samedi 31 mars 2012

Alegrìa, c'est pas la joie


Fin 2008, j'avais été enchantée par "Quidam". Alors quand j'ai vu que le Cirque du Soleil revenait à Bruxelles avec un autre spectacle, je n'ai pas hésité et, malgré le prix des places, j'en ai aussitôt acheté deux en me disant que pareille féerie les valait bien.

Malheureusement, "Alegrìa" est très loin d'arriver à la cheville de "Quidam". Ou de "Saltimbanco", selon Soeur Cadette qui a vu les deux et également été très déçue par "Alegrìa". Ici, pas de fil conducteur sinon une chanteuse tout de blanc vêtue dont les vocalises m'ont laissée assez froide. Les décors sont réduits au minimum, les "effets spéciaux", l'infrastructure et la mise en scène idem. Même les costumes m'ont semblé moins recherchés, moins extravagants.

Quant aux numéros, aucun ne m'a vraiment emballée. J'ai vu plus sensationnel dans "Le plus grand cabaret du monde", les quelques fois où j'y ai jeté un oeil pendant un séjour chez mes parents. Bien sûr, les artistes accomplissent des prouesses physiques dont le commun des mortels serait tout à fait incapable, mais je n'ai rien vu là de très original ni de très varié. J'ai même eu l'impression que les trapézistes (ce que je préfère en général, avec la banquine) refaisaient douze fois le même enchaînement. J'étais à deux doigts de me mettre à bâiller.

Au final, la seule chose que j'ai vraiment aimée, c'est le numéro des clowns violet et orange qui m'a étrangement rappelé les pitreries auxquelles je me livre avec Chouchou dans l'intimité. Une piste de reconversion, peut-être? Mais pour 79€ la place (sans compter les frais d'envoi obligatoires et le prix du parking), dans une salle mal foutue où nous étions assis tout en haut et sur le côté de sorte que je devais me tortiller pour bien voir la scène, je trouve que c'est beaucoup trop peu.

Mars 2012



vendredi 30 mars 2012

En tout simplicité


Pour apprécier à sa juste valeur le dernier mail que mon père m'a envoyé, vous devez savoir deux choses:

- Mon père est NUL en langues, ou du moins, dans la seule qu'on a jamais tenté de lui inculquer: l'anglais. Une anecdote célèbre dans la famille raconte comment, en classe de cinquième, sa prof d'anglais avait l'habitude de les interpeler, son voisin de pupitre et lui, quand elle rendait les devoirs: "Truc et Machin: 14. Divisé par deux: 7 chacun!". Plus tard, son boulot l'a forcé à prendre des cours de mise à niveau. Il a failli pousser la prof à la démission en refusant de prononcer un seul mot autre que de français pendant ses cours. Elle lui posait des questions très sérieuses dans la langue de Shakespeare, il lui répondait systématiquement des conneries dans celle de Hugo.

- Mon père collectionne les pièces d'euros avec acharnement. L'an dernier, je suis tombée sur un Postcrosser portugais dont le profil précisait qu'il les collectionnait lui aussi. Aubaine inespérée! Je suis donc devenue l'intermédiaire de mon père pour harceler le malheureux traiter avec le dénommé Nuno. Ce garçon au demeurant adorable ne maîtrise que moyennement l'anglais et ne comprend pas toujours bien ce que je lui raconte, d'où des échanges parfois un peu à côté de la plaque. Cet après-midi, donc, je reçois un mail de mon père à son sujet:

Tout à l'heure, dans mon demi-sommeil, j'ai pensé que, compte tenu de ton don naturel pour les langues (probablement hérité de ton père!), ce serait bien que tu apprennes le portugais pour communiquer avec notre ami Nuno.

Mais bien sûr, pas de problème. Je finis mon châle au point de dentelle et j'avale un dictionnaire dans la foulée!

Illustration empruntée ici.

J'hésite


à acheter cette fameuse robe à motifs chats. Je suis un peu fauchée en ce moment, mais j'attends un gros versement avant la fin du mois. Et j'ai envie de porter plus de robes cette année (objectif secret: bannir le port du jean aux beaux jours).

à prendre des places pour aller voir Leonard Cohen à Gand début août. Ce sera le début de sa nouvelle tournée mondiale (la précédente a duré plusieurs années et s'est achevée seulement début 2011 je crois), mais les places sont chères et y'a école le lendemain.

à emmener Scarlett chez le véto. En plus de nous réveiller toutes les nuits avec ses miaulements depuis 9 mois, voilà qu'elle se met à régulièrement faire ses besoins hors de son bac. Les tranquillisants pour animaux ne lui font pas d'effet. Si une prise de sang révèle un problème sérieux, il faudra que je la fasse piquer, et je culpabiliserai parce que quelque part, je serai soulagée qu'elle ne soit plus là. Dilemme inextricable.

à renvoyer mon Kindle (utilisé environ 7 minutes et demie). Je me dis que je devrais au moins essayer encore un peu de lire dessus. Que je suis vraiment un dinosaure de la technologie.

à créer un blog de lecture séparé de celui-ci. "Le rose et le noir" est un blog fourre-tout sans visibilité. J'ai envie de rédiger des critiques plus développées, dans un espace structuré par genre qui attirera des amateurs de littérature contemporaine sans que mes billets d'humeur les rebutent - et, soyons franche, si la sauce prenait, ça ne me dérangerait pas que les maisons d'édition m'envoient quelques SP par-ci par là. Et d'un autre côté, je ne voudrais pas délaisser "Le rose et le noir" par manque de disponibilité.

à tout envoyer bouler pour devenir pirate. Parce que zut.

Cette semaine, je suis...


triste de la façon dont mon anniversaire (ne) s'est (pas) déroulé
inquiète pour mon père dont les dernières analyses ne sont pas bonnes
émue par les cartes et les petites choses reçues dans ma boîte à lettres
contente d'avoir déjà commandé ma bédé et trouvé mes deux objets pour le swap en cours
ravie par la robe verte à motifs pomme dégotée chez Kusje lundi après-midi
hésitante: je me serais bien offert aussi celle avec les chats et la découpe dans le dos
enchantée par la soupe au radis noir que je voulais tester depuis des mois
pas fâchée de retrouver mes Jolies Petites Menteuses pour un tome 4 1/2
triomphante à Fruit Ninja où je pilonne régulièrement Chouchou
décidée à reprendre un cours de crochet la semaine prochaine si j'ai le temps
déçue de la façon dont ma surprise bleue a tourné
angoissée par l'affaire des droits numériques
un peu excitée quand même par l'idée d'une reconversion potentielle
étonnée d'avoir reçu un exemplaire de "Mimosa" probablement gagné à un concours
soulagée que mon dossier de comptabilité pro soit bien arrivé à destination
larmoyante devant Desperate Housewives quand Karen McClusky condamnée par son cancer demande à Bree de l'aider à mourir
impatiente de voir le spectacle du Cirque du Soleil ce soir
plus que jamais focalisée sur mon attitude

jeudi 29 mars 2012

Où je commence à envisager une reconversion professionnelle



J'adore mon métier - le travail en lui-même, les conditions dans lesquelles je l'exerce, les gens qu'il m'a permis de rencontrer.
Pourtant, les conditions de rémunération des traducteurs littéraires sont en train de prendre un tour que je trouve inquiétant.
Le tarif au feuillet des à-valoir (ce que nous touchons en rendant notre travail et qui nous reste acquis quoi qu'il advienne) n'a pas bougé depuis 8 ans, alors même que les charges professionnelle et le coût de la vie en général ne cessaient d'augmenter de manière passablement vertigineuse.
Il se trouve que, les séries que je traduis se vendant bien, j'ai eu la chance de pouvoir compenser cela par des rentrées de droits d'auteur excédentaires non négligeables. Mais les droits d'auteur en question ne sont jamais garantis à l'avance; et ils tombent avec un an à 18 mois de décalage, de sorte qu'il est impossible de les intégrer dans un budget - flippant pour la fille très organisée que je suis.
De plus, ils sont actuellement menacés par les pourcentages ridicules que les éditeurs (en tout cas, les 4 ou 5 pour lesquels je bosse, mais je pense que ça donne une bonne idée de la tendance générale) ont décidé de nous concéder sur le livre numérique. Des gens mieux informés que moi ont estimé que compte tenu de l'absence de frais d'impression, de stockage et de transport, il serait juste que nous touchions X% des rentrées d'argent générées par nos traductions. Dans le meilleur des cas, on m'offre un dixième de ce chiffre. Donc, si le numérique prend une grande importance dans les années à venir, je peux dire adieu à mes droits d'auteur excédentaires.
Il se peut que je sois inutilement pessimiste et que mes revenus se maintiennent bon an mal an. Je l'espère de tout coeur, parce que comme je le disais en introduction, j'adore ce métier.
Néanmoins, je dois envisager l'éventualité qu'un jour, je ne puisse plus l'exercer dans des conditions que j'estimerai justes et satisfaisantes. Et si ce jour arrivait, je ne voudrais pas me sentir coincée, incapable d'opérer une reconversion parce que je n'aurai pas su m'en donner les moyens à l'avance.
Donc, j'ai décidé de faire le nécessaire pour me ménager une porte de sortie à moyen terme. En espérant ne jamais avoir à l'emprunter, mais comme disent les Anglo-Saxons, "mieux vaut être prudent que désolé". Je vous reparle de mes plans dans un prochain billet.

Illustration empruntée ici

mercredi 28 mars 2012

La soussoupe de radis noir, enfin!


Depuis que j'avais lu "A boire et à manger", je cherchais désespérément du radis noir pour tester une des recettes données par l'auteur. Mes contacts Facebook, au courant de ma quête, me bombardaient de messages: "J'en ai vu au marché de Saint-Gilles", "Il y en a à l'épicerie bio Den Teepot, près de la Bourse"... Mais chaque fois que j'allais voir quelque part, de radis noir je ne trouvais point. Finalement, c'est Chouchou qui en a déniché au Delhaize où nous faisons nos courses toutes les semaines, et où il était bien planqué sous l'appellation "ramenasse".




Surprise à l'épluchage: malgré son apparence musulmane noire, ce radis est français blanc à l'intérieur. Je laisse Chouchou (le coupeur de légumes attitré de notre foyer) le débiter en cubes pendant que je rassemble les autres ingrédients. La recette de Guillaume Long étant assez vague et pleine d'options, je vous livre la version que j'ai exécutée:

Dans un faitout, j'ai fait revenir dans de l'huile d'olive le radis noir coupé en morceaux et à peu près la même quantité de pomme de terre, pendant quelques minutes. Puis j'ai recouvert d'eau (3/4 de litre environ), ajouté un cube de bouillon de légumes et deux tranches de poitrine fumée, plein de poivre, un peu de sel, et j'ai couvert pour laisser cuire à feu moyen (30 minutes à peu près).

Quand j'ai pu passer un couteau à travers les morceaux de légumes sans rencontrer de résistance, j'ai mis le lard de côté et mixé les légumes en rajoutant 10cl de crème légère. Puis j'ai servi en posant les tranches de poitrine sur le dessus. Ma soupe était relativement épaisse; en mettant moins d'eau, je pense que j'aurais obtenu un stoemp au radis noir très convenable. Et surtout, elle était BONNE. Je suis ravie d'avoir ajouté un nouveau plat à mon répertoire hivernal toujours trop maigre à mon goût. Merci Guillaume!

mardi 27 mars 2012

Soudain, un rayon de soleil dans ma boîte à lettres



Le facteur n'est pas passé hez nous hier. Mais ce midi, il a déposé dans ma boîte une enveloppe à bulles expédiée depuis la Suisse. Dedans, il y avait:
- deux compte-rangs qui vont m'être très utiles (j'ai vu ma mère en utiliser pour tricoter; à cause de l'absence de "boule" pour les retenir à l'extrémité arrondie, je n'imaginais pas qu'on puisse aussi les mettre sur un crochet)
- un rouleau de masking tape rouge à pointillés blancs que, miraculeusement, je ne possédais pas déjà (je viens de compter: j'en ai plus de 30 sortes de cette marque dans mon tiroir, et il m'est déjà plusieurs fois arrivé de racheter le même sans faire exprès)
- une adorable carte avec, au dos, un petit mot de Lady Pops.

Je vais la faire rougir, mais tant pis. Il faut savoir que Lady Pops a passé je ne sais combien de temps à traduire pour moi le patron des chaussons "crocodile" auxquels je me suis attaquée alors qu'ils étaient encore bien trop compliqués pour mon niveau, et qu'elle m'a même fait un tutoriel avec plus de 20 photos pour me montrer comment exécuter les écailles. C'est l'une des personnes les plus discrètes et les plus adorables que je connaisse. Aujourd'hui, alors que j'étais encore affreusement triste depuis mon réveil, elle a réussi à m'arracher un sourire ému (et un gloussement amusé, parce que je sais combien pour sa part elle déteste le rouge!). Je souhaite à tout le monde une amie aussi attentionnée.

Du fond du coeur, merci.

Un swap cosmétique, ça vous dirait? Et une rencontre entre swapeuses?


Je vous entends déjà d'ici: "Encore un swap; mais elle est folle?", "Tu as juré de nous ruiner, ou quoi?". Rassurez-vous, ça ne serait pas pour tout de suite. Mais il se trouve que je ne suis plus du tout motivée par les challenges photo, et qu'il est hors de question que je reste sans rien faire au mois de juin :-)

Donc, je me disais que comme j'ai beaucoup de lectrices qui s'intéressent à la cosméto, ça pourrait être sympa d'organiser un petit swap sur ce thème. J'imaginais quelque chose du style: 2-3 produits de beauté ou de maquillage (sélectionnés en fonction des goûts de votre swapée et de votre budget; vernis Mavala, savons parfumés et masques monodose ne vous ruineront pas) et 1 surprise de votre choix (gourmandise, bijou fantaisie, bouquin... tout est accepté).

Par ailleurs, pour changer un peu du système de la boucle, j'envisageais de créer des binômes: A envoie à B, qui envoie à A; C envoie à D, qui envoie à C; etc. Ca serait moins lourd à gérer puisque vous pourriez communiquer entre vous et ça permettrait, pour une fois, d'instaurer un véritable échange à deux. Qu'en pensez-vous? Est-ce que ça vous tenterait? Avez-vous des suggestions?

Par ailleurs, comme nous commençons à être un petit nombre de swapeuses domiciliées à Bruxelles ou dans les environs, je me demandais si ça vous dirait qu'on s'organise une rencontre un de ces quatre. Un goûter un dimanche après-midi après la fin du swap en cours, par exemple. Toutes les filles ayant participé à un swap ou l'autre seraient les bienvenues. Voire, toutes les filles qui lisent le blog même sans jamais avoir participé à un swap - et ça deviendrait alors une rencontre "Le rose et le noir". Dites-moi ce que vous en pensez.

Illustration empruntée ici.

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J'ai passé une grande partie de la journée d'hier à pleurer et je suis partie me coucher triste comme les pierres.

On peut donc dire que c'était un anniversaire joliment raté.

lundi 26 mars 2012

Un premier dimanche de printemps qui frôle la perfection


A cause du passage à l'heure d'été, nous nous levons taaaaard: 10h pour moi, 11h pour Chouchou qui a plein de sommeil à rattraper. Quand il émerge enfin, l'air encore chiffonné, il fait si beau dehors que je m'entends proposer de descendre chez Allemersch pour acheter des couques au beurre. Une bonne occasion pour étrenner les ballerines noires à paillettes achetées à la fin de l'automne. C'est jour de marché; en sortant du Carrefour Market où je me suis ravitaillée en adoucissant Ecover, en bouillon-cubes et en vache à boire parfum fraise, je m'offre une vingtaine de renoncules oranges pour égayer ma table de salle à manger.

Tout en déjeunant, je suis prise d'inspiration et bricole un petit collage à partir d'une photo trouvée dans un magazine anglais hier:



Je n'avais rien fait de semblable depuis très longtemps et je suis contente que le retour du printemps signale aussi celui de ma créativité.

Place ensuite aux choses sérieuses: le ménage hebdomadaire. Cette fois, j'ai trouvé un truc pour nous motiver. Quand nous aurons fini, nous descendrons nous promener au Sablon où se trouve une géocache récente que nous n'avons pas encore faite. Et pourquoi pas un petit goûter chez Wittamer? Vu l'heure, autant oublier l'idée de déjeuner...

Vers 15h30, nous prenons donc le 95 en direction de "la place des chocolatiers", comme j'aime à l'appeler. En raison du nombre de touristes et de la présence de nombreuses boutiques d'antiquités qui attirent une clientèle plutôt bourgeoise, c'est un endroit où je ne viens que lorsque j'ai des visiteurs français désireux de se ravitailler en pralines.

La geocache se trouve un peu plus bas, au pied de la tour Anneessens ("un des vestiges les mieux conservés de la première enceinte de Bruxelles bâtie au XIIIème siècle", selon Wikipédia). Nous la trouvons assez rapidement et remontons à pied par la ravissante petite rue de Rollebeek.

Là, dans la vitrine d'un salon de thé que nous nous promettons de tester un dimanche prochain tant sa terrasse semble agréable, nous apercevons une annonce pour un duplex à louer au 2ème étage de cette bâtisse de charme. 60 mètres carrés avec cheminée fonctionnelle, plancher en bois et cuisine semi-équipée. Disponible tout de suite. Si le loyer n'était pas 300 euros plus cher que notre appart actuel, je déménageais le week-end prochain.



Finalement, j'ai envie de salé. Nous entrons donc chez Made In Salad que nous voulions essayer depuis un petit moment. Chouchou prend un menu quiche + boisson + dessert à 9,90€, et moi une salade que je compose moi-même. Le principe est super, avec des ingrédients variés et très frais, mais je trouve les portions trop grosses et trop chères: du coup, avec seulement 4 ingrédients en plus de ma base, je me retrouve avec un énorme saladier qui contenterait facilement deux personnes. Pour le même prix ou un peu moins cher, j'aurais préféré pouvoir mettre une plus grande variété d'ingrédients en plus petite quantité chacun. Nous mangeons en terrasse, au soleil... mais hélas avec un orchestre de musiciens de rue qui joue très fort juste derrière mon dos. OK, je ne vais pas leur crier dessus, mais de là à leur donner des sous, euh... non.



Pour finir, nous faisons un crochet par la librairie Taschen où je trouve un bouquin absolument génial: "36 hours", qui présente 150 itinéraires touristiques à réaliser aux USA ou au Canada. De quoi plancher sur le road trip américain initialement prévu pour ce printemps et reporté à l'an prochain! En remontant vers l'arrêt du 95, je m'arrête au Pain Quotidien pour acheter une bouteille de leur jus de pomme bio - l'occasion de constater que ce restaurant de la chaîne est installé dans un très beau lieu. Malgré mes préjugés, nous reviendrons très vite au Sablon, c'est sûr!

Et vous, avez-vous bien profité de ce premier dimanche de printemps?

Le Samouraï



Comme je le disais dans mon billet d'hier soir, le Samouraï n'était pas mon premier choix pour mon dîner d'anniversaire, mais Chouchou m'ayant certifié qu'on y mangeait très bien, j'ai préféré ça à la soupe à la grimace!

Le restaurant se trouve à côté de l'entrée de la rue Neuve, dans un coin pas spécialement glamour. On entre dans une salle minuscule et mal aérée, où les tables équipées pour les plats sur pierre chauffante sont toutes serrées les unes contre les autres. Rien de très engageant. D'autant que la nôtre n'est pas prête et que nous devons attendre quelques minutes coincés contre le comptoir. Au-dessus de celui-ci, une affichette "établissement recommandé par le Gault & Millau" me rassure un peu.

On finit par nous demander de monter à l'étage, nettement plus avenant que le rez-de-chaussée. Certes, les pièces sont basses de plafond et pas franchement immenses, mais il y a quand même moyen de discuter sans que les tables voisines partagent la conversation; la déco est bien dans l'esprit nippon, et une demi-douzaine de Japonais sont en train de se bâfrer un menu dégustation. C'est plutôt bon signe.

Très vite, on nous apporte une carte, et j'hallucine. La plupart des entrées sont à 17€ (mais ça grimpe jusqu'à 50). 17€ pour des aubergines grillées, sérieusement?!? A ce prix-là, elles doivent au minimum être assaisonnées à l'or fin. Les plats, très logiquement, coûtent en moyenne 35€, avec une pointe jusqu'à 50 pour le suki-yaki. Quant au menu dégustation, qui a certes l'air fort appétissant, c'est 99€ par personne. Glups.

Cela dit, tout semble délicieux. Après avoir un peu hésité avec du boeuf à l'ail, je commande des magrets de canard caramélisés à la sauce soja tandis que Chouchou opte pour une assiette de sashimi. Il est environ 20h35. Notre thé arrive rapidement. Puis nous attendons.

Et nous attendons.

Et nous attendons.

Il est 21h30 passé quand nos plats arrivent enfin. Je suis muette de faim et d'énervement depuis une demi-heure. Si ce n'était pas Chouchou qui m'invitait, je me serais levée pour partir il y a plus de vingt minutes.




Heureusement, mon canard est tout ce qu'il y a de plus délicieux. Mais servi avec un bol de riz si minuscule que, de peur de ne pas en recevoir un second avant minuit si je le demande à un serveur, j'économise chaque grain pour ne pas me trouver à court avant la fin de mon copieux magret. De son côté, Chouchou se balance sur sa chaise en délirant de bonheur avec ses lamelles de poisson cru.




Je me dis qu'après tout ça, je vais peut-être pouvoir me rattraper sur le dessert. Je sais: ce n'est pas ce pour quoi les Japonais sont les plus doués, mais j'ai bien dégusté un génialissime cheesecake au thé vert au Motchiya deux semaines plus tôt. La carte réduit très vite mes espoirs à néant avec ses variations sur le thème de la pâte de haricots rouges et des fruits exotiques, que je déteste férocement. Chouchou prend une glace vanille avec sa crème de marrons chaude au saké. Je trempe une cuillère dedans... Uuuuuurgh. Pas bon.

Bref, le Samouraï, c'est bien si vous avez des sous et du temps à gaspiller. C'est vrai, la cuisine vaut le détour, mais à ce prix-là et à cette (absence de) vitesse-là, ils ne me reverront pas de sitôt.

Le Samouraï
Rue du Fossé aux Loups 28
1000 Bruxelles

dimanche 25 mars 2012

Premier samedi de printemps: y'a des hauts et y'a des bas...


+: Vendredi soir, Chouchou a déniché un radis noir au rayon fruits & légumes de notre Delhaize. Je vais enfin pouvoir tester la soussoupe de Guillaume Long devant laquelle je salive depuis fin janvier, loué soit le Grand Ordinateur!

-: Pour envoyer ma 2035 à Nantes, en recommandé avec accusé de réception, j'ai dû débourser... 17€. J'avais également un contrat en double exemplaire à renvoyer signé à un éditeur; les deux courriers m'ont coûté le prix d'un resto. Glups, hein.

-: Samedi après-midi, impossible de trouver la géocache "Palais des académies".

+: Par contre, la "ING Park" ne nous a pas donné beaucoup de fil à retordre.

+: Alors que je passais au Kam Yuen me ravitailler en thé au cassis, j'ai trouvé deux nouveaux thés de Quai Sud: pêche/abricot/romarin et menthe/orange sanguine qui, je le sens bien, vont être une tuerie préparés glacés.

+: Tout à fait par hasard, en nous promenant en ville, nous sommes tombés sur Nelly (qui m'avait envoyé un colis à l'occasion du swap "mondes imaginaires") et son copain. Je n'ai pas osé leur demander s'ils avaient le temps de boire un verre. Tant pis, une prochaine fois.

-: Chez Waterstone, j'ai repéré un très beau bouquin qui coûtait 40€. Je me suis dit: "Un peu cher, je le prendrai sur Amazon." Vérification effectuée, Amazon le vend 55€. Qui c'est qui va devoir retourner exprès chez Waterstone la semaine prochaine?

-: Le Tram Experience, que je voulais tester pour mon anniversaire, est complet jusqu'à... fin septembre. Le Nonbe Daigaku était complet samedi soir et fermé lundi soir. Nous nous sommes rabattus sur le Samouraï, un resto japonais que Chouchou connaissait bien. (La suite dans un billet séparé...)

+: Pour l'occasion, j'ai sorti mes Gabriella avec une robe à fleurs et des collants fantaisie. Finalement, même si la couleur n'est pas ce que j'espérais, elles sont super-jolies et très confortables pour des sandales à talon.

iPad & bisous



Chouchou vient de publier une petite bédé. N'hésitez pas à lui laisser des commentaires, ça lui fera plaisir.

La nouvelle du week-end, ce n'est pas mon anniversaire imminent mais l'arrivée dans notre foyer d'un New iPad. Chouchou l'a attendu pendant des mois et il en est déjà raide dingue. Si cet engin savait faire les bisous et préparer le thé au jasmin juste comme il faut, pas sûr que j'aurais encore un job d'amoureuse.

(Au pire, je pourrais toujours me recycler en Fruit Ninja: au dégommage de pastèque lancée, franchement, je déchire. Mais chut.)



vendredi 23 mars 2012

Le retour du printemps, enfin!


Le printemps dont tout le monde réclamait le retour à grands cris est arrivé sur les calendriers comme dans les rues de Bruxelles. Hier, pour la première fois depuis six mois, je suis sortie pieds nus dans mes ballerines, et j'anticipe avec délice le moment où je reverrai mes orteils vernis pointer au bout de mes sandales. Il fait de nouveau jour le matin quand le réveil sonne, et il fait encore jour le soir quand Chouchou rentre à la maison. Travailler devient à la fois un peu plus facile, parce que le moral monte en flèche avec la luminosité, et un peu plus difficile parce que la tentation d'aller se promener au lieu de rester enfermée devant un ordinateur est grande. On remplit frénétiquement les agendas; on achète des places de spectacle et des billets de train ou d'avion; on organise des brunchs avec des amis de passage à Bruxelles ou des restos avec ceux qu'on ira voir en Bretagne au mois de mai; on cherche une date pour caler un aller-retour éclair à Paris afin de visiter l'expo Tim Burton. Malgré une actualité sinistre et l'approche d'élections angoissantes, on se surprend à être optimiste. On a traversé victorieusement un hiver de plus.

jeudi 22 mars 2012

Ma dernière création au crochet (ou: pourquoi les problèmes du Soudan ne sont toujours pas résolus)


Hier, j'ai bouclé ma traduction en cours vers 13h, ma déclaration de revenus professionnels 2011 vers 15h, et je me suis dit: "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire du reste de ma journée?". J'ai brièvement envisagé d'aider George à résoudre les problèmes du Soudan avant d'aller faire dodo, mais je ne voulais pas m'attirer la jalousie de mes copines. Du coup, j'ai pensé à un ouvrage au crochet.

J'avais passé les soirées précédentes à m'acharner sur de ravissants chaussons crocodiles qui, quoi qu'en dise la créatrice du patron, sont difficilement réalisables par une débutante motivée. Même avec l'aide bienveillante de ma gouroute crochet, je galérais sévère. J'avais besoin d'un break. Alors, j 'ai ressorti un modèle de bonnet qui me plaisait pas mal, attrapé dans mon sac à laine deux pelotes du mérinos rose commandé par erreur pour mon écharpe au point de petites noisettes, et je me suis lancée.

J'ai commencé par tâtonner un peu, non pas avec le point mouchet que je pigeais bien (de simples brides liées ensemble), mais avec l'agencement des rangs. Une maille de plus ou de moins d'un tour sur l'autre, et tout était fichu! J'ai défait le début de mon ouvrage deux ou trois fois avant de tomber juste. Ensuite, c'est monté presque tout seul jusqu'aux côtes. J'avais presque fini quand je me suis rendu compte que j'avais trois points décalés sur mon premier rang de côtes. Personne ne s'en serait jamais aperçu, personne. Mais moi, je savais qu'il y avait une erreur, et ça me chiffonnait. J'ai défait et recommencé. A 23h tapantes, je coupais et rentrais mon fil avec un hurlement de triomphe.



Je sais, un bonnet, ça rend toujours mieux porté, mais il n'y avait pas de lumière hier soir pour faire des photos, et ce matin je n'arrivais pas à me prendre correctement seule dans un miroir. Par chance, Albert a gentiment accepté de me servir de mannequin, tout en précisant que ce rose pâle lui faisait un teint affreux et que du noir eût été plus seyant:



Alors je sais, c'est le printemps et je n'aurai sans doute pas d'occasion de porter ce bonnet avant novembre prochain. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Et comme ça a été assez rapide (sept heures environ, dont une à corriger des erreurs que je ne commettrais pas une seconde fois), je suis en train de me demander pour qui je pourrais en crocheter un autre dans une couleur différente...

Ce modèle est extrait du livre "Mon cours de crochet".

Bénabar en concert, ou la méthode Coué appliquée aux grincheux


Mardi soir, nous avions des billets pour le concert de Bénabar à Forest National. Partis de chez nous à 19h pour un spectacle censé débuter à 19h45, nous avons commencé par nous prendre d'énormes embouteillages sur le Ring avant de tourner plus d'une demi-heure pour réussir à nous garer à environ 2 km de la salle. Vous me direz qu'on aurait pu venir en bus, d'autant que le 54 démarre pas loin de chez nous; mais la dernière fois que nous sommes sortis de Forest National après un concert, le dernier bus était passé et il fallait trois quarts d'heure pour avoir un taxi. Bref. Chouchou qui avait décidé que nous prendrions la voiture se répandait en excuses, et moi je restais très zen: "Non mais de toute façon, il doit y avoir une première partie, et les premières parties, la plupart du temps, ça me gonfle. Ce n'est pas grave si on rate celle-là." (Opinion confirmée le lendemain par un post de Sophie.)

Nous avons donc atteint la salle vers 20h20, peu de temps avant l'entracte. Nous n'avions pas dîné; Chouchou s'est acheté un infâme pistolet, mais les odeurs de friture me soulevaient le coeur. En même temps, j'espérais quoi: trouver une salade César à l'entrée d'un concert? Je me suis rabattue sur le seul truc à peu près neutre que j'ai trouvé, une gaufre liégeoise sous plastique. Miam, quel festin. Nous avons attendu la fin de la première partie pour entrer dans la salle et prendre nos places: oh, tiens, premier rang de la tribune haute. J'ai la barre de la rambarde pile au niveau des yeux, qui me cache très exactement toute la moitié avant de la scène. Mais c'est pas grave, je vais passer deux heures assise sur la pointe des fesses le cou étiré vers le ciel comme à la danse classique... ou plutôt avachie avec les pieds calés sur le muret d'en face, tiens.




A 21h, Bénabar entre en scène. Mon Dieu, j'avais oublié à quel point ce garçon chante faux. Et fort, pour le coup, ce qui n'arrange rien. Pendant les deux ou trois premiers morceaux, je rumine ma déception en silence. Et puis il attaque un de ses titres les plus connus et les plus guillerets (impossible de me souvenir lequel), et je me dis que c'est idiot de passer une soirée pas terrible quand je peux décider de m'amuser quand même. Je sais bien que Bénabar n'est pas Pavarotti, et ce n'est d'ailleurs pas pour ses qualités vocales que je l'apprécie. Il se donne à fond dans son pantalon violet rigolo; il bondit dans tous les sens comme un cabri; il a l'air sincèrement heureux de se produire sur scène; il fait des blagues pas toutes drôles mais un bon point pour l'effort; et puis, allez, ses chansons me font marrer et elles sont entraînantes dans l'ensemble.




A partir de là, tout va bien. Plus le concert avance, plus je me laisse gagner par l'enthousiasme de Bénabar. Mes sautillements sont à leur comble quand, pendant le premier rappel, il attaque "Les épices du souk du Caire" qui est sans doute le morceau de lui que je préfère, puis nous gratifie, pendant le second rappel, d'un obligatoire "Bruxelles" accueilli avec liesse par la foule. Dans l'ensemble, ce n'est pas un concert de virtuose de la musique, mais un plutôt un spectacle d'amuseur - et si on le regarde dans cette optique comme j'ai finalement choisi de le faire, on passe un bon moment avec ce personnage sympathique et sans prétention. Tout est, comme toujours, une question d'attitude...

mercredi 21 mars 2012

"Les ignorants"


N'étant pas très fan de noir et blanc à la base, je ne crois pas que j'aurais prêté la moindre attention à ce gros volume si un libraire de chez Brüsel n'y avait pas collé un papillon "Coup de coeur". Et je serais passé à côté d'une très belle découverte. "Les ignorants", c'est le récit d'une expérience de vie et d'une initiation croisée. Etienne Davodeau, l'auteur, propose à son ami Richard Leroy, vigneron, de travailler bénévolement pour lui pendant un an pour s'initier aux mystères du vin et de sa fabrication. De son côté, il s'engage à faire découvrir à Richard son métier de dessinateur et le monde de l'édition.

ED: - Tu cherches donc des fûts neutres?
RL: - Mmh, c'est plus compliqué que ça. La barrique est un très bon outil de vinification. Mais il ne faut pas que son bois marque trop mon vin. Je cherche, disons, une neutralité active et bienveillante, tu vois?
ED: - Très bien. C'est comme le papier qu'on a choisi pour mes derniers bouquins en couleurs. Il est un peu ivoire. Il fausse donc mes teintes. Mais c'est ce que je veux, et je l'anticipe.
RL: - Ha ha, voilà. C'est marrant, ces analogies.

Qu'ont en commun un vigneron et un dessinateur de bande dessinée? A priori, pas grand-chose. A y regarder de plus près, l'essentiel: l'amour de l'artisanat et du travail bien fait. Richard Leroy est passionnant quand il parle de biodynamie, un concept dont j'ignorais tout jusque là. Son idée du vin, si respectueuse de la terre, m'a donné très envie de déboucher une bouteille de Clos des Rouliers. J'ai aimé suivre son travail au gré des saisons, sentir la plénitude qui se dégage de ce labeur très physique, goûter l'humanité et la chaleur du personnage. J'ai aimé aussi les belles rencontres qu'ils font, Etienne Davodeau et lui, avec d'autres vignerons ou d'autres dessinateurs également passionnés par leur métier.

Certes, j'ai un peu regretté l'absence de couleurs qui auraient rendu encore plus vibrantes ces belles images de nature, et aussi le lettrage à la main qui donne un côté brouillon à un récit par ailleurs très maîtrisé. Mais qu'importe. Il y a dans "Les ignorants" quelque chose de lent et de savoureux, une sorte d'harmonie intemporelle entre l'homme, son métier et son environnement. Une oeuvre qui se sirote à petites gorgées, comme un grand cru.

L'Atelier de la Truffe Noire


Ca faisait longtemps que Chouchou et moi avions envie de tester le "petit frère" du restaurant étoilé La Truffe Noire. Profitant d'une offre RestoDays reçue en avant-première, nous avons réussi à réserver pour lundi midi - les soirées étant déjà toutes complètes. Hélas, Chouchou n'a pu se libérer de son travail; c'est donc finalement avec Sophie que je suis allée tester l'endroit.



Première déception: le cadre n'est pas très folichon. Sobre et de bon goût dans le genre moderne, oui, mais vraiment pas intime avec ses tables très rapprochées, ni chaleureux avec son mobilier anguleux marron et orange. C'est aussi bien que je ne sois pas venue un soir avec Chouchou, parce que ça ne me semblait pas l'idéal pour un repas en amoureux.

Pour les RestoDays, la plupart des établissements partenaires proposent une carte spéciale avec un choix assez restreint (2 ou 3 entrées, autant de plats et de desserts). Là, c'est menu unique, donc forcément quelque chose d'assez consensuel. D'abord, une salade gourmande aux aiguillettes de canard. La viande est généreusement dosée, le trait de vinaigre parfumé très bienvenu. Ensuite, un filet de dorade sur lit de salicornes et de beurre truffé. Ni trop léger ni trop lourd, et je suis enchantée de goûter des salicornes pour la première fois. Par contre, moi qui estime avoir le palais assez fin, je ne sens pas du tout la truffe, qui était quand même la raison pour laquelle je souhaitais tester ce restaurant!



En dessert, un carpaccio d'ananas à la coriandre avec une boule de sorbet au citron vert. C'est délicieusement rafraîchissant. Pour les 21 euros que coûte un déjeuner dans le cadre des RestoDays, je trouve que nous avons très, très bien mangé. Mais ce n'était pas tout à fait ce que j'attendais, et l'endroit comme la cuisine manquent un peu de fantaisie à mon goût.

Avenue Louise 300
1050 BRUXELLES

mardi 20 mars 2012

Swap littéraire "Bédé, comics, manga": questions-réponses


A midi, vous étiez déjà 18 inscrits (et oui, car il y a deux garçons dans le lot!). Moi qui craignais qu'un swap bédé n'intéresse pas grand-monde, je suis ravie de m'être trompée. Je peux encore accepter deux personnes si des volontaires se manifestent par mail; en attendant, je propose aux inscrits confirmés de commencer à répondre aux questions ci-dessous:

- Présentez-vous rapidement.
- Quel genre de bédés aimez-vous: aventure, historique, humour, romance, fantasy...?
- Y a-t-il des auteurs dont vous avez tout lu ou presque?
- Citez quelques-unes de vos séries préférées.
- Y a-t-il des genres qui vous rebutent (entre autres choses, la violence ou l'érotisme vous posent-ils problème)? Des auteurs avec lesquels vous n'accrochez définitivement pas?
- De manière générale, quelles sont les choses que vous aimez dans la vie? (Je sais, c'est vaste comme question, mais c'est pour permettre à votre swapé(e) de bien choisir les objets qui accompagneront la bédé à envoyer.)

A partir de demain, ce post sera accessible par un permalien dans la colonne de droite, afin que vous n'ayez pas à fouiller les archives pour le consulter. Et n'oubliez pas: tant que tout le monde n'a pas répondu, je ne peux pas constituer la boucle, et vous ne pouvez pas commencer à chercher des idées :-)

Edit: Les inscriptions sont désormais clôturées.

Swap littéraire "Bédé, comics, manga": ouverture des inscriptions


Le thème du swap littéraire d'avril sera "Bédé, comics, manga". En gros, toute histoire racontée avec des dessins et des bulles. Les recueils de dessins humoristiques peuvent aussi convenir.

Comment ça marche? C'est très simple:

- Inscriptions dès maintenant en m'écrivant à leroseetlenoir@hotmail.com. Clôture le 28 mars au soir, ou dès que le nombre de 20 participant(e)s sera atteint. Les deux fois précédentes, toutes les places sont parties dans la demi-journée, donc si vous êtes intéressé(e), ne tardez pas à vous manifester!

- Dès que je serai en possession de tous les noms et adresses, ainsi que des desiderata éventuels de chacune ("j'ai un budget limité et je préfèrerais ne pas à avoir à envoyer mon paquet à l'étranger", "je connais Machine IRL et trouverais ça plus intéressant d'être associée à quelqu'un d'autre"...), je formerai une boucle selon le principe: A envoie un paquet à B, qui envoie un paquet à C, et ainsi de suite jusqu'à la dernière personne, qui enverra un paquet à A. Je vous communiquerai les coordonnées de votre swapé(e) par mail, et vous devrez tenir son identité secrète jusqu'au moment où il/elle recevra son paquet.

- Je publierai un post accessible par un permalien dans la colonne de droite, et dans les commentaires duquel chacun(e) des participant(e)s devra décrire ses goûts pour fournir des pistes de recherche à son swapeur/sa swapeuse.

- Vous constituerez un paquet qui contiendra 4 objets, ET SEULEMENT 4:
* une bédé que vous souhaitez faire découvrir à votre swapé(e)
* deux objets en rapport avec la bédé en question (si vous vous demandez ce que ça peut signifier, cliquez sur le tag "swap" au bas de ce billet pour accéder aux archives des swaps précédents, qui vous fourniront des tas d'exemples)
* un marque-page acheté ou confectionné par vos blanches mains, peu importe, et si possible également en rapport avec la bédé offerte

- Vous enverrez ce paquet (bien emballé pour éviter toute dégradation...) entre le 1er et le 25 avril 2012 - ceci afin d'avoir une chance raisonnable que tout le monde ait reçu le sien pour le 30.

Si vous avez d'autres questions, j'y répondrai volontiers dans les commentaires. J'attends vos inscriptions de pied ferme!

lundi 19 mars 2012

"The man who rained"


Depuis que son père a été emporté par l'un des cyclones qu'il traquait avec passion, Elsa n'est plus tout à fait elle-même - comme étrangère à sa propre vie. Plaquant son compagnon, son job et son appartement new-yorkais, elle part refaire sa vie dans une petite ville encerclée par les montagnes qu'elle a seulement aperçue depuis un avion des années auparavant.

Une fois installée à Thunderstown, elle découvre très vite que les habitants nourrissent des superstitions étranges en rapport avec la météo - par exemple, ils massacrent tous les chiens aux yeux bleus qui s'aventurent dans leurs rues pour éviter une nouvelle inondation. Alors qu'elle explore les environs, Elsa rencontre Finn, un jeune homme au corps entièrement glabre qui prétend porter une tempête en lui et qui, pour cette raison, vit en ermite parmi des milliers d'oiseaux en papier...

La véritable héroïne du roman d'Ali Shaw, c'est la météo dont chaque phénomènes adopte une forme tangible. Les rayons de soleil s'incarnent en nuées de canaris qui s'évaporent lorsqu'on tente de les capturer; les gouttes de pluie sont des scarabées qui éclatent dans la main; les ruisseaux de montagne donnent naissance à des poneys aux pattes écailleuses qui redeviennent eau en mourant. Par sa façon d'introduire une magie discrète dans le quotidien, "The Man Who Rained" m'a fortement rappelé les romans d'Alice Hoffman - notamment "The Ice Queen" dans lequel la foudre jouait un rôle prépondérant. J'ai aimé son style évocateur, son cadre intemporel et ses personnages tourmentés comme un ciel d'orage.

Il n'existe pour l'instant pas de traduction française de ce roman.

dimanche 18 mars 2012

"En cuisine avec Alain Passard"


Sur la lancée de "A boire et à manger", j'ai eu envie de découvrir l'autre grande bédé culinaire de ce début d'année 2012. Et je dois dire que j'ai nettement moins accroché, même si ma déception s'est atténuée au fil de ma lecture.

Il m'a fallu du temps pour m'habituer au dessin de Christophe Blain qui au départ me semblait un peu brouillon, comme inachevé. Ensuite, s'il est intéressant de découvrir le fonctionnement d'une cuisine de grand restaurant (en l'occurrence, l'Arpège, situé rue de Varenne à Paris), j'avais déjà lu assez de choses sur le sujet.

Par contre, le long passage sur une culture respectueuse des sols et permettant d'obtenir les produits les plus savoureux possible était vraiment passionnant. L'enthousiasme d'Alain Passard pour le légume, l'éloquence quasi lyrique qu'il déploie pour en parler font de lui un personnage hors du commun.

Au final, plus qu'une bédé culinaire, j'ai eu l'impression de lire une ode à la gloire d'un chef triplement étoilé. Ce n'était pas tout à fait ce que j'attendais, mais ce n'était pas dénué d'intérêt non plus. (Funambuline, elle, a carrément adoré.)

samedi 17 mars 2012

"David, les femmes et la mort"


Longtemps, j'ai fui comme la peste tous les livres dont je savais qu'ils parlaient du cancer. Depuis que j'ai réussi à surmonter mes angoisses maladives, curieusement, c'est l'inverse qui semble se produire. Ces ouvrages-là m'attirent presque, comme si je tentais d'apprivoiser l'idée de la fin, de me familiariser d'avance avec le chagrin pour mieux l'accepter le moment venu. L'esprit humain est décidément étrange.

David, la soixantaine passée, est un homme du genre taiseux. Quand il apprend qu'il a un cancer du larynx, il ne l'annonce pas tout de suite aux femmes qui l'entourent: sa deuxième épouse Laura, sa cadette de presque 20 ans; Myriam, la fille adulte issue de son premier mariage et qui vient juste de devenir mère à son tour; et Tamar, 9 ans, qu'il a eue avec Laura. C'est muré dans son silence qu'il affronte la chimio, l'épuisement, les vomissements et la nouvelle qui tombe comme un couperet: il ne lui reste que six mois à vivre. Il ne trouvera la force de dire à Laura combien il l'aime que par écrit, lorsqu'une opération l'aura privé de sa voix. Et c'est également par écrit qu'il demandera à Georg, son médecin et ami, de mettre fin à ses souffrances bien que l'euthanasie soit illégale dans leur pays.

Sans les critiques dithyrambiques lues ça et là, je n'aurais probablement jamais ouvert "David, les femmes et la mort" tant le dessin de Judith Vanistandael me rebute au premier abord. J'ai décidé de passer outre dans l'espoir que l'histoire, à tout le moins, en vaudrait la peine. Résultat: hier après-midi, j'essayais désespérément de cacher mes joues baignées de larmes au beau milieu de Filigranes, tandis qu'à la table derrière moi le propriétaire de la librairie et l'attachée de presse d'un quelconque évènement culturel discutaient stratégie publicitaire.

Ce n'est pas seulement le thème de ce roman graphique ni son issue qui m'ont bouleversée: c'est l'immense pudeur et la subtilité avec lesquelles l'auteur déroule des scènes puissamment émouvantes. Elle n'est pas dans le pathos; elle ne cherche pas à tirer des larmes faciles à ses lecteurs. Elle essaie juste de rester au plus près de la vie dans tout ce qu'elle peut avoir de douloureux, de révoltant mais aussi de drôle et de poétique, parfois. Et sa fin est absolument parfaite. Une double page avec juste cette eau sur laquelle David aimait tant naviguer. Une autre avec un portrait de lui, souriant, avant que la maladie commence à le diminuer. Non, ce n'est pas une oeuvre gaie. Mais elle est belle, et elle est vraie.

Pour les masos dans mon genre, Judith Vanistandael dédicace son album aujourd'hui chez Filigranes à partir de 15h.

vendredi 16 mars 2012

6 raisons de râler cette semaine


- J'ai reçu mes Gabriella. La couleur n'est pas du tout comme sur la photo (bleu marine très foncé plutôt que bleu roi) et ne me plaît pas vraiment, mais étant donné les frais de port et le fait qu'elles me vont malgré tout très bien, hors de question de les renvoyer. Le lendemain, je les ai vues chez Look 50's, 15€ moins cher que ce qu'elles m'ont coûté sur internet. Et voilà: on reste 5 mois sans acheter de chaussures, et on perd complètement la main. Que cela vous serve de leçon à toutes.

- J'ai la crève. Un rhume de rien du tout, mais qui me fait éternuer comme une perdue depuis que j'ai eu l'impudence de mettre le nez dehors en robe mercredi après-midi. Retour du printemps ou pas, le dehors est clairement mon ennemi. Si vous voyiez comme mon nez dégouline, vous auriez pitié de moi. Je suis en train de boucler (à la main, parce que je suis un dinosaure) ma compta professionnelle de 2011. Pour le mois de septembre, le montant de mes charges sociales personnelles est d'une tache de morve virgule trente-sept centimes.

- J'ai testé mon Kindle. Au bout de dix minutes, j'avais envie de le jeter par terre et de le piétiner violemment. Je déteste vraiment ça. La tenue en main, les matériaux, le fait de ne pas pouvoir feuilleter. Je me doutais que le rapport organique au livre papier me manquerait, mais là, c'est carrément du dégoût que m'inspire cette horreur. Je vais insister un chouïa, mais je le renverrai probablement à Amazon d'ici la fin du mois. Ca m'apprendra à écouter les gens plutôt que mon instinct. Non, ce que les autres trouvent super ne le sera pas forcément pour moi.

- Le méchant travail de Chouchou ne veut pas lui accorder, lundi prochain, la pause déjeuner prolongée qui lui permettrait de venir déjeuner avec moi à l'Atelier de la Truffe Noire dans le cadre des Resto Days. Depuis le temps qu'on rêve d'y aller... J'étais si contente quand Chouchou a réussi à décrocher une réservation de haute lutte, même si ça n'était pas le soir ni le jour de mon anniversaire! Certes, plusieurs copines se sont proposées pour remplacer Chouchou, mais bisouwise (= "niveau bisous", en jeanclaudevandammien), ça ne sera pas tout à fait pareil.

- Hier soir, c'était l'inauguration du Salon du Livre de Paris, et malgré ma colère contre les organisateurs suite à l'affaire des auteurs "gangs de malfrats", j'étais triste de ne pas y assister pour boire du champ' à l'oeil, raconter des bêtises avec les potes et rencontrer enfin certaines des personnes avec qui je bosse mais que je n'ai jamais vues IRL. Mais bon, je rentrais juste d'une absence de presque deux semaines, et les mois à venir vont être riches en déplacements ainsi qu'en frais de toute sorte. Ca n'aurait pas été raisonnable.

- Le bouquin commandé le 24 février sur Price Minister n'est toujours pas arrivé. Le vendeur fait le mort, et le site ne me laisse pas déposer de réclamation avant le 23 mars. Sur Amazon Marketplace, le délai d'envoi par le vendeur tiers est de 48h, et en tant que cliente, je l'ai rarement vu dépassé de plus de deux ou trois jours. Il va sans dire qu'après mes démêlés avec le service client, quelle que soit la façon dont se solde cette histoire, c'est la première et la dernière fois que j'aurai commandé sur Price Minister.

...Et croyez-le ou non, malgré tout ça, je suis d'une humeur charmante.

jeudi 15 mars 2012

Une fille n'a jamais trop de chaussures rouges



1. Escarpins en daim Charles Kammer
(Ravissants avec leur fermeture éclair sur le talon, mais atrocement fragiles)
2. Babies vernies Sacha
(Enormément portées et déjà emmenés deux fois chez le cordonnier
pour de menues répérations)
3. Ballerines en feutrine ras
(Enormément portées aussi, à moitié mangées par les mites,
mais si mignonnes et confortables que je ne parviens pas à les jeter)
4. Escarpins TUK pour Sacha
(On notera le talon flingué par les pavés bruxellois)
5. Sandales Shelly's
(Un bon basique de l'été dernier)
6. Bottines Hush Puppies
(Un rien rétro et très confortables comme toutes les chaussures de cette marque)
7. Compensées en toile Skechers
(Encore un basique estival)
8. Bottines Annabel Winship pour André
(La qualité du cuir n'est pas top...)
9. Sandales Annabel Winship
(Récupérées si tard l'été dernier que je n'ai pas encore pu les porter)
10. Baskets Converse
(Quasi jamais portées parce que les baskets et moi, à part en voyage...)
11. Babies triple bride Hush Puppies
(Des chaussures de Betty Boop)
12. Escarpins à plateau La Redoute
(Je sais: ils tirent plutôt sur le corail)

Globalement, le corsaire n'est pas un garçon très dégourdi


Dimanche dernier, je suis allée avec Soeur Cadette et son amie Charlotte au Gaumont de Labège pour voir une retransmission en direct du ballet classique "Le corsaire" dansé par le Bolchoï. Sur le ticket imprimé à l'avance, il y avait marqué "durée du spectacle: 4h10". Nous avions décidé à l'unanimité que c'était sûrement une erreur: même en tenant compte des entractes, aucun corps de ballet ne saurait tenir sur scène aussi longtemps sans défunter de fatigue. Nous ignorions alors que 1/la troupe du Bolchoï compte plus de 200 danseurs (donc a les moyens de les faire tourner jusqu'à ce que le public craque le premier) 2/au fil des ans, des tas de gens sont venus rajouter un pas de deux par-ci, un tableau de groupe par-là à la chorégraphie originale de Marius Petipa. Tout de même, nous disions-nous, une histoire si longue à raconter devait être bougrement compliquée.

...En fait, pas tant que ça.


Acte I, tableau 1: La place du marché d'Andrinople. Le pacha vient acheter des esclaves au marchand Lankedem. Apercevant Médora, qui n'est ni la femme ni la fille de Médor mais la pupille de Lankedem, il exige que celui-ci la lui offre en cadeau Bonux sous peine d'être promptement décapité. Lankedem décide que sans tête, son turban lui irait beaucoup moins bien, et il s'apprête à remettre Médora au pacha. Surgit alors le corsaire Conrad, lui aussi amoureux de Médora - bien qu'il porte une jupe par-dessus son pantalon, ce qui ne laisse rien présager de bon concernant son hétérosexualité. Il se dépêche de l'enlever, et le lot d'esclaves avec, car les temps sont durs et il faut bien vivre ma pov'Lucette. Le pacha est colère.

Acte I, tableau 2: Le repaire des pirates - une grotte coquettement aménagée qui ne déparerait pas dans les pages de Marie-Claire Maison. A peine arrivée, Médora commence à chouiner pour que Conrad libère les autres esclaves. Ce qu'il fait, au grand mécontentement de ses compagnons. Ces derniers n'ont aucune intention de laisser la nouvelle taulière régenter leur existence: non mais vous vous rendez compte, une bonne femme qui dicte sa loi! Pourquoi pas lui filer le droit de vote et un salaire égal à boulot égal, pendant qu'on y est? Du coup, ils vaporisent une rose (dont on se demande bien comment elle a réussi à pousser sur leur caillou en plein mer, mais passons) avec un puissant narcotique. De leur côté, Conrad et Médora "s'adonnent à leur amour", selon le livret. Mais ils ont dû sécher les cours de sciences nat', parce qu'ils le font tout habillés en tricotant des guibolles. A ce train-là, je ne leur prédis pas une descendance nombreuse. Ils sont encore en train de chercher le mode d'emploi quand quelqu'un leur apporte la rose chloroformée. Ils la respirent tous les deux, s'endorment instantanément, et les pirates rebelles enlèvent Médora pour aller la remettre au pacha. Bon débarras!

Acte II, tableau 3: Le sérail du pacha. L'ancienne favorite et la nouvelle, Gulnare, se disputent car elles veulent toutes les deux s'adonner avec leur maître, et visiblement une partie à trois est hors de question. De toute manière, elles ne l'auront ni l'une ni l'autre, car FedEx vient juste de livrer Médora en 24h Chrono. Et là, pendant une demi-heure, pour une raison que je ne m'explique pas bien, des gonzesses en blanc dansent avec des cerceaux de fleurs. C'est d'un ennui mortel, d'ailleurs je m'endors dans mon siège. Quand je me réveille, Conrad vient de débarquer avec ses fidèles pour récupérer Médora. Ils sont déguisés en Jawas, s'y prennent comme des manches et se font capturer par la garde.

Acte III, tableau 4: La terrasse du sérail, avec la mer en toile de fond. Le pacha propose à Médora de libérer Conrad si elle consent à l'épouser. Mais Médora n'est pas Anna Nicole Smith: au vieux riche, elle persiste à préférer son jeune bellâtre. Gulnare imagine alors un subterfuge. Voilée, elle prend la place de Médora pendant la cérémonie pour que les deux femmes puissent s'adonner chacune avec l'élu de son coeur (ou de son portefeuille, c'est selon). Pendant ce temps, Médora s'enfuit avec Conrad. Tout est bien qui finit bien.

Acte III, tableau 5: ...Ou pas. Sur le pont du bateau des pirates, Conrad et Médora dansent un timide slow pour célébrer leurs retrouvailles. Il faut dire qu'il n'y a pas gras de place entre le mât et les cordages, et que c'est un peu juste pour un manège de grands jetés. Les deux tourtereaux n'ont pas encore réussi à s'adonner, ni même à échanger le moindre bisou, quand une tempête éclate et coule le navire. Merci, bonsoir.

Epilogue: ...Ah ben non, Conrad et Médora ont survécu au naufrage et se sont échoués sur une île, le cheveu pendouillant mais la jupette et le tutu miraculeusement secs. Pour la suite de leurs aventures, ce sera sur TF1 dans "Koh-Lanta: la vengeance du corsaire".

mercredi 14 mars 2012

Complices en farfeluitude



"En amour, il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'emmerde", disait Gainsbourg. C'est marrant, parce que dans ma première relation sérieuse (Le Breton, 1993-1997), on souffrait tous les deux: trop jeunes, trop intransigeants, incapables de faire les compromis nécessaires sur les valeurs assez radicalement opposées qui étaient les nôtres. Dans la seconde, par contre, (L'Homme, 1999-2006), je souffrais et je m'emmerdais en même temps tandis que lui, euh, s'en foutait vu que son coeur appartenait à l'aïkido et à la seule femme qu'il ne pourrait jamais avoir.

Puis Chouchou est arrivé.

Difficile de dire pourquoi je suis tombée amoureuse de lui. Le début d'une histoire, c'est quand même beaucoup une question d'hormones et de peaux. Difficile aussi de dire pourquoi je l'aime. Oh, je peux vous réciter la liste de ses qualités; mais il n'est pas le seul homme gentil, drôle et cultivé sur cette Terre, et la plupart des autres ne m'ont fait ou ne me font ni chaud ni froid. Par contre, je peux vous dire pourquoi notre relation fonctionne.

Elle fonctionne parce qu'on en a tous les deux fait notre priorité. Quand on a des décisions individuelles à prendre, on se demande d'abord de quelle façon notre choix va affecter notre vie privée. Et quand l'un a besoin de l'autre, l'autre est prêt à tout lâcher pour accourir. Dans les épreuves, il est mon meilleur soutien, et j'espère être le sien. Quand on a eu un gros problème de couple l'an dernier, au lieu de lâcher l'affaire, on a foncé chez une thérapeute. C'était un processus pénible, qui nous a souvent fait grincer des dents et mis dans tous nos états. Mais ça en valait la peine. On ne renonce pas à une relation qui rend heureux 99% du temps à cause du 1% où ça achoppe.

Elle fonctionne parce qu'on communique beaucoup, qu'on se dit les choses telles qu'on les ressent. Jusqu'ici, j'avais toujours eu des partenaires taiseux, qui ne voulaient ou ne pouvaient pas exprimer leurs sentiments. Comme je ne suis ni devin ni télépathe, ça rendait parfois le quotidien difficile à négocier. Là, on se parle. On se parle avec bienveillance, en faisant attention à ne pas se blesser mutuellement, et en cas de désaccord, on cherche une solution acceptable pour nous deux.

Elle fonctionne aussi, évidemment, parce qu'on a des affinités: les mêmes idées politiques et la même conception de la société, le même désir de travailler sur soi pour devenir la meilleure personne possible. Après, le fait qu'il aime le cinéma et moi la lecture, que sa créativité s'exprime par le dessin ou la photo et la mienne par l'écriture ou les loisirs créatifs, ce sont des différences saines qui nous permettent de ne pas nous marcher sur les pieds, de ne pas être en concurrence l'un avec l'autre au sein de notre couple.

Elle fonctionne parce qu'on forme une bonne équipe. Nos compétences sont complémentaires. Il a une excellente vision d'ensemble, je suis une maniaque du détail. J'ai cinquante idées à la minute, mais c'est grâce à son endurance que nous les menons au bout. Et puis chacun assume sa part des corvées communes, ce qui nous évite de nous disputer pour des trucs bêtes et néanmoins essentiels tels que le ménage.

Mais la raison principale pour laquelle notre relation fonctionne, la raison principale pour laquelle je suis plus heureuse avec lui que je ne l'avais jamais été avec personne, c'est qu'on est aussi débiles l'un que l'autre: joueurs, gamins, toujours partants pour faire une connerie. On se parle dans une variante du langage bébé mais deux tons plus aigus, deux crans plus fort et avec un enthousiasme forcené de psychopathes (c'est difficile à expliquer). On aime les nouvelles aventures, et plus c'est farfelu plus ça nous fait marrer. On n'hésite pas à se couvrir de ridicule pour prendre une photo sympa. On est des gens responsables qui ne se prennent pas au sérieux. Peut-être parce qu'on n'a pas d'enfants et pas d'exemple à donner, on se permet toutes les âneries qui nous passent par la tête. On se fait rire mutuellement - avec un humour assez pourri, parfois, il faut bien l'avouer. Pas grave: c'est notre humour pourri. Les Anglophones ont une expression pour ça: "partners in silliness". C'est, je trouve, un bon résumé de notre couple.