vendredi 29 juin 2012

Swap beauté: les paquets reçus (1)


A la base, je comptais faire des compte-rendus doubles, avec les deux paquets d'un même binôme. Mais je me rends compte qu'avec les décalages d'envoi, ça reviendrait à tous les publier en même temps ou presque. Donc, tant pis, vous découvrirez les paquets un par un au fur et à mesure que leurs destinataires m'enverront leur compte-rendu. 

- Tout d'abord, vous pouvez voir ici le paquet qu'Isa a reçu de Cécile de Brest.

- Ensuite, voici celui que Céline M. a reçu d'Emmanuelle:




Après quelques péripéties et une journée qui commençait bien mal, je viens de recevoir le colis d'Emmanuelle, qui a juste déchiré. J'y ai trouvé un crayon eyeliner waterproof d'un sublime vert pomme, un vernis crack noir (j'en cherchais et j'avais eu quelques difficultés à en trouver, Emmanuelle était bien renseignée !), et une palette de fards à paupières qui  malheureusement n'a pas super bien supporté le voyage... :s Mais je vais tenter de réparer ça, il y a quelques méthodes très simples sur YouTube, ça vaut le coup d'essayer ! Surtout que les couleurs ont l'air très chouettes, ça m'embêterait de ne pas pouvoir m'en servir... 

Au rayon des surprises, j'ai découvert une très jolie pochette cousue main accordée aux couleurs des fards et du crayon, un flacon de parfum ancien que je vais devoir surveiller car mon amoureux était déjà prêt à me le piquer pour un jeu de rôles grandeur nature ("oh, ça ferait une super fiole à potion magique !"). Et le livre "Fatherland" de Robert Harris, qu'Emmanuelle avait mentionné dans un mail quand je lui ai dit aimer les uchronies. Bref, un colis très réfléchi et attentif, merci encore à Emmanuelle, et à toi pour l'organisation ! 

Bises et bonne journée,
Céline

A demain pour le compte-rendu du colis que j'ai reçu aujourd'hui - je vous préviens, c'est du lourd!

Le rire de Catherine


Le thème du stage de visualisation que j'ai fait le week-end dernier était la généalogie, ou plus exactement: comme se libérer des comportements répétitifs (alcoolisme, maltraitance, échec professionnel...) que l'on retrouve d'une génération sur l'autre. Les deux premières journées et demie ont été consacrées à des exercices censés nous mener jusque là, et dont j'ai bien bénéficié. Le dimanche après-midi, en revanche, j'ai passé mon temps à expliquer que je ne voyais rien parce que je ne me sentais pas concernée. Oh, ma famille n'est pas exempte de drames ni de secrets, mais ce sont des occurrences isolées. Je ne discernais aucun motif qui revienne régulièrement, pas même un prénom que l'on refilerait aux nouveaux-nés en hommage à un quelconque ancêtre. 

Et puis hier matin, pendant que mon père est à l'hôpital pour sa séance de chimio bimensuelle, ma mère m'annonce qu'elle doit me parler, qu'elle a eu une révélation depuis ma dernière visite, en mars, et qu'elle pense que ça pourrait m'aider aussi. Je sens venir les confidences embarrassantes, et instinctivement je me raidis. Or donc, mon arrière-grand-mère maternelle, orpheline très tôt, aurait été recueillie par un oncle qui abusait d'elle. Pour se sauver, elle a épousé le premier venu, et eu bien malgré elle quatorze ou quinze enfants dont une seule est arrivée à l'âge adulte: ma grand-mère. Laquelle aurait également cherché à fuir sa famille plus qu'à s'unir par amour quand elle a dit "oui" à mon grand-père. Tous deux n'étaient pas vraiment faits pour avoir des enfants, et si ma mère, son frère et sa soeur n'ont matériellement manqué de rien, ils ont toujours eu de grosses carences affectives. Du coup, quand mon père a dragué ma mère, devinez quoi? "J'ai fini par l'aimer après, c'est pas la question, hein..." 

J'ai toujours pensé que mes grands-parents vivaient une sublime histoire d'amour, et que ma mère était folle de mon père depuis le début. Deux mythes qui volent en éclats à mon corps défendant. Soit. Légèrement perplexe, je demande: "Mais, euh, pourquoi tu me racontes ça?" "Parce que j'ai vu l'autre jour une émission de Sophie Davant sur les motifs qui se répètent d'une génération à l'autre, l'influence des ancêtres sur notre destinée à chacun. Ca m'a fait réfléchir, j'ai réalisé tout ce dont je viens de te parler et je me suis sentie beaucoup mieux après, donc je pensais que ça te serait utile aussi."

Je ne suis plus perplexe, je suis stupéfaite et vexée. J'ai vécu en célibataire une grande partie de ma vie d'adulte. Je n'ai jamais adhéré au mythe du prince charmant, jamais compté sur un homme pour me sauver de quoi que ce soit. J'ai toujours été matériellement indépendante, toujours très bien supporté la solitude et préféré celle-ci à la compagnie de quelqu'un que je n'aimais pas à la folie. Du point de vue du caractère et des réactions, je suis le parfait opposé de ma mère. Qui, à 64 ans, continue à clamer que les carences affectives de son enfance sont responsables de tout: ses tendances boulimiques, son incapacité à tenir tête à mon père et à prendre la moindre décision par elle-même... Elle a manqué d'amour petite, donc il est normal et justifiable qu'elle soit devenue une adulte passive et dépendante. 

Je me rappelle la conversation que j'ai eue avec Catherine à ce sujet - le fait que, quelques jours plus tôt, j'ai symboliquement coupé le cordon de l'agacement que ma mère m'a toujours inspiré en raison de ces traits de caractère. Que j'ai accepté que nous étions deux personnes distinctes et qu'elle avait parfaitement le droit de se complaire dans sa faiblesse. Aussi, c'est sans m'énerver que je lui réponds que je ne me sens pas concernée par l'histoire des femmes de la famille. Que les temps ont changé, qu'on peut désormais envisager d'être autre chose qu'une épouse et une mère. Qu'on a tous nos démons et nos traumatismes d'enfance mais que j'ai choisi, moi, de combattre les miens et de les terrasser au lieu de les laisser conditionner ma vie et me vouer au malheur. Ma mère semble penser que ça n'est pas possible, qu'il existe une sorte de déterministe affectif auquel on ne peut pas échapper. Essayer de la convaincre serait une perte de temps et d'énergie. Je laisse filer. 

"Quand même, je me sens mieux de t'avoir parlé." "Super, parce que moi pas."

Quelque part à Barcelone, Catherine rigole. 

jeudi 28 juin 2012

Concours-flash bédé culinaire


Vous vous souvenez peut-être de ma chronique du manga culinaire "Petit forêt". Il se trouve que récemment, j'ai commandé le tome 2 sur Amazon Marketplace, et que le vendeur s'est trompé: il m'a renvoyé le tome 1. Mis au courant de son erreur, il s'est engagé à m'expédier le tome 2 le plus vite possible, et m'a dit que je pouvais garder le 1. 

Etant donné que je n'ai pas l'utilité d'un manga en deux exemplaires, je vous propose de gagner ce "double" selon les modalités habituelles de mes concours-flash. Ce soir, sur la page Facebook du blog (et pas ici, donc), je ferai une annonce entre 20h et minuit. Le premier commentaire posté à la suite remportera le tome 1 de "Petit forêt" qui, au risque de me répéter, est vraiment une chouette bédé pour qui aime le Japon, la cuisine et/ou la nature. A ce soir? 

Nouveaut(h)é: Thé vert aux deux pamplemousses de Nature & Découvertes




C'est un thé vert de Ceylan, agrémenté d'huile essentielle de pamplemousse rose et blanc, qui présente un aspect plus sombre que le thé vert japonais: au premier regard, on pourrait presque le prendre pour un thé noir. Certifié agriculture biologique, il est vendu dans les magasins Nature & Découvertes dans une boîte en métal chocolat qui en contient 125g, pour 13,95€. Je l'ai acheté pour Monpatelin où, comme je ne suis pas souvent, je n'avais pas envie d'emporter du Yu Zhi Hua Cha qui risquerait de se dessécher avant d'être fini. Alors bien entendu, l'huile essentielle n'a pas la finesse du façonnage aux fleurs de pamplemousse; son goût est beaucoup plus brut et plus présent. Mais en thé d'appoint, il convient pas mal, et son couvercle intérieur en plastique me semble assez "étanche" pour une bonne conservation. 

mercredi 27 juin 2012

"Green manor"


Deux lords anglais complotent afin de réaliser le meurtre parfait sur la personne d'Arthur Conan Doyle. Deux autres tentent de s'entre-tuer pour déterminer lequel est le chasseur le plus émérite.  Un homme paralytique et muet ourdit une terrible vengeance contre sa femme infidèle. Un inspecteur qui s'apprête à prendre sa retraite sur un échec explique pourquoi il sera impossible d'arrêter le tueur en série John Smith. Tous ont un point commun: ils sont membres du Green Manor, un club pour gentlemen londoniens dont les murs gardent farouchement les secrets... 

En tout, ce sont seize "historiettes criminelles" que rassemble ce bel ouvrage à la présentation soignée et à la couverture grainée comme celle d'un vieux livre poussiéreux. Si toutes ne sont pas d'un niveau égal, la moitié au moins est bonne voire excellente. En littérature comme en bédé, je ne suis d'habitude pas très fan des formats courts qui ne permettent guère de développer les personnages. Mais ici, c'est le scénario qui prime, et il faut bien avouer qu'en 6 à 8 pages, Fabien Vehlmann parvient à trousser des récits plutôt percutants. Je suis moins fan des dessins de Denis Bodart, qui me rappellent un style en vogue à la fin des années 80 ou au début des années 90. Néanmoins, ce "Green Manor" fera un cadeau tout trouvé pour un amateur de policier. 

Le "jamais deux sans trois" du mardi soir




Comme je ne serai pas à Bruxelles les deux prochaines semaines, j'avais envie de me faire un bon petit dîner au resto avec Chouchou hier soir. Le Slurp, resto végétarien un moment envisagé, a des critiques plutôt mélangées sur Cityplug: certains clients lui reprochent une carte limitée, une addition un peu salée et un service négligent. Je demande à Chouchou s'il a une autre idée; il suggère le Tom Yam, fournisseur du meilleur pad thaï de Bruxelles et de surcroît détenteur d'une très belle cour où manger quand il fait beau. Nous appelons pour réserver.

"Le restaurant est fermé pour congés annuels du 24 juin au 15 juillet." Fail.

Nous décidons de nous rabattre sur le IIème Elément, dont nous aimons bien la carte et qui présente l'avantage d'être à 10 minutes de marche de chez nous. Surtout, il a une cour intérieure moins spectaculaire que celle du Tom Yam mais néanmoins assez sympathique. Au téléphone, nous demandons qu'on nous garde une table là. "On a déjà pas mal de réservations, réplique la serveuse. Au pire, on vous mettra sur la terrasse de devant." J'insiste: c'est la cour intérieure ou rien. "Venez, mais je ne peux pas vous promettre qu'il restera de la place." 

Nous arrivons avec dix minutes d'avance, histoire de griller les gens qui auraient réservé à la même heure que nous. En pénétrant sur le parvis Saint-Boniface, nous pouvons voir que bien qu'il soit à peine 19h20, toutes les terrasses de tous les restaurants sont déjà prises d'assaut. C'est que le soleil ne nous a pas souvent gratifiés de sa présence ces derniers mois, alors même si c'est mardi, les gens en profitent! L'ambiance est très sympa, et je me dis que finalement, la terrasse du IIème Elément, ça aurait peut-être été pas mal. Pas grave, la cour intérieure est super sympa aussi...

...Ou elle l'était avant que les propriétaires ne décident de la couvrir pour pouvoir aussi l'utiliser en hiver. Du coup, une moche toiture en verre et en métal remplace la chouette vue sur les arbres, et les murs jadis couverts de pimpants motifs verts et rouges sont désormais peints en rose vomi. C'est juste hideux. On ne peut même pas respirer l'air du dehors. Mais après tout le foin que j'ai fait pour manger là, je n'ose pas demander qu'on nous change de place. Double fail. 

Consolons-nous avec un bon petit plat. Ce dont j'ai vraiment envie, c'est d'un pad thaï ou d'un boeuf à l'ail et au caramel. Mais j'ai décidé de mettre la pédale douce sur les féculents, alors ce serait bien d'oublier un peu les pâtes et le riz. Un poulet au curry jaune et au lait de coco devrait mieux remplir mon nouveau cahier des charmes alimentaires. 

Sauf qu'il est accompagné de pommes de terre ET de riz. Triple fail. 

La morale de cette histoire, c'est que j'aurais mieux fait de rester à la maison et de préparer ma salade asiatique avec ce pamplemousse rose et ces radis ronds que Chouchou va immanquablement laisser moisir dans le bac à légumes pendant mon absence. 

mardi 26 juin 2012

Swap littéraire "Voyage, voyage": les questions


Les inscriptions restent ouvertes pour le moment (jusqu'à jeudi soir, ou jusqu'à ce que nous soyons 20). Ce n'est pas la ruée comme les fois précédentes, sans doute à cause des vacances qui approchent, mais nous sommes déjà une douzaine dont une moitié de nouvelles, donc pas d'inquiétude: il y aura quand même moyen de faire une boucle très sympa! Pour les participantes confirmées, merci de répondre dès que possible aux questions ci-dessous dans les commentaires:

- Qui êtes-vous? Présentez-vous en quelques lignes (oui, même les habituées!). Si vous avez un blog, n'hésitez pas à en donner l'adresse, ça permettra à votre swapeuse de mieux vous cerner. 

- Quelles régions du monde et quelles cultures vous attirent plus particulièrement? A contrario, y en a-t-il certaines qui ne vous intéressent pas du tout? 

- De manière plus générale, quels sont vos goûts en matière de littérature? Aimez-vous plutôt la fiction ou les récits autobiographiques, le tout texte ou l'illustré? Sur le thème du voyage et des pays lointains, quelles sont vos oeuvres préférées?

- Lisez-vous d'autres langues que le français, notamment l'anglais?

(Dès demain, ce billet sera accessible par un permalien dans la colonne de droite, pour référence future.) 

"Les enfants de l'envie"


Laon, petite ville de Picardie, en 1999. Basile Sinniger, employé à la mairie et peintre raté à ses heures perdues, vit encore chez sa mère et cherche l'amour par l'intermédiaire d'une agence matrimoniale. Depuis son enfance, il est obsédé par les USA. Toutes ses toiles représentent New York, la ville dont venait le père GI qu'il n'a jamais connu. Mais un jour, le maire a l'idée d'organiser une réunion pour les 30 ans de la fermeture de la base  militaire américaine, et il invite les vétérans à revenir à Laon... 

De prime abord, ce n'est pas le scénario de cette bédé qui m'a attiré, mais son graphisme: un trait à l'encre de Chine dont la délicatesse parfois un peu tremblée m'a irrésistiblement rappelé Sempé et dont les blancs - les absences - sont parfois plus parlants que le reste. Gabrielle Piquet travaille sans cases et presque sans dialogues, en faisant de chacune de ses pages un chef-d'oeuvre de composition. L'arrangement même des éléments narratifs raconte une histoire à lui seul. Moi qui d'habitude lis les bédés très vite, j'ai passé un temps fou sur "Les enfants de l'envie", à savourer chaque merveilleux détail du dessin dont la simplicité apparente révèle, en réalité, une très grande maîtrise chez une auteure qui publiait là seulement son deuxième album (le troisième, "Arnold et Rose", vient juste de paraître chez Casterman).







Et puis finalement, je me suis laissée très vite happer par le scénario dont la finesse pudique fait écho à la délicatesse du graphisme. J'ai eu envie de donner un coup de pied aux fesses de Basile pour qu'il sorte de ce trou et fasse enfin quelque chose de sa vie. Mon coeur a saigné pour son ami Rémi cloîtré chez lui à cause d'une phobie sociale, incapable d'exprimer tout ce qu'il a sur le coeur. J'ai souri de l'émoi que provoquait la présence des jeunes soldats américains chez la grand-mère de Basile. J'ai revécu toute une époque à travers son récit de la cohabitation entre les habitants de Laon, qui abordaient la seconde moitié du XXème siècle sans eau courante ni commodités, et les GI qui leur apportaient tout le confort du pays au niveau de vie le plus élevé du monde. Au début, ça ressemble à une bénédiction, mais petit à petit, de vilaines craquelures apparaissent dans ce tableau faussement idéal de modernité et d'abondance... Bref, vous l'aurez compris, j'ai eu un très gros coup de coeur pour cette bédé que je recommande chaudement à tous les amateurs de tranches de vie. Ces "enfants de l'envie", sont bourrés de sensibilité et magnifiquement beaux. 

lundi 25 juin 2012

3 exercices révélateurs (post nombriliste)


Plutôt que de raconter et commenter tout l'atelier de ce week-end, j'ai choisi de partager avec vous 3 des exercices qui m'ont paru les plus révélateurs. Il va sans dire que je les résume fortement pour en rendre la lecture plus digeste. Je sais que certains d'entre vous vont lever les yeux au ciel et penser "psychoblabla". Croyez-moi, je suis une personne extrêmement pragmatique. Je passe mon temps à résister à ce travail, au point que c'est devenu un gag au sein de ce groupe d'étudiants tous beaucoup plus éveillés que moi en matière de spiritualité. Pour comprendre vraiment, il faut en faire l'expérience. Ce qui suit ne vise à convaincre personne, juste à satisfaire la curiosité des gens que le principe de la visualisation pourrait intéresser. 

1. Vous êtes sur une plage. Approchez-vous du bord de l'eau. Ouvrez votre sac à main et jetez tout ce dont vous n'avez pas besoin pour survivre. Si vous gardez quelque chose, posez-le sur un rocher à côté de vous. Puis retournez votre sac et lavez-le dans l'océan avant de le remettre à l'endroit et sur votre épaule. Que ressentez-vous? 

Au début, je trouve que c'est une idée fantastique de me débarrasser de toutes ces choses qui me pèsent depuis si longtemps. J'ai l'impression d'avoir toujours eu envie de faire ça sans jamais oser. Je me mets à jeter très très vite tout le contenu de mon sac, en jubilant. Si je pouvais, je jetterais ma maison avec pour être enfin libre. Après une longue hésitation, je décide presque à contrecoeur de garder ma carte d'identité. Pour le reste, ça m'agace de devoir bousiller un joli sac, et je ne vois pas bien à quoi il me servira maintenant!

2. Que vous permet de faire votre incarnation (votre corps physique)? Imaginez-vous devant la caverne d'Ali Baba. Vous dites "Sésame ouvre-toi", et vous entrez. Quel trésor trouvez-vous à l'intérieur? Comment vous sentez-vous?

Je me vois à Rome, en train de boire du bon vin et de rouler en Vespa avec le vent dans les cheveux. Je suis sur Terre pour profiter des plaisirs hédonistes de la vie. (90% de mes camarades se sentent investis de la mission d'aider les autres, je suis clairement une égoïste monstrueuse.) Dans la caverne, je ne trouve rien sinon des images, qui se succèdent rapidement, de tous les endroits dans le monde où j'aimerais aller: le château de Neuschwanstein, les lochs écossais, les plages de Bali, les îles grecques, les fjords norvégiens pendant une aurore boréale... Je ressens très fort le fait de n'être qu'une voyageuse en transit dans ce monde, une spectatrice qui ne s'implique jamais dans rien et qui ne laissera volontairement aucune trace de son passage. 

3. Projetez-vous à quatre moments-clés du début de votre vie: la gestation, la naissance, l'établissement du rapport avec la mère, la socialisation avec le reste du monde. Quelles émotions associez-vous à chacune de ses étapes? 

Je vois la matrice maternelle comme une minuscule maison de hobbit, un univers de poche avec juste un grand lit confortable et des murs couverts de livres où je suis nourrie par un tuyau. Et puis on m'expulse violemment, on m'arrache à ce nid douillet que je ne voulais surtout pas quitter. (Je suis née après terme, et il me semble qu'on a dû me sortir avec des forceps.) Du coup, dès le début, j'en veux à ma mère et je n'arrive pas à créer de lien d'affection avec elle. Idem pour le reste du monde, auquel je ne souhaite pas me mêler. Je voudrais juste qu'on me fiche la paix et qu'on me laisse tranquille dans mon coin. 

Si les deux premiers exercices se passent de commentaires, le troisième remet en cause toute la vision que j'ai de mon enfance. Je n'ai pas de "vrais" souvenirs d'avant, disons, le CM2. Je sais que j'ai été tenue à l'écart et pas mal brutalisée par mes camarades de classe. Je suis toujours partie du principe que c'était parce que j'avais deux ans d'avance et que j'étais la chouchoute des instits; que du coup, ces vilains jaloux me le faisaient payer de toutes les manières possibles et imaginables, si bien que je n'avais pas d'autre choix que de me réfugier dans la lecture pour occuper mes récréations; qu'enfin, les enfants étaient des monstres cruels et qu'il n'était donc pas question que j'en mette un au monde. Et là, d'un coup, je me demande si ce n'est pas moi qui ai rejeté les autres la première, moi qui me suis volontairement mise à part parce que je ne les jugeais pas assez intéressants pour tolérer leur intrusion dans mon univers personnel. Ce qui signifierait que je n'ai jamais vraiment été une victime (ou du moins, que j'ai provoqué ce qui m'est arrivé de par mon comportement) et que ma solitude n'a jamais été subie mais au contraire choisie. Ca n'a sans doute l'air de rien vu de l'extérieur, mais ça remet en cause le paradigme même sur lequel j'ai fondé tout mon développement. Je suis assez curieuse de voir quel genre de remous ça va provoquer dans ma vision du monde au cours des mois à venir. 

Swap littéraire "Voyage voyage": ouverture des inscriptions


Le thème du swap littéraire de juillet sera "Voyage voyage". Il pourra concerner des récits de voyage, des carnets de voyage, de beaux livres de photos de pays lointains ou tout simplement des romans dont l'action se déroule dans à l'étranger (si possible dans un endroit un peu plus exotique que le Luxembourg!)

Comment ça marche? C'est très simple:

- Inscriptions dès maintenant en m'écrivant à leroseetlenoir@hotmail.com et en m'indiquant votre adresse postale, même si vous avez participé à un swap précédent. Clôture le jeudi 28 juin au soir, ou dès que le nombre de 20 participant(e)s sera atteint. Les trois fois précédentes, toutes les places sont parties dans la journée, donc si vous êtes intéressé(e), ne tardez pas à vous manifester!

- Dès que je serai en possession de tous les noms et adresses, ainsi que des desiderata éventuels de chacune ("j'ai un budget limité et je préfèrerais ne pas à avoir à envoyer mon paquet à l'étranger", "je connais Machine IRL et trouverais ça plus intéressant d'être associée à quelqu'un d'autre"...), je formerai une boucle selon le principe: A envoie un paquet à B, qui envoie un paquet à C, et ainsi de suite jusqu'à la dernière personne, qui enverra un paquet à A. Je vous communiquerai les coordonnées de votre swapé(e) par mail, et vous devrez tenir son identité secrète jusqu'au moment où il/elle recevra son paquet.

- Je publierai un post accessible par un permalien dans la colonne de droite, et dans les commentaires duquel chacun(e) des participant(e)s devra décrire ses goûts pour fournir des pistes de recherche à son swapeur/sa swapeuse.

- Vous constituerez un paquet qui contiendra 4 objets, ET SEULEMENT 4:
* un livre que vous souhaitez faire découvrir à votre swapé(e)
* deux objets en rapport avec le livre en question (si vous vous demandez ce que ça peut signifier, cliquez sur le tag "swap" au bas de ce billet pour accéder aux archives des swaps précédents, qui vous fourniront des tas d'exemples)
* un marque-page acheté ou confectionné par vos blanches mains, peu importe, et également en rapport avec le thème du voyage

- Vous enverrez ce paquet (bien emballé pour éviter toute dégradation...) entre le 1er et le 25 juillet 2012 - ceci afin d'avoir une chance raisonnable que tout le monde ait reçu le sien pour le 30.

Si vous avez d'autres questions, j'y répondrai volontiers dans les commentaires. J'attends vos inscriptions de pied ferme!

dimanche 24 juin 2012

Testez Kiva gratuitement


Depuis maintenant 4 ans, je suis inscrite sur Kiva, un site internet qui s'occupe de faire financer des micro-crédits à des entrepreneurs du tiers-monde. Pour devenir prêteur, c'est simple: vous choisissez un projet qui vous plaît en fonction de critères tel que le pays ou le secteur d'activité, et vous investissez dedans à raison de $25 minimum. Vous êtes remboursé chaque mois pendant une durée déterminée au départ, et vous pouvez soit récupérer votre argent, soit le diriger vers un autre projet. Il peut arriver que certains emprunteurs ne soient pas en mesure de vous rembourser, mais personnellement, sur 30 prêts, j'ai dû perdre quelque chose comme $3 ou 4, pas davantage. Si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que Kiva propose en ce moment des "prêts gratuits" pour les gens qui souhaitent tester le système sans risquer d'argent dans un premier temps. Intéressé? Cliquez ici

Write like the wind, George R. R. Martin!


Désolée pour ceux qui l'ont déjà vue sur la page Facebook du blog; désolée aussi pour les non-fans de Game of Thrones qui n'en auront rien à faire, et pour les non-anglophones qui n'y comprendront pas grand-chose. Mais cette vidéo m'a fait pleurer de rire hier soir et je voulais absolument la partager avec ceux qu'elle pourrait intéresser. Enjoy!




samedi 23 juin 2012

Où fouiller en moi me donne la migraine (et des pulsions étranges)


Je viens de prendre mon troisième Doliprane 1000 en 24h. Alors que je déteste les médocs et que j'en consomme toujours le moins possible. Mais hier, je suis sortie de l'atelier à 18h passées avec un sérieux début de migraine. Le temps d'arriver chez moi, j'avais la tête dans un étau et alors que je venais de passer la journée assise, je me sentais vidée comme si je venais de courir un semi-marathon. A grand regret, j'ai laissé Chouchou se rendre seul à la première édition bruxelloise de Dr. Sketchy, et je n'ai pas réussi à faire quoi que ce soit de productif dans les trois heures qu'a duré son absence - juste lu les 40 dernières pages de "Jennifer Strange, dresseuse de quarkons" (un vrai régal). 

Je me suis réveillée ce matin avec la même migraine tenace, et traînée jusqu'au Serendip Spa presque à contrecoeur. C'est à peine si le chausson aux pommes acheté en cours de route pour remplacer mon petit déjeuner habituel m'a fourni assez d'énergie pour arriver à destination. Une fois que nous avons commencé à travailler, mon mal de tête s'est envolé, ce qui m'a permis de faire quelques découvertes assez perturbantes, et notamment que tout au fond de moi, je pensais qu'il n'y avait en ce monde aucun trésor qui vaille la peine d'être trouvé - mais que par contre, c'était un scandale de massacrer un beau sac en cuir en le jetant à la mer. Pour la joie de vivre et le détachement des choses matérielles, on repassera. 

J'ai déjeuné chez Exki avec une demi-douzaine d'autres stagiaires d'autant de nationalités différentes, ce qui a donné une conversation très intéressante - et un grand éclat de rire de ma part quand l'Australienne, à qui on demandait quelle différence elle voyait entre Sydney et Bruxelles, a répondu spontanément: "Votre architecture est tellement plus homogène!". 

Contrairement à hier, j'ai fait très attention à manger peu pour ne pas somnoler pendant une bonne partie de l'après-midi. Raté: à peine avions-nous repris le travail que j'ai senti mes yeux commencer à se fermer tout seuls! Je n'avais décidément pas envie d'aller là où Catherine essayait de nous conduire. Mais elle m'a forcée à faire le voyage quand même, à couper plusieurs cordons liés à des événements ou des personnes de mon passé qui m'empêchaient d'avancer. A un moment, j'ai failli me lever et quitter la salle. Je suis restée, j'ai fini l'exercice, et j'en ai payé le prix: ma migraine est revenue à la charge. 

La fin de l'après-midi a été extrêmement pénible, surtout quand il a fallu reproduire certains des douze travaux d'Hercule. Sommées de faire taire les harpies qui les insultaient, mes petites camarades leur ont donné à manger ou attaché le bec, les ont capturées et livrées à un zoo ou leur ont joué de la musique pour les faire danser. Moi? Je les ai descendues à coups de pierre, rôties au feu de bois et bouffées pour leur apprendre à m'emmerder. Et quand il a fallu me procurer la ceinture d'or, au lieu de la voler comme toute personne normalement constituée, j'ai fait un cunni à Vénus pour la convaincre de me la donner. Je suis ravie d'avoir découvert que confrontée à un problème, mes deux solutions préférentielles sont la violence et la prostitution. Et que je ne suis même pas assez maligne pour me faire payer AVANT de coucher.

A peine Catherine nous avait-elle donné congé que j'ai filé sans dire au revoir à personne pour rentrer à la maison. Chouchou m'a préparé des gyozas que nous avons mangés devant un épisode de "Brothers & Sisters". Là, il est 21h et je rédige ce post depuis mon lit. Je n'ai aucune envie de retourner au stage demain. Chouchou, beaucoup plus habitué que moi à ce genre de torture mentale, m'assure que migraine et épuisement physique sont tout à fait normaux. Je n'ose même pas imaginer dans quel état je serai lundi matin pour reprendre le boulot.

Photo sous Licence Creative Commons par Sasha Wolff

vendredi 22 juin 2012

Y'a encore du pain sur la planche (ou de la pomme, en l'occurrence)


Je suis partie à mon stage de visualisation super-confiante. Les deux fois précédentes, j'avais été une vraie loque; j'avais même sangloté en public, bordel, et pas qu'une fois! A défaut de supprimer tous les témoins de ce(s) regrettable(s) incident(s), je comptais donc me racheter ce week-end en montrant à quel point j'étais devenue une fille positive et bien dans sa vie, une sorte de modèle d'équilibre, vous voyez?

Le démarrage s'est déroulé selon mon plan. Catherine a expliqué pourquoi nous étions moins nombreux cette fois, et plusieurs élèves lui ont confirmé que oui, c'était une période difficile, une période de remise en question profonde pour eux aussi. Quand mon tour est venu de dire comment j'allais, j'ai avoué - en réprimant un petit sourire d'auto-satisfaction triomphante - qu'au contraire, tout allait vraiment bien pour moi en ce moment. Que le travail sur moi avait été long et ardu, mais qu'il avait fini par porter ses fruits.

Puis nous avons commencé les exercices pratiques. En ce premier jour, ils étaient axés sur le corps, les messages qu'il envoie et le moyen de changer les messages en question. 

1. Pour commencer, Catherine nous demande de respirer en nous enfonçant de plus en plus profondément en nous-mêmes, et de dire comment nous nous sentons à l'intérieur. Y'a plein de gens qui sont pleins de lumière blanche, voire de petites billes qui s'agitent joyeusement dans tous les sens. Moi, je suis le vide de l'espace entre les planètes. Non, je suis pas mégalo: je ne fais qu'un avec l'univers, nuance. 

2. Catherine nous demande de nous projeter dans nos pieds, de percevoir nos orteils. Y'a une fille du groupe, une thérapeute, qui a le terrier de Jojo Lapin dans son gros orteil gauche, avec des animaux mignons qui prennent le thé dans des tasses en porcelaine. Moi, j'ai un espace caverneux et glacial de solitude primitive infinie. Avouez que ça a quand même plus de gueule. (Mon gros orteil droit, par contre, a la taille règlementaire et se montre peu communicatif. Je comprends pourquoi ça a toujours été mon préféré.) 

3. Catherine nous demande de nous concentrer sur notre rapport avec notre corps, et de voir si nous sommes en paix avec lui. Je m'attendais à bloquer sur mon surpoids, donc sur une vague sensation de dégoût, mais la première réaction qui me vient, c'est de la colère. Bien sûr, Catherine veut savoir pourquoi. Et là, je vomis une tirade éructante contre l'endométriose qui me fait souffrir depuis des années et les effets secondaires affreux du traitement que je suis obligée de prendre pour m'éviter un cancer des ovaires. Je suis super zen, c'est juste que je le cache bien. Tout au fond de ma galaxie intérieure, derrière la 7ème planète à gauche. 

4. Premier véritable exercice de visualisation. "Vous tenez une pomme entre vos mains." OK, je la vois. Elle est super-rouge, super-brillante et elle a un peu la forme d'un coeur. C'est, genre, une pomme hollywoodienne, le Fruit Idéal. "Sentez son parfum. Pressez-la légèrement entre vos doigts." Le Fruit Idéal a une odeur douceâtre de mort, et quand je le presse entre mes mains, il éclate parce qu'il était complètement pourri de l'intérieur. "Euh, Catherine, elle représente quoi cette pomme?" "Votre rapport au monde."

Voilà voilà voilà.

(Sinon, y'a eu un incident pendant lequel je me suis visualisée en train de rouler répétitivement sur le corps de l'Homme avec un gros 4x4, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'épaisse d'une crêpe. Mais ça ne veut rien dire, je suis certaine d'avoir tourné la page depuis belle lurette.)

Je vous laisse: je dois me coucher tôt ce soir, parce qu'on me signale dans l'oreillette que j'ai beaucoup de boulot en perspective demain et après-demain. 

Où je passe le week-end avec mon Georges-Arthur intérieur


Pendant les trois jours qui viennent, je serai au Serendip Spa en stage de visualisation avec le Dr Catherine Shainberg. Je suis loin d'être en aussi mauvais état que lors des deux stages précédents que j'ai faits avec elle, en novembre 2010 (peu après la découverte de la maladie de mon père) et en juin 2011 (en plein crise conjugale avec Chouchou). Et le thème de cette fois - la généalogie et les blocages induits par notre histoire familiale - ne me parle pas vraiment. Pourtant, d'expérience, je sais que j'en retirerai quelque chose que je ne soupçonne même pas avant de commencer. 


Ces stages abordés avec le plus grand scepticisme sont ce qui m'a le plus aidée à avancer ces dernières années. Hier soir, j'étais toute joyeuse de ressortir le joli carnet en Liberty sur lequel j'ai pris mes notes les deux fois précédentes.  Je me suis demandé quels participants j'allais retrouver, si ceux avec lesquels j'avais sympathisé seraient de nouveau là. Je suis d'une humeur de rentrée des classes. Je retourne apprendre sur mon sujet favori: moi! Pour fêter ça, j'ai fabriqué un Georges-Arthur anatomiquement correct en laine cardée...






jeudi 21 juin 2012

Pour ne pas finir comme Johnny et Vanessa


Cette nuit, j'ai rêvé qu'en chahutant avec Chouchou, je lui faisais un ippon sur le seuil d'une maison, que son cou tapait violemment contre l'arête de la porte pendant sa chute et qu'il était décapité net. 

Je crois que je suis traumatisée par la séparation de Johnny Depp et Vanessa Paradis. 

Même s'ils n'avaient plus fait d'apparition publique ensemble depuis le festival de Cannes 2012, ces deux-là démentaient les rumeurs de rupture depuis des mois. Avant-hier, le publiciste de Johnny Depp a pourtant fini par annoncer que, oui, la divinidylle était bel et bien terminée après 14 ans et deux enfants. 

Des couples de stars qui se brisent, il y en a une demi-douzaine chaque jour. Alors pourquoi suis-je aussi touchée par cette séparation-là? Parce que j'adore Vanessa Paradis et que ça me fait de la peine pour elle, bien sûr. Mais aussi à cause de ce que son couple avec Johnny Depp représentait. Quand ils se sont rencontrés, elle sortait d'une histoire qui s'était mal terminée avec Lenny Kravitz; elle était triste et malheureuse. De son côté, il buvait et détruisait les chambres d'hôtel. Il n'est pas le prince charmant qui l'a sauvée, non: ils se sont sauvés mutuellement. Par une sorte de miracle alchimique, chacun a fait ressortir ce que l'autre avait de meilleur, et leur couple est devenu bien supérieur à la somme de ses parties. Pendant des années, il a été un espace d'apaisement mutuel, de créativité soutenue et encouragée. 

Un peu comme pour Chouchou et moi, donc. 

Mais le miracle alchimique n'a pas résisté à l'usure du temps. Il semblerait que les vieux démons de Johnny Depp soient revenus à la charge et qu'ils aient fait voler la divinidylle en éclats. 

Du coup, je m'en vais acheter du papier de verre pour poncer ma porte. On ne sait jamais.  

Introducing Saucisse (ou: comment j'ai appris à travailler la laine cardée)


Envieuse des kioutissimes bestioles en laine cardée réalisées par Anne Montel, je m'étais inscrite à un atelier d'initiation chez Schleiper, hier après-midi. La technique en soi est archi-simple: à l'aide d'une ou plusieurs aiguilles dentelées, on pique un petit tas de laine sur une sorte de matelas en mousse jusqu'à lui donner la forme désirée. Les créations complexes, comme les animaux, sont décomposées en formes basiques au bout desquelles on laisse un peu de fibres "libres" pour pouvoir ensuite les assembler entre elles. 

Ca, c'est pour la théorie.

Dans la pratique, il faut quand même un peu d'entraînement pour:
- jauger la diminution du volume de la laine une fois travaillée, histoire de ne pas se retrouver avec des pièces beaucoup trop grosses ou trop petites (et disproportionnées entre elles)
- réussir à modeler les formes désirées, notamment les arrondis
- obtenir une surface lisse sans traces de piqûres trop visibles

Il faut aussi un peu d'abnégation pour supporter de se charcuter régulièrement le bout des doigts!

Une fois les principes expliqués par la prof, chacune des élèves a choisi ce qu'elle voulait réaliser. Je me suis dit que pour une première tentative, ce serait sympa de reproduire un des modèles qui se trouvaient sur la table de l'atelier, à savoir, cette mignonne petite souris:




Comme il n'y avait pas de laine gris clair à disposition, j'ai pris de la gris foncé. Et puis j'ai essayé de produire, pour la tête, une sorte de petit cone arrondi à un bout... et je me suis retrouvée avec une espèce de grosse carotte. Du coup, j'ai dû aussi prévoir plus grand pour le corps. Là encore, gros souci pour l'arrière-train, bien trop allongé et trop plat. Les deux pièces mises bout à bout donnaient une sorte de longue crotte anthracite resserrée aux deux tiers. J'étais déception.

C'est alors que la prof m'a suggéré de mettre ma souris assise plutôt qu'à quatre pattes.

Idée géniale! J'ai fixé la tête à angle droit plutôt que dans la continuité du corps. Puis je me suis vraiment amusée à ajouter les "accessoires": le bout de nez (un peu gros, OK, on dirait que ma souris s'est pochtronnée), les oreilles, les pattes (avec des petits coussinets roses), la queue (non pas piquée mais roulottée sur mon jean - "je suis d'origine cubaine", a rigolé la prof en m'expliquant le truc), et enfin la bouche et les yeux. Dans l'absolu, je pense que j'aurais dû terminer séparément la tête et le corps avant de les assembler, mais ça a marché assez bien comme ça aussi. Et au final, j'ai obtenu...




Je vous présente Saucisse, un cousin au 2nd degré de Ratatouille. Comme vous pouvez le voir, il n'a qu'un lointain rapport avec la mignonne petite souris grise du début (et il fait environ le double de son volume). N'empêche que je lui trouve beaucoup de caractère et que, même si ses imperfections me sautent aux yeux, je suis assez contente de moi pour un premier essai. Prochaine tentative, en solo cette fois: un Georges-Arthur!

mercredi 20 juin 2012

Swap littéraire "Bédé, comics, manga" (17): les paquets reçus


Vous pensiez ce swap clôturé depuis belle lurette, et bien non! Deux paquets ont connu des mésaventures postales et ne sont finalement parvenus à leur destinataire que très récemment. Voici donc l'avant-dernier du lot, celui de Sophie pour Noémie:




Après un long périple, mon colis a fini par arriver à destination pour mon plus grand plaisir. L'emballage ayant souffert pendant le voyage, je craignais pour le contenu. Heureusement chaque petit paquet était en bon état. Moi qui raffole des pois et des fleurs en ce moment, j'ai été comblée. Je commence par l'enveloppe et le mot écrit sur du papier ramené d'Inde (les couleurs sont tout simplement magnifiques). Comme ce colis vient de Belgique, il contient du chocolat. J'aime le Chat de Geluck, j'aime le chocolat, j'aime donc forcément ces petites douceurs individuelles. Je continue par les deux autres petits paquets, qui contiennent un savon dont l'odeur est exactement de celles que j'aime et une superbe petite boîte rétro en fer qui vient s'ajouter à ma collection. Ces choix correspondent exactement à ce que j'aime. Je découvre la BD en dernier. Il s'agit du premier tome de Blacksad que j'ai lu il y a très longtemps mais que je ne possède pas. Je suis donc ravie de retrouver cette histoire et je vais filer trouver la suite. J'adore tout ce que contient ce colis, je suis comblée par ce second swap (les aléas de la poste qui ne le rendent que plus apprécié).
Je remercie évidemment Sophie qui a su me faire très très plaisir. Sophie, tes choix sont parfaits ;)  
Un grand merci à Armalite pour cette organisation.



Noémie

Où manger bien et pas trop cher à Reykjavik?


L'Islande est un pays cher. Niveau alimentation, je m'étais fixé deux objectifs pendant ce séjour: rester aux alentours de 15€ par personne et par repas, et manger local au maximum, c'est-à-dire des produits de la mer ou éventuellement de l'agneau. Et malgré la prédominance local du burger - TOUS les restos en font, c'est juste dingue! -, je suis ravie de dire: "Mission accomplie". Voici les adresses que je recommande chaudement. Toutes acceptent les paiements en carte Visa. Budget: 4500-5000 ISK (30-32€) pour deux plats et deux boissons sans alcool. 

1. Le Vegamòt, Vegamòtastìg 4, 101 Reykjavik

Café branché situé dans une rue perpendiculaire à Laugavegur. Grande salle avec étage, plus terrasse. Pas d'effort particulier côté déco, mais énorme choix de plats (soupes, salades-repas, burgers, viandes, poissons, spécialités), pour la plupart avec une petite touche fusion. Service raisonnablement rapide et souriant. 



Mon plat du déjeuner de mardi:
Saumon grillé avec des noodles, des légumes grillés et une sauce aigre-douce. 
Fraîcheur du poisson et saveur d'ensemble du plat: à se mettre à genoux. 

Le plat de Chouchou:
Salade japonaise avec blancs de poulet froids, quartiers de mandarine, 
noix de cajou grillées, rondelles de radis et oignons rouges. 
Un mélange réussi, frais et léger.

Mon plat du dîner de vendredi:
Cabillaud "à la Malaysienne", avec marmelade de gingembre, riz à l'oeuf frit, 
confit de tomates et sauce un peu piquante au seleriac(?)
Miam.

Le plat de Chouchou:
Burger à la mozzarella, à l'avocat et à la tomate confite,
servi avec une sauce au yaourt et des potatoes aux oignons rouges.
Savoureux.


2. L'Icelandic Fish & Chips, Tryggvagötu 8, 101 Reykjavik

Fish & chips "organique", le plus réputé de la ville. Situé sur le vieux port. On commande au comptoir et on paye directement; les plats une fois prêts sont apportés à la table. Quatre sortes de poisson frit qui varient chaque jour en fonction de la pêche, mais aussi poissons au four, moules et soupes de fruits de mer. Assez grand choix d'accompagnements et de sauces à base de skyr (sorte de yaourt local) à choisir à part. 



Cette soupe de homard servie avec tartines grillées et tapenade, que j'avais complétée d'une salade grecque et d'un délicieux thé blanc à la pêche, était une pure tuerie, une des meilleures choses que j'ai mangées de toute ma vie. 
La fois suivante, j'ai pris un fish & chips largement meilleur et bien moins lourd que ses semblables londoniens. Chouchou a opté pour des moules qu'il a déclarées "très bonnes".


3. Le Laundromat Café, Austurstraeti 9, 101 Reykjavik

Bar-resto branché situé dans la vieille ville, entre Laugavegur et le port. On peut y aller à toute heure pour manger ou juste boire un verre. Une pancarte dans la rue annonce la couleur: "Life is too short for bad burgers". Carte simple et peu variée: sandwichs, quelques burgers et une poignée de plats chauds. Par contre, déco recherchée et très sympa. Livres et jeux de société à disposition de la clientèle. Laverie et grande salle de jeux pour les enfants au sous-sol. Pour l'ambiance plutôt que pour la nourriture.






Sandwich à la salade de thon pour Chouchou, 
saumon au four avec tubercules poêlés pour moi. 

mardi 19 juin 2012

Laquelle des 4?


Ca fait longtemps que je n'ai pas posté de photos de chaussures, je suis certaine que ça vous manque. Il se trouve que comme chaque année avant le début des soldes, Sarenza m'a envoyé un code de réduction permettant d'avoir - 30% sur tout son stock. Chouchou, qui détruit les godillots plus vite que son ombre, en a profité pour se commander une paire de Docs noires 8 trous (durée de vie moyenne: 10  ou 12 ans d'usage intensif chez les pieds normalement constitués). Quant à moi, quatre paires me faisaient de l'oeil. 


Les escarpins Starlet de Minna Parikka, si adorables avec leur découpe en forme de coeur. Mais je n'arrivais pas à me décider entre les noirs et les rouges. Et puis surtout, vu leur prix et le nombre de fois où j'aurais eu l'occasion de les porter, ça n'aurait vraiment pas été raisonnable. Choix abandonné sans grand regret. 


Les sandales Danaé de Camper, en jaune. Nettement moins sexy que les précédentes, j'en conviens, mais nettement plus portables au quotidien du coup! Camper est la marque vers laquelle je me tourne toujours quand je cherche des chaussures d'été solides et confortables (en hiver, c'est plutôt Hush Puppies). J'aimais beaucoup la couleur pimpante de ces Danaé, encore absente de mon shoesing. Malheureusement, elles n'étaient plus disponibles dans ma pointure. 


Les escarpins à étoiles Jackson d'Annabel Winship, assez clairement repompés inspirés d'une paire de Marc Jacobs d'il y a 2 ou 3 ans. Vraiment très chouettes, mais encore assez chers même avec la réduc', et le talon me semblait un peu fin pour trotter sur les pavés bruxellois. Sans compter que j'ai un problème de taille avec les chaussures de cette marque: le 35 est trop serré et le 36 trop long, ce qui fait qu'en l'absence de bride, je les perds. Tout de même, j'ai trèèèès longtemps hésité à les prendre, avant d'opter finalement pour...




Ces ballerines pailletées Joana d'Anniel, réputées d'un confort absolu, devant lesquelles je bave depuis des mois. J'ai cru m'en tirer en achetant des ersatz à 28€ sur le site de La Redoute: elles m'ont mis les pieds en sang à la première utilisation. Comme quoi, parfois, il vaut mieux acheter directement la version chère - ça fait gagner de l'argent. 

Blue Lagoon: qui a dit que je n'aimais pas l'eau?




Situé à une cinquantaine de kilomètres de Reykjavik, ce spa géothermal est l'attraction la plus visitée d'Islande. J'avoue que je n'étais pas très chaude (ha, ha) pour y aller: tout ce qui ressemble à une piscine ou à un parc aquatique m'ennuie prodigieusement; je déteste les hordes de touristes et ne supporte pas l'eau à plus de 40°. Mais quand même, l'endroit semblait assez exceptionnel pour que je prenne le risque. Et au final, je n'ai que du bien à dire du Blue Lagoon. J'ai vraiment l'impression d'y avoir passé une journée de pure détente et de luxe populaire.




Après une bousculade peu agréable aux caisses d'entrée, puis dans les vestiaires, j'ai oublié toutes mes appréhensions en découvrant l'immense bassin. Le contraste entre cette grande mare turquoise opaque et le paysage de roche volcanique noirâtre au creux quel elle se niche, entre la chaleur amollissante de l'eau et la fraîcheur vivifiante de l'air, entre l'agitation au sein du spa et l'immobilité absolue du désert alentour, est assez saisissant pour justifier le déplacement à lui seul. L'eau est à 37° presque partout, une température idéale selon moi, et j'avais encore pied même aux endroits les plus profonds. Comme il était midi, nous avons pris l'apéro (smoothie aux légumes pour Chouchou, vin pétillant à la fraise pour moi) tout en nous baignant.




Puis nous avons enfilé notre peignoir et nos tongs, et déjeuné ainsi au Lava Restaurant dont les baies vitrées donnent sur le bassin. Ce jour-là, le buffet comprenait quantité de sushis et de california rolls, ainsi qu'un plat de poisson-chat que je goûtais pour la première fois. Nous nous sommes vraiment régalés.






Retour au bassin pour un gommage aux algues (présenté en palets glacés!) et un masque de boue à la silice blanche, qui sèche en se craquelant et en donnant à tous les clients des airs de créatures du lagon. Sous la cascade d'une puissance étonnante, nous nous sommes fait marteler le dos et décoincer les vertèbres. Le sauna était en panne; nous avons donc transpiré dans le hammam voisin, terminant notre séance par une douche chaude puis par une vaporisation d'eau glacée - tonique, très tonique! Après ça, nous sommes montés en salle de relaxation et nous avons comaté une bonne demi-heure sur les fauteuils basculants d'un design typiquement scandinave: lignes épurées pour confort maximum.

Enfin, nous nous sommes rhabillés sans nous presser. Un dernier verre au bar du spa (mmmh, j'adore ce vin pétillant à la fraise; provenance "Chili-Patagonie": je me demande si j'arriverai à le retrouver à Bruxelles?); un petit tour à la boutique pour acheter un tube de ce formidable masque de boue ainsi qu'une surprise pour ma correspondante du swap beauté, et nous avons repris le chemin du parking. Nous n'avons pas réussi à trouver la géocache physique planquée dans les rochers sur le bord de la route, mais nous disposions de tous les éléments nécessaires pour valider la géocache Earth associée au Blue Lagoon.






En résumé, et malgré mes réticences initiales, j'ai passé une journée merveilleuse au Blue Lagoon. Que les grincheux dans mon genre oublient leurs préjugés sur les attractions touristiques de masse: environ 35€ (prix de l'entrée sans "options") pour des heures et des heures de vraie détente dans un cadre aussi exceptionnel, c'est de l'argent plus que bien investi. Il paraît qu'il existe d'autres sources géothermales en Islande, moins fréquentées, plus chaudes et pas aussi chères; mais pour un séjour court basé sur Reykjavik, le Blue Lagoon me semble vraiment idéal. 

lundi 18 juin 2012

Golden Circle, l'excursion incontournable


Le Golden Circle, ce sont trois sites naturels parmi les plus marquants aux abords de Reykjavik, et que toutes les compagnies de bus locales proposent de visiter pour 40 à 50€ et en 5 à 8h selon le parcours exact. Dans la mesure où ils forment quasiment une ligne sur la carte, je peine à comprendre l'appellation collective qui leur est donnée. Mais les Islandais ont un sens de l'humour assez spécial...







Le premier de ces sites que nous avons visité est celui de Geysir, le geyser original. Si ce dernier n'entre plus en éruption que très rarement, son petit frère Strokkur, lui, gratifie les touristes d'un bon gros jet d'eau toutes les cinq minutes environ. Tout autour, on trouve également une multitude de fumeroles et de simples bassins d'eau sulfureuse. Au risque de passer pour une grosse blasée des voyages, j'avoue qu'après avoir visité Yellowstone, j'ai trouvé que Geysir faisait un peu petit bras! 





Il en a été tout autrement des chutes d'eau de Gullfoss (peut-être parce que je n'ai jamais vu celles du Niagara?). Le soleil qui brillait ce jour-là les couronnait d'un double arc-en-ciel; c'était un spectacle réellement enchanteur. Pour s'en approcher, il faut descendre un sentier de cailloux qui se dérobent sous le pied, et surtout ne pas avoir peur de se faire mouiller. Un bon moyen de rentabiliser le parapluie qui traîne toujours au fond de mon sac!





Thingvellir, enfin, est l'endroit où les plaques tectoniques américaine et européenne se séparent peu à peu (2 cm par an). Entre elles, une troisième plaque qui est la plus petite du monde s'enfonce au même rythme, créant une vallée étonnamment verte pour le pays. C'est ici que, en raison des qualités acoustiques du lieu, fut créé autrefois le Parlement islandais. 

Chacun de ces trois sites fait l'objet d'une géocache Earth - non pas un container, mais une série de questions sur la géologie auxquelles il faut trouver les réponses sur place et/ou sur internet, ce qui permet de s'instruire tout en s'amusant (et d'éviter les déconvenues dues à des containers vandalisés). 

Nous avons passé beaucoup de temps à rouler en bus pour visiter le Golden Circle. En principe, ça m'aurait ennuyée, mais nous sommes tombés sur un guide génial qui a parlé presque tout du long, nous expliquant l'histoire des lieux que nous traversions et ajoutant des tas d'anecdotes amusantes sur le folklore islandais. "Nous avons très peur de la maman troll Grilla, car elle mange les gens qui ont commis de mauvaises actions et n'en éprouvent aucun remords. C'est pourquoi tous les banquiers sont partis vivre à Londres." Au final, une journée riche en photos spectaculaires et en enseignement!