mercredi 24 août 2011

"Margherita Dolcevita"


Apparemment, plus le temps est apocalyptique dehors, plus j'ai la main heureuse en matière de bouquins. Ma grande veine littéraire de l'été se poursuit avec "Margherita Dolcevita", roman de l'auteur italien Stefano Benni que j'avais découvert à Noël 2009 avec "La grammaire de Dieu". La quatrième de couv me paraissant excellente, je vous la livre telle quelle:

Quinze ans, quelques kilos en trop et un (grand) coeur qui bat sur un rythme atypique, voici Margherita Dolcevita. Elle écrit des poèmes et dialogue avec la Petit Fille de poussière, qui hante une maison jadis frappée par un bombardement. Un père bricoleur acharné, une mère qui fume des cigarettes virtuelles, deux frères, l'un fana de foot, l'autre de mathématiques, un grand-père qui avale des yaourts périmés pour se mithridatiser et un chien de race indéfinissable: c'est la famille de Margherita, qui habite un reste de campagne aux abords d'une petite ville.

Quand apparaît un jour juste en face un énorme cube noir et menaçant, la maison des nouveaux voisins, les Del Bene, l'adolescente est la seule à mesurer les risques qu'encourt leur vie paisible. Mais elle est décidée à se battre jusqu'au bout contre la modernité maléfique que les Del Bene incarnent, avec son humour, son intelligence et son refus des stéréotypes qui font d'elle une sorte de Zazie italienne.

"Margherita Dolcevita" est un roman inclassable. A la fois poétique et politique, il emprunte avec bonheur des éléments à la satire, à la littérature fantastique mais aussi au thriller. Stefano Benni déploie un style vigoureux, inventif et jubilatoire, très bien servi par une merveilleuse traduction de Marguerite Pozzoli. Avec un humour féroce, il crucifie le capitalisme et la société de consommation auxquels il oppose la fantaisie et l'individualité dans le meilleur sens du terme. "Parfois, les nomades volent, mais beaucoup moins que les gens domiciliés à Monte-Carlo", fait remarquer sa piquante héroïne. Je l'aurais aimée rien que pour cette phrase, mais chaque page de "Margherita Dolcevita" contient au moins un passage que j'ai envie de citer d'un air triomphant pour vous convaincre de le lire toutes affaires cessantes. Quand je pense que ma pile contient encore un bouquin de Stefano Benni, j'en frétille d'avance.

6 commentaires:

Céline a dit…

Un éditeur qui met le nom de la traductrice en couverture, c'est bon signe!

Nuryko a dit…

La quatrième de couv' et ton commentaire me donne très envie. Je rajoute à ma liste d'envie amazon (qui contient déjà 12 pages rien que de bouquins ^^)

sagattine a dit…

Une petite question qui surgit à la lecture de cet article : si tu ne parles par la langue d'origine (et peut-être que tu parles italien!), comment peux-tu voir si une traduction est bonne ou pas? Je m'étais toujours imaginé qu'on pouvait juger d'une traduction en comparant avec l'original, mais il y a peut-être des "trucs" de traducteur?! En tout cas ça donne envie de le lire!

ARMALITE a dit…

Céline: oui, je suis très jalouse des traducteurs Babel/Actes Sud pour ça!

Sagattine: bonne question. Non, je ne parle pas italien, et je ne peux donc en effet juger de la fidélité de la VF. Par contre, je peux juger de la fluidité du français, qui est ce qui prime avant tout dans mon propre travail. Si un bouquin se lit comme s'il avait été écrit directement en français, et en particulier quand il y a beaucoup de trouvailles de langage comme dans "Margherita...", je considère que le traducteur a fait du bon boulot. Mais je suis de l'école qui privilégie la fluidité de la VF à la fidélité par rapport à la VO ^^

sagattine a dit…

D'accord merci! Effectivement, du moment que le traducteur ne s'autorise pas trop de liberté avec le texte original, j'apprécie la qualité du français et le plaisir de la lecture avant tout

Anonyme a dit…

J ai adoré "Margharita Dolce Vita" et je te conseille " Le bar sous la mer"de Benni également. je dévore ses bouquins à une vitesse folle,son style loufoque, poétique, engagé me passionne!!En ce qui concerne la traduction je partage ton avis, Benni à une écriture assez particulière ( il jongle avec les mots)et effectivement la traduction est remarquable. bonne continuation