mardi 28 septembre 2010

Sinusoïdale

Pour résumer une longue quête, hier dans le courant de l'après-midi, j'ai réussi à obtenir pour mon père des patchs de morphine censés, en diffusant leur principe actif de manière légère et continue, éviter les crises de douleur aiguë provoquées spontanément par sa tumeur. Grâce à ça, mes parents ont pu passer une vraie nuit de repos pour la première fois depuis des semaines. Toute la journée d'aujourd'hui, mon père était ensuqué par la morphine et il a passé le plus clair de son temps allongé sur le canapé, mais par rapport à ce qui avait précédé, c'était une véritable délivrance. Je nous ai crus sortis d'affaire.

Erreur.

Ce soir, j'étais sur Skype avec Chouchou en train de me féliciter de ce bon résultat quand mon père s'est mis à hurler. J'ai couru voir ce qui se passait. En essayant d'aller aux toilettes (et donc en forçant activement sur le site de sa tumeur), il s'était déclenché une crise fulgurante. Un truc horrible. Il a hurlé et hurlé pendant une vingtaine de minutes. C'est fou ce que ça peut sembler long, une vingtaine de minutes, quand vous ne pouvez que répéter que vous chercherez une solution à ce problème-là dès le lendemain.

A la fin, n'y tenant plus et comme le bâtonnet de morphine qu'il suçait en supplément du patch ne semblait faire aucun effet, j'ai voulu appeler SOS médecins. Là, mon père s'est mis à délirer, à pleurer et à supplier qu'on ne l'envoie pas à l'hôpital. Il a sangloté qu'il préférait mourir chez lui parmi les siens que de se retrouver à la merci des médecins qui ne lui faisaient que du mal. J'étais déchirée, partagée entre l'envie de respecter sa volonté et la certitude que sa douleur serait beaucoup mieux prise en charge à l'hôpital. Il souffrait tant que son visage était méconnaissable.

Bientôt il s'est mis à balbutier qu'il était puni, qu'il était puni et que ma mère savait pourquoi (tête perplexe de ma mère au-dessus de lui). J'ai essayé de lui dire que la justice immanente n'existait pas et que de toute façon, personne ne méritait de souffrir à ce point. Peine perdue: il était au-delà de toute raison. Il s'est mis à appeler ses petits - mes neveux, donc - en sanglotant qu'il ne les reverrait jamais, qu'on les lui avait enlevés, que tout le monde l'abandonnait, que ça lui brisait le coeur de voir la grande maison de ma soeur vide comme s'ils n'avaient jamais existé. Ne pas lui dire, à cet instant, qu'ils seraient tous de retour dans un mois est l'une des choses les plus difficiles que j'aie faites de ma vie. J'étais complètement désemparée et incapable de déterminer la meilleure conduite à suivre. Je ne me débrouille pas trop mal dans l'action, mais en psychologie je suis zéro.

Au bout de cinquante minutes, la crise s'est enfin apaisée. Et je me retrouve avec une nouvelle mission pour demain: dénicher un laxatif plus efficace, mais qui contrairement à l'actuel ne fasse pas mal au ventre de mon père. Le tout en essayant de ne pas céder à la peur panique que m'inspire cette maladie et qui fait qu'en douce, je m'examine les grains de beauté ou me palpe les aisselles cinquante fois par jour avec l'envie de m'écrouler en hululant ma propre terreur. Si ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, je vais rentrer à Bruxelles le 12 octobre capable d'arrêter des balles d'un seul regard.

lundi 27 septembre 2010

La longue nuit

Son état s'est beaucoup détérioré depuis une semaine.

Il n'a pas pu venir me chercher au terminus du métro. C'est un de ses copains de chasse qui s'en est chargé pour lui. Quand j'arrive à la maison, il me semble qu'il a blanchi et rétréci de moitié depuis le dimanche précédent. Les traits tirés, les paupières à moitié closes par la fatigue accumulée, il m'ouvre les bras avec un pauvre sourire. Je le serre contre moi; il n'est pas plus épais qu'un enfant. Si frêle, si fragile.

...Surtout contenir l'émotion, ravaler la boule dans la gorge, ne pas se mettre bêtement à pleurer. Je suis là pour apporter du soutien logistique mais aussi de l'énergie positive. C'est pas le moment de se transformer en chiffonnette.

Il a déjà fait deux crises ce jour-là. Un peu avant le dîner, une autre menace mais reflue sans avoir fait trop de mal. La "vraie crise" se manifeste vers 21h. Il va s'allonger dans son lit, et là, au lieu de m'enfermer dans ma chambre en mettant des boules Quiès comme j'en meurs d'envie pour ne pas l'entendre crier, je le suis dans sa chambre. Je me mets à genoux à son chevet, je me serre contre son dos et je lui caresse l'épaule en lui murmurant des choses gentilles à l'oreille. Encouragée par mon exemple, ma mère vient se percher de l'autre côté du lit, et nous faisons salon là pendant une heure et demie, le temps que ça redescende.

Je vais me coucher fière de moi. Si ça se trouve, avec de l'amour et du courage, on peut tenir le pire de la douleur à distance. Mais peut-être que je m'illusionne sur le pouvoir du câlin; peut-être que ce n'était juste pas une grosse crise. Demain, je l'emmène chez la remplaçante de son généraliste pour demander quelque chose de plus fort contre la douleur. Il ne commence la radiothérapie que dans une semaine, et les rayons ne sont censés le soulager qu'au bout d'une quinzaine de jours. Je doute qu'il tienne si longtemps.

Vers 5h et demie, je suis réveillée par des râles. Cette fois, ce n'est pas la tumeur qui lui fait mal. La morphine qu'il prend le constipe malgré les laxatifs; il ne parvient plus à aller aux toilettes, pas même pour uriner, et il souffre affreusement du ventre. Câlin, caresses dans le dos, mots d'amour encore. Mais à partir de là, la douleur s'installe pour ne plus le lâcher. Aucun de nous trois ne ferme plus l'oeil du reste de la nuit. J'ai mal aux genoux et un sérieux déficit de sommeil accumulé ces derniers jours.

Là, j'attends 9h et l'ouverture du secrétariat douleur de la clinique où consulte son chirurgien. Je voudrais l'y emmener dès qu'il sera transportable. D'une façon ou d'une autre, il faut que je lui trouve une solution aujourd'hui.

dimanche 26 septembre 2010

"Grandir"

Les interventions de Sophie Fontanel à la télé ne m'ont pas inspiré de sympathie particulière vis-à-vis d'elle. Les aventures de Fonelle, qu'elle publie chaque semaine dans ELLE depuis presque dix ans, ne m'ont guère fait rire qu'au tout début. Ses "minute par minute" me laissent totalement froide. Dans les interviews qu'elle mène, on devine bien une profondeur, une sensibilité intéressantes. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est que lorsque j'ai acheté "Grandir", je n'étais pas un public conquis d'avance. Simplement, le sujet m'interpelait et les critiques plus qu'élogieuses excitaient ma curiosité.

Je me demande bien pourquoi il est écrit "roman" sur la couverture de ce livre. Car il ne s'agit pas d'une fiction mais d'un récit: celui de la prise en charge, par l'auteure, de sa mère âgée de 86 ans. Chaque page déborde d'un amour infini pour cette vieille dame qui n'arrête pas de tomber et de se casser mais ne veut surtout pas quitter son domicile, qui perd la mémoire mais garde une curiosité intacte, une immense malice et un savoureux sens de la répartie. Chaque phrase va droit à la vérité crue d'une situation à la fois humainement enrichissante et moralement épuisante. Sophie Fontanel livre un combat émouvant et raconte son expérience avec tant de tendresse affolée qu'on a envie de la serrer sur son coeur. "Grandir" est plus qu'un très beau livre, c'est un témoignage précieux sur la façon d'apprivoiser l'idée de la vieillesse et d'accompagner un proche en fin de vie. A lire absolument.

samedi 25 septembre 2010

Verre à moitié plein

Heureusement, je suis en train de bosser sur une trad hyper agréable et pas trop difficile. Et quand j'ai contacté l'éditrice pour lui expliquer les circonstances et la prévenir que, peut-être, je lui rendrais mon boulot en retard, elle m'a répondu dans les 5 minutes: "Tu prends tout le temps dont tu as besoin; je m'arrangerai." J'imagine que ça paye d'avoir une réputation d'infaillible ponctualité depuis 16 ans: le jour où vous avez un souci, les gens comprennent tout de suite que c'est du sérieux. Ca aide aussi de travailler pour des êtres humains décents.

Chouchou est d'un soutien sans faille. Depuis l'annonce de la maladie de mon père, il m'encourage à passer autant de temps que nécessaire auprès de ma famille. Il gère l'intendance à Bruxelles sans jamais se plaindre, passe beaucoup de temps avec moi sur Skype chaque soir, m'encourage à lui téléphoner même au milieu de la nuit si j'en ai besoin, et a proposé de prendre des congés sans soldes pour me rejoindre à Toulouse. J'ai décliné son offre, mais sentir qu'il est à fond derrière moi me fait beaucoup de bien - même s'il me manque énormément. Notre couple a connu cet été une crise qui aurait pu lui être fatale; nous voici plus soudés que jamais.

Ma mère a appris à se servir du chat de Skype. Maintenant, ce n'est plus une sonnerie de téléphone suivie d'un claironnant "Salut Zouzou!" qui m'interrompt quand je bosse, mais un bip discret suivi d'un rectangle clignotant orange au bas de mon écran. On progresse.

J'ai toujours dit que rien ne pouvait me couper l'appétit. Même en plein drame d'amour et saisie d'une envie stupide romanesque de me suicider, je n'ai jamais sauté un repas. Mais là, l'inquiétude me noue un peu l'estomac. Bilan: moins deux kilos en autant de semaines. Apparemment, quand on mange moins, on perd du poids. Dingue.

Je commence à me sentir chez moi dans la maison de mes parents. Depuis quatre ans qu'ils y habitent, je n'y avais passé que très peu de temps jusqu'à cet été: d'habitude, quand je descends à Toulouse pour des vacances, je loge chez Soeur Cadette. Les circonstances se sont chargées de mon adaptation. Désormais, il y a des produits Avène dans la salle de bain d'invités, des filtres individuels et du thé vert de printemps rapporté de Tokyo dans le placard à petit déjeuner de la cuisine.

Grâce à mes parents pour qui regarder la télé est l'unique occupation envisageable le soir, j'ai découvert Masterchef. J'aime bien.

L'avantage de séjourner dans Leurpatelin, c'est que même si je voulais, j'aurais du mal à dépenser beaucoup de sous, les commerces accessibles à pied se limitant à une boulangerie, une boucherie et un bureau de poste ouvert deux jours par semaine. (Miss Sunalee me met tout de même en garde contre les méfaits du shopping sur internet. Elle n'a pas tort: cette semaine, un soir où je m'inquiétais et m'ennuyais, j'ai commandé un coussin renard, une casquette rouge et un carnet de papier recyclé chez Red Velvet Art pour me remonter le moral.)

Et puis surtout... la peur de perdre quelqu'un qu'on aime oblige à tomber le masque de la réserve et de la distance. En 48h, j'ai dû dire à mes parents que je les aimais plus souvent que dans les 39 années et demie qui ont précédé. Hier, alors qu'elle me téléphonait en douce pendant que mon père faisait la sieste, j'ai prodigué plein de gentilles paroles de félicitations et d'encouragements à ma mère, qui en temps normal m'inspire surtout de l'agacement. Je me sens devenir plus indulgente, plus bienveillante vis-à-vis d'elle. Quant à mon père, qui a toujours considéré les épanchements affectifs comme un signe de faiblesse (obviously, je ne suis pas la fille du facteur), il m'a dit l'autre jour au téléphone qu'il était fier de Soeur Cadette et de moi, et il commence à m'envoyer des mails limite sentimentaux dans lesquels il écrit que sa famille est ce qu'il a réussi de mieux dans sa vie, et que son seul objectif désormais est de nous protéger le plus longtemps possible.

vendredi 24 septembre 2010

What a difference 24 hours can make

Hier, il faisait un beau soleil sur Monpatelin. Aujourd'hui, la température a chuté de dix degrés et il pleut - fort.

Hier matin, je me suis réveillée bien reposée et de bonne humeur en me disant que le vent du karma était peut-être en train de tourner. Ce matin, je me suis levée sans avoir fermé l'oeil de la nuit, et en craignant que le vent du karma ait forci de façon funeste.

Hier après-midi, je m'accordais une petite sortie au centre commercial voisin pour acheter quelques bricoles: la nouvelle bédé de Margaux Motin, le dernier roman de Sophie Fontanel, une huile démaquillante Séphora pour laisser à l'appartement et deux-trois produits de parapharmacie. Cet après-midi, je lutte pour m'arracher chaque mot que je traduis, pour ne pas faire trop de recherches sur les sites internet médicaux, pour cesser d'espérer un coup de fil de quelqu'un qui sait et à qui je n'aurais de toute façon rien de plus à dire, pour ne pas penser combien Chouchou me manque et me mettre à compter les jours avant qu'on se retrouve. En quatre ans de relation, jamais nous n'aurons été séparés aussi longtemps. C'est secondaire, mais ça n'aide pas à garder le moral.

jeudi 23 septembre 2010

... (2)

Je voudrais qu'on m'explique pourquoi il y a tant de salopards en bonne santé, et pourquoi mon père qui n'a jamais fait de mal à personne dans sa vie se retrouve avec une tumeur cancéreuse à l'anus et une métastase au poumon.
Oui, je voudrais bien qu'on m'explique pourquoi.

mercredi 22 septembre 2010

Où je frôle le sans-faute

Ce soir se tenait l'assemblée générale de ma copropriété. Je m'étais fixé deux missions à remplir à cette occasion: ratatiner verbalement mon syndic qui a brillé par son inefficacité ces 14 derniers mois, et convaincre les autres propriétaires de financer l'intervention du spécialiste anti-fourmis. Pour la première, j'avais des arguments béton et un discours en plusieurs points, construit et répété mentalement d'innombrables fois au cours de l'année écoulée. Remontée comme un coucou suisse j'étais. Concernant le succès de la seconde, j'avais un léger doute: en règle générale, les gens répugnent à mettre la main au porte-monnaie quand le problème présenté n'a aucune conséquence pour eux dans l'immédiat.

Pourtant, la réussite fut éclatante sur toute la ligne. Si personne ne conteste le vote des personnes présentes dans les deux mois à venir, le spécialiste anti-fourmis officiera au printemps prochain. J'attends de voir si la vieille grincheuse du premier, qui n'assiste jamais aux AG mais qui est toujours contre tout, ne va pas se manifester. Mais quand bien même, j'aurai fait tout ce qui était humainement possible pour résoudre cette affaire. Et je gage que Mr. H, qui n'a pu que bredouiller des excuses bidon incapables de masquer sa négligence, se montrera un peu plus diligent la prochaine fois qu'il aura affaire à moi. A titre de garantie, j'ai d'ailleurs pris la présidence du conseil de copropriété. Comme dirait Francis le blaireau farceur: et hop!

En sortant de chez le syndic, j'ai trouvé un message sur la boîte mail de mon portable: mon billet de train oublié à Bruxelles et posté lundi matin par Chouchou venait d'arriver chez ma tante, hourra! De retour chez moi, je me suis dit que tout ça méritait bien une pizza, et dans un grand élan de témérité, je me suis même risquée à tenter une nouvelle garniture: L'Italia, soit tomate-jambon cru-gorgonzola. Sur le coup, je n'ai pas pensé que j'aime manger les restes le lendemain matin au petit déjeuner, que je devais me lever tôt demain pour aller chez le dermato et que le fromage bleu à 8h du matin, bof. D'un autre côté, les Krisprolls/beurre salé/confiture de poire de ma maman, c'est pas pour les chiens.

Mais en parlant de dermato... Comme je passais devant ma porte d'entrée, j'ai aperçu du coin de l'oeil une liste des choses à faire cette semaine que j'avais accrochée là lors de mon précédent séjour, fin août. "22 septembre - 11h, dermato; 18h, AG de copro". Ah. Je l'avais pourtant marqué dans mon agenda à la date du 23, ce rendez-vous. Je téléphonerai demain matin à l'ouverture du cabinet histoire de vérifier, mais j'ai bien peur de devoir reporter à dans trois mois pour cause de blonditude aiguë.

L'enfer de la page blanche

Allez donc compatir au désespoir de Chouchou ici. Et puis détrompez-le. Pour un autodidacte parti de rien et qui n'a que très peu de temps à consacrer au dessin, il fait des progrès remarquables... mais je ne suis peut-être pas objective puisque je l'aimeuh :-)

lundi 20 septembre 2010

Le rapatriement secret

A peine apprenait-elle que Père devrait subir une radiothérapie, une chimio et une opération pour sa tumeur au colon, que Soeur Cadette décidait de rapatrier toute sa petite famille à Toulouse et commençait à négocier la rupture de son contrat de deux ans avec la branche américaine de la boîte pour laquelle elle travaille. Ca un peu grincé des dents du côté de sa hiérarchie: le secteur de l'armement de pointe n'est, apparemment, pas trop habitué à ce que ses travailleurs fassent passer quelque chose d'aussi trivial et secondaire que la famille avant leur sacro-saint boulot. Chacun ses priorités, et sur ce coup-là, celles de Soeur Cadette étaient très claires.

Je ne savais pas trop quoi lui dire. D'un côté, je voulais bien aller passer du temps avec les parents et les aider au maximum pendant la période difficile, et j'étais navrée que Soeur Cadette doive interrompre prématurément son aventure américaine, avec toutes les conséquences matérielles et professionnelles que cela pouvait entraîner. D'un autre côté, me partager entre trois endroits (Bruxelles, Toulouse, Monpatelin) distants les uns des autres d'une journée de train s'annonçait un poil problématique à gérer... et surtout, je savais bien que ce n'était pas ma présence qui ferait le plus de bien à Père. Pendant la semaine que je viens de passer avec Mère et lui, il n'a pas cessé de réclamer Attila et Cahouète, parfois avec des larmes dans la voix, et de rouspéter que personnellement, il était contre cette histoire de séjour aux Etats-Unis depuis le début. Et à un moment où il n'était pas là, Mère m'a confié que s'occuper de la maison de Soeur Cadette en son absence lui causait beaucoup de stress.

Donc... je ne me sentais pas le droit d'influencer Soeur Cadette, mais je suis bien contente de la décision qu'elle a prise et qui sera forcément très bénéfique à Père sur un plan moral. Le truc, c'est que pour ne pas que mes parents culpabilisent et tentent de la dissuader, elle a décidé de ne pas les prévenir de son retour mais de les mettre devant le fait accompli - ce qui va quelque peu compliquer ses formalités de rapatriement. Par exemple, elle ne peut entamer aucune démarche administrative aussi simple que faire remettre internet chez elle. Mais je donnerais très cher pour voir le visage de Père s'illuminer quand il ouvrira la porte sur ses petits-enfants qu'il n'attendait pas avant l'été 2011.

David et les garçons devraient rentrer pendant les vacances de la Toussaint, et Soeur Cadette les rejoindra un mois plus tard. Je vais donc m'organiser pour descendre à Toulouse une fois de plus en octobre avant leur arrivée, histoire de faire le relais. Après ça... finalement, il semble que nous passerons un Noël en famille. Et même si c'est motivé par des circonstances regrettables, je ne peux m'empêcher de m'en réjouir un peu :-)

dimanche 19 septembre 2010

Pour le kolkhoze toulousain, c'est niet

Ca fait des années que régulièrement, Père tente de me convaincre de venir m'installer à Toulouse pour former un kolkhoze familial. Son rêve absolu serait d'avoir une grande maison à trois étages et autant de logements séparés, ou trois maisons sur le même terrain afin que Mère et lui, Soeur Cadette, David et les enfants, et moi et mon conjoint du moment puissions vivre à proximité les uns des autres. Je connais bien des gens que la perspective d'une telle promiscuité ferait fuir en courant, mais ce n'est pas mon cas. Je suis très "famille"; Soeur Cadette et son mari figurent dans la liste de mes personnes préférées au monde, et j'ai la chance d'avoir des parents serviables et peu envahissants. Par contre, les deux autres-points clés, "maison" et "Toulouse", me posent un gros problème.

Je n'aime vivre qu'en appartement. Pas pour le plaisir d'être emmerdée par des voisins à la démarche pachydermique ou de livrer des batailles interminables avec un syndic-fantôme, mais parce que je ne me sens pas en sécurité au rez-de-chaussée (ni dans un étage supérieur au 2ème, d'ailleurs: dans le premier cas, je crains les cambrioleurs et les inondations; dans le second, les incendies). Avoir un jardin ne m'intéresse pas, et je n'aime pas non plus les grandes surfaces habitables dont l'entretien nécessite, de mon point de vue, trop de temps, d'énergie et d'argent. Par ailleurs, je ne me sens bien qu'en ville, là où j'ai toutes les commodités à portée de main et aucun besoin d'une voiture.

Quant à Toulouse... Tout le monde dans ma famille semble quelque peu étonné par le rejet épidermique qu'elle m'inspire. J'ai des excuses: j'y ai passé trois années bien bien pourries pendant que j'étudiais à Sup de Co - forcément, ça a noirci ma vision de la Ville Rose. Et puis je trouve celle-ci fort mal placée géographiquement. Il faut cinq heures de TGV rien que pour aller à Paris. Les seules choses à proximité immédiate sont les Pyrénées (super: je n'ai pas le droit de skier et je déteste le froid) et l'Espagne dont la culture ne m'attire absolument pas. Quant au shopping, si ce n'est pas la misère, ce n'est pas non plus l'extase. On trouve à Toulouse des succursales de toutes les grandes chaînes possibles et imaginables, mais jamais je n'ai réussi à y dénicher un magasin de chaussures original façon Les Anonymes ou Sacha, des librairies indépendantes aussi sublimes que Cook&Book, Sterling Books, Peinture Fraîche ou Filigranes, un concept store style de vie dans le genre de Graphie Sud, ou un lieu de bien-être enchanteur comme le Serendip Spa. Je lui concède un glacier assez exceptionnel en la personne d'Octave; un sympathique salon de thé à l'anglaise: Bapz; une chouette papeterie locale: La Mucca... et, euh, c'est à peu près tout. Si je vivais là, je m'ennuierais vite.

samedi 18 septembre 2010

Où je me mettrais bien une petite claque

Episode n°1. Novembre 2009. J'oublie mon billet Bruxelles-Monpatelin à la maison, ne m'en aperçois qu'une fois arrivée à la gare du Midi et, la SNCF étant incapable de réémettre un titre de transport pourtant dûmant payé, dois en racheter un à tarif plein. Facture: 145€.

Episode n°2. Juillet 2010. Brussels Airlines a fourbement modifié l'horaire de son vol Monpatelin-Bruxelles, qui ne décolle plus à 21h55 mais à 21h05: un changement d'un tout petit chiffre que je n'ai pas remarqué sur mon billet imprimé. Arrivée à l'aéroport à la même heure que d'habitude - donc, alors que l'embarquement est déjà terminé -, je dois rentrer en TGV le lendemain avec un billet à tarif plein acheté en catastrophe. Coût de la plaisanterie: 145€, again.

Episode n°3. Septembre 2010. Ma grand-mère n'ayant pas daigné me prévenir 3 mois à l'avance du jour où elle comptait défunter (les gens sont d'un égoïsme...), je dois pour assister à ses obsèques acheter un billet de TGV Bruxelles-Monpatelin à tarif plein daté du 12, alors que j'en avais déjà un à tarif réduit daté du 21. Oui, c'est toujours 145€.

Episode-bonus! Septembre 2010. Je m'inscris sur kelbillet.com qui met en rapport des possesseurs de billets de train non-échangeables et non-remboursables avec des gens désireux de voyager à la dernière minute pour pas trop cher. Je passe une annonce pour tenter de revendre le Bruxelles-Monpatelin du 21, que je n'utiliserai pas puisque je serai déjà dans le sud de la France. Personne ne m'ayant contactée avant le 12, j'emmène le billet avec moi au cas où. Et ce matin, effectivement, une jeune femme me contacte pour me racheter mon billet. Une jeune femme qui, bien évidemment, se trouve à Bruxelles, et avec qui il m'est donc impossible de procéder à un échange puisque mon billet et moi nous trouvons à Toulouse et qu'il est trop tard pour envisager une transaction postale. Alors que si j'avais laissé mon billet à Bruxelles, j'aurais pu le lui faire remettre par Chouchou. Montant de la bévue: 58€ déjà dépensés mais que j'aurais pu récupérer.

Episode n°4. Septembre 2010, le même jour. En vérifiant l'heure d'arrivée du Toulouse-Monpatelin que je dois prendre demain, je m'aperçois que le billet suivant dans ma pochette n'est pas un Monpatelin-Bruxelles en date du 28 courant, mais un Bruxelles-Monpatelin en date du 20 octobre. A force d'accumuler les titres de transport, j'en ai confondu deux. Comme je ne fais absolument pas confiance à la poste belge pour m'acheminer un pli en temps et heure, j'en serai donc quitte pour 21,50€ d'envoi du billet oublié par DHL.

...Suite à quoi, j'envisage de me simplifier la vie en faisant virer directement sur le compte de la SNCF la moitié de mon budget mensuel "loisirs et divers" que je ne verse pas déjà à mon véto.

vendredi 17 septembre 2010

Carte d'identité musicale

(Piqué chez Miss Sunalee & diane cairn)

Musicien que vous admirez le plus : Leonard Cohen

Groupes / artistes qui ont le plus compté dans votre adolescence (5 max.) : Daniel Balavoine, a-Ha, Marillion (période Fish), Sisters of Mercy, Fields of the Nephilim

Styles musicaux favoris : Rock, gothique, metal

Un album : "Urban solitude" d'Anouk

Une chanson : "Glorious" d'Andreas Johnson

Une oeuvre classique : Je ne suis pas sûre que ça puisse vraiment être considéré comme du classique, mais l'album "Carmine Meo" d'Emma Shaplin figure parmi mes préférés de tous les temps.

Groupes / artistes qui vous ont le plus marquée (par ordre d’apparition dans votre vie, et 15 max.) : A part Leo et les 5 cités ci-dessus pour avoir le plus compté dans mon adolescence, je n'ai pas tant été marquée par des artistes que par des albums qui ont servi de bande-son à certaines périodes de ma vie. "Au coeur de la nuit" et "Dure limite" de Téléphone pour mes deux dernières années de collège, "Brothers in arms" de Dire Straits et "Blackout" de Scorpions pour mon année de première, "Music for the masses" de Depeche Mode pour mon année de terminale, "Pop Satori" d'Etienne Daho pour mon année de prépa, "Concerto pour détraqués" des Bérurier Noir et "Houlala 2: La mission" des Ludwig von 88 pour l'été qui a suivi, "Appetite for destruction" de Guns'n'Roses pour ma première année à Toulouse, "Body Count" et "Mother love bone" des groupes éponymes pour les 14 mois passés à Aix-en-Provence, et j'en oublie sûrement.

L’artiste qui vous a le plus fascinée en live : Leo, c'te question! Tant de talent et d'humilité dans le même bonhomme, c'est juste insensé.

Plaisir coupable (3 max) : Certains titres aux paroles pourtant épouvantables de Manowar et le dernier album des L5, celui qui a fait un flop monumental. Oh, et l'intégralité de "Cats", la comédie musicale que j'ai même vue deux fois en live.

Jouez-vous (ou avez-vous joué) d’un instrument, si oui, le(s)quel(s) : Guitar Hero, ça compte? Sinon, non.

Ce que vous préférez en musique : Des guitares lourdes et un peu saturées.

Par quel biais découvrez-vous de nouveaux artistes et albums : Par le hasard le plus total, et très rarement.

Lisez-vous la presse musicale (si oui, quels magazines) : Non.

Combien de temps passez-vous à écouter de la musique : Probablement pas plus de deux heures par semaine. Ca comptait beaucoup dans ma vie quand j'étais ado et jeune adulte, et maintenant, plus du tout.

Groupe / artiste “respecté” que vous n’avez jamais supporté : Nine Inch Nails; c'est quoi cet infâme boucan?

Styles musicaux que vous détestez le plus (3 max.) : Le rap, le reggae, la techno.

Genre musical qui ne vous a jamais touchée, mais que vous ne méprisez pas pour autant : Le jazz, comme beaucoup de monde je crois.

Ce qui vous rebute le plus en musique : Les chanteurs qui vomissent ou hurlent dans leur micro.

Chanteurs que vous détestez viscéralement (5 max) : Christophe Maé, Pascal Obispo, Axelle Red.

Trois tubes que vous haïssez plus que tout (vous avez beau être pacifique, le simple fait de les entendre vous donne des envies de meurtre) : "Honesty", "Killing me softly", "So sad"

Pour finir sur une note positive, vos dernières grandes claques musicales cette année (3 max.) : J'écoute tellement peu de musique que ma dernière grande claque doit dater de l'an dernier, et c'était Sigur Ros. Avant ça, Muse.

jeudi 16 septembre 2010

Où nous passons une TRES mauvaise soirée en famille

La journée s'était plutôt bien passée. La scintigraphie dont Père redoutait qu'elle soit douloureuse ne lui avait finalement pas posé d'autre problème que, je cite, "l'injection du produit prend une heure et je me suis fait chier comme un rat mort dans le crafoutchou où ils m'avaient mis". Pendant ce temps, j'avais emmené Mère déjeuner au Paradis du Fruit et réussi à ne pas m'énerver une seule fois contre sa passivité congénitale. Nous étions rentrés à Leurpatelin en faisant un petit détour chez Cultura où je m'étais procuré la version poche de "L'encylopédie capricieuse du tout et du rien" de Charles Dantzig. Soeur Cadette nous avait rejoints pour un petit dîner à base de légumes du jardin; après ça, le reste de la famille s'était installé devant un téléfilm basé sur l'oeuvre d'Agatha Christie pendant que je commençais à rédiger un post pour résumer ces derniers jours en famille.

Je m'apprêtais à expliquer que malgré les circonstances, c'était chouette de se retrouver avec mes parents, Soeur Cadette, mon oncle, ma tante, Tomm, sa compagne et leur adorable bébé; que j'avais beaucoup aimé notre déjeuner sous les canisses d'une brasserie de village en attendant la fin de la crémation; que je me félicitais de la réussite éclatante de l'opération "Mémé à la Baille"; que je me souviendrais toujours de la descente imposée par Soeur Cadette sur le kiosque à chichi fregi dans le petit matin blême, alors que nous quittions Monpatelin pour Toulouse dans sa Lancia Delta de location; que les conversations ultra-scato de ces derniers jours m'avaient quand même bien fait marrer (après avoir écouté Père expliquer très sérieusement l'importance de laver les slips à 60° parce que sinon, les traces de pet ne partent pas, je crois que plus rien ne peut me faire mourir d'embarras). J'allais sans doute employer des expressions cucul la praline comme "réconfort d'une famille soudée face à l'adversité" et "trouver de la joie même dans la peine", avant de conclure que "le rire et l'amour sont les meilleurs médicaments du monde". Ouais, carrément.

Puis Père a senti venir une crise et il est parti s'allonger. Dix minutes plus tard, il gémissait et haletait comme une parturiente à l'agonie, répétant "Je veux mourir" en boucle quand il avait assez de souffle. C'était abominable de l'écouter sans rien pouvoir faire pour le soulager. Au bout d'une heure, n'y tenant plus, Soeur Cadette a appelé les urgences de la clinique la plus proche. Où on l'a informée que Père avait sans doute besoin d'une piqûre de morphine mais qu'il ne risquait pas de la recevoir de sitôt, les patients arrivés en fin d'après-midi se trouvant encore dans la salle d'attente. Le Samu contacté dans la foulée a seulement pu proposer de venir chercher Père en ambulance dans la mesure où nous étions incapables le transporter nous-mêmes. SOS médecins, enfin, nous a envoyé un docteur... qui, bien entendu, est arrivé juste après la fin de la crise, alors que Père refusait catégoriquement que nous l'emmenions voir son médecin traitant demain matin pour lui réclamer un autre traitement anti-douleurs vu l'inefficacité de l'Ixprim et du bête Doliprane qu'on lui a prescrits. Mais non, il n'était pas en train de délirer quelques minutes plus tôt, nous avions halluciné des oreilles. C'était juste une petite crisounette, et de toute façon, aucun médicament ne pouvait l'aider.

A ce stade-là, j'ai commencé à glapir qu'il se comportait comme un gamin capricieux et buté, que je ne passerais pas une autre soirée à l'écouter appeler la mort à grands cris et que s'il le fallait, je le traînerais chez son docteur par la peau du fondement, pendant que Soeur Cadette beaucoup plus calme menaçait néanmoins de lui couper l'accès Skype à ses petits-enfants chéris, façon "nous aFons les moyens de Fous faire céder". C'est sur ces entrefaites qu'on a sonné à la porte et que Père s'est mis à pousser les hauts cris. Déranger un médecin en plein nuit, quelle horreur! Jamais il n'avait fait une chose si honteuse de toute son existence. Il allait très bien et vraiment, il n'avait pas besoin qu'on s'occupe de lui. (Vu comme ça, inutile de se demander pourquoi son docteur habituel ne lui avait rien refilé de plus costaud que du paracétamol et de l'ibuprofène...)

Par chance, le médecin de garde ne l'entendait pas de cette oreille. Contrairement au chirurgien de Père, réputé très efficace mais apparemment peu porté sur la psychologie et la communication avec les patients, il a pris la peine d'expliquer à Père pourquoi il avait mal et surtout, ce qu'il pouvait faire pour l'éviter. Au final, ses conseils étaient plus ou moins les mêmes que ceux que Mère, Soeur Cadette et moi répétons en boucle depuis que Père a des douleurs intestinales - mais curieusement, lui, il a réussi à se faire écouter (et à refiler à Père une ordonnance avec des médicaments de niveau 3 au lieu de 2). Si quelqu'un sait où je peux trouver un caducée de contrebande, je suis preneuse. Je commence à nourrir pour la suite des opérations certaines inquiétudes sans rapport avec le diagnostic lui-même. Entre un père malade mais qui refuse à moitié de se laisser soigner et une mère incapable de lui tenir tête ou de prendre la moindre décision, les mois à venir risquent d'être funky...

lundi 13 septembre 2010

Au programme de ce soir

Quand elle n'était encore qu'une petite fille, ma grand-mère contracta la polyo. Mon arrière-grand-mère, abandonnée par son salopard coureur de mari, peinait pour élever ses deux filles avec ses modestes revenus de couturière. Afin de préserver la mobilité des jambes de ma grand-mère, en lieu de remèdes coûteux et pas forcément efficaces, son médecin de famille préconisa des bains de mer quotidiens. Ma grand-mère guérit complètement et, de ce jour, attribua à la mer des pouvoirs quasi magiques. Jusqu'à ce qu'une méchante bronchite l'affaiblisse brutalement vers la fin des années 90, elle continua à aller à la plage chaque matin, été comme hiver. A quatre-vingts ans passés, elle faisait toujours partie de la poignée de courageux que la gazette locale venait prendre en photo pour la baignade du Jour de l'An, dans de l'eau à 10 ou 11°. Mon grand-père était mort vingt-cinq ans plus tôt; ma soeur et moi n'avions plus besoin de baby-sitter depuis belle lurette, et son seul plaisir dans la vie restait ce bain de mer quotidien. Lorsqu'elle ne put plus s'y adonner, elle commença à perdre la tête et, peu de temps après, dut être placée en maison de retraite.

C'est mon oncle, seule personne se trouvant sur place lors du décès de ma grand-mère, qui s'est occupé de toutes les formalités liées aux obsèques. Sans réfléchir, il a notamment accepté que ses cendres soient répandues dans le jardin attenant au crématorium où elle serait incinérée selon ses voeux. En apprenant cela, Soeur Cadette, mon cousin Tomm et moi avons bondi: Mémé devait être jetée à la mer, c'était évident! Sa place ne se trouvait nulle part ailleurs, et sûrement pas au milieu d'un triste lopin de terre parmi de l'herbe rachitique. Elle devait se dissoudre au large de cette rade qu'elle avait tant aimée. "C'est trop tard, j'ai signé, a protesté mon oncle. Et puis, c'est illégal de répandre des cendres au bord d'une plage." Soutenue par ma frangine et mon cousin, j'ai répliqué que je m'en foutais, qu'on n'aurait qu'à faire ça discrètement du bout d'une jetée à la faveur de la nuit. Ma Mémé si droite, si honnête, si respectueuse de la loi toute sa vie durant méritait bien ce petit acte de désobéissance civile (d'autant que je ne voyais pas bien en quoi quelques poignées de cendres biodégradables allaient polluer davantage que les sacs poubelle que les estivants abandonnent dans le sable par centaines chaque année).

Il a fallu négocier un peu, mais finalement, les petits-enfants ont eu gain de cause. Ce soir, donc, ce sera penne à la bolognaise et opération commando. De saines activités familiales pour petits et grands :-)

jeudi 9 septembre 2010

Heureusement qu'ils sont là...


De ces deux créatures qui occupent toute la place dans mon lit:
- l'une descend la poubelle le mercredi et le samedi, prépare un risotto aux pleurotes et des pâtes aux chicons à damner un saint, dessine des bédés rigolotes, vient de passer toutes les soirées des deux dernières semaines à réparer successivement mon portable n°1, le PC de mes parents puis mon portable n°2 sans jamais rouspéter, et me serre très fort dans ses bras en me murmurant des choses réconfortantes quand je m'inquiète pour mon papa;
- l'autre donne un concert de miaulements tous les matins à 8 heures pétantes quand je n'ai pas encore atteint mon quota de sommeil, sème des poils partout au point que j'ai dû renoncer à porter des vêtements noirs depuis des années, vomit de préférence la nuit et de préférence là où nous allons forcément marcher pieds nus en nous levant, et dépose ses crottes non pas à l'intérieur de sa caisse mais juste devant pour manifester son mécontentement si nous avons le malheur de nous absenter trop longtemps à son goût.
Pourtant, je les aime aussi fort l'une que l'autre.

mercredi 8 septembre 2010

So long, grandma

D'habitude, la première chose que je fais en allumant mon ordi le matin, c'est aller sur Facebook, lire les statuts des copains plus lève-tôt que moi et récolter mes carottes dans Farmville.
Aujourd'hui, peut-être parce que la panne de mon HP m'a empêchée d'être joignable par Skype les deux derniers jours, j'ai commencé par relever ma boîte mail.
J'avais deux messages de mes parents. Le premier m'informait que ma grand-mère était morte pendant la nuit.
Je n'arrive pas à être triste pour elle. C'était son heure. Elle avait 93 ans (je crois), elle était quasi-grabataire et plus là dans sa tête depuis belle lurette. Je n'irai pas jusqu'à dire que sa mort est une délivrance, parce que pour ce que j'en sais, elle ne souffrait pas. Mais il me semble qu'il n'y a pas grand-chose à regretter. J'espère que ça ne fait pas de moi un monstre. Je suis contente de l'avoir vue deux fois cet été, d'avoir réussi à communiquer un peu avec elle, et je garde bien au chaud dans mon coeur plein de souvenirs d'enfance dans lesquels elle joue le premier rôle.
En d'autres circonstances, je m'autoriserais peut-être quelques larmes. Là, je pense surtout à mon père, qui a des examens médicaux importants cet après-midi, vendredi matin, mardi et mercredi prochain. Comment va-t-il caser un aller-retour à Monpatelin pour l'enterrement au milieu de tout ça? Quelles vont être les conséquences sur son moral, qui ne doit déjà pas être brillant en ce moment?
Accessoirement, mon ordi est toujours dans les choux et je ne sais pas comment je vais réussir à bosser dans les semaines à venir. Mais on va dire que c'est assez secondaire.

mardi 7 septembre 2010

Les forces du chaos se déchaînent

Ca fait déjà plusieurs mois que le portable HP sur lequel je travaille à Bruxelles a pris la sale habitude de s'éteindre brusquement sans que j'aie rien fait de spécial. Je suis benoîtement en train de bosser ou de raconter des conneries sur Facebook, et tout à coup, l'écran devient noir et le biniou s'éteint. Ou bien, il se met à tourner en boucle et je n'ai pas d'autre choix que de l'arrêter à la sauvage.

Jusqu'ici, les crises étaient assez irrégulières: parfois trois dans la même journée, puis aucune pendant plusieurs semaines. Mais hier, alors que j'étais super motivée pour travailler sur ma nouvelle trad, il s'est mis à planter toutes les quatre ou cinq minutes. Impossible de faire quoi que ce soit, et comme le Mac de Chouchou n'est pas équipé de Word et a en outre un clavier différent du mien, j'ai préféré ne pas m'énerver à tenter de bosser dessus. Le soir, Chouchou est rentré taaaard: il finissait à 22h et il avait dû faire tout le trajet de retour sous la pluie avec des essuie-glace en panne. Quand ça veut pas, ça veut pas. Il a essayé de faire un backup avant de tout réinstaller sur mon ordi; lequel a, bien sûr, planté en cours de route. Puis il a eu l'idée lumineuse de retirer la batterie et de la remettre. J'ai ensuite pu travailler une demi-heure sans difficulté et pensé que le problème était réglé.

Ce matin, Chouchou s'est levé tôt et a zoné sur des forums d'utilisateurs. Où il a appris que mon modèle de HP était notoirement défectueux, en raison d'un problème de surchauffe du processeur. Bien entendu, la garantie a expiré il y a quelques mois; bien entendu, je n'ai pas les moyens d'investir dans un Mac en ce moment (parce qu'il est hors de question que je rachète un PC après ça) et de toute façon, d'un point de vue comptable, je suis censée attendre décembre 2011 avant de changer mon matériel actuel. Bon bon bon.

N'empêche que ça avait l'air de fonctionner de nouveau. J'ai pu traduire une quinzaine de feuillets; après quoi, j'ai éteint le temps de manger, histoire de laisser reposer la bête. Quand j'ai rallumé, je n'ai réussi à faire que sept ou huit feuillets de plus avant le plantage - puis à peine un seul après avoir redémarré. A partir de là, j'ai fonctionné au rythme suivant: cinq minutes de trad, plantage, dix minutes d'attente, redémarrage, cinq minutes de trad... J'ai fini par traduire à la main pendant les périodes de repos pour recopier le plus vite possible pendant les brèves périodes de fonctionnement.

Je suis quand même venue à bout de mon quota de la journée, mais je ne vais pas pouvoir continuer longtemps à ce rythme. Chouchou m'a parlé d'un pad refroidissant qui pourrait être une solution. Ou bien, je pourrais installer Word sur son Mac. Ou bien, je pourrais ramener à Bruxelles mon ancien portable actuellement stationné à Monpatelin, et recommencer à faire mes navettes avec cinq kilos d'ordinateur en bandoulière en plus de mes valises en plomb. Je me réjouis d'avance.

Où notre brillant duo de geocaching devient limite éblouissant

Les finances étant basses et risquant de le devenir encore plus dans les mois à venir pour cause de voyages de dernière minute à Toulouse, la traditionnelle séance de shopping de samedi dernier s'est transformée en séance de geocaching. Nous sommes partis de la maison vers 14h avec les coordonnées de six caches et l'espoir d'en trouver un maximum...

La lunette de Mémé 100.000 volts nous a amenés sur la place de la Monnaie, dans un endroit riche en tentations. Mais nous sommes restés concentrés sur notre objectif. Un autre couple assis à l'emplacement des coordonnées examinait un appareil avec perplexité. J'espérais ne pas avoir à m'approcher des deux SDF très agités assis près d'une des cachettes potentielles: raté. C'est juste derrière eux que j'ai trouvé une boîte à lentilles de contact dont l'aimant menaçait de se détacher. Le logbook n'était pas facile à manipuler; nous avons dû nous éloigner un peu pour le remplir discrètement et prendre quelques photos. Nous avons été rejoints par l'autre couple, qui était bien des géocacheurs eux aussi. De passage sur Bruxelles pour la journée, ils avaient emporté une liste d'une vingtaine de caches! Ils se sont logués juste derrière nous. Sales tricheurs d'étrangers, va! Blague à part, je me doutais que nous tomberions un jour ou l'autre sur des "collègues", et c'était amusant de partager un peu nos expériences.

Nous avons ensuite mis le cap sur Ste-
Michel et Gudule, munis d'un schéma censé nous indiquer l'emplacement exact de la cache située près de la cathédrale. L'indice précisait qu'elle se trouvait dans le sol, et les coordonnées pointaient sur un gros arbre derrière lequel Chouchou n'a pas tardé à repérer une zone de terre plus foncée. "Comme si elle avait été fraîchement retournée", a-t-il dit en se préparant à s'accroupir pour creuser à mains nues. "Euh, ou comme si quelqu'un avait pissé ici récemment, non? ai-je fait remarquer. Et puis, il n'y a pas d'arbre sur mon schéma." Chouchou a marmonné, mais deux minutes plus tard, je repérais la cache dans un endroit beaucoup plus conforme aux indications fournies. Son couvercle marqué GC dépassait du sol (j'imagine que s'il y avait eu besoin de creuser, la fiche aurait précisé qu'il fallait emporter un instrument adéquat). A l'intérieur, j'ai trouvé un Travel Bug: une plaque numérotée, traçable sur internet et censée voyager vers une destination bien précise. Comme les TB ne sont pas si fréquents, j'étais toute contente... puis, la bestiole me disant quelque chose, j'ai fouillé ma mémoire (et notre profil une fois rentrée à la maison), et je me suis aperçue que j'en avais déjà eu un sous les yeux: il se trouvait dans la cache L'Hers de Rien faite à Toulouse la semaine dernière. A l'époque, ne voyant pas de quoi il s'agissait, je l'avais dédaigné en faveur d'une bête fève de galette des rois. Grrr. L'expéditrice de celui-ci souhaite qu'il soit acheminé jusque... en Pennsylvanie, ah ah. Nous le déposerons dans une géocache à Lisbonne début décembre pour le rapprocher un peu.

Etape suivante: la Cinematek. Grâce à des indications très précises, Chouchou y a trouvé du premier coup une micro-cache classique (boîte de pellicule contenant juste un logbook). Rien de bien excitant.

The Whirling Ear nous a donné beaucoup plus de fil à retordre: d'abord parce que la fontaine ainsi nommée n'est pas le point de repère le plus proche de la cache, ensuite parce que le métal présent en grande quantité dans la façade du MIM brouillait la réception de notre GPS qui nous envoyait tantôt d'un côté de l'avenue, tantôt de l'autre. Nous avons cherché longuement sans succès. Au moment où nous étions près de renoncer, Chouchou a enfin repéré l'indice visuel fourni sur le site. Dix secondes plus tard, je tenais en main une nouvelle boîte de pellicule contenant un logbook tout neuf sur lesquels nous avons été les premiers à inscrire notre nom. Je ne comprends pas pourquoi l'auteur de cette cache recommande la plus grande discrétion: elle se trouve, au final, dans un endroit assez peu passant...

Après ça, nous avons voulu nous désaltérer sur la terrasse du MIM en admirant la vue. Mauvais calcul: l'endroit était blindé de monde; une bande de djeûns clopaient comme des malades à la table voisine, et les serveurs nous ont ignoré avec beaucoup de zèle pendant une grosse demi-heure. Nous nous sommes rabattus sur un smoothie au Guapa de la chaussée d'Ixelles, avant de revenir vers notre quartier. Notre GPS arrivant au bout de sa batterie, nous sommes montés chez nous le mettre à recharger et, en attendant, nous avons filé faire nos courses hebdomadaires chez Delhaize.

Cache suivante: le musée d'histoire naturelle, juste en face de notre immeuble. Malgré un indice légèrement erroné, j'ai fini par découvrir une 3ème boîte de pellicule dans un des endroits où je l'aurais moi-même planquée si j'avais été l'auteur de la cache.

Dernière étape de la journée:
le Mur de Berlin, au fond du parc Léopold où Chouchou fait son jogging trois fois par semaine. Sous les buissons censés abriter le container, nous avons trouvé une quantité incroyable de détritus. Les gens sont vraiment dégueulasses: il n'y a pas de chemin à proximité immédiate, et venir planquer leurs déchets ici n'était certainement pas plus rapide ni facile que de les jeter dans une poubelle. Par ailleurs, les abeilles étaient légion dans le coin, et ni Chouchou ni moi n'avions envie de nous faire piquer. Nous étions sur le point de déclarer forfait quand, me retournant une dernière fois, j'ai aperçu une cavité qui m'avait échappé jusque là. Chouchou y a courageusement plongé la main... et en a sorti une boîte de Ricoré entourée de scotch bleu, hourra! Ce qui nous a donc fait du 100% de réussite sur cette sortie. Estimant que nous avions bien mérité une petite récompense, nous nous sommes dirigés vers la Maison Antoine où nous avons fait la queue trois quarts d'heure pour acheter des cornets de frites - mayonnaise pour Chouchou, et ketchup pour moi, parce que gras + gras, c'est mal: je préfère faire gras + sucré. C'est important de varier son alimentation ^^

lundi 6 septembre 2010

Troc party chez Ingrid

Hier après-midi, nous nous sommes donc retrouvées chez Gridou pour une troc party. Outre la maîtresse de maison et moi-même, il y avait là Sara, Céline, Astrid, Hélène (Ln de Bruxelles) et Marie (Mmarie). Chacune avait apporté des vêtements, des chaussures, des produits de beauté ou de maquillage, mais aussi des accessoires, des bijoux ou de petits objets de déco en bon état dont elle n'avait pas l'utilité personnellement, plus de bonnes choses à manger ou à boire.

Après un mini "apéro" (saucisson, olives vertes, madeleines au chocolat arrosés de soda ou de vin rouge), nous avons débarrassé la table du salon pour y étaler tous nos petits trésors. Les vêtements ont été disposés sur le dossier des sièges et les chaussures sur le tapis, et les questions ont commencé à fuser: "Qui chausse du 36?", "A quoi il sert, ce fard gras blanc?", "Tu es sûre qu'il sent le pain d'épices et pas le speculoos, ce parfum?". J'ai récupéré un flacon de solution à lentilles pour Chouchou, un adorable petit monstre en tissu que j'ai aussitôt accroché à mon sac à main, un pot de Doigts de Fée Lush qui tombe à pic car j'ai presque fini le mien, un flacon de vernis Express Finish Maybelline du genre de rouge pétant dont j'aime peindre mes orteils, une palette de quatre fards à paupières Cargo Toronto, un gel douche au basilic et au citron, une paire de ballerines chinoises en satin bleu marine, une figurine d'un des nains de Blanche-Neige que je destine au geocaching et un poche de Philippe Delerm, parfait pour lire dans le train la prochaine fois que je descendrai à Monpatelin.

Puis nous sommes passées aux plats de résistance: du cambozola (un sublime fromage italien genre gorgonzola mais plus doux) avec du pain aux céréales, du raisin blanc et des petites poires; des figues au chèvre et au miel; une tarte au chocolat et aux noix et une autre aux fruits rouges. Tout en papotant chats, bouquins ou concerts, nous avons procédé aux essayages nécessaires. Comme je m'en doutais, ma jolie robe en tricot gris Urban Outfitters achetée à Copenhague il y a deux ans, et qui me donnait l'air d'un Bibendum, était ravissante sur Hélène à qui elle donnait une allure folle. Sara a essayé et adopté ma jupe en jean asymétrique Plein Sud, ainsi que de jolis escarpins peep-toe en satin bleu canard trop étroits pour moi et les low boots en cuir vernis rouges que j'avais rapportés de mon deuxième voyage au Japon. Les fards Chanel qui ne tiennent pas sur moi, les bases de teint que j'ai la flemme d'utiliser et les vernis dont la teinte faisait doublon dans ma collection ont eux aussi trouvé preneuse. Nous avons décidé de donner ce qui restait aux Petits Riens (clients de la société pour laquelle travaille Ingrid, qui se chargera de transmettre). Vers 19h30, nous nous sommes séparées le ventre plein et le sac aussi - mais pas des mêmes choses qu'à l'aller! Une opération très sympa, à reconduire dans six mois le temps de reconstituer les stocks.

Le compte-rendu de Gridou est ici.

dimanche 5 septembre 2010

Who needs an alarm clock when you've got a cat?

"Tout le monde devrait connaître l'anthropologie", m'expliquait très sérieusement Scarlett ce matin. Comme je n'avais pas l'air de comprendre, elle s'est fâchée. Ses prunelles bleu vif ont lancé des éclairs et elle s'est mise à hurler: "MIW! MIW! MIW! MIW!"

J'ai ouvert des yeux encore embrumés de sommeil. A moins de dix centimètres de mon visage, Scarlett miaulait en boucle, exigeant que je me lève pour lui servir des boulettes de viande, et plus vite que ça. J'ai jeté un coup d'oeil au réveil: il était 7h58.

Je ne comprends pas pourquoi, après toute une vie de parfait silence matinal, mes chats ont décidé depuis quelques mois que je DEVAIS me lever à 8h pétantes. Ou elles ont appris à lire l'heure dans mon dos, ou elles ont une horloge interne super efficace, parce qu'elles se manifestent toujours au même moment, à quelques minutes près.

"Our tragic universe"

Comme l'héroïne de l'excellent "The end of Mr. Y" - et comme, j'imagine, Scarlett Thomas elle-même -, Meg Carpenter est une grande loseuse des relations de couple, une éternelle fauchée obligée de compter le moindre penny et, accessoirement, une littéraire qui se passionne aussi pour les sciences. Hélas, la ressemblance entre les deux romans s'arrête ici. Les délires métaphysiques de "The end of Mr. Y" se basaient sur une vulgarisation talentueuse et un scénario d'une grande originalité; ceux de "Our Tragic Universe" sont totalement tirés par les cheveux et, mélangés aux dérives sentimentales de personnages dont il est impossible de se soucier, manquent de structure autant que d'enjeu.

J'imagine que le succès mérité de "The end of Mr. Y" avait placé la barre très haut, trop haut sans doute, car "Our tragic universe" est un plantage monumental à tous points de vue, un roman de plus de 400 pages dont pas une seule ne vient racheter les autres. Alternant les conversations fumeuses qui semblent être autant de moyens pour l'auteur de recycler ses théories personnelles sur l'écriture, avec des considérations d'un ennui abyssal sur les habitudes domestiques de son chien ou la meilleure méthode pour tricoter des chaussettes (I kid you not), c'est un de ces rares livres dont il n'y a vraiment rien à sauver. Filles à grosse PAL, vous pouvez passer votre chemin. Les autres aussi, d'ailleurs.

samedi 4 septembre 2010

Lilicup

Pour son anniversaire en avril dernier, Wééééé avait commandé plusieurs grandes boîtes remplies de cupcakes aux parfums variés. Même moi qui ne suis pas très sucré et que le glaçage écoeure vite, je les avais trouvés délicieux. "Ils viennent d'une nouvelle boutique qui a ouvert récemment au Châtelain, et qui fait aussi salon de thé", m'avait dit Wééééé. Depuis, Chouchou et moi nous promettions d'y faire un tour. Oui mais voilà, dans le quartier nous avons déjà nos habitudes de goûter au Cha Yuan, plus proche de la Sainte Trinité Les Anonymes - Peinture Fraîche - Rose; de sorte qu'il nous aura fallu quatre bons mois et la venue de mon ami Philou pour nous décider enfin à pousser jusqu'à la rue du Page à l'heure du goûter.

Outre ses cupcakes, Lilicup propose donc des scones assez fantastiques avec de la crème fouettée et des confitures maison pas dégueu non plus, mais aussi de la limonade bio très peu sucrée à différents parfums (entre autres, fleur d'oranger, mmmmh!) et du thé de chez... le Cha Yuan. La boutique n'accueille que quelques tables, dans un décor qui gagnerait à être un peu plus travaillé de mon point de vue, mais le samedi où nous y sommes allés, il faisait un temps exceptionnel, ensoleillé juste comme il faut, et nous avons pu nous installer sur la minuscule terrasse pour un petit moment de bonheur gourmand comme on aimerait en vivre plus souvent. Attention: en fin de journée, il ne reste pas forcément beaucoup de choix de parfums. Mais c'est un endroit sympathique où nous retournerons sans aucun doute.

Lilicup
65 rue du Page
1050 BRUXELLES
Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 17h, et le samedi de 10h à 18h

jeudi 2 septembre 2010

...

Personne n'a encore prononcé le grand méchant mot en C.
Pour l'instant, le gastroentérologue a juste dit "nouvelles tumeurs à l'endroit où nous avons opéré en janvier 2009". Il a dit "scanner et IRM pour vérifier qu'il n'y a rien dans le thorax". Il a dit "chimiothérapie pour réduire les tumeurs", puis "éventuellement chirurgie pour retirer le morceau d'intestin touché". Et il a aussi dit: "comme c'est situé très bas, anus artificiel, sans doute".
En attendant le résultat des examens, je retiens mon souffle.
Je ne veux pas perdre mon papa.

Où notre brillante carrière de géocacheurs décolle brusquement

Jeudi dernier, pour notre dernier jour dans le Midi de la France, nous avons voulu aller manger dans un des restos situés au bord des plages de mon enfance... et en profiter pour "faire" les deux géocaches planquées chacune à un bout de la rade.

La première était réputée si facile que certaines personnes l'avaient découverte sans la chercher! Mais nous avons eu beau patauger dans l'eau pendant près d'une demi-heure, nous n'avons pas réussi à la trouver sous le tablier de la passerelle qui était censée l'abriter. Chouchou a suggéré qu'elle était peut-être, en fait, sous le pont-levis du fort voisin. C'est ainsi que nous nous sommes fait rappeler à l'ordre par une dame qui nous a informés assez sèchement que ceci était une installation militaire et que nous n'avions rien à faire dans son enceinte. Oups. Nous sommes repartis bredouilles.

(Plus tard, en retournant sur internet pour mieux regarder la fiche correspondante, nous nous sommes aperçus que cette cache n'avait pas été trouvée depuis février dernier. Nous avons signalé notre échec, et dès le lendemain, le créateur confirmait que la cache n'existait plus. Ca aurait été sympa de le mentionner avant...)

Pour obtenir les coordonnées de la cache suivante, il fallait résoudre une énigme sur laquelle pas mal de gens s'étaient cassé les dents. Nous y sommes parvenus très vite: en fait, elles étaient planquées parmi les numéros de série d'une cabine téléphonique. Nous les avons entrées dans notre GPS, qui nous a conduits jusqu'à un muret en bois dont seuls les poteaux pouvaient dissimuler quelque chose. Malheureusement, les estivants les avaient déjà bourrés de détritus en tous genres: mouchoirs en papier usagés, mégots de clopes, canettes vides, j'en passe et des meilleures. Nous avons transporté pas mal des détritus en question vers la poubelle la plus proche, mais lorsque j'ai manqué me couper la main sur un tesson de bouteille, j'ai jugé préférable de ne pas insister. Nous étions assez déçus d'échouer si près du but. A refaire en hiver, sans doute...

A ce stade, nous nous sentions un peu découragés. Pas assez, cependant, pour ne pas remettre ça dès le samedi à Toulouse où nous nous étions rendus pour fêter l'anniversaire de Père. Après un déjeuner en famille à l'Entrecôte, nous avons donc poussé à pied jusqu'au jardin Compans-Caffarelli situé à côté de mon ancienne école. Mais une fois de plus et malgré l'aide de mes parents, nous avons fait chou-blanc aux abords du jardin zen.

Heureusement que, dix petites minutes de marche plus tard, la cache de la basilique St-Sernin est venue nous remonter le moral. Elle était bien indiquée et astucieusement planquée dans un tube en métal dévissable:


Il s'agissait d'une micro-cache (taille 1) ne contenant qu'un tout petit logbook - un peu moins motivante qu'une cache de taille 2 ou supérieure contenant de menus "trésors". Le lendemain, c'est donc en quête de boîtes dignes de ce nom que nous sommes partis dans la Mégane paternelle. Au bord de l'Hers, un ruisseau boueux bordé d'un côté par la rocade et de l'autre par de surprenants jardins ouvriers, Père et Chouchou ont risqué de boire la tasse en dévalant une berge très pentue pour localiser ceci:


Puis direction le village de Launaguet, où une autre cache du même type était dissimulée dans le parc du château qui abrite la mairie. Nous avons eu la surprise de tomber sur une expo de vieilles Jaguar qui nous a donné l'occasion de prendre quelques photos sympas de Régis avant de nous mettre véritablement en chasse. Mes sandales Camper et les sandales Méphisto de Mère étant peu adaptées à la fouille d'un sous-bois plein de ronces, les hommes s'y sont collés une fois de plus - et c'est Père qui a fini par découvrir un container de plastique semi-opaque que j'ai immédiatement reconnu comme provenant de chez un célèbre marchand de meubles en kit suédois:


Père avait dû se prendre au jeu, car il a déploré que nous n'ayons pas emporté les coordonnées d'une troisième cache. "On avait le temps d'en faire une de plus", a-t-il dit. Une autre fois, sûrement!

Nous aurons donc cherché 13 caches durant notre semaine de vacances, et trouvé seulement 5 d'entre elles. Mais nous commençons à prendre le coup, je crois. J'ai déjà déterminé que les micro-caches ne m'amusent pas beaucoup, que par contre j'aime me creuser la tête sur des énigmes, et qu'à partir d'un terrain coté 2 sur 5, mieux vaut être en baskets pour bien chercher. Dès notre retour à Bruxelles, j'ai dressé une liste de caches à "faire" dans notre quartier. Croyez-le ou non, il y en a une juste de l'autre côté de la rue, quasiment en face de notre immeuble!

mercredi 1 septembre 2010

Rentrée 2010: envies et projets

- Voir la fin de la saison 3 de "True Blood" et la fin de la saison 3 de "The Big Bang Theory" (puis enchaîner sur la 4 qui vient de commencer aux USA). Rattraper la 4ème et ultime saison de "Ugly Betty" et la 6ème de "Desperate Housewives". Télécharger au fur et à mesure les nouvelles saisons de "How I met your mother" et "Gossip Girl". Eventuellement, tester "Docteur Who" version 2000s dont j'entends tellement de bien de tous les côtés.

- Au cinéma, ne pas manquer "Eat, pray, love", "The Runaways" et "L'arbre".

- Côté bouquins, finir la trilogie "Kushiel" et lire "The wonder", le nouveau Diana Evans dont j'avais adoré "26a" et "L'amour est à la lettre A" de Paola Calvetti dont une libraire m'a juré sur la tête de toute sa descendance qu'il était génial malgré son titre cucul. Acheter, peut-être, "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit" de Fabio Viscogliosi. Et essayer la série "Spellman et Associés" de Lisa Lutz, mais en VO. (Voilà, je ne mets aucun lien pour ne tenter personne; satisfaites, les filles à grosse PAL?)

- Aller boire un cocktail au bar d'un hôtel chic pour sortir mes salomés Pura Lopez à talons de 12 qui, franchement, tuent leur mémé.

- Chercher des billets d'avion pas trop chers pour aller fêter mes 40 ans au Texas avec Soeur Cadette et sa petite famille en mars prochain. En mai, mes parents ont voyagé depuis Toulouse en classe business pour à peine plus de 500€ par personne avec juste une escale à Madrid - le rêve!

- Dégoter un manteau noir de forme redingote, un peu comme celui-là mais bien épais et de bonne qualité pour qu'il me fasse plusieurs hivers.

- Trouver une bonne recette pour préparer le saumon frais sans crème.

- Réaliser un album avec toutes mes mosaïques mensuelles de l'an dernier, et en préparer un autre avec mes mosaïques de cette année.

- Finir mon carnet de portraits de chaussures, ou en tout cas, le mettre à jour en croquant et en aquarellant toutes les paires que je possède déjà, avant la fin de l'année.

- Continuer à faire pleiiiiin de geocaching à Bruxelles, mais aussi à Londres et à Lisbonne même si le temps nous sera compté.

Et vous, des envies particulières pour cette rentrée 2010?