dimanche 12 juin 2011

"La conquête"


"6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Alors que les Français s’apprêtent à élire leur nouveau Président, Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste cloîtré chez lui, en peignoir, sombre et abattu. Toute la journée, il cherche à joindre Cécilia qui le fuit. Les cinq années qui viennent de s'écouler défilent: elles racontent l'irrésistible ascension de Sarkozy, semée de coups tordus, de coups de gueule et d'affrontements en coulisse. La conquête : L'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme."

La dernière phrase de ce résumé exprime assez bien les efforts du réalisateur pour faire de Nicolas Sarkozy un personnage tragique, un arriviste vulgaire et brutal dont le spectateur est tout de même incité à avoir pitié parce que son ascension lui coûtera l'amour de sa vie. Passe encore qu'il ne soit jamais mentionné que Sarkozy, comme beaucoup de politiciens de tous bords, est un coureur notoire et que Cécilia et lui s'étaient déjà séparés une fois avant le début des événements relatés dans "La conquête". L'éclairage jeté sur cette période de sa vie est forcément partial, voire romancé; sans quoi, faire un film dessus n'aurait aucun intérêt. Le problème, c'est que même ainsi, j'ai trouvé "La conquête" un peu facile, simple assemblage de scènes tournant autour de phrases coups de poing archi-connues du style "Il faut travailler plus pour gagner plus" ou "Je suis une Ferrari; et une Ferrari, on prend des gants blancs pour trafiquer sous son capot". Certes, j'ai ri des scènes où Sarkozy se couvre de ridicule et grogné de dégoût quand il fait preuve d'encore plus de morgue que d'habitude; et le mépris qu'il m'inspire s'est trouvé encore renforcé par ses stratégies de campagne telles que le mécanisme en est décortiqué: pas réellement d'idéaux à part un vague "il faut réformer la France", juste une ambition personnelle accomplie à grands renforts de populisme et de démagogie ciblée. Et tous les acteurs sont vraiment très bons. Mais je n'ai pas l'impression que voir "La conquête" m'ait apporté grand-chose.

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