mercredi 30 novembre 2011

Swap littéraire: les paquets envoyés et reçus (5)


Deux paquets sont arrivés aujourd'hui. Vous pourrez voir ici celui que Nuryko a reçu de la part de Saragne.

Quant à Maerie, voici la photo et le mail qu'elle m'a envoyés:




"J'ai reçu mon colis de swap aujourd'hui (j'en trépignais dans l'entrée en rentrant du boulot). Il contenait: "Le cercle littéraire des des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer, un roman dont j'ai entendu beaucoup de bien, un superbe coffret de correspondance (le livre est un roman épistolaire) et une série de miniatures de thé (le roman se passe en Angleterre) que je vais pouvoir déguster pendant ma lecture. Le tout accompagné d'une jolie petite carte.
Merci beaucoup à Malena qui m'a bien gâtée! Merci à toi d'avoir organisé ce swap! J'ai hâte de savoir si mon colis a plu!"


Jusqu'ici, toutes les participantes semblent contentes; vous ne pouvez pas savoir à quel point j'en suis ravie!

Et bien que ça n'ait qu'un rapport indirect, puisque quelqu'un me l'a réclamé dans les commentaires du post précédent, voici une photo du marque-page que j'avais confectionné pour Lady Pops il y a quelque temps:



(On notera que ce n'est pas tout à fait de l'origami, puisque j'ai utilisé des ciseaux et de la colle.)

Les bouquins que je n'ai pas aimés en novembre


ROMANS


Moi, Sam Pulsifer, je suis l'homme qui a accidentellement réduit en cendres la maison d'Emily Dickinson à Amherst,
et qui, ce faisant, a tué deux personnes, crime pour lequel j'ai passé dix ans en prison. Il suffira sans doute de dire qu'au panthéon des grandes et sinistres tragédies qui ont frappé le Massachusetts il y a les Kennedy, les sorcières de Salem, et puis il y a moi.
Titre et quatrième de couvertures accrocheurs, super critiques, je pensais vraiment que ce roman réputé drôle et malin allait me plaire. Or, je sais que je ne suis pas bon public pour les trucs comiques, mais là, je n'ai même pas compris où j'étais censée rire. Le personnage principal est pathétique, l'écriture morne, et l'histoire met un temps fou à démarrer. Après avoir jeté un coup d'oeil à la fin pour vérifier que je ne perdais rien (apparemment, non), j'ai abandonné vers la page 120.


"L'envoûtement de Lily Dahl" (Siri Hustvedt)
De Siri Hustvedt, j'avais adoré "Tout ce que j'aimais", puis pas accroché à "Elégie pour un Américain". J'ai déniché "L'envoûtement de Lily Dahl", un de ses romans plus anciens, en poche chez Pêle-Mêle. J'y ai retrouvé le style que j'aime, mais je n'ai pas réussi à m'attacher à sa petite héroïne provinciale pourtant charmante et fougueuse, ni à m'intéresser aux personnages plus ou moins mystérieux, ridicules ou inquiétants qui peuplent sa petite borgade du Minnesota. J'ai imaginé assez vite l'explication des phénomènes étranges qui se produisaient autour d'elle, et du coup, je ne me suis pas laissée happer par l'atmosphère que tentait de créer l'auteure. Par ailleurs, je voudrais signaler à cette dernière l'existence, sur son clavier d'ordinateur, d'une touche ornée d'une flèche qui permet de faire des retours à la ligne, histoire de contrôler le rythme du texte et de le rendre plus digeste. Cela dit, "L'envoûtement de Lily Dahl" reste un bon roman, mais un bon roman à côté duquel j'ai eu le sentiment de passer.


NOUVELLES


Je ne comprends vraiment pas pourquoi je m'obstine à acheter des recueils de nouvelles alors que je déteste ça. En littérature, sauf exceptions notables comme les nouvelles fantastiques (dans les deux sens du terme) de Mélanie Fazi, le format court ne me convient pas du tout. Mais le titre de ce bouquin-là était trop accrocheur pour que je passe à côté. La tonalité grinçante et les situations de base rocambolesques employées par Julien Campredon m'ont fait penser à l'écriture de Nicolas Ancion, dont je ne suis pas fan non plus. Je me suis trop ennuyée pour pousser au-delà de la nouvelle-titre.


BEDES


"Bonus !" (Alex Robinson)
J'ai tellement adoré "De mal en pis" que j'étais toute heureuse de pouvoir me reprendre une dose de Jane, Stephen, Sherman, Dorothy, Ed et Irving Flavor. Or, à l'exception d'une histoire qui met en scène le couple attachant formé par les deux premiers, tout le reste est extrêmement anecdotique et, à mon humble avis, sans intérêt. Ce soi-disant "Bonus" m'a plus frustrée qu'autre chose.

Novembre 2012



mardi 29 novembre 2011

Amazon Partenaires: mon petit Noël avant l'heure


Vous l'avez peut-être remarqué: quand vous cliquez sur un de mes liens dans un post consacré à un livre, vous arrivez sur la fiche Amazon du livre en question. Comme je suis affiliée au programme Amazon Partenaires qui rémunère les prescripteurs, si vous achetez ce livre (ou n'importe quoi d'autre durant cette visite sur le site d'Amazon, à partir du moment où vous y avez accédé en venant de mon blog), je touche une commission variable selon la nature des produits vendus et leur nombre - généralement, 5% pour les bouquins. Ca ne vous coûte pas plus cher, et dizaines de centimes par dizaines de centimes, les commissions s'accumulent sur mon compte. Quand elles ont atteint ou dépassé 25€, Amazon m'envoie (deux mois plus tard, faut pas être pressé non plus...) un chèque-cadeau valable sur tout son site.

Soyons clairs: je ne fais pas fortune grâce à ça! Je suis inscrite au programme depuis août 2009, et je viens seulement de recevoir mon troisième chèque-cadeau. Ce n'est pas demain la veille que j'arrête de bosser pour vivre de mes dividendes Amazon. Et l'enjeu financier n'est pas non plus assez important pour m'inciter à dire du bien d'un bouquin que je n'ai pas aimé: comme vous avez pu le constater, je ne me gêne pas pour descendre en flammes ceux que j'ai trouvés mauvais ou ennuyeux, y compris lorsque ce sont de gros succès de librairie. Mais bon, ce chèque-cadeau annuel constitue un petit bonus très agréable. Le dernier en date vient de me servir à commander "Annike Huett & Ulf Huett Nilsson: Details at Home", un ouvrage de déco suédois plein de couleurs, que j'avais repéré chez Lägerhaus lors de notre récent voyage à Stockholm et pas acheté sur place parce qu'il était quand même assez lourd et encombrant. Aussi, je voulais dire merci à ceux et celles d'entre vous qui, peut-être sans le savoir, ont contribué à me l'offrir en utilisant mes liens Amazon. Si vous êtes vous-même blogueur/se et intéressé(e) par ce système, vous pouvez vous inscrire au programme Partenaires ici (et non, il n'y a pas de système de parrainage, donc ceci est un conseil entièrement gratuit ^^).

Swap littéraire: les paquets envoyés et reçus (4)


Hier, j'ai reçu le paquet que m'avait envoyé Londoncam dans le cadre du swap littéraire en cours. Bien emballé dans une enveloppe à bulles, il contenait ceci:


- Un roman de Laurence Cossé que je ne connaissais pas (de cette auteure, je me souviens seulement avoir lu, il y a longtemps, "Le 31 du mois d'août" dans lequel elle imagine ce que devient la conductrice de la Fiat blanche responsable de l'accident qui coûta la vie à la princesse Diana à la fin de l'été 1997) mais dont la quatrième de couverture me paraît tout à fait alléchante.
- Deux marques-pages en origami réalisés par ses soins, et à la vue desquels j'ai souri car j'ai bien failli, moi aussi, en inclure un dans mon colis à Cécile de Brest.
- Un sautoir "lunettes" qui est tout à fait mon style; si je l'avais vu dans un magasin, je l'aurais probablement acheté!
- Une carte ornée d'un motif japonais et contenant un gentil petit mot.

Merci beaucoup Camille!

lundi 28 novembre 2011

Orange Amazone de Mavala


Voici la plus récente des mini-collections Mavala. De gauche à droite et de haut en bas: Purple Sensation, Racing Green, Vertigo Red, Denim Blue, Platinum Marble et Orange Amazone. Ce dernier, un orange brûlé très chic qui n'est pas sans rappeler les couleurs Hermès, était le seul qui me tentait. Facile à appliquer, texture crémeuse juste comme il faut, bonne couvrance dès la première couche même si j'en mets toujours deux par principe, et rendu magnifique. J'ai déjà dit que j'étais une fan absolue de Mavala?



Mammographie dès 40 ans: y aller ou pas?


Lors de ma révision des 40 000 mon dernier contrôle annuel, ma gynéco, calculant que j'avais eu 40 ans cette année, m'a rédigé une ordonnance pour une mammographie - alors que je ne présente pas de facteurs de risque particulier tel que parente au premier degré ayant eu un cancer du sein. En France, on recommande de commencer le dépistage à 50 ans, mais je sais que dans d'autres pays comme le Canada, toutes les femmes sont appelées à faire des mammographies à partir de 40 ans. Et parfois, c'est vrai, ces mammographies permettent de repérer et de traiter à temps des cancers qui auraient pu être fatals dépistés plus tard. D'autres fois, elles se contentent de mettre en évidence des kystes bénins ou autres masses vouées à se résorber toutes seules, et la patiente se retrouve donc soumise à des examens et un stress inutiles. Surtout, une mammographie n'est pas un examen anodin dans la mesure où elle diffuse un rayonnement risquant, à terme, de provoquer le genre même de tumeur qu'elle est censée détecter. Mais il est très difficile de mesurer précisément les bénéfices et les coûts de cette procédure, si bien que j'hésite... J'hésite beaucoup.

Personnellement, j'aurais tendance à dire "Non, je n'y vais pas". Je précise que je ne suis pas une adepte de la politique de l'autruche et que j'ai même tendance à courir chez mon médecin pour faire tous les dépistages possibles et imaginables du moment qu'ils sont inoffensifs en soi - une coloscopie en mai dernier, par exemple, puisque pour le cancer du colon, oui, j'ai un facteur de risque supérieur à la moyenne du fait de la maladie de mon père. Mais là... je ne le sens pas. D'un autre côté, je ne suis pas médecin. Ma gynéco que j'estime tout à fait compétente pense que ce serait bien de le faire par principe tandis que mon généraliste, que j'estime tout aussi compétent, est plutôt contre. Du coup, je suis tentée d'écouter mon instinct... Mais comment dire à une professionnelle de la santé: "Je choisis délibérément d'ignorer votre avis" sans lui donner l'impression que je n'ai pas confiance en son jugement? Si vous avez sur ce sujet un avis ou une expérience personnelle que ça ne vous dérange pas de partager, j'aimerais beaucoup que vous m'en fassiez part.

dimanche 27 novembre 2011

Les brunchs du dimanche (10): La ferme du hameau du roy




A une trentaine de kilomètres au sud de Bruxelles, le long de la route qui traverse le champ de bataille de Waterloo, se dresse une ancienne ferme brabançonne restaurée et reconvertie en boulangerie traditionnelle. C'est là que La Princesse au Petit Pied achète les sublimes chouquettes qu'elle amène à tous les rassemblements de filles. Informés que l'endroit servait également des petits déjeuners aussi succulents que monstrueux et bon marché, Chouchou et moi mourions d'envie de tester un dimanche. Ce matin, vers 11h, nous avons donc traversé en voiture la campagne wallonne drapée d'une brume froide qui lui conférait ce charme si particulier (mais pas désagréable, je l'avoue) des paysages belges.




A notre arrivée à la Ferme du Hameau du Roy, la salle de dégustation était bondée, et un monsieur assez peu aimable nous a aboyé "Un quart d'heure d'attente, ne restez pas dans le passage!". Nous avons patienté en essayant de nous faire tout petits. La déco rustique avec plancher en bois et poutres apparentes, les vitrines de tartes salées et sucrées, les corbeilles de pains variés, le meuble rempli de confitures maison, les petits sujets en massepain (pâte d'amande en VF): tout contribuait à donner une atmosphère gourmande, et à la vue des plateaux remplis de bonne choses que les serveurs déposaient sur les tables des chanceux déjà assis, nous entendions notre estomac gargouiller.




Enfin, nous avons pu nous asseoir autour d'une table plutôt prévue pour deux que pour quatre. Le choix a été difficile: en plus d'une carte proposant quatre formules petit déjeuner, ainsi qu'un assortiment de soupes, de quiches et d'omelettes, une ardoise détaillait quatre ou cinq alléchantes propositions du moment. Les garçons ont fini par prendre le petit déjeuner impérial à 12,50€: boisson chaude, jus d'orange frais pressé, viennoiseries, cramique, oeufs brouillés ou au plat, assortiment de pains avec petit pot de beurre, confiture de mûre et pâte à tartiner au chocolat, plus une assiette de jambon et de fromage. La Princesse et moi avons plus sagement choisi le petit déjeuner classique... auquel je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter une omelette épinards/pommes de terre/lardons.




Tout était plus que délicieux, notamment les couques au beurre et mon chocolat chaud dans lequel une cuillère aurait presque pu tenir debout toute seule. Bien entendu, je n'avais déjà plus faim lorsque mon omelette est arrivée - ce qui ne m'a pas empêché d'en manger les deux tiers et de me régaler quand même. Que les anti-gaspis se rassurent: nulle nourriture n'est jamais partie à la poubelle quand Chouchou était du repas. Il a fini mon omelette en se léchant les babines.




Avant de passer à la caisse pour régler l'addition, j'ai fait main basse sur un pot de marmelade aux 3 agrumes qui agrémentera à la perfection cette recette de mini-cakes aux noix.




Après ça, Chouchou et moi avons décidé de partir à la chasse aux géocaches dans les environs. La première se trouvait à peine 800 mètres plus loin de long de la route. Lorsque nous sommes descendus de voiture pour la chercher, il s'est mis à pleuvoir. Pas bien fort, mais assez pour que, ayant découvert trois caches voisines en succession rapide, nous décidions de laisser tomber pour aujourd'hui et de prendre le chemin du retour à Bruxelles. De toute façon, nous reviendrons certainement dans le coin: je meurs d'envie de tester la soupe à l'oignon de la Ferme du Hameau du Roy.

82- Buy me a cameo d'Essie



La lumière peut paraître bizarre et la photo un peu floue, mais pour une fois, le rendu couleur est assez bon. Le Buy me a cameo est bien une sorte de rose beige doré nacré, trop soutenu pour être considéré comme un nude mais assez discret pour tolérer quelques petits ratés d'application. Par contre, moins de 24h de tenue sans top coat, je trouve ça un poil léger comparé aux Mavala ou aux OPI.

samedi 26 novembre 2011

Petits rappels


- Pour les participantes du swap littéraire: vous avez jusqu'à mardi pour envoyer votre paquet... Pour l'instant, seulement quatre sur vingt-deux ont été reçus, ce qui nous promet une jolie semaine de debriefing dont je me réjouis par avance!

- Pour les participantes du challenge photo de novembre: dernier week-end pour finir de collecter un maximum d'images sur les thèmes proposés. La publication des résultats commencera jeudi avec les 5 premiers de la liste alphabétique. J'espère que votre chasse a été bonne...

"A storm of swords"


J'ai cru que je n'arriverais jamais au bout.

Deux mois et demi : à raison de deux chapitres par soir, pas plus d'un soir sur deux, c'est le temps qu'il m'aura fallu pour venir à bout de ce pavé de près de mille pages. Pas parce que je lis lentement, mais parce que d'un point de vue émotionnel, il m'était impossible de descendre cent pages par jour.

"A Storm of Swords" (en VF, Le Trône de Fer, Intégrale Tome 3) a la réputation d'être le meilleur des 5 tomes de la série de George R.R. Martin parus à ce jour. Et c'est probablement vrai, même s'il ne m'a pas transportée autant que le premier: j'avais eu le temps de m'habituer au style percutant de l'auteur, de m'imprégner de l'atmosphère de désespoir grandissant qui règne sur Westeros et de me faire à l'idée qu'aucun personnage, si central semblât-il, n'était à l'abri d'un sort funeste. D'un point de vue littéraire, ça n'a donc pas été une aussi grande claque que "A game of thrones". Ce qui ne m'a pas empêchée de m'émerveiller de la maîtrise continue avec laquelle GRRM fait évoluer ses héros - et ses héroïnes - dans un univers brutal et machiste où rien de bon ne semble jamais devoir leur arriver. Parvenir à gérer une telle quantité de protagonistes et un si grand nombre de fils d'intrigue sans jamais s'emmêler les pinceaux, bravo! Mais ce qui m'a surtout épatée dans ce tome 3, c'est la direction surprenante dans laquelle il a choisi d'emmener certains de ses personnages. (Attention: à partir d'ici, minor spoilers!)

J'ai adoré la façon dont il a su humaniser Jaime Lannister, un noble arrogant, incestueux et régicide qu'il était évident de détester jusque là. Son voyage avec Brienne et la relation qui se développe entre eux ont été pour moi la partie la plus inattendue et la plus touchante de "A storm of swords". J'ai presque autant aimé l'incursion de Jon Snow chez les wildlings et le dilemme moral auquel il se retrouve confronté. Bien que Robb Stark me laisse totalement indifférente et que Catelyn, malgré son côté femme forte, ne soit pas un de mes personnages préférés, j'ai été atterrée par le déroulement des Noces Pourpres. J'ai une fois de plus pris beaucoup de plaisir à suivre les démêlés de Tyrion avec sa chère famille, savouré chacune de ses répliques bien senties et jubilé en le voyant commettre quelques actions décisives. J'ai été ravie par la façon dont Daenerys orchestre sa montée en puissance, se révélant capable d'une immense générosité comme de la dureté la plus impitoyable. Elle ferait une souveraine magnifique, et j'ai hâte de la voir se colleter avec les autres prétendants au trône de fer. J'ai également été émue par le parcours tragique de l'humble et honnête Davos. Et même si Sansa m'énerve depuis le début, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir pitié d'elle en voyant dans quelle position délicate elle se retrouve à la fin du roman.

Côté petites déceptions: les aventures d'Arya avec les hors-la-loi, puis Sandor Clegane m'ont peu intéressée (mais elles se terminent d'une façon extrêmement prometteuse). J'ai eu l'impression que le point de vue de Samwell Tarly n'était introduit que pour permettre au lecteur de suivre ce qui se passe dans la Garde de Nuit en l'absence de Jon. Et alors que j'était très attachée à Bran au début de la série, je trouve qu'il devient assez transparent malgré son potentiel de warg. Rickon semble avoir totalement disparu; je ne doute pas que nous apprenions plus tard ce qu'il est advenu de lui.

En conclusion, un excellent tome en dépit de quelques points faibles. La fin, qui élucide le mystère de la mort de Jon Arryn après presque 3000 pages de conjectures, m'a fait lâcher une bordée de jurons impossibles à rapporter ici et donné très envie de connaître la suite. Je pense que je n'attendrai pas très longtemps avant d'attaquer "A feast for crows", bien qu'il soit réputé pour être le moins bon des romans de la série.

Initiation au crochet chez BeCreative by Schleiper


Des mois, que dis-je, des années que j'attendais de pouvoir m'initier au crochet afin de fabriquer mes propres bonnets ou écharpes et tous ces jolis petits amigurumi qui me font régulièrement baver sur Etsy. Lady Pops, dont le blog est partiellement responsable de mon obsession, avait bien eu la gentillesse de me montrer quelques trucs lors de mon séjour chez elle en juin dernier, mais bien entendu j'avais besoin de plus. Et les ateliers promis par le nouveau magasin Schleiper tardaient à être mis en place. Mais hier midi, enfin, j'ai pu prendre mon premier cours de crochet.

Dans un vaste et calme espace situé au-dessus de Be Creative sont disposées plusieurs grandes tables, dont certaines occupées par des machines à coudre ou un métier à tisser. Suite à un désistement de dernière minute, nous avons été quatre à nous asseoir devant des fiches récapitulatives des points que nous devions apprendre ce jour-là. Crochet et pelote de fil beige tout doux étaient également fournis. Pendant une heure et demie, Nathalie Noël, qui pratique le crochet depuis près de 40 ans, nous a montré comment procéder pour monter un premier rang en chaînette puis, après avoir réalisé une maille en l'air pour tourner, continuer soit en maille serrée (en piquant dans les deux côtés de la maille de dessous), soit en maille piquée sous le brin avant, soit en maille piquée sous le brin arrière. Elle est passée parmi nous pour corriger nos erreurs et nous donner des conseils au fur et à mesure.




La jeune femme enceinte assise en face de moi, qui voulait apprendre à confectionner des chaussons pour son bébé, galérait comme une malade et rouspétait sans cesse; une vieille dame qui voulait crocheter des fleurs pour orner les bonnets de ses petits-enfants a tout de suite chopé le truc; quant à la belle Italienne aux yeux bleus cernés de khôl, on l'a peu entendue mais elle avait l'air de bien avancer elle aussi. Moi? C'était l'éclate totale. Si on m'avait laissé faire, j'aurais enchaîné les rangs toute la nuit. J'ai trouvé ça super satisfaisant de sentir ma main intégrer les gestes et les répéter de plus en plus vite, avec de plus en plus de régularité tandis que mon échantillon grandissait dans ma main. Je me doutais que le crochet allait me plaire; j'en suis désormais convaincue.




Comme je déteste m'arrêter une fois lancée, j'ai tanné le professeur pour qu'elle nous case très vite deux autres cours collectifs visant, cette fois, à l'apprentissage des brides à travers la réalisation de l'écharpe "Frivole". Elle a trouvé un créneau les deux prochains mardi après-midi, youpi! Avant de sortir du magasin, j'ai donc pris le temps de choisir quatre belles pelotes de mohair bleu-vert-gris, d'une couleur très jolie bien que difficile à définir. J'ai déjà des milliards d'écharpes, mais si j'arrive à finir celle-ci dans les délais, je pourrai sans doute l'offrir à ma mère pour Noël. Après tous les pulls qu'elle m'a tricotés, je trouverais ça assez rigolo. Le modèle plairait aussi à Soeur Cadette, je pense, mais le mohair recommandé par Nathalie la démangerait insupportablement. Bref.

A bientôt pour la suite de mes aventures crochettesques. Si vous habitez Bruxelles et êtes intéressée par les loisirs créatifs, allez donc jeter un coup d'oeil au programme d'ateliers extrêmement varié proposé par BeCreative. Ils en font même pour les enfants! Beaucoup de disciplines me tentent, et puisque j'arrive désormais à libérer la majeure partie de mes après-midi, je sens que je vais passer beaucoup de temps là-bas cet hiver...

vendredi 25 novembre 2011

Je me suis fait taguer


Ca faisait un bail que personne n'avait osé me demander de répondre à un questionnaire de Proust revu et corrigé. Je ne suis pas étonnée que la première gourgandine qui s'y recolle soit une Gruyéroise indisciplinée. Or, donc, si j'étais...

1 - une époque
Les années 60. Emancipation de la femme notamment grâce à l'invention de la pilule contraceptive, économie au top donc pas de chômage, consommation effrénée sans remords puisque le quidam moyen n'avait pas encore conscience de la finitude des ressources planétaires, mode flatteuse pour les silhouettes en sablier: que demander de plus?

2 - une ville
San Francisco avec son climat changeant comme mon humeur et son atmosphère arty.

3 - un moyen de transport
Un train de légende, l'Orient Express que je rêve de prendre un jour. Ou alors, un deltaplane pour filer dans les airs.

4 - un fruit ou un légume
Les épinards, que je collerais dans tous les plats si j'osais. Pour une fois que j'aime un aliment diététiquement correct!

5 - un dessin animé
"Kiki la petite sorcière" de Miyazaki.

6 - un plaisir coupable
Lire en terrasse avec un diabolo-menthe par un bel après-midi de printemps ou d'automne ensoleillé, pendant que tout le monde travaille.

7 - un restaurant
Les Magnolias, au Perreux-sur-Marne. Une adresse hors des sentiers battus où j'ai fait les meilleurs et les plus chouettes repas de ma vie.

8 - un objet de ta salle de bain
La Washing Cream de Menard qui a sauvé la vie de ma face. Dès que je pars en vacances sans elle, je me couvre de boutons. Si c'est pas une preuve...

9 - une boisson
Du thé vert japonais, dont je dois boire deux litres par jour. Ou version fête, un kir royal à base de champagne brut et de liqueur de framboise.

10 - un héros/une héroïne
Emma Peel. Audace, intelligence, humour, classe et sexytude. On n'a jamais fait mieux.

"Notes 6: Debout mes globules!"


C'était une semaine faste pour la bédé. Après avoir acheté le nouveau tome de "Paul" lundi, je me suis ruée chez Filigranes mercredi afin de me procurer le 6ème volume des "Notes" de Boulet fraîchement sorti des cartons par les libraires. Je savais que là aussi, c'était du plaisir de lecture garanti - et pas juste parce que le papier et l'encre qu'utilisent les éditions Shampoing ont juste une odeur orgasmique. (Oui, je suis une fétichiste des odeurs de papier et d'encre. Ca vaut mieux que d'être accro au crack. Même s'il y a parfois un instant de flottement quand je m'oublie à enfouir le nez dans un bouquin en public, pour prendre une grande inspiration et rouler ensuite des yeux extatiques.)

Il est vrai que comme ce volume rassemble les notes publiées sur son blog entre juillet 2009 et juillet 2010, j'en avais encore un certain nombre en tête. So what? Boulet fait partie des rares humoristes que je peux relire dix fois de suite en me marrant toujours autant. J'ai beaucoup aimé le livret-bonus qui rassemble ses strips - une série sur Angoulême et une autre sur un bouclage, les deux absolument tordantes. Et puis chaque fois qu'il part dans un délire scientifique, non seulement je hurle de rire, mais je me surprends à penser qu'il n'a pas tort. Quant à ses réflexions sur les hasards qui modèlent notre vie, elles trouvent un écho très fort chez moi. Bref, une fois de plus, ce tome 6 est un pur bonheur, un remède garanti contre la déprime et la morosité alors que les jours ne cessent de raccourcir.

"Paul au parc"


Je ne crois pas vous avoir déjà parlé de l'immense affection que j'ai pour la série "Paul" de Michel Rabagliati. J'ignore dans quelle mesure il s'agit d'une autobiographie déguisée de l'auteur, mais cette histoire d'un jeune garçon né à la fin des années 50 qui grandit dans une famille québécoise moyenne en rêvant de faire de la bédé, épouse son amour d'étudiant, fonde une famille et traverse les joies et les peines d'une vie ordinaire est remarquable par sa justesse de ton.

L'avant-dernier volume en date, "Paul à Québec", raconte les derniers mois de son beau-père atteint d'un cancer; les larmes que j'ai versées à la fin n'étaient pas des larmes de tristesse, mais d'une émotion beaucoup plus vaste et plus complexe. Car tout le talent de Michel Rabagliati consiste à rendre les différentes facettes d'une existence sans en négliger aucune, ni jamais tomber dans le mélo. A travers l'histoire de Paul, il retrace aussi celle d'une génération et d'un pays qu'il me semble désormais connaître mieux.

"Paul au parc", par exemple, nous montre son héros âgé de onze ans s'enrôlant chez les scouts à une époque où le Front de Libération du Québec entame une série d'actions terroristes marquantes. Ce tome 7 commence par relater les déboires de la mère de Paul avec une belle-famille envahissante, les premiers émois amoureux du jeune garçon, sa découverte des camps en pleine nature avec des moniteurs formidables. Et puis une tragédie personnelle aussi inattendue que choquante vient clore cette période de sa vie en même temps qu'un double enlèvement suivi d'un meurtre ébranle tout le Québec.

Je sais que présenté comme ça, ça n'a pas l'air gai. Pourtant, comme les tomes qui l'ont précédé, "Paul au parc" est plein de moments joyeux ou juste touchants, des moments d'une vérité criante relatés avec une sincérité rare. Je n'étais pas au courant de sa sortie il y a une semaine; j'ai eu la surprise de tomber dessus dans les rayons de Filigranes lors de ma virée shopping de lundi avec Miss Sunalee. Je m'en suis emparée avec un couinement hystérique, sachant que je tenais dans mes mains une heure de pur plaisir de lecture. Et je ne m'étais pas trompée. Si vous ne connaissez pas la série de Michel Rabagliati, je vous envie sincèrement d'avoir encore à la découvrir.

jeudi 24 novembre 2011

Kindle or not Kindle?


Ca fait des mois que j'hésite à acheter un Kindle, et j'ai beau retourner les pour et les contre dans tous les sens, je n'arrive pas à trancher.

POUR:
- Le gain de place, évidemment. Ma bibliothèque papier occupe une pièce entière dans l'appartement de Monpatelin. Et encore, je ne garde qu'environ un livre lu sur quatre; de plus, comme mes étagères sont pleines depuis belle lurette, chaque fois que j'y range un volume, je dois me débarrasser d'un autre. Je me tape un à deux aller-retour par mois chez le bouquiniste. Par ailleurs, quand je pars en vacances ou prends le train pour Monpatelin, mon sac est souvent encombré par plusieurs bouquins. Avec son poids plume de 170g, le Kindle soulagerait agréablement mon épaule droite.
- L'argument écologique. Moins de papier consommé, donc moins d'arbres abattus; moins de volume à transporter, donc moins de pétrole brûlé.

CONTRE:
- Les risques de casse. Même avec un étui, un Kindle restera forcément plus fragile qu'un livre de poche.
- La disparition potentielle des librairies qui comptent parmi mes endroits préférés au monde, et qui ont déjà bien du mal à survivre par les temps qui courent. Certes, Cook&Book ne fermera pas ses portes juste parce que j'aurais acheté un Kindle, mais mon acquisition serait un pas dans ce sens.
- L'offre encore réduite, particulièrement en matière d'ouvrages de langue française.
- Les prix pas si attrayants, alors qu'un livre dématérialisé devrait coûter très peu cher puisque l'essentiel du prix de revient d'un livre-papier est imputable à l'impression, au transport et au stockage. De plus, on ne peut pas revendre un livre numérique comme on le ferait d'un livre-papier, histoire de financer partiellement de prochains achats.
- La perte du rapport sensuel au livre-objet, sans doute l'argument qui pèse le plus lourd pour moi. J'aime admirer les illustrations de couverture, éprouver le poids d'un volume dans ma main, sentir l'odeur du papier, gratter doucement le derrière de la page de droite que je suis en train de lire avec l'ongle de mon index. M'enlever toutes ces choses, c'est me priver de la moitié de mon plaisir de lectrice.

Il me semble évident que si je devais prendre un Kindle, ce serait uniquement pour les livres que je ne souhaiterai pas garder, ceux auxquels je ne vais pas attacher d'importance sentimentale. Le problème, c'est qu'il m'est impossible de dire si je vais aimer un livre ou pas avant de l'avoir lu! Donc, je pense que je vais hésiter encore un moment.

Swap littéraire: les paquets envoyés et reçus (3)


Ayant confectionné la boucle de ce swap, j'avais choisi d'envoyer un paquet à Cécile de Brest qui souhaitait découvrir la littérature japonaise. J'ai profité de cette occasion pour lui présenter Yoko Ogawa que j'adore, à travers son roman "La formule préférée du professeur". Pourquoi celui-ci et pas un autre? Parce qu'il m'a semblé constituer une introduction en douceur aux thèmes récurrents de l'auteur, la mémoire et le souvenir. J'ai un peu hésité avec "Parfum de glace" qui m'avait aussi fait une forte impression, mais bon, il fallait bien choisir. "La formule..." existe en poche, mais j'ai réussi à trouver un exemplaire du grand format sur Amazon et à me le faire livrer à Monpatelin.

Pour aller avec ça, Cécile aimant le thé et se servant surtout chez Mariage Frères, j'ai sélectionné au Comptoir Florian un Bancha Hojicha, thé japonais semi-torréfié au léger goût de châtaigne qui peut être bu le soir puisqu'il ne contient plus de théine. Le Nong Cha avait des variétés, disons, plus "pointues", mais tout le monde en Europe n'apprécie pas le goût d'herbe coupé de certaines et je ne voulais pas prendre trop de risques.

C'est le choix du second objet qui a longtemps retardé l'envoi de mon paquet. J'hésitais entre un mug blanc orné d'une jolie geisha, et un "missel agnostique" de La Marelle portant le même type de motif, dessiné par Benjamin Lacombe dont j'adore les illustrations. Le second, moins fragile et moins lourd, semblait un meilleur candidat pour un envoi postal. J'ai pourtant fini par opter pour le premier, parce que je n'étais pas certaine que Cécile ait l'usage d'un carnet alors qu'un mug, ça sert toujours; et puis ça complétait mieux mon premier objet. Je l'ai emballé mochement mais le plus solidement possible, et confié aux bons soins de la Poste en croisant les doigts.

Mon paquet est arrivé lundi, intact - hourra! Et apparemment, Cécile a aimé son contenu - double hourra! Comme, dans ma hâte de tout bien envelopper et de trouver une boîte ni trop petite ni trop grande, j'ai tout simplement oublié de prendre une photo du contenu, c'est ma swapée qu'il faut remercier pour celle-ci:




Par ailleurs, Lady Pops a reçu hier un paquet envoyé par Noémie, et elle en parle ici. Vivement les prochaines arrivées; je trouve ça super de découvrir ce que chacune a choisi d'offrir et de faire partager.

mercredi 23 novembre 2011

Phishing: faudrait voir à pas me prendre pour une truite, non plus


Outre les 100 messages que je reçois en moyenne chaque jour (oui, 100) sur l'adresse mail du blog pour m'informer que j'ai gagné à la loterie anglaise, que je peux sauver la vie d'une milliardaire rwandaise en hébergeant temporairement sa fortune ou que Hotmail supprimera mon compte si je ne lui confirme pas tout de suite mon mot de passe, il m'arrive de trouver dans ma boîte mail perso des tentatives de phishing qui, franchement, pourraient affoler une personne pas trop au courant des possibilités d'arnaque sur internet.

Cet après-midi, par exemple, j'ai reçu un mail envoyé par "Bleu Ciel d'EDF" et intitulé "Avis de coupure". Un instant, j'ai pensé qu'on m'informait d'une coupure pour travaux à Monpatelin (peu probable car je ne crois pas avoir communiqué mon adresse mail à EDF, mais je peux me tromper). J'ouvre le message et découvre ceci:

Cher(e) Client(e),

Nous avons constatés un impayé sur votre dernière facture.
Afin de régulariser votre situation veuillez vous refferez ci-dessous:

Résoudre ce problème maintenant

Lors d'échec de régularisation de votre situation , nous procèderons à la suspension de votre fourniture d'énergie.
Cette intervention vous sera facturée.

Cordialement,

EDF Services Clients 2011

Chers aspirants bandits du virtuel,

Alors premièrement, le montant de ma dernière facture a été, comme chaque fois, directement prélevé sur mon compte bancaire qui n'est pas tombé dans le rouge depuis plus de 3 ans.

Ensuite, quand on veut arnaquer les gens, on révise l'accord des participes, on écrit et on conjugue "référer" correctement, et on n'emploie pas une formule qui ne veut rien dire, comme "lors d'echec de régularisation". Parce que là, votre mail est à peu près aussi crédible qu'un communiqué émis par l'Elysée qui comporterait cinq fautes en quatre lignes.

Mais sinon, bisous, hein.

10 raisons pour lesquelles ça craint d'être grande


(Ou: le droit de réponse de Stella Polaris à mon billet de ce matin)

1. L’avion en classe éco, bien sûr, et le car. Une heure ça va, au-delà c’est l’enfer sur Terre, et la constatation sans cesse renouvelée que non, aucune position n’est confortable dans cette configuration. Tu as le choix entre essayer de replier tes jambes dans la posture du bretzel compressé, ou les faire dépasser dans l’allée en acceptant de te faire trébucher dessus toutes les deux minutes.

2. Les gens qui te demandent systématiquement de leur attraper des trucs dans les magasins. Systématiquement. Quel que soit le type de magasin. A force, ça donne envie de leur demander de t’attraper les produits du bas.

3. Quand tu revois des gens que tu n’as pas vus depuis longtemps, tu as toujours droit à des réflexions du type : « Mais t’as encore grandi, ma parole ! ». Oui, même à 27 ans révolus, et alors que tu as fini ta croissance vers 12 ans. Et si ce n’était que lors de retrouvailles… mais non, au quotidien tu dois aussi encaisser du « Alors, pas trop froid là-haut ? » et autres blagues du même tonneau.

4. Avoir fini ta croissance vers 12 ans, justement, et avoir eu droit aux premières boums avec des garçons qui t’arrivaient tous au niveau des seins. Ou montaient sur un tabouret pour danser avec toi. Traumatisme indépassable.

5. Les sorties en groupe où tout le monde est petit que toi, et où tu passes la soirée voûtée pour suivre la conversation (surtout s’il y a de la musique forte en fond sonore). Tu as l’impression d’être une freak : grande et bossue. Et là, paf, une vanne : « Alors pas trop seule, là-haut ? »…

6. Quand tu vas faire du shopping, et que tous les vêtements ont l’ourlet, l’entrejambe ou la taille placée trop haut (effet mal coupé garanti). Un vêtement trop long, c’est facile de la raccourcir. Par contre, rallonger un vêtement trop court… Pour les T-shirts, tu es obligée de prendre du L si tu veux qu’ils soient assez longs, même si en réalité tu ferais plutôt du S.

7. Les talons : voir point 5. Pendant des années, tu n’oses pas en porter, alors que c’est un droit fondamental de la femme. Quand enfin tu le fais, on te le reproche presque : « Et en plus tu mets des talons ! T’es déjà plus grande que ton mec ! ». Il faut presque t’excuser, en arguant que seul Sarkozy impose les ballerines à sa moitié.

8. Rien n’est fait pour toi, de la hauteur de ton bureau à celle de l’évier de la cuisine. Tu es abonnée aux maux de dos, même si tu mets deux dicos sous ton écran d’ordinateur pour le surélever.

9. Tu peux faire une croix à jamais sur les danses à deux. Les garçons ont certes un peu grandi depuis leurs 12 ans, mais rarement assez pour te faire tourbillonner sous leur bras avec aisance (ne parlons même pas de figures plus compliquées).

10. Dès qu’il y a un « attention la tête », c’est pour toi : BAM. Mais évidemment c’est ta faute, puisqu’en plus tu portes des talons.

Illustration tirée du shojo manga "Lovely Complex"

10 raisons pour lesquelles ça craint d'être petite


Hier matin, sur Facebook, je poste un extrait de ma traduction en cours:
"- Très bien, attendez là.
- Je préfèrerais entrer.
- Et moi, je préfèrerais être plus grande, mais ça n'arrivera pas non plus."
Stella Polaris, sublime et longiligne créature d'1m80 (voire 82...) de presque 1m80, like mon statut. S'en suit ce petit échange:
MOI: Stella, très chère, à l'altitude où tu culmines, je ne crois pas que tu sois à même de goûter la poignance cachée de cette tentative d'humour.
STELLA: Oh, on peut transposer ça facilement. Y'a des fois où je préfèrerais être plus petite!
MOI: Laisse-moi deviner: quand tu prends l'avion en classe éco?
STELLA: Je pourrais faire toute une liste, à vrai dire.
MOI: Hé, chiche! Tu fais une liste des inconvénients d'être grande; je fais une liste des inconvénients d'être petite, et on les publie en face à face.

Voici donc la mienne:

1. Quand tu prends deux kilos sur 1m50 les bras levés, ça se voit tout de suite plus que si tu mesures 2m10. Le moindre écart, et tu chopes la silhouette gracieuse de Barbamama.

2. Quand tu veux attraper le paquet de biscuits sur l'étagère du haut, au supermarché, tu es obligée de réclamer l'aide d'un autre client. Ce qui peut éventuellement servir de technique d'approche pour draguer un mec mignon - mais curieusement, des mecs mignons qui font leurs courses en solitaire, on en croise rarement chez Carrefour. Et s'il n'y a pas la moindre âme charitable en vue? Ben, tu escalades les étagères telle la guenon moyenne guignant une banane tout au sommet de l'arbre.

3. Quand tu vas à un concert, ou tu réserves un fauteuil numéroté à deux kilomètres de la scène, ou tu arrives à midi la veille pour avoir une chance de te retrouver au premier rang dans la fosse. Parce que dès le deuxième rang, tu n'y verras plus rien par-dessus la tête des autres spectateurs, ni même entre leurs épaules.

4. Prendre le métro aux heures de pointe devient une torture olfactive quand tu as le nez au niveau des aisselles de tous tes compagnons de voyage. Surtout en période de canicule.

5. Essaie un peu de faire preuve d'autorité envers tes enfants qui, passé l'âge de douze ans, mesurent au moins une tête de plus que toi. Ou envers tes subordonnés, alors que tu dois choper un torticolis si tu veux les regarder en leur parlant. Si en plus tu as une voix de Minnie Mouse sous hélium, tu es condamnée à ce que personne ne te prenne jamais au sérieux de toute ta vie.

6. Si tu es menue, tu dois t'habiller au rayon enfants. Si tu as un certain nombre de kilos en trop (et ça s'accumule vite, voir point n°1), tu dois faire enlever quarante centimètres de jambes à tous les pantalons qui consentiront à accommoder ton majestueux séant, et du coup, ils vont tomber très bizarrement sur toi. Par ailleurs, si tes pieds sont proportionnés au reste de ton corps, tu es condamnée à errer en baskets ou en Kickers toute ta vie, à moins de filer régulièrement en Italie te ravitailler en escarpins pointure 35.

7. Tu ne vois jamais que le sommet de ton crâne dans les miroirs. Très pratique pour vérifier si tu as des pellicules ou des cheveux blancs, beaucoup moins pour te maquiller.

8. Quand tu rentres d'une virée shopping avec des chaussures trop grandes et des vêtements mal coupés pour toi, tes sacs traînent par terre, et tu manques te prendre les pieds dedans tous les trois pas environ.

9. Quand tu danses un slow avec quelqu'un, tu chopes des crampes aux bras et à la nuque; et pour peu tu aimes les grands, tu te retrouves avec la tête langoureusement posée sur le nombril de ton mec.

10. Question bagatelle, si ton partenaire mesure plus d'un mètre soixante-cinq, tu peux oublier le sexe à la sauvage debout contre le mur - ou alors, tu dois préméditer ton coup et emporter un tabouret. Et pendant le missionnaire, si monsieur ne consent pas à prendre la position dite "des pompes", tu te retrouves le nez écrasé sur son plexus, dans la quasi-impossibilité de respirer. Je ne pense pas que ce soit ce qu'avait en tête la personne qui a inventé l'asphyxie érotique.

A plus tard pour la réponse de Stella!

mardi 22 novembre 2011

Swap créatif de Lady Pops: le colis que j'ai reçu


Ce matin à onze heures, le livreur de chez Picard m'a apporté ma commande bimensuelle de surgelés. J'avais à peine fini de tout ranger quand un facteur a sonné à l'interphone. J'ai redescendu l'escalier en courant. Je pensais que ce serait le bouquin envoyé par Amazon qu'attendait Chouchou, mais pas du tout: c'était un paquet de Fée Clochette, arrivé tout droit de Gruyérie. Pas hyper lourd mais énorme. Je suis remontée très vite chez moi pour l'éventrer sauvagement l'ouvrir avec la délicatesse qui me caractérise.

A l'intérieur du premier carton, il y en avait un autre un peu plus petit, calé par plein de publicités froissées et emballé dans un joli papier rouge à pois blanc avec un petit mot collé sur le dessus. J'ai soulevé le couvercle...



Et puis j'ai déchiré les papiers d'emballage...



Nous avons donc:
- 3 plaquettes de mon chocolat préféré au monde, le Cailler lait & caramel pointe de sel, une vraie tuerie surtout pour la ligne
- un pot de crème de caramel que j'ai hâte de goûter, et dont je cherche déjà à quelles recettes je pourrais l'incorporer
- un adorable parapluie à pois et à volants, qui tombe à pic vu que j'habite à Bruxelles une grande partie du temps vu que le précédent, acheté dans le métro de Tokyo pour la modique somme de 1050 yens (8 euros environ), commence à donner de sérieux signes de faiblesse en menaçant de refuser de s'ouvrir un de ces quatre matins pluvieux
- une mignonne petite maison à oiseaux en bois customisée
- et le clou du spectacle, une famille hibou dont les deux enfants se rangent à l'intérieur du ventre de la maman (par dessous)

C'est un paquet super chouette (non, je n'ai pas honte de mon jeu de mots pourri). Je me sens terriblement gâtée, et aussi un poil embarrassée. Après les excès des swaps saisonniers précédents, j'ai le sentiment d'être tombée dans l'excès inverse et de n'en avoir pas fait assez pour celui-ci au vu des paquets envoyés par les autres filles. Si je n'avais pas fait partir le mien en premier, j'aurais pu rectifier le tir... Ca m'apprendra à me précipiter.

Quoi qu'il en soit, je suis ravie. La famille hibou a déjà trouvé sa place sur ma table de chevet, où elle remplace Hubert parti en villégiature monpatelinoise depuis quelques mois. Merci beaucoup beaucoup, Fée Clochette!



PS: Je n'avais pas encore fini de remercier ma swapeuse quand un second facteur a sonné pour me remettre le paquet Amazon de Chouchou. Deux hautes volées d'escaliers descendues et montées trois fois en moins d'une heure, ça compte pour une séance de sport?

Trousse découverte Caudalie


Dénichée cet été dans une pharmacie pour un peu moins de 10€ (mais trouvable à 9€ dans les Monoprix et encore moins cher sur les sites internet de parapharmacie), cette petite trousse contenant cinq produits Caudalie m'a accompagnée pendant mon séjour à Stockholm en septembre, puis à Paris et à Nantes la semaine dernière. Outre son côté pratique et peu encombrant, elle m'a permis de découvrir la marque bordelaise qui fabrique des produits de beauté à partir de pépins de raisin, et dont j'avais entendu dire assez de bien pour exciter ma curiosité.

Je n'ai pas essayé le shampoing, et je n'ai pas grand-chose à dire sur le gel douche vu que je préfère me laver au savon quand je suis chez moi. Mais j'ai beaucoup apprécié les trois autres produits:
- Le soin corps nourrissant, ni trop épais ni trop liquide, pénètre immédiatement en laissant une agréable sensation de fraîcheur et d'hydratation. En revanche, il me paraît un peu insuffisant pour une peau très desséchée. Odeur archi légère et naturelle, parfaite pour moi qui déteste les parfums entêtants ou artificiels.
- Même remarques, exactement, concernant la crème sorbet désaltérante Vinosource. J'ajouterai que, bien qu'ayant la peau du visage hyper sensible au point que je n'ose plus utiliser autre chose que la Crème pour peaux intolérantes d'Avène depuis des années, je n'ai observé ni rougeurs ni boutons ni plaques d'aucune sorte après avoir appliqué ce produit plusieurs jours d'affilée.
- Mais le vrai coup de coeur de cette trousse, c'est l'eau démaquillante. Comparé aux produits similaires qui existent dans d'autres marques, j'ai été super impressionnée par la quantité de fond de teint que j'ai réussi à retirer avec. Mon coton était deux fois plus sale que d'habitude, et mon mascara aussi est parti très facilement. Du coup, comme ce produit est commercialisé dans plusieurs tailles, j'en ai racheté un flacon de 100ml chez Monoprix pour mes futurs déplacements.

lundi 21 novembre 2011

Concours polars postaux: les résultats


Cette fois, à cause des participations mélangées, j'ai dû recourir à la bonne vieille méthode des noms sur des petits papiers pliés en deux pour effectuer un tirage au sort.
La gagnante d'Amère Baltique est Sagattine.
La gagnante des Rouflaquettes Electriques est Mamzelle CarnetO.
Les filles, merci de m'envoyer vos adresses respectives à: leroseetlenoir@hotmail.com
Les autres, merci pour votre participation et à bientôt pour d'autres concours.

Ma voisine


Ma voisine s'appelle Solange. Elle a eu 85 ans le mois dernier. Elle vit seule dans l'appartement en face du mien, après avoir enterré deux maris et un de ses cinq enfants décédé d'un cancer du pancréas. Elle a des tas de petits-enfants et même d'arrière-petits-enfants, mais le seul qui vient la voir, c'est le prof de natation quasi-trentenaire qui lui apporte ses chemises à repasser tous les mercredi, et qui en profite pour se faire offrir à déjeuner.

Ma voisine est un peu sourde mais ne se fait pas appareiller parce que c'est cher et mal remboursé par la mutuelle. Elle y voit de moins en moins bien et elle a des douleurs chroniques dans une épaule, mais enfin, elle est encore assez vaillante pour son âge. Tous les matins, elle traîne son caddie à roulettes jusqu'au Super U du coin pour y acheter ses quelques provisions de la journée, et elle remonte les deux étages à pied avec.

Du temps où je vivais à Monpatelin, elle me gardait les chats quand je partais en vacances, en échange de quelques billets pour arrondir sa maigre retraite, "seulement 925 euros par mois alors que j'ai bossé dur toute ma vie, vous vous rendez compte?". Ma voisine était femme de boucher, et bien sûr, elle travaillait sans statut ni couverture sociale, de sorte qu'elle n'a droit qu'à la pension de reversion de son second mari. Quand elle a cessé son activité, elle a vendu sa boucherie et partagé les sous entre ses enfants. Maintenant, elle vivote tant bien que mal.

Ma voisine regarde beaucoup la télé, surtout TF1. Elle est contre l'avortement, parce qu'il n'y a qu'à faire attention avant de coucher et sinon, ben on assume, et contre l'immigration, parce qu'il faut laisser le travail aux Français. Elle n'est pas méchante pour deux sous; simplement, elle est le fruit d'une autre époque, et elle croit que tout ce que raconte le journal de 20h est parole d'Evangile.

Ma voisine relève mon courrier quand je ne suis pas là. De mon côté, je lui envoie des cartes postales chaque fois que je pars en voyage; je lui rapporte systématiquement un magnet pour son frigo et de menus souvenirs comme un savon à l'huile d'olive d'Istanbul ou une plaque de délicieux chocolat suisse de Lausanne. La veille de mes départs, je passe la voir pour bavarder un peu et lui donner les produits intacts qui restaient dans mon frigo - les yaourts que je n'ai pas mangés, les fruits et légumes achetés en trop chez le petit primeur où elle ne se sert jamais parce que c'est trop cher.

Vendredi dernier, donc, je lui rends visite. Comme toujours, elle commence par se plaindre doucement de ses petits bobos et de ses enfants qui ne viennent jamais la voir. Elle rit, presque embarrassée d'avouer qu'elle crève de solitude. Puis elle me demande de mes nouvelles.

ELLE: - Ah tiens, j'ai vu à la télé qu'ils allaient baisser la TVA sur les livres.
MOI: - Euh, non, en fait, elle va augmenter.
ELLE: - Vous êtes sûre?
MOI: - Assez, oui. D'ailleurs ça fait tout un tollé dans le monde de l'édition. Déjà que c'est la crise...
ELLE: - Oh, vous savez, la crise, la crise... On en parle beaucoup, mais vous les voyez, vous, les effets de la crise?
MOI (les yeux ronds): - Un peu, quand même. Le chômage n'arrête pas d'augmenter, il y a de plus en plus de SDF, et même les ménages avec deux salaires modestes ont du mal à boucler leurs fins de mois.
ELLE: - Ah, le chômage, c'est la faute des Italiens qui viennent prendre les postes de cadres à Paris! Alors que leur pays est beaucoup moins endetté que le nôtre!
MOI (un poil hagarde): - Hum, je ne crois pas qu'on puisse mettre la crise française sur le dos des immigrés italiens.
ELLE: - Ils l'ont dit à la télé.
MOI (avec un sourire forcé): - Vous savez, il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte. Les média ne sont pas indépendants...
ELLE: - Oh, et puis de toute façon, quand on veut se débrouiller, on y arrive, hein. Moi par exemple, je suis inscrite aux Restos du Coeur.
MOI (sans voix): - ...
ELLE (sur un ton presque guilleret): - Notez, je consomme jamais ce qu'ils me donnent; c'est surtout des pâtes et du riz, et moi, je suis plutôt pommes de terre, vous voyez? Du coup, je distribue à ma femme de ménage, cette fainéante qui arrive à huit heures moins le quart et qui repart une demi-heure plus tard après m'avoir à peine passé un coup d'aspirateur, et même pas dans les coins!
MOI (hésitante): - Vous savez que les Restos du Coeur n'ont pas de quoi satisfaire toute la demande, avec le nombre de gens en difficulté depuis quelques années? Si vous ne vous servez pas de ce qu'ils vous donnent, ce serait peut-être mieux de le laisser à d'autres, non?
ELLE: - Ah, mais puisque j'y ai droit!

Je n'ai pas su quoi répondre. Depuis vendredi, je cherche, et quatre jours plus tard, je n'ai toujours pas trouvé. Bien sûr, j'aurais pu m'indigner contre ses enfants qui savent que leur mère va aux Restos du Coeur et qui, à quatre et alors qu'ils ont tous un bon job et une belle maison, n'arrivent pas à se cotiser pour verser 100 ou 200 euros mensuels à une femme qui leur a donné tout ce qu'elle possédait. J'aurais pu, mais je ne vois pas à quoi ça aurait servi à part à retourner le couteau dans la plaie.

Le mois prochain, je prévoierai plus large pour les courses. Mon primeur aura sûrement de jolies pommes de terre.

dimanche 20 novembre 2011

"Breaking Dawn: part 1"


J'ai une théorie à propos de "Breaking Dawn".

La première moitié dégoulinante de saccharine jusqu'à l'écoeurement; l'enfilage de tous les clichés romantiques possibles et imaginables sur le mariage; la musique outrancièrement neuneu qui accompagne chaque moment estampillé "émotion"; la quasi-impasse sur la scène de cul un peu chaude que le monde entier attendait depuis le début de la série; le lit réduit en miettes et miraculeusement réapparu intact le lendemain soir alors que les héros se trouvent sur une île déserte sans aucune possibilité de faire une descente chez Ikea; les partie d'échecs auxquelles ils se livrent pour tromper leur ennui faute de pouvoir baiser comme des castors; les tentatives maladroites de Bella pour aguicher Edward à l'aide de nuisettes affriolantes.

La seconde moitié qui bascule rapidement dans le gore alors que jusqu'ici, on avait évité de nous montrer la moindre goutte de sang; la silhouette décharnée de l'héroïne, bien plus choquante à l'écran que les "Bella dépérissait à vue d'oeil" du bouquin; les réactions gênées des autres personnages quand elle annonce le prénom affligeant qu'elle a choisi pour son bébé si c'est une fille; la conversation mentale ridicule des loups de plus en plus mal animés; la scène de l'accouchement qui a fait pousser des exclamations dégoûtées à toute la salle; les tentatives désespérées d'Edward pour ramener Bella à la vie en la mordant partout-partout-partout, y compris à l'endroit que LKH nommerait "son intimité"; la dernière image méga cliché et méga attendue où l'héroïne rouvre les yeux pour dévoiler deux iris rouge sang.

Tout cela, mes amis, n'est absolument pas à prendre au premier degré. Il s'agit, j'en suis convaincue, d'une tentative du réalisateur Bill Condon pour tourner en ridicule le message de Stephenie Meyer. Une façon subtile de dire: "Voyez combien cette conception de l'amour romantique est stupide et déconnectée de la réalité; voyez combien il est insensé de mettre sa vie en danger plutôt que de se résoudre à avorter". Les fans de la série y verront une adaptation inspirée des bouquins; les esprits critiques capables de décrypter le message ne pourront qu'approuver ce pervertissement malin autant que justifié de l'oeuvre originale. Et Bill Condon gangrènera Twilight de l'intérieur tout en se remplissant les poches.

C'est ma théorie sur "Breaking Dawn", et je m'y tiens.

Dispatchwork: mettons de la couleur dans nos villes!



Si vous avez observé attentivement les photos de mon post sur les mosaïques pixellisées de Nantes, vous aurez constaté qu'un des motifs se démarquait des autres: le petit sapin en Lego. Intriguée, j'ai effectuée quelques recherches sur internet, et j'ai découvert l'existence d'un nouveau mouvement de déco urbaine.

Initié par l'artiste Jan Vormann qui avait entrepris de réparer les murs délabrés de Berlin avec ces petites briques multicolores, le dispatchwork a fait des émules aux quatre coins du monde, y compris à Toulouse et à Lausanne. Je crois que j'ai trouvé une nouvelle forme de chasse au trésor à ajouter au géocaching pour mes futurs déplacements...

samedi 19 novembre 2011

"Chaque soir à 11 heures"


"Willa Ayre s'est classée dans la catégorie des filles que les garçons ne voient jamais, des insignifiantes, des petits chats caustiques mais frileux. Iago, lui, attire tous les regards. Il est le garçon dont rêvent toutes les filles du lycée. Dès la rentrée, Iago pose les yeux sur Willa et la choisit. Mais à une fête, Willa rencontre le bizarre et ténébreux Edern. Dès lors, sa vie prend une tournure étrange. De la grande maison obscure cachée au fond de l'impasse, la jeune fille doit découvrir les secrets, sonder son coeur, et faire un choix..."

Famille excentrique dont les parents brillent par leur absence, maison atypique et pleine de caractère, personnages attachants, inventivité langagière... On retrouve dans "Chaque soir à 11 heures" tous les ingrédients qui m'ont fait adorer "Quatre soeurs" et beaucoup aimer "Sombres citrouilles". Pourtant, ici, j'ai trouvé que la sauce prenait moins bien.

L'histoire vaut mieux que ce que le texte de présentation ou la couverture rose (catégorie "amour"!) le laissent supposer. Mêlée à une histoire qui la dépasse, Wilhelmina dite Willa ne se contentera pas de démêler les fils de ses premiers émois amoureux: elle échappera à pas moins de quatre tentatives d'assassinat avant qu'éclate une vérité digne d'un polar très correct. C'est une héroïne maligne et un peu décalée comme la plupart des personnages de Malika Ferdjoukh, dotée d'un humour pince-sans-rire comme je les aime, passionnée de jazz et de vieux films d'horreur.

Deux choses m'ont tout de même posé problème par rapport aux autres livres suscités de l'auteur. D'abord, j'ai trouvé que le point de vue unique et à la première personne appauvrissait la narration. Ensuite, pour la première fois, le style de Malika Ferdjoukh m'a semblé maladroit. Je ne supporte pas du tout qu'on mélange allègrement le passé composé et le passé simple dans une même unité d'action. "Quand Edern a braqué le rond de sa lampe sur lui, ses yeux jetèrent deux étincelles jaunes", désolée, ça ne passe pas. Ensuite, mêler dans la bouche d'un même personnage des termes modernes argotiques tels que "zboob" ou "zyva" et un vocabulaire bien trop sophistiqué pour une ado de dix-sept ans, ça manque de cohérence. Et puis une gosse de dix ans qui invente ses propres verbes à partir de noms ou d'adjectifs ("On va pommedamourer à gogo, et pantagrueler de gaufres et de crêpes, ça te dit?"), je trouve que ça sonne moyennement vraisemblable.

En résumé, pas un mauvais bouquin, loin de là, mais pas non plus une lecture indispensable, y compris pour les fans de Malika Ferdjoukh.

Petites victoires sur l'angoisse chronique (avec du Georges-Arthur inside)


Mercredi, Chouchou m'annonce qu'il sortira peut-être le lendemain soir. "Cool, tu vas faire quoi?" "Euuuh... j'irai sans doute boire un verre avec Gianluca." Boire un verre un soir de semaine, alors qu'il est chroniquement crevé, qu'il ne boit pas d'alcool et qu'il voit Gianluca tous les jours de la semaine puisqu'il l'emmène à leur boulot commun? Mmmh. "OK, envoie-moi juste un message si tu sors effectivement pour ne pas que je poireaute toute la soirée devant Skype." "D'accord."
Jeudi soir, je l'attends jusqu'à une heure du mat. Rien. Même pas une ligne, alors qu'il a un smartphone et qu'il pourrait m'envoyer un petit mot de n'importe où. Je commence à me dire qu'il voit une de ses ex et qu'il n'a pas osé m'en parler. Ou qu'il git mort dans un fossé et que le temps que je l'apprenne et que je rentre en catastrophe à Bruxelles, la pauvre Scarlett aura défunté de malnutrition. Pourtant, je n'appelle pas sur son GSM. Je n'écris pas non plus de mail de reproche. Je me raisonne: il doit s'amuser bien innocemment, il n'a pas vu passer l'heure, il a juste oublié de me prévenir. Après tout, ça m'arrive aussi. Ce n'est pas parce que j'ai lu "Veuf" la veille que je dois commencer à flipper sur une infidélité potentielle. Et les accidents de voiture mortels ne sont pas si courants. Du coup, je vais me coucher sans même prendre un demi-Xanax. Le lendemain, je lui envoie juste un petit message pour lui demander s'il est vivant. Il l'est, et honteuzéconfus de m'avoir zappée. Il n'y avait donc pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.

Le même jour, je décide de me faire un plaisir rare et de prendre un bain. Quand je plonge mon mollet droit dans l'eau, je pousse un couinement de surprise: elle est glacée. La veille au soir, déjà, je n'avais réussi à avoir que de l'eau tiédasse pour mes ablutions pré-dodotesques. Je vais sonner chez les voisins. "Excusez-moi de vous déranger, vous avez de l'eau chaude?" "Oui." Ah. Ca doit être mon cumulus. Au lieu de commencer à flipper, j'essaie de joindre Etre Exquis et, n'y parvenant pas, appelle tout simplement mon plombier. Il me dit qu'il finit avec son rendez-vous en cours et qu'il passe avant d'aller déjeuner. Bon. Entre-temps, le facteur m'apporte un nouveau Georges-Arthur envoyé gentiment par Nuryko. L'univers me fait signe qu'il est inutile d'angoisser; j'en prends bonne note.




A midi et demie, le plombier me rappelle: son rendez-vous s'est prolongé, peut-il plutôt passer vers 15h30-16h? Pas de problème, j'ai juste une course à faire en début d'après-midi, mais ensuite je ne bouge pas. Je me traîne jusqu'à la Poste sans m'être lavé autre chose que la figure et les dents. Personne ne s'évanouit ni même ne fronce le nez sur mon passage, ouf! (Mais les Monpatelinois sont peut-être juste très polis dans l'adversité olfactive.) A 16h30, pas de plombier. A 17h, pas de plombier. Au lieu de pester, je me dis que son rendez-vous précédent a dû lui prendre plus longtemps que prévu, et qu'il finira bien par arriver. Au pire, comme je repars à Bruxelles le lendemain, je prendrai rendez-vous avec lui pour le soir de mon prochain retour, et puis voilà. D'ici là, ben je ferai bouillir de l'eau au micro-ondes pour me laver. Ce sera folklorique et j'en tirerai bien un post rigolo.
A 17h20, le plombier arrive et se confond en excuses. Il examine mon cumulus qui n'a rien. Le problème vient d'un ressort cassé sur mon disjoncteur, qui empêche la bascule en position tarif économique ou un truc du style. Comme il n'a pas la pièce sous la main, il me règle le biniou en position forcée pour que j'aie de l'eau chaude jusqu'à la fin de mon séjour, et me dit de le rappeler la veille de mon retour pour qu'il passe faire la réparation. J'en profite pour lui expliquer que le détendeur de ma gazinière ne fonctionne plus depuis 3 ans (merci micro-ondes, four traditionnel et grandes salades en été). Il y jette un coup d'oeil et me montre qu'il suffit d'appuyer sur un petit bouton vert pour réamorcer la bonbonne. Grâce à ce ressort de disjoncteur cassé, je vais de nouveau pouvoir cuisiner à Monpatelin! Ca tombe bien, je commençais à faire une overdose d'Ebly pré-cuit en sachet et de tomates-cerise. Et le plombier ne veut même pas que je le paye pour si peu (mais j'insiste et il finit par accepter un chèque de 20 petits euros pour le déplacement).

Je sais que la plupart des gens penseront que dans un cas comme dans l'autre, il n'y avait pas vraiment de quoi stresser, mais l'an dernier à la même époque, j'en aurais fait une maladie. Je me serais sans doute disputée avec Chouchou pour rien, et j'aurais été infoutue de travailler toute la journée jusqu'au passage du plombier, alors que là, j'ai fait mon quota de pages tranquillement. Comme quoi, le travail sur soi, c'est dur et long, mais ça finit quand même par porter ses fruits.

vendredi 18 novembre 2011

Encore deux bonnes adresses à Nantes


Pour finir cette série de billets sur mon merveilleux week-end nantais, je tiens à vous signaler encore deux boutiques qui méritent le détour:

- Une maison de thé qui vend aussi bien des mélanges accessibles au plus grand nombre, comme un sencha au citron ou son petit frère aux fruits rouges et bleus, que des récoltes de printemps hyper raffinées et un poil hors de prix. En tout, plus de 130 références. La vendeuse à laquelle j'ai eu affaire connaissait ses produits sur le bout des doigts et ne m'a donné que de bons conseils. Les amateurs de théières ou de gadgets tels que triples sabliers trouveront largement de quoi faire chauffer leur carte bleue. Il est possible de déguster sur place, et le lieu fait également bistrot jusqu'à 2h du matin.

6, rue Paul Bellamy
44000 NANTES
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 19h, et le dimanche de 10h à 20h

- Une chouette librairie pour enfants située non loin de la cathédrale, où je me fournissais en livres animés (pop-up books) du temps lointain où je résidais à Nantes. Quinze années n'ont rien changé ni à la variété des ouvrages proposés, ni à la qualité de l'accueil. Un passage obligé si vous avez des enfants ou êtes vous-même amatrice de littérature jeunesse. En plus des livres, on trouve ici des jeux et jouets triés sur le volet, ainsi que des ateliers d'arts plastiques ou de magie le samedi après-midi. J'ai bien failli me laisser tenter par une marionnette de main Georges-Arthur, mais suis seulement ressortie avec le "Sombres citrouilles" de Malika Ferdjoukh et "Un cirque dans une petite boîte" de Dina Sabitova et Nancy Peña (t'as vu, Mélu, j'ai retenu comment on faisait le tilde sur Mac!), dont je vous ferai une critique dès que j'aurai fini de le lire.

Les enfants terribles
17, rue de Verdun
44000 NANTES
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 19h