mardi 30 novembre 2010

Novembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 2: Où je pars en pèlerinage sans quitter ma chaise

Expliquer le principe du séminaire serait trop long, et je ne suis sûrement pas la personne la plus qualifiée pour le faire. Mais en gros, le but est de visualiser des situations bien précises et de laisser notre intuition nous révéler des choses auquel notre esprit rationnel n'a pas accès, ou d'utiliser des images mentales pour agir de façon bénéfique sur le corps.

Nous nous lançons dans une série d'exercices pratiques. Au début de chacun, nous fermons les yeux et comptons à rebours depuis trois en expirant sur chaque chiffre. Puis la voix de Catherine guide notre imagination. Elle commence par nous demander de nous enfoncer dans notre corps et de dire ce que nous ressentons. Les autres éprouvent de la sérénité, une impression de calme et de complétude, ou bien ils se sentent juste un peu lourds et somnolents. Moi? "Je suis en train de pourrir de l'intérieur." Bien bien bien. Au moins, ça donne le ton. Voyons la suite...

"Vous partez de chez vous pour faire un pèlerinage. Vous traversez différents climats. Quels sentiments éprouvez-vous? Savez-vous où vous allez?"
Comme je ne suis pas religieuse pour deux sous - nous l'avons vu hier... - le terme "pèlerinage" n'a guère de sens pour moi. J'ai plutôt l'impression de partir en quête comme Frodon pour détruire l'Anneau Unique. (Quand je raconte ça pendant le debriefing, j'ai droit à 17 regards vacants. Personne ici n'a jamais entendu parler de LOTR. Diantre.) Mes sentiments? J'veux pas y aller! Le Mordor, c'est gris, c'est moche et c'est plein de monstres dégueus! Je déteste être exposée aux éléments et les bretelles de mon paquetage me scient les épaules. Je regrette de ne pas avoir pu rester chez moi, bien au chaud et en sécurité.
(Je pense que ça se passe d'interprétation...)

"Vous arrivez à un carrefour sans indications. Quelle direction prenez-vous? Pourquoi?"
Je vois un carrefour avec les quatre points cardinaux. Je voudrais aller à l'est (exotisme!) ou à l'ouest (excitation!). Mais mon sens du devoir me pousse vers le nord. Je ne veux pas y aller. J'y vais quand même. Pour une fois dans ma vie, je me dis que je ne vais pas choisir le chemin de la facilité ou du plaisir.
(C'est fou à quel point tout ceci se passe bien de sous-titrage, vous ne trouvez pas?)

"Au bout d'un moment, vous vous sentez perdu. Vous plantez vos pieds dans le sol et vous grandissez jusqu'à avoir la tête dans les cieux. Puis vous reprenez votre taille normale. Quel changement constatez-vous? Souhaitez-vous changer de direction?"
Je réalise que si je continue à marcher toujours tout droit, je vais finir par sortir de ce paysage glaciaire. Et parce que la Terre est ronde, parce que la vie est un éternel recommencement, je suis condamnée à repasser par ici tôt ou tard. Damned.

"Restez sur place et éprouvez une sensation de possibilités infinies. Comment réagissez-vous?"
Je me dis que peu importe dans quelle direction je marche: si tout est circulaire, tous les chemins se valent. Ce qui n'est pas DU TOUT ce que je crois réellement. Choisir d'être Adolf Hitler ou choisir d'être l'Abbé Pierre, non, ce n'est pas la même chose. Perplexe je suis.

"Vous vous remettez en route. Qui est la première personne ou créature vivante que vous rencontrez en chemin?"
J'essaie plus ou moins consciemment de conjurer des visions de village lapon festif, voire d'igloos, d'ours blancs ou de phoques. Et ce qui apparaît devant moi sur ma droite...
...C'est un hippopotame mauve.
Nous defriefons. Tous les autres participants sont plus ou moins en train de folâtrer dans une campagne riante pendant que je me gèle le cul sur la banquise. Une dame dans le fond rencontre son partenaire et fait un bout de chemin main dans la main avec lui. La journaliste flamande s'émerveille du vol d'une libellule. Claudia voit une colombe se poser sur sa main. Une autre participante est abordée par un renard doué de parole. La personne en face de moi aperçoit un aigle dans le ciel.
...Et moi, je tombe sur un hippopotame au Pôle Nord.
Après, on s'étonnera que ce soit le bordel dans ma tête, hein?
Sans déconner.

(...A suivre)

lundi 29 novembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 1: Où je me fais remarquer tout de suite, et pas en bien

Vendredi, samedi et dimanche, je me suis donc enfermée une grande partie de la journée avec 17 autres personnes dans la salle de yoga du Serendip Spa. Claudia, la maîtresse des lieux, avait concocté une de ces décorations élégantes et festives dont elle a le secret. Des théières pleines de tisane maison apaisante ou détoxifiante nous attendaient en fumant sur le comptoir, près d'un panier de mandarines et de coupes débordant de petites douceurs. Malgré le froid, j'avais mis une jolie jupe et des babies pour venir à pied, et j'avais aimé ce sentiment d'aller faire quelque chose quelque part pendant toute la journée, un peu comme une salariée qui se rendrait à son bureau. Je ne suis pas sûre que ça me plairait si je devais le faire tous les jours, mais là, ça me changeait un peu.

Et de changement, c'était justement ce dont j'avais besoin.

Les autres "étudiants", devais-je découvrir tout au long de ces trois jours, formaient un mélange délicieusement hétéroclite. Il y avait là une jeune et ravissante journaliste beauté du magazine flamand Feeling; une dame portugaise d'âge mûr que j'avais déjà croisée dans des cours de yoga; un petit monsieur chauve, rondouillard et très doux au prénom hispanique; une mère de famille irlandaise installée aux Pays-Bas avec son mari néerlandais qui s'est révélée être la personne la plus incroyablement énergique et positive que j'aie rencontrée de toute ma vie; un couple d'immenses trentenaires blonds comme les blés, originaires de Lettonie; une ex-collègue de Chouchou qui bossait autrefois dans le cinéma et qui s'est reconvertie dans la thérapie; la prof de yoga allemande du Serendip Spa; une jeune femme mexicaine dont la soeur très gravement malade est décédée vendredi soir et dont les larmes m'ont brisé le coeur; un jeune homme hyper-discret qui semblait suivre ces stages depuis plusieurs années; une sage-femme aux cheveux platine en pétard, encore plus minuscule que moi; et une poignée d'autres gens avec lesquels je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'échanger. Les deux tiers d'entre eux avaient déjà assisté aux séminaires d'imagerie précédemment organisés par le Dr. Catherine Shainberg.

Nous nous sommes assis en U face à cette dernière, une kabbaliste renommée que Claudia m'avait décrite comme "extrêmement pragmatique et juste phénoménale". "Qu'est-ce pour vous que la Kabbale?" a-t-elle lancé en matière d'ouverture. Je me suis retenue de répondre: "Le truc avec les bracelets en fil rouge que Madonna a remis à la mode" pour me contenter d'un vague: "Une branche du judaïsme". Pendant une heure et demie, Catherine nous a parlé du Talmud et des prophètes. Mon visage s'est décomposé au fur et à mesure. Elle m'a demandé pourquoi j'avais l'air si triste. Avec une grimace d'excuse, j'ai expliqué que je n'étais pas du tout une personne religieuse ou spirituelle. "Alors que faites-vous ici?" m'a-t-elle demandé, impassible. J'ai bredouillé quelque chose comme "Céklodiakimadidevenir", en me hâtant d'ajouter que j'avais l'esprit ouvert et que je voulais bien m'aventurer hors de ma zone de confort. Repérée d'entre de jeu, ça commençait bien. Et moi-même, je me demandais un peu ce que diable j'étais venue faire dans cette galère.

(...A suivre)

dimanche 28 novembre 2010

Rêve et prophétie


J'ai vécu ces trois derniers jours une expérience assez incroyable qui aura peut-être changé le cours de ma vie - seul le temps le dira.

J'ai tellement de choses à raconter que je ne sais même pas par où commencer. Je n'ai surtout pas le temps de le faire, car un méchant concours de circonstances fait que je serai débordée par mon boulot toute la première moitié de la semaine - et ensuite, si la neige nous y autorise, Chouchou et moi partirons quelques jours à Lisbonne.

Je finirai par en parler, sûrement. Et je sais que ça ne sera pas simple. Je suis athée, cynique au 36ème degré, réfractaire à la psychologie de bazar et plus que sceptique à l'égard de tout ce qui s'écarte de la logique pure. Pourtant, après deux jours épuisants qui m'ont menée de consternation en découragement, j'ai eu aujourd'hui une série de... révélations, faute d'un meilleur terme. Juste sur ma petite personne, hein, mais je ne cherchais pas non plus la réponse aux mystères de l'univers.

Je crois que ces révélations ont dénoué la pelote d'angoisses qui grossissait en moi depuis des années. Je crois aussi avoir découvert des outils de travail sur soi qui me seront utiles tout le reste de ma vie.

Sérieusement, j'ai des étoiles plein la tête.

Aujourd'hui, j'ai nourri la petite fille incomprise que j'étais autrefois avec de la soupe-alphabet préparée à partir des "Trois mousquetaires", tué le Minotaure avec un sabre-laser puis marché tout droit vers la sortie du labyrinthe, et découvert l'hippopotame de ma résilience intérieure.

Il est mauve et il s'appelle Georges-Arthur Llewellyn.

Je sens qu'on va bien se marrer tous les deux.

samedi 27 novembre 2010

Wish list

Un père débarrassé de son cancer qui ne commence pas toutes ses journées par une crise de larmes.
Plus de menace planant au-dessus de ma propre santé comme une épée de Damoclès.
Une relation de couple dont je ne craigne pas d'être congédiée à la première dispute apocalyptique (et elles le sont toutes).
Ne pas avoir besoin de conjurer du néant un mois de trésorerie supplémentaire que je ne sais juste pas où je vais trouver.
Ne pas obtenir une réponse différente pour chaque personne que j'interroge au sujet de ma situation administrative et des changements que je voudrais y apporter.

Un peu de stabilité dans ma vie.

Je voudrais juste sentir une chose solide sous mes pieds. Une seule.

vendredi 26 novembre 2010

"Le monde selon Arnold"

Comment un commissaire-priseur londonien installé dans une petite vie pépère et heureux en ménage depuis 12 ans se retrouve-t-il, quasiment du jour au lendemain, propulsé roi d'une petite île du Pacifique et embarqué dans un hallucinant complot planétaire?

Grâce à sa passion pour les champignons.

Si vous êtes intrigué par la question et pas vraiment satisfait par cette réponse lapidaire, il vous faudra lire "Le monde selon Arnold", roman loufoque et dépaysant de Giles Milton dont la couverture seule a suffi à me séduire quand diane cairn a attiré mon attention dessus lors d'une visite chez Cook&Book.

J'ai aimé le côté inclassable de ce livre, ainsi que le récit mené à deux voix par le héros et par un journaliste qui cherche à reconstituer son étrange histoire. Dans le registre "épopée farfelue à travers le monde", il n'est certes pas à la hauteur du génial "Une partie du tout" de Steve Toltz. Mais il tient la route d'un bout à l'autre sans décevoir et permet de passer un agréable moment.

jeudi 25 novembre 2010

Giving thanks

Je ne célèbre pas les fêtes courantes par chez nous; pourtant, malgré ses origines historiques plus que douteuses, j'aime bien la tradition américaine qui consiste à remercier une fois l'an pour les choses chouettes qu'on a dans sa vie.

En 2010 (actuellement ex-aequo avec 1997 à la première place de mon hit-parade personnel des Années de Merde), j'ai dû me creuser la tête un peu plus que d'habitude pour dresser une liste. Vous allez voir, elle n'est pas bien longue, mais elle ne contient que des choses importantes.

- Je suis reconnaissante d'avoir Chouchou dans ma vie, quelqu'un qui connaît la vraie signification du verbe aimer et qui ne se défile pas quand tout va mal.

- Je suis reconnaissante d'avoir une famille soudée qui répond "présente" en masse quand l'un de ses membres est dans le besoin. Les billets de train et d'avion coûtent cher; les retards de boulot quand on est indépendant ou les ruptures de contrat quand on bosse à l'étranger coûtent plus cher encore. Mais savoir qu'on peut compter sur les siens, ça n'a pas de prix.

- Je suis reconnaissante de travailler avec des gens humains - notamment avec cette éditrice qui, quand je lui ai annoncé que je risquais de rendre ma traduction en cours avec un peu de retard et expliqué pour quelle raison, m'a répondu dans les cinq minutes: "Que ce soit bien clair: tu prends tout le temps dont tu as besoin, et je me débrouillerai". Merci Béné; je n'oublierai pas.

- Je suis reconnaissante d'être née dans un pays où, malgré toute l'aversion que m'inspire la manière dont il est dirigé actuellement, on peut avoir accès "gratuitement" à des soins médicaux de qualité; et je suis reconnaissante à tous les gens qui choisissent, malgré des horaires parfois démentiels, des rémunérations insuffisantes et des conditions de travail pas toujours idéales, de travailler dans le secteur de la santé.

Bonne journée à tous. Prenez soin de vous et des gens que vous aimez.

mercredi 24 novembre 2010

L'horrible vérité


La nouvelle bédé de Chouchou est en ligne ici.

The 100 Thing Challenge

Dimanche après-midi, en feuilletant des magazines chez Filigranes pendant que Chouchou et moi attendions l'heure de notre séance de cinéma, je suis tombée sur un article très court consacré au 100 Thing Challenge. Si vous deviez vivre avec 100 objets et pas un de plus, quels seraient-ils? Inspirée, j'ai aussitôt sorti le carnet que je traîne toujours dans mon sac et je me suis mise à griffonner.

Voici les règles que j'ai suivies et les principes dont je suis partie:
- Je vis dans un appartement pourvu d'eau, d'électricité et de l'équipement minimum (évier, lavabo, douche ou baignoire, radiateurs, quelques placards), mais sans meubles, sans appareils électro-ménagers, sans linge de maison et sans vaisselle à la base.
- Les "consommables" indispensables que sont la nourriture, les médicaments, les produits d'hygiène basique (savon, dentifrice et shampoing uniquement) et les produits d'entretien ne comptent pas. Par contre, les "consommables" dispensables comme les produits de beauté comptent.
- Les appareils électriques ou électroniques sont considérés comme fournis avec leurs câbles/ chargeur/télécommande/piles et autres accessoires nécessaires à leur fonctionnement.
- Ma carte d'identité, mon permis de conduire, mes clés et mes moyens de paiement (Visa, chéquier...) sont "gratuits".
Et voici la liste que j'ai rédigée, dans l'ordre où les objets me sont venus à l'esprit.

1. Ordinateur portable (oui, mesdames et messieurs, je veux bien vivre nue et manger cru avec les doigts, mais personne ne me coupera d'internet - voilà, mes priorités sont établies d'entrée de jeu)
2. Fauteuil de bureau/chaise
3. Table/bureau
4. Canapé-lit
5. Couette
6. Oreiller
7. Parure de draps
8. Pull (en cachemire)
9-10-11. Culottes
12-13-14. Chaussettes
15. Jean (un Levi's indigo)
16-17. T-shirts à manches courtes
18-19. Débardeurs
20. Pantalon de yoga
21. Manteau
22. Blouson léger/veste
23. Robe d'été
24. Jupe d'hiver
25. Boots noirs
26. Converse basses
27. Sandales plates (des Campers)
28. Babies
29. Collant noir opaque
30. Collant chair léger
31. Sac à main (fourre-tout)
32. Téléphone portable
33. Appareil photo numérique
34. Agenda
35. Carnet de notes
36. Stylo (Bic noir à mine rétractable)
37. Frigo
38. Cuisinière
39. Bol à thé/mug
40. Assiette (grande, creuse)
41. Couteau
42. Fourchette
43. Cuillère
44. Brosse à dents
45. Pince à cheveux
46. Serviette de bain
47. Nettoyant visage (Washing de Menard)
48. Eau micellaire/lotion (Avène)
49. Mascara noir
50. Rouge à lèvres rouge (Russian Red de MAC)
51. Fond de teint
52. Lunettes (jusqu'ici j'ai fait mon shopping en aveugle, tout va bien...)
53. Lot de cotons démaquillants lavables
54. Crème hydratante (Avène, again)
55. Huile démaquillante (la verte de Shu Uemura, tant qu'à faire)
56. Contour des yeux
57. Vernis à ongles rouge vif
58. Dissolvant (le flacon Sephora avec la mousse dedans, pour pas devoir prendre aussi des Demak'Up)
59. Machine à laver
60. Congélateur
61. Sauteuse
62. Planche à découper
63. Verre
64. Cocotte (moyenne)
65. Cuillère en bois
66. Miroir
67. Liseuse électronique (ça me fendrait le coeur, mais si c'était le seul moyen de continuer à lire plus d'un livre à la fois sans entamer mon capital de points...)
68. Crayon papier
69. Gomme
70. Taille-crayon
71. Feutre noir à l'encre de Chine (0.3)
72. Peigne
75. Pince à épiler
76. Rasoir
77. Lime à ongles
78. Soutien-gorge (Dim)
79. Top à manches longues
80. Echarpe
81. Parapluie
82. Gants
83. Bonnet
84. Crème solaire (écran total)
85. Portefeuille
86. Porte-documents en plastique (format A4)
87. Gilet zippé
88. Lunettes de soleil (à ma vue)
89. Boules Quiès
90. Passeport
91. Valise/sac de voyage
92. Tupperware (format gamelle)
93. Ciseaux
94. Stylo gel rouge
95. Scotch
96. Trousse/pochette de sac
97. Four combiné tradi/micro-ondes
98. Plat en pyrex
99. Régis (rhô la mère indigne, un peu plus et je l'oubliais...)
100. Boîte ou coffret à souvenirs

Et vous, de quels objets ne pourriez-vous pas vous passer? Quels autres sacrifieriez-vous aisément? Je trouve l'exercice assez édifiant...

(Pour les anglophones intéressés, le projet original du 100 Thing Challenge se trouve ici.)

mardi 23 novembre 2010

Bientôt fixés

Hier, j'ai appris par un mail de mes parents que mon père passerait ses examens de contrôle mi-décembre, verrait son gastroentérologue le 28 et serait opéré le 5 janvier prochain. Comme planning, c'est plutôt pas mal: ça veut dire qu'il pourra passer les fêtes "tranquille", et qu'on s'occupera de lui très rapidement ensuite.

Ca signifie aussi que les limbes d'incertitude dans lesquelles flotte ma famille actuellement vont bientôt se dissiper, pour le meilleur ou pour le pire. Devinez laquelle des deux hypothèses m'a réveillée ce matin vers 5h et empêchée de me rendormir? Devinez laquelle vient de me garder sanglotante sous ma douche pendant plus de vingt minutes? L'inquiétude, c'est pas bon pour la planète, moi j'vous l'dis.

lundi 22 novembre 2010

Les brunchs du dimanche (7): Green Kitchen @ Belvue


Sur les photos, déjà, j'étais un peu surprise et pas franchement emballée par le mélange architecture d'époque (ne me demandez pas laquelle, mais vieux, quoi) et tables de cantine avec chaises en plastique vert pomme. Mais ma Bible disait que le brunch dominical valait vraiment le coup. Hier un peu avant 13h, Chouchou et moi avons donc débarqué dans l'ancien hôtel Bellevue. Où nous avons découvert avec étonnement que le brunch n'était pas servi à table, ni même présenté sous forme de buffet, mais en self-service façon Food Maker.

On prend un plateau, des couverts et du pain; on choisit une soupe ou une entrée en barquette plastique avec le prix dessus; on se compose une assiette d'antipasti facturables au poids; on complète si on veut (et si on a encore de la place sur son plateau, ce qui n'était pas mon cas!) avec un dessert et on passe à la caisse, puis on choisit soi-même sa table. Particulièrement inspirée ce jour-là, je me suis assise à côté de trois femmes d'âge mûr qui ont passé tout le repas à discuter de cancer et sont parties en abandonnant leurs détritus sur la table alors que les clients sont censés débarrasser eux-mêmes.

Au final, je suis bien embêtée pour donner mon avis sur le Green Kitchen. La nourriture était délicieuse et pas très chère au final: nous nous sommes goinfrés à deux pour 31€. Mais la déco, vraiment, j'ai du mal. J'aime les ambiances plus cosy. A noter cependant l'existence d'un fort beau jardin situé face au Palais Royal, où il doit être très agréable de prendre le soleil les rares jours de l'année où celui-ci daigne gratifier Bruxelles de sa présence. Si je reviens, ce sera pour un déjeuner en semaine plutôt que pour un brunch, et de préférence en juillet ou en août.

Green Kitchen @ Belvue
Place Royale, 9
1000 Bruxelles
Tel: 02 385 14 79
Du mardi au vendredi, 10h30-16h30
Samedi & dimanche, 10h30-17h30

dimanche 21 novembre 2010

"Harry Potter and the deathly hallows - part 1"

Amis français fans du jeune sorcier au front barré d'une cicatrice, détestez-moi: le film est sorti en Belgique mercredi dernier, et Chouchou et moi avons réussi à le voir ce week-end malgré l'affluence prévisible dans les salles de cinéma.

Si vous n'avez pas lu les livres, je me demande vraiment ce que vous avez de mieux à faire pendant votre temps libre vous préviens: ce post est bourré de spoilers.

Or donc... Quand j'ai su que les producteurs comptaient adapter ce septième et dernier tome de la saga de J.K. Rowling en deux films, j'ai un peu tordu le nez. J'avais trouvé que le bouquin contenait beaucoup de longueurs dont je me serais bien dispensée, et je craignais qu'elles se retrouvent encore davantage étirées à l'écran. Sur ce point, je n'avais pas tort. Je maintiens que le passage où Harry, Ron et Hermione campent dans la forêt est désespérément looooong et chiant.

Pour le reste, l'atmosphère pesante est rendue à merveille, tout comme le parallélisme même pas voilé avec le nazisme. Les décors et les paysages sont somptueux dans le genre déprimant. En revanche, les scènes de batailles magiques deviennent toujours trop rapides à mon goût une fois adaptées en images: je n'ai jamais le temps de comprendre ce qui se passe. Ce fut le cas dans la poursuite du début, quand les amis d'Harry se transforment en lui pour désorienter les séides de Voldemort et lui permettre de gagner le Terrier.

Malgré quelques traits d'humour bienvenus, on reste tout le long dans un registre décidément tragique. C'est la guerre; il y a des sacrifices à consentir et des victimes à pleurer. A cet égard, la scène du début où Hermione efface son souvenir de la mémoire de ses parents, et celle de la fin où Dobbie meurt dans les bras de Harry ont largement de quoi serrer la gorge du spectateur.

Petites doléances personnelles: on ne voit pas assez Alan Rickman (mais ça devrait changer dans la seconde partie), et quand Daniel Radcliffe se déshabille, ça ne provoque pas la même réaction que quand Taylor Lautner alias Jacob le loup-garou enlève son T-shirt dans "Twilight". Ah oui, et puis évidemment, ça fait chier d'attendre juillet pour voir la fin. A part ça, vous pouvez y aller, le film est bon. Je ne suis tout de même pas sûre qu'il ne fasse pas peur aux jeunes enfants.

samedi 20 novembre 2010

Editeur Préféré fête ses 10 ans

Quasiment jusqu'à la dernière minute, j'ai craint qu'un vilain imprévu m'empêche d'assister à la mégateuf de l'année: celle organisée par Editeur Préféré dans ses locaux tout neufs pour marquer ses dix ans d'existence. Mais non, mon train est arrivé à Roissy à l'heure; le RER B circulait normalement; et je ne me suis même pas fait tremper par une méchante averse en me rendant chez Mélanie pour y déposer ma valise et me changer. J'avais prévu des escarpins Lulu Guinness assez hauts pour aller avec ma robe rouge Desigual... mais finalement, je me suis dit qu'on allait sûrement passer des heures à piétiner dans la pénombre, comme d'hab, et que tout le monde se ficherait de ce que je portais aux pieds. J'ai donc gardé mes fidèles boots de moto - et m'en suis félicitée pendant le reste de la soirée.

Vers 19h30, Mélanie et moi avons débarqué dans un lieu situé non loin de la Gare de l'Est dont l'architecture, la hauteur de plafond et l'immensité m'ont juste coupé le souffle. Apparemment, les affaires marchent bien, je vais pouvoir réclamer une augmentation. Pas autant, néanmoins, que la quantité d'invités: environ 500 personnes dont je connaissais le dixième à tout casser. Arriver à localiser des têtes connues et à parler avec chacun ne fut pas chose aisée. J'ai réussi à avoir quelques vraies chouettes conversations et à me taper un ou deux bons délires; pour le reste, j'ai dû me contenter d'échanger les dernières nouvelles, voire deux bises rapides et un "on se voit plus tard" qui évidemment ne se concrétisa jamais. Fred, Wizou, BBL, Marie-Aude & Mareike, Jean-Claude, Anne & Nico, les deux Isa, c'est toujours un plaisir de discuter avec vous. Stan & Anne, Ando et +1-tout-neuf, Kettch, les deux moitiés d'Ange, Barbara & Cédric, Adriana, Stéphane et Alain, Manu & Mag, Jeanne, Karim, César, Claire: on tâchera de faire mieux la prochaine fois.

Difficile de résumer une fête, surtout quand on n'a presque pas pris de photos parce qu'on était plus occupé à vivre le moment qu'à l'archiver d'avance. Je ne m'en plains pas, bien au contraire - j'avais grand besoin de décompresser. L'objectif fut largement atteint grâce une quantité ahurissante de bon champagne (que j'ai su m'arrêter de boire avant de grimper sur les tables pour danser nue: une modération sans doute judicieuse dans le cadre de mon boulot à moi que j'ai et que j'aimerais garder), un buffet raffiné et délicieux comme toujours et une compagnie aussi agréable que divertissante. Au risque de me répéter, je me trouve très chanceuse de bosser dans un milieu où on rencontre tant de gens intéressants et où je me suis fait tant de vrais amis.

Ajoutons à cela quelques chouettes trouvailles de Leslie, l'attachée de presse et maîtresse de cérémonie. Par exemple, un grand écran diffusait en boucle un diaporama montrant les gens qui bossent chez ou pour Editeur Préféré depuis une décennie, et laissez-moi vous dire qu'il y avait des photos très gratinées dans le lot (plus une de Chouchou et moi l'an dernier à Trolls & Légendes, ce qui m'a beaucoup touchée). C'était émouvant de revoir quelques personnes qui nous ont quittés depuis le lancement de la boîte, comme David Gemmell, Louise Cooper ou Stéphanie. Et puis la meilleure trouvaille de la soirée: un photographe circulait constamment parmi les invités, et on pouvait imprimer ses clichés (de très bonne qualité) sur les deux bornes numériques situées à l'entrée. Dans le coin inférieur droit, le logo d'Editeur Préféré surplomant l'inscription "10 ANS". Une idée de souvenir qui a remporté un franc succès - et qui m'a permis, en regardant les photos sur lesquelles figurait Mélanie, de constater que j'avais totalement loupé Boulet! Next time.

Nous sommes restées jusqu'à 2 heures du matin avant de prendre un taxi pour rentrer. Si je n'avais pas eu un Thalys à attraper ce matin à dix heures, j'aurais été fichue de faire la fermeture. J'attends de pied ferme la prochaine beuverie entre potes sponsorisée.

jeudi 18 novembre 2010

"Les envahissants"

Enfermée chez elle, Marie essaie désespérément de finir sa thèse d'assyriologie. Mais elle peine à se mettre au travail. Tous les prétextes lui sont bons pour procrastiner. Elle observe les gosses qui jouent dans la cour de l'école en bas de chez elle, écoute la télé de ses voisins l'oreille collée aux lattes du plancher, lave ses culottes à la main dans son lavabo et se vernit les doigts de pied.

A force de chercher l'inspiration là où elle ne se trouve pas, elle finit par voir apparaître trois visiteurs extrêmement envahissants: le sergent Glooms, Raoul le morse dépressif et Candy la bombe anatomique "vierge comme l'huile d'olive". Contre toute attente, ces derniers vont unir leurs ressources pour aider Marie à achever sa thèse dans les temps impartis...

J'ai beaucoup aimé cette bédé signée Maloup et Marie Voyelle, parue dans la collection dirigée par Pénélope Bagieu chez Jean-Claude Gawsewitch. Pleine d'humour et de tendresse, elle devrait particulièrement "parler" aux gens qui, comme moi, bossent à leur domicile sans voir personne pendant des journées entières et ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se motiver.

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 6: Le Dîner Raté

Ayant pu annuler l'échographie pour laquelle j'avais rendez-vous en laboratoire ce matin vu que ma gynéco m'en a fait une dans son cabinet hier, je n'avais plus que deux choses sur ma "To Do List" de la journée: envoyer un paquet à un acheteur Amazon Marketplace et dîner avec François et Guillaume.

Manque de bol, j'ai trouvé la Poste de Monpatelin fermée pour cause de travaux, et Editeur Préféré m'a envoyé un mail pour me réclamer de traduire en urgence deux chapitres qui avaient été complètement réécrits dans la VO d'un bouquin dont la VF doit bientôt partir à l'imprimerie. Bon, ben je verrai mes copains à la prochaine décennie, alors...

M'en fous, demain soir je fais la teuf à Paris; ce week-end il fait beau à Bruxelles; dans huit jours je commence mon atelier de visualisation; le jeudi suivant, Chouchou et moi nous envolons pour Lisbonne, et je vais passer une grosse semaine avec ma famille pour Noël. D'ici là, nous devrions savoir si le traitement de mon père a produit les résultats espérés ou pas. Bref, l'heure n'est pas à se lamenter pour des détails.

mercredi 17 novembre 2010

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 5: La Grande Inspection

Ce matin, je me suis rendue en bus chez ma dermato. Dont le cabinet est situé juste à côté du plus grand centre commercial de mon département. Et comme je m'étais gardé de la marge de peur d'être en retard, je me suis retrouvée avec une heure à tuer avant mon rendez-vous. C'est ainsi que j'ai fait l'emplette d'un ravissant petit pull Kookaï en cachemire rouge et d'un non moins ravissant et non moins rouge pendentif "téléphone" de chez Agatha. Une manière comme une autre de tuer le stress, que je me suis autorisée parce que je venais de récupérer un petit boulot supplémentaire qui allait mettre du beurre dans mes épinards de fin d'année. Je n'avais pas fait de shopping depuis Londres et j'avoue que ça m'a mise de bonne humeur.

Rendez-vous chez la dermato sans histoire. Je n'ai qu'un seul grain de beauté susceptible de mal tourner; au moindre changement d'apparence, je suis censée filer chez elle pour me le faire retirer, "et rassurez-vous: quand on agit très vite, le taux de guérison des mélanomes est quasiment de 100%". Super, mais vous ne pourriez pas me le retirer à titre préventif? "Non, parce que je ne peux pas deviner jusqu'à quelle profondeur il va." Je ne suis pas sûre de comprendre l'argument, mais je n'insiste pas.

Je reprends le bus pour rejoindre La-Grande-Ville-d'à-Côté. Etre Exquis n'est pas libre pour déjeuner; tant pis, je suis parfaitement capable d'aller manger toute seule dans mon salon de thé préféré pour peu qu'il reste de la place. En traversant la place du théâtre, par habitude, je balaie du regard les dizaines de tables de bar où de nombreux clients profitent du soleil magnifique et des pas loin de 20°. Et là, je crois reconnaître mon vieux pote Guillaume, avec qui je faisais du jeu de rôles quand j'avais 16 ans et qui, devenu avocat, s'est occupé du divorce de l'Homme en 2001. Non, je dois me tromper. Mais en face de lui est assis quelqu'un qui, avec son allure de dandy à la Daho, ressemble fort à mon pote François, avec qui je faisais aussi du jeu de rôles et qui a longtemps été inséparable de Guillaume avant que son boulot l'oblige à s'installer à Paris.

Je me dirige vers eux avec un grand sourire. Aussi surpris que moi, ils me demandent si j'ai le temps de boire un café avec eux. Ce sera plutôt un Coca light, mais oui, j'ai le temps, et en plus ça me fera plaisir. Nous restons ainsi une bonne heure à bavarder, et c'est comme s'il ne s'était pas passé une semaine depuis notre dernière rencontre. Guillaume n'a pas changé, toujours à provoquer ses interlocuteurs avec des propos atrocement fachos dont on ne sait jamais jusqu'à quel point ils expriment le fond de sa pensée. La différence, c'est que maintenant, je ne mords plus à l'hameçon. François est toujours du genre à beaucoup observer les gens en souriant et en n'intervenant que plus rarement. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup et avec qui je regrettais d'avoir perdu le contact. Nous nous quittons vers 14h en nous promettant de nous appeler pour tenter d'organiser un resto demain soir.

Cette rencontre et le temps magnifique m'ont mise de bonne humeur, mais il me reste encore pas mal de temps à tuer avant mon rendez-vous chez la gynéco. Je mange vite fait chez le traiteur chinois (en fin de compte) et traîne un bon moment dans les rayons de la Fnac voisine avant de me diriger à pied vers la clinique. J'arrive avec une heure d'avance. Et pendant que j'attends dans le couloir en lisant de vieux Paris-Match, l'angoisse commence à monter. J'ai les mains moites et un goût métallique dans la bouche. Non, non, non, pas question de faire une attaque de panique ici.

Mon tour venu, je rentre dans le bureau de la gynéco comme un automate. J'expose les symptômes qui m'amènent. Elle m'examine et me fait une échographie. Il en ressort que... apparemment, tout va bien. Mes douleurs sur la droite du bas-ventre peuvent être expliquées par le fait que mon utérus est dévié de ce côté, et mon ovaire plus ou moins collé contre. Rapport à la maladie de mon père, ma gynéco me conseille quand même de faire une colonoscopie un de ces quatre. Pour le reste, elle m'explique que le traitement que je prends cesse parfois de fonctionner pour des raisons inconnues (le corps sature, l'équilibre hormonal change avec l'âge...) et qu'il ne reste alors guère d'autres recours pour remédier à l'endométriose. Ah. Ca, je ne savais pas, et je ne suis pas rassurée de l'apprendre. Je lui demande si ça ne serait pas possible de me faire une hystérectomie totale, histoire de régler le problème une bonne fois pour toutes. Elle trouve que ça serait "prendre une massue pour se débarrasser d'une mouche". Je ne crois pas qu'elle se rende compte à quel point la mouche en question me rend dingue. Mais elle avance que me retrouver ménopausée avec dix ou quinze ans d'avance présenterait plus d'inconvénients que d'avantages: risques d'ostéoporose et, sans doute, nécessité de prendre un traitement hormonal qui augmenterait les probabilités que je développe d'autres types de cancer. Comme résumerait poétiquement Chouchou: "C'est caca dur, caca mou". (Il faut l'excuser, il est belge.)

Je ressors de là pas aussi soulagée que je l'espérais. Je n'ai rien pour le moment semble-t-il, mais la solution radicale que j'espérais mettre en oeuvre pour supprimer mes angoisses en même temps que leur source m'est refusée. Je fais confiance à ma gynéco si elle me dit que ça n'est pas une bonne idée; néanmoins, je réalise qu'il n'y aura pas de soulagement chirurgical et que je vais devoir apprendre à vivre avec mes peurs. A vivre vraiment, pas juste à survivre avec une boule dans la gorge tout le temps. L'époque où j'étais habitée par la certitude tranquille d'arriver en bonne santé jusqu'à 80 ans ou plus est à jamais révolue; elle a pris fin le jour de la mort de Brigitte. Je dois maintenant faire le deuil de cette naïveté sans doute irréaliste mais si confortable. Je sais qu'autour de moi, beaucoup de gens ont perdu des parents d'un cancer à caractère potentiellement héréditaire et doivent composer avec les mêmes craintes.

Mon amie Christine, par exemple, que je vais maintenant rejoindre à la bijouterie où elle travaille. Je la supplie depuis des années de démissionner pour se trouver plutôt un job dans une boulangerie, mais rien à faire. Aller la chercher est un supplice de Tantale dont je ressors rarement victorieuse. Son fils, que j'ai connu âgé de 5 ans et haut comme trois Golden, frôle désormais le mètre quatre-vingts et se balade en costard depuis qu'il est inscrit dans un lycée hôtelier. Comme si j'avais besoin d'un rappel supplémentaire que le temps file, rhalala! Nous allons dîner chez eux avec le mari de Christine et leur fille de 8 ans, adorable blondinette passionnée de dans, de chaussures et de chapeaux - mon héritière spirituelle, donc. Avec tous les événements qui se sont enchaînés ces derniers temps, nous n'avions pas passé de soirée ensemble depuis le mois de juin, et je savoure l'atmosphère de solide bonheur familial qui règne toujours dans leur maison.

mardi 16 novembre 2010

Révélation

Vendredi dernier, avant que je quitte Bruxelles, Chouchou et moi avons suivi une séance de méditation avec Claudia. Au lieu d'utiliser les techniques de visualisation habituelles, elle nous a fait faire plein d'exercices de respiration que je ne connaissais pas encore. Puis, à brûle-pourpoint, elle a lancé: "Now, listen to what your body is telling you. What message is it sending?".

Dans ces cas-là, je suis toujours bien embêtée, réduite à imaginer ce que mon corps pourrait éventuellement vouloir me dire s'il n'était pas spirituellement muet comme une carpe. Mais cette fois, une pensée très nette s'est immédiatement imposée à moi. "You can handle more than you think". Il n'y avait rien d'autre que cette idée, une certitude calme et absolue. J'en ai été la première surprise.

Puis Claudia nous a demandé de nous répéter en boucle, comme un mantra, trois choses que notre corps réclamait de nous. Là, j'avoue que rien ne m'est venu spontanément et que j'ai dû réfléchir à ce qu'il serait bien que je fasse dans les jours, les semaines ou les mois prochains. Et j'ai accouché de la liste suivante:
- Have more fun (un conseil - presque une injonction - donné par Chouchou il y a quelque temps déjà).
- Don't worry so much.
- Keep on working to find inner peace.

Les trois choses reviennent plus ou moins au même - ou sont, en tout cas, extrêmement liées. Pour la paix intérieure, je compte sur la méditation et le yoga, mais je sais que ce sera un travail de longue haleine. Alors en attendant, pour maîtriser mon inquiétude, je m'en remets au Xanax. Ca ne me plaît pas, mais ça reste une bonne solution provisoire, et j'arrêterai dès que possible.

Quant au fun... Ces derniers temps, je me suis concentrée sur tout ce qui me permettait d'oublier la réalité, de sortir de ma propre vie et de mon esprit. Ce qui signifie que j'ai regardé pas mal de séries télé et beaucoup, beaucoup lu. Ma PAL n'était pas descendue si vite depuis l'époque bénie où j'avais encore des grandes vacances. A présent, j'aimerais retrouver des occupations plus actives, qui me permettent de profiter du "ici et maintenant" au lieu de le fuir.

Je réfléchis et je vous tiens au courant.

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 4: Assemblée Générale de Copropriété, Take 2

Cette fois, pour ne pas avoir à me déplacer à perpète, j'avais organisé ça chez moi, en me disant que ça encouragerait la participation de mes copropriétaires (et néanmoins pas spécialement amis). Que nenni: nous étions trois, comme la dernière fois. Différence notable tout de même, le syndic avait obtenu un pouvoir de la société immobilière qui détient la majeure partie des tantièmes de la résidence. Et qui était d'accord pour toutes les propositions de travaux et interventions anti-vermine diverses. En un quart d'heure, l'assemblée générale 2.0 était pliée pour ma plus grande satisfaction.

Puis le remplaçant de Casper Mr. H. m'a demandé ce que je traduisais au juste. Il s'est avéré qu'il pratique les jeux de rôles, sur table ou grandeur nature, et lit de la fantasy. Je l'ai emmené dans ma bibliothèque pour lui montrer la 2ème édition d'AD&D et les suppléments pour Vampire: la Mascarade dont j'ai signé la version française, ainsi que les séries traduites pour Editeur Préféré. Il était au bord de l'évanouissement. Je crois que je me suis fait un copain. Pourvu qu'il ne se fasse pas débaucher par un autre cabinet! En même temps, comme je suis désormais présidente de la copropriété, rien ne m'empêchera de le suivre ailleurs.

J'ai encore une grosse journée demain, avec un contrôle de routine chez ma dermato et une visite chez ma gynéco pour lui faire part de deux-trois petites choses qui m'ont inquiétée le mois dernier. Si elle m'assure que c'est juste un effet du stress (ou d'une quelconque autre cause bénigne), je pousserai un énorme soupir de soulagement et m'en irai dîner chez des amis le coeur beaucoup plus léger. Après ça, il ne me restera qu'à choisir une tenue pour la méga-soirée d'Editeur Préféré vendredi soir, et à trépigner d'impatience en comptant les heures :-)

lundi 15 novembre 2010

"Rosa candida"


"Le jeune Arnljòtur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait: le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljòtur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit et l'aura mise innocemment enceinte.

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljòtur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre Eden oublié du monde et gardé par un moine cinéphile."

Très jolie surprise que ce premier roman de l'auteur islandaise Audur Ava Olafsdòttir, extrêmement bien traduit par Catherine Eyjòlfsson. L'écriture coule comme un ruisseau, avec la même limpidité et la même fraîcheur; quant à l'histoire, elle allie simplicité et poésie. Grâce à "Rosa candida", j'ai passé quelques heures merveilleusement lumineuses qui m'ont donné envie, après mon coup de coeur pour Katarina Mazetti il y a deux ans, de m'intéresser davantage à la production littéraire nord-européenne. Si vous avez des auteurs ou des titres à me suggérer...

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 3: A l'Assaut des Administrations (et de mon Angoisse n°147)

A force de passer des coups de fil et d'envoyer des mails, je commence à y voir un peu plus clair... Il semble que je puisse parfaitement résider en Belgique et demeurer fiscalement domiciliée en France (dans la mesure où je conserve une adresse ici et tire la totalité de mes revenus d'entreprises françaises). Ce qui me permettrait:
- de ne pas entreprendre de grandes manoeuvres pour transférer mon activité d'un pays à l'autre;
- de passer à une imposition forfaitaire qui, à vue de nez, ne me ferait pas gagner d'argent mais me simplifierait la vie;
- de continuer à payer mes impôts dans le pays où je gagne mes sous (la Belgique aura mes impôts locaux et les sous que j'y dépense au quotidien, ce qui me paraît tout à fait équitable).
J'attends encore la confirmation de la procédure à suivre, mais globalement je dirais que ça se présente bien.

Pour la petite histoire, le numéro de renseignements national des impôts est TOUJOURS indisponible, mais ne l'annonce jamais de la même façon. La première fois, j'ai juste eu une tonalité "occupé". La deuxième fois, ça a décroché et une voix d'homme m'a informée que toutes les lignes étaient occupées et que je devrais rappeler plus tard. La troisième fois, une voix de femme m'a annoncé que cet appel pouvait être enregistré afin d'améliorer la qualité du service, puis m'a informée que toutes les lignes étaient occupées, etc etc. La quatrième fois, un autre homme m'a répété le même message, mais en anglais cette fois (WTF?).
J'ai fini par craquer et par appeler mon centre des impôts local, où on m'a baladée de poste en poste jusqu'à ce que je tombe sur un monsieur qui m'a avoué candidement qu'il était infoutu de me répondre, mais que si je lui envoyais un mail récapitulant ma situation et mes qestions précises, il se renseignerait.

J'attends par ailleurs que la CPAM me réponde pour me confirmer que je peux, en prenant une carte SIS auprès d'une mutuelle belge, être soignée à Bruxelles même pour un traitement de longue durée prévu à l'avance, et en bénéficiant du tiers payant. Cela me soulagera d'une de mes plus grosses préccupations.

A part ça, je suis allée chez mon généraliste aujourd'hui pour lui expliquer que j'avais des élancements à la poitrine depuis un mois et demi et une trouille bleue d'avoir développé un cancer du sein. En réalité, je souffre d'une bête douleur intercostale que je me suis probablement faite en charriant pendant des heures mon vieux portable HP qui pèse un âne mort le jour où je me suis rendue à Toulouse en train pour prendre soin de mon père. Si la visite à ma gynéco mercredi se passe aussi bien, je devrais cesser de paranoïer... au moins pour quelques mois et jusqu'aux prochaines visites de contrôle. D'ici là, je peux espérer que la méditation aura commencé à porter ses fruits et que j'arriverai à prendre un peu plus de recul par rapport à mes névroses.

dimanche 14 novembre 2010

"(500) days of Summer"

Comment tuer le temps par un dimanche après-midi de novembre quand on a un bon gros coup de blues? J'ai sorti mon plaid en polaire gris tout doux, préparé une tasse de chocolat chaud et fouillé dans ma collec' de DVD en quête d'un film pas encore vu et qui ne me déprimerait pas davantage. Un seul candidat s'est présenté à moi: "(500) days of Summer".

Tom travaille dans une société qui fabrique des cartes de voeux et croit en l'Amour avec un grand A. Fraîchement débarquée à Los Angeles, Summer vient d'être embauchée comme assistante de direction dans la même entreprise et ne veut surtout pas d'une relation sérieuse. Pourtant, Tom se met très vite en tête qu'elle est la femme de sa vie. Commence alors une relation tumultueuse entre deux personnes qui ont une vision du couple totalement opposée.

D'un argument pas très novateur, Marc Webb parvient à faire un des films les plus charmants que j'aie jamais vus. Il multiplie les astuces de mise en scène, présentant les chapitres de son histoire dans le désordre, substituant ses personnages aux héros de vieux films en noir et blanc ou mettant en parallèle les espoirs de Tom et les faits tels qu'ils se déroulent réellement. Et puis surtout, il évite l'écueil du romantisme sirupeux auquel il préfère une sincérité et un réalisme parfois douloureux.

Joseph Gordon Levitt campe un héros qui pourrait être le frère jumeau de Ted Mosby - avec lequel il partage une vision un peu naïve de l'amour et une carrière d'architecte ratée. Zooey Deschanel est parfaite en fille craquante mais insaisissable. Et les fans de Chloe Grace Moretz alias Hit Girl la retrouveront avec plaisir dans le rôle de la petite soeur étonnamment mature de Tom - sans autre artillerie qu'une Wiimote, cette fois. Un vrai joli moment de cinéma dont il serait dommage de se priver.

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 2: Préparation du Grand Assaut Administratif

Au programme du jour:
- profiter du marché dominical de Monpatelin pour remplir le frigo,
- traduire 15 pages,
- lister toutes les démarches administratives à faire en vue de mon installation officielle à Bruxelles, avec n° de téléphone, adresse postale ou adresse internet des organismes à contacter et questions précises à poser, afin de pouvoir lancer l'offensive demain dès mon réveil.

Pour la petite histoire... J'avais déjà une carte européenne d'assurance maladie, mais comme ce document n'est valable qu'un an, la mienne était périmée depuis octobre 2008. Le mois dernier, j'ai voulu faire une demande de renouvellement sur le site internet de la CPAM. Là, on m'a demandé d'ouvrir un compte et de valider mon inscription à l'aide d'un code qui serait envoyé par courrier à mon adresse française. En arrivant hier, j'ai trouvé non pas une mais deux lettres de la CPAM contenant chacune un code différent "valable 15 jours seulement". Ah. Le premier n'a jamais fonctionné. Le second, après quelques essais infructueux pour cause d'opérations de maintenance du site, m'a amenée sur une page où j'ai dû choisir un code personnel de 8 à 13 chiffres. J'ai tapé une série de chiffres et été immédiatement réprimandée au motif que les chiffres étaient interdits dans le code personnel. WTF? Je me suis dit qu'il y avait peut-être eu confusion entre "chiffres" et "caractères", et j'ai essayé avec une suite de lettres. Nouveau message d'erreur. Bref, une demi-heure pour valider mon inscription et avoir le droit de réclamer enfin ma carte... qui me sera envoyée par courrier sous 15 jours. Argh. J'espère obtenir des réponses plus rapides de la part des autres administrations, mais je sens bien que ça n'est pas gagné.

samedi 13 novembre 2010

Les 7 travaux d'Armalite - Jour 1: Rapatriement à Monpatelin

Pour s'échauffer, une petite journée sans trop de difficultés si la poubelle roulante de Chouchou ne tombe pas en panne, que des grévistes retardataires n'empêchent pas mon TGV de circuler et qu'Etre Exquis n'oublie pas de venir me chercher à la gare.

Risque bonus: possibilité de découvrir des cafards et des rats (huuuuuu) dans mon appartement, puisque mes voisins directs se sont plaints d'en avoir chez eux, et de me taper une nouvelle attaque de panique cette nuit quand je n'arriverai pas à dormir malgré les somnifères et que le moindre petit bruit me donnera des sueurs froides. Une imagination fertile n'est pas nécessairement une bonne chose.

Contrariétés optionnelles: ordinateur et/ou wifi en panne; voisine partie en goguette avec mon courrier des six dernières semaines.

Update 18h28: Le voyage s'est déroulé sans incident, en première classe grâce au système de réservations bizarre de la SNCF qui a fait que c'était moins cher qu'en seconde sur ce trajet-là, mais à côté de séparatistes flamands qu'un entrepreneur français installé à Bruxelles depuis 40 ans a lancés sur le sujet: "La solidarité c'est bien beau, mais à la fin, y'a les gens qui veulent travailler et ceux qui veulent juste s'amuser". Y'a des baffes qui se perdent.

Etre Exquis est venu me chercher à la gare et m'a emmenée boire un verre au bord de la mer avant de me conduire chez moi et de monter ma très lourde valise jusqu'au deuxième étage. Love. Jusqu'ici, pas de traces de visiteurs indésirables (d'autant que les fourmis sont en train d'hiberner), mais je n'ose pas crier victoire trop vite. Et ma voisine ne répond pas à mes coups de sonnette bien que sa fenêtre soit allumée et sa télé aussi. J'espère que sa surdité a juste atteint un nouveau palier, car en ce moment, je ne porte pas chance à mes voisins...

vendredi 12 novembre 2010

Une soirée entre Roumanie et Italie


Je ne suis pas la personne la plus sociable du monde. Le temps me manque déjà pour voir les amis que j'ai; je ne vois pas l'intérêt de m'en faire d'autres. Et de toute façon, je n'ai pas grand-chose à raconter à la plupart des gens qu'on me présente. Typiquement, je traîne des pieds comme une Olivia Ruiz ravagée par l'arthrose quand il s'agit d'aller à la rencontre de personnes nouvelles.

Mais parfois, j'ai aussi de chouettes surprises.

En juin dernier, lors d'un dîner organisé au Drug Opera à l'occasion de la venue en France de Fiona McIntosh, Chouchou et moi avons ainsi fait la connaissance de Marie-Aude, une collègue traductrice française comme moi, et sa compagne Mareike, une expat' allemande. Je me souviens qu'on avait pas mal discuté de voyages pendant le repas et que je les avais trouvées sympas. En se séparant, on s'était dit: "On s'appelle pour boire un verre un de ces quatre?".

Et puis quelques mois ont passé, assez agités de mon côté pour que je n'aie pas de temps à consacrer à autre chose que l'essentiel. Après s'être ratés (par ma faute) le week-end dernier, Marie-Aude, Mareike, Chouchou et moi avions finalement convenu d'aller boire l'apéro ensemble hier soir. C'est bien, un apéro avec des gens qu'on ne connaît pas trop: si on s'aperçoit qu'on n'a pas grand-chose en commun, on peut écourter assez rapidement. La tempête du milieu d'après-midi a fait hésiter les filles, mais Chouchou et moi avons proposé de passer les chercher en voiture. Marché conclu.

Vers 18h, nous avons donc fait l'ouverture de la Belladone, une taverne est-européenne située dans le quartier du Châtelain. Nous étions les premiers clients et nous le sommes restés un moment, ce qui nous a permis d'apprécier le caractère du lieu, son plafond à caissons (dixit Marie-Aude: je n'y connais rien en architecture...) et sa pénombre épaisse trouée par quelques bougies. Le vin du jour portait le nom de "Vampire", mais était plutôt du genre léger et fruité selon le tenancier. Nous lui avons préféré un autre rouge roumain de 2007, à la fois léger et corsé, que nous avons accompagné de quelques zakouski: cornichons salés, bébés pâtissons en saumure, fromage de Géorgie et pain noir aux épices. Miam. J'adore goûter des choses que je ne connais pas.

L'heure tournant, les estomacs commençant à crier famine et la conversation ne tarissant pas, nous avons décidé d'aller manger un bout ensemble. Les filles, qui connaissent le quartier mieux que nous, nous ont entraînés à La Piola, un petit resto italien aux allures de cantine familiale, avec un menu assez sommaire mais dans lequel tout avait l'air délicieux. L'endroit était animé mais pas exagérément bruyant; le Barolo choisi par Marie-Aude descendait tout seul en râpant juste un peu comme j'aime; nous n'avons pas laissé une seule pâte égarée dans nos assiettes, et en dessert j'ai goûté de la panacotta au chocolat qui, miam again. Nous sommes ressortis vers 23h ravis de notre dîner et, en ce qui me concerne, plus ravie encore d'avoir discuté de plein de choses passionnantes et beaucoup ri. D'accord, d'accord, je vais bien trouver un peu de place dans mon agenda pour deux nouvelles amies.

La Belladone, rue Moris 17A, 1060 Bruxelles


La Piola, rue du Page 2, 1050 Bruxelles

jeudi 11 novembre 2010

No Utopiales for me this year

J'aurais dû être à Paris aujourd'hui. Un peu plus de vingt-quatre heures pour faire quelques emplettes en prévision de Noël et déjeuner, goûter ou dîner avec ces amis que je vois si peu désormais, avant de mettre le cap sur Nantes et les Utopiales. Mes billets de train étaient réservés depuis trois mois. Entre-temps, la maladie de mon père est venue bouleverser mes projets. J'ai pris du retard dans mon boulot, et par conséquent dans le paiement de mes factures... Et puis la plupart des habitués ne pouvaient pas venir aux Utops cette année, et Gren qui m'accueille là-bas n'était même pas certaine d'avoir son week-end libre. Bref, j'ai annulé.

Je descendrai donc directement à Monpatelin samedi au lieu de lundi. Je n'ai pas spécialement envie d'y aller, mais une semaine chargée m'attend avec pas moins de trois rendez-vous chez différents médecins, une échographie de contrôle et mon assemblée générale de copropriété version 2.0 - mes voisins se sont plaints d'avoir des cafards et des rats. Bref, que des trucs fun. Si tout s'est bien passé, il y aura quand même une récompense au bout: la soirée qu'Editeur Préférée organise pour fêter ses 10 ans, et qui devrait faire l'objet d'un bref arrêt à Paris sur le chemin du retour à Bruxelles. J'ai vraiment hâte d'y être. Boire deux ou trois coupes de champ' et discuter avec mes collègues (et néanmoins amis) en oubliant tout le reste l'espace de quelques heures me fera le plus grand bien.

mardi 9 novembre 2010

Où je continue à broyer du noir

Je viens juste de découvrir qu'une assistante éditoriale avec qui j'avais bossé pendant 5 ans s'était suicidée la semaine dernière et qu'on l'avait incinérée hier. Elle s'appelait Stéphanie; elle avait 33 ans. Nous n'étions pas proches et j'ignorais complètement ce qu'elle était devenue ces dernières années; aussi, je ne vais pas prétendre que j'ai du chagrin. Mais cette nouvelle m'attriste quand même. Et je me demande ce qui est pire: ne plus avoir le goût de vivre au point de se supprimer si jeune, ou être arraché à la vie par une saloperie de maladie qu'on n'arrive pas à vaincre alors qu'on voudrait tant rester auprès des siens?

...Je sais, je me pose des questions très fun.

Mon gentil généraliste, à qui je disais quelques mois après la mort de Brigitte que j'avais l'impression d'être "cernée par le cancer", a fait une analogie intéressante. Il m'a dit que quand on venait de changer de voiture et d'acheter, mettons, une Classe A, on se mettait à ne plus voir que ça dans les rues. Mais qu'en réalité, il n'y avait pas plus de Classe A qu'avant - simplement, on les remarquait davantage.

J'aimerais pouvoir ôter ces lunettes que je porte malgré moi et qui, en ce moment, ne me laissent voir que la souffrance et le malheur. Je sais qu'il y a des gens qui mènent une existence relativement paisible jusqu'à un âge avancé. J'en ai quelques-uns pas plus loin que dans ma propre famille. Je voudrais arriver à me focaliser un peu sur eux, pour changer.

lundi 8 novembre 2010

Menu d'automne

SOUPE BROCOLI-POMME VERTE (surprenante et délicieuse!)

- 500g de brocoli frais ou surgelés
- 2 Granny Smith épluchées
- 1 oignon émincé
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 1 cube de bouillon de volaille
- sel, poivre

Dans une cocotte, verser l'huile d'olive et faire revenir l'oignon deux minutes. Ajouter les brocoli détachés en petites fleurs, les pommes coupées en petits morceaux et le cube de bouillon de volaille. Verser 75cl d'eau sur le dessus. Saler, poivrer. Couvrir et laisser cuire à feu moyen pendant une demi-heure environ. Mixer et ajuster l'assaisonnement si nécessaire.



TARTE AUX CHAMPIGNONS DES BOIS

- 1 pâte brisée
- 200g de champignons des bois mélangés (Picard fait ça; sinon, on en trouve au rayon fruits et légumes des supermarchés)
- 1 oignon haché
- 1 gousse d'ail émincée
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 100g de peccorino râpé gros
- 3 oeufs
- 20cl de lait demi-écrémé
- 10cl de crème allégée
- sel, poivre

Verser l'huile d'olive dans une poêle. Faire revenir l'ail et l'oignon quelques minutes; ajouter les champignons coupés en lamelles; saler, poivrer et cuire à feu vif jusqu'à ce que toute l'eau se soit évaporée.
Dans un saladier, mélanger au fouet les oeufs, le lait, la crème, du sel et du poivre.
Etaler la pâte dans un moule aux parois un peu hautes. Recouvrir avec les champignons, puis avec le peccorino. Verser doucement l'appareil sur le dessus.
Faire cuire 30mn dans un four préchauffé à 180°.

dimanche 7 novembre 2010

Les brunchs du dimanche (6): Le Rustique


Plus les jours raccourcissent, plus le temps se fait déprimant, plus le brunch dominical devient obligatoire pour ne pas passer une deuxième moitié de week-end parfaitement déprimante. Ce midi, donc, Chouchou et moi nous sommes rendus au Rustique, une boulangerie très connue qui propose également de la restauration dans son arrière-salle et sa petite cour intérieure quand le temps le permet (du 13 au 15 juillet environ à Bruxelles) (non, je suis pas mauvaise langue, je suis juste réaliste).

Le cadre est agréable dans un genre plus traditionnel que branché. La carte présente tout un tas de gourmandises sucrées ou salés, allant du petit-déjeuner au goûter en passant par de véritables plats complets. Mais c'est pour bruncher que nous sommes venus. La formule comprend un jus d'orange pressée, une boisson chaude, deux couques (=viennoiseries en belge) ou des petits pains, du beurre, de la confiture, du jambon cuit et cru, du fromage, des oeufs brouillés au saumon et de la salade. Classique mais toujours sympa. Premier hic: il ne reste plus de couques à part un chausson aux pommes et quatre carrés au chocolat et à la crème. Moi qui rêvais de croissants trempés dans un chocolat chaud... Je me rabats sur un croque Hawaï et des oeufs à la coque. Quant à Chouchou qui n'aime pas le saumon, il demande à remplacer ses oeufs brouillés par de simples oeufs au plat - deux fois, car les jeunes serveurs pas hyper dégourdis (ou peut-être juste débutants) font plusieurs aller-retour en cuisine avant de réussir à prendre notre commande définitive.

Le brunch de Chouchou arrive assez vite. Rien à dire sur la partie sucrée, avec une jolie théière, du thé en sachet mais de bonne qualité, des couques dégoulinantes de sucre et de gras. L'assiette salée qui lui succède est magnifique, avec une croquette de crevette et un ramequin de velouté de chicon en plus des ingrédients annoncés sur la carte, mais... les oeufs brouillés au saumon n'ont pas été remplacés et il n'y a pas de pain pour manger avec toute cette charcuterie et ce fromage. Double faute. Quant à moi, je trouve un drôle de goût à mon croque Hawaï (on dirait que l'ananas a mariné dans de l'alcool), et mes oeufs à la coque me sont servis également sans pain. Heureusement que le Rustique est une boulangerie à la base... Je réclame; on m'apporte un panier contenant trois tartines de pain aux céréales qui déchire sa mémé.

Au final, j'en pense quoi? Qu'à 14€, le brunch est d'un excellent rapport qualité-prix, mais qu'il vaut mieux venir tôt ou réserver ses couques par téléphone (oui, c'est possible, je le tiens de la patronne en personne). Que l'endroit est agréable, mais que le service laisse vraiment, vraiment à désirer. Exemple: une dame assise derrière nous est venue avec un bébé; à un moment, elle a besoin de le changer et demande à la serveuse où elle peut s'installer. Alors qu'il y a pléthore de coins libres, la serveuse lui désigne le canapé situé à 50 cm de notre table. Euh, nous préférons notre déjeuner sans l'option "parfum couche pleine", merci. Je veux bien mettre ça sur le compte de l'inexpérience de la jeune femme, mais ça reste le genre de détail qui me gâche un repas.

Le Rustique
Place Georges Brugmann, 27
1050 BRUXELLES
Tel: 02 345 61 93

samedi 6 novembre 2010

Doctor Who or not Doctor Who?

Ca vous arrive d'avoir l'impression que l'univers conspire pour vous pousser vers quelque chose? Je m'explique. Ca fait plusieurs mois déjà que mes contacts Facebook, les uns après les autres, découvrent la nouvelle série de Doctor Who et enchaînent des statuts de drogués: ils regardent une saison en 2 jours, commentent le génie des scénaristes et la poignance de telle ou telle scène, établissent un classement de leurs docteurs préférés et manifestent des symptômes de manque sérieux en arrivant à la fin des épisodes disponibles.

Curieuse et n'aimant pas trop avoir l'impression de passer à côté de quelque chose, j'ai demandé à Chouchou: "Et si on regardait aussi?". Chouchou a tordu le nez. "A mon avis, ça ne te plaira pas." Il commence à bien connaître mes goûts en matière de série télé, donc j'ai laissé tomber.

Mais Doctor Who, lui, a continué à se rappeler à mon bon souvenir. Pendant notre récent week-end à Londres, j'avais l'impression de voir des statues de Daleks partout. Et hier, alors que je dévorais le deuxième tome des Spellman, je suis tombée sur une scène où Izzy et sa soeur se font un marathon DVD en commentant les mérites des races d'aliens présentes dans la série. (Apparemment, Rae trouve les Slitheens plus beurk que les Daleks, même si ceux-ci sont censés être beaucoup plus dangereux.)

J'ai refait une tentative auprès de Chouchou. Il a eu une grimace embarrassée. "Tu sais, Doctor Who, c'est un truc pour les geeks." De l'index, j'ai dessiné un cercle autour de mon visage. "Et...?" "Ah mais toi, tu n'es pas une sci-fi geek, tu es une book geek!", a répliqué Chouchou en référence à cette typologie. Moralité: je ne sais toujours pas si je vais regarder Doctor Who ou pas. Disons que si je suis attaquée par une salière géante pendant nos pérégrinations géocacheuses cet après-midi, je commencerai à trouver le message de l'univers assez insistant pour tenter le coup.

vendredi 5 novembre 2010

It's been a rough week

La semaine a été difficile. Mon père a été hospitalisé en urgence dimanche dernier, avec des douleurs si atroces qu'il n'a même pas protesté. L'accumulation des rayons lui avait déclenché une dermite radique et toute la morphine dont il disposait ne le soulageait plus. Il ne dormait plus, n'évacuait rien et souffrait très fortement en permanence. Au téléphone, il avait la voix blanche d'un mourant. Et le service dans lequel il a été admis était désorganisé à un point hallucinant: plusieurs jours se sont écoulés avant qu'il voie un docteur; il a reçu des médicaments en double mais pas toujours de repas de midi, etc. Soeur Cadette a dû aller pousser une gueulante entre sa journée de boulot et sa télé-conférence de 20h avec Dallas pour qu'enfin ça s'arrange un peu.

Et moi... j'ai plongé. Le jour, avec la lumière du soleil et l'esprit occupé par le boulot, ça allait à peu près. Mais dès la tombée de la nuit, l'angoisse commençait à monter. Après un début d'attaque de panique (ce qui ne m'était plus arrivé depuis juillet 2009), j'ai recommencé à prendre du Xanax et des somnifères pour arriver à dormir au lieu de passer la nuit à imaginer que je sentais mon corps pourrir de l'intérieur. Dès 21h30, je prenais mes cachets et j'allais me coucher avec le bouquin le plus prenant possible. Je ne le lâchais que quand mes paupières commençaient à se fermer toutes seules, en priant pour ne pas me réveiller avant le lendemain matin.

Heureusement, la semaine se termine sur une note positive. Mon père est rentré à la maison aujourd'hui, avec des doses de morphine trois fois supérieures à ce qu'il prenait avant et une pommade pour soulager ses chairs à vif. Il est un peu dans le cirage, mais il ne souffre plus trop. Il ne lui reste qu'une semaine de traitement avant le premier bilan. Je ne veux même pas imaginer ce qui arrivera si celui-ci est négatif; je n'ai juste pas la force de le faire.

Aujourd'hui, je suis allée à mon cours de méditation et... les autres élèves ayant eu un empêchement, je me suis retrouvée seule avec Claudia. Elle sait que je viens pour apprendre à contrôler mes angoisses; elle a vu ou senti que je n'allais vraiment pas bien en ce moment, et j'ai profité de notre tête-à-tête pour lui expliquer pourquoi. "Ce n'est peut-être pas un hasard que nous soyons seules ce soir, m'a-t-elle dit avec un sourire entendu. Tu veux faire une méditation normale, ou tu veux que je t'apprenne des exercices de visualisation ciblés et qu'on discute la manière dont tu peux aider ton père et t'aider toi-même?" Evidemment, j'ai opté pour la deuxième solution.

Claudia, qui a entre autres choses étudié l'herboristerie, m'a indiqué le nom de plusieurs plantes que je pourrais prendre pour rééquilibrer mon "système féminin": des feuilles de framboisier infusées toute la nuit et de la motherwort (il faut que je cherche comment ça s'appelle en français!). Elle m'a également conseillé de demander du co-enzyme Q10 à la pharmacie. Et elle m'a parlé du stage que son professeur, une femme "phénoménale" qui obtient "des résultats étonnants" vient donner au Serendip Spa à la fin du mois. A la base, je suis assez sceptique sur l'efficacité de la visualisation. Pourtant, mes attaques de panique sont bien un produit direct de mon imagination morbide. Si l'esprit peut influer de manière négative sur le corps, il faut bien envisager qu'il puisse aussi le faire de manière positive, non?

mercredi 3 novembre 2010

Deux albums de Trondheim

"Bludzee" est le dernier-né de Lewis Trondheim: un petit chat noir que son maître a enlevé à sa mère et emmené en haut d'une grande tour avant de disparaître purement et simplement. Mais Bludzee n'est pas inquiet, car il dispose d'une une ample provision de croquettes. Pour passer le temps, il tchatte avec des potes virtuels sur Internet et regarde les oiseaux s'écraser sur les vitres. Bientôt, des affreux pas beaux font irruption dans son appartement. Ils recherchent le maître de Bludzee, un grand criminel qui aurait décidé d'élever son chat pour en faire un redoutable tueur à gages...

De par son côté barré et hyper-touffu, "Bludzee" rappelle beaucoup "Lapinot et les carottes de Patagonie", une des premières oeuvres de Trondheim. Mais on sent que du temps a passé entre les deux albums et que l'auteur a pris de la bouteille. Même s'il semble partir dans tous les sens, "Bludzee" finit toujours par retomber sur ses pattes avec une certaine logique inhérente à son délire. Un petit bonheur de lecture décalée, surtout pour les propriétaires esclaves de chats qui y reconnaîtront certaines manies de leurs compagnons poilus.



Dans un tout autre genre et avec Matthieu Bonhomme au dessin, j'ai également lu "Omni-visibilis". C'est l'histoire d'un type ordinaire, célibataire d'une trentaine d'années plein de manies de vieux garçon. Un matin, tout le monde le dévisage bizarrement alors qu'il se rend à son travail. De parfaits inconnus semblent le reconnaître, et ses collègues sont capables de lui dire ce qu'il a fait minute par minute depuis son réveil. Très vite, il se rend compte que le monde entier voit désormais ce qu'il voit, entend ce qu'il entend et sent ce qu'il sent. Il devient un homme traqué, pourchassé à la fois par la pègre et la police, courtisé par les multinationales qui voient en lui un parfait instrument publicitaire...

Malgré un propos digne d'intérêt, "Omni-Visibilis" n'a pas réussi à me séduire. Peut-être parce que son personnage principal n'inspire pas la sympathie, ou peut-être parce que j'ai envie de choses plus marrantes en ce moment. Pénélope Bagieu, en revanche, a adoré et le dit ici.

lundi 1 novembre 2010

"Bienvenue" (T1)

J'aimerais vous faire partager une jolie surprise signalée à mon attention par le personnel de Brüsel: le tome 1 de "Bienvenue", série scénarisée par Marguerite Abouet à qui on devait déjà le très acclamé "Aya de Yopougon".

Etudiante aux Beaux-Arts, Bienvenue partage une chambre de bonne avec Lola, sa cousine hyper-délurée qui ne comprend pas son manque d'intérêt pour les garçons. Elle gagne tant bien que mal sa vie comme nounou, et malgré un sens de l'humour un peu acerbe, c'est une fille généreuse qui se laisse souvent embringuer dans les malheurs des autres: sa voisine indienne dont elle soupçonne le mari de la battre, une suicidaire qu'elle empêche de se jeter sous les roues du métro...

Bienvenue est un vrai personnage de jeune femme à mille lieues des insupportables clichés colportés par Glamour ou Cosmo - une personnalité originale, nuancée et crédible. Comme tous les membres de son entourage, on la sent marcher en équilibre sur un fil, susceptible à chaque instant de basculer d'un côté ou de l'autre mais continuant tant bien que mal à avancer. C'est la tranche de vie la plus émouvante qu'il m'ait été donné de lire depuis que j'ai fini la série des "Paul" de Michel Rabagliati. Je recommande chaudement, et pas juste aux amateurs de bédé.