vendredi 25 novembre 2011

"Paul au parc"


Je ne crois pas vous avoir déjà parlé de l'immense affection que j'ai pour la série "Paul" de Michel Rabagliati. J'ignore dans quelle mesure il s'agit d'une autobiographie déguisée de l'auteur, mais cette histoire d'un jeune garçon né à la fin des années 50 qui grandit dans une famille québécoise moyenne en rêvant de faire de la bédé, épouse son amour d'étudiant, fonde une famille et traverse les joies et les peines d'une vie ordinaire est remarquable par sa justesse de ton.

L'avant-dernier volume en date, "Paul à Québec", raconte les derniers mois de son beau-père atteint d'un cancer; les larmes que j'ai versées à la fin n'étaient pas des larmes de tristesse, mais d'une émotion beaucoup plus vaste et plus complexe. Car tout le talent de Michel Rabagliati consiste à rendre les différentes facettes d'une existence sans en négliger aucune, ni jamais tomber dans le mélo. A travers l'histoire de Paul, il retrace aussi celle d'une génération et d'un pays qu'il me semble désormais connaître mieux.

"Paul au parc", par exemple, nous montre son héros âgé de onze ans s'enrôlant chez les scouts à une époque où le Front de Libération du Québec entame une série d'actions terroristes marquantes. Ce tome 7 commence par relater les déboires de la mère de Paul avec une belle-famille envahissante, les premiers émois amoureux du jeune garçon, sa découverte des camps en pleine nature avec des moniteurs formidables. Et puis une tragédie personnelle aussi inattendue que choquante vient clore cette période de sa vie en même temps qu'un double enlèvement suivi d'un meurtre ébranle tout le Québec.

Je sais que présenté comme ça, ça n'a pas l'air gai. Pourtant, comme les tomes qui l'ont précédé, "Paul au parc" est plein de moments joyeux ou juste touchants, des moments d'une vérité criante relatés avec une sincérité rare. Je n'étais pas au courant de sa sortie il y a une semaine; j'ai eu la surprise de tomber dessus dans les rayons de Filigranes lors de ma virée shopping de lundi avec Miss Sunalee. Je m'en suis emparée avec un couinement hystérique, sachant que je tenais dans mes mains une heure de pur plaisir de lecture. Et je ne m'étais pas trompée. Si vous ne connaissez pas la série de Michel Rabagliati, je vous envie sincèrement d'avoir encore à la découvrir.

2 commentaires:

funambuline a dit…

Il est juste impossible de lutter avec un article pareil.

zizabel a dit…

Moi aussi, je suis bien tentée... Doublement vu que mon petit dernier (qui dort justement contre moi dans l'écharpe) s'appelle Paul! Merci pour ce conseil!