mercredi 29 février 2012

Février 2012



Fiche le camp, l'hiver, et ne reviens jamais jamais jamais jamais


Il a été un peu usant, ce mois de février. Entre les nouvelles de mon père qui ne sont pas excellentes, Scarlett et ses crises de miaulements nocturnes qui menacent de nous rendre dingos, le froid et la grisaille qui s'éternisent et me poussent à me calfeutrer chez moi, j'ai dû beaucoup lutter contre mon moral qui flanchait pour continuer à me lever le matin, rester productive, éviter de (trop) chouiner, continuer à faire des projets. Heureusement qu'il y avait Brothers & Sisters, quelques bons bouquins, les bisous de Chouchou, les trois jours à Paris, le thé au cassis du Kam-Yuen et une trad un peu inhabituelle qui avance presque toute seule.

N'empêche. Je compte les jours jusqu'au printemps. Et même si je déteste m'éloigner de Chouchou, je me réjouis d'être dans le Sud de la France dès ce soir.

En mars, il y aura: la découverte tardive de la Little Flirt Box qui doit m'attendre sagement chez moi, un petit séjour à Toulouse où j'espère bien voir la sémillante Nekkonezumi, le concert de Bénabar et le spectacle du Cirque du Soleil, la finalisation d'une semaine en Bretagne courant mai, le bouclage haï de ma 2035, le début d'un nouveau projet au crochet (je n'ai pas encore décidé quoi), un long article sur le site VentePrivée, le lancement du prochain swap littéraire "Bédé et manga", mes 41 ans. Il n'y aura pas: de dédicace de Lola Lafon et de Florent Chavouet qui viennent à la Foire du Livre de Bruxelles juste le week-end où je ne suis pas là, ni de passage au Salon du Livre de Paris où les auteurs sont désormais considérés comme, je cite les organisateurs, "des gangs de malfrats", ni de challenge photo "Alphabet" par manque total de motivation, ni de second piratage de ma carte Visa - du moins, je l'espère.

Puis ce sera le 1er avril et le début de la deuxième saison de Game of Thrones, et l'hiver recommencera... mais seulement à la télé.

Illustration trouvée ici

mardi 28 février 2012

Pour l'amour de mes vertèbres


J'ai craqué.
Descendant demain à Monpatelin, je viens de faire ma valise. Pas de vêtements, de chaussures ni d'affaires de toilette, vu que j'ai tout en double: juste des livres. Ceux que j'ai lus à Bruxelles depuis mon dernier séjour en France et que je rapatrie chez moi pour les ranger dans ma bibliothèque ou les revendre sur Amazon Marketplace. Il doit y en avoir dans les 25 kilos. Et c'est la même chose à chaque fois. Or, ni la station Trône où je prends le métro, ni la gare de Monpatelin ne sont équipées d'escalators, et il n'y a d'ascenseur dans aucun des deux immeubles où j'habite, toujours au 2ème étage.
Mes vertèbres vieillissantes et mon épaule gauche de nouveau coincée malgré une visite chez l'ostéopathe en début de mois ont fini par avoir gain de cause: je viens de me commander un Kindle.
(Et puis un petit étui en cuir rouge tout mignon.)

Là, je suis en train de regarder le prix des ouvrages qui composent ma PAA (Pile A Acheter, a.k.a. "panier Amazon"). Je pensais prendre le tome 10 de la série Queen Betsy, typiquement le genre de bouquin pour lequel je me fous d'avoir une édition papier à chérir, mais la version numérique est plus chère que le livre de poche - qui certes reste encore à paraître. "The leisure seeker" de Michael Zadoorian: 6,58€ la version numérique contre 7,12€ le livre de poche en VF. C'est un peu mieux, mais pas beaucoup. "13, rue Thérèse" (qui, comme son titre ne l'indique pas, est bien un roman en anglais) d'Elena Mauli Shapiro: 5,99€ la version numérique contre 9,63€ le semi-format broché - intermédiaire, en termes de taille et de prix, entre l'édition grand format reliée et le livre de poche. La différence n'est vraiment pas fracassante. Bon, de l'autre côté, je vise à économiser de la place et du poids plus que des sous (même si je ne serais pas contre le fait d'en économiser AUSSI).
Je vous reparle de mon Kindle une fois que je l'ai reçu et testé avec mon premier bouquin encore inconnu. J'ai hâte!

Illustration de Joseph Robertson

Price Minister vous ment a un service clientèle pas très au point


La semaine dernière, sur Hellocoton, un article consacré à "Nouilles Tchajang" me donne envie de lire ce manhwa. Il est malheureusement assez ancien, et plus disponible ni chez Amazon ni chez la Fnac. Une rapide recherche Google me conduit chez Price Minister. Je n'ai encore jamais commandé chez eux, mais leur site est assez connu pour que je n'aie pas d'appréhension, et en plus ils proposent un exemplaire "d'occasion comme neuf" à moins de 5€. C'est parfait. Puisque je ne suis pas forcée d'ouvrir un compte client, je conclus la transaction en invité et passe à autre chose.

Trois jours plus tard, je reçois un mail m'informant que mon livre n'est plus disponible chez le vendeur auquel je l'ai commandé et que mon achat a donc été annulé, mais que d'autres vendeurs proposent le même article. Je retourne sur le site de Price Minister pour passer une seconde commande. Afin de la finaliser, j'entre mon adresse mail et mon mot de passe, et j'ai la mauvaise surprise de voir le numéro et la date d'expiration de ma Visa apparaître directement au bas du formulaire, alors que Price Minister certifie ne pas conserver les coordonnées bancaires de ses clients:


Effectivement, il me suffit de cliquer sur un bouton pour conclure mon achat. MES COORDONNEES BANCAIRES ONT DONC BEL ET BIEN ETE CONSERVEES ALORS QUE LE SITE AFFIRME LE CONTRAIRE.

Mais le pire, c'est qu'en attendant que la confirmation apparaisse à l'écran, je remarque que le petit cadenas est absent de la barre d'adresse et que le https indiquant que la transaction est sécurisée s'inscrit en rouge, non pas en vert, et qu'il est biffé. D'habitude, je vérifie toujours avant de cliquer pour envoyer ma commande, mais là, perturbée par l'histoire des coordonnées bancaires conservées, je ne l'ai pas fait. Et ma Visa vient déjà d'être remplacée suite à un piratage survenu le mois dernier, après qu'une mésaventure identique me soit arrivée sur le site français de la Fnac.

Je cherche donc le formulaire de contact sur Price Minister. Comme toujours, il est bien caché, et comme toujours, il n'offre que quelques centaines de caractères pour expliquer le problème. Je résume celui-ci de mon mieux:

Malgré l'assurance que mes coordonnées bancaires ne seraient
pas conservées et n'apparaîtraient nulle part, elles étaient déjà
présentes dans le formulaire de paiement de la seconde
commande que je viens de passer aujourd'hui; de plus le sigle
https qui certifie la sécurisation de l'autorisation était barré et en
rouge. Je suis inquiète.

Et comme toujours, je reçois une réponse formatée qui ne tient aucun compte de ce que je viens de raconter:

Bonjour Armalite,

J'ai bien reçu votre message.

Pour gérer vous-même et à tout moment vos cartes de paiement sauvegardées, rendez-vous dans votre compte PriceMinister, rubrique "Mes préférences acheteur".

Depuis cette page, vous pourrez notamment ajouter ou supprimer une ou plusieurs cartes de paiement.

Comme pour chacune de vos commandes sur le site, votre numéro de carte sauvegardée n'est ni visible, ni conservé par PriceMinister. Les informations de votre carte sont protégées grâce au système "Sogenactif" de la Société Générale, à la pointe de la sécurisation des transactions sur Internet.

Vous pouvez donc configurer cette option gratuite en toute confiance.

Merci de votre confiance et à bientôt,

Rodrigo
Service Clients
PriceMinister

Pour toute nouvelle question, rendez-vous sur PriceMinister, rubrique "FAQ/Contact".


Mais je viens de te dire que mes coordonnées avaient été conservées, que je l'avais vu de mes propres yeux, et que la transaction n'avait PAS été garantie par ton foutu système Sogenactif!!!

Dégoûtée mais pas vraiment surprise, je veux insister en joignant la capture écran que j'ai pensé à faire, et qui montre que mon numéro de Visa a bien été conservé en mémoire. Seulement voilà: je ne peux pas répondre à la réponse de Rodrigo; je dois repasser par le formulaire de contact du site qui ne m'offre toujours que 500 caractères pour expliquer mon problème, et aucune possibilité de joindre un quelconque document.

Je repasse sur le site. En finalisant mon compte, je tombe effectivement sur une option "supprimer mes coordonnées bancaires", sur laquelle je clique. Autrement dit, elles étaient bien conservées jusque là (ce dont je ne doutais pas de toute façon). Devant mon indignation, Chouchou me suggère, pour pouvoir exposer l'affaire clairement et en entier, de rédiger un post dessus et d'envoyer le lien dans le formulaire de contact. Cet homme est brillant, je l'ai décidément bien choisi. Donc voilà. J'espère que cette fois, Price Minister daignera me faire une vraie réponse. Et si vous envisagez de commander chez eux, réfléchissez-y à deux fois. Je ne vois pas comment avoir confiance en un site qui ment de manière aussi éhontée.



EDIT 18h22

En déposant sur la page Facebook de Price Minister un lien vers cet article de blog, j'ai obtenu la réponse suivante:

Bonjour Armalite,

J’ai bien reçu vos messages concernant la sécurité des paiements sur PriceMinister.

Comme vous l’a indiqué Rodrigo, les pages de paiement sont 100% sécurisées. Ceci est effectivement vérifiable grâce à la présence du https ou du cadenas sur la page.

Lorsque le https est barré ou lorsque le cadenas est absent, c’est qu’un élément de la page n’a pas été correctement paramétré. Ca arrive, par exemple, lorsque la page de paiement appelle une publicité (pour l’afficher) dont l’url n’est pas en https.

Aucun problème de sécurité donc, c’est juste une pub,rien de malveillant, mais le système qui est hyper strict avec ce qui est affiché ne permet aucune erreur de paramétrage aussi minime soit elle. Ca arrive mais ça reste très (très) rare. On fait attention. En toute hypothèse, sachez que cela n'a pas d'incidence sur votre transaction qui reste sécurisée.

J’ai demandé à l’équipe technique de faire des tests pour savoir d’où provient le problème.

Concernant votre numéro de carte. Je vous confirme une nouvelle fois qu’il n’est pas conservé par PriceMinister.

Lorsque vous effectuez un achat, vous avez la possibilité de choisir si vous souhaitez ou non « sauvegarder cette carte pour vos futurs achats ».

Ca ne veut pas dire que nous allons conserver votre numéro de carte, ça veut dire que nous mettons alors en place un process de paiement rapide avec notre banque, la Société Générale, qui va conserver chez elle ces informations de manière complètement sécurisée.

Lors des prochaines commandes, nous enverrons alors à la banque un code pour qu’elle puisse savoir que ça vient bien de nous et pour qu’elle puisse retrouver les informations de votre carte et effectuer l’opération chez elle.

Si nous ne conservons pas votre numéro de carte, nous conservons cependant certaines informations pour que vous puissiez savoir de quelle carte il s’agit. C’est ce que vous avez vu lors de votre second achat lors du passage en caisse. Certains acheteurs ont effectivement « sauvegardé » plusieurs cartes et souhaitent choisir laquelle ils utilisent.

Il s’agit du nom de la banque et de son code, des 2 derniers chiffres de la carte et de la date de validité pour savoir jusqu’à quand vous pourrez l’utiliser. Impossible de récupérer les 16 chiffres (qui ne sont pas gardés par nous) indispensables à l’utilisation de votre carte.

Si vous ne souhaitez pas « sauvegarder » votre carte, vous pouvez la supprimer à tout moment dans la rubrique « Mes préférences acheteur » de votre compte.

J’espère que j’ai pu répondre à vos questions.

Merci de votre confiance et à très bientôt,

Max

Voilà. Une réponse claire, complète et satisfaisante. Mais qu'il a fallu passer par des moyens détournés pour obtenir (ma seconde demande à travers le canal de réclamation normal du site ayant abouti à une réponse tout aussi frustrante que la première). Néanmoins, me voici rassurée. Merci au gestionnaire de la page Facebook.

lundi 27 février 2012

Basilic Café: T.O.U.B.I.B. or not T.O.U.B.I.B.?



Samedi, il a fait super beau, mais j'ai passé la journée enfermée à faire mon ménage et m'occuper de ma compta professionnelle pour pouvoir sortir le lendemain. Moyennant quoi, dimanche, brouillard, pluie et froid glacial étaient au rendez-vous. J'ai un flair très sûr pour choisir mes jours de sortie.

Hier midi, donc. Nous avons rendez-vous au Basilic Café, non loin de la Grand Place de Lille, pour bruncher avec Philou. Je tente de prendre des photos du lieu, mais aucune d'entre elles ne rend bien. Imaginez une enfilade de trois salles aux murs peints en blanc, avec des tables et des chaises noires les plus basiques possibles et des murs nus à l'exception de quelques ardoises. Décor super minimaliste et ambiance de cantine totalement dépourvue de charme, donc. (Mais selon Philou, il en va tout autrement dans le second Basilic Café, plus petit et à la clientèle nettement plus bobo.)



Tâchons de nous rattraper avec la nourriture. La carte propose une formule brunch avec buffet salades/fromages/desserts, un burger et une boisson alcoolisée ou non pour 25,90€. Je sens que ça va faire beaucoup trop pour moi et décide donc de prendre un plat seul, quitte à compléter avec un cheesecake s'il n'est pas piégé aux speculoos. J'hésite longuement entre le fish & chips façon tempura, le risotto aux asperges, le burger "diet" avec dos de saumon à la plancha et la spécialité maison: le T.O.U.B.I.B., un autre burger dont Philou me certifie la miamitude (mais cet homme est fan de gaufres Meert, je n'oserai PLUS JAMAIS lui faire confiance au niveau culinaire). Au moment où je commande, le serveur me signale l'existence d'une version "spicy" avec raclette et sauce au poivre. OK, je vais tenter ça. Niveau accompagnement, il y a pas mal de choix, mais j'opte pour les classiques frites et une salade-bonne-conscience.



La portion de frites est plutôt chiche, mais vu la taille du burger, je ne suis pas sûre que j'aurais eu faim pour davantage. (Suite à ce billet, un message de la direction m'a gentiment informée que les frites sont à volonté, mais servies en petite portion pour ne pas qu'elles refroidissent trop vite. C'est bon à savoir.) Le pain au sésame est, disons, dans la moyenne supérieure de l'ensemble des buns que j'ai pu goûter: pas fracassant, mais pas mal quand même. Le steak est tendre et saignant comme je l'ai réclamé *insérer ici le titre d'une célèbre chanson de Leonard Cohen*, mais beaucoup plus petit que le pain, ce qui fait plein de bouchées "vides" sur le tour: pourquoi? La sauce est insuffisamment poivrée à mon goût, mais bien dosée, tout comme le fromage. Dans l'ensemble, un bon burger, pas hyper original mais d'un rapport qualité-prix plus qu'honnête à 12,40€. Pour aller avec, j'ai pris un verre de Bourgueil rouge sans histoire.

A part ça, le service est souriant et rapide, et la carte propose pas mal de choix dans le genre goûtu-sain. Le Basilic Café: un endroit pas incontournable mais bien situé, pas ruineux et où l'on mange très correctement.

24 bis, rue Esquermoise (200 couverts, près de la Grand Place)
ou: 10, rue du Pont Neuf (plus petit, fréquentation bobo, très belle terrasse)
59000 LILLE

Concours Arlequin


Je viens de recevoir mes SP d'"Arlequin", le dernier tome en date d'Anita Blake.
Pour en gagner un exemplaire, laissez sous ce billet un commentaire pour me dire ce que vous lisez en ce moment.
Clôture mercredi soir (le 29, donc) à minuit.
Tirage au sort et publication du résultat jeudi matin.
J'enverrai le livre uniquement en France métropolitaine ou en Belgique.
Bonne chance!

dimanche 26 février 2012

Cher monsieur Meert,


Ca fait des années que j'entends parler de ton établissement où l'on sert paraît-il des gaufres à se damner, un incontournable de la gastronomie lilloise. Ce midi encore, alors que nous brunchions juste en face au Basilic Café, mon ami Philou les évoquait avec des étoiles dans les yeux, ajoutant qu'il avait presque un abonnement à vie chez toi. Du coup, lorsque nous avons retrouvé un autre couple d'amis sur la Grand Place un peu plus tard, après un sain interlude géocaching du côté de la citadelle, c'est tout naturellement que nous leur avons suggéré un goûter chez Meert.

Je dois bien l'avouer, la façade de ton établissement est somptueuse, et le décor intérieur ne déçoit pas non plus. Nous avons été placés immédiatement par une serveuse souriante dans une salle calme et inondée de lumière. Après une longue consultation des cartes, nous avons commandé trois thés, un café viennois et trois gaufres (rassure-toi, mon ami Christophe ne te boudait pas, il suit juste un régime spécial en ce moment). Pour nous faire patienter en attendant l'arrivée de notre commande, on nous a offert de longs biscuits ovales genre gaufrette de supermarché format XL. Polie, je n'y ai pas touché.




Puis un serveur a apporté nos thés. Et là, je dois t'informer d'un fait scientifique qui t'a probablement échappé, monsieur Meert: le métal conduit la chaleur. Donc, le client est obligé de se brûler en se servant avec tes théières 100% fer blanc. C'est mal. En outre, second fait scientifique dont tu ne sembles pas conscient: le filtre intégré à une théière d'une contenance de deux tasses, c'est sympa, mais ça veut dire qu'il n'y a pas moyen de stopper l'infusion du thé qui flotte en vrac dans l'eau chaude. Autrement dit, on a le choix entre se brûler la langue avec la première tasse pour se resservir très vite, ou boire une seconde tasse horriblement amère. C'est encore plus mal.




Mais j'étais prête à passer sur ces détails si tes gaufres étaient vraiment aussi sublimes qu'on me le disait. Avec un grand sourire, j'ai lancé au reste de la tablée: "Bon, plus qu'à attendre les gaufres et on pourra attaquer." C'est là que, avec un sourire navré, mon amie Christine m'a annoncé que les fameux biscuits allongés étaient, en fait, les célèbres gaufres Meert. Voyant ma mine déconfite, elle s'est hâtée de préciser: "Mais c'est super bon, j'adore ça!". J'ai voulu essayer. Pleine de bonne volonté, j'ai saisi un des biscuits et j'ai mordu dedans. Deux couches de carton bouilli enveloppant une crème archi écoeurante; voilà donc de quoi se compose la célèbre spécialité lilloise. J'ai reposé ma "gaufre" à peine entamée dans le plat et envisagé un instant de recracher mon unique bouchée dans une serviette. Mais par égard pour mes compagnons de table, j'ai violenté mes papilles et me suis forcée à avaler.


L'objet du délit, au centre.
Non mais franchement, vous trouvez que ça ressemble à une GAUFRE?

Voilà voilà.

Tu comprendras, cher monsieur Meert, que malgré le charme de ton établissement, l'excellent service prodigué par ton personnel et le plaisir que j'ai eu à passer du temps avec mes amis, cette première visite chez toi ne m'ait pas précisément transportée. Cela dit, je l'admets, ça aurait pu être pire: proximité de la frontière belge aidant, tu aurais pu planquer du speculoos dans ton carton bouilli. Mais je ne suis pas rancunière. En repartant, je me suis arrêtée dans ton magasin attenant pour acheter du thé à la fraise des bois et du Mao Feng. J'attendrai de les goûter pour décider si, oui ou non, je te gratifie d'une seconde visite afin de tester tes éclairs au chocolat.

Merci, bisous.


27, rue Esquermoise
59000 LILLE
Métro Rihour

samedi 25 février 2012

"Lydie"


C'est à la faveur de sa réédition avec une nouvelle couverture que j'ai découvert cette bédé. Au début des années 30, il règne une atmosphère joviale et chaleureuse dans l'impasse du Bébé à Moustaches, ainsi surnommée à cause d'une publicité quelque peu enjolivée par un garnement du coin. Camille, la fille simplette du conducteur de locomotive surnommé Papa Tchou-Tchou, met au monde un enfant de père inconnu - une petite fille mort-née qu'elle aurait voulu appeler Lydie. Son chagrin est immense. Mais deux mois plus tard, elle annonce rayonnante que Dieu lui a rendu son bébé. Et parce qu'elle n'a jamais été aussi heureuse, tous les habitants de l'impasse vont entrer dans son jeu, choyant l'enfant imaginaire et lui faisant une place dans leur vie au fil des ans...

"Pourquoi faire du mal quand il est si facile de faire du bien?" Cette question résume à elle seule la profonde humanité qui se dégage de cette histoire. Avec des couleurs douces et tendres, des visages pleins de caractère et de bonhommie, Jordi Lafebre met en images l'émouvant scénario de son comparse Zidrou. Leurs talents conjugués font osciller le lecteur entre rire et larmes jusqu'à un dénouement hélas un peu expéditif, qui coupe court à la nouvelle orientation prise dans les dernières pages. Malgré ce petit regret, je recommande vivement "Lydie", une bédé qui fait chaud au coeur comme on aimerait en lire plus souvent. Et bien qu'elle soit un peu plus chère, je vous conseille d'opter pour la nouvelle version enrichie d'un supplément de 8 pages qui révèle l'identité du papa de Lydie (ou alors, je n'ai rien compris!).

vendredi 24 février 2012

Swap littéraire "Mondes imaginaires": paquets reçus et envoyés (13)


J'avais choisi comme swapeuse Nelly, qui habite également à Bruxelles. Nous devions nous voir début février pour qu'elle me remette son colis en mains propres, mais des imprévus professionnels s'en sont mêlés, puis elle a déménagé... Bref, je viens de recevoir son colis à l'instant.


Je n'ai pas lu "The passage" de Justin Cronin; à vrai dire, je n'en avais même jamais entendu parler, mais la quatrième de couverture est alléchante. Je vous la fais en français: "Amy Harper Bellafonte a six ans, et sa mère pense qu'elle est la personne plus importante au monde. Elle a raison. Anthony Carter pense qu'il n'existe pas de pire endroit que le Couloir de la Mort. Il a tort. L'agent du FBI Brad Wolgast pense qu'il se prépare un événement qui défiera l'imagination. Il a raison. Bien qu'ils ne se connaissent pas, tous trois sont liés d'une façon qu'aucun d'eux ne soupçonne. Ils vont entreprendre un voyage, un voyage épique qui leur fera traverser un monde transformé par les songes les plus noirs de l'Homme et les conduira jusqu'au coeur même de la nature humaine - voire au-delà. Parce que quelque chose approche, un raz-de-marée ténébreux prêt à engloutir le monde. Et Amy est la seule personne capable de l'arrêter."

Avec ce pavé de près de 1000 pages, un marque-page Magritte, un collier artisanal bleu et noir en provenance du Chili, et quatre badges rigolos ornés de petits monstres que vous verrez mieux ici:


En l'absence de lettre explicative, je pense que je découvrirai le lien entre livre et objets durant ma lecture. Merci Nelly pour ce paquet, "The passage" m'intrigue vraiment, et je vais de ce pas chercher où piquer les petits monstres :-)

Ceci clôture le swap "Mondes imaginaires" de janvier, qui aura largement débordé de sa date limite pour des raisons indépendantes de la volonté de certaines participantes. Je réfléchis à un moyen d'éviter cela la prochaine fois, peut-être en réduisant la période d'envoi à trois semaines afin d'avoir de bonnes chances que le swap soit bouclé pour la fin du mois concerné. Ouverture des inscriptions pour le swap "Bédé et manga" le 20 mars. Merci à tous les participants d'avoir si bien joué le jeu pour celui-là, et à très vite!

jeudi 23 février 2012

"American Fuji"


Alexander Thorn, psychologue et auteur d'un livre sur l'échec amoureux, se rend au Japon pour y donner une série de conférences. Il espère en profiter pour élucider le mystère de la disparition de son fils Cody. Un an auparavant, le jeune homme qui étudiait à l'université de Shizuyama a été victime d'un accident mortel. La société de pompes funèbres Gone with the Wind a renvoyé son corps aux Etats-Unis mais... sans le coeur, soigneusement prélevé alors que Cody était bouddhiste et donc opposé au don d'organes.

Gaby Stanton, une expatriée américaine installée au Japon depuis 5 ans, fut autrefois le professeur de Cody. Licenciée pour des raisons que personne n'a daigné lui expliquer, elle a retrouvé un emploi de vendeuse d'obsèques de rêve chez Gone with the Wind. Gaby est affligée d'une maladie gênante qui handicape sa vie sociale et l'empêche d'avoir des relations amoureuses. A contrecoeur, elle va unir sa solitude à celle d'Alex pour l'aider dans sa quête...

J'ai eu du mal à entrer dans ce livre. L'atmosphère des 50 premières pages est assez déprimante. Incapable de communiquer avec les gens qui l'entourent, Alex se montre complètement déboussolé par les moeurs nippones, tandis que Gaby, même si elle préfère vivre au Japon plutôt que de rentrer aux Etats-Unis, ne semble pas mener une vie très heureuse ni très épanouissante. Je trouvais que l'auteur portait un jugement bien sévère sur ce pays où elle a vécu plusieurs années, et cela me heurtait. Puis j'ai compris qu'il ne s'agissait pas de critiquer la culture japonaise, mais plutôt de mettre en évidence l'abîme qui sépare l'Orient de l'Occident, et surtout le décalage permanent dans lequel vivent les expatriés - plus vraiment chez eux dans leur pays d'origine, éternellement considérés comme des étrangers dans leur pays d'adoption.

Je connaissais déjà la plupart des coutumes, des comportements et des modes de pensée évoqués par Sara Backer, mais j'ai fini par apprécier l'analyse approfondie et nuancée à laquelle elle se livrait. Et même si je ne me suis pas attachée à ses personnages, elle a réussi à me tenir en haleine avec leur quête de vérité qui se heurte à la loi du silence japonaise. Si vous avez aimé "Lost in translation" pas seulement pour la plastique de Scarlett Johansson et le charme droopyesque de Bill Murray, "American Fuji" (ou sa traduction française "Fuji nostalgie") pourrait bien vous plaire aussi.

mercredi 22 février 2012

Swap littéraire "Mondes imaginaires": paquets reçus et envoyés (12)


- Le paquet d'Akroma pour Miss Sunalee est visible ici.

- Et celui de Miss Sunalee pour
Eve, .

Il ne manque plus qu'un seul colis pour boucler ce swap: le mien! Inutile de vous dire que je l'attends d'autant plus impatiemment...

En cours de mutation


Il est des gens d'une stabilité remarquable, des gens qui très jeunes savent qui ils sont et ont une assez bonne idée de la direction qu'ils souhaitent donner à leur existence. Soeur Cadette en fait partie, tout comme mes amis Christine et Christophe. Bien sûr, ces gens-là évoluent au fil du temps, mais en suivant un chemin plus ou moins prévisible dont même les aléas de la vie ne les détournent jamais vraiment. Je les trouve solides et rassurants, pareils à des points de repère dans mon petit monde dont le paysage est, lui, en perpétuelle mutation.

A vingt ans j'étais goth et je ne portais que des fringues noires; aujourd'hui mon placard est plein de rouge, de turquoise, de violet et de rose vif. J'ai eu les cheveux roux, permanentés façon caniche, noir bleuté, rouges et violets, méchés de blond platine. J'ai fait de la danse classique, du jazz, du rock, de la boxe thaï, de l'aïkido, de la plongée et de l'équitation pratiqué jusqu'à 4 sports en même temps à raison de 20 heures hebdomadaires, et depuis dix ans je suis une patate de canapé qui rechigne même à se traîner au yoga. J'en suis à ma troisième relation sérieuse, et chaque fois j'ai cru dur comme fer que c'était la bonne. J'ai été mariée, divorcée, pacsée, dé-pacsée, à cheval entre concubinage international et vie de célibataire à Monpatelin. J'ai vécu à Toulouse, à Aix-en-Provence, à Nantes, en Pennsylvanie et maintenant à Bruxelles. J'ai vendu des assurances-vie, été responsable du rayon boucherie-traiteur d'un hypermarché et du secteur caisses d'une grande surface spécialisée dans les jouets avant de devenir traductrice littéraire (et d'envisager de tout plaquer pour ouvrir un magasin de chaussures pendant une période de ras-le-bol). Depuis mon départ de chez mes parents, j'ai eu treize adresses officielles. J'ai été de droite avant d'opérer un changement de bord radical, et je me définirais maintenant comme une écolo de gauche. J'ai détesté les chats jusque vers 23-24 ans; depuis je les adore quand ils ne m'empêchent pas de dormir la nuit. J'ai eu le vin et le thé en horreur; je me damnerais désormais pour un très bon Bordeaux rouge, et je dépense chaque mois des fortunes au Nong Cha. J'ai grandi sans un seul ami; aujourd'hui j'en ai tant que je n'arrive pas à les voir tous.

Je crois que quelqu'un qui m'aurait connue à 20 ans aurait du mal à me reconnaître aujourd'hui. Quelques constantes subsistent: j'ai toujours été athée; je n'ai jamais voulu d'enfant; aujourd'hui comme hier, je suis boulimique de lecture et hyper-organisée, je déteste conduire, j'ai un humour excessivement sarcastique et un grand sens de la justice. Mais tout le reste a changé, parfois sous l'influence des choses qui me sont arrivées ou des gens que j'ai rencontrés, et parfois parce que j'ai voulu que ça change. Quand mes angoisses ont commencé à me bouffer la vie, je me suis focalisée dessus et j'ai essayé différentes solutions jusqu'à ce que j'en trouve une qui me permette de les surmonter. Je ne serai jamais la fille la plus zen du monde mais ça va, je gère.

Depuis six mois et la fin de notre thérapie conjugale avec Chouchou, je me suis lancée dans d'autres chantiers personnels.
- Me lever plus tôt le matin (généralement vers 7h30) n'a pas été si difficile que je le croyais, et ça a eu un effet fantastique sur ma productivité, mon niveau d'énergie et mon moral.
- Arrêter la surconsommation: je suis ravie de rapporter que mon dernier achat de chaussures remonte à mi-octobre, que je n'ai pas du tout fait les soldes d'hiver, que depuis le début de l'année j'ai craqué seulement deux fois pour des vernis à ongles, et que ma seule emplette vestimentaire consiste en un top heattech façon Damart nippon + un jean noir à 40€ dont j'avais besoin. Loin de me sentir frustrée, je suis hyper satisfaite et fière de moi.
- Dédramatiser les petits soucis du quotidien, comme j'en parlais dans un post récent.
- De manière générale, adopter une attitude plus souple et plus positive, et rechercher la compagnie de gens qui sont dans les mêmes dispositions.
Moi qui croyais tout savoir à 18 ans, je découvre de nouvelles choses chaque jour - sur moi, sur les autres et sur le monde qui m'entoure. Mon paysage intérieur est en constante évolution. De tous les voyages que j'ai faits, c'est sans doute le moins spectaculaire et le plus passionnant.

Illustration empruntée ici.

Le non week-end de la non Saint-Valentin



La boutique Mariage Frères du Carrousel du Louvre. J'aurais bien emporté quelques-unes de ces théières pour ma collection...





Ce mur couvert de "Je t'aime" écrits dans toutes les langues se trouve derrière la sortie de la station de métro Abbesses. Le 14 au matin, des tas de couples s'y étaient donné rendez-vous pour se photographier. Nous, nous cherchions une géocache voisine... mais nous avons quand même sacrifié au rituel.





Encore une découverte que nous devons au géoaching: cette fresque située à côté du centre Pompidou, et la curieuse installation qui la flanque.



Près du magasin Image In Air, où j'ai fait le plein de cartes postales (trop tard pour le swap postal, hélas!), ce petit bonhomme a attiré mon attention. J'ai fait appel aux services d'effrayeur de pigeons de Chouchou pour les faire décoller au moment de prendre la photo.



Le très beau concept-store des Néréides, où je passais récupérer un colis acheté sur internet pour économiser les frais de port... et surtout éviter que la Poste perde mon paquet!

Malgré une météo maussade, nous avons passé un très bon séjour en amoureux. Nous devrions retourner brièvement à Paris dans les mois à venir pour visiter l'expo Tim Burton à la Cinémathèque.

mardi 21 février 2012

"Je reviendrai avec la pluie"


J'ai tendance à me méfier des phénomènes littéraires. Le "Da Vinci Code", ses cliffhangers artificiels, ses énigmes pour enfants de 3 ans, sa théorie méga-fumeuse. "L'Elégance du Hérisson", ses personnages pas crédibles une seconde, son style atrocement pompeux. "La Délicatesse", ce monument d'insipidité. Je vous fais grâce de ce que je pense de l'ensemble de l'oeuvre de Marc Lévy et de Guillaume Musso: je suis sûre qu'il y a des gens très bien qui les apprécient. Les goûts et les couleurs...

Bref, le genre de bandeau qui entoure "Je reviendrai avec la pluie" aurait plutôt eu un effet repoussoir sur moi. Oui mais ce titre intrigant - cette tendre photo de couverture - cet auteur japonais inconnu au bataillon. Et surtout, ce résumé: "Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir: la promesse de Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi."

Le retour de l'épouse perdue va marquer le début d'une nouvelle histoire, car Mio a tout oublié de sa vie précédente avec Takumi et Yûji. Elle va simultanément retomber amoureuse de son mari, reprendre sa place de mère auprès de son fils et devoir se préparer à les perdre une seconde fois. J'ai adoré cette histoire romantique dans le plus pur style japonais, épurée et délicate, pleine d'une poésie intemporelle. La fin, qui n'est pas sans rappeler celle de "Le temps n'est rien" ("The time traveller's wife"), m'a tiré des larmes. "Retrouvons-nous un jour, encore, quelque part..." Les âmes sensibles devraient apprécier autant que moi.

lundi 20 février 2012

"Voyage au Japon - Tome 1: Tokyo"


En sortant du Higuma mercredi, nous sommes passés devant une boutique appelée Komikku, qui vendait essentiellement des ouvrages japonais traduits en français, plus quelques brols du style accessoires à bento ou peluches Totoro. Je vous recommande l'endroit: il est très bien achalandé, avec des vendeurs super gentils. J'y ai acheté trois bouquins, dont un roman génial (critique à venir très bientôt), et ce carnet de voyage qui venait juste de paraître.

Rémi et Sandrine, les auteurs, ont effectué leur voyage de noces au Japon entre septembre et octobre 2008. Ils le relatent ici, essentiellement en images. J'ai trouvé amusant de constater qu'ils n'avaient pas du tout exploré les mêmes endroits que nous, mais qu'ils avaient eu aussi craqué pour les grands magasins Tokyû Hands (notamment leurs immenses rayons dédiés aux loisirs créatifs) et pour Yanaka Ginza-Dori, une petite ruelle commerçante où le temps semble s'être arrêté il y a un demi-siècle. Je me suis demandé s'ils dessinaient sur place ou une fois rentrés chez eux d'après photos, et dans le premier cas, comment ils arrivaient à faire des aquarelles aussi élaborées accroupis à un coin de rue. Leurs représentations de Tokyo sont un peu sombres à mon goût, et insistent un peu trop sur l'aspect boisé de la ville, mais elles m'ont bien entendu donné envie de retourner illico presto au Japon.

Les brunchs du dimanche (13): Le Potemkine


Nous cherchions un nouvel endroit où bruncher hier avec Garulfo. Nous commencions à voir épuisé tous ceux qui nous tentaient dans notre Bible, "Un an de brunchs à Bruxelles". Dans ceux que nous n'avions pas encore testés, le Houtsiplou semble plutôt destiné à des familles avec enfants; le Delecta est réputé très bruyant; Les Trouvailles de Louise n'ouvre que le premier dimanche du mois, et nous avions déjà été aux Fils A Maman de Paris en début de semaine. Farfouillant sur internet, je suis tombée sur un endroit assez intrigant: un café qui organise des séances de cinéma et des soirées jeux de société, réputé "sympa, sans prétention, pas cher". Brunch tous les dimanche de 10h30 à 15h. Garulfo était enthousiaste. J'ai téléphoné: "Je suis désolé; on ne prend pas les réservations, m'a très gentiment répondu un serveur. On ne saurait pas gérer. Mais la salle est très grande, il y a toujours plus ou moins de la place." Soit.



Première impression à l'arrivée: le lieu est effectivement original, avec son immense porte en bois pivotante, son plafond très haut, sa mezzanine et sa grande baie vitrée qui laisse entrer plein de lumière même par un matin de février. Par contre, à 13h, il grouille de monde, et même si nous trouvons rapidement une table, le niveau sonore nous oblige quelque peu à crier pour discuter entre nous. Nous devons aussi faire la queue pour être servis à celui des deux comptoirs qui accepte le paiement par carte.

Toutefois, la formule brunch compense largement ces petits inconvénients. Pour 13,50€, on a droit à une boisson chaude (avec du vrai bon thé, du vrai bon café et, je présume, du vrai bon chocolat), un jus de fruits pressés à choisir parmi 7 ou 8 sortes, une viennoiserie couque accompagnée de beurre, de confiture, de miel et/ou de Nutella, deux grosses tranches de pain de campagne dense et savoureux, et deux portions de salades froides parmi la dizaine proposée, qui change apparemment toutes les semaines. Nous testons lentilles/chèvres frais, rillettes de saumon, écrevisses/avocat/chicons et magret/pâté de canard/laitue. Non seulement tout est très bon, mais au niveau des quantités, c'est juste ce qu'il faut pour sortir agréablement repu plutôt qu'au bord de l'inanition ou, au contraire, de l'indigestion.



Le rapport qualité-prix est vraiment excellent et l'endroit fort sympathique. En sortant, alors que Chouchou et moi venons de prendre congé de Garulfo et nous dirigeons vers la porte de Hal voisine pour chercher une géocache, une mini-tempête de neige nous tombe dessus à l'improviste. Les bourrasques glaciales chassent les Moldus, et nous trouvons sans problème un container qui doit être difficile d'accès par une météo plus clémente. Mais après ça, nous renonçons à en faire deux ou trois autres dans la foulée et rentrons vite nous mettre à l'abri chez nous. Pas grave: nous reviendrons sûrement bruncher au Potemkine (plutôt vers l'ouverture pour ne pas être embêtés par le bruit).

Potemkine
Avenue de la porte de Hal, 2
1060 BRUXELLES
Fermé le lundi
Mardi-mercredi: 10h30- 01h
Jeudi à samedi: 10h30-03h
Dimanche: 10h30-22h

dimanche 19 février 2012

Le Higuma



A Paris, le quartier de l'Opéra en général et la rue Sainte-Anne en particulier sont connus pour abriter un très grand nombre de restaurants japonais, dont la qualité va du plus bof au carrément délicieux. J'en ai testé pas mal au fil des ans, mais je reviens toujours à la même "cantine": le Higuma. Ici, pas de sushi, de maki ou de sashimi, et pas non plus de brochettes, mais essentiellement des plats à base de ramen ou issus de la grande famille des donburi (un grand bol de riz surmonté d'un mélange viande-oignons-omelettes). On peut manger au comptoir si on ne craint pas la fumée et qu'on a envie d'admirer les cuisiniers à l'oeuvre, ou aux tables d'une des trois salles en enfilade. Service peu souriant mais rapide. Prix parfaitement ridicules: 11€ pour un menu donburi avec salade, soupe miso et pickles, et portions franchement copieuses (je n'ai jamais réussi à terminer ce que j'avais commandé). Bref, pour les amateurs de cuisine japonaise basique, une bonne adresse où manger rapidement, sans chichis et sans se saigner aux quatre veines.



Higuma
32 bis, rue Sainte-Anne
75001 PARIS
Métro Pyramides (ligne 7)

samedi 18 février 2012

"La colline aux coquelicots"



1963. Umi vit au sommet d'une colline qui surplombe le port de Yokohama. Elle habite dans un ancien hôpital avec sa soeur cadette, son petit frère, sa grand-mère et trois pensionnaires qui leur permettent d'arrondir leurs fins de mois. Son père, capitaine de navire ravitailleur, est mort pendant la guerre de Corée. Tous les matins, Umi continue à hisser les drapeaux censés le ramener chez lui sain et sauf. Le reste du temps, elle est très occupée à tenir la maisonnée et à suivre des cours au lycée local. Quand elle tombe amoureuse de Shun et entreprend de l'aider dans sa croisade pour sauver le foyer étudiant menacé de démolition, elle est loin de se douter qu'un obstacle infranchissable va bientôt se dresser entre eux...

Pour une fois dans un film du studio Ghibli, il n'est pas question d'enjeux écologiques majeurs, de puissances mystiques ou de créatures légendaires. Dans "La colline aux coquelicots", on n'aperçoit pas même le manche d'un balai volant. Il y a juste des décors presque immobiles mais troublants de beauté paisible, des personnages à l'animation rudimentaire et pourtant bien plus touchants que tous les animaux anthropomorphisés du monde. Il y a du talent, de la poésie et de l'émotion, toutes choses qu'aucun monstrueux budget de 3D ne parviendra jamais à acheter. Il y a tout simplement la magie Miyazaki à l'oeuvre, et le monde extérieur qui s'efface le temps d'une séance de cinéma. C'est beau, un point c'est tout.

Le Club Des 5



Chose promise, chose due. Aujourd'hui, je vous parle du second resto des créateurs des Fils A Maman: Le Club Des 5. Cette fois, c'est dans une ambiance années 80 délicieusement régressive que nous nous retrouvons plongés, avec une déco à base de vieux jouets (rhââââ, ce Goldorak géant qui fait baver Chouchou, et cette fusée sur laquelle il fantasme pendant tout notre repas!) et de livres d'époque tels que Bibliothèques Rose et Verte ou albums de Martine. Les banquettes en skaï rouge sont d'un confort absolu et donnent envie de s'y attarder longuement.



L'accueil est tout à fait charmant cette fois. Par contre, comme nous tombons la veille du changement de carte, le choix de plats est assez restreint. Ca fait déjà plusieurs minutes que nous lorgnons sur les cheeseburgers de la table voisine; nous en commandons donc deux, "saignants s'il vous plaît". La recette est des plus classiques, mais exécutée avec de très bons produits: un bun pas trop sucré et qui ne s'émiette pas entre les mains, un steak épais et juteux, une tomate un peu pâlotte (mais pas de saison, donc on lui pardonne), une feuille de laitue croquante et quelques tranches d'oignons rouges tout pareils. Frites très fines et délicieuses. Dommage pour la mayonnaise en tube: ce burger méritait une préparation maison.



Chouchou, qui se dit calé (mais que lui arrive-t-il?), en restera là. Quant à moi, parmi toute une liste de desserts régressifs à base de Carambar, de Petit-Lu ou de Nutella, je choisis une crème brûlée aux oursons. Elle est très bonne, même si la petite figurine en guimauve posée sur le dessus n'apporte pas grand-chose de mon point de vue.

Avant de partir, je fais un tour aux toilettes entièrement tapissées de photos des créateurs et de leurs potes en train de délirer. Le concept est très sympa, et j'aime aussi le mur garni de distributeurs de papier: l'assurance de ne jamais tomber en panne!



Au final, nos deux burgers plus un dessert, un verre de vin et une eau pétillante nous reviennent 36€. Encore une fois, c'est très correct pour la qualité de ce que nous avons mangé et du décor dans lequel nous l'avons mangé. J'avais beaucoup aimé Les Fils A Maman, mais je préfère encore Le Club Des Cinq. Même s'il n'est pas situé dans un quartier très sexy, j'y reviendrai sûrement lors d'un prochain séjour parisien, peut-être pour un brunch!

Le Club Des Cinq
57, rue des Batignolles
75017 PARIS
Tel: 01 53 04 94 73
Métro Rome (ligne 2)
Ouvert tous les jours sauf le lundi midi
Brunch le samedi et le dimanche

vendredi 17 février 2012

A change of attitude


J'ai réussi à éliminer, ces derniers mois, pas mal des problèmes personnels qui me pourrissaient le quotidien. Il en reste encore un, et de taille. Chaque fois qu'un grain de sable vient se coincer dans l'engrenage de mes tractations avec le reste du monde, je vois rouge. Ma tension monte en flèche et je me mets à trembler d'énervement. Je commence à imaginer le scénario le plus catastrophique; j'écume de rage contre la personne qui a mal fait son boulot ou l'organisation débile du service incriminé; je me lance aussitôt dans la rédaction de mails furieux et frôle l'infarctus si je ne reçois pas une réponse tranquillisante dans la minute qui suit. Et bien entendu, je n'en dors pas la nuit d'après.

Or, des incidents de ce genre, il s'en produit en moyenne deux ou trois par semaine. Dans les quelques jours qui ont précédé mon départ pour Paris, j'ai ainsi déploré:
- Un colis en souffrance à la Poste de Monpatelin, et qui va repartir à l'expéditeur avant que je puisse aller le chercher parce que 1/la livraison est survenue légèrement en retard, donc après la fin de mon dernier séjour dans le Sud de la France 2/pour une raison inconnue, le facteur n'a pas déposé le colis en question dans ma (grande) boîte comme je l'escomptais.
- Des billets de concert que je risque de ne pas pouvoir retirer à la Fnac parce que je les ai réglés avec mon ancienne carte Visa (celle que j'ai dû faire remplacer suite à un piratage) et que le mail de confirmation stipule bien que les places seront délivrées uniquement sur présentation physique du moyen de paiement.
- Des opérations imputées à tort sur mon compte bancaire professionnel, qui ne peuvent pas être transférées sur mon compte personnel et qui vont foutre le bordel dans ma comptabilité.
- Un billet de train Toulouse-Paris dont j'ai effacé par erreur le mail de confirmation et qui, suite à un remaniement obligatoire des comptes clients sur le site de la SNCF, a disparu de mes archives
- Un achat payé avec la carte Galeries Lafayette, que j'avais demandé à régler immédiatement en une seule fois, m'a été débité en trois fois avec prélèvement de frais de crédit plutôt maousse. J'ai envoyé un mail furibard à Cofinoga, qui a accusé réception en me promettant de me répondre très vite et ne l'a bien sûr jamais fait.

Or (bis), il se trouve que même si je suis quelqu'un de très méticuleux qui ne commet JAMAIS commet rarement des bourdes dans un cadre professionnel, une erreur humaine reste toujours possible, pour un tas de raisons dont certaines sont parfaitement recevables. Et j'aurai beau écumer et vitupérer, je ne viendrai pas toute seule à bout des dysfonctionnements du service public ou des organismes privés. Donc, je me mets dans tous mes états pour rien. Pire, dans la plupart des cas, mon emportement doit se révéler contre-productif, car il me semble qu'on obtient plus facilement la résolution d'un problème en demandant gentiment (au début, tout du moins).

Par ailleurs, rétrospectivement, je me rends compte qu'environ la moitié de ces incidents possèdent une solution assez facile à mettre en oeuvre, et que la quasi-totalité de l'autre moitié se soldera, au pire, par une perte financière modeste ou un dérangement somme toute minime.
- Aussi incroyable que ça puisse paraître quand on a souvent affaire à eux, la SNCF possède un service de recherche des billets imprimables et a pu me renvoyer un lien vers le mien sous 3 jours environ.
- Mes places de concert pourront être récupérées sur présentation d'une attestation de ma banque stipulant que j'étais bien la propriétaire de la carte Visa détruite.
- Le problème de comptabilité se résume à une demi-douzaine d'écritures supplémentaires; c'est pas la mort.
- Mon paquet va repartir à l'envoyeur, certes. J'en serai quitte pour repayer 5,50€ de frais de port et l'attendre plus longtemps que prévu. C'est agaçant parce que ce n'est pas ma faute, mais il n'y a pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.
- Pour Cofinoga, s'ils ont décidé de faire la sourde oreille, je n'aurai pas gain de cause de toute façon. Je vais faire une croix sur les 10€ de frais de crédit qu'ils m'ont prélevés de manière abusive, résilier ma carte et ne plus jamais traiter avec eux.

Conclusion? Je dois changer d'attitude, parce que mon comportement actuel ne résoud rien et ne sert qu'à me pourrir la vie (et celle de Choucou, accessoirement). Cesser de penser que "ce genre d'incident, ça ne devrait pas arriver". Me mettre en tête, même pas que "ce genre d'incident, ça peut arriver", mais que "ce genre d'incident, ça arrive tout le temps", histoire de ne pas partir dans un trip Caliméro à chaque fois. Faire ce que je peux pour résoudre calmement le problème, et s'il s'avère qu'il n'existe pas de solution, laisser filer au lieu de m'acharner dessus comme un chien sur un os à ronger, en rouspétant que je suis victime de l'incompétence ou du je-m'en-foutisme général de mes contemporains. Je suis sûre que ça va beaucoup m'améliorer la vie (et celle de Choucou, accessoirement).

Illustration empruntée à ce blog.

Les Fils A Maman


Les Fils A Maman, c'est le premier des 5 restos à thème ouverts par une bande de 4 potes trentenaires, amoureux de bonne bouffe et d'ambiances chaleureuses. Après avoir traversé une petite terrasse en retrait de la rue, où il doit faire bon dîner aux beaux jours, on pénètre dans une salle décorée façon bistrot années 60-70. L'accueil est, je dirais, typiquement parisien: assez désinvolte bien que pas désagréable. Mais dès le menu ouvert, on l'oublie bien vite. C'est simple: moi qui suis relativement difficile quand je mange au resto, j'avais envie de TOUT. Et Dieu sait qu'il y avait le choix, entre une carte très bien fournie (présentée façon cahier d'écolier, avec de petites remarques amusantes sur certains plats) et une ardoise proposant différents plats du jour.



Renonçant à commander une des entrées pourtant originales et appétissantes, de crainte de ne plus avoir faim pour le dessert, j'ai réclamé un carré d'agneau au jus d'agrumes tandis que Chouchou optait pour le cordon bleu au magret de canard. Le service a été un tout petit peu long, mais rien de dramatique. Ma viande était idéalement cuite et bien croustillante sur l'extérieur, même si j'aurais aimé un goût d'agrumes plus prononcé. Chouchou s'est régalé lui aussi, déplorant juste une escalope presque trop généreuse.





En dessert, j'ai pris des madeleines maison avec leur compote pomme-poire, qui est arrivée dans un bocal accompagnée de quelques groseilles, d'une tranche de carambole et d'un Mikado. Tout était absolument délicieux. Chouchou a préféré une Tatin décorée comme une oeuvre d'art. Il l'a trouvée très belle, mais a déclaré qu'il aurait préféré la classique boule de glace à la vanille plutôt que de la pistache, et que la tarte elle-même était un poil trop maousse à son goût.





En accompagnement, nous avons bu du rouge de la cuvée des "Fils A Maman", un Bordeaux honnête. Et l'addition nous a été apportée avec un énorme bocal de sucreries genre fraises Tagada et bouteilles de Coca - attention que nous avons trouvée charmante même si nous étions plus que calés à ce stade. Deux plats, deux desserts, deux verres de vin: 58€. C'était franchement correct pour ce que nous avions mangé et pour le soin apporté au cadre comme aux détails du service. Une adresse à découvrir. Dès demain, je vous parle du deuxième resto de la bande des Fils à Maman. En attendant, allez donc jeter un coup d'oeil à leur site pour vous mettre l'eau à la bouche...

Les Fils A Maman
7 bis, rue Geoffroy Marie
75009 PARIS
Tel: 01 48 24 59 39

jeudi 16 février 2012

"Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"


Lorsque je préparais nos trois jours en amoureux à Paris, j'ai cherché des expos sympas qui pourraient nous intéresser tous les deux... et rien trouvé, à part celle sur Sempé qui se terminait la veille de notre arrivée. Comme nous aimons beaucoup ce dessinateur, j'étais assez déçue. Puis, mardi alors que nous cherchions une géocache près de l'hôtel de ville, nous avons vu les affiches qui annonçaient: "Expo prolongée jusqu'au 31 mars". J'en ai poussé des piaillements de bonheur. Le temps de nous loguer et nous foncions vers l'entrée de la rue Lobau.



Comme beaucoup d'enfants des années 70, j'ai découvert Sempé grâce à ses illustrations des aventures du Petit Nicolas, le célèbre chenapan imaginé par Goscinny. Plus tard, j'ai savouré ses dessins d'humour caractérisés par un petit côté désuet, un sens de l'observation pointu et une profonde tendresse, y compris pour des personnages en apparence fats et ridicules. Le rire provoqué par Sempé n'est jamais méchant, et l'émotion pointe souvent le bout du nez dans son travail. Admirez la façon dont, avec des traits si épurés et une quasi absence de décor, il exprime une sollicitude infinie:



L'exposition de l'hôtel de ville rassemble plus de 300 originaux, dont beaucoup d'inédits. On y retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de Sempé, des plus connus aux plus obscurs (je ne me souvenais franchement ni de Raoul Taburin le réparateur de vélo qui ne sait pas monter à vélo, ni de Catherine Certitude la petite ballerine myope), mais aussi les couvertures qu'il a réalisées pour le magazine d'art The New Yorker. Les oeuvres sont présentées dans une salle très spacieuse et bien éclairée; c'est un bonheur de déambuler dans les allées en écoutant glousser les autres visiteurs et en songeant avec gourmandise qu'il reste encore plein d'autres dessins à découvrir.



A la sortie, une librairie temporaire permet de compléter (ou de démarrer) sa collection de livres de Sempé, soit avec des grands formats à couverture cartonnée qui coûtent dans les 30 ou 35€, soit avec des rééditions en poche à moins de 6€ pièce. Limitée par la place dans mes bagages et ma bibliothèque, j'ai opté pour la seconde version de "Saint-Tropez" et d'"Ames soeurs" (particulièrement appropriées en ce jour de Saint-Valentin). Chouchou, de son côté, s'est offert le catalogue de l'exposition. Nous sommes ressortis enchantés du long moment passé dans l'univers de cet artiste si délicat.



Exposition "Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"
Hôtel de ville, 75004 PARIS
Ouvert tous les jours de 10h à 19h, sauf dimanche et jours fériés
Entrée gratuite