vendredi 3 juin 2011

Où Georges-Arthur fait un retour en force (et c'est tant mieux, parce qu'on va avoir besoin de lui)



La journée a été longue. Depuis plusieurs semaines, Scarlett nous réveille tous les matins à 5h en miaulant très fort sans que nous puissions jamais déterminer pourquoi - ses gamelles sont pleines, sa caisse est propre, et si on la prend pour la caresser, elle se casse au bout de cinq minutes et recommence à brailler de plus belle. Dans ces moments-là, j'avoue que je la changerais bien en descente de lit.

A 10h, j'étais au Serendip Spa pour le début du nouveau workshop de Catherine, sur le thème "Abondance et prospérité". J'ai eu le plaisir de retrouver une dizaine de mes petits camarades de novembre, auxquels sont venus s'ajouter une douzaine de nouveaux visages en provenance des quatre coins de l'Europe. En revanche, j'ai été assez dépitée de découvrir que mes visions étaient toujours aussi sombres et négatives. J'ai beau bosser sur moi depuis plusieurs années maintenant et avoir obtenu des résultats assez satisfaisants dans certains domaines, mon subconscient continue à voir la vie en noir. Ou peut-être est-ce juste parce que je traverse une période difficile.

Exemple: nous devons nous représenter notre relation au reste de l'univers, prendre conscience que nous n'existons pas dans le vide. Mes petits camarades voient une lumière magnifique, des arbres majestueux, des oiseaux qui gazouillent, ce genre de trucs. Moi, je m'imagine au centre d'une toile d'araignée, une sorte de réseau d'énergie formé par des lignes palpitantes d'énergie noire. Et bien que rien ni personne ne fasse attention à moi, je perçois une menace diffuse, comme si toute cette activité pouvait se retourner contre moi d'un instant à l'autre. "C'est une ambiance un peu comme dans "Neuromancien" ou "Blade Runner", vous voyez?" Non, Catherine ne voit pas; elle pense juste que je vais trop au cinéma. Moi qui pensais me faire "X-men: First Class" demain, c'est peut-être pas une bonne idée finalement.

Autre exemple: nous devons maintenant écrire sur un ruban rouge tout ce qui nous empêche d'atteindre nos objectifs dans la vie, puis creuser un trou dans le désert, y déposer le ruban, y mettre le feu et en recouvrir les cendres de sable. Nous devons ensuite crier notre nom par trois fois. "Qu'est-ce qui répond à votre appel?". Là, c'est MégaloLand: la plupart des gens voient au minimum une lumière divine, voire carrément Dieu. Ben voyons. Moi? Je n'entends que l'écho de ma propre voix. Je précise: "Mais mon désert n'est pas de sable, il est de sel". Catherine insiste pour que je recommence l'exercice avec un désert de sable. Cette fois, quand j'appelle, qui vois-je descendre une dune voisine en tortillant du popotin? Ce brave Georges-Arthur. C'est bon de se sentir soutenue dans l'épreuve.

Et juste une petite anecdote marrante: alors que Catherine nous explique que pour réussir à obtenir quelque chose, il faut que ce soit "notre rêve véritable" et que nous puissions le formuler de façon très précise, elle cite en exemple... Lady Gaga, qui fut autrefois la première petite amie de son fils! "Déjà, à l'époque, elle ne parlait que d'une chose: elle voulait devenir célèbre. Résultat, aujourd'hui, c'est une superstar, et mon fils, qui a exactement le même âge, pffffff". Soupir qui en dit long sur les performances du jeune homme - ou leur absence.

Vers 17h, j'ai dû m'éclipser alors que Catherine débordait légèrement de l'horaire prévu: mon compagnon et moi avions rendez-vous à l'autre bout de la ville pour notre première séance de thérapie conjugale. J'ai bien accroché avec la psy même si elle m'a posé la question qui m'horripile le plus au monde ("Pourquoi ne voulez-vous pas d'enfants?") et qu'elle m'a immédiatement cataloguée comme souffrant de solitude parce que je bosse chez moi. Euh, non. Mais le plus dur, ça a été d'entendre mon compagnon faire de moi un portrait assez infect et soulever des griefs dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Je suis sortie de là avec l'impression d'avoir pris un gros coup sur la tête, et très peu optimiste quant à nos chances de sauver notre couple.

J'ai préféré ne rien dire pendant le trajet de retour, le temps de digérer un peu. Et puis une fois à la maison, nous avons eu une bonne discussion, franche mais sans hostilité. Tout est sur la table maintenant, et chacun de nous a réaffirmé son désir de surmonter nos problèmes relationnels pour construire quelque chose de durable. Nous avons évoqué quelques mesures concrètes que nous pouvions d'ores et déjà prendre. Je ne sais pas si ça suffira, mais contrairement à ce qui s'est passé avec mon ex-mari et avec l'Homme-ce-chacal-jaune, je ne veux pas baisser les bras devant les difficultés, parce que rien de fondamental ne nous sépare. Les raisons de nos crises sont purement comportementales; avec de la bonne volonté et de l'amour, il devrait être possible d'y remédier. Nous avons un projet de vie qui tient la route. Ce serait vraiment dommage de finir dans le fossé.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est marrant que tu reparles d'ateliers de visualisation aujourd'hui, on me les a justement évoqués cet après-midi (Même si je dois avouer rester pour l'heure assez sceptique sur mes capacités à réaliser la chose).
Si cela peut te rassurer quant au fait de sortir "assommée" d'une séance de thérapie et bien que je n'en suive pas une pour les mêmes raisons, quel que soit le contenu final, j'en ressors toujours dans un état assez difficile à définir, une sorte de fatigue qui peut être éprouvante. Pourtant, je crois que cette décision de suivre une thérapie est un bon choix qui peut aider à mieux avancer par la suite, là encore quelle que soit la raison qui pousse à en entamer une.
Du courage et des bisous :)

Mélusine

stupidboy a dit…

Courage ♥

Miss Sunalee a dit…

Ton billet se termine sur une note positive, ça fait du bien ! Et tes dernières phrases s'appliquent tout à fait à ma situation... même si ce n'est pas toujours simple.