour le prochain annif' d'Attila par la toujours délicieuse Gudule, obtenu de Maïa Mazaurette un dessin de fâmâpoâl et un groupie shot sur lequel elle pelote amoureusement Régis, écouté Chouchou et Jeanne A. Debats inventer un mot latin pour désigner les folles de chaussures dans notre genre, eu la confirmation qu'Editeur Préféré avait acheté les droits du bouquin de bit-lit pour lequel j'avais fait une fiche de lecture dithyrambique et que Premier Editeur reprenait la publication de Série Adorée interrompue depuis au moins cinq ans (woohoo!), insisté lourdement avec Marion pour qu'Ando fasse des dédicaces mammaires quand sa bédé sera publiée, mangé la meilleure semoule du monde au resto Les Babouches, éventé la ruse de Kettch pour payer l'addition mais eu la flemme de me lever pour l'intercepter, eu vachement de mal à m'endormir et juré mais un peu tard que les gros repas le soir, on ne m'y reprendrait plus, assisté à la table ronde "Génération Bragelonne" et été quand même un peu émue de faire partie de cette histoire de potes quasiment depuis le début, descendu trois coups de champ' pour fêter les 10 ans de la maison, fui Chouchou et +1 qui s'étaient lancés dans une discussion enflammée sur le thème "le zombie, symbole du consumérisme rampant et figure politique de gauche", enfin rencontré la douce Mélusine, goûté de la limonade à la mirabelle, savouré le foie gras à l'armagnac de Jean-Claude Dunyach lors du pique-nique traditionnel sur la berge de la Moselle et comaté ensuite pendant la première moitié de l'après-midi. Bref, que du bonheur. Seul bémol: le concert du Naheulband ce soir était déjà sold out quand nous sommes arrivés. Chouchou envisage d'égorger deux détenteurs de billets pour y assister quand même. Qui a dit que la littérature adoucissait les moeurs?

vendredi 28 mai 2010

Les envahisseurs attaquent la nuit

En attendant le gag de trois pages sur lequel il planche (ah ah) depuis plusieurs semaines, Chouchou vous a concocté un petit dessin vite fait.

Un témoignage accablant qui vient confirmer la théorie du site Christwire selon laquelle les chats sont des suppôts de Satan (si).

mercredi 26 mai 2010

And the winner is...

Et voici, en images commentées par ma petite voix flûtée que je ne supporte pas, le tirage au sort de la gagnante du concours KissMeZombie!



Merci à toutes les participantes, et n'oubliez pas que vous avez 15% de réduction sur tout le site avec le code LEROSEETLENOIR jusqu'à la fin du mois.

L'espace de quelques minutes, j'ai eu peur

Hier vers 18h, je reçois ce mail de Père, que j'avais chargé de réceptionner mes deux pulls en cachemire d'été customisés commandés sur Trendy Workshop.

Maman a passé sa journée à attendre, et alors que nous désespérions, le préposé DHL est arrivé.
Contenu du paquet (tout mou !) :
- deux merdouilles de taille M et de couleur noire avec une inscription en vert " TRENDY - WORKSHOP.COM ", et dans chaque paquet, une autre merdouille de couleur écru aussi avec inscription.
Le tout en bon état apparent.

Signé: Thénardier

Alors bon, je sais que Père n'est pas plus doué que Chouchou pour identifier les couleurs. Il a pu prendre le bleu marine pour du noir et le gris clair pour de l'écru. Par contre, aucune mention de rose, de orange, de motifs fleurs ou oiseaux, ça m'inquiète. Tout comme cette inscription que je n'ai pas réclamée. Je réponds donc en expliquant ce qu'était censé contenir le colis et en réclamant une photo des articles reçus, pour éventuellement envoyer une réclamation à Trendy Workshop.
La réponse de Père (a.k.a Thénardier) ne se fait pas attendre:


Toutes nos excuses, c'est moins môche (sic) que ce qu'on avait vu! Nous avions, en fait, examiné les emballages.

Avec des parents pareils, comment s'étonner que je sois parfois blonde à l'intérieur?
(On peut, en revanche, se demander d'où je tire mes gènes fashion. Parce que confondre un emballage avec un pull, euh...)

mardi 25 mai 2010

Piqûre de rappel

Vous avez jusqu'à ce soir minuit pour participer au concours KissMeZombie et gagner votre bijou préféré. Allez hop, on se dépêche!

lundi 24 mai 2010

Murphy says...

La Loi de Murphy dit: "Si un animal de compagnie tombe malade, ça doit nécessairement survenir un dimanche ou un jour férié".

Ca faisait au moins trois mois que je n'avais pas dû emmener mes vieilles minettes (14 et 15 ans cette année) chez le véto. Je commençais à trouver ça limite louche, bien qu'excellent pour mon budget. D'ailleurs dans un élan d'enthousiasme, j'ai invité Chouchou au Portrait de Famille samedi soir.

Grave erreur. Aujourd'hui, après avoir passé toute une semaine à miauler et à faire ses besoins en dehors de sa caisse, Scarlett s'est mise à uriner du sang un peu partout dans l'appartement. Et à se rouler dedans après pour la bonne mesure. C'était suffisamment gore pour justifier une visite à la clinique vétérinaire en urgence.

Verdict? "Probablement une cystite... mais si son état ne s'est pas amélioré d'ici mercredi soir, le temps que les antibiotiques fassent effet, ça pourrait aussi être une tumeur." Une petite piqûre, quelques cachets et du sirop à administrer pendant les 7 jours à venir, et "ça fera 70€".

...Du coup si c'est grave et qu'on ne peut pas aller aux Imaginales en fin de semaine, je pourrai réinvestir mes frais d'hôtel et d'achats de bouquins à dédicacer dans une batterie d'examens, voire une petite opération. Joie, hein.

Les chats, ça devrait avoir une espérance de vie comparable à celle des humains. Parce que là, vraiment, je trouve que ça s'use beaucoup trop vite :-(

dimanche 23 mai 2010

Où je me désolidarise de plus en plus de mes compatriotes

C'est assez rare que je regarde les vidéos postées sur Facebook par mes amis à moins qu'elles montrent des chatons tout mougnoumougnoux. Mais Chouchou est plus curieux que moi. En début de soirée, il a cliqué sur ce lien permettant de voir le Sept à Huit consacré aux évadés fiscaux, notamment à ces millionnaires français qui se réfugient en Belgique pour échapper à l'ISF. Comme j'étais à côté, je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre.

La gerbe.

Ca m'est souvent arrivé d'avoir honte d'être française. Les soirs d'élection présidentielle, par exemple. Ou pendant mon unique voyage organisé. Selon la vingtaine de gros beaufs qui composaient le reste du groupe, on ne voyait pas assez de sites touristiques... MAIS ils auraient voulu passer trois fois plus de temps sur chacun d'eux. Oh, et la nourriture n'était "pas comme à la maison" (entendu dans un resto du Chinatown de San Francisco tandis que l'ensemble de la tablée contemplait la nourriture - pourtant très bonne - d'un air soupçonneux). Si vous voulez manger comme à la maison, restez-y donc: ça vous coûtera moins cher et ça évitera d'aggraver la réputation d'arrogance et d'impolitesse des Français à l'étranger. Au final, ces blaireaux ont réussi à faire pleurer notre guide pendant le dîner d'adieu. Mortifiée, j'étais.

Mais là, je crois que c'est pire.

Déjà, j'ai un problème avec le concept d'évasion fiscale. Si tu as gagné ton fric dans un pays lambda, la moindre des choses, c'est de payer tes impôts dans le pays en question. Il a contribué à t'enrichir; tu te plies à ses règles et tu lui rends un peu de ce qu'il t'a donné. Un peu ou beaucoup, OK. Mais si tu payes beaucoup d'impôts, c'est que tu gagnes beaucoup-beaucoup de fric. Tu devrais te réjouir d'être un privilégié au lieu de pleurer que l'ISF va te coûter plusieurs millions d'euros. Quand tellement de gens luttent pour boucler leurs fins de mois, je trouve qu'il y a une vraie indécence à se barrer à l'étranger pour se soustraire à son devoir de solidarité et pouvoir se payer une villa à Saint-Barth, un jet privé ou que sais-je encore.

On peut toujours contester l'usage qui est fait de l'argent des impôts; on peut toujours penser que certaines personnes abusent des prestations sociales et ne font pas d'efforts pour s'en sortir par elles-mêmes; rien n'excuse le fait de jouer les Oncle Picsou, même avec de l'argent qu'on a acquis à la sueur de son front. D'abord, je ne connais pas tellement de métiers où on transpire qui permettent de devenir millionnaire, pas tellement d'occupations honnêtes grâce auxquelles on peut arriver par soi-même à ce genre de fortune. La plupart des évadés fiscaux ont hérité de leur argent ou l'ont acquis à la sueur du front des autres - à part peut-être certains artistes et sportifs de haut niveau. Et je ne veux pas minimiser le travail que ça représente d'être Johnny ou Nicolas Anelka, mais bon, c'est pas non plus les 3/8 sur une chaîne de montage. Ce sont des Français qui achètent leurs disques, leurs places de concert ou de match - une société dont ils veulent bien prendre mais à laquelle ils ne veulent rien donner en retour.

Donc déjà, l'évasion fiscale, je trouve ça inique. Mais aller en plus se plaindre, comme le font les personnes interviewées dans ce reportage, qu'on vit beaucoup moins bien à Bruxelles qu'à Paris et qu'on souffre du manque d'endroits où prendre un café sur le "zingue"... Franchement, y'a des coups de pied au cul qui se perdent. Si on veut vraiment les faire passer à la télé, ces gros cons, on pourrait pas plutôt les mettre dans "Vis ma vie de RMIste"?

samedi 22 mai 2010

"L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet"


Tecumseh Sansonnet Spivet a douze ans. Il vit dans un ranch du Montana entre un père rancher taciturne, une mère entomologiste absorbée par la recherche d'un insecte qui n'existe peut-être pas, une grande soeur qui se désespère d'être entourée de ploucs et le fantôme de son frère cadet victime d'un accident mortel l'année précédente. Mais surtout, T.S. est un cartographe de génie, un petit prodige mû par l'irrésistible besoin de décortiquer et de coucher sur papier le monde qui l'entoure afin de lui donner un sens.

Sans qu'il le sache, son mentor a soumis sa candidature pour le prestigeux prix Baird que décerne chaque année le Smithsonian Institute. Un jour, un monsieur zézéyant appelle T.S. pour l'informer qu'il a gagné et qu'il est attendu à Washington une semaine plus tard, afin d'y lire son discours de remerciement. Bien entendu, il ignore l'âge du brillant lauréat, qui décide de traverser les Etats-Unis par ses propres moyens pour aller chercher son prix. Passionné par la figure romantique des hobos, T.S. devient passager clandestin à bord d'un train de marchandises et se lie d'amitié avec un mobile-home de luxe nommé Valéro...

Magnifique surprise que ce premier roman de Reif Larsen, dont je n'avais jamais entendu parler et à côté duquel j'ai failli passer sans le voir lors de ma dernière descente à la Fnac de Monpatelin. D'abord, il est très beau avec ses multiples illustrations censément réalisées par le jeune héros. Et puis, dès qu'on a plongé dedans, impossible de le lâcher. On craque pour T.S. Spivet, petit garçon précoce et pourtant perplexe face au monde des adultes, enfant curieux de tout dont la véritable histoire se révèle dans les marges de sa grande aventure. On a envie de le protéger, de le guider, de partager ses découvertes et son enthousiasme juvénile.

Roman initiatique pour petits et grands, "L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet" amuse, attendrit et serre le coeur tour à tour. Il fait traverser les plaines rouges et poussiéreuses de l'ouest des Etats-Unis dans le fracas de centaines de tonnes d'acier. Il transporte le lecteur dans le passé pour lui faire partager le combat d'une des premières femmes scientifiques. Il l'instruit et lui donne une furieuse envie de se mettre à dessiner tout et n'importe quoi (ou peut-être que c'est juste moi). Il donne vie à un héros sensible et attachant qui est tout le contraire d'un singe savant. Enfin, il raconte une histoire aussi passionnante que ses personnages. Et en plus de tout ça, il est extrêmement bien traduit par Hannah Pascal. Laissez-vous embarquer: ce voyage-là est de ceux qu'on ne regrette pas!

vendredi 21 mai 2010

Jouons avec KissMeZombie

Il y a quelques jours, je vous parlais d'un site de jolis bijoux et accessoires découvert récemment au hasard de mes balades sur la toile: KissMeZombie. Suite à mon article, j'ai été contactée par une des deux créatrices, Elena, qui vous propose le petit concours suivant:

Vous avez jusqu'à dimanche mardi* minuit pour m'indiquer, dans les commentaires de ce post, quel est votre article KissMeZombie préféré. En début de semaine prochaine, je procèderai à un tirage au sort, et la gagnante remportera l'article qu'elle a choisi.

Chouette, non? Et pour les malchanceuses, Elena vous offre 15% de remise sur tout le site jusqu'au 31 mai. Pour en bénéficier, il vous suffit de rentrer le code LEROSEETLENOIR à la fin de votre commande. Alors, heureuses?

*J'ai totalement oublié que c'était un week-end férié et que les gens seraient sur les plages plutôt que devant leur PC...

jeudi 20 mai 2010

L'inconnu (ou pas) du Nice-Bruxelles

Hier, dans le TGV Nice-Bruxelles. Je suis assise à une place isolée dans une voiture de 1ère classe (les bizarreries du système de tarification de la SNCF font qu'en période de vacances, les places de 1ère, si réservées 3 mois à l'avance, sont moins chères que celles de 2nde). A la place derrière la mienne, un Anglais n'arrête pas de recevoir des coups de fil sur son portable et y répond d'une voix très forte, sans se donner la peine de sortir sur la plateforme comme il est pourtant demandé de le faire, en 2 langues, sur des affichettes et par des annonces vocales à la sortie de chaque gare.

Sur les nerfs depuis une semaine à cause de mon histoire de syndic, je manque me retourner pour lui donner sèchement une leçon de politesse dans la langue de Shakespeare. Et puis je soupire et laisse filer pour m'absorber dans la lecture passionnante de "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet", dont je vous parlerai ici très prochainement. Malgré tout, je ne peux empêcher des bribes de ses conversations de pénétrer ma conscience.

- Non, je suis dans le train, je reviens de Cannes. Non, je ne rentre pas à Londres en avion finalement, je vais prendre l'Eurostar à Lille.
Tiens, il doit bosser dans le milieu du cinéma...

- Oui, oui, le film a reçu un excellent accueil. Le public a vraiment adoré. C'était fantastique, je suis très content.
Ah, il doit être acteur. Je me retourne pour lui jeter un coup d'oeil discret. Ses cheveux, sa moustache et sa courte barbe sont d'un blanc presque neigeux. Pas un jeune premier, donc. Plutôt un réalisateur, ou peut-être un producteur? Dommage que je n'ai pas emmené Régis, j'aurais pu lui demander de poser pour un groupie shot entre deux coups de fil qui font chier tout le wagon...

- Ah, ma chérie, je n'ai presque plus de batterie. Mais j'ai un rôle qui serait super pour toi. Tu as lu le livre? Non?
Réalisateur, donc. Chouchou pourra peut-être me dire lequel...

Quand le TGV arrive à Lille et que le passager assis derrière moi prend ses bagages pour descendre, j'essaie de le photographier discrètement et ne parviens qu'à ce résultat médiocre:


Chouchou l'a, effectivement, identifié du premier coup. Et les autres cinéphiles parmi vous?

mercredi 19 mai 2010

La fable du syndic et des fourmis

Or donc, suite à mes appels furibards de la semaine dernière, la secrétaire de mon syndic avait promis-juré qu'une entreprise avait été prévenue et qu'elle me contacterait dans les plus brefs délais.

Mon téléphone restant désespérément muet, j'ai rappelé cette demoiselle hier matin pour lui demander le numéro de l'entreprise en question et la contacter moi-même, histoire de ne pas perdre davantage de temps. "Ah oui mais je sais pas, on travaille avec plusieurs, faut que je demande à Mr. H qui il a faxé et on vous rappelle dans la journée."

Bien entendu, le coup de fil promis n'est jamais arrivé. Ce matin, donc:
MOI: Bonjour, c'est encore moi pour mon histoire de fourmis...
SECRETAIRE: Mr. H ne vous a pas rappelée?
MOI: Votre Mr. H, ça fait un an qu'il ne me rappelle pas. Je n'ose plus espérer entendre un jour le son de sa voix. D'ailleurs pour ce que j'en sais, il n'existe même pas.

Ce soir, miracle! Je venais d'arriver à Bruxelles et m'apprêtais à descendre du métro quand mon portable a sonné.
CORRESPONDANT: Bonjour, Mr. B à l'appareil, je suis le jardinier qui doit traiter votre problème de fourmis.
MOI: Comment ça, le jardinier?
CORRESPONDANT: Vous avez bien des fourmis dans votre jardin, non?
MOI: ...Non. Je n'habite pas au rez-de-chaussée mais au dernier étage, sous les toits, et les fourmis sont dans les combles. Comme je ne cesse de le répéter à Mr. H depuis presque un an dans mes différents coups de fil et courriers recommandés.
CORRESPONDANT: Ah ben désolé alors, je vais rien pouvoir faire pour vous.

La morale de cette histoire, c'est que je sens bien que c'est pas encore réglé, cette affaire...

mardi 18 mai 2010

Opération "rangement par le vide"

Bien que je n'arrête pas d'acheter des trucs (surtout des bouquins et des chaussures, mais pas que), je déteste les appartements encombrés et en désordre, dans lesquels on ne retrouve rien. Un objet qu'on ne voit pas ou qui est inaccessible est un objet qu'on oublie, un objet dont on ne va pas se servir - bref, un gaspillage d'argent et d'espace. Donc, chez moi, toutes les choses ont une place, et je procède régulièrement à des opérations de purge pour en récupérer quand étagères et placards commencent à déborder. J'adore trier, ranger, organiser; ça me donne le sentiment de maîtriser mon environnement. Mais je sais que la plupart des gens trouvent ça d'un ennui mortel, et qu'ils préfèrent procrastiner jusqu'à ce que le contenu de leur penderie menace de se déverser sur eux, les ensevelissant sous une tonne de jeans trop petits et de tops qui n'ont plus été à la mode depuis le milieu des années 90.

Cette semaine, entre mes histoires de syndic et mon boulot, je n'ai pas eu autant de temps que je l'aurais voulu pour m'occuper de mon appart'. Mais hier soir, avant de me coucher, j'ai quand même procédé à un petit blitz: je me suis donné un quart d'heure pour envoyer 15 objets à la poubelle. Et les gagnants sont...
- un magnet tasse de thé cassé (après vaine tentative de réparation à la colle néoprène dans la journée)
- une paire de protection mousse pour écouteurs MP3 (je ne me suis pas servi de mon iPod depuis au moins 3 ans, et de toute façon je déteste sentir ces machins dans mes oreilles)
- ma collection complète de Titans (un des derniers vestiges de mon adolescence et du temps où je n'avais aucun moyen de me procurer des comics en import US)
- une grosse bougie carrée à 4 mèches à peine entamée + son socle en métal
- 2 chaises design miniatures achetées au Japon le mois dernier (mais qui finalement, ne sont pas du tout à l'échelle de mes Blythe)
- un chat en peluche rose qui miaule quand on lui appuie sur le ventre (appartenant à la catégorie: parfois, dans les magasins, j'oublie que j'ai un âge à deux chiffres)
- un pin's Hard Rock Café dont une des attaches a disparu
- un cadre photo en plastique transparent incurvé (appartenant à la catégorie: mon Dieu, je devais être bourrée le jour où j'ai acheté ça)
- un porte-clés élan ramené de Suède (et juste moche)
- une marionnette à doigt en forme de lapin (appartenant à la catégorie: WTF?)
- un blush rose Stila (qui datait de ma dernière virée à Londre avec Philou en... mmmh, 2001?)
- les 6 volumes des "Chroniques de San Francisco" (que j'ai tenté de relire récemment et qui étaient trop trop mal traduits)
- une paire de Camper Twins (ma première, dont je pensais que je ne me lasserais jamais - et puis si)
- une paire de godillots OX (beaucoup portés en 1998-1999)
- le calendrier 2010 de Benjamin Lacombe (trop mal foutu, au lieu d'avoir un mois par illustration et par page, toute l'année est regroupée à la fin sur une seule page succédant à 12 illustrations: gni?)
- 2 planches d'étiquettes "Shoe girl" et "Shopping girl" avec mon nom et mon adresse, pour coller derrière les courriers que j'envoie (sauf que si le nom est toujours le mien, l'adresse est celle à laquelle je vivais autrefois avec l'Homme)
- mes socquettes "Shopping girrl" (achetées au Japon il y a 5 ans et dont l'élastique manifeste pour que je le laisse jouir d'un repos bien mérité au paradis des élastiques de socquettes)
- un bidon à moitié plein d'adoucissant parfum "jardin japonais" (qui s'est solidifié tellement je l'ai depuis longtemps)
- un bouchon de dentifrice Alessi en forme de petit bonhomme qui met la main sur sa bouche (trop pas pratique à utiliser)

Au final, ça fait beaucoup plus de 15... et, pour être honnête, une fois lancée j'y ai passé beaucoup plus d'un quart d'heure. Peu importe, je suis très contente de moi. (J'aurais bien pris une photo pour vous montrer le tas que ça représente, mais j'ai oublié le cordon de mon Lumix pour la transférer sur mon ordi...)

lundi 17 mai 2010

Deux sites que mon banquier va détester

D'abord, KissMeZombie qui propose de ravissants bijoux de style rétro à des prix tout doux, dans une ambiance "cabinet de curiosités". Je craque pour ce collier cage à oiseau, ce médaillon hippocampe, ce mignon bracelet et surtout ce serre-tête en plumes de paon qui en jetterait un max sur mes cheveux Rouge Intense 6.66 de Loréal.


Et puis Irregular Choice qui vend surtout des chaussures, mais aussi quelques vêtements et accessoires. J'ai très envie de ces ballerines turquoise et rouge (une combinaison de couleurs que j'adore!), de ces escarpins rigolos (mais que la breloque placée à l'intérieur du pied rend peut-être un peu casse-gueule), de ceux-ci déjà plus sexy (sold out dans ma poiture, of course...) ou de ceux-là qui colleraient bien avec le titre de ce blog. J'ai jeté un coup d'oeil sur eBay: beaucoup de modèles y sont disponibles neufs pour environ 30% de moins que sur le site de la marque. Affaire à suivre! (Et merci à Flo pour le lien.)

dimanche 16 mai 2010

Ceci est un appel au peuple belge


A la fin du mois, Chouchou et moi participerons pour la première fois aux Imaginales où nous retrouverons pleiiiin de copains éditeurs, auteurs, traducteurs et gros lecteurs de romans de fantasy, de bit-lit ou de SF (voire les trois, le cumul des vices n'étant pas interdit contrairement à celui des mandats).

Le samedi à midi aura lieu le pique-nique traditionnel pour lequel chaque participant doit apporter une spécialité de sa région: par exemple, du lonzo pour les Corses, du foie gras artisanal pour les Gersois, de la Veuve-Cliquot pour les Champenois...

Et là, j'ai un problème. Partant de chez moi le jeudi matin, je crains qu'une valise de frites-mayo se conserve assez mal pendant plus de 48h. Idem pour les gaufres de Liège qui arriveront toutes desséchées. Je doute que le Maredsous, nature ou au jambon, déchaîne l'enthousiasme des foules, et une quantité de bière d'abbaye décente serait trop lourde à transporter.

A vrai dire, faute d'une meilleure idée, je songe à en profiter lâchement pour écouler tout le stock national de speculoos et leurs produits dérivés (pseudo-Nutella, Galak piégé, etc). Mais si quelqu'un a une idée plus charitable pour mes petits camarades, je prends!

samedi 15 mai 2010

Not in a good head space

Depuis mon arrivée ici mardi soir, je rumine. En partie à cause de mon histoire de fourmis envahisseuses et de syndic aux abonnés absents, mais pas seulement.

Deux ans et demi que je fais des aller-retour mensuels entre Bruxelles et Monpatelin. Au début, j'étais ici une semaine sur quatre environ. Au fil du temps, le coût des transports a pas mal augmenté, et la séparation d'avec Chouchou est devenue de plus en plus pénible pour nous deux. (Je sais que ça devrait être l'inverse, et non, je ne m'explique pas pourquoi plus je passe de temps avec lui, plus j'ai envie d'en passer encore. Sur le principe, je trouve ça plutôt chouette. Dans la réalité, c'est quand même un poil gênant.) Donc, la fréquence de mes séjours est passée à quelque chose comme une semaine sur six.

Ce qui n'est pas assez.

En mes absences prolongées, l'appartement se détériore faute d'entretien régulier. Et quand je suis là, je n'ai jamais le temps de rien. J'ai beau être organisée, dresser des listes de choses à faire lors de mon prochain séjour, programmer un maximum de choses à l'avance depuis Bruxelles, je ne parviens jamais à caser tout ce que je voudrais. Dans les six jours pleins que je passe ici, je dois bourrer mes rendez-vous médicaux, les visites à mes amis, les courses et le ménage, mon boulot habituel, et après ça, il ne me reste plus de temps pour effectuer les travaux nécessaires.

Ca fait plus d'un an que ma cuisinière au gaz est HS parce que le détendeur de la bonbonne est foutu et que je n'ai pas encore réussi à trouver de créneau pour faire venir un plombier. Du coup, je ne peux manger que des trucs cuits au micro-ondes ou au four. Je devais faire rénover mon balcon lundi-mardi; j'ai annulé parce que j'ai trop de travail et du coup, ça reporte à début juillet. Quant à mes fameuses fourmis, si j'étais ici en permanence, j'aurais harcelé le syndic jusqu'à ce qu'il finisse par m'envoyer quelqu'un. Là, mes efforts sont trop sporadiques et espacés pour porter leurs fruits.

Résultat, chaque fois que j'arrive ici, j'ai une boule au ventre en ouvrant la porte de l'appart' et en me demandant quelle catastrophe sera encore arrivée en mon absence. Jusqu'ici, il n'y a rien eu de très grave, mais je suis une grande flippée des travaux. Et encore, heureusement qu'Etre Exquis (qui est entrepreneur) peut m'indiquer des gens qui bossent bien et qui ne m'arnaqueront pas. Mais je ne sais pas gérer ce genre de choses; à vrai dire je sens ma tension monter en flèche et mes paumes devenir moites rien que d'y penser. Confrontée à l'éventualité d'un dégât des eaux - par exemple -, j'ai juste envie de me rouler en boule dans un coin, de plaquer mes mains sur mes oreilles et de chanter très fort "LA LA LAAAAAAA" pour nier le monde extérieur jusqu'à ce que le problème disparaisse tout seul.

vendredi 14 mai 2010

Pourquoi rendre visite à une personne qui ne sait pas qui vous êtes...

...avec qui vous ne parvenez pas à communiquer et qui vous aura oubliée sitôt que vous serez repartie? C'est la question que je me posais hier face à ma grand-mère.

La dernière fois que je l'avais vue, c'était il y a deux ans et demi, avant de vendre ma voiture et de partir rejoindre Chouchou à Bruxelles. Depuis, je n'avais plus de moyen de me rendre jusqu'à la maison de retraite où elle finit sa vie. J'attendais le jour où mes parents passeraient dans le coin et m'emmèneraient avec eux. Ce jour étant sans cesse repoussé, j'ai fini par appeler mon oncle et ma tante avec lesquels je n'avais pas eu de contacts depuis très longtemps. Eux, ils vont voir ma grand-mère deux ou trois fois par mois, et ils ont volontiers accepté de passer me prendre avant d'y aller en ce jeudi de l'Ascension.

"Tu vas la trouver changée", m'a prévenue ma tante, l'air de dire que la visite risquait de m'être pénible.

Ce qui n'a pas été le cas. La visite précédente m'avait arraché le coeur parce que ma grand-mère était encore partiellement lucide, qu'elle se souvenait (un peu) de moi, qu'elle semblait souffrir de son enfermement, et qu'elle s'était mise à pleurer quand Chouchou et moi étions partis. L'image de sa minuscule silhouette immobile dans le couloir, le visage inondé de larmes silencieuses, tandis que les portes de l'ascenseur se refermaient et que je me demandais si je la reverrais avant sa mort, restera toujours gravée dans ma mémoire.

Mais là, de toute évidence, il n'y avait plus d'abonné au numéro que j'avais demandé. Ma grand-mère entend ce qu'on lui dit et y répond encore - une fois sur deux, et totalement à côté de la plaque. L'autre moitié du temps, elle reste le regard dans le vide, fixé sur un point en l'air comme si ce n'était déjà plus ce monde qu'elle contemplait. Du coup, ça ne m'a pas spécialement fait mal au coeur de m'en aller: ce n'était pas comme si elle s'était seulement aperçue de ma présence...

Mon oncle et ma tante continuent, je l'ai dit, d'aller la voir régulièrement, de passer chaque fois une heure avec elle en essayant tant bien que mal de lui faire la conversation. Et même si je trouve ça tout à fait louable, une part de moi s'interroge. A quoi servent ces visites, puisque de toute évidence elles n'ont aucun impact (ou si peu) sur ma grand-mère? S'agit-il de se conformer à la norme sociale et morale qui permet de placer ses vieux dans une maison de retraite à condition de leur rendre des visites régulières pour se donner bonne conscience? S'agit-il, moins cyniquement, d'une obligation du coeur, parce qu'une personne nous a beaucoup donné autrefois et qu'on a le sentiment de lui devoir cette présence intermittente jusqu'au bout, même si elle ne s'en rend pas compte?

Je ne peux pas m'exprimer au nom de mon oncle et de ma tante, ni de tous les autres gens qui ont un proche en maison de retraite. Mais je crois savoir pourquoi j'y suis allée, moi. Pour la même raison que, lorsque j'ai décidé de faire du bénévolat, mon choix s'est porté sur les Petits Frères des Pauvres qui s'occupent de personnes âgées en "situation de détresse" plutôt que sur une association un peu plus laïque et un peu plus moderne comme les Restos du Coeur. Parce que même si les SDF sont une catégorie de population qui me touche énormément (au point que l'hiver, j'évite certains quartiers de Bruxelles où je sais qu'ils sont nombreux pour ne pas me retrouver en larmes au bout d'un quart d'heure), je ne peux pas dire que j'aie peur de finir comme eux. Alors que les vieux tout seuls, sans plus personne pour s'occuper d'eux que des gens qui sont payés pour ça... Je sais que ce sera moi un jour, si je vis jusque là. Je crois qu'en rendant visite à ma grand-mère qui se fichait que je sois là ou pas, c'est à mon moi futur que je voulais éviter d'être abandonné.

jeudi 13 mai 2010

"Les déferlantes"

Comme l'héroïne de "Seule Venise", celle des "Déferlantes" a subi un énorme chagrin d'amour dont elle ne parvient pas à se remettre, et pour soigner sa peine, elle est partie en laissant derrière elle tout ce qui lui rappelait trop l'être aimé et perdu. Depuis, cette femme dont nous ne connaîtrons jamais le nom vit à La Hague, minuscule village situé à la pointe du Cotentin où elle observe les oiseaux pour un centre ornithologique. Elle y est entourée d'êtres rudes et taiseux, façonnés par la proximité de la Manche dont les humeurs et les emportements dominent la vie. Lili qui tient le bar où les pêcheurs se retrouvent le soir et qui ne pardonne pas à son père d'avoir aimé une autre femme que sa mère. Théo, l'ancien gardien de phare qui vit entouré d'une horde de chats. Nan qui, après chaque tempête, descend sur la grève chercher les morts que la mer lui a pris quand elle était encore enfant. Raphaël, le sculpteur qui s'acharne à retranscrire la douleur du monde; sa soeur Morgane si belle et si pleine de vie avec qui il entretient une relation ambiguë. Max qui apprend les mots dans le dictionnaire et retape un rafiot en rêvant d'attraper, un jour, un requin-taupe. Monsieur Anselme, vieillard délicat obsédé par Prévert dont il fut l'ami avant sa mort. Un jour, un homme arrive à La Hague. Il semble bien connaître l'endroit et, d'ailleurs, va fleurir des tombes dans le cimetière local. Il est venu chercher une explication à un drame survenu quarante ans plus tôt, une explication que personne ne peut ou ne veut lui fournir. Malgré elle, la narratrice va se laisser entraîner dans sa quête...

J'ai retrouvé dans ce roman tout ce qui m'avait séduite dans "Seule Venise": les phrases courtes et sans fioritures, le romantisme âpre de l'atmosphère, les personnages secondaires intrigants, la lenteur extrême de l'histoire, le charme insidieux qui se distille au fil des pages. Certes, j'ai trouvé que l'héroïne mettait bien longtemps à comprendre qu'un et un ne faisaient pas nécessairement deux, mais qu'importe? "Les déferlantes" n'est pas un roman policier. C'est une oeuvre puissamment évocatrice de la douleur, de la solitude, des secrets jalousement gardés et de toute la gamme des passions humaines. Je suis déjà en train de chercher par quel autre livre je vais poursuivre ma découverte de l'univers de Claudie Gallay dont la sensibilité frémissante me touche tant.

Ce roman a obtenu le Grand Prix des Lectrices de Elle en 2009.

mardi 11 mai 2010

L'invasion recommence

Après six heures de train, un bus raté à un cheveu près, une demi-heure d'attente à la gare routière et une grosse heure et quart pour me rapatrier jusqu'à Monpatelin, je n'espérais que deux choses: que l'appart' soit tel que je l'avais laissé la dernière fois en partant, et qu'il y ait du Coca Light au frigo.
Il y avait. Ravie, j'ai posé la bouteille sur le plan de travail pour me servir.
C'est alors que je l'ai aperçue, minuscule point noir se détachant sur un carreau bleu lavande.
Une fourmi.
Les antennes frémissantes. Pétant la forme.
Non. Nononononononon. NON!
J'ai balayé le plancher du regard. Plein de petits cadavres gisaient sur le carrelage blanc.
J'ai foncé dans le salon attenant et scruté le sol. Il y en avait partout. Certaines bougeaient encore. J'ai écarté le canapé du mur. Là, sous l'endroit où j'avais fait reboucher une fissure entre poutre et plafond il y a quelques mois, se trouvait un gros tas de sciure vert-bleu (?) et un monticule de fourmis recroquevillées, immobiles.
J'ai fait le tour de l'appart'. J'en ai trouvé dans toutes les pièces, de moins en moins nombreuses au fur et à mesure qu'on s'éloignait du salon, mais bien présentes.
Dans la mezzanine qui me sert de chambre, aussi. Derrière mon lit, que je n'ose plus désormais laisser collé au mur: je suis phobique des insectes et les imaginer me ramper dessus la nuit me provoque limite une attaque de panique.
J'ai foncé sur mon téléphone pour appeler le syndic. Soit le gars que j'ai prévenu du problème mi-juillet dernier, qui m'a envoyé un expert fin août et qui depuis, bien que l'expert ait prévenu que les fourmis dans les charpentes bouffaient l'isolant des toitures, n'a absolument rien fait. Malgré plusieurs coups de fil qui ne m'ont jamais permis de lui parler (apparemment ça passe peu de temps à son bureau un syndic), et une lettre recommandée furibarde en début d'année.
Je suis tombée sur un répondeur. "Nous informons notre aimable clientèle que nos bureaux sont ouverts de 8h à midi et de 14h à 18h."
J'ai regardé l'horloge du micro-ondes. Bien sûr, il était 18h10.
La bonne nouvelle, c'est que pour l'instant, je suis très calme. Je n'imagine pas mon corps recouvert d'une masse grouillante de fourmis carnivores et dévoré tout cru à la faveur des ténèbres. Je suis juste en train de marmonner le discours bien senti que je vais servir à mon syndic demain.
...S'il ne fait pas le pont de l'Ascension.

lundi 10 mai 2010

La blogueuse qui ne riait pas


Aujourd'hui, c'était le Monty Python status day sur Facebook. Entourage de geeks oblige, j'ai été bombardée de "Nobody expects the Spanish Inquisition", "Oh, good morning! Have you come to arrange a holiday or would you like a blowjob?" ou "Four shall thou not count, neither count thou two, excepting that thou then proceed to three. Five is right out."

Je me suis sentie bien seule parmi les miens. Car oui, j'ose l'avouer: je déteste les Monty Python. Ils ne me font pas rire du tout. Pas plus que les bédés d'Edika ou de Goossens qui déclenchent chez Chouchou une hilarité monumentale dès la première case. Les Peanuts ne m'ont jamais tiré l'ombre d'un sourire. Ne parlons même pas de mon étanchéité absolue à la catégorie de films baptisée "comédies": qu'elles soient américaines ou françaises, je les trouve toutes aussi navrantes les unes que les autres.

Je ne pense pourtant pas être dépourvue de sens de l'humour. Mais le comique absurde, répétitif, trop bavard ou pas-drôle-drôle (comme l'appelle Chouchou) me laisse de marbre. Je ne daigne m'esclaffer que si la vanne est incisive, grinçante, voire méchante cynique. A défaut, il y a moyen de me faire marrer avec de bonnes sitcoms US genre "How I met your mother", "The big bang theory"... Ou avec "Calvin & Hobbes" - ça, ça marche à chaque fois, même quand j'ai le moral dans les chaussettes. Les albums de Bill Watterson devraient être remboursés par la Sécu.

Et vous, qu'est-ce qui vous fait rire?

dimanche 9 mai 2010

Si c'est pas le bonheur, ça y ressemble drôlement

La porte s'ouvre pour laisser entrer un nouveau groupe de clients, et un courant d'air vient me faire frissonner dans mon Petit Bateau taille 14 ans. Il ne fait pas spécialement beau à Bruxelles en ce deuxième samedi de mai - pas spécialement mauvais non plus, mais il va falloir attendre encore un peu pour exhiber mes orteils vernis en Oui Bit of Red dans une paire de sandales ouvertes. Devant moi sur la table, une théière orange et un bol assorti remplis de Oolong à la fleur d'oranger; une grande assiette dans laquelle fume une brioche vapeur à la viande que je découpe plus ou moins habilement avec mes baguettes avant de tremper les morceaux dans une sauce aigre-douce rouge orangé; mon exemplaire des "Années douces" posé sur le côté en attendant que j'aie fini de manger et que je reprenne sa lecture. Face à moi, Chouchou récupère consciencieusement les dernières miettes de son scone au matcha avec la main qui ne tient pas le tome 1 du "Pavillon des hommes". Avant de venir goûter au Cha Yuan, nous sommes passés par Pêle-Mêle et par Brüsel, et à mes pieds, mon Billy ressemble à une baleine orange échouée peinant à ne pas vomir son contenu. Il risque d'être encore plus distendu, et mon épaule encore plus endolorie, quand nous serons passés chez Peinture Fraîche en sortant d'ici. Mais pour l'heure, le temps a suspendu son vol. Nous lisons, chacun dans sa bulle et pourtant parfaitement ensemble.

samedi 8 mai 2010

Trendy Workshop, épisode 2

Il y a un petit moment déjà, je vous ai parlé de Trendy Workshop, le site sur lequel on peut créer ses pulls en cachemire. Suite à mon post, le chargé de communication m'a contactée et proposé de visiter leur show-room, ce que j'ai fait fin mars à l'occasion de mon passage sur Paris pour le Salon du Livre. Très occupée depuis, je n'ai pas eu le temps de vous faire part de mes impressions. Sachez juste que j'ai été bluffée par le rendu des couleurs, très proche de celui du site (ce qui est rarement le cas quand on commande des vêtements sur internet), mais surtout par la qualité de la matière. Leur cachemire d'été venait juste de sortir, et je me serais volontiers roulée dedans tellement il était doux. Et puis leur styliste avait créé quelques très beaux modèles d'exposition:













Mercredi après-midi, comme j'avais un peu de temps libre, je suis retournée sur le site de Trendy Workshop et je me suis amusée à créer une demi-douzaine de modèles. Dont deux me plaisaient tellement que j'ai eu envie de les commander, là, tout de suite. Ca ne me paraissait pas très raisonnable... jusqu'à ce que je me souvienne que les frais de fort étaient offerts à partir de 200€, et qu'on pouvait payer en trois fois sans frais.

Voici donc les deux pulls d'été - et je vous jure qu'à Bruxelles, le concept n'est pas ridicule - qui devraient me parvenir fin mai/début juin. D'abord, le "VOLE" (oui, il faut leur donner des noms et je n'avais pas particulièrement d'inspiration sur le coup), vu de face puis de dos:




Et le "NAVY & ROSES" dont je suis particulièrement contente (surtout pour la combinaison bleu marine-rose vif:


Pour les voir de plus près, vous n'avez qu'à cliquer sur les liens. Et je ne manquerai pas de vous dire ce que j'en pense une fois que je les aurai reçus...

vendredi 7 mai 2010

"Un appartement à New York"

"L'appartement de Susan et Dennis est le port d'attache d'un groupe d'amis, tous originaires du Midwest, venus s'installer à New York dans les années 80 avec des rêves de gosses. Quatre d'entre eux forment un groupe de rock, auteur d'un unique album. En arrivant, tous pensaient que la ville et la vie ne détruiraient pas leur solidarité et ils distribuaient des doubles des clés de l'appartement à quiconque avait besoin d'un toit. Un jour, Alice décide d'aller arroser les plantes en l'absence de Susan, partie en vacances. Tout est si calme qu'elle a du mal à réaliser que Dennis et Craig ne sont pas simplement endormis dans les fauteuils mais morts, une balle dans la tête."

Contrairement à ce que la quatrième de couverture pourrait laisser croire, ce livre n'est en aucun cas un roman policier. Jane Smiley s'attache surtout à dépeindre la décomposition rapide d'une amitié, la façon dont les gens changent au fil du temps et dont leur évolution les éloigne les uns des autres. Le meurtre de deux des membres de la bande met à jour les secrets de chacun, les rancoeurs qui fermentent en silence depuis des années et la solitude profonde des survivants. "Un appartement à New York" n'est pas dénué d'un certain suspens, mais c'est avant tout une étude psychologique que j'ai dévorée malgré des personnages peu attachants et une traduction trop littérale à mon goût (non, "anyway" ne signifie pas systématiquement "de toute façon"!). Un roman qui date du début des années 80 mais dont les thèmes ont assez bien vieilli pour ne pas qu'il semble daté. Simplement, si c'était à refaire, je le lirais en VO.

jeudi 6 mai 2010

Gâtée à retardement


Le 26 mars, j'ai eu 39 ans. Le soir même, dans une chambre d'hôtel parisien, Chouchou m'a offert un mignon Chat de Cheshire en peluche en me prévenant que le véritable cadeau viendrait plus tard. Lorsque j'ai regagné Bruxelles après un séjour d'une semaine à Monpatelin, une enveloppe m'attendait sur mon bureau coin de table. Dedans, un bon pour un city trip dans un endroit à déterminer. Chouchou pensait à Berlin; je préfèrerais Lisbonne ou Tallinn qui ne lui disent rien. Nous finirons donc peut-être à Barcelone, à Rome ou à Edimbourg... mais pas avant le mois de septembre, car ce printemps est déjà fort chargé en déplacements et pourquoi voyager l'été, en pleine haute saison, quand on n'a pas d'enfants en âge scolaire (pas d'enfants tout court, d'ailleurs)?

Le 4 avril, lors d'un brunch à l'Orangerie, Miss Sunalee et diane cairn qui rentraient de 3 semaines au Vietnam m'ont offert le rouge à lèvres Ever Hip et le fard à paupières Birds & Berries de la collection éphémère Liberty de MAC. J'ai tellement aimé quel e mercredi suivant, j'ai foncé à la boutique m'acheter la trousse assortie. Spacieuse à souhait, elle m'a servi pour trimballer mes stylos, crayons, gomme, taille-crayon, ciseaux et pastilles autocollantes double face durant notre voyage au Japon.

Vendredi dernier, à peine étions-nous arrivés à l'Imagin'Air pour fêter ses 40 ans que Wéééééé, l'amie d'enfance de Chouchou, m'a fourré dans les mains une adorable broche-bestiole et un album de Kitty Crowther, artiste dont j'avais entendu parler pour la première fois par une carnettiste française pendant que nous étions à Tokyo. J'ai dévoré le bouquin le soir même, et je l'ai adoré. Un peur pour ces illustrations, beaucoup pour son texte plein de cette poésie du quotidien qui m'enchante partout où je la trouve.

Et lundi, j'ai eu la surprise de recevoir par la Poste la palette "Alice au Pays des Merveilles" créée par Paul & Joe dont j'avais parlé ici début mars mais que je n'avais pas eu l'occasion de me procurer. Super bien emballée dans un plastique + DEUX enveloppes à bulles. Apparemment, Krissounet partage mon niveau de confiance dans les postes française et belge. Et moi, ravie de ce cadeau que je n'attendais pas, je me marre toute seule en imaginant ce grand gaillard d'1m86 (je crois) entrant au Printemps pour acheter du maquillage Disney. En réalité, j'imagine qu'il a envoyé, ou du moins qu'il est fait accompagner par, sa copine. Mais quand même :-)

Tout ça pour dire que les cadeaux, ça fait plaisir toute l'année!

mercredi 5 mai 2010

Geekeries

Sur quel site internet peut-on trouver:
- du parfum "Cthulhu in Love"
- des cultures de bactéries en peluche
- des pantoufles "Killer Rabbit"
- une action figurine d'Albert Einstein
- le tournevis de Dr. Who
- un porte-clés Dark Vador qui respire fort
- une manique en silicone Pacman
- et plein d'autres ramasse-poussière geekeries absolument irrésistibles?

...Sur Thinkgeek.com

Ouais, je balance. Parce qu'il n'y a pas de raison que je sois la seule à vouloir dépenser le PIB du Luxembourg en gadgets inutiles alors que j'ai besoin de rénover mon balcon, d'investir dans un blender et de m'offrir une séance chez l'esthéticienne. Si vous cherchez quelqu'un à blâmer, rabattez-vous donc sur Lady Pops qui m'a aiguillée vers cet antre de la perdition.

(Et, non, je n'ai aucun(e) ami(e) qui continuerait à m'adresser la parole si je lui offrais le bavoir ci-dessus en cadeau de naissance pour son rejeton tout neuf. Croyez bien que je le déplore.)

mardi 4 mai 2010

Drôle de soirée

Au printemps 2004, Sophie a fait partie de mes premiers contacts dans la blogosphère. Plus jeune que moi mais chaussant aussi du 35, belge, blonde et complètement azimutée, elle écrivait à l'époque des billets hilarants dont ses lecteurs ne pouvaient déplorer que l'extrême irrégularité. Elle fut l'une des participantes de cette soirée d'anthologie dont elle s'éclipsa la première. J'eus par la suite l'occasion de passer une journée à Mons avec elle et Klopo, un autre OVNI de la blogosphère. Pour autant que je m'en souvienne, la conversation fut assez surréaliste.

Puis Sophie se lança dans des projets d'envergure: achat et rénovation d'un appartement à Bruxelles, plaquage de son boulot et reprise d'études de photo... Nous devions aller manger des crêpes ensemble "un de ces 4", et puis les mois, les années ont passé. Et ce soir, Sophie rompt son silence radio. Elle vient d'être opérée d'un cancer de la thyroïde. Le pronostic est excellent; pourtant cet après-midi, elle a passé une demi-heure à sangloter dans sa douche. J'ai longtemps fixé l'écran de mon portable en cherchant ce que je pourrais bien lui écrire. Pas question de passer sans commenter son post, non, mais que dire à quelqu'un dont la vie vient d'être bouleversée par cette saloperie de maladie et qui, pourcentages de guérison nonobstant, a juste une trouille viscérale? Avec mes crises de panique de l'an dernier, j'étais sans doute mal placée pour composer un message bienveillant et optimiste. Alors j'ai juste essayé de compatir.

Pendant ce temps, le mode de lecture aléatoire de l'iTunes de Chouchou décidait de me balancer LA chanson qui me fait le plus penser à l'Homme, et ce, alors que nous venons ces derniers jours d'échanger nos premiers mails civils depuis plusieurs années. Des mails civils mais qui se terminaient plutôt abruptement: d'habitude, je conclus ceux que j'envoie à mes amis par un affectueux "bisous"; là, je ne savais pas quoi mettre, alors je n'ai rien mis. Ca me fait toujours bizarre de penser que quelqu'un avec qui j'ai vécu si longtemps est désormais un parfait étranger pour moi... et qu'en même temps, je le connais par coeur. De ce point de vue, j'envie pas mal Soeur Cadette et toutes celles qui se sont casées avec leur premier grand amour. Ca doit être reposant de ne pas s'être fait amputer à chaque rupture d'un morceau de leur vie et de leur histoire qui se baladeront désormais sans elles, loin de leurs yeux...

lundi 3 mai 2010

Cette fois, c'est la guerre!

Vendredi soir, comme nous rentrions de l'Imagin'Air où nous venions de fêter les 40 ans de Wééééé, nous avons eu la désagréable surprise de constater que Dumbo et ses potes remettaient ça. Portes qui claquent, bruits de pas éléphantesques, hurlements dans la cage d'escalier, musique à donf' au-dessus de nos têtes....

Cette fois, Chouchou n'a même pas cherché à discuter. Il a directement appelé la police. Dont la première question a été: "Votre voisin, c'est un Belge ou un étranger?". Si c'était moi qui avais dû répondre, le reste de la conversation aurait probablement manqué de sérénité. On s'en fout de la nationalité de Dumbo: un emmerdeur est un emmerdeur, peu importe qu'il descende du roi Albert II ou qu'il soit né à Tataouine.

Cela dit, les flics sont arrivés dans les dix minutes. Ils sont montés au 3ème et ont donné un avertissement à Dumbo en précisant que s'ils devaient se déplacer de nouveau, il y aurait une grosse amende à payer. Après ça, évacuation des lieux par les hordes hirsutes et retour miraculeux du silence. J'étais partagée entre la honte ("Misère, je suis passée dans le camp des réacs") et le soulagement de pouvoir dormir.

Hier en rentrant du cinéma, nous avons croisé Dumbo dans l'escalier. Il a collé un portable contre son oreille et fait mine d'être trop absorbé par sa conversation pour nous voir. Et ce soir, en relevant la boîte à lettres, Chouchou y a trouvé un mot nous prévenant qu'il y aurait une teuf au 3ème étage vendredi soir.

Alors, j'ai écrit une lettre à Dumbo et demandé à Chouchou, qui descendait faire quelques courses avant la fermeture des magasins, de la glisser dans sa boîte.

Chouchou a lu la lettre et explosé de rire.

"Ben quoi?" j'ai demandé, vexée. "Qu'est-ce qu'il y a de si drôle?"

"Je croyais que tu voulais t'excuser auprès du jeune, lui dire que tu étais désolée qu'on ait appelé la police alors qu'il avait prévenu. Et au lieu de ça..." Chouchou mime un coup de massue sur la tête de quelqu'un, puis me réclame un high five.

Voici ce que j'avais écrit:
We only found your note today, probably because you put it in our box Friday after we'd already taken our mail out. Sliding it under our door would have been smarter. Not waiting until the last moment would have been more considerate, too.
Anyway, warning or not, a party once or twice a year is acceptable; once a month is NOT. We both work hard during the week and want to be able to rest on week-ends nights. Therefore, we will not tolerate any more noise after 11:00 PM.
Your downstairs neighbours.

A tout prendre, je préfère être considérée comme une emmerdeuse que me laisser emmerder, moi. Mais quand même, je m'interroge. Serais-je devenue une vieille conne?

"Kick Ass"

Dave Lizewski est un lycéen tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Armé de ses seules bonnes intentions et d'une capacité à encaisser une raclée supérieure à la moyenne, il décide de devenir un super-héros. Le problème, c'est que son chemin ne va pas tarder à croiser celui de vrais super-méchants...

Il y avait bien longtemps qu'un film ne m'avait pas autant fait marrer. De l'humour de geek à revendre, des scènes d'actions explosives et sanglantes, une justicière de onze ans à côté de laquelle Nathalie Portman dans "Léon" paraît limite timorée: "Kick Ass" poutre tout. A moins que vous soyez totalement réfractaire à l'univers des comics, courez vite le voir - c'est un ordre!

(Accessoirement, la violence bédéesque et jouissive de ce film montre à quel point le cinéma a évolué ces dernières années... et à quel point les Américains ont toujours une moralité étrange: outre-Atlantique, la censure a protesté contre le fait que la jeune héroïne jure, mais pas qu'elle tue de sang-froid des dizaines de gens!)

dimanche 2 mai 2010

Enfin!!!

Pendant notre séjour au Japon, le printemps a posé ses valises à Bruxelles.

L'automne a longtemps été ma saison préférée, mais depuis que je vis en Belgique il a rétrogradé en deuxième place de mon hit-parade. Après six mois de nuit qui tombe en plein après-midi, de manteaux frileusement boutonnés jusqu'au cou, de radiateurs qui tournent à fond et d'envie de se rendormir sitôt ouvert un oeil sur le ciel désespérément gris, le retour du soleil et le redoux qui l'accompagnent me donneraient presque envie de pleurer de bonheur. J'aime remiser mes affaires d'hiver, ressortir mes vestes légères et mes T-shirts, recommencer à vernir mes orteils en rouge vif et à préparer du thé glacé, chercher à quelle terrasse Chouchou et moi pourrions bien aller bouquiner en sirotant un jus de fruits. J'émerge de mon hibernation sociale et suis prise d'une subite envie d'inviter des gens à la maison ou de leur donner rendez-vous le dimanche matin pour bruncher. Je viens de prendre une année supplémentaire au compteur et je me dis que vivre, c'est maintenant.

Photo ci-dessus: Hier soir, c'était Tonkatsu Party à la maison avec Miss Sunalee et diane cairn. Ce matin, j'étais bâlâdeuh. Mon foie commencerait-il à regimber devant l'association vin rouge - porc pané - moëlleux au chocolat?