mercredi 30 juin 2010

Foiled again

Les soldes ne commencent que le 7 juillet à Monpatelin (alors que je rentre le 6 à Bruxelles où là, par contre, elles seront entamées depuis une semaine et où il ne restera plus ma taille nulle part).
Ma boîte à lettres était pleine de courrier alors que je paye 55€ par semestre pour le faire réexpédier à Bruxelles - et il me semblait bien qu'effectivement, je n'en avais pas reçu beaucoup ces dernières semaines...
Quant à mon syndic, contacté pour savoir si l'intervention anti-fourmis avait été effectuée, il est en vacances jusqu'au 22 juillet.
Zen, restons zen.

May the wax be with me

En ce moment, je stresse pour un rien, on l'aura remarqué. Alors quand mes parents m'ont annoncé qu'ils voulaient venir à Monpatelin pour rendre visite à la famille et aux amis qu'ils n'ont pas vus depuis leur déménagement dans la région toulousaine, il y a trois ans et demi, j'ai proposé de leur prêter les clés de l'appart' en mon absence. Ils m'ont répondu qu'ils préféraient venir quand j'étais là. J'ai eu beau arguer de l'inconfort de mon canapé-lit, ils n'en ont pas démordu.

Je n'ai pas osé leur faire remarquer que les ronflements de Père et l'absence de mur entre le salon et la chambre me condamneraient à l'insomnie pendant tout leur séjour, que je n'étais plus du tout équipée pour préparer des repas autrement qu'au micro-ondes et n'avais ni table ni chaises où les asseoir pour manger, et qu'en outre j'étais censée faire des travaux sur mon balcon pendant ces six petits jours, ce qui constituait déjà une source de distraction bien suffisante par rapport à mon boulot sans y ajouter des visiteurs à gérer.

Au lieu de ça, j'ai bataillé intérieurement avec mon propre négativisme pendant une bonne semaine avant de me dire que les boules Quiès, Picard et Allô Pizzas n'ont pas été inventés pour les chiens, et que je pouvais soit repousser (encore...) les travaux, soit me prendre une petite semaine de vacances pour être plus relax. Après une rapide révision de mon planning, j'ai opté pour la deuxième solution. Ainsi, depuis le début du mois, je me tape des journées marathonnesques à 50 000 signes français... mais je vais pouvoir me permettre de ne rien foutre pendant la semaine à venir, à part un peu de relecture.

Du coup, je compte en profiter pour faire toutes ces choses que je me plains de ne jamais avoir le temps de faire - ou en tout cas, pas lors d'un même séjour trop bref. Voir mes amis, bouquiner en terrasse, trier mes affaires, scanner mes albums de scrap, changer les photos de mes cadres, remplacer le détendeur de ma bonbonne de gaz... Et puis Père a proposé de m'emmener en voiture faire un gros plein d'épicerie au supermarché. Et puis les soldes viendront juste de débuter. Et puis il y aura peut-être moyen d'organiser un repas de famille avec mon oncle et ma tante si Tomm va mieux, ce que j'espère de tout coeur. Bref, cette semaine que je redoutais pourrait en réalité se révéler un très bon moment de détente.

Pourvu que les boules Quiès soient à la hauteur de leur réputation.

mardi 29 juin 2010

"Unseen academicals"

"Unseen Academicals" est le 37ème de la série des Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett. Non, je n'ai pas fait de faute de frappe. 37 romans de 500 pages environ situés dans le même univers, ça paraît incroyable, non? Presque autant qu'un auteur qui continue à écrire un à deux livres par an alors qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer...

Alors bien sûr, je trouve que la qualité de la série a quelque peu décliné au fil du temps. Le dernier tome qui a failli me faire mourir de rire était sans doute le 20ème, "Hogfather", dans lequel la Mort se voyait contrainte de jouer le rôle du Père Noël. Depuis, je n'ai pas toujours apprécié les sujets de satire choisis par Pratchett. "Going postal" ou "Money", par exemple, m'ont laissée assez froide. "Unseen Academicals", qui raconte comment les magiciens de l'Université Invisible montent une équipe de football pour disputer un championnat - un thème d'actualité, même en l'absence de vuvuzelas dans le livre - ne restera pas non plus parmi mes préférés.

N'empêche que le style très reconnaissable de l'auteur est toujours agréable à lire, et que même quand je ne me bidonne pas, je trouve toujours de nombreuses occasions de sourire ou de secouer la tête en me disant: "Bien vu". Pratchett est décidément le roi du jeu de mots; Patrick Couton, son traducteur français, n'a pas volé les nombreuses récompenses qu'il a raflées pour son travail. Et c'est un plaisir de retrouver d'une fois sur l'autre les personnages hauts en couleur auxquels je suis le plus attachée, y compris lorsqu'ils ne jouent qu'un rôle secondaire. Chaque apparition du seigneur Vetinari, de la Mort ou de Mémé Ciredutemps me remplit d'une intense jubilation. Pour le plaisir de me replonger chaque fois dans l'univers loufoque et étrangement cohérent du Disque-Monde, je continuerai à lire les Annales jusqu'au dernier tome.

lundi 28 juin 2010

Les brunchs du dimanche (5): Au Pays des Merveilles


En voilà un endroit qui porte bien son nom! Au Pays des Merveilles, c'est un restaurant disposé "à la Bruxelloise" (trois pièces en enfilade), avec une petite terrasse sur le devant et un ravissant jardin clos à l'arrière. On y déguste des bagels sucrés ou salés customisables avec différents pains et creamcheeses maison, mais aussi des petits déjeuners complets avec un grand choix de cafés et de chocolats chauds aromatisés, et tout un tas de tartes, de cupcakes ou de muffins. Tous les ingrédients, frais et de grande qualité, sont assemblés au comptoir par Alice Romaniuk, la maîtresse des lieux. Le service est rapide, aimable et ultra-souriant.

En outre, APDM expose de jeunes artistes - en ce moment, Jeanne B. qui réalise d'adorables dioramas en plasticine, et puis aussi deux peintres dont je n'ai pas retenu le nom. On peut également s'y adonner au bookcrossing, c'est-à-dire emporter un des livres rangés à l'emplacement d'une ancienne cheminée à condition de laisser en échange un de ses propres livres avec un petit mot à l'intérieur. Et puis, il y a le wifi. Et puis, tous les produits peuvent être achetés pour emporter (1,15€ le bagel). Et puis, APDM vend aussi des gourmandises américaines difficiles à trouver en Europe, comme les véritables marshmallows.

Le concept est sympathique, et la réalisation à la hauteur. Chouchou et moi avons poussé de petits cris de bonheur en dégustant notre brunch, et en partant j'ai acheté un bagel au sésame pour mon déjeuner d'aujourd'hui. Montant de l'addition? 26,55€ tout compris. Nous reviendrons dès que possible pour tester le reste de la carte, parmi laquelle le choix fut cornélien. Un vrai coup de coeur, et un endroit que je vous recommande chaudement.

Au Pays des Merveilles
42 avenue Jean Volders
1060 BRUXELLES
Tel: 0032-2539-0151

dimanche 27 juin 2010

"Mint Apple" de Sinful Colors

Samedi dernier, en passant chez Di pour acheter des produits de la marque Une que j'aime énormément, j'ai remarqué près des caisses un présentoir noir rempli de jolis flacons de vernis d'une marque inconnue jusque là: SinfulColors. Certaines couleurs me paraissaient fameusement intéressantes, et à 5,95€ pièce, je n'ai pas pu résister au plaisir de faire main basse sur quatre d'entre elles:
- Cloud 9, un orange pétant qui sera très joli sur mes orteils
- Vacation Time, un vieux rose qui fera chic et discret cet automne
- See You Soon, un bleu foncé à reflets turquoise
- et Mint Apple que je qualifierais de vert absinthe nacré.


Comme vous pouvez le constater, j'ai commencé par tester le Mint Apple.
L'application n'a pas été très plaisante. J'ai trouvé le vernis épais et difficile à étaler, le pinceau un peu trop mou et d'une forme pas tout à fait adéquate. Et puis je ne m'attendais pas à ces petites paillettes, certes discrètes. Du coup, j'ai utilisé un top coat mat pour les neutraliser. Côté tenue, en revanche, je suis plutôt satisfaite: la photo a été prise quatre jours après l'application, et le vernis était encore nickel, absolument pas écaillé. Il n'avait toujours pas bougé quand j'ai fini par l'enlever, le lendemain, pour tester le Over The Taupe de chez OPI.

VERDICT: ça ne vaut pas OPI niveau qualité, mais à ce prix-là, pour des couleurs aussi intéressantes et une tenue très correcte, vos 5,95€ ne seront pas gaspillés.
[Edit: Apparemment, les vernis Sinful Colors sont vendus en France aux Galeries Lafayette.]

"Sex And The City 2"

Si vous voulez contempler un étalage de luxe absolument obscène en cette période de crise économique,
Si vous voulez qu'on tente de vous faire passer Marrakech, son aéroport et ses souks si aisément reconnaissables pour Abu Dabhi,
Si vous voulez bien croire que Dior libèrera la femme musulmane de la dictature des intégristes religieux,
Allez voir "Sex And The City 2": vous ne serez pas déçus.

Si en revanche, vous voulez garder un bon souvenir des quatre héroïnes de cette série-culte du temps où elles n'étaient pas encore (que) des faire-valoir pour telle ou telle grande marque,
Dépensez donc vos 10€ pour aller voir un autre film. Ou mieux, restez à la maison et refaites-vous l'intégrale des six saisons en DVD.

samedi 26 juin 2010

Réduction pré-soldes chez Sarenza

Ce week-end seulement, - 30% sur tout le site Sarenza avec le code SRAD30 à entrer au moment de valider votre panier. Je ne sais pas si ça fonctionne pour les nouvelles clientes, mais si vous avez déjà un compte chez eux, pas de problème!

Je viens d'en profiter pour commander les Célia turquoise de Chie Mihara (après avoir disqualifié les boots Harvard de Mellow Yellow et les sandales Expistols d'Annabel Winship pour cause de talon trop haut).

Mais où est le Dr. House quand on a besoin de lui?

J'ai pas mal de cousin(e)s du côté de Mère, mais un seul du côté de Père. Tomm a 25 ans, il est passionné de moto, couvert de tatouages et de piercings, et depuis quelques mois papa d'un petit garçon auquel il a donné un prénom impossible très original.

En début de semaine, Tomm a été hospitalisé du côté de Monpatelin. Apparemment, il serait atteint d'un virus du sang, peut-être une maladie rare, qui bouffe ses plaquettes. Les analyses effectuées sur place n'ayant rien donné, des prélèvements ont été envoyés à Lyon.

Sa famille attend les résultats. Je suis inquiète pour lui.

vendredi 25 juin 2010

C'est l'intention qui compte


Cet, euh, objet a été apporté d'un récent voyage en Grèce par la mère de Chouchou.
Lequel m'a formellement interdit le moindre commentaire en ce lieu.
De toute façon, les mots m'auraient manqué.

La dispute



Quand j'étais ado, mes parents ont eu une période où ils se disputaient assez souvent. Enfin, disons que Père criait et que Mère faisait le dos rond. Rien d'agréable, mais rien d'apocalyptique non plus.
Je me suis beaucoup disputée avec mon premier petit ami "sérieux" et mon ex-mari. J'étais jeune, j'avais un caractère volcanique et je n'aimais pas me laisser marcher sur les pieds. Dans une discussion houleuse, il était important pour moi d'avoir le dernier mot, presque à n'importe quel prix.
Puis il y a eu Etre Exquis, si fondamentalement gentil et placide que je n'avais ni raison ni moyen de m'engueuler avec lui. Et l'Homme, qui fâché ou contrarié était plutôt du genre à se changer en iceberg d'indifférence. Je dois pouvoir compter sur les doigts d'une seule main les "vraies" disputes qu'on a eues en 7 ans. En général, il essayait de me faire passer pour une cinglée et je partais en claquant la porte.
Avec Chouchou, c'est un peu différent. Harmonie quasi-parfaite 99% du temps et, périodiquement, une explosion monstrueuse due au fait que j'ai sans le vouloir appuyé sur un de ses mauvais boutons. J'ai appris que le meilleur moyen de résoudre le problème, c'est de ne pas jouer au jeu pervers de l'escalade, mais plutôt de me taire et d'attendre que ça se tasse. Plusieurs fois, j'ai fait la démarche de conciliation après coup alors que j'estimais n'être pas en faute à la base. Je me disais que l'important n'était pas d'avoir raison, mais que les choses reviennent à la normale. Que mon couple était plus important que ma fierté, et qu'en amour il ne devrait pas y avoir de gagnant et de perdant. (Oui, je m'assagis en prenant de l'âge; c'est impressionnant, vous ne trouvez pas?)

Quand il s'agit de me disputer avec des gens que j'aime, j'ai deux règles:
- Pas de violence physique. Fille ou garçon, on ne tape pas l'autre. Non, même une gifle, ce n'est pas acceptable pour moi. Et on ne casse pas d'objets volontairement pour passer sa colère ou se faire entendre. Chouchou l'a fait une fois (casser un objet, en l'occurrence un verre; pas me taper, bien sûr, sinon j'aurais été dans un train en direction de Monpatelin avant que son bras soit retombé), et il n'a pas vraiment compris pourquoi j'étais à ce point choquée par son geste. Certes, ce n'était qu'un verre, et il n'avait pas été lancé dans ma direction. Mais contrairement à Chouchou, je n'ai pas grandi dans un foyer où ce genre d'incident était monnaie courante, et jamais été avec quelqu'un qui s'emportait de façon autre que verbale. Donc, je trouve ça inacceptable.
- Pas de paroles qui blessent exprès. Bien sûr, on peut avoir des mots durs pour l'autre pendant une dispute, se faire des reproches assez violents. Mais je prends toujours garde à ne pas ne pas taper là où ça fait vraiment mal, et à ne pas utiliser de propos injurieux. Parce que quand la poussière sera retombée, ces choses-là laisseront des traces indélébiles. Et aussi parce que même si je suis momentanément en colère contre lui, une partie de moi se rappelle que j'aime l'autre et que je ne lui veux pas de mal. Comment dire? J'essaie d'avoir la dispute respectueuse. Cela dit, je connais des couples qui se balancent régulièrement des noms d'oiseaux dans la figure et qui parviennent encore à roucouler ensemble une fois l'orage passé. Moi, je n'y arriverais pas.

Quand ils se sont disputés, les couples de mon entourage disent facilement pourquoi. Partage inégal des charges ménagères, caractère bordélique de Monsieur ou nature dépensière de Madame (ou l'inverse), trop grand investissement de l'un ou de l'autre dans son boulot... En revanche, je n'arrive jamais à savoir comment ils se disputent. Si ça se trouve, ce qui me choque est en réalité très courant, et il n'y a pas de quoi en faire un plat. Les limites que je me suis définies ("s'il fait ça, je le quitte") ne sont peut-être qu'un symptôme de mon incapacité à sustenter une relation à long terme, de me barrer au premier truc qui me contrarie au lieu d'avaler la couleuvre pour préserver mon couple sur la durée. Alors, j'aimerais bien avoir votre avis et vos témoignages sur la question. Comment vous disputez-vous avec votre moitié? Qu'est-ce qui vous paraît acceptable, et qu'est-ce qui vous pousserait à faire vos valises? De quelle manière vos disputes continuent-elles à influer sur votre relation par la suite? Tout ce que vous pouvez avoir à dire sur le sujet m'intéresse. D'avance, je vous remercie du temps que vous prendrez pour me laisser un commentaire.

mardi 22 juin 2010

"Finger lickin' fifteen"

Je me souviens très bien de l'époque où j'ai découvert la série des Stephanie Plum. J'ai dévoré les six qui étaient déjà sortis en poche et, n'y tenant plus, le septième qui n'était encore disponible qu'en grand format en l'espace de quinze jours (délais de livraison Amazon compris.) C'était l'été 2001 et tous les soirs, je me fourrais sous les draps du grand lit que je venais juste d'acheter et de monter moi-même après plus de trois ans passés à dormir dans un clic-clac. J'habitais dans un vieil immeuble aux murs assez épais pour maintenir la chaleur méridionale à distance, mais même à travers ma porte-fenêtre fermée, j'entendais les voitures qui passaient dans l'avenue deux étages plus bas. Je les entendais et je m'en fichais: j'étais trop occupée à me tordre de rire en lisant les invraisemblables (més)aventures de cette chasseuse de primes aussi peu douée que poissarde.

Après ça, j'ai dû attendre un an que paraisse chaque nouveau tome de la série. Et au fil du temps, la qualité de celle-ci n'a cessé de décliner. Les méchants barges et brillants du début sont devenus juste cons; les personnages secondaires excentriques et savoureux ont progressivement viré à la caricature; et les intrigues policières se sont réduites à une peau de chagrin tandis que l'héroïne continuait à hésiter entre les deux hommes de sa vie aux répliques et aux réactions archi-prévisibles. Mais je crois qu'avec le tome 15, on touche définitivement le fond.

C'est comme si Janet Evanovich générait désormais ses bouquins à partir d'une check-list établie par ordinateur. A priori, "Finger Lickin' Fifteen" comporte tous les éléments qui ont fait le succès de la série. Stephanie y détruit le nombre règlementaire de bagnoles et se retrouve successivement couverte de peinture rouge, de sauce barbecue et de farine. Mémé Mazur défouraille à la moindre occasion; Lula continue à s'empiffrer et à porter des fringues improbables; Maman Plum se signe en se demandant ce qu'elle a fait au ciel pour avoir une fille pareille et Papa Plum se réfugie dans la contemplation de son assiette en marmonnant des trucs incompréhensibles; Morelli ou Ranger sont toujours là pour sortir Stephanie du pétrin et lui promettre une nuit torride. Oui, il y a tout dans ce tome 15, sauf peut-être ce qui fait un bon bouquin: une âme. Je me suis ennuyée ferme pendant 370 pages. Une fois de plus, l'incapacité d'un auteur à s'arrêter à temps est en train de gâcher ce qui était à la base une excellente série.

(...dit-elle avant d'attaquer "Unseen academicals", le 37ème tome des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett.)

lundi 21 juin 2010

Franchement, cette année, je n'ai pas vu passer l'été

J'ai à peine eu le temps de manger quelques nectarines, de salir 2-3 T-shirts à manches courtes, de faire prendre un peu l'air à mes orteils vernis, d'entamer mon tube d'écran total et d'enlever la couette de mon lit, et pouf, c'est de nouveau l'hiver.
...Ah pardon, on me signale en régie que nous sommes fin juin plutôt que courant octobre et que l'été vient juste de commencer. Vu que le printemps a sérieusement ressemblé à un automne, je me demande si Dame Nature, fatiguée que nous lui trouions la couche d'ozone et lui déversions du pétrole dans les océans, n'aurait pas décidé de nous priver de soleil, genre, POUR TOUJOURS. "Ah ils s'attendent à un réchauffement climatique, les salopiots. Allez, tournée générale de pluies diluviennes et de grêlons!".
The end is nigh.

Fuck my ex

Samedi, en voyant la date s'afficher sur mon post du jour, j'ai eu la vague impression d'avoir oublié quelque chose. Mmmh, 19 juin, voyons... L'anniversaire de Philou est bien le 19, mais en octobre. En juin, il y a... euh, celui de David que j'ai totalement zappé le premier, et celui de Mère à qui j'ai eu l'idée originale de faire envoyer un bouquet par Aquarelle. Le 19 juin, le 19 juin, qu'est-ce que ça peut bien être?

Puis ça m'est revenu. Ce soir-là, il y a onze ans, l'Homme me raccompagnait chez moi après un pot bien arrosé au club d'aïkido, et ce qui n'aurait pas dû arriver vu qu'il se mariait sept semaines plus tard arriva quand même. Je ne vais pas passer de nouveau en revue l'histoire mouvementée qui s'en est suivie: je l'ai déjà racontée mille fois (les nouveaux arrivants curieux n'ont qu'à cliquer sur le tag "rupture" en fin de post).

Mais pour connaître le sentiment qui me reste vis-à-vis de l'Homme après toutes ces années, il aurait fallu voir ma jubilation lorsque, samedi après-midi même, j'ai découvert ce pendentif parmi les bijoux que La Princesse mettait en vente chez Mlle François:



Ouais, je me suis jetée dessus et c'est mon collier préféré jusqu'à nouvel ordre :-D

dimanche 20 juin 2010

TOKYO 2010: le carnet (3/3)




Le dessin de cette armure de samouraï du 16ème siècle, debout au milieu du flot des visiteurs du Tokyo National Museum, reste un exploit dont je ne suis pas peu fière même s'il m'a été impossible de le mettre en couleur sur place (et que j'ai eu la flemme de le faire plus tard, bien qu'ayant pris note des couleurs des différentes parties).




Toujours au Tokyo National Museum, quelques dessins plus rapides: un masque de Nô, une tsuba (garde de sabre) et une haniwa (figurine mortuaire en terre cuite; celle-ci date du 6ème siècle).



Le Tokyo National Museum mettait à disposition des visiteurs des tampons permettant de créer ses propres cartes postales illustrées, ainsi qu'un fascicule expliquant la signification de chacun de ces motifs (utilisés à la base pour décorer les kimono).




A la fin de mon Moleskine, j'ai réalisé ce collage avec les petits morceaux de scotch dont les vendeurs japonais se servent pour fermer les sacs de shopping et qui sont personnalisés en fonction de chaque magasin. La preuve qu'on peut faire un carnet de voyage même sans savoir dessiner: il suffit de récupérer de petites choses à droite et à gauche!

Après mon road trip de 2006 aux USA et la semaine au Maroc avec Antonia l'an dernier, c'est seulement la deuxième fois que je compose mon carnet de voyage en route. D'habitude, je me contente de prendre des notes et de collecter du matériau sur place, et je crée un album après mon retour. La méthode a ses avantages et ses inconvénients. Avantages: le résultat est plus spontané, plus "authentique" aussi, et il ne reste quasiment rien à faire une fois rentrée chez soi. Inconvénients: on est plus ou moins obligé de procéder par ordre chronologique, et si on veut inclure des photos, il est difficile de prévoir exactement la place nécessaire. Par ailleurs, je n'ai pas encore trouvé de moyen satisfaisant de mêler textes, dessins et collages. Ce qu'il me faudrait, c'est un nouveau voyage pour perfectionner tout ça... ;-)

samedi 19 juin 2010

Où je fais manger des carbonades à une écrivaine australienne

Le Drug Opera est l'un des premiers endroits que j'ai fait "miens" à Bruxelles. Durant les premiers temps de mon histoire avec Chouchou, j'aimais m'y réfugier par une fin d'après-midi hivernale pour boire un délicieux chocolat chaud et manger une gaufre à la chantilly dans un des box à l'anglaise du premier étage, en lorgnant sur la vitrine du Sacha d'en face observant les passants par une des pittoresques fenêtres à petits carreaux. Mais quand je suis venue vivre ici, j'ai pris mes habitudes dans d'autres établissements situés plus près de chez nous, comme le Comptoir Florian pour le thé et les gâteaux ou l'Ultime Atome pour l'apéro avec portion fromage - et j'ai cessé de fréquenter le Drug Opera.

Pourtant, quand Isa V. m'a envoyé un mail avant-hier après-midi pour m'informer que Fiona McIntosh, BBL et elle venaient passer le week-end en Belgique où Fiona avait plusieurs séances de dédicaces prévues à Bruxelles et à Charleroi, et quand nous avons convenu de manger ensemble dans un resto pas trop éloigné de leur hôtel situé en plein centre-ville, c'est au Drug Opera que j'ai pensé en premier. Décor sympa, bonne cuisine de brasserie belge, facilement accessible à pied, modérément bruyant, et ai-je mentionné qu'il y a un Sacha juste en face?: ça me paraissait idéal pour satisfaire tous les membres d'un groupe de huit personnes. Car en plus des sus-citées, se sont jointes à nous Isa P., la traductrice de Fiona, ainsi que Marie-Aude qui comme moi traduit de la bit-lit chez Editeur Préféré et sa compagne Mareike. Chouchou avait donc une tablée de sept filles pour lui tout seul, le veinard.

Si j'avais souvent goûté au Drug Opera, je n'y avais encore jamais dîné. J'ai opté pour un grand classique de la cuisine belge: le waterzooi, qui a dû affronter la rude comparaison avec celui de la maman de Chouchou - et qui s'en est ma foi plutôt bien tiré. Le Bordeaux rouge qu'on m'a servi au verre n'était pas mal non plus, même si le serveur peu souriant n'a pas daigné me le présenter par son petit nom. Quant à la gaufre aux fruits et à la chantilly avec laquelle j'ai achevé mon pauvre foie, ce n'était pas la meilleure que j'aie jamais mangé, mais elle se défendait très correctement contrairement à l'équipe de foot française en ce moment, sa race.

Mais plus que la cuisine ou le décor, c'est la compagnie qui a fait de ce dîner un moment délicieux. Je suis toujours agréablement surprise, quand je rencontre un auteur à la renommée internationale, de le trouver hyper-accessible et pas arrogant pour deux sous. C'est que les écrivains sont pour moi ce que les stars d'Hollywood sont pour beaucoup d'autres: des gens que j'admire, qui me font rêver et que j'imagine forcément un peu à part du commun des mortels. Je ne sais pas si j'ai eu de la chance jusqu'ici, ou si les auteurs de fantasy et de SF sont une sous-catégorie particulièrement aimable et chaleureuse, mais je suis sortie enchantée de chacune de mes rencontres avec eux. Fiona McIntosh n'a pas fait exception à la règle. Je l'ai trouvée simple, drôle et ouverte aux autres, participant volontiers à la conversation sans chercher à tirer la couverture à elle. Evidemment, ça m'a donné envie de lire ses bouquins, ce qui ne m'arrange pas du tout vu la taille actuelle de ma PAL.

Outre Fiona, j'ai été ravie de cette occasion de revoir Isa V. et BBL que je croise toujours trop brièvement, de faire plus ample connaissance avec Isa P. que je connaissais surtout par l'intermédiaire de Farmville Facebook jusqu'ici, et de rencontrer Marie-Aude et Mareike qui vivent à Bruxelles et qui sont des expats comme moi (française pour la première, allemande pour la seconde). La soirée m'a paru bien courte, même si nous l'avons prolongée un peu en faisant un crochet par la Grand-Place afin que BBL et Fiona, dont c'était la première visite à Bruxelles, puissent admirer ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Du coup, je passerai sûrement chez Filigranes demain après-midi pour revoir tout ce petit monde et prendre des photos décentes.

vendredi 18 juin 2010

TOKYO 2010: le carnet (2/3)




Deux guitares croquées vite fait au Hard Rock Café de Roppongi en attendant notre commande. Pas eu le temps de les mettre en couleur.




Le gardien chargé de vérifier que personne ne prenait de photos dans la salle de l'expo temporaire consacrée à "Ponyo sur la falaise", au musée Ghibli, est resté imperturbable en me voyant sortir mon carnet et mes crayons pour dessiner la statue qui trônait en plein milieu de la pièce. Mais j'avoue que je ne me sentais pas très à l'aise.




Dans les temples, au moins, on trouve toujours un endroit où s'asseoir... Comme je l'ai noté dans un coin de la page, cette statue avait l'air beaucoup plus diabolique en vrai; on aurait dit un méchant génie. Ce qui ne perturbait absolument pas le matou blanc et roux qui somnolait à ses pieds.




Quand on s'ennuie un peu pendant la soirée, pourquoi ne pas s'amuser à dresser le plan du lieu où l'on séjourne? Ici, la salle commune de notre ryokan et la chambre que nous y occupions.




Au Japon, on trouve dans de nombreux lieux publics des tampons commémoratifs que les visiteurs collectionnent dans un petit carnet ou sur des bouts de papier volants en guise de souvenir. Les encreurs sont parfois secs d'avoir trop servi, mais personne ne les vole jamais...




Les hallucinantes chaussures de scène de Geri Halliwell, en face desquelles nous avons déjeuné au Hard Rock Café de Ueno-Eki.

Suite et fin demain!

jeudi 17 juin 2010

L'impossible dilemme

Suite aux violents orages d'avant-hier dans la région de Monpatelin, Titou s'est rendu ce soir à mon appartement pour voir s'il n'y avait pas eu d'inondation... et rapporte que c'est passé tout près. Selon lui, l'eau serait montée jusqu'aux volets de la porte-fenêtre de mon salon; il s'est trempé jusqu'aux chevilles pour déboucher mon tuyau d'évacuation.

Alors bien sûr, je pourrais juste pousser un gros soupir de soulagement et me dire qu'une fois de plus, je l'ai échappée belle. Mais la vérité, c'est que pour autant que je l'aime, cet appartement commence à me peser sur le moral et sur le porte-monnaie. Quand je n'y suis pas, je me ronge d'inquiétude en songeant à ce qui peut s'y passer en mon absence. Quand j'y suis, je n'y reste jamais assez longtemps pour m'occuper de son entretien. Ca fait plus d'un an que le détendeur de ma bouteille de gaz de ville est cassé et que je n'ai jamais la possibilité de faire venir un plombier pour le changer; résultat: je ne peux manger que des trucs préparés au four ou au micro-ondes. Je ne parle même pas du balcon à refaire, ni des fenêtres et des volets qu'il faudrait remplacer. Tout cela réclame du temps que je déteste passer loin de Chouchou, et des sous que je dépense en billets de train ou d'avion pour faire la navette Bruxelles-Monpatelin et payer un demi-loyer en plus de rembourser un crédit immobilier.

Je sais qu'à terme, le plan était de partager notre année entre la Belgique et la France, mais ce n'est pas pour du court terme ni peut-être même pour du moyen, et je suis en train de m'user les nerfs avec cet appartement qui me cause bien plus de soucis qu'il ne m'apporte de plaisir. D'un autre côté, le lâcher poserait aussi tout un tas de problèmes:
- un mic-mac administratif pas possible si je devais me domicilier en Belgique alors que je gagne mes sous en France
- un déménagement à organiser sur Bruxelles, parce que même si je bazardais tout mon mobilier et mon électro-ménager en double, j'ai une pièce entière remplie de bouquins à Monpatelin, et jamais ils ne tiendraient dans nos 55m² actuels
- la perte du filet de sécurité matériel que représente, quand même, un bien immobilier que j'aurai fini de payer dans 7 ans 1/2
- la perte du filet de sécurité émotionnel que représente le fait de pouvoir me dire à tout moment: "Si ça se gâte entre Chouchou et moi, je ne suis pas obligée de subir, j'ai un endroit où me réfugier"
- la nécessité de retrouver toute une panoplie de médecins qui me conviennent à Bruxelles alors que j'ai mis des années à dénicher un super généraliste, un chouette dentiste et une gynéco avec qui je me sens à l'aise
- l'éloignement des amis que j'ai encore à Monpatelin, notamment Etre Exquis et Kiki et sa famille auxquels je suis très attachée.

Bref, ce n'est pas une décision facile à prendre, et que je garde ou que je revende cet appart', il y aura des conséquences pénibles à gérer à un moment ou à un autre. Je crois que je regrette l'époque où j'étais simple locataire, un peu plus fauchée sur le papier mais l'esprit infiniment léger... Plus les années passent, et plus je rêve d'être capable de vivre avec trois fois rien: une garde-robe minimaliste et des affaires de toilette faciles à remplacer, quelques souvenirs personnels qui tiendraient dans un petit coffre, un PC portable sur lequel je conserverais mes photos, mon courrier et mes écrits, et basta. Si je me sens bien quand je voyage, c'est aussi parce que la vie est beaucoup plus simple quand on doit se débrouiller avec le contenu d'une valise. On est obligé d'aller droit à l'essentiel et de ne pas s'encombrer de superflu.

J'aimerais me faire le cadeau de cette liberté. Et d'un autre côté, il se trouve que j'aime posséder de vrais livres dont je peux caresser le papier, collectionner les chaussures à talons et les boîtes à thé de toutes les couleurs, rapporter de l'étranger plein de bibelots dont je m'entoure pour faire de mon chez-moi une mini tour de Babel... Que toutes ces choses ne sont pas seulement un fardeau matériel et mental; qu'elles m'apportent aussi un vai plaisir. Je devrais peut-être apprendre le détachement. Ou trouver un moyen de gérer mon angoisse chronique.

Which of these 4?

Cette année, je n'ai acheté que peu d'affaires d'été, mais je suis très contente de toutes mes emplettes: notamment, de cette ravissante robe à pois Naf-Naf (so demure!), de ce petit sac Marc Jacobs que je guignais en bleu électrique la saison dernière et que j'ai fini par prendre en rouge clair le mois dernier, et de mon T-shirt rayé rouge et blanc H&M près du corps avec des manches ballon surfilées, parfait avec un jean indigo et les escarpins rouges à l'imprimé rockabilly dont j'ai fait l'acquisition samedi dernier après deux mois d'abstinence chaussuresque (true story).

Mais là, nous sommes fin juin, ce qui signifie que les soldes se profilent à l'horizon. Et que comme d'habitude, ma principale préoccupation sera de repousser toujours plus loin la limite de contenance de mes étagères à chaussures. Chercheuse expérimentale en physique domestique, voilà ce que je suis. Pour l'instant, j'ai l'oeil sur quatre modèles:


Ces Twins de Camper en daim bleu-gris, avec petit talon de 5 cm, qui devraient être assez confortables pour marcher.


Les Expistols d'Annabel Winship, ruineuses et difficilement portables, mais si rock'n'roll ^^


Les Célia de Chie Mihara que, dans l'absolu, j'aurais préférées en brun ou en noir imitation autruche de la saison dernière, mais qui sont aussi très chouettes en turquoise.


Les bottines Harvard de Mellow Yellow, pas forcément très estivales mais rock'n'roll elles aussi, et que je me vois bien porter tout l'automne.

Ca se voit que j'ai des envies de bleu en ce moment? :-D

mercredi 16 juin 2010

Pour l'originalité, on repassera

Vers 14h, sur Skype.
MOI: Joyeux anniversaire, maman! Tu as bien reçu mes fleurs?
MERE: Oui, le livreur d'Aquarelle est passé vers une heure moins le quart avec ton bouquet et celui de ta soeur.
...Au moins, on aura fait des économies d'essence.

TOKYO 2010: le carnet (1/3)


Hier soir, comme je mettais de côté les choses à emporter la prochaine fois que j'irai à Monpatelin, je suis tombée sur le carnet réalisé pendant notre dernier séjour au Japon - the original one, celui qui m'a servi de base pour élaborer les textes postés dans mon blog de voyage. J'ai réalisé que je n'avais jamais partagé avec vous les dessins gribouillés sur place. Soyez indulgents: il a souvent fallu travailler debout au milieu d'une foule de passants, un exercice que même une artiste beaucoup plus chevronnée que moi aurait déjà trouvé périlleux.




J'ai utilisé un Moleskine ordinaire, dont j'ai décoré la couverture avec du deco tape rose, une étiquette prélevée sur un emballage du Musée Ghibli, une carte postale achetée chez Ito-Ya et une étiquette postale. Carnet mythique ou pas, je crois que je trouverai un autre support pour immortaliser mon prochain voyage: le papier trop lisse ne prend pas du tout l'aquarelle, et je le trouve trop épais pour qu'il soit agréable d'écrire dessus. En outre, dès qu'on commence à coller des choses sur les pages, la reliure ne suit pas, et on se retrouve avec un carnet tout boursouflé qui menace de dégueuler son contenu.




Parce qu'il fallait bien passer le temps dans l'avion, j'ai dessiné le plateau-repas, qui était assez mauvais...




A gauche, une des cannettes de Coca métalliques qu'on trouve dans les distributeurs au Japon; notez sa forme de petit bidon rebouchable bien plus pratique que nos cannettes à nous. A droite, petit collage réalisé le premier soir à base de deco tape: j'étais si heureuse d'en avoir trouvé tout plein chez Tokyû Hands!




Les animaux, ça bouge trop! Au zoo de Ueno, je me suis contentée de dessiner une statue et des fleurs de cerisier.




La super-sacoche dénichée par Chouchou chez Loft. Belle, solide, pratique: depuis notre retour en Belgique, on lui a déjà demandé plusieurs fois où il l'avait achetée. J'ai fait ce dessin dans le Shinkansen qui nous ramenait de Kyoto, et je le préférais pas colorié.




Ce n'est pas une glace, ce n'est pas un gâteau, c'est un de ces desserts étranges dont les Japonais ont le secret...

Suite au prochain épisode!

mardi 15 juin 2010

Maudits orages!

Aujourd'hui, de violents orages se sont abattus sur Monpatelin. "L'aéroport local fermé", "Des précipitations comme on n'en avait pas vues depuis dix ans", selon les média. "La piscine se remplit toute seule, et nous n'avons plus d'électricité", rapporte une copine qui habite dans les environs. La pluie est censée continuer jusqu'au petit matin, le temps que le front orageux se déplace vers le département voisin.

Alors bien entendu, j'angoisse. L'évacuation de mon balcon est bouchée depuis un petit moment déjà, et j'attendais le retour des beaux jours pour y remédier. Ca m'apprendra à procrastiner. Depuis le milieu de l'après-midi, j'ai des visions d'eau s'infiltrant sournoisement par le bas de ma porte-fenêtre et allant inonder le carrelage de mon salon, noyer ma Livebox qui se trouve à moins d'un mètre de là, changer les pieds de mes meubles en éponge et goutter chez mes voisins du dessous. J'essaie de me raisonner, de me dire que mon balcon se trouve dans un angle et qui plus est protégé par un auvent en dur, que quelques centimètres séparent son carrelage du seuil de ma porte-fenêtre dont par ailleurs les volets sont fermés, et que si ça se trouve l'eau débordera du balcon avant d'atteindre ce niveau, ou que la pression emportera le bouchon du tuyau d'évacuation. Qu'au pire, un peu d'eau s'infiltrera dans mon salon, mais pas en quantité suffisante pour causer d'énormes dégâts.

Puis je songe que la foudre a pu faire sauter les plombs et que tout le contenu de mon congélateur va moisir, qu'elle aura probablement achevé la multiprise de mon bureau et que je devrai faire appel à un électricien avant de pouvoir recommencer à bosser. Oh, et aussi, qu'est-ce qui me dit que la toiture est bien étanche, mmmmh? Bref, je nage (ah ah) dans la paranoïa. J'ai regardé le prix des billets de train pour redescendre demain en catastrophe: aïeuh. Du coup, bien que très gênée de le solliciter de nouveau moins d'une semaine après le passage de l'inspecteur ès-fourmis, j'ai de nouveau appelé Titou qui a promis de passer voir dès qu'il pourrait. Mais je sais que je vais très, très mal dormir cette nuit, et sans doute aussi la prochaine.

Suite à l'affaire des fourmis, j'ai décidé de rapprocher mes visites à Monpatelin, qui s'étaient espacées au fil des ans, afin que l'appartement soit davantage occupé et entretenu. Contre un imprévu de ce genre, même cela n'est pas suffisant. J'adore partager mon temps entre Bruxelles et le midi de la France, mais on ne peut pas dire que ce soit un mode de vie bon marché... ni qu'il ménage beaucoup mes pauvres nerfs d'angoissée chronique.

Le live de la mort qui tue

Plus je vieillis j'avance en âge, plus la foule m'oppresse. Je fuis la rue Neuve le premier jour des soldes, je dois me forcer pour prendre le métro aux heures de pointe et surtout, ça fait des années que je n'ose plus mettre les pieds dans les concerts de rock. Ou alors, il faut que je puisse avoir une place assise et la certitude de ne pas me retrouver pressée comme un vieux tube de Colgate entre mes voisins. Pour cette raison, je ne serai pas parmi le public du Hellfest samedi soir alors que je REVE de voir Fields of the Nephilim sur scène depuis, boah, à peine un peu plus de vingt ans. Pour cette raison aussi, je n'ai pas osé prendre de place pour Muse au stade de France vendredi dernier. Mais aujourd'hui, en tombant sur cette vidéo, je m'en mords les doigts...

lundi 14 juin 2010

KitchenAid: la fin du mystère

Hier, mon blender Kitchen Aid est décédé pour la deuxième fois alors que je tentais vainement de reconstituer le sublime mélange Thé du Hammam/melon inventé par Exki. (Entre nous, ils doivent rajouter une quantité effroyable de sucre dedans, parce que le résultat que j'ai obtenu n'était pas juste insuffisamment mixé, mais d'une fadeur abominable.)

Cette fois, un examen rapide m'a permis de déterminer d'où venait le problème. En ôtant le bol mélangeur, j'ai vu que le bitonio en caoutchouc sur lequel il venait se poser était complètement fondu. Il devait déjà l'être à demi lors du défuntage précédent; puis au fil des ans, le caoutchouc ramolli par la surchauffe avait dû durcir suffisamment pour que je puisse en tirer quelques utilisations supplémentaires avec son trépas définitif.

J'ai fait une recherche rapide de pièces détachées KitchenAid sur internet. Effectivement, le bitonio en question s'appelle "moyeu d'entraînement du coupleur", et il est destiné à empêcher la rupture du moteur en cas d'effort trop important infligé à l'appareil. Pour le coup, il a donc bien joué son rôle. En sortant du travail ce soir, Chouchou est passé chez International Home of Cooking, qui en avait un en stock. Moyennant 8€ et une petit manip' qui n'a pris que quelques secondes, mon blender est de nouveau ressuscité.

Pour Jésus, en revanche, je n'ai toujours ni explication ni solution.

dimanche 13 juin 2010

La Maison aux Fraises

Hier, Chouchou et moi sommes allés passer la journée à Lille avec mon ami Phil qui vit là-bas depuis 7 ou 8 ans. Pour changer un peu du Cha Yuan, j'ai suggéré aux garçons de goûter dans un salon de thé ouvert assez récemment et dont j'avais lu le plus grand bien: La Maison aux Fraises, située au bout du Vieux Lille.

J'ai aimé:
- Le concept salon de thé/galerie d'artisanat avec des expos-ventes temporaires: actuellement, de sympathiques bijoux en tissu signés Fleur de Peau. Je regrette tout de même d'avoir raté les "histoires en sachet" de Willy Nilly, dont le concept m'intrigue beaucoup.
- La déco girly à souhait, qui m'a rappelé celle du sublime Tea Time à Copenhague, en moins bien fini.
- Mon Sencha de Chine, très bon (par contre, Phil a trouvé son Darjeeling quelconque).

Je n'ai pas aimé:
- L'adresse, située un peu loin de tout et pénible à rejoindre depuis le coeur du Vieux Lille.
- Le choix plus que réduit de pâtisseries: cookie (oui, au singulier: il n'en restait qu'un) ou cupcakes framboise-eau de rose.

Je recommande?
Si vous passez dans le coin ou si un des ateliers de travaux manuels régulièrement organisés par la maison vous tente, oui. Sinon, le centre-ville de Lille ne manque pas d'autres salons de thé plus accessibles et sans doute mieux achalandés... Le concept de La Maison aux Fraises est très sympathique, mais exploité pour l'instant d'une façon un peu "amateur".

La Maison aux Fraises
106 bis rue Saint-André

59000 LILLE

samedi 12 juin 2010

A day in the life (June 2010)

Ceci est un exercice que j'effectuais chaque année du temps où je scrappais, pour voir l'évolution de mon quotidien au fil du temps. Mes journées ne sont pas du tout les mêmes maintenant qu'il y a 20, 10 ou même seulement 5 ans; j'ai envie d'en conserver une trace pour les comparer avec ce qu'elles seront dans 5, 10 ou même 20 ans.

Je me lève sans réveil depuis que l'iPod prêté par Chouchou est tombé en panne (de toute façon, j'étais arrivée à bout d'inspiration côté listes musicales). Du coup, j'émerge à un moment variable entre 9h et 10h30, selon les exigences de ma vessie et les miaulements des chats affamés qui ont vidé la gamelle remplie par Chouchou vers 7h avant son départ au boulot.

La première chose que je fais, c'est allumer mon ordinateur et, pendant qu'il démarre, me préparer une tasse de bon thé: depuis quelques mois, le You Zi Huo Cha (thé vert façonné aux fleurs de pamplemousse, en vente chez Nong Cha) que m'a fait découvrir Philippe a remplacé le Thé sur le Nil de Mariage Frères. Tout en le sirotant, je fais mon tour sur Internet. Je passe d'abord sur Facebook voir les dernières actualités; puis je nourris mes animaux, cueille mes fruits et récolte mes légumes sur FarmVille, mon bouffe-temps principal depuis l'été dernier. Je suis arrivée au 70ème et dernier niveau il y a peu, et pourtant, je ne m'en lasse pas. Après ça, je valide les éventuels commentaires en attente sur mon blog, où le billet du jour programmé à l'avance est paru aux alentours de 8h30. Je lis les posts en attente dans mon Google Reader, relève mes mails, vérifie les stats de mon blog sur Xiti et le solde de mon compte sur le site de ma banque. Puis je mange deux tartines de pain de mie complet ou un bagel les jours fastes, et je vais prendre ma douche avec mon savon chouchou, le Ice Blue à la menthe poivrée de chez Lush.

Je commence à bosser entre 11h et midi. Vers 14h, je fais une pause pour avaler rapidement un plat surgelé Picard (mon préféré en ce moment, le poulet aux tomates confites et à la pollenta) et descendre chercher mon courrier en priant pour ne pas croiser Dumbo dans l'escalier. Puis je m'y remets non-stop jusque vers 17h-17h30. En ce moment, je bosse sur le tome 12 de Série Préférée, et j'arrive à traduire dans les 40 à 45 000 signes français par jour. Pas sûr que je parvienne à tenir ce rythme quand les scènes de sexe fastidieuses se multiplieront...

Depuis une semaine, j'enchaîne ensuite avec une demi-heure de Wii Fit + pour tenter de perdre les kilos surnuméraires accumulés ces deux dernières années (sauf le mardi, si je vais faire du yoga au Serendip Spa). Chouchou rentre à 18h, mais plus pour longtemps: Umbrella Corporation déménage bientôt dans le Brabant Wallon. Finis les transports en commun et les trajets rapides; Chouchou est obligé de reprendre une voiture, avec tous les inconvénients que cela comporte, et notamment le fait de tourner des plombes en ville avant de trouver un endroit où se garer.

Nous dînons entre 19h30 et 20h30 devant un épisode d'une de nos séries télé favorites. Après avoir récemment terminé la saison 3 de "Gossip Girl", nous avons enchaîné avec la deuxième moitié de la 5 de "How I met your mother", et nous passerons ensuite à la 2 de "The Big Bang Theory". Nous avons essayé "Mad Men" le mois dernier, mais ça n'a plu qu'à Chouchou, qui continuera à la regarder pendant mes séjours à Monpatelin.

En deuxième partie de soirée, Chouchou dessine et je surfe ou écris des cartes pour Postcrossing. Bientôt deux ans que j'ai rejoint le projet, et j'ai déjà envoyé (et reçu) près de 500 cartes postales du monde entier. J'adore. Nous nous couchons entre 23h30 et minuit, et je lis généralement une bonne demi-heure avant d'éteindre la lumière. Avant-hier, j'ai fini "Les choses" de Georges Pérec et commencé "The hour I first believed" de Wally Lamb, qui s'annonce comme un grand cru. J'ai longtemps eu de gros problèmes pour m'endormir, mais depuis quelques mois, Morphée ne me fait guère attendre qu'une vingtaine de minutes avant de m'emporter jusqu'au lendemain.

vendredi 11 juin 2010

La fin de la saga des fourmis ?

Je n'ose y croire.

Le spécialiste que mon syndic a fini par contacter avec le revolver de mon mécontentement braqué sur la tempe est passé en fin d'après-midi à l'appart' de Monpatelin, où Titou le Merveilleux l'attendait pour lui montrer les dégâts contre le mur extérieur et lui permettre de localiser la fourmilière qui depuis onze mois grignote l'isolant de la résidence - et mes nerfs avec.

A 18h, cet excellent homme (que Dieubouddhallah ou toute autre divinité de son choix le bénisse) m'a appelée pour me dire qu'il avait verrouillé sa cible, que pas de problème il existait de très bonnnes armes de destruction massive pour s'en débarrasser, et que bien entendu il m'informerait de la victoire totale et absolue sur l'ennemi hyménoptère lorsque celle-ci aurait été remportée.

Pour fêter ça, j'ai saboté une semaine de régime et de Wii Fit quotidienne en suggérant à Chouchou de manger ce soir chez Mamma Roma.

jeudi 10 juin 2010

Oui, enfin, on a beaucoup exagéré...

Une fois de plus, Chouchou est tounu dans sa nouvelle bédé. Exhibitionnisme sournois ou grosse flemme de se dessiner des vêtements? Je vous laisse juger par vous-mêmes...

"Invisible"

Il paraît qu'il faut écrire sur ce que l'on connaît. Si je ne suis pas nécessairement d'accord avec ce principe, Paul Auster, lui, s'emploie à n'y pas déroger depuis plus de vingt ans. De la même façon que Woody Allen, fut un temps, ne parlait dans ses films que d'intellos juifs new-yorkais, Paul Auster centre chacun de ses romans autour d'écrivains ou autres gens de lettres. Son oeuvre est une gigantesque mise en abyme de la littérature, un objet qui s'interroge sur et s'observe lui-même - mais avec une écriture si fluide, une structure si brillante qu'elle devient rarement absconse ou indigeste. C'est pourquoi j'attends toujours beaucoup de ses livres. Et c'est pourquoi j'ai été déçue par "Invisible", son dernier opus en date.

Je suis quelqu'un qui, d'ordinaire, s'attache aux personnages davantage qu'aux histoires. Ici, entre un jeune héros incestueux et vaguement pitoyable, son antagoniste charismatique mais monstrueusement immoral et une femme fatale presque dénuée de substance, il m'a été impossible de le faire. Restait ce que la quatrième de couverture promettait comme "le vertigineux kaléïdoscope (qui) met en perspective changeante les séductions multiformes d'un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer". Comprendre: quatre parties toutes écrites d'un point de vue différent, et censées s'emboîter les unes dans les autres telles les pièces d'un puzzle. Sauf qu'arrivé à la dernière page d'"Invisible", le lecteur reste sur sa faim, avec trop de questions en suspens pour se sentir satisfait. Les personnages de Paul Auster ont toujours conservé une certaine part de mystère; ici, l'absence de certitudes à leur sujet ne les rend pas tant insaisissables qu'incohérents. Adam Walker a-t-il oui ou non eu une liaison avec sa propre soeur? Qu'est-ce qui a poussé Rudolph Born à l'approcher lors de cette soirée new-yorkaise, puis à lui proposer de créer un magazine littéraire? Nous ne le saurons jamais, et du coup, "Invisible" nous laisse un goût d'inachevé, d'inabouti.

mercredi 9 juin 2010

Adieu les ampoules aux pieds!

Le sport, c'est le Mal.
...N'empêche que je viens de me remettre à la Wii Fit parce que je ne me supporte plus sur les photos. Or, un régime quand on bosse à la maison et qu'on ne vit pas seul, c'est juste intenable. Si je ne peux pas réduire le nombre des calories que j'ingurgite, je suis obligée pour perdre du poids d'augmenter le nombre de celles que je brûle. C'est mathématique. Et désespérant.
Mais je digresse.
Donc, disais-je: le sport, c'est le Mal. Néanmoins, ça donne parfois matière à des inventions intéressantes. Bénies soient notamment les fibres lycra qui, désormais présentes dans bon nombre de vêtements de ville, m'ont permis d'arriver à l'âge canonique de 39 ans sans jamais apprendre à repasser.
Ce week-end, j'ai testé une autre merveille dont j'avais découvert l'existence sur MBDF du temps où j'étais une habituée de ce blog: la crème Nok (Akileïne) anti-frottements. Conçue à la base pour les sportifs, elle a la réputation de prévenir toutes les ampoules et irritations cutanées. Ce qui ne pouvait qu'intéresser une folle de chaussures à talons dans mon genre.
Samedi dernier donc, après l'application d'une généreuse couche de crème, j'ai chaussé mes sandales Vivienne Westwood achetées au Japon il y a cinq ans et peu portées depuis car elles me serrent sur le dessus du pied. J'ai passé l'après-midi à cavaler de la nouvelle Fnac de la Porte de Namur jusqu'au Cha Yuan, en passant par un marché bio perdu au fin fond d'Uccle. Résultat: pas une ampoule sur les petits orteils ou à l'arrière du talon, pas de grosses traces rouges au niveau du bord de la première - nada. L'échauffement habituel de la plante du pied dû à plusieurs heures de marche, mais rien d'autre. Conquise je suis.

La crème Nok est vendue en pharmacie et parapharmacie pour environ 7€ le tube de 75ml.

mardi 8 juin 2010

De l'ambition

Je n'ai pas voulu passer un bac scientifique malgré de très bonnes notes en maths/physique quand j'étais en seconde. Si mes parents ne m'avaient pas poussée, j'aurais fait une fac de langues ou de psycho plutôt qu'un cursus prépa + grande école de commerce. D'ailleurs une fois diplômée, je n'ai pas tardé à décrocher complètement de la voie à laquelle mes études m'avaient préparée pour me tourner vers le statut précaire de travailleur indépendant et le boulot pas spécialement glorifié de traductrice. Non, je ne voulais pas décrocher un poste mirifique avec salaire idem dans une grosse boîte où je me serais sentie quelqu'un d'important. Je voulais juste ne pas avoir envie de me tirer une balle tous les matins plutôt que de me lever pour aller travailler dans un endroit où je n'avais pas ma place - et si possible, gagner de quoi m'acheter des fringues et des bouquins. Je m'en foutais d'avoir un beau CV ou pas, un statut social enviable ou pas. L'expression "jeune cadre dynamique" alors en vogue me faisait grincer des dents. Peu m'importait que mes parents puissent se vanter de ma réussite professionnelle comme ils s'étaient jadis vantés de mes bulletins scolaires. Mes priorités, c'était plutôt quelque chose du genre: découvrir qui je suis, arrêter de me saboter tout le temps, trouver un boulot qui me plaise, atteindre une forme d'équilibre, me sentir enfin en sécurité.

Vingt ans plus tard, j'ai beaucoup changé, mais je reste désespérément indifférente à toutes les choses qui motivent les gens autour de moi. Non, je ne rêve pas de me payer une Rollex avant la cinquantaine, ni une villa sur la côte avec jardin/piscine/court de tennis et une berline longue comme un paquebot, un 4x4 avec son pare-bufles ô combien nécessaire en ville ou un petit cabriolet nerveux pour faire la belle l'été, comme ceux de mes vieux potes qui travaillent dans le milieu corporatiste. Non, je ne rêve pas non plus d'écrire un roman génial qui me vaudrait des critiques dithyrambiques, un ou deux prix littéraires majeurs et gras de droits d'auteur parce que le public l'adorerait autant que les gens de la profession. Je ne crache pas sur l'argent, bien au contraire; j'aime la liberté qu'il procure. Mais mes aspirations matérielles sont somme toutes assez modestes (des chaussures, des bouquins, un ou deux aller-retour annuels pour des destinations lointaines) et je n'éprouve aucun besoin de reconnaissance. Ce blog, mes journaux de voyage, mes petits dessins et autres modestes collages, les maquillages ou les tenues que je m'amuse à composer suffisent largement à assouvir mes envies de création. Je suis très contente quand les gens avec lesquels je les partage m'en font compliment, mais ce n'est pas un moteur pour moi.

Je ne réussirai peut-être pas ma vie au sens où on l'entend généralement, mais je ne la raterai pas selon mes propres termes. Je ne laisserai pas de trace dans l'histoire de l'humanité et ça m'est bien égal d'autant que si l'humanité continue sur sa lancée, son histoire après moi risque de ne pas être très longue. Je ne gaspillerai pas mon temps et mon énergie à courir après des choses que je suis censée vouloir et dont je me fiche éperdument. Un peu par indolence sans doute, beaucoup par conviction profonde que je n'en ai pas besoin. J'essaierai, j'essaie juste d'être la meilleure personne possible sans trop me tourmenter pour les erreurs commises en chemin, car elles sont inévitables; de profiter au maximum des gens que j'aime et de consacrer plein de temps à faire des choses que je kiffe.

Puisqu'il faut l'avouer, voilà: je n'ai aucune ambition. Juste du plaisir à vivre. Et ça ne me semble déjà pas si mal.

PS: Avant que quiconque aille s'imaginer quoi que ce soit et le prendre mal, je tiens à préciser que ce post m'a été inspiré par le parcours professionnel d'un ancien pote dont je suis, avec un effarement amusé, les tribulations par statut Facebook interposé. Il est sûrement possible d'atteindre son genre de statut sans devenir puant, Soeur Cadette en est un assez bon exemple. Mais il faut dire qu'elle partait avec l'avantage de gènes remarquables ^^

lundi 7 juin 2010

Où Dumbo se fait encore un ami

Trouvé ce midi, en descendant chercher le courrier, ce mot scotché sur la porte d'entrée de l'immeuble et signé du voisin du rez-de-chaussée:


Chouchou et moi allons lui proposer gratuitement nos services de traducteurs, histoire d'être sûrs que le message passe bien :P

"Troupes secrètes de combat Momoider"

Un manga avec une couverture si... rose ne pouvait manquer d'attirer mon attention et d'éveiller ma curiosité. Une fois que je l'ai pris en mains pour le feuilleter et que j'ai découvert l'existence d'une jaquette en plastique transparent qui s'enlevait pour révéler l'héroïne en petite tenue dessous, j'étais foutue foutue foutue, obligée d'acheter "Troupes secrètes de combat Momoider" sans jamais en avoir entendu parler et sans aucune garantie que ça ne soit pas une sombre bouse.

Momo Sakura, 22 ans, mensurations de rêve et cervelle de moineau, fait partie du commando secret des Momoiders, cinq filles chargées de protéger le Japon contre le général Râ et son armée de monstres modifiés. Le problème, c'est que Momo n'a pas son permis et qu'elle arrive régulièrement sur les lieux de l'intervention une fois la bataille terminée. Ben oui, on ne circule pas vite en trottinette électrique dans les rues de Tokyo! Et le jour où ses problèmes de transport sont enfin résolus, de sévères restrictions budgétaires obligent Momo et ses collègues à devenir hôtesses déguisées dans un bar fréquenté par le gratin de l'armée japonaise...

On l'aura compris, "Momoider" n'est absolument pas un manga sérieux, mais une parodie de "Kamen Rider" et autres séries mettant en scène des groupes de super-héros en costumes multicolores. Parodie complètement délirante et très, très réussie à mon humble avis. J'ai ri aux éclats en lisant ce sympathique one-shot, alors que je ne suis même pas fan du genre dont il s'inspire - et toute personne qui a vu dans sa vie ne serait-ce qu'un épisode des "Power Rangers" ou de "Bioman" devrait en faire autant.

dimanche 6 juin 2010

Après les couleurs, les odeurs

CHOUCHOU: C'est bien d'avoir mis de la fleur d'oranger.
MOI: Gni?
CHOUCHOU: Tu sais, le parfum d'intérieur que tu viens de pulvériser?
MOI: Oui. C'est citron-basilic.

Je me demande quelle autre perception foireuse je pourrais bien découvrir chez Chouchou en cherchant un peu.

So unfair

Hier soir. Après avoir regardé le dernier épisode de la saison 3 de "Gossip girl", je suis en train de surfer sur internet en quête de spoilers pour la saison 4 quand je tombe sur une interview télévisée de Taylor Momsen, qui joue l'insupportable Jenny Humphrey dans la série.

Autant son personnage mérite des baffes, autant Taylor elle-même me fascine avec son physique sublime et son attitude rock-trashy. Quand je vois des photos d'elle à la ville, je suis à la fois hyper envieuse de ses jambes de 2m12, de sa longue chevelure platine, de ses sempiternels smoky eyes et de sa garde-robe de designer "plus-noir-tu-meurs", et un peu affolée de penser qu'elle n'a que 16 ans. Là, j'apprends qu'elle a décroché l'équivalent américain du bac il y a deux ans, ce qui permet de supposer qu'elle n'est pas totalement idiote, comme il se devrait si l'univers était un tant soit peu équitable. Oh, et qu'elle fait partie d'un groupe de rock dont elle écrit elle-même les chansons. "Naaaaan, mais c'est forcément naze, et puis à tous les coups elle a pas de voix", me dis-je, pensant toute de même que l'injustice céleste a ses limites.

...Ou pas. Ecoutez-moi ça:



Si Taylor Momsen ne fait pas de nervous breakdown à la Britney Spears et ne vire pas héroïnomane façon Amy Winehouse d'ici quelques années, je pense que je vais remplacer le nom de Vanessa Paradis par le sien en tête de ma liste d'espérances de réincarnation.


*Si "Make me wanna die" vous dit quelque chose, c'est normal: elle figure sur la BO de "Kick Ass".

samedi 5 juin 2010

"Woo-Lee et moi"

Les éditeurs français commencent à proposer de plus en plus de mangas autre que japonais, et il faut les en féliciter, car l'empire du soleil levant n'est pas le seul à produire une bande dessinée digne d'intérêt en Asie.

Je vous avais déjà parlé de l'étonnant "Kylooe", oeuvre d'une jeune auteure chinoise. Cette semaine, à l'occasion d'un passage chez Brüsel, j'ai jeté mon dévolu sur "Woo-lee et moi" de la Coréenne Sim Heung-Ah. Ce one-shot qu'on devine assez autobiographique a pour narratrice l'aînée de deux jumelles dont la mère a fait ses valises peu après leur naissance, et qui habitent dans un temple avec leur père chauffeur de bus. L'argent manque souvent. L'attention d'une mère aussi.

Comment grandir au sein d'une famille atypique dans une société archi-conformiste où la cellule familiale traditionnelle est la base de tout? Comment trouver sa place et son identité à côté d'une soeur plus volontaire et plus féminine, alors qu'on n'a aucun modèle maternel auquel se référer? Le sujet est traité avec une pudeur toute asiatique, souvent dans le non-dit. Il faut savoir déchiffrer les silences et les gestes des personnages, se laisser émouvoir par leur retenue. Moyennant quoi, on trouvera que "Woo-Lee et moi" se termine beaucoup trop vite.

vendredi 4 juin 2010

Petits riens de la semaine

- Mercredi soir, Chouchou bossait jusqu'à minuit; j'avais passé toute ma journée de repos à expédier des corvées vétérinaires et administratives; il faisait beau dehors et je n'avais vraiment, mais vraiment pas envie de rester enfermée. Alors, je suis allée dîner au Yamato toute seule comme une grande. Le miso katsu ramen, c'est peut-être pas le plat le plus raffiné du monde, mais qu'est-ce que ça vous requinque un moral un peu à plat! Surtout si un vrai Japonais vient s'asseoir à côté de vous et commande dans sa langue natale: en fermant les yeux, vous pourriez vous croire encore à Tokyo au comptoir d'un de ces boui-boui que vous affectionnez tant.

- Mon syndic a une nouvelle secrétaire. Qui s'exprime poliment, sans soupirer toutes les trois syllabes. Mieux encore: suite au coup de fil que je lui ai passé mercredi après-midi pour savoir où en était mon histoire de fourmis, un spécialiste du traitement des toitures m'a appelée jeudi matin. Je lui ai expliqué la situation; il m'a dit que du coup il n'avait pas besoin de visiter mon appartement et qu'il se rendait immédiatement à la résidence pour voir s'il pouvait accéder aux combles ou s'il devait réclamer une clé au syndic. Et puis il a promis de me tenir au courant. J'ai failli en pleurer de bonheur. Dieubouddhallah est grand (bien qu'un peu long à la détente sur ce coup-là).

- J'ai attaqué la traduction du douzième tome de Série Préférée, un joli pavé de 660 grandes pages écrit serré auquel j'ambitionne de faire la peau en deux mois et demi malgré une surabondance de scènes de sexe bien elliptiques qui risquent de me donner du fil à retordre. Une journée de travail normale telle que je l'ai définie pour l'occasion produit un peu plus de 50 000 signes français (52 800 hier). Glups. Va pas falloir mollir en chemin. Les fans attendent la sortie du bouquin, et j'ai des factures de véto à payer, plus la SNCF et diverses compagnies aériennes à engraisser. L'été 2010 sera studieux, qu'on se le dise!

jeudi 3 juin 2010

Allez, il faut manger maintenant...

Depuis qu'elle a été soignée pour sa cystite, Scarlett ne s'alimente plus. Elle renifle la nourriture qu'on lui présente, la lape une ou deux fois puis tourne le dos et part s'isoler dans un coin de l'appart'. Nous avons même essayé de lui donner du thon en boîte: elle s'en fout, ça ne l'intéresse pas. Il semble qu'elle continue à boire, mais elle a déjà bien maigri. Le vétérinaire à qui nous l'avons amenée hier lui a fait une analyse de sang dont les résultats se sont révélés très convenables pour un chat de son âge, puis une piqûre de cortisone - traitement qui avait eu un effet spectaculaire sur Copernique l'an dernier après sa propre cystite et la crise de prostration qui avait suivie. Mais apparemment, Scarlett n'y réagit pas. Et je me demande si je vais devoir regarder mon chat d'amour, avec qui je vis depuis 14 ans et demi, dépérir et se laisser mourir de faim.

Feel-good songs

Vous savez, ces chansons qui vous donnent une envie irrésistible de danser avec vos tartines si vous les écoutez le matin au saut du lit; celles qui vous aident à vous secouer les jours où vous êtes d'humeur gloomy et où tout est bon à prendre pour vous arracher à votre marasme. Voici les miennes:

- Suffragette City (David Bowie)
- The impression that I get (The Mighty Mighty Bosstones)
- Welcome to the jungle (Guns n' Roses)
- Two spaces (Frank Black)
- Grace Kelly (Mika)
- Holiday (Green Day)
- I love rock n' roll (Joan Jett)
- Somebody told me (The Killers)
- Glorious (Andreas Johnson)
- This is us (Emmylou Harris & Mark Knopfler)
- Jesus he knows me (Genesis)
- Les tournesols (Marc Lavoine)
- Goldorak est mort (Les Fatals Picards)

...Cherchez pas la cohérence, y'en a pas.

Et parce que le jeudi est le jour le plus difficile de la semaine (enfin je trouve), je vous fais cadeau de la moins connue du lot:



La semaine prochaine, je vous fais la liste des chansons que je passe pour m'achever quand je suis déjà au fond du trou.

...Non, je déconne.

mercredi 2 juin 2010

Si c'est assez bon pour Jésus...

Il y a plus de dix ans, j'avais cassé ma tirelire pour m'offrir ce superbe blender KitchenAid, la Rolls de sa catégorie, si beau avec ses chromes rouges et soi-disant d'une robustesse légendaire.
...Mais apparemment pas aussi légendaire que ma maladresse/blonditude/poisse (rayez les mentions inutiles, if any). A la 4 ou 5ème utilisation, j'ai voulu piler de la glace avec mon joli blender. Qui s'est mis à tousser comme un moteur de 2CV en fin de course, a dégagé une affreuse puanteur de caoutchouc brûlé et défunté dans un dernier hoquet.
Au prix de la bête, j'étais légèrement énervée. Je ne me souviens plus pourquoi je n'ai pas fait jouer la garantie, mais j'avais sûrement une bonne raison (genre: pas de voiture pour retourner chez Connexion où je l'avais acheté).
Du coup, pendant dix ans, le blender KitchenAid ruineux et ruiné a trôné sur mon buffet tel un vulgaire bibelot tandis que je cherchais comment le recycler. En le remplissant de M&Ms? Je ne mange pas de bonbons. En y fourrant une Barbie pliée en deux? J'en avais déjà enfermé une dans une cage à oiseaux suspendue aux poutres de ma mezzanine.
Et puis Guapa est arrivé à Bruxelles, et la folie des smoothies s'est emparée de moi. J'ai voulu un blender pour m'en préparer à la maison cet été. J'ai cherché un peu dans les magasins et sur internet: tous les modèles en vente étaient moches et chers. Enfin, beaucoup plus moches et à peine moins chers que mon KitchenAid.
Alors, dans un acte de foi aveugle, j'ai essayé de le rebrancher et d'appuyer sur le bouton "marche".
Me croirez-vous si je vous dis que ça a fonctionné?
Un moment, la perplexité l'a emporté sur la joie. Que...? Comment...? Pourquoi...? M'avait-on caché qu'à l'instar des trolls donjonnesques, les appareils KitchenAid étaient dotés d'une fonction régénération?
Puis j'ai réalisé que c'était le lundi de Pâques.
Apparemment, l'amour de Dieu s'étend aussi aux robots ménagers.