mercredi 30 mars 2011

"C'est ici que l'on se quitte"


A la première ligne du premier chapitre de "C'est ici que l'on se quitte", le héros apprend que son père vient de mourir d'un cancer du colon après avoir atrocement souffert pendant six mois.

...Y'a pas à dire, j'ai un flair très sûr pour choisir mes lectures.

J'ai failli m'arrêter immédiatement, ce qui aurait quand même été un record. Mais je n'avais rien emporté d'autre à lire dans ce vol Bruxelles-Istanbul, ni pour le séjour en Turquie qui allait suivre. Alors, j'ai serré les dents et me suis forcée à continuer.

Judd Foxman vient donc de perdre son père, une catastrophe de plus dans la longue série qui s'est récemment abattue sur lui. Après la mort in utero de leur bébé, sa femme Jen a entamé une liaison avec Wade, un gros beauf qui se trouvait par ailleurs être le patron de Judd. Les découvrant un jour au lit ensemble, Judd a mis le feu aux testicules de Wade à l'aide des bougies allumées d'un gâteau d'anniversaire et démissionné dans la foulée. Du coup, il a dû abandonner le domicile conjugal et s'installer dans le sous-sol déprimant loué par un couple de vieillards chinois.

Là-dessus, son père avec lequel il n'a jamais réussi à communiquer vraiment décède en laissant une surprenante dernière volonté: bien que juif non-croyant et peu pratiquant, il tient à ce que sa famille observe après ses obsèques le rituel de la shiv'ah. Pendant sept jours, Judd va donc se retrouver enfermé dans la maison de son enfance avec tout un paquet de gens qu'il supporte à peine. Sa mère auteure de livres de psychologie enfantine, qui à 63 ans continue à exhiber sa poitrine refaite avec des décolletés jusqu'au nombril. Son frère aîné Paul qui a pris la direction du magasin d'articles de sport créé par leur père, et qui tente en vain de faire un bébé à sa femme Alice (une ex-petite amie de Judd). Sa soeur Wendy, mère de trois enfants et épouse de Barry, un gros beauf accro au boulot qui ne décolle pas de son BlackBerry. Son frère cadet Philip, l'éternel trublion amateur de filles et de substances illicites. Inutile de dire que le mélange est explosif et que la semaine s'annonce agitée...

Contre toute attente, j'ai beaucoup, beaucoup ri en lisant "C'est ici que l'on se quitte". J'ai aussi eu le coeur tour à tour serré et gonflé d'espoir. Jonathan Tropper joue à merveille sur toute la gamme des émotions humaines suscitées par les grandes questions de la vie-la mort. Il parvient à rendre très exactement le mélange d'amour et d'irritation qu'on s'inspire toujours entre membres d'une même famille. Il manie l'humour vaudevillesque et le comique de situation avec assez de virtuosité pour contrebalancer les grincements de dents qu'il inspire par ailleurs, la mélancolie et l'amertume qui imprègnent une grande partie de son texte. Comme quoi, en littérature, il faut parfois savoir faire fi de sa première impression pour découvrir de vraies bonnes surprises. Ce roman brillant à tous points de vue en était une.

mardi 29 mars 2011

The House Hotel


J'ai aimé:
- La déco de la suite, pas vraiment design mais assez inspirée dans le genre sobre et de bon goût: oiseaux en métal doré aux murs, cabine de douche-fusée dans la chambre, plaques d'immeuble en marbre dans la salle de bain... Le reste de l'hôtel était tout aussi chouette, avec des vases de fleurs fraîches sur les consoles des couloirs, de la moquette dans les escaliers et d'immenses canapés Chesterfield dans la salle à manger.
- Le confort. J'aurais voulu ne plus jamais sortir de ce lit où j'ai si bien dormi sauf la nuit où Chouchou a ronflé ni de cette douche avec une énorme pomme qui délivrait de l'eau bien chaude et un plancher de lattes en bois qui permettait le bon écoulement de cette dernière sans risque de glissade.
- Les produits de bain L'Occitane (au moins, je n'étais pas dépaysée!) et les cinq variétés de thé en sachet mis à disposition gratuitement dans les chambres, en compagnie bien sûr d'une bouilloire électrique.
- Le buffet petit déjeuner. Je crois que je n'ai jamais vu mieux nulle part, sauf peut-être à l'Hôtel Disneyland la fois où Etre Exquis et moi avions été surclassés à l'étage des suites de luxe. Mini-viennoiseries un peu salées, gâteau marbré à tomber par terre, yaourt nature maison délicieux, mini-moelleux au chocolat, pancakes de la mort, oeufs brouillées aux tomates et aux poivrons, assortiment de fromages de brebis turcs et de pains aux céréales, différentes salades de fruits et de crudités, charcuterie et saumon fumé, börek (feuilleté) à la pomme de terre, jus d'orange et de pamplemousse fraîchement pressé, plus un grand choix de cérales, de fruits secs, de confitures, de miel, de Nutella et d'olives vertes. La plupart du temps, nous n'avons pas mangé le midi, nous contentant de prendre un en-cas sur le coup de 16h.
- La serviabilité du personnel: nous avons eu affaire à quatre réceptionnistes différents, qui parlaient tous très bien anglais et étaient d'une grande efficacité.
- Le rapport qualité-prix. 112,50€ la nuit pour une suite hyper-confortable de 30 mètres carrés et deux petits déjeuners inclus, ça le fait grave.
- La ruelle située juste derrière l'hôtel, bourrée de petits restos sympas.

J'ai moins aimé:
- L'absence d'ascenseur: quand vous êtes au premier étage et que la salle à manger se trouve au cinquième et dernier, ça fait des réveils un peu brutaux pour les mollets.
- Le quartier: l'hôtel est situé dans la partie occidentale moderne de la ville, très près à vol d'oiseau d'Istiklâl Caddesi qui est la grande avenue commerçante hyper animée jusque tard dans la nuit, mais une bonne centaine de mètres plus bas en termes d'altitude. Là encore, les mollets en prennent un gros coup. Et pour se rendre dans la partie historique de la ville, sur l'autre rive de la Corne d'Or, il faut descendre prendre le tramway à la station Tophane (et se taper la remontée au retour, donc).

Je recommande:
Oui. Si je n'ai clairement pas partagé l'enthousiasme de Caro pour la ville d'Istanbul, je suis en revanche ravie d'avoir écouté ses conseils et retenu une chambre au House Hotel de Galatasaray. De tout mon séjour, c'est de loin ce que j'ai préféré.

Istanbul: les images mentent


dimanche 27 mars 2011

Paroles de Stambouliotes


Malgré ce que j'avais entendu dire, les gens d'ici parlent très mal anglais dans l'ensemble, et communiquer avec eux se révèle difficile. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne me sens pas à l'aise à Istanbul: je n'ai pas l'habitude de ne pas pouvoir me faire comprendre lorsque je voyage, et ça me gêne vraiment. Quelques échanges amusants (ou pas...) avec les autochtones.

Jeudi soir, dans une rue commerçante située au-dessus de la tour de Galata. Nous revenons de dîner au Konak Café; il est déjà tard mais quelques boutiques restent ouvertes. Je m'arrête dans l'une d'elles pour acheter un magnet représentant le drapeau turc. "Vous venez d'où?" me demande le vendeur. Ma réponse éclaire son visage d'un grand sourire. "Ah, j'aime beaucoup la France! Il y a cinq ans, votre juge de l'Eurovision a donné 12 points à la Turquie, alors depuis, j'aime beaucoup la France!" A quoi ça tient tout de même, l'entente entre les peuples...

Vendredi en fin de journée, dans le bazar égyptien. Je m'approche d'un étal couvert de lampes d'Aladin miniatures et commence à examiner l'une d'elles. Le vendeur me promet qu'elle exaucera trois voeux à condition que je les fasse tous à la fois et sans les partager avec personne. Pendant que j'hésite, et pensant sans doute me flatter pour m'inciter à acheter sa marchandise, il s'exclame: "Vous ressemblez à Nana Mouskouri!". Dire ça à une femme qui s'apprête péniblement à passer le cap de la quarantaine le lendemain, ce n'est pas une gaffe, c'est de la cruauté mentale. Note à moi-même: filer chez le coiffeur dès mon retour à Bruxelles.

Samedi, pendant une balade à Ortakoÿ, ancien village de pêcheurs boboisé, désormais envahi par les échoppes d'artisans. A l'étalage de l'une d'elles, je craque pour une bague très originale, représentant une rose en corail posée sur un nid de feuilles en argent. Je l'essaie: elle me va nickel. Je cherche un vendeur du regard. Personne. Au bout de quelques minutes, je finis par apercevoir un adolescent maussade à un bout des présentoirs. Il ne s'intéresse pas du tout à moi et je dois insister pour attirer son attention. Je lui demande combien coûte la bague; il la prend, disparaît un moment, revient et me la fourre de nouveau dans les mains en marmonnant: "Soixante-cinq". Je hasarde: "C'est cher", mais déjà, il m'a tourné le dos et m'ignore soigneusement. Un peu refroidie, je m'apprête à reposer la bague et à partir quand j'aperçois un autre vendeur à l'extrémité opposée des présentoirs. Je lui pose la même question; il me sourit et pose la bague sur une balance en m'expliquant que ça dépend du poids. Soit. L'objet de ma convoitise fait 10,7 grammes. "Soixante liras", m'annonce le vendeur. A ce stade, j'en ai un peu marre; je veux juste payer la bague et m'en aller avec. Du coup, je réponds juste "OK" et plonge la main dans mon sac pour y prendre mon portefeuille. Etonné et vaguement dépité, le vendeur ajoute très vite: "Vous ne réclamez pas de réduction, mais je vous en fais une quand même. Disons cinquante-cinq." Ce qui signifie sans doute que j'aurais pu l'avoir à quarante, mais je déteste marchander. Au final, c'est Chouchou qui me l'offre.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons à un stand qui vend des patates au four garnie de toutes sortes de cochonneries (olives, raita, fromage, saucisses, champignons...). Je demande poliment à l'un des quatre vendeurs alignés derrière le comptoir: "Vous parlez anglais?". Un de ses collègues me répond sur un ton agressif: "Et vous, vous parlez turc?". Non, gros con. J'ai clairement le teint de lavabo d'une touriste; je ne vois pas pourquoi je parlerais turc. Je te signale par ailleurs que l'anglais n'est pas ma langue maternelle mais un effort consenti pour communiquer avec les étrangers. Et si tu ne veux vendre tes patates qu'à des gens qui causent ta langue, vu l'endroit où tu t'es installé, ton chiffre d'affaires va très vite en prendre un coup dans le tubercule. J'dis ça, j'dis rien. D'ailleurs, je ne dis rien, ça vaut mieux.

vendredi 25 mars 2011

En bref depuis la Turquie


Juste après Prague et New York, Istanbul vient clôturer mon tiercé de tête des villes qui ne sont pas du tout telles que je les imaginais, les villes dont le charme soi-disant fou que tout le monde leur prête glisse sur moi comme sur les plumes d'un canard, les villes que j'ai longtemps attendu de visiter et par lesquelles je suis au final hyper déçue. Mais ce n'est pas si grave. Notre hôtel déchire sa mémé; le soleil est de la partie pour l'instant; j'ai acheté quelques brols sympas; Chouchou a pris de belles photos; nous avons logué quatre géocaches et nous améliorerons sûrement ce score avant notre départ. Même si je ne suis pas séduite, nous sommes ensemble. Nous nous fabriquons des souvenirs et après les épreuves de ces derniers mois, je trouve que c'est une raison bien suffisante de me réjouir.

jeudi 24 mars 2011

Ces petits riens


Je n'ai jamais rêvé de recevoir des cadeaux somptueux ou d'être la destinataire de gestes extravagants. Il m'est arrivé d'organiser des anniversaires surprise pour des amies à qui je savais que ça ferait plaisir; la réciproque m'aurait sans doute plongée dans un grand embarras tant je déteste être au centre de l'attention générale. De la même façon, si un homme m'avait offert le solitaire taille Lucida monture platine de chez Tiffany devant lequel je bave depuis des années, j'aurais été affreusement gênée et tentée de refuser la merveille pour ne pas me sentir redevable, ne pas avoir l'impression qu'on achetait mon affection ou qu'on cherchait à établir un quelconque ascendant sur moi avec ce présent d'une valeur démesurée.

Ce que j'aime vraiment, ce sont les petites attentions. Celles qui n'ont pas pour but de m'éblouir ou de créer une dette, mais qui partent juste d'une envie désintéressée de me faire plaisir. C'est Chouchou qui s'embête à prendre la voiture pour aller faire les courses au Delhaize au lieu de descendre au GB qui se trouve à 300m de la maison, parce que c'est le seul endroit où on vend des avocats crémeux comme je les aime. C'est mon père qui me sachant frileuse pense à allumer le radiateur d'appoint dans la chambre d'amis en début de soirée, alors que moi j'oublie systématiquement. C'est ma mère qui passe une demi-journée entière à me préparer de la morue à la portugaise chaque fois que je leur rends visite. C'est Titou qui se propose spontanément pour accueillir à ma place le spécialiste ès-fourmis à l'appartement de Monpatelin pendant que je suis à Bruxelles. C'est Etre Exquis qui la dernière fois que je me plaignais de mes problèmes de trésorerie devant lui, et sans la moindre arrière-pensée, m'a juste demandé: "Tu as besoin de combien?" (évidemment, j'ai refusé, comme j'avais refusé en d'autres temps la même proposition émanant de Mains Déshydratées, mais c'est l'intention qui compte). C'est Mélanie qui a offert de m'héberger après la soirée des 10 ans d'Editeur Préféré alors qu'on ne se connaissait pas si bien que ça à l'époque - mieux maintenant, du coup, ce dont je me réjouis. C'est cette Postcrosseuse canadienne qui, ayant lu sur mon profil que je recherchais des cartes représentant des hippopotames, a sacrifié la plus belle pièce de sa propre collection*, achetée dans un zoo, en me disant qu'il lui resterait toujours les photos qu'elle avait prises sur place. C'est Funambuline qui me concocte un sublime Frankenpolish Georges-Arthur arrivé aujourd'hui dans ma boîte aux lettres. C'est Lady Pops qui me confectionne un amigurumi du même Georges-Arthur pour mon anniversaire. Ce sont tous ces petits riens qui suffisent bien souvent à illuminer la plus maussade des journées et à réchauffer mon coeur rabougri de sociopathe.

*Sérieusement, il est pas croquignolet tout plein, le mini-Georges-Arthur avec son immense sourire? Mougnoumougnou... Par contre sa reum a l'air moyen commode.

mercredi 23 mars 2011

"Pssst, j'ai enfin trouvé la sortie... Il ne me reste plus qu'à trouver la Belgique!"


Mon premier cadeau d'anniversaire!

Made by Lady Pops
et que je remercie de tout mon coeur
pour cette adorable attention.

Je suis très gâtée en ce moment...

Quant à Georges-Arthur,
si ça continue comme ça,
il va finir par prendre la grosse tête!

The dawn of a new age


Entre l'arrivée du printemps (il fait un temps superbe à Bruxelles depuis mon retour de Paris) et notre départ imminent pour Istanbul, je suis dans un tel état d'excitation que depuis deux jours, je ne peux me résoudre à rester enfermée et à bosser. Pas grave, j'ai de la marge niveau planning - je me rattraperai en avril. C'est si bon de fourmiller à nouveau de projets, de recommencer à vadrouiller un peu partout! Après Istanbul, il y aura Trolls & Légendes à Mons le week-end de l'anniversaire de Chouchou, les Imaginales à Epinal en mai, un petit tour à Lausanne pour rendre visite à Lady Pops et Funambuline en juin (j'espère), une semaine de vacances en famille à Toulouse en juillet, un city trip à Stockholm en septembre... Voir mon agenda se remplir de destinations plus ou moins lointaines me donne toujours le sourire.

Je n'en oublie pas l'anniversaire hautement symbolique qui me tombera dessus samedi, mais j'essaie de l'aborder avec fatalisme. Oui, 40 ans, dans ma tête, c'est un peu la moitié du parcours. En même temps, je peux aussi bien me faire écraser par un bus le mois prochain que devenir la prochaine Jeanne Calment, allez savoir. L'important, me semble-t-il, c'est que j'en suis tout à fait où je souhaitais en être à cet âge-là: avec un boulot que j'aime et qui me permet de bien gagner ma vie tout en conservant pas mal de temps libre, dans une relation de couple épanouissante et sans enfants comme je l'ai toujours voulu. Non, je n'ai vraiment pas de raison d'être insatisfaite ou de me lamenter sur mon sort, et j'entends bien profiter au maximum de cette nouvelle décennie!

mardi 22 mars 2011

"Refaire le monde"


(Avertissement: la lecture de ce post est déconseillée à toute fan de littérature culinaire décidée à ne pas voir ENCORE augmenter sa PAL.)

Comme je l'écrivais hier, j'ai besoin en ce moment de lire des choses réconfortantes, ce que les Anglophones appelleraient des feel-good books. Des romans qui ne changeront pas ma vie mais qui, l'espace de quelques heures, me plongeront dans un monde plus doux où tous les problèmes finissent généralement par s'arranger.

Voilà pourquoi j'ai acheté et dévoré "Refaire le monde" de Julia Glass. Charlotte Duquette, dite Greenie, est une pâtissière de génie dont le mariage semble partir à vau-l'eau depuis quelque temps. Pour lui donner un coup de fouet salutaire, elle accepte de quitter New-York afin de devenir la cuisinière en chef du gouverneur du Nouveau-Mexique. Bien entendu, tout ne se passe pas exactement comme elle l'avait imaginé...

"Refaire le monde" n'est pas un roman aussi simpliste que sa quatrième de couverture pourrait le laisser penser. Si Greenie en est clairement l'héroïne, on suit aussi le parcours de plusieurs autres personnages selon le principe cher à mon coeur de la multiplicité des points de vue. Ainsi, certains chapitres sont consacrés à ce qui arrive en l'absence de Greenie à son mari Alan, thérapeute conjugal rongé par le doute, à son ami Walter, restaurateur homosexuel désireux de trouver le grand amour, et à Saga, une amie des bêtes à la mémoire erratique. Chacun d'eux a connu des drames qui l'ont marqué, et chacun d'eux porte en lui une mélancolie qui empêche le roman de verser dans un optimisme béat. Même si "Refaire le monde" est voué, on le sent, à bien se terminer, il y règne tout du long une ambiance agréablement nuancée.

J'ai aimé les personnages attachants de Julia Glass (surtout celui de Saga), les scènes en cuisine à l'atmosphère chaleureuse et réconfortante, la peinture de New-York qui m'a donné envie de me promener dans certains quartiers semblables à de petits villages. Je me suis délectée des 800 pages de "Refaire le monde" comme d'une gourmandise sucrée juste ce qu'il faut pour ne pas devenir écoeurante.

lundi 21 mars 2011

"A clash of kings"


Ca vous est déjà arrivé de trouver un livre génial et d'avoir quand même un mal fou à le terminer? De redouter, presque, le moment où vous vous replongerez dedans? Parce que c'est l'effet que m'a fait "A Clash of Kings", second tome de la série "A song of fire and ice". J'avais dévoré le premier en deux semaines; j'ai mis trois mois pour arriver péniblement au bout de celui-là.

Pourtant, George R. R. Martin écrit toujours aussi bien. Pourtant, on retrouve la multiplicité de points de vue qui m'avait tant emballée dans "A game of thrones": Eddard Stark n'est plus, mais à sa place, le lecteur est invité à suivre Davos, un ancien contrebandier au service de Stannis Baratheon, et Theon Greyjoy, l'ex-pupille des Stark qui va se retourner contre eux (et qui finira par le regretter comme il se doit). Pourtant, l'intrigue reste admirablement ficelée malgré un nombre ahurissant de personnages. Pourtant, les descriptions de batailles sont les plus réalistes que j'aie jamais lues, avec des belligérants qui tombent comme des mouches. Pourtant, l'atmosphère d'une guerre est extrêmement bien rendue, l'auteur ne nous épargnant aucun détail sordide, aucune situation désespérante.

Oui mais justement, tout ça était peut-être un peu trop sordide et un peu trop désespérant pour moi, à une période où j'avais besoin de choses beaucoup plus légères. Très vite, j'ai été accablée par la noirceur de "A clash of kings", cette impression que non seulement les héros étaient condamnés d'avance, mais qu'ils allaient souffrir de toutes les façons possibles et imaginables avant de finir par succomber. Du coup, je me suis petit à petit détachée de mes préférés, Tyrion Lannister et Jon Snow - ce qui était un bon réflexe, étant donné que le premier termine "A clash of kings" complètement défiguré et que le second se retrouve obligé de tuer de ses mains son supérieur et frères d'armes. Je crois que je vais attendre un petit moment avant d'attaquer le tome 3 qui attend déjà dans ma PAL.

dimanche 20 mars 2011

Le Salon du Livre sans Salon du Livre


J'avais prévu un séjour de 72h à Paris pour assister au Salon du Livre et voir ceux de mes amis qui habitent sur place. Et puis tout s'est mal goupillé: dégoûté par les problèmes d'organisation survenus l'an dernier, Editeur Préféré avait décidé de ne pas participer au Salon cette fois; JC faisait silence radio; Antonia était overbookée, Béné pas disponible pour un déjeuner et Malena victime d'un empêchement de dernière minute. Les auteurs par lesquels j'aurais aimé me faire dédicacer des livres (Claudie Gallay, Lola Lafon ou Florent Chavouet) ne figuraient pas dans le programme du Salon. Je serais bien allée me faire poupougner chez Ménard, mais je préférais garder mes sous pour le voyage à Istanbul; je serais bien allée voir l'expo photo Circulations, mais j'avais la flemme de me traîner en métro + bus jusqu'à Levallois; et en ce moment, je ne suis pas hyper branchée shopping.

Au final, je n'ai donc passé que 36h dans la capitale, et même pas mis les pieds au Hall des Expositions de la Porte de Versailles. Mes activités se sont résumées à dîner tibétain avec des amis, puis dormir chez eux (ce qui m'a donné l'occasion de découvrir leur très chouette appartement), et assister à la rencontre organisée par Editeur Préféré entre Patricia B., Kelley A. et leurs fans.

Arrivée un peu en avance samedi après-midi, j'en ai profité pour faire une visite guidée de nouveaux locaux (anciennement occupés par MTV Europe). Immenses, lumineux, pleins de peluches Cthulhu et de guitares Wii, ils m'ont presque fait regretter de travailler toute seule chez moi. C'est vrai que 90% du temps, j'apprécie de ne pas perdre de temps dans les transports matin et soir, de pouvoir traîner en pyjama toute la journée et de ne jamais être distraite de mon boulot par d'hypothétiques collègues. Mais les 10% qui restent, je me dis que ce serait bien de marquer une séparation un peu plus nette entre vie professionnelle et vie privée, et surtout de partager du quotidien avec des gens animés par la même passion que moi. "Ah mais si tu veux, on te trouve un bureau et tu viens bosser ici de temps en temps", m'a proposé Bones. Si le Thalys était moins cher, je me laisserais presque tenter!

Pour cette rencontre, Leslie avait réussi à faire des merveilles avec un tout petit budget. Buffet goûter géré par le traiteur habituel (bon, très bon), vases garnis de fleurs d'un rouge presque noir, macarons personnalisés avec un détail issu de la série-phare de chacune des auteures, pétales de rose en tissu parfumé répandus à la base des colonnes ou sur la table des dédicaces, tatouages éphémères en forme de patte de loup que nous avons tous appliqué à un endroit différent de notre corps...


A 14h, Patricia et Kelley se sont installées, et je leur ai pratiquement sauté dessus pour qu'elles me signent le tome 1 de leurs séries respectives: discuter avec elle pour l'enregistrement de l'émission, lundi, m'avait donné très envie de découvrir ce qu'elles écrivaient. Patricia s'est exécutée la première, en me demandant de choisir parmi son assortiment de stylos multicolores. Evidemment, j'ai pris du rose. Puis j'ai tendu l'autre livre que j'avais apporté à Kelley. "Euh, tu ne préfères pas que je signe mon roman?" a-t-elle demandé, un peu surprise. C'est là que je me suis rendu compte que j'avais fait dédicacer le roman de Kelley par Patricia. Oups! La blonde inside a encore frappé.

Les portes se sont ouvertes, et les fans ont commencé à rentrer. Nombreux, très nombreux, mais disciplinés et patients, ils ont formé deux files pour attendre sagement leur tour. Lorène, la traductrice de Patricia, et Isabelle, qui a récemment repris la série pour adultes de Kelley, assistaient les auteures pour dialoguer avec leurs lecteurs (qui étaient en majorité des lectrices, d'ailleurs). Après m'être rendue utile en jouant les messagères entre la table des dédicaces, le bar et la librairie, je me suis éloignée pour discuter avec les collègues et/ou amis qui avaient pu venir. Ils n'étaient malheureusement pas nombreux: Mélanie, Ando, Draco, Eve et Herbie, plus une brève apparition de Pierre et de Gérard en fin de journée. J'imagine que les autres avaient préféré aller au Salon malgré tout. Tant pis, je les verrai à Trolls & Légendes le mois prochain ou aux Imaginales en mai.

J'étais tout de même très contente de pouvoir passer du temps avec ceux qui se trouvaient là, et aussi avec les gens de chez Editeur Préféré que je vois trop peu souvent alors que je m'entends super bien avec beaucoup d'entre eux. L'ambiance était très chouette, animée sans hystérie. Plusieurs fois, je me suis fait alpaguer pour poser en photo avec des lectrices de Série Plus Tellement Préférée Mais Bon. J'ai eu droit à plein de "Merci pour votre travail!" toujours agréables, et même à un "Je vous ai vue au Salon l'an dernier, vous êtes presque aussi célèbre que LKH!", extrêmement exagéré mais qui m'a fait sourire. Bref, l'après-midi est passé trop vite une fois de plus, et je n'ai pas vraiment regretté ce Salon du Livre sans Salon du Livre.

Tashi Dèlèk


Quand les amis avec qui je devais dîner à Paris vendredi soir m'ont donné le choix entre plusieurs restos ethniques, j'ai sauté sur cette occasion de découvrir une cuisine que je ne connaissais pas: celle du Tibet. Nous nous sommes donné rendez-vous directement sur place. J'avais gribouillé dans mon fidèle carnet un petit plan qui aurait dû me permettre de gagner le Tashi Dèlèk sans encombres depuis la librairie Arkham. Mais après avoir tourné dans le quartier sous la pluie pendant une bonne demi-heure, j'ai dû me rendre à l'évidence: impossible de trouver la rue Saint-Jacques. J'ai piteusement sorti mon vieux Nokia. "Allô, vous pourriez plutôt venir me chercher au métro?"

Situé près du Panthéon, le Tashi Dèlèk propose donc des spécialités tibétaines (et du vin on ne peut plus français!). La carte est variée et comporte deux menus du soir, l'un à 22 et l'autre à 17€. Nous avons tous les trois opté pour ce dernier. Parmi les trois entrées proposées, j'ai jeté mon dévolu sur une soupe à l'orge, aux épinards et au fromage de chèvre, surprenante mais délicieuse, et goûté les beignets au fromage de mon voisin, bien plus légers que les traditionnelles croquettes belges! En plat principal, j'ai pris des galettes au boeuf qui ressemblaient plutôt à des chaussons fourrés, accompagnées d'une poêlée de légumes au tofu. Pas mauvais mais un peu fade. Mon voisin décidément partageur m'a offert une de ses bouchées vapeur qui m'a inspiré le même commentaire. Arrivée au dessert, je n'avais plus assez faim pour tenter les beignets de fruits secs et me suis sagement rabattue sur un chô: yaourt nature tout simple mais très bon, bienvenu pour clore le repas sur une note sucrée et légère à la fois. Je pensais commander un thé tibétain afin de faire descendre le tout, mais au dernier moment, je me suis dégonflée devant l'idée de boire un truc plein de beurre salé. Une autre fois, peut-être.

A part ça, le restaurant est assez calme, le service plutôt rapide et discret. La salle toute en longueur manque un peu d'intimité, et la déco mériterait d'être un poil plus travaillée. Néanmoins, vu les prix très raisonnables pour Paris, l'endroit vaut la peine d'être testé. J'y ai passé une soirée agréable, même si la compagnie y était sûrement pour beaucoup!

Tashi Dèlèk
4, rue des Fossés Saint-Jacques
75005 PARIS
TLJ sauf dimanche, de 12h à 14h30 et de 19h à 23h
Métro 10 Maubert-Mutualité ou RER B Luxembourg

samedi 19 mars 2011

Fantasy Tavern spéciale Bit-Lit

Le podcast est ici. Il dure un peu plus d'une heure. Si vous y jetez un coup d'oeil, soyez sympas, ne me faites pas remarquer que j'ai une tête de poisson-lune et la voix de Minnie Mouse sous hélium: je suis déjà au courant :-)
Dès demain, je vous raconte la rencontre entre Patricia, Kelley et leurs fans qui a eu lieu cet après-midi dans les nouveaux locaux d'Editeur Préféré.

vendredi 18 mars 2011

Des images pour le Japon

Une sympathique initiative découverte chez Caro. Des artistes français offrent des dessins originaux sur le thème du tsunami, qui seront vendus aux enchères et feront peut-être l'objet d'un ouvrage publié dans le commerce. Les bénéfices seront reversés à Give2Asia, une association d'aide aux sinistrés. J'aime quand l'art se marie à la solidarité par-delà les frontières.


Le dessin qui illustre ce post (mon préféré pour le moment) est signé Krystel.

jeudi 17 mars 2011

En attendant de devenir président, Georges-Arthur joue les muses

En plus des bédés que Chouchou lui consacre, Georges-Arthur a inspiré Funambuline qui vient de créer un vernis à ongles à son nom. Bien entendu, il est super flatté. Et moi, je zyeute mes trois coffrets Muji pleins à craquer en me demandant quel flacon je vais sacrifier et quelles teintes je vais commencer par mélanger. Ca fait un petit moment que je n'ai rien fabriqué de mes deux mimines, et j'avoue que ça me manque un peu!

mercredi 16 mars 2011

Où la fée Dragée manque saboter ma nouvelle carrière de présentatrice


Lundi matin, c'est avec un enthousiasme extrêmement douché par la catastrophe en cours au Japon que j'ai quitté le chouette hôtel où Editeur Préféré m'avait réservé une chambre pour la nuit. J'avais quelques heures à tuer dans Paris avant le début de mes engagements professionnels, et aucune envie précise à part celle de ne pas me ruiner. J'étais déjà passée au Virgin et au Séphora des Champs-Elysées la veille au soir; c'est donc vers Opéra et le Boulevard Haussmann que mes pas m'ont menée par défaut. J'ai erré dans le quartier, entrant et ressortant de quelques magasins sans que rien parvienne à éveiller mon intérêt. A midi pétante, je m'attablais seule au Higuma, ma cantine japonaise de la rue Sainte-Anne, et je commandais un miso set dont je n'ai jamais réussi à venir à bout. Puis je suis repassée à l'Hôtel Français chercher ma valise de 32 kilos, a.k.a. "le monstre turquoise", et je l'ai traînée bon an mal an dans le métro jusqu'aux anciens locaux d'Editeur Préféré où l'enregistrement de l'émission devait avoir lieu.

Arrivée avec 20 minutes d'avance, j'ai trouvé l'endroit désert. Bref instant de panique: et si les interviews prévues avant l'enregistrement étaient censées se dérouler dans les nouveaux locaux... à deux ou trois rues de mon hôtel? Je me voyais déjà refaire le trajet en sens inverse quand quelqu'un de bien planqué jusque là est enfin venu m'ouvrir. Leslie, l'attachée de presse d'Editeur Préféré, a débarqué une demi-heure plus tard en compagnie des deux auteures à qui je devais servir d'interprète pour l'après-midi: Patricia B. et Kelley A. Les présentations faites, nous nous sommes installées pour les premières interviews. Il s'agissait pour moi de traduire les questions en anglais, puis les réponses en français. L'exercice n'était pas trop difficile, juste un peu compliqué par le fait que je n'avais lu aucun livre des deux stars du jour. Je savais seulement que c'était de la bit-lit. Mais quand les titres et les noms de personnages ont commencé à fuser dans tous les sens, j'ai dû bien tendre l'oreille et surtout faire fonctionner ma mémoire pour ne rien oublier. Cela m'a permis de me familiariser un peu avec les auteures et leurs univers respectifs avant de passer aux choses sérieuses: l'enregistrement de l'émission, pendant lequel il serait hors de question de bafouiller, de raconter des conneries ou de demander à quiconque de se répéter vu que ça devait être diffusé en direct sur internet.

Patricia et Kelley sont très différentes. La première, silhouette moelleuse, jean-baskets, longs cheveux blonds et visage nu à part ses lunettes, a le rire facile et une personnalité immédiatement chaleureuse. Elle avoue avoir un peu de mal à s'astreindre à un rythme d'écriture régulier et raconte volontiers les anecdotes rigolotes liées à son travail. Son mari l'a accompagnée; ils forment un couple jovial, affectueux et volontiers bavard. Par contraste, la seconde, brune et mince, a les cheveux courts, s'est mis un soupçon de maquillage dès sa descente d'avion le matin même, porte un pantalon noir et un chemisier bordeaux et semble plus réservée au premier abord. C'est une ancienne programmeuse informatique, et de son ancienne activité, elle a conservé la rigueur à toute épreuve. Mais dès qu'elle parle de livres, les siens ou ceux des autres, ses yeux se mettent à briller et un large sourire éclaire son visage. Malgré leurs divergences de caractère, il apparaît très vite que ces deux femmes sont animées par la même passion et également éperdues de reconnaissance de pouvoir en vivre. Et elles ne manquent d'humour ni l'une ni l'autre, comme elles l'ont démontré pendant l'émission.

...Emission avant laquelle un mini-drame a failli avoir lieu: la trousse à maquillage du studio avait disparu! Par chance, j'avais un tube de fond de teint Avène dans ma valise, et Patricia comme Kelley ont la même carnation de bidet porcelaine que moi. Je me suis donc empressée de leur tartiner la figure pour ne pas qu'elles brillent sous les projecteurs. Leslie a fait entrer notre public, parmi lequel j'ai reconnu quelques têtes familières du forum AFBA. Le temps que tout le monde s'installe, David qui s'occupait de la régie a lancé le générique de l'émission. Et c'est là que la partie difficile a commencé, car je n'avais le droit ni à l'erreur, ni à la plus petite seconde de relâchement. Je ne pouvais pas me permettre de louper un seul mot de ce que disaient Patricia et Kelley, et je ne pouvais pas non plus dormir pendant les questions d'Emmanuel le présentateur, même si j'avais pu les lire avant le début de l'enregistrement. Les interviews m'ont bien aidée, car certains thèmes déjà traités à cette occasion sont revenus pendant l'émission, ce qui m'a permis de me détendre un peu. Je ne me suis laissée perturber que lorsqu'un portable s'est mis à sonner. Emmanuel et César le caméraman ont foudroyé le public du regard pendant que je mourais intérieurement de honte. Mais personne ne m'appelle JAMAIS en temps normal, alors forcément, j'avais oublié d'éteindre mon Nokia, voilà. J'ai été punie de ma négligence par une bonne petite sueur froide qui s'est répétée trois fois tandis que Chouchou s'obstinait à tenter de me joindre et que je faisais de mon mieux pour focaliser mon attention, non pas sur l'air de la fée Dragée, mais sur ce que continuaient à dire Patricia et Kelley.

Au bout d'une grosse heure, l'émission s'est enfin achevée, et j'ai pu pousser un gros soupir de soulagement. Je ne suis pas spécialement traqueuse, mais mes nerfs venaient d'en prendre un petit coup. Les gens de chez Editeur Préféré ont eu la gentillesse de m'assurer que j'avais été très bien, que Dieubouddhallah les bénisse pour leur indulgence. Il était 19h15 et mon train ne partait qu'à 20h25, mais je me méfiais des embouteillages. Aussi, j'ai demandé à Leslie de m'appeler un taxi tout de suite, et je n'ai pris le temps ni de faire des photos, ni de papoter avec personne. Après un "au revoir et à samedi" lancé à la cantonade, j'ai péniblement remonté le monstre turquoise jusqu'au niveau de la rue. Mon chauffeur est arrivé très vite, et c'est avec un agréable sentiment de devoir accompli que je me suis laissée conduire en admirant les rues de Paris sur lesquelles la nuit venait de tomber. A la Gare du Nord, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que Leslie m'avait pris un billet de retour en première classe. A moi le wifi gratuit et le super plateau-repas, mieux que dans n'importe quel avion que j'ai jamais pris à part peut-être ceux de Japan Airlines (RIP)! J'ai passé l'heure et demie de trajet à me la péter avec mon Macbook et ma jupette rouge, en me disant que je pourrais facilement prendre goût au luxe...

mardi 15 mars 2011

Jusqu'à la 37ème génération (au moins)


Ayant décidé d'écourter mon séjour de fin de semaine à Paris, je tente dès lundi d'annuler ma réservation d'hôtel. Comme je me trouve dans le quartier, je passe à l'Aris Nord. "Ah, mais vous avez réservé par SNCF Voyages, donc c'est à eux que vous devez vous adresser pour annuler, m'informe le réceptionniste. Si vous aviez réservé directement auprès de nous, je pourrais annuler votre réservation tout de suite sans aucun frais, mais là, impossible." Je jette un coup d'oeil aux tarifs des chambres: elles sont exactement au même prix que SNCF Voyages les propose. Si j'avais su...

Dans la foulée, je profite donc d'avoir mon Macbook tout neuf sous la main pour tenter d'annuler par internet. "Annulation momentanément impossible", répond SNCF Voyages à ma bonne trentaine de tentatives. Mardi matin, rentrée à Bruxelles, je me décide donc à téléphoner au numéro du service clients, sachant que ça va me coûter bonbon depuis la Belgique. Premier coup de fil: 10 minutes d'attente sans réponse. Deuxième coup de fil: 4 minutes d'attente et je tombe sur une jeune femme à qui j'explique mon cas.

- Comme vous annulez au dernier moment, on va vous compter la première nuit quand même. Il aurait fallu faire ça hier, m'annonce-t-elle placidement.

J'explique que j'aurais bien voulu, mais que la technique n'a pas suivi de leur côté.

- Oui, on est un peu débordés en ce moment.

- Soit, mais ce n'est pas à moi de payer pour vos problèmes, d'autant que je me suis rendu compte entre-temps que si je n'étais pas passée par vous, j'aurais pu annuler sans frais, et sans que ma chambre me coûte plus cher.

- Que voulez-vous que j'y fasse?

Là, je crie jusqu'à ce que la fille propose de se renseigner sur mon cas.

- Rappelez dans l'après-midi, et je vous dirai.

- Je me suis déjà ruinée en communications depuis l'étranger; c'est vous qui allez me rappeler!

- ...Bon d'accord.

- Je vous donne mon numéro.

- Pas la peine, on l'a déjà.

- Ah bon?

- Oui, c'est 04 94...

- Non. Ca, c'est mon numéro en France, et je me tue à vous répéter que je suis en Belgique actuellement!

Au final, je suis restée bloquée chez moi tout l'après-midi à attendre que cette gourde me rappelle, alors que j'avais des trucs à faire dehors, et devinez quoi? Pas le moindre coup de fil, évidemment. Ma réservation est toujours active, et d'ici demain, je vais passer à la totalité du séjour à régler quand même. Je maudis la SNCF et son service clients pourri jusqu'à la 37ème génération.

lundi 14 mars 2011

Où je passe ma soirée avec une équipe d'esturgeons


Quand j'étais en 4ème, un nouveau venu a débarqué dans mon collège de quartier. Il était blond avec des yeux bleus; il avait une mobylette et il arrivait du Canada où son père avait longtemps bossé comme entraîneur d'une équipe de hockey sur glace. Sport qu'il pratiquait aussi. Dès le premier match de la saison, la moitié des filles de ma classe squattaient les gradins de la patinoire locale pour admirer Yann H. en action. Et, oui, j'étais dans le tas. Ce fut le prélude de deux années passés à faire les devoirs d'un type qui avait presque 4 ans de plus que moi et qui ne m'a jamais considérée autrement que comme sa petite soeur - l'inauguration d'une longue série de craquages pour des sportifs à belle gueule et à QI minuscule. Grumpf.

Samedi après le déjeuner, alors que tout le monde s'efforçait de digérer une choucroute plus que chargée en vin blanc, Soeur Cadette a proposé que j'accompagne sa petite famille pour assister au match de hockey sur glace entre l'équipe de Toulouse et celle de Valence. Je me suis fait tirer l'oreille. "Je te jure que c'est beaucoup plus sympa que le foot ou que n'importe que autre sport de balle. Ca va vite et il y a une chouette ambiance", m'a-t-elle promis. "Tu as déjà vu un match en live?" Justement, oui. "Et tu en avais pensé quoi?" Euh, honnêtement, il ne me semble pas avoir prêté une grande attention au jeu. "Allez, viens! Tu n'as qu'à emporter un bouquin pour t'occuper si ça ne te plaît pas. Ou je viendrai avec toi au bar boire un verre. Au pire, je te ramènerai à la maison. Allez, vieeeeens." J'ai fini par dire oui juste pour avoir la paix.

Nous sommes arrivés pendant l'échauffement des équipes. Pendant que je bavardais avec Soeur Cadette en attendant le début du match, un palet a fusé hors de la patinoire et violemment percuté un siège vide deux rangées plus bas. Des morceaux de plastique gris ont jailli, et je suis devenue toute pâle. "J'aurais aussi bien pu me le prendre dans la tête!" Soeur Cadette m'a rassurée: selon elle, les accidents sont rares. "Cela dit, cette patinoire est la seule du département qui ne soit pas équipée de barrières de protection transparentes, parce que les responsables ne veulent pas devoir les démonter chaque fois qu'il y a une autre activité." Génial. Vraiment génial. Ca ne m'angoisse pas du tout du tout. Accessoirement, ça ne me rappelle en rien qu'il est toujours possible qu'une comète sortie de nulle part percute la Terre et déclenche un scénario d'apocalypse sans que Bruce Willis puisse faire quoi que ce soit pour nous sauver.

...Allez, une petite série de respirations yujaya pour la dame.

A 18h, des pom-pom girls sont entrées sur la patinoire pour encourager l'équipe locale des Belougas. Pas évident de faire une chorégraphie sympa en ne remuant que les bras. Le clou du spectacle a tout de même été l'apparition d'un esturgeon en peluche géant venu se trémousser au milieu de ces demoiselles. Ma consternation intérieure a cru, et j'ai tendu la main vers mon sac pour vérifier que j'avais bien emporté un bouquin.

Et puis le match a commencé, et j'ai dû admettre que Soeur Cadette avait raison. Que même pour quelqu'un de pas du tout branché sport, le hockey sur glace, c'est fun à regarder. Les actions sont très rapides; les joueurs filent dans tous les sens et se castagnent occasionnellement de manière plus ou moins discrète; il y a des gamelles et des mêlées; les lignes changent toutes les cinq minutes et on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. En plus, entre les tiers-temps (20 minutes chacun), on peut aller se chercher du Coca dans des gobelets de carton et des frites un peu molles mais dégoulinantes de ketchup dans une petite barquette plastique. Miam.

Ce soir-là, les 1300 places dans les gradins étaient toutes occupées, essentiellement par des spectateurs venus en famille, si bien qu'il régnait une atmosphère enthousiaste et bon enfant. A chaque belle action des Belougas, les gens criaient et se mettaient debout; à chaque décision d'un des arbitres en faveur de l'équipe adverse, ils protestaient et levaient les bras au ciel d'un air excédé. A la fin, j'étais debout avec eux quand les Toulousains marquaient un but, et je secouais la tête comme pour dire "Rha, dommage" quand les Valen... les joueurs de Valence remontaient au score. Après, paraît-il, une suite de sept défaites, les Belougas l'ont emporté par 8 à 6. Allez savoir: peut-être que je leur ai porté bonheur!

dimanche 13 mars 2011

Oui mais non

J'avais deux ou trois posts rigolos en préparation, du style "comment j'envisage de changer de carrière après ma rencontre avec un esturgeon en peluche géant", mais ça fait deux jours que je passe tout mon temps libre à guetter des nouvelles du Japon. Je suis à Paris depuis 18h00 cet après-midi, et j'ai même écourté mon dîner-shopping sur les Champs pour rentrer plus vite à l'hôtel et me recoller devant CNN. Difficile de m'enthousiasmer sur des bouquins ou du vernis à ongles alors que j'en ai déjà, respectivement, 17 kilos et 12 flacons dans ma valise ce pays que j'aime tant est confronté à un tel drame, et qu'en plus de la menace nucléaire se profile encore la possibilité d'une réplique de force 8 dans les jours à venir. Même la présentatrice, mise impeccable et efficacité professionnelle toute américaine, peine à cacher son émotion devant certains témoignages. Dans cette ambiance de fin du monde, j'ai eu beaucoup de mal à quitter ma famille ce matin, et je me demande si je ne vais pas annuler ou raccourcir à une seule journée mon séjour parisien de fin de semaine. Pour une fois, je n'ai pas envie de courir les magasins ou les expos - juste de me rouler en boule au chaud avec les miens.

samedi 12 mars 2011

Serenity


Georges-Arthur est, une fois de plus,
Allez la voir, marrez-vous un bon coup,
et n'oubliez pas de noter
la nouvelle adresse du blog!

vendredi 11 mars 2011

Comme un goût de cendres

La dernière fois que je suis restée devant la télé toute la journée, c'était le 11 septembre 2001. Mais ce matin, quand je me suis levée à 8h35 (chez mes parents, on se couche tôt et par conséquent je me réveille de même), la nouvelle venait juste de tomber: un tsunami était en train de ravager le Japon. Alors, au lieu de déjeuner très vite et de me mettre au boulot pour finir la relecture de mon petit bouquin de zombis avant midi, comme prévu, je me suis calée devant LCI.

Les mêmes images tournaient en boucle. Nappes de vase et de débris flottés qui engloutissaient irrésistiblement la zone côtière autour de Sendai, emportant voitures, bateaux et même bâtisses comme de vulgaires jouets d'enfants - un chaos auquel on aurait du mal à croire si on ne gardait pas en tête les images de l'Indonésie ravagée fin 2004. Et puis à Tokyo, la terre qui tremblait, les immeubles qui vacillaient mais ne s'écroulaient pas, les pancartes qui se balançaient follement, les livres qui s'écrasaient par terre dans une bibliothèque, les écrans d'ordinateur qui suivaient le même chemin dans un bureau, et les gens d'un calme étonnant, si bien préparés et si disciplinés. J'ai pensé que ça aurait pu être pire; qu'en France, les mouvements de panique auraient fait au moins autant de dégâts que l'eau et les secousses réunies.

J'ai quand même bouclé ma relecture, et puis ma déclaration de revenus avec. J'ai fini à 15h; j'aurais pu emprunter la voiture de mon père et aller me promener, mais une sorte de fascination morbide m'a retenue devant la télé. Le compte des victimes augmentait d'heure en heure; un incendie s'était déclaré dans une centrale nucléaire; le système de refroidissement de deux autres réacteurs était tombé en panne et on commençait à évacuer la population alentour. De l'autre côté de l'océan, heureusement, les côtes américaines ne recevaient que quelques vaguelettes un peu plus hautes que la moyenne.

Du coup, j'ai eu du mal à m'enthousiasmer ce soir pour le spectacle des Enfoirés. C'était pourtant la première fois que je pouvais le regarder depuis des années, et en bonne Bisounourse que je suis, je m'en réjouissais d'avance. Je sais qu'on fait de multiples reproches aux Restos du Coeur et aux artistes qui les représentent, mais j'ai choisi d'ignorer les rumeurs pour me concentrer sur le côté solidaire et festif de cet événement. Goldman déguisé en dragon et Kad Merad en Cthulhu, c'est quand même plutôt sympa, non?

...Mwi bon bof. Est-ce parce que j'ai dû supporter l'omniprésente Zaz dont le côté populo racoleur m'horripile, plus ma némésis musicale en la personne de Christophe Maé? Est-ce parce qu'il ne reste plus grand-monde que j'aime vraiment dans la troupe, hormis Goldman et Nolwenn Leroy? Est-ce parce que je me demandais combien avaient coûté tous ces costumes somptueux et ces beaux décors qui changeaient à chaque morceau? Est-ce parce que je trouve de plus en plus honteux qu'on ait encore besoin des Restos 25 ans après leur création? Ou est-ce tout simplement que le malheur qui frappait le Japon ternissait tout le reste à mes yeux? Ce soir, la fête avait comme un goût de cendres.

jeudi 10 mars 2011

Où je me prends pour la Virginie Efira de la fantasy

Puisque la nouvelle a été annoncée officiellement, je peux bien vous le dire: lundi prochain, je jouerai les interprètes devant les caméras d'Editeur Préféré. Je l'avais déjà fait l'an dernier pour le tournage d'une émission avec LKH, et ça avait été une super chouette expérience (même si, pour des raisons techniques, le résultat n'a jamais été diffusé). Apparemment, je ne m'étais pas trop mal débrouillée puisqu'on me demande de remettre ça avec deux autres auteures américaines de bit-lit que je ne traduis même pas. Si un grand couturier non-antisémite souhaite m'habiller pour l'occasion, qu'il n'hésite pas à me contacter dans les commentaires!

mercredi 9 mars 2011

Deux bonnes adresses à Toulouse


Café à la Une

C'est un café-restaurant situé dans le quartier des Argoulets où Soeur Cadette m'a emmenée manger ce midi. "L'été, si tu viens le soir, tu peux dîner dans le jardin avec des guirlandes de lampions dans les arbres, c'est mignon comme tout!" L'hiver, il y a une terrasse couverte et chauffée pour les amateurs de grande lumière. Mais c'est à l'intérieur que nous avons déjeuné. La carte, assez courte, propose des produits du terroir très généreusement servis à des prix raisonnables. Le décor est rustique et chaleureux, le service gentil et souriant. Soeur Cadette a pris des brochettes accompagnées de frites cuites dans de la graisse d'oie (quand même autre chose que le saindoux!), et moi une cuisse de canard confite accompagnée de rattes en cocotte à l'ail et au lard, ainsi que d'un crottin de chèvre et de sa tartine, arrosée d'un verre de Corbières tout à fait honorable.


A la fin, comme d'habitude, nous nous sommes battues pour savoir qui règlerait l'addition - et je ne parle pas juste d'une joute verbale. Profitant que Soeur Cadette était partie aux toilettes, j'ai voulu régler subrepticement en son absence. Las! Elle est ressortie au moment où je m'apprêtais à payer et a arraché ma Visa des mains de la serveuse en criant: "Les Belges, on sait bien que vous avez pas d'argent!" "Faux, c'est un gouvernement qui nous manque," ai-je répliqué en la poursuivant jusqu'à notre table où elle avait laissé son sac. Les autres clients ont dû nous prendre pour deux folles; m'en fous, je suis pas du coin et je ne viens pas régulièrement manger là, MOI. Et au final, c'est moi qui ai gagné de toute façon.

Café à la Une
124 rue Louis Plana
31500 TOULOUSE
Tel: 05 61 58 43 24



Le Paradis Gourmand

L'autre bonne adresse du jour, c'est celle d'une adorable boutique de friandises à l'ancienne située non loin de la place Esquirol, où je tenais à aller pour faire l'emplette de quelques douceurs locales pour ma swapée. J'avais une vague idée de ce que je voulais prendre, mais le choix précis a été rude.


Biscuits secs, sucettes multicolores, bonbons à la violette ou aux fruits, sujets en pâtes d'amande, dragées déguisées en cailloux, authentiques roudoudous, sucre pétillant, pastilles à la réglisse ou à l'anis dans de ravissantes boîtes métalliques, thés et cacaos parfumés se pressent sur chaque surface disponible. Si j'étais un bec sucré, je voudrais vivre là jusqu'à la fin de mes jours. En plus, les vendeuses sont gentilles comme tout.

Le Paradis Gourmand
15 place des Puits-Clos
31000 TOULOUSE

mardi 8 mars 2011

Like sand through his fingers

Il ne va pas aussi bien que je l'espérais. N'a pratiquement pas repris de poids et stagne autour de 52 kilos. Se plaint de douleurs constantes au ventre et dans la cuisse où on lui a fait des piqûres pendant plusieurs semaines, ainsi que d'une envie persistante d'aller aux toilettes que je surnommerais bien la "douleur du caca fantôme" si j'avais davantage le coeur à rire. Son moral est fluctuant mais globalement pas terrible. Bien sûr, ce n'est rien à côté des souffrances atroces qui le torturaient à l'automne dernier. Mais du coup, il a l'impression qu'il ne récupèrera pas, qu'il n'ira plus jamais bien. En filigrane, je sens sa peur de n'être pas guéri du tout.

Son cancer a brisé quelque chose en lui. C'est comme si, à 64 ans à peine, il entamait la lente descente vers la dépendance, le retour à l'état d'enfant capricieux et incapable de faire les choses par lui-même. Quand nous sommes arrivées hier soir, avec Soeur Cadette qui était venue me chercher au terminus du métro, il a verrouillé la porte derrière nous en rigolant: "Hé hop, plus personne ne sort, on reste tous ensemble et on retourne 40 ans en arrière". J'ai deviné qu'il ne plaisantait qu'à moitié, qu'il sentait son temps lui filer entre les doigts et qu'il ne savait pas quoi faire pour le retenir.

lundi 7 mars 2011

10 objets du désir

1. Cette robe de pin-up qui me fait de l'oeil depuis des mois sur un site américain, mais que je n'ose pas commander de peur de me tromper de taille ou que la qualité laisse à désirer.


2. Cette écharpe à troutrous en bébé alpaga, que j'ai déjà essayé de commander deux fois sans succès. Notonthehighstreet.com rejette systématiquement ma carte Visa. Persécutée je me sens.






3. Les sandales Funky d'Annabel Winship, en Rainbow Pink of course,
pour attendre les beaux jours avec encore plus d'impatience!



4. L'intégrale des Moomin. Depuis le temps que j'en entends parler sans connaître...
Et ils ressemblent quand même furieusement à des ancêtres de Georges-Arthur, non?



5. Le vernis vert "Mischievous" de la collection "Quite Cute" de MAC, qui doit sortir le 7 avril.
(Je sais: j'ai acheté 10 vernis à ongles cette semaine. Oui, 10.
J'ai de quoi m'habiller les ongles jusqu'à l'âge de 102 ans.)


6. Les nouveaux crayons crème de chez Nars.
Le vert anis, "Celebrate", me tente particulièrement.


7. Ce pendentif oiseau si printanier, de la nouvelle collection Schadejewellery.


8. Les géniales housses de coussin sérigraphiées créées par Anne Hubert pour La Cerise sur le Gâteau (bien entendu, j'ai une affection particulière pour le modèle avec les chaussures...)





9. Cette jupe de chez Anthropologie, qui me donne une brusque envie de jaune.
(Pourquoi, mais pourquoi n'y a-t-il pas de magasins Anthropologie en France ou en Belgique alors que je suis tellement fan de cette marque?)



10. Ce collier sublime (et malheureusement hors de prix) en vente sur etsy.

dimanche 6 mars 2011

"La bâtarde d'Istanbul"

Même si je n'avais pas été totalement emballée par "Bonbon Palace", le style d'Elif Shafak m'avait suffisamment plu pour que, cherchant à me mettre dans l'ambiance de la ville en vue de mon futur voyage à Istanbul, je tente ma chance avec un autre de ses romans.

Armanoush Tchakhmakhchian est née aux Etats-Unisn. Très tôt divorcée de son père arménien, sa mère américaine se remet en couple en avec un Turc. L'enfant grandit entre l'Arizona et San Francisco, à cheval entre deux cultures. Devenue adolescente, elle éprouve le besoin de partir à la recherche de ses racines et décide de s'inviter à Istanbul chez la famille de son beau-père. Dans ce gynécée où cohabitent quatre générations de femmes, elle fait la connaissance d'Asya Kazanci, une jeune fille de son âge au caractère passionnel et aux tendances nihilistes qui n'a jamais connu son père. Ensemble, elles vont faire voler en éclats les secrets qui pèsent sur leur existence...

Dans "La bâtarde d'Istanbul", j'ai retrouvé l'écriture sensuelle qui m'avait séduite, ces descriptions culinaires qui mettent l'eau à la bouche du lecteur, ces évocations de d'odeurs délicieuses ou pestilentielles qui se mélangent dans les rues, cette peinture en technicolor et en stéréo d'une ville grouillante de vie dont je devine déjà qu'elle va beaucoup me plaire. J'ai été sensible à la quête d'identité des deux héroïnes, si différentes et si semblables à la fois; j'ai eu l'impression d'assister depuis un coin de la pièce aux repas animés de la famille Kazanci, vu prendre vie les personnages hauts en couleurs que sont les tantes, la grand-mère et l'arrière-grand-mère d'Asya; et j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais sur l'histoire des peuples turcs et arméniens. Maintenant, je n'ai plus qu'une hâte: aller voir sur place si Istanbul correspond à l'image que les romans d'Elif Shafak m'en ont donnée.

(Tu es contente, Fun? Celui-là ne viendra pas grossir ta PAL!)