dimanche 5 juin 2011

From Atzilut to Assia: thoughts are things


Cette fois, je ne vais pas vous raconter par le menu tout ce qui s'est passé durant ces trois jours de stage. La visualisation, c'est un peu comme les orgasmes: tant qu'on n'a pas testé soi-même, on reste forcément sceptique devant le récit des autres. C'est une expérience qu'on ne peut comprendre sans l'avoir vécue. Mais j'aimerais quand même partager quelques moments notables avec vous. A commencer par le plus intense du week-end...

L'exercice: "Vous marchez vers le soleil levant. Vous rencontrez l'ange qui garde le jardin d'Eden. Vous lui donnez le mot de passe: quel est-il? Il vous laisse entrer. Dirigez-vous vers le centre du jardin. Que trouvez-vous là? Comment vous sentez-vous en ressortant?"

Ma visualisation: Un soleil rouge flotte à peine au-dessus de la ligne d'horizon. Le paysage ressemble aux montagnes japonaises, dur et beau à la fois. La seule chose que je trouve à dire devant le chevalier en armure, c'est: "J'ai fait de mon mieux". Je le répète trois fois, et j'ai désespérément besoin qu'il me croie. Au centre du jardin se trouve une grande mare entourée par tous les gens à qui j'ai fait du mal involontairement, ou que je n'ai pas réussi à sauver. Mon père est là; Brigitte aussi, et beaucoup d'autres. Vivants ou morts, ils se tiennent immobiles sous des cerisiers en fleurs dont les pétales tombent en pluie sur eux. Leur reflet dans l'eau n'est qu'une silhouette lumineuse. Sans un mot, ils me font savoir qu'ils ne m'en veulent pas de ne pas avoir pu les aider, que tout s'est arrangé pour eux à la fin et qu'ils sont en paix maintenant. Quand je ressors, j'ai l'impression qu'un fardeau énorme a été ôté de mes épaules.

J'ai raconté cette scène en sanglotant. Et je ne suis pas la personne qui aura usé le plus de Kleenex ce week-end. Cette technique libère vraiment des émotions puissantes.

Le moment d'autosatisfaction: j'ai eu le plaisir de constater que je n'avais aucun problème d'estime de moi (ce dont je me doutais déjà) et que mes désirs matériels, émotionnels, intellectuels et spirituels, non seulement ne se contredisaient pas les uns les autres, mais étaient en parfaite harmonie. C'est toujours ça de pris.

Le moment de grande perplexité: quand j'ai reçu l'instruction de m'imaginer en homme, je me suis vue sous les traits d'Abraham Lincoln. Pourquoi? Mystère. Mais j'ai conservé le chapeau dans l'exercice suivant, et me suis du coup retrouvée bien embêtée quand j'ai dû me coiffer d'un rayon de miel. True story.

Le moment de désaccord: nous devions piocher, parmi deux mini-jeux de cartes, une carte représentant notre ange (la qualité qui nous guide dans la vie) et deux cartes représentant nos démons (les défauts ou les tentations qui nous empêchent d'accomplir notre dessein). Tous mes petits camarades ont montré ce qu'ils avaient obtenu, et à une ou deux exceptions près, tous se sont étonnés de la justesse de leur tirage. Voici avec quoi je me suis retrouvée:


L'impatience et la fierté sont, de fait, deux des choses qui me bloquent le plus dans la vie. De ce point de vue-là, mon tirage avait mis en plein dans le mille. "Par contre, pour l'ange, c'est du grand n'importe quoi", ai-je commenté en brandissant ma carte et en faisant la grimace. Catherine a souri d'un air entendu, et Claudia a haussé les sourcils en secouant la tête, l'air de dire: "Non, c'est très juste au contraire". Alors que moi, je me serais plutôt vue avec l'"Humour" pêché par mon voisin de gauche, l'"Amour" pioché par je ne sais plus quelle fille ou la "Responsabilité" dont avait hérité le Parisien du fond.

Même si je n'adhère pas à tout, ce travail me fait vraiment beaucoup de bien. Le prochain stage aura lieu dans six mois; d'ici là, j'espère pouvoir suivre les cours hebdomadaires que Catherine dispense sur Skype.

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