dimanche 29 mai 2011

Imaginales 2011 - ce que je retiendrai


- L'epic fail du week-end. Quand on a l'occasion de rencontrer enfin une auteure que l'on traduit, qui plus est quand elle arrive d'Australie et qu'elle est absolument adorable, on n'oublie pas tous ses exemplaires de presse à Sonpatelin. Sinon, faute de vouloir racheter 30€ un bouquin qu'on possède déjà en 5 exemplaires, on finit trois jours de rencontres littéraires avec quinze dédicaces dont pas une de l'auteure en question. Ce qui est vraiment ballot.
- L'achat "j'ai rien vu venir". Je m'arrête au stand Griffe d'Encre pour saluer Magali Duez. J'en repars dix minutes plus tard avec 3 bouquins dont j'ignorais l'existence jusque là mais que "je vais forcément adorer, puisque j'aime la SF déjantée". C'est ma PAL qui va être contente.
- Le rattrapage d'omission à Trolls & Légendes. Robin Hobb est là, ouf; je peux donc en profiter pour m'offrir le tome 1 de "L'assassin royal" dédicacé et la faire poser avec Régis.
- La rencontre, enfin, avec Citrouille alias Pascale, bombasse quasi-quinqua qui me redonne de l'espoir: le pouvoir de séduction ne s'évapore pas à 40 ans. En tout cas, pas chez tout le monde.
- L'écharpe "Dr. Who" tricotée maison de Daelf.
- Les citations qui fusent pendant les tables rondes. Au sujet de la radioactivité: "Marie Curie, c'est Prométhée" (Jeanne-A Debats). Discussion sur le thème d'Internet: "Les haïku sont l'ancêtre de Twitter" (Lionel Davoust). Que du lourd.
- Maïa Mazaurette qui fait une petite sieste dans un des fauteuils de la buvette. Toujours aussi pétillante quand un modérateur l'interroge sur son blog; toujours aussi souriante quand elle dédicace ses bouquins; toujours aussi craquante avec ses mini-jupes, ses longues jambes et ses jolies chaussures. La preuve vivante qu'on peut allier sexytude, cerveau et absence totale de vulgarité. J'aime énormément cette fille. (Pas autant, néanmoins, que les garçons de mon entourage qui se transforment en loups de Tex Avery à sa vue. Je peux difficilement les en blâmer.)
- La même Maïa, qui, alors que je sanglote sur l'épaule de Jeanne, "Tu te rends pas compte ce que c'est de passer tes journées à chercher comment dire "bite" sans dire "bite", me lance: "Ah, on fait le même métier alors!". J'aimerais bien, mais je ne suis qu'une humble traductrice de "bite"-lit.
- Tout le monde a un truc à fêter. Andoryss tient enfin une date de publication pour sa première bédé; +1 vient de trouver un boulot sur Paris et va pouvoir emménager avec BBL; Marie-Aude a décroché une bourse pour la réalisation de sa pièce radiophonique; Hélie a encore une proposition de conférence acceptée; Mélanie Fazi et Elvire DeCock ont remporté un des prix décernés par les Imaginales... Et moi? Euh, joker.
- La conversation très intéressante durant le dîner au Citizen avec Trudi Canavan et son compagnon sur l'ambiance sociale en Australie - pas aussi raciste que ce bouquin me l'avait laissé croire, apparemment -, et la découverte qu'il existe des pinceaux à aquarelle avec réserve d'eau intégrée dans le manche. Un must pour les carnettistes voyageurs.
- Le millefeuille chèvre frais/betterave mangé en guise de dessert. Un assortiment de goûts surprenant et néanmoins délicieux, que je devrais pouvoir reproduire sans peine à la maison.
- Les dessins façon "décoration de pinata" que Leslie, l'attachée de presse d'Editeur Préféré, gribouillait sur son set de table avec les Crayola de la fille de Peter Brett, et auxquels elle a donné le titre "Redrum". Puis-je suggérer une petite semaine de vacances après la fin de la saison des festivals littéraires?
- Le lit tout pourri de la chambre 7 de l'Hôtel Azur. Le genre qui s'affaisse au milieu et vous force, quand vous ne voulez pas rouler sur votre conjoint avec lequel vous êtes justement en froid, à vous agripper au bord du matelas toute la nuit. J'ai hyper mal dormi. L'an prochain, tant pis pour la note: je réserve au Mercure.
- Les deux dédicaces que Boulet nous a faites sur les tomes 4 et 5 de nos Notes. Sans crayonné préalable et en partant d'un détail autour duquel il construit son dessin au lieu de poser d'abord les volumes. Impressionnant. Et il se souvenait avoir déjà rencontré Régis :) (Par contre, Fun', je tiens de source sûre que tu es à peu près la 15694ème fille à l'envisager comme l'homme de ta vie. Je crains que ça ne soit pas gagné d'avance, cette histoire.)
- Le traditionnel pique-nique du samedi midi, son ambiance bon enfant et surtout le divin foie gras à l'armagnac de Jean-Claude Dunyach. Il faisait un bien beau soleil ce jour-là sur les berges de la Moselle, surtout après les averses diluviennes de la veille.
- Les diabolos menthe à 1€ de la buvette. Puisqu'il paraît maintenant que l'aspartame est cancérigène, je n'ose plus boire de Coca Light. Retour, donc, à ma boisson-préférée-de-quand-j'étais-petite.
- La course pour récolter un maximum de dédicaces d'auteurs sur mon anthologie "Magiciennes et Sorcières". J'ai même fait la queue parmi un troupeau de midinettes pour obtenir celle de Sire Cédric. Si. Au final, seule la mystérieuse Rachel Tanner a réussi à m'échapper en ne se trouvant jamais derrière sa table au moment où je passais.
- La façon hyper spontanée dont Justine Niogret s'est écriée en me voyant: "J'adore votre vernis, c'est quoi?". (Réponse: du Morning Rose de Chanel avec une couche de Teenage Dream pailleté d'OPI par-dessus, pour des ongles de princesse Barbapapa.) Connaissant le genre de bouquin hypra-couillu qu'écrit la demoiselle, j'ai trouvé ça inattendu autant que sympathique. Du coup, je lui ai parlé des vernis crack et lui ai suggéré de foncer au Monop' le plus proche de chez elle s'acheter un Debby. C'est ainsi que la Funambulite se propage...
- La longue papote boulot-vie privée avec Bénédicte Lombardo que j'adore et n'ai pratiquement jamais l'occasion de voir. Mais comme elle vient de récupérer dans sa collection jeunesse un des auteurs que je traduis, nous allons travailler plus souvent ensemble à l'avenir. Chouette.
- Le gros câlin de Meylusine en sortant des Babouches. Nous venions de manger un couscous quelque peu gâché par une longue table qui se prêtait mal à la discussion entre 13 personnes, et un service qui laissait fortement à désirer (je n'ai pas réussi à voir l'ombre d'une goutte d'eau ou de vin pendant tout le repas). Mais cette fille, c'est un petit chou en sucre.
- Les boules intersidérales en apprenant que Boulet avait assisté à un dîner auquel j'étais également conviée mais que j'avais décliné, la veille. Evidemment, les personnes présentes m'ont assuré qu'elles s'étaient amusées comme jamais jusqu'à point d'heure. Ce qui m'a juste donné envie d'aller me pendre.
- Les sublimes chaussures de Pierre Pevel, définitivement l'auteur le mieux chaussé de la fantasy francophone - voire mondiale.
- Le ratage du déjeuner de dimanche, à cause duquel je suis partie très vite et sur une note un peu amère.
- La lecture des 5 premiers chapitres de "Narcogénèse" pendant le trajet de retour à Bruxelles. Je pense que je ne devrais pas regretter d'avoir, en achetant ce bouquin, offert l'équivalent d'un café et demi à Anne Fakhouri. Qui, lorsque je le lui ai fait remarquer, m'a lancé "Non mais en fait je t'aime beaucoup, mais je préfère quand tu ne parles pas". Je ne comprends vraiment pas pourquoi.

jeudi 26 mai 2011

What's next - zombies?


Quelques jours avant que je parte pour Toulouse, au début du mois, mon couple a connu une crise violente comme il s'en produit une tous les six mois environ. L'avant-dernière, en juin 2010, avait bien failli signer la fin de notre histoire. Jusqu'à fin août, l'homme qui partage ma vie m'est apparu comme un étranger à côté de qui qui je n'avais plus nécessairement envie de poursuivre ma route. Puis nous avons appris que mon père avait un cancer, et tout le reste est passé au second plan. Mon compagnon a été un précieux soutien durant cette période, et ça a remis notre couple sur les rails. La crise suivante, le 1er janvier, a été vite balayée sous le tapis: mon père se faisait opérer quelques jours plus tard et je n'avais pas d'énergie à consacrer à des disputes répétitives.

Mais cette fois... Cette fois, une limite a été franchie, et j'ai décidé que je ne voulais pas continuer ainsi, pas avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Même si elles ont toujours fini par se résoudre jusqu'ici, ces crises sapent ma foi en notre relation et m'empêchent de prendre la moindre décision constructive à long terme. Hors de question de m'installer officiellement en Belgique, d'envisager un achat d'appartement commun ou un mariage pour des raisons pratiques alors que je ne sais pas si je serai encore avec mon compagnon quelques mois plus tard. J'en ai assez de cette instabilité. Cette fois, ça passe ou ça casse.

Puisque nous n'arrivons pas à régler ce problème entre nous, j'ai suggéré de faire intervenir une tierce personne neutre, à savoir un(e) thérapeute conjugal(e). Mon compagnon a accepté. Nous prendrons donc rendez-vous en début de semaine prochaine, après les Imaginales. Si je n'écoutais que mon orgueil, j'aurais déjà fait mes cartons. Mais je veux tenir compte du fait que 99% du temps, nous avons une relation très chouette, pleine de complicité, de soutien mutuel et de fou-rires, qui mérite que l'on tente tout pour la sauver. Certaines d'entre vous ont-elles déjà essayé la thérapie conjugale? Si oui, quels résultats avez-vous obtenus, et en combien de temps?

Le titre de ce post est une allusion à un bouquin que j'ai traduit récemment. Ca parle d'un couple qui ne s'entend plus du tout et qui consulte pour tenter d'arranger les choses. Un jour, en arrivant chez leur thérapeute conjugale, ils la trouvent en train de bouffer ses clients précédents. J'espère ne pas être confrontée bientôt à une épidémie de zombies IRL. En même temps, il paraît que la fin du monde est proche, donc qui sait?

lundi 23 mai 2011

J'ai testé pour vous: la coloscopie


Quand un de vos parents au premier degré est atteint d'un cancer du colon, il vous est fortement conseillé de commencer le dépistage vers 40 ans. La coloscopie consiste à introduire une microcaméra dans le fondement du patient afin d'examiner sa tripaille de l'intérieur. Comme la tripaille en question décrit plus ou moins un cercle, le procédé serait assez douloureux s'il n'était pratiqué sous anesthésie générale légère - d'où la nécessité d'être hospitalisé une demi-journée. Et pour permettre au gastro-entérologue qui effectue l'examen d'y voir quelque chose, le patient doit au préalable nettoyer les lieux de fond en comble. C'est, m'avait-on prévenue, la partie la plus emm chia pénible de toute l'opération.

Samedi matin, j'ai donc entamé pour 48h un régime sans fibres, sans laitages et sans graisses cuites. Comprendre: j'avais droit uniquement aux protéines et aux féculents. Et comme je passe ma vie à claironner que si ça ne tenait qu'à moi, je me nourrirais exclusivement de pâtes et de riz, je me réjouissais d'avance de cette occasion de me goinfrer de coquillettes-jambon sans le moindre remords. Sauf que dimanche matin, je suis allée faire le marché, et que la vue des abricots juteux, des pêches blanches veloutées et des cerises joufflues débordant de leurs petites barquettes m'a mise à la torture. Je me suis également rendu compte que si j'adore les pâtes, je les accompagne généralement de légumes, et que sans les tomates cerise dont j'aime l'agrémenter, mon riz au citron et au romarin fait plutôt triste mine. Sans parler des fringales de l'après-midi, impossibles à combler avec un Krisproll-confiture, ni de celles de la soirée que j'apaise généralement avec un yaourt nature sucré.

En plus de ce régime, je devais boire 3 litres d'eau dans la journée d'hier, dont la moitié avant 18h et la moitié ensuite, après absorption d'un sachet de Citrafleet dilué dans de l'eau. Le médicament (assez récent me semble-t-il) avait un goût de citron pas mauvais, très loin des mixtures infâmes qu'il fallait ingurgiter il n'y a pas si longtemps. Et comme je bois déjà dans les 2 litres par jour en temps normal, je n'ai pas eu à me forcer beaucoup. Par contre, étant prévenue des effets foudroyants de cette purge, dès 18h01, j'étais assise sur mes toilettes avec coussin d'ordinateur et MacBook sur les genoux, bouteille de Vittel et polar danois à portée de main. J'ai attendu, attendu, et Patrick n'est jamais revenu rien n'est venu. Perplexe ("Je dois être étanche au remède"), je suis retournée vaquer à mes occupations. Les premiers effets se sont fait sentir vers 20h30 et ont continué jusqu'après 22h30. C'était désagréable, mais pas plus qu'une gastro, et nettement moins que l'intrigue abracadabrante de mon polar danois.

Ce matin, re-belote: lever à 5h30 (!!!), un verre de Citrafleet puis un litre d'eau supplémentaire dans l'heure qui a suivi. Urgh. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu le soleil se lever à moins d'avoir un avion à prendre. Je devais choper le TER de 10h34; à 10h, j'étais toujours aux toilettes, et passablement inquiète pour la suite. Je suis néanmoins parvenue à la clinique sans encombre, après un minuscule arrêt aux Galeries Lafayette pour acheter un vernis crack Debby rose à Funambuline ainsi que le Jaune Impérial de Rouge Baiser et le Electric Green de Mavala pour moi. C'est là qu'a commencé la partie la plus pénible de l'attente: une heure et demie avant que mon numéro d'ordre soit appelé par le bureau des admissions. Et mon polar danois devenait de plus en plus consternant (mais je n'avais rien apporté d'autre à lire).

Finalement, je suis montée à l'étage de la chirurgie ambulatoire. On m'a donné une chambre; j'ai enfilé la blouse jetable bleu marine et la charlotte über-sexy de rigueur, et je me suis laissé pousser jusqu'au bloc par une brancardière souriante. J'ai poireauté assez longtemps dans un couloir avant que l'anesthésiste vienne me planter un robinet dans le bras. "Tiens, ce n'est pas vous que j'ai vue vendredi", ai-je fait remarquer avec le sens de l'observation holmesien qui me caractérise. "Non. Je suis la seule femme dans une équipe de six hommes", a-t-elle répondu en rigolant. J'ai hoché la tête d'un air entendu (moins facile qu'il n'y paraît en position allongée). "Je vois. Chouette métier".

Après, tout est allé très vite. On m'a transportée en salle d'op, pris la tension, planté une seringue pleine d'un liquide blanc opaque dans le robinet; ma gastro-entérologue est venue me dire bonjour et me demander si la préparation s'était bien passée; puis l'anesthésiste a appuyé sur le piston, et j'ai à peine eu le temps de sentir une légère brûlure avant de m'endormir d'un coup. Je me suis réveillée une heure plus tard, pas tout à fait fraîche comme une rose mais les idées beaucoup plus claires que la plupart des matins où j'émerge péniblement de mon sommeil. Ma gastro-entérologue m'a informée que mon colon était nickel, juste un peu trop long (évidemment, il fallait ce soit la tuyauterie interne plutôt que les jambes). Donc, il décrit quelques virages non contractuels, ce qui explique que ça bouchonne parfois un peu à l'intérieur et que je me tape de grosses crises de mal au ventre. C'est toujours bon à savoir; ça ne diminuera pas la douleur mais l'inquiétude, si.

La brancardière m'a remontée dans ma chambre, où attendait une autre patiente accompagnée de son mari. Elle venait elle aussi de subir une coloscopie, sa troisième en dix ans, et elle m'a confirmé que le Citrafleet était merveilleux comparé aux produits précédents. Nous avons bavardé et mangé une chouette collation (jus de fruit-thé-compote de pommes-muffin au chocolat-muffin nature); puis une infirmière est venue nous enlever nos robinets respectifs et nous a donné la permission de partir. Il était environ 17h. Une fois rhabillée, j'ai sorti mon portable de mon sac pour appeler Etre Exquis qui devait venir me chercher. Je n'avais pas encore réussi à composer le code de ma carte SIM que quelqu'un a toqué à la porte: Etre Exquis. J'ai ouvert de grands yeux stupéfaits. "Euh, c'était drôlement rapide." En fait, il avait déjà été prévenu par l'accueil.

Les formalités de sortie ont été vite expédiées et un quart d'heure plus tard, j'étais de retour dans mes pénates avec juste un vague gargouillis au niveau du nombril. Alors je sais, ce n'est pas une expérience hyper-glamour, mais je tenais à la raconter pour dire: la coloscopie, c'est un examen de rien du tout. Si vous présentez le moindre symptôme ou facteur de risque pour les maladies de l'appareil digestif, faites-vous dépister. Conseil d'amie.

dimanche 22 mai 2011

"L'oiseau Canadèche"


Comme je suis plus intéressée par les personnages et leur développement que par les histoires proprement dites, je tends à dédaigner les formes de récit courtes que sont les nouvelles et les novella: de mon point de vue, elles ne laissent pas le temps de s'attacher aux héros et de savourer leur évolution. Du coup, ma PAL compte beaucoup plus de pavés de 600 pages minimum que de petits bouquins vite lus. Une étiquette "coup de coeur" dans une librairie peut cependant me convaincre d'en acheter un, que je garderai dans mon sac pour tromper l'attente chez le médecin ou m'occuper en sirotant un diabolo menthe en terrasse.

Ainsi "L'oiseau Canadèche" de Jim Dodge.

"Orphelin, Titou est recueilli par son grand-père, solitaire bourru et excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôts en premier lieu. Malgré quelques divergences de caractère - Titou a la passion des clôtures, Pépé Jake les déteste -, le duo fonctionne bien, et mieux encore du jour où déboule Canadèche, canard boulimique mais hautement sympathique qui devient leur inséparable compagnon." La biographie de l'auteur précise qu'il est écologiste et libertaire; cela se voit dans cette novella qualifiée par l'éditeur de "conte naturaliste moderne". J'ai beaucoup souri des frasques de l'inénarrable Pépé Jake, notamment dans la scène du drive-in dont voici un extrait:

"Le gérant jeta un coup d'oeil à l'intérieur de la cabine pour bien s'assurer de la présence de Canadèche et demanda:
- Que fait ce canard dans mon établissement?
- Elle veut voir le film, dit aimablement Titou, devançant son grand-papa qui commençait à écumer.
- Nous refusons absolument tout ce qui sort de l'ordinaire.
Jake explosa:
- Et ben, ça doit vous faire une petite vie bien merdeuse et salement étroite, non? Alors voilà: il se trouve que vous avez ici un canard d'attaque, dressé pour le kung-fu et spécialement élevé pour nous par la société Tong. Nous la laisserions bien à la maison, mais elle massacre tous les coyotes."

Une centaine de pages pleines d'humour, de tendresse un peu rude et même d'émotion. De quoi passer un bon moment.

samedi 21 mai 2011

"Les chaussures italiennes"


Il y a quelques mois, alors que je manifestais l'envie d'approfondir ma connaissance de la littérature scandinave moderne, plusieurs lectrices ont mentionné ce roman, que j'ai du coup acheté les yeux fermés dès sa sortie en poche.

Fredrik est un ancien chirurgien qui, suite à une terrible faute professionnelle, a abandonné son métier. Depuis plus de dix ans, il vit en ermite sur une île minuscule avec une chienne et une chatte pour seule compagnie. Le matin, il creuse un trou dans la glace pour se baigner et se souvenir qu'il n'est pas encore mort. Plus tard, il reçoit la visite de son facteur hypocondriaque qui n'a jamais de courrier pour lui mais chercher systématiquement à lui soutirer des consultations gratuites. Ainsi ses jours s'écoulent-ils, tous tristement semblables, jusqu'à l'apparition d'une vieille femme agrippée à un déambulateur. Harriet a follement aimé Fredrik autrefois, mais il a disparu de sa vie sans le moindre mot d'explication. Atteinte d'un cancer à l'estomac, elle sait que ses jours sont comptés. Elle est venue demander à son amant de tenir la promesse qu'il lui a faite près de quarante ans plus tôt: celle de lui montrer un petit lac sans nom enfoui au fond d'une forêt...

J'avoue qu'en découvrant le mal dont souffrait Harriet, j'ai pensé à un complot littéraire dirigé contre moi. Depuis un an, je ne peux plus ouvrir un bouquin sans tomber sur un cancéreux mort ou mourant. C'est une véritable épidémie. J'en ai même trouvé un dans "A game of thrones" (le père de Catelyn, dont "un crabe ronge les entrailles"). Pendant un certain temps, j'ai laissé tomber les livres ainsi contaminés; puis je me suis dit que me forcer à les poursuivre pouvait aussi m'aider à combattre ma peur panique. Dont acte.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que malgré son titre engageant, "Les chaussures italiennes" ne démarre pas dans la joie et la bonne humeur. Le paysage glacé et désolé de l'île apparaît comme une manifestation physique de la solitude et de l'engourdissement affectif du narrateur. La maladie d'Harriet est présentée d'emblée comme incurable et douloureuse - souffrance à laquelle va s'ajouter celle des plaies sentimentales rouvertes à la faveur des retrouvailles qu'elle a orchestrées... avec une idée derrière la tête. C'est là que la vie, enfin, se décide à poindre dans ce roman. Inattendue, chaotique, cruelle parfois, mais la vie, quand même. Malgré lui, Fredrik va renaître au monde et redevenir l'acteur de sa propre existence. Au milieu des larmes, du sang, de la rancoeur, de la culpabilité et de l'amertume, il trouvera une lueur d'amour et d'espoir.

Henning Mankell ne ménage ni son héros ni ses lecteurs. Même si "Les chaussures italiennes" se termine mieux qu'il n'avait commencé, même si le cheminement de Fredrik vers sa rédemption est aussi crédible que digne d'intérêt, même si le style de l'auteur réussit à allier simplicité, pudeur et efficacité, je ne mettrais pas ce roman âpre entre toutes les mains.

vendredi 20 mai 2011

Charité bien ordonnée


Chaque fois que je passe une semaine à Monpatelin, je m'accorde une journée pour aller vadrouiller en ville, surtout s'il fait beau. Comme j'avais un rendez-vous médical en début d'après-midi, j'ai décidé de joindre l'utile à l'agréable et sauté à bord du TER de 10h34 qui m'a amenée à destination en douze minutes. Mon objectif du jour: commencer à remplir la boîte à chaussures destinée à ma swapée.

Le marchand de thé chez qui je me sers en Mariage Frères n'avait pas de mugs du style et de la couleur que j'aurais voulus. Par contre, la Boutique 51 débordait de brols colorés tous plus sympas les uns que les autres. J'ai hésité devant une bouteille design de sirop de cactus presque vert fluo - originale, certes, mais je n'étais pas sûre que la destinataire de mon colis l'apprécie. Idem pour les sucres aux parfums délirants. Au final, j'ai quand même trouvé pour elle deux objets qui remplissaient mon cahier des charges, et pour moi, une bague Pylônes rigolote: une demi-sphère de plastique transparent aux trois quarts remplie de liquide rouge. Charité bien ordonnée, toussa toussa.

A la Fnac, il y avait une promo sur les coffrets DVD de série, 3 pour le prix de 2. J'ai failli prendre la saison 1 de "Veronica Mars" pour faire découvrir ce petit bijou à ma swapée, mais si ça se trouve, elle connaît déjà. Donc, j'ai opté pour les deux premières saisons de "Brothers & Sisters" afin d'occuper les longues soirées en solitaire à Monpatelin, plus la première de "Hero Corp" dont le pitch semble alléchant mais dont je n'ai quasiment pas entendu parler sur le net, ce qui m'inquiète un peu. J'ai également embarqué trois bouquins: un pour ma swapée, plus le dernier Yoko Ogawa et une novella de Jim Dodge appelée "L'oiseau canadèche" qui était marquée d'un autocollant "coup de coeur".

Arrêt obligatoire chez Sephora, d'autant que j'avais reçu des bons de - 20% valables sur trois produits. Je me suis offert la dernière crème teintée Estée Lauder dont j'avais lu beaucoup de bien, plus le vernis shatter rouge d'OPI et le Too Hot Too Pink To Hold 'Em de la collection Texas. (J'ai testé le shatter à peine rentrée chez moi: il craquèle peu et de façon trop régulière; je suis vraiment déçue par rapports aux vernis crack de Debby qui coûtent deux fois moins cher et donnent dix fois mieux).

En passant devant chez Sinéquanone où je n'achète jamais rien, j'ai été happée par la vision d'un foulard noir avec des étoiles blanches et suis entrée pour l'examiner de plus près. Le tissu était trop rêche à mon goût. Par contre, le petit top corail également à étoiles blanches me semblait prometteur. Je l'ai embarqué en cabine d'essayage. Too bad, la fermeture éclair remontait beaucoup trop haut et me gênait dans le cou. "Ca va?" m'a demandé la vendeuse. J'ai répondu par la négative et lui ai montré le problème. Elle a rigolé. "Vous l'avez mis devant-derrière. La fermeture éclair va dans le dos." Passer pour une cruche sidérale même pas capable de regarder où se trouve l'étiquette sur un vêtement: ça, c'est fait. Pas rancunière, j'ai acheté le top de la honte qui, une fois mis correctement, m'allait très bien.

Avant l'heure de mon rendez-vous, j'ai encore réussi à dénicher une bricole pour ma swapée dans l'autre boutique de brols rigolos située face à la cathédrale, des cartes touristiques sympas pour Postcrossing, une garniture de coussin pour la jolie housse La Cerise sur le Gâteau que le facteur m'a apportée récemment, et un registre à tête paresseuse pour faire ma compta à la main. Oui, je suis un dinosaure de la gestion administrative. C'était l'achat le moins fun de la journée et, à 40€, pas le moins cher.

Déjà bien chargée, je me suis dirigée vers la clinique où j'avais rendez-vous. Au secrétariat, j'ai donné le nom d'Etre Exquis comme personne à contacter en cas de pépin. "Ca s'écrit comment?" m'a demandé la secrétaire. Avant que je puisse commencer à épeler, sa voisine de bureau s'en est chargée pour moi. Voyant mon regard interloqué, elle a expliqué en rigolant: "Moi aussi, je m'appelle comme ça, et pendant toute ma scolarité, on m'a demandé si je n'étais pas la soeur ou la cousine de votre ami". Le monde est minuscule.

Puis une troisième personne m'a annoncé qu'à mon arrivée lundi, je devrais régler un "forfait confort" de 15€ non remboursé. "C'est quoi, le forfait confort?" "Avant, on mettait les gens dans des box juste entourés de paravents après leur opération; maintenant, on les met dans des chambres pour qu'ils aient plus d'intimité, et ça a un coût." J'ai protesté que pour passer une heure à récupérer de l'anesthésie, un box me suffirait amplement. "Ah oui mais il n'y en a plus, on les a supprimés." Alors bon, 15€ ne vont certes pas me ruiner, mais si on ramène ça au tarif horaire, quatre murs blancs et un vilain lit à barrière vont me coûter proportionnellement plus cher qu'une chambre design dans un trois étoiles. Cherchez l'erreur.

L'anesthésiste qui va s'occuper de moi lundi a visiblement raté une carrière de comique. Je vous laisse imaginer le registre des blagues qu'on peut faire sur le sujet de la coloscopie, et notamment de la purge préalable obligatoire. Mais oui, j'ai bien compris que ça allait être chiant. Ah ah. Bon, cela dit, il était gentil et rassurant, ce monsieur. Même si je n'étais pas particulièrement inquiète, j'ai apprécié.

Retour en ville. Il était 15h et je commençais à mourir de faim. Un poulet général Tao et un riz thaï pris dans le boui-boui vietnamien habituel ont remédié au problème. Puis je suis passée saluer Christine à la boutique Swarovski, où j'ai vaillamment fait la sourde oreille aux appels d'un mignon petit bonhomme japonisant, style Murakami, tout piqueté de strass et à porter en pendentif. Christine m'a appris que les vernis Mavala, Debby et Rouge Baiser étaient en vente aux Galeries Lafayette voisines: voilà une info intéressante, en l'absence de Monop' dans le coin.

Les doigts cisaillés par mon shopping du matin, je suis allée me poser à la terrasse d'un des bars de la place de l'opéra, où j'ai commandé un diabolo menthe. (J'ai lu tellement d'horreurs sur les effets néfastes de l'aspartame depuis quinze jours que je n'ose plus boire de Coca Light.) J'ai eu pile le temps de terminer le ELLE commencé dans la salle d'attente de l'anesthésiste avant de devoir reprendre le chemin de la gare pour attraper le TER de 17h22. En examinant mes paquets, je me suis rendu compte que j'avais quand même acheté aussi pas mal de trucs pour moi, hum. Mais je le vaux bien. Ce soir, j'ai fait un dîner de fruits: abricots-pêches blanches-cerises Burlat, car à partir de demain, c'est régime sans fibres en prévision de la coloscopie de lundi. Ce week-end sera placé sous le signe des coquillettes-jambon. J'ai hâte :S

Bisounours de combat (2)




Merci Lady Pops pour le lien!

Des insectes et des hommes


Le défourmisateur dont je réclamais l'intervention à cors et à cris depuis deux ans est passé hier matin.
Il est arrivé à 11h40 alors que nous avions rendez-vous à 10h. Il ne m'a pas prévenue de son retard par téléphone, et il ne s'est pas excusé une fois face à moi.
Il n'a pas réussi à actionner tout seul le robinet de ma baignoire pour remplir sa bonbonne. C'est vrai que c'est compliqué: il faut tourner.
Ensuite, il a traité mon balcon alors que les fourmis rentrent par de micro-fissures entre le mur et les poutres du toit.
Puis il est descendu répandre son produit autour de l'immeuble, théoriquement à la base des murs afin que les fourmis s'empoisonnent avant d'attaquer l'escalade de ceux-ci. Sauf que le mur par lequel elles rentrent est entouré par un jardin privatif auquel il n'a pas pu avoir accès, le propriétaire de l'appartement étant absent. Donc il a aspergé le pied de la clôture dudit jardin... qui est situé à dix bons mètres du mur, bien avant l'endroit où on suppose que la fourmilière est installée.

Sinon, en arrivant chez moi mardi soir, j'ai découvert dans ma salle de bains une hécatombe de bébés insectes à carapace articulée et pattes multiples, comme ceux qui bouffent le papier et ont déjà bien amoché le contenu des étagères du bas de ma bibliothèque. D'habitude, j'en trouve toujours une dizaine de-ci de-là quand je reviens d'une absence de plusieurs semaines. Là, ils sont venus pondre et se suicider en masse au pied de ma baignoire.

J'ignore ce qui m'est le plus incompréhensible, du comportement des insectes ou des humains.

jeudi 19 mai 2011

Bisounours de combat


Je suis un Bisounours.
Parfois cynique et asociale, volontiers gaffeuse, souvent angoissée et lunatique, mais incapable de faire du mal exprès.
(Surtout aux gens que j'aime.)
Je suis un Bisounours, hyper émue quand quelqu'un a pour moi une attention qui tombe bien.
(Un bouquet de pivoines pendant une période où la vie n'est pas tendre, par exemple.)
Je suis un Bisounours.
J'aime les chaussures rouges à talons, le vernis à ongles pailleté, les gadgets kawaï et les hippopotames mauves trouvés sur la banquise.
(Je ne vous raconte même pas comment je me liquéfie face à un chaton de 8 semaines qui miaule mignonnement.)
Je suis un Bisounours, persuadée qu'un sourire en appelle dix autres, que la gentillesse est le meilleur lubrifiant des rapports humains et qu'il y a du bon chez la plupart des gens.
(Même s'il faut pas mal creuser pour le trouver chez certains.)
Je suis un Bisounours. Un Bisounours qui ne pleure pas souvent, qui prend des décisions difficiles sans tergiverser, qui se relève toujours quand elle tombe et qui ne laissera personne la faire douter d'elle-même.
Je suis un Bisounours et quoi qu'il arrive, je mènerai une vie heureuse. C'est une promesse que je me suis faite.

L'illustration de ce post est signée par Gemma Correll, dont j'adore le travail. Je sais, ce n'est pas un Bisounours. Mettons que je suis déguisée en licorne rose pour préserver mon anonymat :D

mercredi 18 mai 2011

Les pivoines de Gabrielle


Au début des années 90, Gabrielle et moi fréquentions le même cercle de jeux de rôles; nous sévissions dans les mêmes tournois et les mêmes GN. Mais 6 ou 7 ans nous séparaient. C'est beaucoup à cet âge-là. Du coup, nous ne faisions pas partie de la même bande de potes. Je l'apercevais de loin en loin, et parce que les filles étaient plus que rares dans ce milieu, j'avais repéré sa longue chevelure noire, son teint pâle, son petit nez pointu et sa façon gouailleuse d'apostropher les gens. Sans être mon amie, elle faisait partie de mon paysage.

L'an dernier, sur Facebook, je retrouve le petit frère d'un de mes potes de cette époque. Surprise: il est marié à Gabrielle, qui ne tarde pas à rejoindre la liste de mes contacts. Pendant quelques mois, elle commente mes statuts et réciproquement. Je jette un coup d'oeil à ses photos. Tiens, elle est rousse maintenant. A part ça, elle n'a pas beaucoup changé. On dirait qu'elle est prof de français, qu'elle n'a pas d'enfants, qu'elle adore les films de Miyazaki et les chats. Il doit y avoir moyen de s'entendre.

Et puis quand je lance l'idée du swap d'été, Gabrielle demande si elle peut en être. Ce sera avec plaisir. Au fil de ses interventions sur le forum, je la découvre aussi enthousiaste que dans mon souvenir, un peu complexée par son physique alors qu'il n'y a pas de quoi, hyper amoureuse de celui qui restera toujours pour moi "le petit Bastos" (même s'il doit largement dépasser le mètre quatre-vingts). Le jour où je demande si ça intéresse quelqu'un de récupérer les fournitures de scrap que je n'utilise plus et qui m'encombrent inutilement, elle répond qu'elle avait justement l'intention de se mettre au scrap, que oui, elle a une voiture et qu'elle passera volontiers chercher tout ça à Monpatelin.

Elle est venue cet après-midi. S'est un peu paumée dans le village et a dû se faire guider par téléphone sur les derniers 500 mètres. Est arrivée toute confuse, les bras chargés de cadeaux. Le matin même, j'avais mentionné sur Facebook que je me serais bien acheté un bouquet de pivoines sur le marché, mais que je ne n'avais pas de vase chez moi. Gabrielle m'en a offert un, tout simple et très joli, avec le bouquet pour mettre dedans. Et un mini-set de vernis OPI en prime. "Je n'y connais rien, s'est-elle excusée, je ne savais pas trop quoi prendre". Comme si on pouvait être offensé par la gentillesse de quelqu'un...

Les pivoines une fois retaillées et disposées dans leur vase, nous nous sommes assises sur Chloé-Jasper mon canapé transsexuel avec un verre de jus de pomme, et nous avons commencé à bavarder... jusqu'à ce que le téléphone de Gabrielle sonne. C'était son-mari-cet-homme-merveilleux (a.k.a. "le petit Bastos", donc) qui sortait du travail et qui s'étonnait de ne pas la voir alors qu'elle avait dit qu'elle passerait le chercher. Là, nous nous sommes rendu compte qu'il était 18h15 et que nous papotions à bâtons rompus depuis deux heures et demie. Franchement, je n'avais pas vu passer le temps. Et comme je suis sûre que nous avons encore plein de choses à nous dire, la prochaine fois, nous nous retrouverons à La Théière pour un goûter de filles - et qui sait, peut-être ferons-nous une petite virée shopping chez La Fiancée du Pirate?

Gaby, si tu passes par ici: merci pour cet après-midi. Tes pivoines m'ont touchée plus que je ne saurais dire.

The Museum of Broken Relationships


C'est un drôle de musée où tous les ex du monde peuvent déposer des objets représentant leur histoire - des objets si symboliques d'un amour perdu qu'il serait masochiste que l'un des deux partenaires les conserve. On y trouve des menottes doublées de fourrure rose, souvenir d'une brève passion croate, une hache qui a peut-être servi à découper en morceaux une Berlinoise infidèle, un slip orange à motifs que l'on espère propre ou encore une prothèse mollet-pied face à laquelle on reste légèrement perplexe. Si Chouchou et moi nous séparons un jour, Régis y trouvera sans doute refuge.

Le Museum of Broken Relationships se trouve à Zagreb où je n'ai a priori pas l'intention de me rendre, mais depuis l'été 2006, une de ses expositions se promène un peu partout à travers le monde. Elle est déjà passée en Afrique du Sud, en Allemagne, aux USA, à Singapour et en Turquie. Si je bossais aux Bozar, je l'inviterais immédiatement à venir à Bruxelles.

mardi 17 mai 2011

Too funny, indeed


Reçu aujourd'hui cette carte Postcrossing en provenance des Pays-Bas, accompagnée du message suivant (traduit de l'anglais):

Salut, amie des hippopotames! La semaine dernière, j'ai acheté cette carte en pensant qu'elle resterait longtemps dans mon tiroir, et aujourd'hui, je pioche ton adresse. Ha ha ha. Trop drôle. J'espère que tu ne l'as pas déjà.

Comment te dire, chère Annette? Une petite visite au zoo serait sans doute une bonne idée. La lecture des pancartes n'est PAS en option.

(Oh, et accessoirement, si ça s'ouvre et que tu es obligée de l'envoyer dans une enveloppe, ce n'est pas non plus une carte postale, mais une carte de voeux.)

Bien à toi.

lundi 16 mai 2011

L'affaire DSK


Depuis hier, je suis aussi étonnée par la levée de boucliers des socialistes qui hurlent au complot que par celle des féministes qui s'indignent. "Mais bien sûr! Comme si DSK était assez stupide pour faire un truc pareil à quelques semaines d'annoncer sa candidature aux primaires!" s'exclament les uns. "Une femme pauvre et de couleur est forcément considérée comme une pute ou une manipulatrice face à un riche homme blanc", éructent les autres. Tout le monde a un avis, et tout le monde pense détenir la vérité. Alors que les seuls à la connaître sont DSK lui-même et son accusatrice.

Je ne sais pas si la justice réussira à trancher sur cette affaire qui a eu lieu sans témoins derrière une porte close. Un doute subsistera probablement toujours, et chacun campera sur ses certitudes. Est-il pourtant si inenvisageable qu'un homme politique habitué à obtenir tout ce qu'il désire puisse chercher à le prendre de force en raisonnant que sa victime n'osera pas porter plainte? A l'opposé, peut-on vraiment croire que pour 99 victimes de viol qui n'arriveront jamais à se faire entendre et seront toujours soupçonnées de "l'avoir cherché", il ne puisse pas exister une femme sans scrupules désireuse de se faire de l'argent facile? Les hommes n'ont malheureusement pas le monopole de la perversion.

Je n'ai aucune idée de ce qui s'est réellement passé dans cette chambre du Sofitel New-York. Je sais juste deux choses: les gens qui jugent à l'emporte-pièce me hérissent de plus en plus, et la gauche vient de perdre sa meilleure chance à ce jour de remporter les prochaines présidentielles.

Thérapie par le shopping




Après une semaine assez merdique, j'avais grand besoin d'un remontant. Une petite virée en centre-ville, par exemple. Les obstacles à vaincre étaient pourtant dissuasifs: pluie et température extérieure de 15° (alors qu'il avait fait grand soleil et 28° toute la semaine à Toulouse), compliqués d'une indisponibilité de Soeur Cadette retenue à la patinoire par un tournoi de hockey auquel participait Attila. Mais l'appel du Monoprix a été le plus fort. "Tu sais que tu veux du vernis crack rose et blanc", susurrait-il à mon oreille. Alors, j'ai pris mon courage à deux mains - et le volant de la Mégane parentale pour me véhiculer all by myself jusqu'au terminus du métro.

Butin de la journée:
- une robe à pois qui me va comme si elle avait été coupée pour moi. Ce sera la troisième année consécutive que ma parfaite petite robe de l'été aura été dénichée chez Naf-Naf, pour la somme modique de 55€ et en taille 38 de surcroît. Si chouette que j'ai hésité à la prendre aussi en bleu marine.
- un bol à thé japonais en terre cuite et émail rouge foncé et bleu ciel, aperçu au Palais des Thés où j'allais juste me ravitailler en filtres individuels.
- des navettes à la fleur d'oranger et d'autres au citron, ainsi qu'une boîte en forme de poisson contenant des caramels au beurre salé. From: le Paradis Gourmand, qui est un lieu de perdition pour les becs sucrés (dont je ne fais même pas partie).
- une crème pour les mains à la fleur d'oranger Chemins d'Orient, histoire de nourrir mes cuticules martyrisés. Raflée chez Auchan en allant faire des courses pour mes parents.
- un petit carnet avec des paons embossés sur la couverture vert et doré, et dessinés sur les pages intérieures. Tellement joli que je ne suis pas sûre d'oser m'en servir. Trouvé chez Trait, qui déménage bientôt rue des Tanneurs.
- deux vernis crack Debby, deux Laque Evidemment de Rouge Baiser, et le Morning Rose de Chanel qui est déjà le troisième truc que j'achète à cause de Julia.
- "Les Harmoniques célestes", recueil de nouvelles signé Jean-Claude Dunyach avec qui j'ai goûté chez Bapz et qui a eu la gentillesse de m'en offrir un exemplaire dédicacé. Une critique suivra dès que j'aurai fini de le lire.

dimanche 15 mai 2011

(It used to be) a perfect day



Mais j'espère que ça pourra le redevenir.

Rouge Baiser Laque Evidemment 62 Vert Givré + Debby ColorPlay Crack 02 & 05



Pour commencer, deux couches de Vert Givré de Rouge Baiser. C'est le deuxième vernis de cette marque que je teste, et j'en suis aussi ravie que du premier. Ni trop liquide ni trop épais, il a une bonne couvrance, et le Corail Ardent avait tenu 5 jours sans une écaille. Le pinceau est trop fin pour faire tout l'ongle d'un coup, mais je n'y arrive jamais même avec les pinceaux OPI de toute façon. Bon, après, il faut aimer la couleur, mais personnellement je suis fan.



Et là, je me suis amusée avec les deux vernis crack Debby achetés hier: le rose et le blanc. Je sais, mes cuticules sont dans un état épouvantable (semaine de stress oblige), et faute de stylo correcteur ou de maîtrise de Photoshop, les finitions font limite peur. Mais j'adôôôre le craquelage de ce top coat, plus "aléatoire" que celui du Shatter OPI. Et les couleurs sont suffisamment soft pour éviter le côté punk du noir, peut-être un peu difficile à porter.

Featuring: la nappe de mes parents.

jeudi 12 mai 2011

De la Caneva au Cercle des Voyageurs


Lors de mon dernier passage en France, j'avais fait quelques menues emplettes chez Sephora pour Miss Sunalee (qui voulait tester le vagin artificiel) et La Princesse (qui avait besoin de reconstituer son stock de basiques Urban Decay). Et puis faute d'arriver à concilier nos emplois du temps respectifs, nous n'avions pas réussi à nous voir depuis mon retour à Bruxelles. Samedi soir, nous nous étions donc donné rendez-vous avec nos chéris respectifs à La Caneva, resto italien suggéré par La Princesse.

A 19h30, il faisait encore presque assez chaud pour manger aux petites tables alignées dans la ruelle voisine. Ca doit être un super endroit pour un dîner estival en amoureux. L'intérieur, en revanche, est très quelconque au niveau de la déco, et le service m'a paru quelque peu désinvolte (notre réservation pour 6 personnes avait été égarée; heureusement qu'il restait de la place!). Mais les pâtes... Rhaaaaa. J'ai mangé des tortelloni à la truffe qui m'ont déclenché un orgasme des papilles à chaque bouchée. Ils étaient sublimes, juste sublimes - avis apparemment partagé par Chouchou qui avait pris le même plat.

Nous avons discuté de Robin Hobb et du Trône de Fer, du Seigneur des Anneaux dont la Princesse et Chouchou sont fans et que Prince Consort et moi trouvons mortellement ennuyeux, de role-play, de vernis à ongles et de nos boulots respectifs. Et j'ai été très émue de recevoir en cadeau d'anniversaire un ravissant pendentif "Alice au Pays des Merveilles" que la Princesse avait fabriqué spécialement pour moi (même s'il va sans doute m'obliger à investir dans un nouveau casier Muji!).

diane étant fatigué, Miss Sunalee et lui nous ont malheureusement quittés avant le dessert. C'est donc à quatre que nous avons terminé la soirée affalés dans les fauteuils club du Cercle des Voyageurs situé quelques numéros plus loin. Chouette décor, ambiance calme mais pas apathique: très sympa. Par contre, ma Caïpearoschka était composée de 80% de glace pilée, de 15% de sirop de sucre, d'une minuscule tranche de citron vert et d'un trait de vodka si misérable que c'est à peine si j'en ai senti le goût. J'aurais dû faire comme Chouchou et prendre une tisane, tiens. N'empêche que c'était une bien jolie soirée de printemps, une de celles où on rentre chez soi un sourire aux lèvres en se disant: "On devrait faire ça plus souvent".

La Caneva
Rue des Grands Carmes 9
1000 Bruxelles
Tel: 02 512 34 47

Le Cercle des Voyageurs
Rue des Grands Carmes 18
1000 Bruxelles
Tel: 02 514 39 49

mercredi 11 mai 2011

Le Cri


L'état de mon père, putain.

Première séance de chimio jeudi matin; vendredi déjà, il n'avait pas la force de sortir de son lit. Tout le week-end, il a eu des vertiges qui l'ont jeté par terre. En arrivant tout à l'heure, je l'ai trouvé affalé dans un fauteuil avec de violentes douleurs au ventre. Il ouvrait et refermait la bouche en cris silencieux, comme un poisson hors de l'eau, les tendons du cou saillant à se rompre. Un tableau de Munch. Horrible. Et là, je viens de le regarder vomir ses boyaux sans pouvoir rien faire que lui tenir la bassine.

Je pleurerais bien un petit coup, mais je ne crois pas que ça arrangerait grand-chose.

lundi 9 mai 2011

Le plateau-télé du soir (2)


SOUPE AUX LENTILLES CORAIL

Pour 2 personnes

- Dans un fait-tout, faire revenir quelques minutes trois oignons nouveaux coupés en rondelles et une gousse d'ail émincée dans une cuillère à soupe d'huile d'olive.

- Ajouter 150g de lentilles corail préalablement rincées à l'eau froide, 100g de carottes émincées, 600ml de bouillon de légumes, 100ml de crème fraîche allégée. Laisser cuire 20 minutes à feu moyen.

- Ajouter le jus d'un demi-citron vert, le jus d'une demi-orange, une demi-cuillère à café de purée de piment, quelques pincées de curry, quelques pincées de cumin, du sel. Mixer grossièrement.

- Verser dans des bols et ajouter sur le dessus quelques noix de cajou concassées.

Servi ici avec des tartines de tapenade verte, et dégusté vendredi soir devant "The Wildebeest Implementation", encore un épisode hilarant de "The Big Bang Theory". Les restes ont été mangés le lendemain midi avec une petite assiette de tomattes-mozza.

dimanche 8 mai 2011

Où le Chaos bat une fois de plus en retraite devant Muji


Une fois de plus, c'est du Japon qu'est venu le salut porté sur un nuage radioactif. Je cherchais un moyen de ranger mes vernis à ongles? Je l'ai trouvé!


Pour les flacons "normaux", genre OPI, Catrice, MAC (de la daube, entre parenthèses, n'en achetez pas) ou Estée Lauder (là par contre, super qualité bien que couleurs peu funky), 3 coffrets 2 tiroirs en acrylique.



Pour les bébés-flacons style Mavala, Sephora ou mini-OPI, regardez-moi cette merveille! Moi qui adore stocker mes flacons allongés plutôt que debout pour bien voir le nom et la couleur, j'ai craqué pour...



...Ce coffret à 5 tiroirs format A4, à l'origine plutôt prévu pour contenir des documents sérieux, j'imagine. Le problème, c'est qu'il me reste quatre tiroirs quasiment vides, et que si je veux les remplir, j'ai intérêt à prendre des actions chez Mavala. Me faire pousser une seconde paire de mains pourrait également être utile (histoire d'écouler ce stock monstrueux).

Sinon, pour des filles possédant une quantité de vernis plus raisonnable, cette boîte me semble parfaite. Et non, je n'ai pas de commission sur les ventes du site en ligne de Muji (mais j'aimerais bien). Je trouve juste leurs produits merveilleux de simplicité et d'intelligence.

Les grands esprits se rencontrent (de préférence dans un bon resto italien)



Quand trois copines se donnent rendez-vous pour dîner
avec leurs chéris respectifs, ça donne ça...

A partir du coin supérieur gauche, dans le sens des aiguilles d'une montre:
La Princesse porte le Peach de Gosh
Miss Sunalee porte le Waikiki de Mavala
Je porte le I Scream Peach de Catrice

Dès que j'ai 5 minutes, je vous révèle où on mange
les meilleures pâtes à la truffe du monde.
Ou peut-être juste du monde belge,
mais c'est déjà pas si mal.

samedi 7 mai 2011

L'anarchie, je vous dis


Afin que vous mesuriez bien l'inconscience qui a été la mienne lorsque j'ai (naïvement et avec beaucoup d'enthousiasme) proposé d'organiser ce swap, je vous relate la suite de la conversation d'hier sur le sujet "Votre choix de couleurs".

Lady Pops (autre Suissesse; absolument adorable, mais visiblement contaminée par l'indiscipline ambiante): Moi je veux un paquet arc-en-ciel! Mais je préviens: j'aime pas le rouge.
Christine (ma copine à moi que j'aime, qui vit à Monpatelin et qui n'a pas du tout l'habitude des forums): Euuuh j'ai pas envie de me faire fouetter alors je choisis mauve et bleu. C'est bon, mauve et bleu?
Moi (pensant qu'on tient le bon bout): Oui, c'est très bien mauve et bleu.
Christine: Ouf! Mon mari se bidonne sur le canapé. Je suis seule au monde.
Moi: Si tu veux, je t'envoie le contingent des Suissesses indisciplinées pour te tenir compagnie. Imagine le tableau...
Christine: Des pâtes pour le dîner, ça vous va?
Contingent suisse (en choeur): Ouéééé, des pâtes, trop bien!
Christine: OK, vous les voulez à quoi?
Suissesse n°1: Moi j'aimerais des carbonara, mais sans lardons et sans crème.
Suissesse n°2: Un risotto, ça serait bien.
Suissesse n°3: Et si on allait plutôt faire une promenade?
Christine: Dis, en fait, pour le mauve et bleu, mon mari a fait une grimace abominable. Je peux changer et prendre plutôt bordeaux et doré?
Moi: Je vais me pendre et je reviens. Ou pas.
Funambuline: Finalement comme je n'arrive pas à me mettre d'accord avec moi-même, je peux laisser le choix à ma swapeuse entre l'arc-en-ciel et un duo violet/fuchsia?
Sybille: Ah je me suis fait engueuler pour moins que ça! Et le fuchsia, ça fait pas partie de la gamme du violet?

Tout à l'heure, pendant mon cours de yoga-visualisation, la prof nous a demandé de tourner la tête en imaginant qu'on dessinait un arc-en ciel avec le menton: inspire, menton vers la droite, arc rouge; expire, menton vers la gauche, arc jaune, etc. Impossible de me concentrer proprement; au fur et à mesure, je voyais les couleurs se couvrir de petites taches blanches et rondes et je devais me retenir de gémir: "Non, non, pas les pois, pitié, pas les pois."

Si je finis à l'asile avant le 10 août, j'envoie la facture des tranquillisants et de la camisole à Lausanne.

Mavala "Touch of Provence" + Essence Twins Glitter Topper 1, "Louise"



Il va sans dire que mes modestes efforts sont indignes de toute comparaison avec le talent manucurien de Funambuline, et que je me fouetterai ce soir avec des orties enduites de gros sel pour expier ma faute. Néanmoins, après sa symphonie en vert, je trouvais intéressant de vous montrer un autre des top coats double paillettes produits par Essence, qu'elle m'avait gentiment envoyé avec Georges-Arthur Ze Frankenpolish.

Le vernis mauve que j'ai mis dessous est donc le Touch of Provence de la collection éphémère Art Color's. Pas grand-chose à dire: comme tous les Mavala, il ne coûte presque rien (moins de 10€ les 3 chez Ici Paris XL) et s'applique hyper facilement; sa couvrance est bonne et sa tenue supérieure à celle de la plupart des marques qui vendent leurs flacons 20€.

Quant à cet effet double paillettes du top coat, je ne m'en lasse pas. J'adore, j'adore, j'adore. C'est joyeux comme tout et hyper facile à poser même pour une néophyte maladroite dans mon genre. Si Kruidvat daignait vendre les Twins Glitter Topper, je me serais déjà offert toute la collection.

vendredi 6 mai 2011

Suissesse, ça rime avec trollesse. Coïncidence? Je ne pense pas.


Cet après-midi sur le forum de swap, j'annonce que le thème est désormais arrêté: ce sera la couleur. Chaque participante a le choix entre un paquet bichromatique (et doit dans ce cas préciser les deux couleurs qu'elle choisit, genre "je veux un paquet rose et noir", par exemple) ou un paquet arc-en-ciel qui contiendra au moins 7 objets: un de chaque couleur de l'arc-en-ciel, et le reste éventuel à discrétion de sa swapeuse. Un sujet est créé afin que chacune fasse part de son choix.

La première à se manifester est Funambuline, la vernis-addict lausannaise: Oui alors moi ce que je voudrais c'est un paquet multicolore, pas deux objets de la même couleur.
Elle est gentille Funambuline. Et un peu indisciplinée. Mais je l'aime bien, c'est ma copine, et elle va m'emmener dévaliser un stand Essence fin juin.
Moi: Ca, ce sera au bon vouloir de ta swapeuse; on va donc dire un paquet arc-en-ciel, plus l'option ci-dessus si ta swapeuse se sent d'humeur à relever le défi, OK?

Vient ensuite Invidiosa, autre Suissesse amie de Funambuline et que j'ai apparemment déjà croisée dans des conventions de littérature de l'imaginaire: Alors pour moi, ce sera du rouge et des pois.
Depuis quand c'est une couleur, les pois?
Moi: Je préfèrerais que tu choisisses bien deux couleurs, en précisant éventuellement ton amour des pois pour ta swapeuse, qui comme celle de Funambuline en tiendra compte dans la mesure du possible. Si chacune commence à faire ses propres règles, c'est pas la peine de choisir un thème bordel. Merci aux suivantes de ne pas improviser, même si vous pouvez rajouter des voeux à l'attention de votre swapeuse.

Sur ce, intervention d'Aida qui bien que d'origine égyptienne vit à Genève: Moi aussi, j'adore les pois! Le rouge et le noir, pas du tout le rose. Mais là, on complique un peu l'affaire.
Gniiiiiiiii. (Bruit de l'émail de mes dents sacrifié sur l'autel de la zénitude.)
Moi: Oui, et on s'écarte du thème choisi, que vous pouviez contester avant qu'il soit arrêté... mais qu'on peut toujours supprimer si chacune préfère exprimer ses propres souhaits. Sinon, MERCI DE CHOISIR SOIT DEUX COULEURS, SOIT L'ARC-EN-CIEL.

Intervient alors Sybille. Installée à Nice, mais ayant dû respirer trop d'air en provenance des Alpes: Moi je peux laisser ma swapeuse choisir entre les deux couleurs et l'arc-en-ciel?
Moi, au bord de l'apoplexie: Sybille, espèce de Suissesse honoraire! C'est à TOI de choisir.
Sybille: Oui, mais je voudrais pas déranger...
Aaaaaaaaaargh.

Une douzaine de participantes doivent encore se prononcer. Je ne serais pas surprise que certaines réclament de l'encens et de la myrrhe, Laurel & Hardy ou du goudron et des plumes.

"Guide du savoir-survivre en compagnie des monstres"


C'est Marie-Aude qui m'a fait découvrir cet album pendant Trolls & Légendes. Elle l'avait acheté sur place et fait dédicacer pour son neveu par l'une des illustrateurs. Je l'ai feuilleté rapidement: coup de foudre. Le lendemain, je faisais le pied de grue devant la table de Carine M. pour obtenir à mon tour un bôdessin. Ce fut un de ses personnages préférés: la sirène spectrale, mais accommodée à la sauge Régis, c'est-à-dire en version cyclope. Adorable.

J'ai toujours eu une grande affection pour les monstres. Si le zombie est le symbole du consumérisme rampant (dixit Chouchou), de façon plus générale, le monstre représente la part d'ombre qui est en chacun de nous, les travers honteux, les pulsions inavouables. J'aime quand des auteurs s'attachent à les rendre moins effrayants comme pour nous inviter à apprivoiser cette part d'ombre, à nous réconcilier avec elle, à l'accepter voire à la mettre en lumière.

Ici, on commencera à apprivoiser les monstres en prenant un thé avec eux - quelle excellente idée! Qu'ils soient "domestiques" comme le vampire ou le dragon, fantasmagoriques comme la tricoteuse de mauvais sorts ou le fantôme de la tasse, exotiques comme le lapin crétin naufrageur ou l'abominable homme des neiges, ce "Guide du savoir-survivre" en leur compagnie explique où les rencontrer, comment les inviter, quels rituels utiliser pour éviter de se faire manger tout cru alors qu'on a apporté de délicieux petits gâteaux. Avec ses illustrations superbes et sa mise en page recherchée, c'est un très beau cadeau à faire à un jeune amateur de monstres... ou à garder pour soi!

Si cet article ne vous a pas convaincus, allez donc faire un tour sur le site du Boudoir Fantastique... Vous devriez vite changer d'avis! Et pour info, l'éditeur considère ce livre comme adapté aux petits lecteurs à partir de 5 ans.

jeudi 5 mai 2011

"Pour la vie"


"Quelque part dans l'Ain, un train est immobilisé en pleine campagne. Deux octogénaires de la maison de retraite voisine viennent de se précipiter ensemble sous ses roues. Ils venaient pourtant de fêter, dans la joie, leur 50ème anniversaire de mariage. Cinquante années, de De Gaulle à nos jours, à tenir à deux ce petit bistrot d'habitués avant de profiter de leur retraite. Inspiré d'une histoire vraie, "Pour la vie" raconte le parcours de ce couple qui a décidé de disparaître ensemble par amour. Parce qu'ils ne voulaient pas que la mort puisse un jour les séparer et condamner l'un d'entre eux à la solitude."

Présenté comme ça, je sais: ça n'a pas l'air très gai. D'ailleurs, les dessins en noir et blanc "sali" de Claudio Stassi n'ont rien de particulièrement joyeux. Pourtant, si j'ai écrasé une larme à la fin de "Pour la vie", c'était une larme d'émotion et non de tristesse. Parce que l'amour qui lie Fernand et Edith est juste magnifique. Qui a dit qu'on ne pouvait pas faire de l'art avec des bons sentiments, et encore moins avec des gens ordinaires à qui il n'arrive rien? Car c'est une vie des plus banales que Jacky Goupil met en scène par d'habiles flashbacks, la vie d'un couple de Français modestes à qui la nature comme l'administration refuseront toujours un enfant. Il ne leur reste plus qu'à travailler dur, aider leur prochain chaque fois qu'ils le pourront et s'aimer très fort. Voyager à travers le monde, une fois la retraite arrivée. Et puis aller finir leurs jours aux Coquelicots, entourés d'autres vieillards hauts en couleur et d'employés qui portent une sincère affection à leurs pensionnaires. Jusqu'à ce qu'un malaise de Fernand fasse redouter à Edith qu'il parte sans elle...

Chronique en filigrane de la vie d'un couple de Français moyens pendant la seconde moitié du XXème siècle, "Pour la vie" est surtout une bédé romantique au sens le moins mièvre du terme, et la chose la plus touchante que j'aie lue depuis longtemps.

mercredi 4 mai 2011

Le plateau-télé du soir


SOUPE TOMATE-COCO

Pour 2 personnes

- Dans une grande casserole, faire revenir une cuillère à soupe d'huile d'olive. Ajouter 3/4 oignons nouveaux coupés en rondelles et une gousse d'ail émincée. Laisser revenir quelques minutes.

- Ajouter 400ml de pulpe de tomate bio, 100ml de bouillon de légumes, 250ml de lait de coco et le jus d'une demi-orange. Laisser mijoter 5/6 minutes.

- En fin de cuisson, ajouter une demi cuillère à café de purée de piment, quelques pincées de cumin et 2 pincées de sucre en poudre. Saler à votre convenance. Bien mélanger.

Présentée ici avec une tartine d'hoummous sur du pain aux céréales, et des boulettes kefta de chez Picard, cette petite soupe nous a régalés ce soir pendant que nous regardions le 3ème épisode de la saison 1 de "Glee".

Où j'aimerais faire autre chose de mes mains que passer la journée à taper sur un clavier d'ordinateur


Le déballage des paquets des autres participantes du groupe de swap m'a fait un peu honte. Beaucoup de filles avaient envoyé des créations maison: amigurumi, cosmétiques, bijoux... Pas moi. Je me rends compte que depuis que j'ai arrêté le scrap, je ne fais plus grand-chose de mes mains - juste des carnets de voyage, forcément rares et que je peine à finir après mon retour au bercail. Je trouve ça vraiment dommage.

Parmi mes projets, il y a l'inscription à un atelier reliure qui me permettra de fabriquer des carnets. Mais beaucoup d'autres choses me tentent. J'aimerais prendre quelques cours de crochet histoire de maîtriser les bases et d'être capable moi aussi de réaliser d'adorables bestioles à offrir. J'ai un peu cherché sur Bruxelles, sans succès. Par contre, des copines de chez Editeur Préféré se sont lancées dans la fabrication de mini zombies en feutrine à l'aide de ce livre et en commandant leurs fournitures sur ce site. Je crois que ça devrait être dans mes capacités (problème: le zombie est quand même moins facile à caser chez les copines si on espère leur soutirer des exclamations ravies du type "Mékecémeugnon!"). Sinon, la cosméto maison, ça semble abordable mais peut-être gourmand en matériel, alors que je suis toujours encombrée par les reliquats de ma période scrap...

Bref, je me suis fixé comme objectif de glisser au moins une production maison dans le colis de ma prochaine swapée (encore inconnue à ce jour).

lundi 2 mai 2011

Où je triomphe du Chaos une fois encore


Le rangement est une de mes grandes passions dans la vie. Chez moi, tout ce qui peut être classé par ordre alphabétique l'est: CD et bouquins, bien sûr, mais aussi épices. Mes vêtements sont répartis dans deux penderies (été, hiver), à l'intérieur desquels ils sont classés par type, par longueur et par couleur. Mes palettes de fards à paupières MAC forment des dégradés subtils, du plus foncé au plus clair et du plus mat au plus nacré. Si j'avais passé autant de temps à étudier la physique qu'à chercher le moyen le plus rationnel de ranger mes affaires, Sheldon Cooper m'appellerait "boss". Je suis d'avis qu'on ne possède jamais assez de boîtes, et j'ai probablement financé à moi toute seule les dernières vacances de Valérie Nylin et d'Yves Blayo. Je déteste coller des étiquettes aux gens, mais les objets? Dans ma vision de l'univers, chacun d'eux doit avoir sa place.

Sauf que si certains s'en laissent docilement attribuer une, d'autres se rebiffent et déjouent toutes mes tentatives pour les mettre en ordre. Ainsi mes très nombreux colliers et pendentifs, quasiment la seule sorte de bijoux que je porte. Quand j'en n'en avais pas beaucoup, je les accrochais à un joli présentoir en forme de buste féminin. Quand ma "collection" s'est agrandie, j'ai acheté chez Schleiper de petites bourses en organza de toutes les couleurs, mais malgré l'opacité du tissu, je ne voyais pas vraiment ce qu'il y avait à l'intérieur, et l'ensemble formait un tas peu esthétique dans un petit panier en osier. Finalement, c'est en faisant du tri dans mes vieilles affaires de scrap que j'ai trouvé la solution:


Pour les plus grosses pièces, ce casier en acrylique Muji qui abritait précédemment des alphabets en carton autocollants. Muji est une marque japonaise qui vend des basiques (vêtements, papeterie, vaisselle, cosmétiques...) hyper bien étudiés; la marque n'a malheureusement pas de magasin en Belgique, mais on peut acheter par correspondance sur son site internet.


Pour les plus petites pièces, cette boîte à embellissements Making Memories où je rangeais jusqu'ici mes différentes sortes d'attaches parisiennes. Je n'aime pas trop le logo sur le couvercle et aurais préféré quelque chose de complètement transparent, mais à ce détail près, c'est vraiment un système idéal. Les deux boîtes tiennent sans problème dans le tiroir de ma table de nuit, sous les pieds de Georges-Arthur Ze Amigurumi et à côté du coffret en cuir rose embossé rapporté de Marrakech qui contient ma petite dizaine de bagues.

Maintenant, il faut que je trouve un moyen de ranger mes 80 (glups...) vernis à ongles. Et surtout de les empêcher de se reproduire, car je n'en avais encore qu'une vingtaine il y a deux mois. Je les soupçonne d'être atteint d'une maladie rare mais potentiellement très dangereuse pour le porte-monnaie: la Funambulite.

dimanche 1 mai 2011

Une journée de geocaching à Anvers


ETAPE 1: DEJEUNER CHEZ WAGAMAMA

Nous nous avions donné rendez-vous à notre partner in crime geocaching devant le restaurant à l'heure de l'ouverture, ce qui nous a permis d'annexer une des meilleures tables près de la fenêtre. Philou ne connaissait pas du tout cette chaîne qui propose de la nourriture japonaise un poil fusion, et nous voulions effacer la mauvaise impression laissée par le Wagamama de Londres en octobre dernier. Nous avons très bien mangé; les gyoza de canard bien que peu orthodoxes étaient délicieux, et mon saumon teriyaki grillé juste comme j'aime. Par contre, impossible une fois de plus d'acheter T-shirt ou bouteille frappés du logo de Wagamama - ils étaient en rupture de stock, comme à Copenhague il y a deux ans et demi. Les gens, si vous ne voulez pas vendre vos produits, pas la peine de les exposer dans une vitrine avec des listes de prix! Bonne nouvelle tout de même: un Wagamama ouvrira à Bruxelles l'an prochain.

ETAPE 2: GEOCACHING INTENSIF

Entre 14h et 18h, nous avons réussi à trouver pas moins de 7 caches, notre record personnel en une journée. L'une des plus marquantes fut la Kijk Omhoog! (= Regardez en l'air!), située sur le Meir qui est la grande avenue commerçante d'Anvers. L'indice "Give me a call" nous a poussés à examiner un ensemble de quatre cabines téléphoniques pendant une bonne vingtaine de minutes, sans succès. J'étais trop petite pour chercher vraiment aux endroits qui auraient fait une bonne cachette, mais Chouchou et Philou m'assuraient que non, il n'y avait rien à l'intérieur des rebords des grandes plaques carrées marquées "Telefoon". Nous avons fini par abandonner... mais en fin de journée, nous sommes repassés par là, et très vite, Philou a sorti d'une des grandes plaques en question la boîte de pellicule magnétisée qui contenait le logbook. J'imagine que d'autres géocacheurs étaient venus en début d'après-midi et avaient emporté la cache pour venir la remettre un peu plus tard, afin de ne pas se faire remarquer par les Muggles. Ca arrive parfois.

L'autre cache marquante fut le Train TB Hotel, vieux wagon de chemin de fer restauré situé sur le bord du fleuve. Il était censé abriter une cache de taille 3, très rare en milieu urbain. Nous avons cherché un bon moment. J'ai commencé par grimper à la petite échelle malgré mon vertige pour regarder si la boîte ne se trouvait pas au sommet du wagon. Un premier examen du dessous du wagon n'a rien donné. Nous sommes alors montés sur la passerelle qui surplombait le wagon. Après avoir fait chou blanc, nous sommes redescendus. Philou s'est glissé accroupi sous le wagon: toujours rien. C'est finalement Chouchou qui a repéré un véritable mini-coffre fort en métal vert camouflage, solidement attaché au wagon de manière à ce qu'aucun indélicat ne l'emporte. Nous avons encore un peu galéré pour l'ouvrir, et c'était vraiment le coffre au trésor: pas moins de 5 Travels Bugs et autres Geocoins à l'intérieur. J'en ai confié un à Philou; je me chargerai de déposer les autres en Suisse fin juin si possible, histoire qu'ils voyagent un peu. C'est sans doute la plus chouette cache que nous ayons faite à ce jour. Grande était notre satisfaction.

ETAPE 3: SHOPPING A L'ARRACHE

Les poches pleines, nous avons rebroussé chemin vers le Meir, marquant un petit arrêt dans une ravissante boutique de brols appelée Achter de Maan où Philou et moi avons fait le plein de cartes originales pour Postcrossing. Il était 18h15 et les magasins commençaient déjà à fermer. Je me suis ruée à l'intérieur du Kruidvat local; à peine étais-je passée que le vigile commençait à tirer la grille derrière moi. Mais au stand Essence, je n'ai pas trouvé le fameux top coat double paillettes que j'ai déjà en violet et que je cherche désespérément dans les autres couleurs. Grosse perplexité: comment se fait-il que j'en aie trouvé une fois et que depuis, nada, aussi bien à Bruxelles qu'à Anvers? Puis je me suis souvenue. Le flacon que j'ai, c'est Funambuline qui me l'avait envoyé avec Georges-Arthur Ze Frankenpolish pour ne pas, je cite "qu'il s'ennuie pendant le voyage". Damned. Bon, ben je serai obligée de faire une razzia à Lausanne le mois prochain. C'est ballot. Pour me consoler, j'ai quand même emporté deux vernis Catrice (450 Sand Francisco et 170 I Scream Peach) malgré la déception causée par le 440 par-dessus lequel j'ai dû appliquer une couche de paillettes Golden Rose afin qu'il ressemble à quelque chose. Urban Outfitters ne fermait qu'à 19h; j'ai exploré les rayons au pas de course et chopé in extremis un joli pendentif sablier tandis que les garçons emportaient quelques bouquins.

ETAPE 4: DINER EN TERRASSE

Le soleil qui avait brillé toute la journée s'attardait encore, et après tous ces kilomètres à pied, la faim commençait à se faire sentir. Nous nous sommes installés sur la terrasse intérieure de la brasserie De Markt où nous avons dégusté d'excellentes pâtes accompagnées d'un petit verre de vin. En allant aux toilettes, j'ai failli emplâtrer la dame pipi qui m'engueulait en néerlandais parce que j'essayais de me laver les mains.
- Gluick gluick schraemeleu.
- I'm sorry, I don't understand Dutch.
- Krlyckuyck krijmkruylxxx!
- I'm telling you, I don't understand what you're saying.
- Huyckkrulux het kroumluyklukluck!!!
Un grand moment de compréhension entre les peuples.
Ceci mis à part, ce fut un fort bon repas qui clôtura agréablement une fort bonne journée. Vers 21h, nous avons dit au revoir à Phil qui regagnait Lille avec sa Triumph (la Porsche avait un problème de moteur...) et plus modestement repris notre Polo pour rentrer à Bruxelles. Les 50 kilomètres sont passés très vite grâce à un petit concert improvisé de fristouillage à deux voix. La prochaine journée de geocaching aura probablement lieu à Knokke début juin.

NB: Le garçon qui fait l'andouille sur les photos, c'est donc mon vieux pote Philou. Célibataire sans enfants, aucun cadavre dans les placards de son magnifique loft/duplex à Lille, amateur de voyages et de chocolat, collectionneur de théières, finisseur du dernier marathon de Paris, bénévole chez ATD Quart-Monde, drôle, gentil et cultivé. Non, j'essaie pas de le vendre; cela dit si ce portrait vous intéresse, j'accepte le paiement en chaussures à talon et en billets d'avion.