mardi 28 février 2012

Pour l'amour de mes vertèbres


J'ai craqué.
Descendant demain à Monpatelin, je viens de faire ma valise. Pas de vêtements, de chaussures ni d'affaires de toilette, vu que j'ai tout en double: juste des livres. Ceux que j'ai lus à Bruxelles depuis mon dernier séjour en France et que je rapatrie chez moi pour les ranger dans ma bibliothèque ou les revendre sur Amazon Marketplace. Il doit y en avoir dans les 25 kilos. Et c'est la même chose à chaque fois. Or, ni la station Trône où je prends le métro, ni la gare de Monpatelin ne sont équipées d'escalators, et il n'y a d'ascenseur dans aucun des deux immeubles où j'habite, toujours au 2ème étage.
Mes vertèbres vieillissantes et mon épaule gauche de nouveau coincée malgré une visite chez l'ostéopathe en début de mois ont fini par avoir gain de cause: je viens de me commander un Kindle.
(Et puis un petit étui en cuir rouge tout mignon.)

Là, je suis en train de regarder le prix des ouvrages qui composent ma PAA (Pile A Acheter, a.k.a. "panier Amazon"). Je pensais prendre le tome 10 de la série Queen Betsy, typiquement le genre de bouquin pour lequel je me fous d'avoir une édition papier à chérir, mais la version numérique est plus chère que le livre de poche - qui certes reste encore à paraître. "The leisure seeker" de Michael Zadoorian: 6,58€ la version numérique contre 7,12€ le livre de poche en VF. C'est un peu mieux, mais pas beaucoup. "13, rue Thérèse" (qui, comme son titre ne l'indique pas, est bien un roman en anglais) d'Elena Mauli Shapiro: 5,99€ la version numérique contre 9,63€ le semi-format broché - intermédiaire, en termes de taille et de prix, entre l'édition grand format reliée et le livre de poche. La différence n'est vraiment pas fracassante. Bon, de l'autre côté, je vise à économiser de la place et du poids plus que des sous (même si je ne serais pas contre le fait d'en économiser AUSSI).
Je vous reparle de mon Kindle une fois que je l'ai reçu et testé avec mon premier bouquin encore inconnu. J'ai hâte!

Illustration de Joseph Robertson

19 commentaires:

Kimie (Mots et Emaux) a dit…

Je t'envie de réussir à lire sur un écran.
J'ai essayé une fois avec un I-Pod, et c'était affreux, mes yeux m'en ont voulu à mort !
Mais c'est clair que pour le train, c'est l'idéal...

ARMALITE a dit…

L'écran des Kindle et des autres liseuses bénéficie d'une technologie à part, tu n'as pas de rétroéclairage et donc pas de bobo aux yeux comme avec un iPad.

Mayla a dit…

Ah ti aussi tu passes du côté obscur de la force ? J'ai craqué, la main un peu forcée par mon homme qui désespère de voir ma pile énorme de bouquins. Et je ne regrette pas, la prise en main est facile, ça ne fatigue pas plus les yeux que pour un vrai livre et il y a peu de reflet. Certes certains livres sont un peu chers en numérique mais bon en contrepartie, il y a des tas de bouquins libres de droits gratuits comme Sherlock Holmes, les Mark Twain et bien d'autres choses. Donc ça peut aussi permettre de lire ds livres qu'on n'aurait peut-être pas songé à lire avant.

En plus l'autonomie est bonne : je l'ai depuis Noël et je ne l'ai rechargé que 3 fois et je lis beaucoup.
Par contre pas de prise pour se relier au secteur, juste un câble pour le recharger sur un ordinateur. Mais j'ai trouvé la parade : j'utilise le chargeur de mon Ipod qui est tout à fait compatible.

Bonne découverte en tout cas !

FraiseDesBois a dit…

@kimi la lecture sur une tablette rétroéclairé c'est juste une horreur, d'où mon choix de reader numérique fait pour (et au bout de 4mois d'utilisation intensive, pour mes yeux c'est kiff kiff avec le papier voir mieux)

@Armalite bienvenue au club des lecteurs numériques

Sophie a dit…

J'hésite encore. Le poids est un bon argument, j'en ai un peu marre de déformer mes sacs à main avec des briques de lecture. Le prix d'achat des livres n'est pas encore un argument. Je me dis que ce qui va me manquer c'est de partager les livres. De les prêter, d'en emprunter à mes copines. Ce rituel d'amies amatrices de lectures, qui quand elles se voient se demandent comment elles vont ainsi que ceux qu'elles aiment, se parlent du dernier livre lu/aimé et voyant l'intérêt chez l'autre, l'apporte au lunch suivant. J'attends ton post avec impatience.

ARMALITE a dit…

Sophie: quand je prête des bouquins, 3 fois sur 4 je ne les revois jamais, ou alors avec la tranche cassée, ce que je déteste ^^ Donc je ne les prête plus. Alors que par contre, je partagerai sans problème mes livres numériques!

Anonyme a dit…

Le jour où le livre numérique se sera imposé, nous, on pourra aller se reposer ! Cet immonde truc est une épée de Damoclès qui plane au-dessus de la tête de tout un secteur économique. Il faut bien comprendre une chose : si les prix arrivent au niveau où ils devraient être, c'est la mort du livre papier. Et les gentils éditeurs nous dirons qu'il faut diviser par deux (au début) le prix du feuillet. Après avoir apporté l'abondance à une partie de l'humanité, les sciences et les techniques (le capitalisme et ses avatars n'ont aucun mérite là-dedans) nous transformeront tous en clodos.
Bon, je retourne faire la sieste.
JC

ARMALITE a dit…

Je ne suis pas d'accord avec toi. Les livres numériques ne peuvent (ne pourront) être proposés à des prix très bas que dans la mesure où les frais fixes liés à la création de l'oeuvre en elle-même (rémunération de l'auteur et du traducteur, travail de l'éditeur sur le texte...) auront été amortis par la version papier. "Le niveau où les prix devraient être", c'est celui qui est juste dans le sens où il permet de rémunérer correctement (mais sans exagération) chacun des intervenants. Actuellement, le prix des livres numériques semble trop élevé par rapport à celui de la version papier parce qu'on sait bien que sur des titres qui ne viennent pas juste de sortir, l'éditeur n'a quasiment pas de frais sur cette version. Mais si jamais les livres papier disparaissaient (et je ne pense pas que ce soit pour tout de suite), il faudrait répercuter les coûts fixes dans les version numérique, dont le prix augmenterait nécessairement - et pour le coup, je ne trouverais pas ça exagéré. Je ne peux pas prétendre avoir étudié la question en profondeur, mais certains professionnels du secteur, comme JC Dunyach ou Ayerdahl, oeuvrent pour le développement du livre numérique, et je ne les crois pas désireux de se tirer une balle dans le pied.

FraiseDesBois a dit…

Pour prêter des bouquins il ne faut pas qu'il y ai de vil drm, ça tombe bien j'ai l'achat militant (et payer un livre numériques pas beaucoup moins cher qu'un papier ça ne me gène pas)
tout comme je continuerai à acheter des livres papiers, et puis on voit apparaitre de nouvelles revues comme Angle Mort et ça c'est super pire cool

ARMALITE a dit…

Un article intéressant à la fin de cette page: "l elivre va-t-il sombrer dans la mer du numérique?"
http://jean-claude.dunyach.pagesperso-orange.fr/Recueils%20et%20romans.html

ARMALITE a dit…

Et ceci, aussi, qui pourrait peut-être permettre aux "Larmes de M." de toucher un public?
http://jean-claude.dunyach.pagesperso-orange.fr/Ebooks.html

Anonyme a dit…

En matière de balle dans le pies, je n'ai qu'une chose à dire, et c'est une citation de mon ami Léo Ferré : "Si tu savais ce que je sais, on te montrerait du doigt dans la rue, alors, il vaut mieux que tu ne saches rien."
Bisous
JC

La princesse a dit…

On peut prêter ses livres numériques sans problèmes, et continuer à en discuter entre amis.
Et en plus on ne les recupère pas avec la tranche explosée.

(Je pensais etre la seule maniaque de la tranche. ça me rassure)

Je ne suis pas d'accord avec JC non plus, mais vu que j'etais aussi en train d'ecrire la dessus, je ne vais pas polluer les coms...

Anonyme a dit…

Petite précision utile : les frais principaux d'un éditeur ne sont pas la rémunération de l'auteur, du traducteur ou des intervenants internes. Sur le prix public d'un livre, entre 30 et 35% (voire plus) vont au libraire, le diffuseur et le distributeur se partageant environ 25% supplémentaires. Et sur les 40% qui restent, le poste le plus lourd, là encore, n'est pas ce que tu penses, Isa, mais l'impression et (surtout) le papier, qui coûte aujourd'hui une fortune. En supprimant le diffuseur, le distributeur et l'impression-papier, tu vois ce qu'on gagne ? Imagine en plus qu'un éditeur se passe d'Amazon et Cie et vende directement ses nouveautés numériques sur un site lui appartenant? Tu devines jusqu'où pourrait descendre le prix, l'opération restant cependant aussi rentable que la vente d'exemplaires papiers ? Tout le bouzin se jouera sur ses données-là, et tant pis si au bout du compte, ça reviendra pour l'édition à scier la branche sur laquelle elle est assise.
Bisous
JC
Bon sang, je n'arrive pas à m'endormir... Bu trop de café.

ARMALITE a dit…

Mais je sais comment se décompose le prix d'un livre... et donc, si je comprends que les imprimeurs (ou les transporteurs, par exemple) puissent avoir peur que le développement du numérique menace leur gagne-pain, je ne vois pas en quoi la rémunération du traducteur et de l'auteur, elle, est remise en cause. Après tout, en numérique non plus, les bouquins ne s'écriront et ne se traduiront pas tout seuls.

Jean-Claude Dunyach a dit…

Merci d'avoir cité mes articles :-) Et quand on se croisera, à Toulouse ou ailleurs, je pourrai nourrir ton Kindle avec ceux de mes livres que j'ai convertis en numérique. Tu pourras juger toi-même de ce que ça donne.
Plein de poutous,
JC Dunyach

Londoncam a dit…

Ah chouette, tu te lances dans l'aventure ! Je suis tentée aussi, pour alléger mon sac dans les transports, mais je n'ai pas encore franchi le pas. Ce sera bien d'avoir ton avis :)

Anonyme a dit…

Évidemment de mon point de vue de consommateur les arguments de JC m'apparaissent plutôt comme des bonnes nouvelles.
A moins que, comme déjà vu par ailleurs, l'éditeur, tout en se passant du support physique, ne tente de conserver le pognon du support physique.

Sparke

Un Homme a dit…

Armalite: "Alors que par contre, je partagerai sans problème mes livres numériques!" <-- ça reste à voir au vu des restrictions apparemment imposées sur le prêt de livre électronique: http://www.numerama.com/magazine/17151-les-livres-electroniques-d-amazon-pourront-etre-pretes-mais.html

Sur les questions de l'édition (particulièrement l'édition indépendante), je recommande vivement le bouquin de Thierry Discepolo (des éditions Agone): La trahison des éditeurs http://atheles.org/agone/contrefeux/latrahisondesediteurs/