mardi 31 juillet 2012

Juillet 2012



NEON, le magazine que j'attendais?


J'ai déjà parlé du fait que la presse féminine me gonfle de plus en plus avec ses stéréotypes affolants et ses sujets qui ne se renouvellent jamais. Son alternative féministe "Causette" n'a pas réussi à me convaincre. Je pourrais, me direz-vous, lire des magazines sérieux comme l'Express ou le Nouvel Obs; mais j'estime avoir déjà plus que ma dose d'actualités sur internet. Quand je prends le train, je cherche de la lecture qui va me divertir sans insulter mon intellect. J'avais fini par croire que c'était mission impossible. Puis, mercredi soir dans le Thalys qui me ramenait de Paris, j'ai dévoré mon premier numéro de NEON. 

Devise "Soyons sérieux, restons allumés!". Couverture bordée de deux bandeaux rose fluo. Maquette sobre et efficace, mais agréable à l'oeil. Prix en kiosque: 3,50€ pour 130 pages avec peu de pub et beaucoup à lire, plus des photos et des illustrations très sympas. Les sujets? Tantôt graves ("Jeunes Juifs en guerre contre Israël", "Les fantômes du soldat Kok"), tantôt humoristiques ("La confrérie des montreurs de cul", "Je suis dans la poupée" - une interview d'un fabricant de poupées gonflables), tantôt générationnels ("Les gamers ont bien grandi", "Comment jeter l'encre" pour ceux qui envisagent de se faire effacer un tatouage, "Rêve party à Ibiza" sur les hippies qui tentent de préserver leur mode de vie au pays des rave parties), tantôt informatifs et émouvants ("Le troisième sexe", témoignages de trois hermaphrodites), tantôt anecdotiques mais originaux ("Moscou passe à table", sur le ping-pong qui réunit les générations en Russie, "Là, pour vous, c'est le bordel?" qui montre combien la notion de rangement est différente chez chacun, et puis cette série de mode "couple" où filles et garçons échangent leurs vêtements). Tous ont un point commun: celui d'être vraiment bien écrits, avec une plume agréable et sans fautes de grammaire ou d'orthographe. Mon préféré, signé Hugo Lindenberg, raconte la randonnée cévenole de l'auteur parisien avec un âne. C'est drôle, bourré de douce ironie et d'une tendresse légèrement perplexe. J'ai adoré. En fait, tout l'ensemble m'a enchantée: intelligent sans être intello, décalé mais ni vulgaire ni gratuitement provocateur, et d'un professionnalisme bluffant pour un titre qui en est seulement à son troisième numéro. En attendant le prochain, je vais voir sur leur site internet si je ne peux pas me procurer les deux premiers. 

lundi 30 juillet 2012

Nouveaut(h)é: "En attendant la pluie" du Cha Yuan




...D'accord, je triche un tout petit peu sur le nom de mon billet. Ce mélange aux notes de gingembre et d'agrumes sur base de thé vert est le premier thé que j'ai bu glacé, il y a quelques années. Pourtant, je ne suis pas du tout fan de gingembre, mais ce "En attendant la pluie" au nom si poétique est délicieusement rafraîchissant en cas de grosse chaleur. Il faut juste apprendre à le doser correctement, car si on en met trop, le goût devient désagréable (au contraire du Thé du Hamman ou du Thé des Alizés du Palais des Thés, qui supportent très bien un dosage approximatif). 




Je n'ai jamais essayé de le consommer chaud et ne suis pas certaine que je l'apprécierais autant. C'est comme ça: il y a des thés que je bois exclusivement chauds et d'autres exclusivement froids; jamais les deux!

"Sherlock" saison 2


Puisque je vous ai déjà expliqué pourquoi "Sherlock" était une série formidable, je vais pour cette saison 2 me contenter d'un commentaire personnel sur chaque épisode.

1. "A scandal in Belgravia"
Inspiré d'"Un scandale en bohème". Sherlock Holmes y rencontre Irène Adler, une alliée de Moriarty qui sera la seule femme à jamais lui damer le pion et éveiller en lui un intérêt romantique. Cette adaptation est tout simplement l'un des plus grands moments de télévision que j'aie eu le plaisir de visionner. Il n'y a pas une ligne de dialogue à jeter, pas une expression faciale des acteurs à rectifier. Le scénario éblouissant est à la hauteur des deux adversaires à l'intelligence hors du commun qui s'affrontent ici. Pendant une heure trente de pur bonheur, Sherlock Holmes et Irène Adler jouent au chat et à la souris; chacun semble à son tour sur le point de l'emporter, et bien malin qui pourra prédire la fin de l'histoire. Une réussite absolue.


2. "The hounds of Baskerville"

Là encore, il s'agit d'une adaptation directe d'une des histoires les plus connues de Sherlock Holmes, "Le chien des Baskerville". Et... comme le roman dont il s'inspire, cet épisode m'a ennuyée. Non qu'il soit mauvais, bien au contraire: il est bourré d'idées brillantes et contient quelques passages vraiment drôles. Mais j'ai été incapable de partager le flip des personnages, si bien que je n'ai jamais réussi à me mettre dans l'ambiance. Et puis la campagne, ce n'est pas mon truc. Je voulais juste retrouver le décor urbain de Londres. 

3. "The Reichenbach fall"
J'ai été servie avec le dernier épisode de cette saison 2: une machination orchestrée par Moriarty pour décrédibiliser Holmes, devenu à son grand dam le chouchou de la presse britannique. L'affrontement entre "le seul détective consultant du monde" et "le seul criminel consultant du monde" m'a, je l'avoue, moins passionnée que celui entre Sherlock Holmes et Irène Adler - le manque de tension sexuelle, sans doute (même si Moriarty éprouve de toute évidence des sentiments ambigus envers sa némésis). Mais l'épisode reste haletant, avec une très belle confrontation finale et des adieux poignants de Sherlock Holmes à son seul ami. Au-delà de son suspens, "The Reichenbach fall" illustre de manière frappante le pouvoir de la presse qui peut faire ou défaire, non seulement une réputation, mais un homme tout entier. Vivement la saison 3!

dimanche 29 juillet 2012

Nouveaut(h)é: Kukicha de Neo-T


J'adore les gobelets et les bols en raku. Si ce n'était pas si cher, et si je ne manquais pas déjà cruellement de place dans mon petit... euh, dans mes deux apparts, je crois bien que j'en ferais la collection. En l'état, je me contente d'acheter une pièce par-ci par-là, quand vraiment elle me crie "Je suis à toi, à toi, à toi!" et que je n'ai pas le courage de lui briser le coeur. 

Mercredi, en me baladant avec Chouchou entre Pigalle et Abbesses, je suis tombée sur un magasin de thé dont je n'avais jamais entendu parler. Dans la vitrine, une petite merveille beige veinée de gris très artistiquement cabossée. 39€. Il était midi trente, la boutique ouvrait à 13h, je me suis crue sauvée. Mais pendant le reste de la journée, je n'ai pas arrêté de penser à la petite merveille, et finalement, je suis revenue la chercher peu avant la fermeture. 




Tant qu'à être dans un magasin de thé, j'ai dit aux propriétaires: "J'aime les thés verts japonais nature un peu subtils; vous avez quoi à me proposer?". Après avoir reniflé une douzaine de sachets, j'ai jeté mon dévolu sur un Kukicha aux jolies aiguilles fines de deux tons de vert, dont un tirant sur le jaune. 12€ les 100g me paraissait un prix raisonnable pour cette qualité de thé. 

Le nouveau breuvage a été testé cet après-midi pour la pause goûter. Comme tous les Kukicha, il doit infuser à une température assez basse (80°) afin que l'eau bouillante ne brûle pas ses feuilles; et comme pour tous les Kukicha, une minute et demie suffit - au-delà de deux minutes, sa subtilité naturelle vire à l'amertume. 




A signaler que le magasin propose des fleurs de thé "sculptées" en forme d'animaux ou de petits personnages, une idée cadeau très sympa! 

Neo-T
89, rue des Martyrs
75018 Paris
Métro Pigalle ou Abbesses

Swap littéraire "Voyage, voyage": les paquets reçus (3)


Voici le petit mot de Marion pour Isa R. qui lui a envoyé le paquet suivant:




Très chère Isabelle, 

Un grand merci pour ce colis bien arrivée à bon port. Le facteur me l'a amené ce matin ! :) 

Merci, merci car grâce à toi, je vais découvrir un nouveau pays : Le Japon, avec ce roman Cloud of Sparrows qui se passe au Japon au 19ème siècle. Je n'ai encore jamais lu de romans de ce type et suis totalement vierge de la culture Japonaise. Tu ne pouvais donc pas mieux tomber ! 

Merci également pour tout ces jolis cadeaux : un ingénieux marque page aimanté pour qu'il ne dépasse pas de la page, et donc ne s'abîme pas. Un très chouette carnet Japonais de Moleskine, très beau. J'adore Moleskine, mon agenda en est un. Là encore, tu as visé dans le mille ! Enfin, merci également pour ces bâtons d'encens qui embaumé tout le colis. Un bonheur de l'ouvrir. Il embaume maintenant ma maison. 

Encore un grand merci ! C'est très chouette ces petits swaps !

Marion

samedi 28 juillet 2012

Super Nature, bio et bon



Cette cantine bio figurait dans ma liste des bonnes adresses de brunch à tester un jour sur Paris. En pleine semaine, bien entendu, pas de brunch qui tienne, mais le thermomètre dépassait les 30° mercredi dernier, et j'avais très envie de manger quelque chose de frais et de pas bourratif. Arrivée peu avant 14h, nous avons chopé la dernière table libre à l'intérieur; mais après ça, la salle s'est vidée très rapidement comme le reste de la clientèle (plutôt des gens qui bossent dans le quartier, je pense) retournait au boulot. 

Chez Super Nature, le menu est affiché sur une grande ardoise près de l'entrée. Le plat seul est à 13€; la formule entrée + plat ou plat + dessert à 15,80€, et la totale entrée + plat + dessert à 18,80€. Mais franchement, vu la taille des portions, je me demande qui arrive à se faire les trois services! Jetant des coups d'oeil à droite et à gauche, j'ai vu que tout semblait énorme et délicieux. Une majorité de compositions végétariennes colorées et débordantes de vitamines; des assiettes froides mais aussi des plats chauds tel qu'un osso bucco à l'orange ou un cheeseburger avec un bun maison niché au milieu d'une foule de crudités. Il ne restait hélas plus de jus du jour; dommage car j'aurais bien goûté le mélange pomme bio + menthe + roquette + citron vert. Je me suis contentée de la pomme toute seule: c'était comme savourer de la reinette liquide à peine cueillie sur l'arbre, un vrai bonheur. 


Comme il faisait trop chaud pour envisager un cheeseburger même ultra-sain, nous avons pris une assiette fraîcheur et une assiette vitalité que nous nous sommes partagées. Les légumes étaient parfaits, croquants, pleins de goûts et préparés avec un filet de jus d'agrumes qui en relevait encore la saveur. Le chèvre aux figues et la mousse de girolles, tartinés sur du bon pain brun, ont procuré un orgasme gustatif à mes papilles. Et je n'ai jamais réussi à terminer la montagne de bonnes choses que j'avais devant moi. Ce qui ne m'a pas empêchée de commander un dessert, par curiosité (et par gourmandise). J'aurais bien testé le cheesecake, mais... "Elle est en quoi, la croûte?" ai-je demandé à la serveuse. "Ben, le truc habituel: des miettes de biscuits. Du speculoos, quoi." Lorsque mon cri de rage s'est éteint, j'ai marmonné "Bon, alors je vais prendre la mousse au chocolat au zeste de pamplemousse." Chouchou a opté pour le fromage blanc avec du miel et des baies de goji (option plus raisonnable que j'aurais dû choisir également, si j'aimais le miel ou les baies de goji!). 


La mousse au chocolat est arrivée couverte de fruits secs grillés et accompagnée d'un petit morceau de carrot cake auquel je n'ai pas touché. A vrai dire, je n'ai même pas réussi à finir la mousse elle-même, alors qu'elle était à se damner. J'ai un peu ri sous cape en pensant que beaucoup de gens considèrent encore l'alimentation végétarienne/bio comme forcément triste et dénuée de saveurs. Tout ce que j'ai mangé chez Super Nature prouve amplement le contraire. Et la prochaine fois que je serai à Paris le week-end, je ne manquerai pas de venir goûter leur brunch!

Super Nature
12, rue de Trévise
75010 PARIS
Métro: Grands Boulevards
Service traiteur sur demande

Tim Burton à la Cinémathèque




Chouchou tenait tellement à voir cette exposition que nous nous sommes fendus d'un aller-retour à Paris dans la journée rien que pour ça. Nous avions réservé nos entrées sur internet, et bien nous en a pris: quatre mois après l'ouverture de l'expo, une longue file d'attente de gens peu prévoyants s'étire toujours sur le parvis de la Cinémathèque. Mais grâce à nos billets coupe-file, nous avons pu monter immédiatement au 5ème étage... où une foule épouvantable se pressait déjà. 

J'aimerais vous parler de l'expo elle-même; hélas, j'ai à peine dû réussir à en apercevoir la moitié. Il fallait ruser et jouer des coudes pour se faufiler jusqu'aux oeuvres accrochées sur les murs, et tous les quinze mètres environ, cette tâche était rendue presque impossible par la présence d'écrans devant lesquels les visiteurs s'agglutinaient sans bouger pendant plusieurs minutes. A peine entrée, j'avais déjà envie de ressortir. 

Ne m'étant pas renseignée au préalable, je m'attendais à une profusion d'objets - costumes, figurines - issus des films de Tim Burton. En réalité, l'essentiel de l'expo se compose de dessins classés par thèmes: hommes, femmes, enfants, couples, animaux, monstres, clowns... Des panneaux expliquent le cheminement de l'artiste jusqu'au moment où il est devenu très célèbre; des vidéos montrent des extraits de ses travaux de jeunesse. C'était, en somme, bien plus intéressant pour Chouchou que pour moi - d'ailleurs, il était ravi. Moi? Joker. Non, pas celui de Batman.



vendredi 27 juillet 2012

Gyoza bar: oui, mais est-ce que c'est bon comme là-bas?




C'est dans le passage des Panoramas que se cache ce restaurant japonais ouvert il y a quelques mois. Enfin, "restaurant"... Le terme est peut-être un peu exagéré, car comme son nom l'indique, le gyoza bar sert exclusivement des ravioli japonais. Une salle toute en longueur, à la déco minimaliste; un comptoir en bois clair autour duquel peuvent s'asseoir douze personnes et pas une de plus; un menu réduit à sa plus simple expression. 8 gyoza pour 6€, 12 pour 8€, un bol de riz blanc pour 3€, du soja fermenté pour 2€ - et c'est tout, boissons mises à part. L'avantage, c'est que du coup, le service est ultra-rapide. 

Mais les ravioli, sont-ils bons? Moyens, je dirais. Un peu trop grillés (même si personnellement ça ne me dérange pas), avec une farce assez fade et une sauce un poil trop acide. Ca ne vaut clairement pas ceux que j'ai mangés au Japon, et dont le souvenir hantera mes papilles jusqu'à mon dernier souffle. Et puis tant qu'à ne servir que des gyoza, il aurait été bien d'en proposer plusieurs sortes différentes: au porc, au boeuf, au canard, végétariens... Cela dit, vu le prix plutôt soft, ça reste tout à fait acceptable quand on est pressé et qu'on n'a pas envie de dépenser une fortune pour se nourrir. 

Gyoza bar
56, passage des Panoramas
75002 PARIS
Métro Grands Boulevards
Mardi-samedi, midi-14h40 et 18h30-23h

"La carte du temps"


Londres, 1896. L'agence Murray propose aux citoyens fortunés de voyager dans le temps, et plus précisément, de se rendre en l'an 2000 où les derniers humains livrent une terrible bataille pour leur survie. Andrew Harrington y voit une opportunité de sauver Mary Kelly, la prostituée rousse qu'il aimait et qui fut la dernière victime de Jack l'Eventreur, tandis que la jeune Claire souhaite fuir cette époque terne et peu permissive pour vivre une grande passion romanesque avec Derek Shackleton, le futur sauveur de l'humanité. De son côté, l'écrivain H.G. Wells soupçonne une arnaque basée sur son roman "La machine à remonter le temps". Mais bientôt, il apparaît qu'un escroc venu d'un avenir lointain tente de s'approprier son manuscrit suivant, ainsi que ceux d'Henry James et de Bram Stoker...

Le voyage dans le temps et les paradoxes qu'il induit comptent parmi mes sujets préférés en littérature. Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce roman de l'Espagnol Felix J. Palma. D'abord désarçonnée par le fait qu'il semblait composé de trois histoires indépendantes présentées les unes à la suite des autres, j'ai été rassurée en découvrant le fil rouge qui sous-tendait l'ensemble et finissait par en faire un tout cohérent. "La carte du temps" est une oeuvre foisonnante, bourrée de références culturelles tous azimuts mais qui rend un hommage tout particulier à la science-fiction et au steampunk. Son style quelque peu ampoulé, voire prétentieux par endroits, pourrait le rendre pénible à lire; en ce qui me concerne, je m'y suis faite très vite car j'aimais son ton à la fois distancié et goguenard, ainsi que sa puissance d'évocation. Ses descriptions de la vie des miséreux sont assez saisissantes, surtout mises en regard de l'existence oisive et des préoccupations futiles des nantis. Quant à ses personnages, il sait remarquablement bien transcrire leurs interrogations les plus intimes sans jamais gommer leurs travers ou chercher à les rendre plus sympathiques. Sa narration est menée de main de maître, pleine de retournements de situation inattendus et de recoupements dont j'ai sans doute raté la moitié, tant je me laissais volontiers balader dans les méandres de son imagination. Vous l'aurez compris: j'ai beaucoup, beaucoup aimé "La carte du temps". 

jeudi 26 juillet 2012

Le Dernier Bar Avant la Fin du Monde




Le week-end des dernières Imaginales, ma copine Andoryss avait dû s'éclipser le dimanche matin pour pouvoir, l'après-midi, assister à l'ouverture du bar de son amoureux. "C'est à Châtelet, sur plusieurs étages, avec des décors steampunk et futuristes, un vrai truc de geeks, il bosse dessus comme un dingue depuis des mois, ça va être géant", nous avait-elle expliqué. Intrigués, Chouchou et moi nous étions promis d'y faire un tour lors de notre prochain passage à Paris - prévu le 25 juillet pour visiter l'expo Burton à la Cinémathèque. 




Le Dernier Bar Avant la Fin du Monde est encore "en version bêta", c'est-à-dire pas tout à fait terminé. Nous ne pourrons qu'accéder au rez-de-chaussée et entrevoir un bout du premier sous-sol. Mais il y a déjà de quoi faire. Dès l'entrée, nous sommes invités à laisser nos armes sur un râtelier qui contient une épée vorpale, une baguette de magicien, un sabre-laser et un shuriken en forme de chauve-souris. Une vitrine pleine de figurines de super-héros ne se laisse photographier qu'à regret et en renvoyant un maximum de reflets gênants. Une bibliothèque remplie de jeux de société, mais aussi de squelettes de créatures étranges, de hiboux empaillés et de potions magiques occupe tout un pan de mur; un autre est dédié à un portail d'invocation de Cthulhu. 




Un chapeau d'Indiana Jones est jeté négligemment sur une patère. Les toilettes ne sont pas indiquées par des pictogrammes "monsieur/madame", mais "monsieur/robot/poulpe". Un écran vidéo surplombe chaque urinoir, et les clients pourvus de pénis peuvent jouer à un jeu en frappant des zones tactiles de la porcelaine avec leur jet. ("Ma vessie n'était pas assez pleine, je n'ai fait que deux points, c'est nul!" me confie Chouchou en remontant.) Du coup, en tant que cliente pourvue d'un vagin, je me sens quelque peu lésée. Une vitrine abrite des masques de Guy Fawkes et porte la mention "En cas de révolution, brisez la glace". Sur le comptoir, quelques pièces s'entassent dans un bocal frappé d'un direwolf et marqué: "Chaque fois que vous laissez un pourboire, George R. R. Marin épargne un Stark". Si seulement!




Nous nous installons sur une petite mezzanine, contre le portail d'invocation de Cthulhu. Comme nous sortons de table, pas question de nous laisser tenter par les snacks qui portent pourtant des noms appétissants tels que "Die Nemo die" (tartare de saumon) ou "Pipius claw" (poulet klingon). Nous prendrons juste un Coca pour Chouchou et un diabolo menthe pour moi. Le service est rapide et souriant, l'addition de 7€, correcte pour Paris - et même plutôt soft si on considère qu'on paye aussi le cadre et la libre utilisation de la ludothèque. Par contre, à côté des autres clients, nous faisons un peu vieux schnoks. Mais vieux schnoks cultivés. Derrière nous, deux garçons et une fille jouent au Tabou d'une voix forte:
GARCON 1: Un cinéaste contemporain de Truffaut.
FILLE: Luc Besson.
GARCON 1 (sur un ton sentencieux): Ah ben non. Besson il a commencé dans les années 80. Truffaut c'était les années 30... 40, peut-être. 
Chouchou s'étouffe dans son Coca.
GARCON 2: C'est un chanteur mort, son plus grand succès s'appelle "Hallélujah".
Je n'attends même pas la réponse pour faire un petit AVC de rage. 
GARCON 1 (après avoir miraculeusement réussi à faire deviner à son comparse que l'auteur du "Rhinocéros", c'est Ionesco): Et le prénom?
GARCON 2: Euh, je sais pas. 
GARCON 1: L'ADN, c'est des...?
GARCON 2: Gènes?
GARCON 1: Voilà. Donc, un prénom à partir de ça...?
GARCON 2: Gènes... ifer? Jennifer Ionesco?

Effectivement, la fin du monde est proche. C'est bien qu'il existe un endroit où boire un dernier coup juste avant.

19 avenue Victoria
75001 PARIS 
Métro Châtelet, sortie théâtre
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à minuit

mercredi 25 juillet 2012

Agricovert, mon panier de légumes bio




Il y a deux semaines, j'ai donc commandé mon premier panier de légumes bio chez Agricovert. C'est quelque chose que j'avais envie d'essayer depuis longtemps, mais la plupart des coopératives demandent aux clients de s'abonner pour une durée assez longue, ce qui m'embêtait. Là, moyennant un prix légèrement plus élevé, il y a moyen de commander au coup par coup, en sautant certaines semaines ou en changeant de taille de panier à chaque fois si on veut. A Bruxelles, les légumes sont déposés le vendredi dans le point-relais choisi par le client - dans mon cas, l'Amour Fou - et doivent être récupérés entre 12h et 18h. Ce n'est peut-être pas pratique pour tout le monde; moi, ça m'oblige à sortir prendre l'air ce jour-là, donc ça me convient. En plus des paniers, il est possible de commander certains fruits et légumes en vrac, mais aussi des fromages, du pain, des oeufs, des confitures, de la viande... Les prix sont grosso modo ceux que je paierais pour des produits bio équivalents en supermarché, sauf que là, l'essentiel de l'argent va au producteur plutôt qu'à un gros distributeur. 

C'est vrai qu'il y a quelques contraintes. La commande doit être passée le lundi avant 11h; le paiement se fait uniquement par virement bancaire; la composition du panier est connue à l'avance mais ne peut être modifiée. D'un autre côté, ça oblige à préparer et à consommer des légumes qu'on n'a pas l'habitude d'acheter. Par exemple, la première semaine, j'ai eu des épinards frais en branches (je les prends toujours surgelés et déjà hachés); et la seconde, un chou-rave avec lequel j'ai fait un pseudo-gratin dauphinois. Les légumes étaient tous délicieux; le crottin au poivre et le bagel au sésame testés par ailleurs ne déméritaient pas non plus. Et j'apprécie beaucoup la petite notice avec les nouvelles du potager et quelques suggestions de recettes qui accompagne chaque commande. Par exemple, que faire avec le kilo de fèves des marais ci-dessus? Des fèves à la paysanne, pardi!

Faire revenir un oignon blanc émincé dans une sauteuse, avec un peu d'huile d'olive. Ajouter une laitue grossièrement hachée, les fèves épluchées (sorties de leur cosse ET sans la peau), deux ou trois tranches de poitrine fumée découpée en gros lardons, un fond de verre d'eau, de la noix de muscade, du sel et du poivre. Laisser mijoter à feu moyen pendant une demi-heure. Régalez-vous. 

Agricovert prend deux semaines de vacances en ce moment, mais ils peuvent compter sur ma fidélité à leur retour. 

mardi 24 juillet 2012

La quête internationale de la Plus Belle Robe du Monde


Le lundi 9 juillet, La Princesse poste une photo de la Plus Belle Robe du Monde qu'elle vient juste de s'acheter en soldes chez Karen Millen. Je la trouve magnifique, bien qu'assez peu de saison. J'applaudis la trouvaille. 

Le samedi 21 juillet, La Princesse vient au barbecue d'anniversaire de Miss Sunalee avec la Plus Belle Robe du Monde. J'en reste bouche bée. La photo ne rendait pas justice à ses broderies ton sur ton; en vrai, elle est tout simplement sublime sur une silhouette en sablier comme celle de La Princesse. Résultat, je passe la journée à la tripoter plus ou moins subrepticement sous le regard goguenard du prince consort qui sait bien que ce n'est pas sur les appas de son amoureuse que je louche. Je menace d'assommer La Princesse et de la déshabiller pour lui voler la Plus Belle Robe du Monde; elle rigole. De toute évidence, cette innocente sous-estime les extrêmes auxquels je suis capable d'aller pour une fringue convoitée. Néanmoins, avant de perdre une bonne copine et de lancer l'Interpol de la mode à mes trousses, je me dis que je peux peut-être tout simplement voir au magasin s'il n'en reste pas une dans ma taille. 

Le dimanche 22 juillet, je fais un tour sur le site internet de Karen Millen, basé en Angleterre. La Plus Belle Robe du Monde est encore disponible en 40 et en 42, mais sans l'avoir essayée, comment savoir laquelle des deux tailles me conviendrait? Je vais patienter encore 24h et m'en tenir à mon plan initial. 

Le lundi 23 juillet, à 15h, je me rue chez Karen Millen où les fringues soldées sont classées par couleur. Il reste un exemplaire de la Plus Belle Robe du Monde. A seulement 64€, alors qu'elle en coûtait 299 à la base. C'est du 34. J'envisage de me pendre au plafonnier séance tenante. Puis, en fouillant sur les autres portants, je m'aperçois que la Plus Belle Robe du Monde existe aussi en "naturel" (une couleur que personnellement j'appellerais "ficelle"), et que la seule rescapée est un 40. A tout hasard, je l'essaye. Elle me va comme si elle avait été cousue sur moi, c'est à pleurer d'extase. Et la couleur est atroce sur mon teint lavabo, c'est à pleurer de rage. En plus, elle est beaucoup moins soldée que la noire et coûte encore 210€; à ce prix-là, je ne prends pas le risque de l'acheter pour la teindre (en rouge cerise, elle serait pourtant sublime). 

Au lieu de profiter du beau soleil estival, je rentre donc chez moi quasiment en courant et me connecte sur le site de Karen Millen. J'essaie d'acheter la Plus Belle Robe du Monde en noir et en 40... mais au moment de la payer, le site m'informe que quelqu'un vient juste d'acheter la dernière. 

AAAAAAAAAAAAAAAAAARGH.

Je cherche s'il n'y a pas d'autres revendeurs internet qui l'auraient encore. Si, il y en a: tout plein d'outlets louches avec un rating de sécurité de zéro. Hors de question que je leur file mon numéro de carte Visa. J'appelle la boutique qu'Anvers où on me demande en anglais de décrire la Plus Belle Robe du Monde pour être sûre que c'est la bonne - pour une fois que je peux rentabiliser toutes ces heures à lire les versions UK et US de Cosmo! - avant de me confirmer que oui, il en reste une en noir et en 40. Sauf qu'aller à Anvers cette semaine, ça ne m'arrange pas du tout, vu que je vais déjà à Paris le mercredi et que... Bon sang, mais quelle idiote! 

"Allô, la boutique Karen Millen de Paris? Vous auriez un exemplaire de la robe DN114 en noir et en 40?" "Désolée, on a vendu la dernière ce matin." "Bouhouhouhouhou." "Mais je peux regarder s'il en reste dans un corner de grand magasin." "Volontiers, merci." "Il y en a une à Strasbourg et une à Toulouse." "A Toulouse?" "Oui, sur notre stand des Galeries Lafayette." Bon, mais j'ai déjà envoyé mon père me faire une course en ville samedi dernier, et c'est la semaine de sa chimio, donc il va être cuit; je n'ose pas lui demander de retourner dans le centre pour moi... 

C'est alors que j'ai l'idée lumineuse de demander à Nekkonezumi si elle ne voudrait pas me rendre un immense service. Et bien que dans les cartons Ikea jusqu'au cou, vu qu'elle s'apprête à refaire toute sa cuisine, cette âme généreuse accepte de courir aux Galeries Lafayette dès le lendemain. Aujourd'hui à midi, elle m'envoie un mail pour me dire qu'elle est en possession de l'objet de mes fantasmes. Je suis folle gratitude, petites ailes aux chevilles et tête qui tourne de bonheur comme après une coupe de champagne de trop. Vu que je n'ai aucune confiance en la Poste pour la convoyer jusqu'à moi, a fortiori sans l'abîmer, je récupèrerai la Plus Belle Robe du Monde fin août. D'ici là, il faut juste que je me trouve la vie sociale qui va avec. 

Un jour comme les autres: vendredi 20 juillet 2012



Je me lève un peu avant 7h30, alors que Chouchou finit de se préparer pour partir au boulot. Premier geste: j'allume mon MacBook et pendant qu'il démarre, je me prépare un You Zi Hua Cha et un bol de yaourt nature bio avec du muesli Weight Watchers à la fraise. Je petit-déjeune en faisant mon tour habituel sur internet, plus quelques parties de Candy Crush Saga pour me mettre en train. Deux semaines que je bloque sur le niveau 65; je sens que je vais bientôt laisser tomber. Vers 8h30, je file faire mon lit et me débarbouiller pour pouvoir attaquer le boulot à 9h pétantes. 


J'ai commencé en début de semaine la traduction du tome 17 d'AB. Aujourd'hui, je tombe sur un truc chiant: un passage repris mot pour mot d'un tome précédent, mais pas en intégralité. Je pense que je vais m'en sortir en faisant un copié-collé du fichier texte définitif de l'éditeur, mais je n'arrive pas à modifier la police et la mise en page. Je suis donc bonne pour tout recopier à la main à partir d'un exemplaire papier, ce qui me fait perdre carrément plus de temps que si je traduisais le passage à partir de la VO du tome 17. En plus, je suis certaine que personne n'irait vérifier. Mais moi, je saurais que ça ne colle pas tout à fait, et ça me turlupinerait. 

Vers 13h, j'ai fini les 16 pages que je m'étais assignée pour la journée. Dehors, il fait un soleil hésitant. J'envisage un moment de me rendre place de la Monnaie pour participer au sitting organisé en faveur du capitaine Watson, mais comme mon ventre me fait mal, je finis par renoncer. Je vais sortir, oui, mais en restant plus près de la maison au cas où. Je grignote un reste de stoemp carottes de la veille, je prends ma douche et j'enfile un jean au cas où la météo tournerait. 


A 14h25, je suis au Comptoir Florian. Après avoir failli réclamer un Kabuze Kukicha dont j'adore la subtilité, je décide plutôt de tester quelque chose de nouveau et commande un Versailles (thé vert à la nectarine et au citron). Je le sirote en lisant trois ou quatre chapitres de "Shades of Grey" de Jasper Fforde. Je viens de dépasser le premier tiers, mais j'ai beaucoup de mal à accrocher sur ce bouquin - et de plus en plus mal au ventre. Au bout d'une demi-heure, je capitule et je m'en vais. Dehors, il s'est mis à pleuvoir... Pas un déluge, juste de quoi faire chier la promeneuse en goguette. 


Je passe à l'Amour Fou chercher le panier de légumes bio que j'ai commandé pour la semaine. Cette fois, j'ai des tomates, des courgettes, des carottes, une laitue, un pied de basilic avec encore sa motte de terre, un chou-rave qui est le premier de son espèce que je contemple en live, et un kilo de fèves des marais en vrac. Je rentre à la maison en grommelant contre la météo. Au moins, mon basilic n'aura pas le temps de se faner. 


Il est à peine 16h quand j'arrive chez moi, et Chouchou ne rentre que vers 18h. Je glande sur internet en quête de recettes pour préparer mon chou-rave, griffonne la liste des courses à faire au Delhaize ce soir puis continue l'ouvrage commencé mercredi: un couvre-lit à vagues qui devrait me tenir occupée assez longtemps et me coûter une petite fortune en fil de coton... mais le résultat en vaudra la peine, je pense. Mon mal de ventre devient légèrement insupportable et je me réfugie dans mon lit. 

Finalement, malgré un Doliprane qui a un peu calmé la douleur, je laisse Chouchou aller aux courses tout seul. Pour le repas du soir, je me contente de faire cuire des Croustibats qui traînent encore au fond du congélateur (je n'ai plus acheté aucun plat préparé depuis deux semaines) et de les accompagner avec des choux de Bruxelles revenus dans un peu d'huile d'olive. Nous mangeons devant "A scandal in Belgravia", le premier épisode de la saison 2 de Sherlock qui est bien la pure merveille que l'on m'avait annoncée. Nous nous repassons d'ailleurs la confrontation finale deux fois; puis je me jette sur internet pour commenter l'épisode sur Facebook avec ceux de mes contacts qui l'ont déjà vu, tout en buvant une tasse de thé au jasmin du Nong Cha. Vers 23h30, nous nous replions dans notre chambre pour lire un peu avant d'éteindre la lumière. Je vais décidément avoir du mal à arriver au bout de ce Jasper Fforde... 

lundi 23 juillet 2012

"Brave" (et une tirade énervée contre le Kinépolis)


Si on veut voir le dernier Disney en VO et en 2D, il n'y a qu'une possibilité à Bruxelles: le Kinépolis, où je n'avais encore jamais mis les pieds jusque là. Chouchou semblait quelque peu réticent à m'y emmener. "Oui mais tu sais c'est un multiplex sans charme, et puis c'est loin et dans un coin pas vraiment glamour..." En l'absence d'autre choix, nous y sommes quand même allés hier en début d'après-midi. Et dès mon passage en caisse, j'ai laissé échapper un grossier "Capitale de l'Europe, mon cul" en apprenant qu'ils ne prenaient pas la Visa. J'ai payé en Bancontact. Arrivée chez moi, je me suis rendu compte en regardant mon ticket qu'ils m'avaient compté 1,20€ de frais pour l'ensemble de la transaction. WTF?! Si l'on ajoute à ça qu'un entracte de dix minutes nous a été infligé au milieu d'une projection d'à peine 1h30, une chose est sûre: JE NE REFOUTRAI PLUS JAMAIS LES PIEDS DANS CETTE SALLE DE MERDE. 

Ceci étant établi, passons au film. (Attention: spoilers!) A la base, c'est Chouchou qui voulait le voir. Moi, je ne suis pas très Disney. Mais l'action se déroulait en Ecosse, l'héroïne était rouquine et tirait à l'arc: je subodorais  une belle aventure pendant laquelle elle prendrait la tête d'une rébellion et unirait les clans des hautes-terres. Il y aurait des scènes de bataille, des charges à cheval, des flèches qui voleraient dans tous les sens et ce serait grandiose. 

Sauf que non. 

La problématique du film, en fait, c'est "ma reum est un ours". 

Ouais. 

Alors OK, "Brave" est très joli et souvent drôle. Mais on ressort de là avec un petit goût de "et c'est tout?". 

Du coup, ma critique? Ben voilà, c'est tout. 

Les brunchs du dimanche (17): le Delecta




Dans un décor entièrement composé de mobilier de récupération, le Delecta, bar à vin logé dans une ancienne épicerie et situé non loin de la plage Flagey, reçoit une clientèle plutôt jeune et arty à partir de 11h30 le dimanche matin. Pas de formule brunch proprement dite, mais une carte qui comporte trois sortes de bagel, des oeufs coque ou brouillés, une quiche du jour servie avec sa salade ou des pommes de terre sautées aux herbes. Bref, de la petite restauration. Mais tous les produits utilisés sont bio, et tout ce qui est exposé dans le comptoir vitré fait envie. 


Nous avons commandé un bagel oeufs brouillés-bacon-cheddar pour Chouchou, et un poulet-guacamole-cheddar pour moi. Ils ont mis vraiment très longtemps à parvenir à notre table, peut-être parce que nous étions les premiers clients de la journée. J'ai trouvé le mien très satisfaisant, bien meilleur que celui que j'avais mangé la semaine précédente chez les Fils à Maman (bien que pas encore tout à fait au niveau de ceux du Pays des Merveilles). Même la salade, d'ordinaire là juste pour l'alibi légume et la tache de couleur, était bonne et bien assaisonnée, avec des petites graines de sésame sur le dessus. Chouchou, par contre, n'a pas eu l'air très content de son choix - et Dieu sait qu'il est moins difficile que moi en matière de nourriture. 

Notre bagel avalé, nous ne nous sommes pas attardés. Les autres clients avaient préféré s'installer en terrasse; je ne me sentais pas particulièrement à l'aise niveau ambiance et rien ne nous incitait à traîner. Au moment de payer, on nous a annoncé que l'établissement ne prenait pas la Visa, juste la Bancontact, et pas ce jour-là car la machine était en panne. Comme nous n'avions pas assez de liquide sur nous pour régler l'addition, Chouchou a dû courir en chercher à un distributeur de la place Flagey. Groumpf.

Le Delecta
Rue Lannoy 2
1050 Bruxelles

dimanche 22 juillet 2012

Chats orange & bleu électrique à l'abbaye de la Cambre


Ce week-end, pour la première fois depuis juillet 2010, j'ai enfin eu l'impression d'être en été à Bruxelles! J'en ai profité pour porter une de mes jolies robes Caroll achetées en soldes au barbecue d'anniversaire de Miss Sunalee, samedi après-midi; et dimanche, pour aller bruncher puis voir "Brave" au cinéma, j'ai choisi une autre robe qui dormait dans mon placard depuis son acquisition début avril. Dans les deux cas, j'ai porté des babies André de l'an dernier dont j'adore à la fois la couleur bleu électrique et la jolie découpe en gouttes d'eau sur les côtés. En plus, elles sont assez confortables pour supporter une promenade dans le parc sans mettre mes pieds à la torture... 






Robe: Louche
Gilet: Mango (old)
Chaussures: André (old)
Sac: Jen de Nat & Nin

samedi 21 juillet 2012

Swap littéraire "Voyage, voyage": les paquets reçus (2)


- Vous pouvez voir ici le paquet que Nathalie a envoyé à Miss Sunalee.

- ...et ici, celui de Miss Sunalee pour Isa R.

- Voici celui que j'ai envoyé à Kleo:

Cette nuit a été difficile, j’ai essayé de tromper l’insomnie en travaillant avant de retourner me coucher. Quand j’émerge vers 10h30, je ne suis pas en grande forme… et je suis tirée du lit par un coup de sonnette ! Je saute dans un jean, essaie de prendre vaguement une apparence humaine et ouvre au facteur… c’est le swap d’Armalite !




Armalite n’a pas choisi la facilité en prenant le thème du Japon, mais elle est tombée parfaitement juste ! Tout d’abord, « Hokkaidô Highway Blues », récit d’un autostoppeur au Japon (j’avais lu sa critique sur ce blog et je voulais justement le lire, bravo !). Ensuite deux paquets de bancha hôjicha, un thé que l’on boit beaucoup là-bas et que je n’avais pas en ma possession (et qui m’a rappelé l’époque où j’appartenais presque à une famille japonaise), puis un carnet de voyage très pratique (et très japonais). Je vois qu’Armalite me regarde raconter ma vie sur Facebook, car j’avais dit il y a quelques semaines que j’en cherchais un pour mes prochaines vacances.
Cette belle surprise était accompagnée d’un petit mot très gentil sur une jolie carte à motifs de fleurs de prunier.

Un immense merci à Armalite qui s’est cassé la tête pour m’envoyer un swap qui réussit la prouesse de nourrir ma passion en me faisant découvrir des aspects pour moi méconnus du Japon.


Kleo

"En silence"


Par une belle journée d'été, un groupe composé d'un moniteur, d'un jeune couple et d'une famille avec deux enfants effectue une descente en canyoning. Pour Juliette, c'est l'occasion de se retrouver seule face à elle-même et de s'interroger sur sa relation avec Luis, dont elle ne supporte plus l'immobilisme... 

On ne peut pas dire que le sujet de "En silence" m'attirait énormément à la base. J'ai horreur de l'eau, et je défunterais de trouille si je devais me lancer dans des rapides simplement protégée par une combinaison en néoprène. Les passages où Juliette, séparée du groupe, se retrouve coincée dans des grottes inondées, voire dans des passages si étroits qu'elle n'est pas sûre d'arriver au bout avant de se noyer, représentent un de mes pires cauchemars. 

Pourtant, j'ai beaucoup aimé ce premier album d'Audrey Spiry. D'abord pour son graphisme étonnant, ses explosions de couleurs que ne délimite aucun trait noir, sa représentation de l'eau dont elle fait une créature parfois joueuse et gourmande, parfois sombre et inquiétante. Sur le plan visuel, "En silence" est une pure merveille, au point que j'ai mis plusieurs dizaines de pages à m'arracher suffisamment à ma fascination pour en apprécier aussi le scénario. Et il le mérite, car la descente du canyon reflète avec une grande force symbolique le cheminement intérieur de Juliette, obligée de plonger en elle-même pour y trouver la vérité qu'elle n'a pas envie de voir. Le contraste entre la vivacité du dessin et la subtilité du propos est assez saisissant. Un album à savourer d'urgence, et une auteure à suivre. 

vendredi 20 juillet 2012

Où je me déguise en Alexia Tarabotti (version un peu dévergondée et sans ombrelle)


Si je suis assez peu portée sur les déguisements et costumes en tout genre, j'ai une affection très prononcée pour l'esthétique steampunk. Et ça faisait des années que j'avais envie de m'offrir un vrai corset, quelque chose de beau, de solide et de bien structuré. J'avais repéré de chouettes créations sur ce site anglais, mais j'hésitais à commander: peur que ce soit moins beau que sur les photos, ou de mauvaise qualité, ou pas à ma taille - et vu les frais de port et les délais d'envoi, un échange éventuel s'annonçait comme une grosse galère. Mais début mai, une promo "Corset + Jupe pour £100" a eu raison de mes appréhensions. J'ai choisi ce haut et ce bas. Puis j'ai attendu ma livraison promise pour la fin du mois. 

En réalité, j'ai reçu le corset le 5 juillet et la jupe le 16. Heureusement que je n'étais pas pressée! Le corset est magnifique et de très belle facture; j'aime particulièrement les quatre crochets grâce auxquels on peut le fermer très vite et de manière très sûre sur le devant. Pour le reste, il m'a fallu l'aide de Chouchou et près d'un quart d'heure pour ajuster le laçage correctement dans le dos. Mais  c'est très agréable de se sentir maintenue de la sorte, et ça oblige à garder une bonne posture car les baleines préviennent tout avachissement même infime. 

La jupe, par contre, ne m'emballe pas du tout. Elle est trop grande, et j'espère qu'elle le sera encore davantage d'ici à ce que j'aie l'occasion de la mettre (dans ma ligne de mire: Trolls & Légendes, en mars prochain). Et puis le tissu est une cotonnade très fine, transparente à la lumière et très facilement froissable. Sans compter qu'elle est trop longue - mais ça, je m'y attendais et une couturière pourra y remédier aisément. Je devrais sans doute la renvoyer, mais comme je le disais plus haut, ça va faire tout un patakès... et je ne suis pas sûre qu'un autre modèle me satisfasse davantage. Tant pis, je mettrai un jupon dessous et j'agiterai mon décolleté sous le nez des gens pour qu'ils ne pensent pas à regarder plus bas.

Bref, sans plus tarder: quelques photos prises hier soir. Je ne suis ni coiffée ni maquillée, mais j'ai un joli collier poulpe (made by La Princesse au Petit Pied qui fait des bijoux rétro, gore et/ou irrévérencieux)! Pour compléter cette tenue, j'adorerais m'offrir un des sublimes haut-de-forme en cuir du Chant des Louves...






jeudi 19 juillet 2012

"Grâce"


Depuis "Twist", je suis fan de Delphine Bertholon dont l'écriture a le don de me happer et qui sait très bien renouveler ses sujets d'un roman à l'autre. Cette fois, elle nous livre une histoire de secrets de famille à trois voix. Nathan Bataille, jeune veuf de trente-quatre ans qui continue à s'adresser mentalement à son épouse défunte, a emmené ses jumeaux passer Noël chez sa mère Grâce. Il y retrouve sa soeur Lise, quadra célibataire un peu aigrie qui végète dans un boulot sans intérêt et enchaîne les aventures sans lendemain, mais pas leur père qui a abandonné femme et enfants lorsque Nathan était encore tout petit. Très vite, des phénomènes étranges commencent à se produire dans la maison familiale perdue au milieu des vignes. Ont-ils un rapport avec ce qui s'est passé trente ans plus tôt, juste avant la séparation du couple Bataille? Le lecteur le découvrira à travers les extraits du journal que Grâce tenait à l'époque, ainsi que les lettres de la baby-sitter polonaise... 

Les lettres de la baby-sitter polonaise, justement. Pourquoi, mais pourquoi a-t-il fallu que l'auteur commence son roman par l'une d'elles? J'imagine que c'était juste destiné à éveiller l'intérêt, mais franchement, ça m'a fait deviner tout de suite le fin mot de l'histoire. Après, certes, il m'est resté le plaisir de retrouver une écriture fluide et naturelle qui pousse à enchaîner les pages très très vite; celui de goûter l'ambiance façon "histoire de fantômes" installée par Delphine Bertholon; celui de découvrir peu à peu les détails autour de la trame principale, jusqu'à un dénouement qui a quand même réussi à me surprendre. Mais pendant toute ma lecture, cette petite contrariété m'a empêchée de goûter pleinement la suite. J'aurais bien davantage apprécié "Grâce" si son premier chapitre était arrivé beaucoup plus tard, disons aux deux tiers du bouquin. Comme quoi, certains choix éditoriaux peuvent être lourds de conséquences... 

Swap beauté: les paquets reçus (9)


Voici le paquet de La Paulista pour Nelly:


J'ai donc à nouveau fait confiance à Armalite pour organiser un super swap et je n'ai pas été déçue. J'ai été présentée à La Paulista qui habite au Brésil, destination plus qu'inconnue pour moi au niveau beauté.
J'ai adoré chercher des produits à lui faire parvenir et à essayer de coller au mieux à ce que j'ai appris d'elle en quelque jours !
Pour ma part, le colis reçu était plus qu'à la hauteur de mes espérances. Sur la photo vous pouvez voir les restes des emballages cadeaux, 4 vernis (on ne voit pas bien les couleurs ici mais j'ai passé le reste de la journée à admirer mes doigts tellement ils sont beaux ! Il y en a même un qui change de couleur au soleil, mais son absence en Belgique ne m'a pas permis de le tester).
Il y a aussi deux produits d'une marque brésilienne, un crayon et une palette que je n'ai pas encore eu l'occasion de tester. Ensuite une petite boite de cotons déjà imbibés de dissolvant et enfin, pas des moindres, une pochette à pinceaux fait des propres mains de ma swappeuse avec deux pinceaux déjà bien rangés à leur place !
Merci à toute les deux pour ce swap ! C'était vraiment une très bonne expérience!



Nelly

mercredi 18 juillet 2012

Swap beauté: les paquets reçus (8)


Voici le paquet de Nelly pour La Paulista:





Ce matin-là je suis partie à la bourre, j'ai une journée de formation et une heure et demie de trajet. Le gardien m'arrête : il y a un paquet pour vous ! Il est 8h00 et le facteur est déjà passé, soit...Ca vient de Belgique, c'est donc le paquet de Nelly ! Je m'y attendais, mais je ressens malgré tout une joie qui me vient de bien loin, j'adore ce moment !
Et puis je pense alors : ouvrira, ouvrira pas ? Je n'ai pas d'appareil photo jusqu'à la semaine prochaine... 
De toute façon, là, je suis pressée, pas le temps de réfléchir. Je fourre l'enveloppe dans mon sac et pars jusqu'au soir faire ma formation. 
Le lendemain matin, je me lève tranquillement, je me prépare, et puis je me dis que je pourrais bien ouvrir l'enveloppe et savourer ce paquet rien que pour moi dans un moment rien pour moi.
J'ouvre donc. 
Un mini kabuki Bare Minerals pointe le bout de son nez au milieu de feuilles de papier journal. Il est tellement mignon qu'on a envie de l'utiliser pour maquiller des poupées ! Il est vraiment tout doux, le fond de teint minéral n'aura bientÙt plus de secret pour moi (enfin bientôt...la prochaine fois que je rentre en France, je m'y mets) !
Le papier journal recouvre en fait 4 paquets cadeau, emballés comme pour Noël... là je retombe en enfance, c'est la fête et je vais ouvrir des cadeaux !
Voici donc le contenu des 4 paquets. Nelly s'est occupée de m'aider à me maquiller (et j'avais vraiment besoin d'aide) :
- un kit de 3 masques Montagne Jeunesse, un Mud Mask avec de la vraie boue dedans pour peaux grasses, un masque hydratant au chocolat et un autre purifiant au chocolat blanc, avec des vrais bouts de chocolat fondu dedans...j'ai bien ri en lisant les étiquettes, je prévois de grands moments de rigolade lorsque je me tartinerai le visage de boue et de chocolat ;-) Bravo Nelly, j'ai adoré !
- un mascara brun de chez Rimmel : c'était un peu une commande déguisée, j'avais écrit à Nelly qu'il était très difficile ici de trouver autre chose que du mascara noir (j'habite au Brésil);
- une base pour les paupières I Love Stage d'Essence, pour combler cette énorme lacune de ma trousse ‡ maquillage qui faisait foirer au bout d'une heure tous mes essais de maquillage des yeux; 
- et enfin, une très belle palette universelle de chez UNE dont j'aime beaucoup les couleurs et le design !
Merci à toi Nelly pour cet échange et tous ces beaux cadeaux ! Tu as vraiment bien choisi, et je suis heureuse de découvrir grâce à toi autant de nouveautés (il n'y a dans ton paquet que des nouveautés pour moi, un vrai régal) !
Pour conclure, c'était mon premier swap, et j'ai vraiment adoré y participer !  J'ai pris autant de plaisir à préparer des cadeaux qu'à en recevoir, j'ai aimé faire la connaissance de Nelly et faire du shopping en pensant à elle, et recevoir des cadeaux est une joie qu'on devrait se permettre de ressentir plus souvent !
Je trouvais déjà l'idée du swap très belle, merci à Armalite de nous inciter à la faire vivre !

La Paulista

Les jolies demoiselles d'Emmeline


En mars, lors d'un passage au Carré d'Artistes de Toulouse, j'avais complètement craqué pour un tableau signé Emmeline: le portrait d'une petite brune à frange avec un manteau au col froufroutant. Hélas, j'étais à ce moment-là tout à fait fauchée. Pas question de claquer plus de 300€ dans un truc que j'allais, en plus, avoir toutes les peines du monde à ramener à Monpatelin en train. 

Fin juin, je suis repassée au Carré d'Artistes de Toulouse à un moment où, venant de recevoir mon reliquat de droits d'auteur de l'année précédente, j'étais beaucoup plus en fonds. Je sais qu'en principe, les artistes exposés tournent tous les deux mois, mais je nourrissais un tout petit espoir que les toiles d'Emmeline se soient assez bien vendues pour justifier une prolongation de cette durée. Coup de chance: en effet, elles étaient toujours là. Je me suis jetée avidement sur le présentoir afin de passer en revue les tableaux du plus grand format (45x45cm sans le cadre). Bien entendu, mon coup de coeur ne s'y trouvait plus. Mais il y en avait d'autres que j'aimais bien. Je les ai alignés sur le comptoir en essayant de les départager. Lequel irait le mieux chez moi? 

"Il nous en reste quelques autres dans la réserve" m'a dit la vendeuse. Elle est allée me les chercher. Mon coup de coeur n'y était pas non plus. J'ai réduit ma sélection à deux et hésité longuement. "C'est dommage, aucun ne me fait craquer autant que l'autre", ai-je murmuré à regret. "Il était comment?" Je l'ai décrit. "Ca me dit quelque chose..." Et la vendeuse de revenir après une fouille minutieuse avec dans les mains... ma petite brune à frange avec son manteau froufroutant. Mes parents, qui se trouvaient dans la boutique avec moi, sont témoins: j'ai poussé un "HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!" de joie. Oui, en majuscules et avec 21 I. Ce qui a beaucoup fait marrer la vendeuse. Mais franchement, mon joli tableau ne le méritait-il pas? 



Les yeux et le manteau sont des photos découpées, qui semblent provenir de magazines; 
le reste est peint à l'acrylique. 

Le plus drôle, c'est qu'en me voyant passer tous les autres tableaux en revue, ma mère avait craqué pour l'un d'eux (qui me plaisait aussi énormément mais dont les couleurs se seraient moins bien mariées avec mon intérieur). Et comme son anniversaire était quelques jours plus tôt et qu'il ne lui avait pas encore fait de cadeau, mon père le lui a offert! 




Liste des boutiques Carré d'Artistes, plus une sélection de tableaux en vente par correspondance, sur leur site internet

mardi 17 juillet 2012

"Sherlock" saison 1




Je suis toujours remplie d'appréhension lorsque quelqu'un s'avise de transposer mes oeuvres littéraires favorites sur petit ou sur grand écran. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les crises d'apoplexie que je manque de faire à chaque (inévitable) raccourci de scénario dans l'adaptation télé de "Game of Thrones"! Aussi, malgré les excellentes critiques d'amis et de collègues dont je partage souvent les goûts, je n'avais manifesté aucun empressement à regarder ce "Sherlock" réalisé en 2010 par la BBC. Le plus grand détective de tous les temps, arraché à son XIXème siècle et parachuté au XXIème? Je me passais fort bien d'une hérésie dans le genre du film avec Robert Downey Jr et Jude Law. Et non, vu que je ne suis pas fan de "Dr Who", le nom du scénariste Steven Moffat ne suffisait pas à me convaincre. 

Puis est arrivé l'été et sa traditionnelle pénurie de séries. Clairement, la grotesquissime saison 5 de "True Blood" n'allait pas suffire à nous occuper jusqu'à la rentrée. J'ai demandé à voir "Bunheads", la nouvelle série de la productrice de "Gilmore girls" qui a pour cadre une école de danse; et en échange, j'ai accepté de regarder le fameux "Sherlock" qui faisait très envie à Chouchou. Mais vous pouvez me croire: c'est avec une moue dubitative que je me suis installée sur mon canapé vendredi dernier. 

Cinq minutes plus tard, je bondissais dans tous les sens en hurlant "Mais c'est GENIÂÂÂÂÂÂL!". Limite si je n'accusais pas Chouchou d'avoir fait de la rétention de chef-d'oeuvre télévisuel jusque là. 

Cette saison 1, donc, comporte trois épisodes (oui, seulement...) d'une heure et demie chacun. Tous sont inspirés plus ou moins directement des nouvelles originales de Conan Doyle, même si certaines intrigues ont été remaniées voire fusionnées entre elles. La grande nouveauté que je redoutais, celle du changement d'époque, permet à Sherlock Holmes et à son acolyte, le Dr Watson, de recourir aux technologies modernes pour traquer les criminels. Elle participe à une mise en scène extrêmement inventive et à l'instauration d'un rythme nerveux, très loin de la lenteur associée à l'oeuvre littéraire dont s'inspire la série. Pour autant, je ne parlerais absolument pas de trahison, car l'essentiel demeure: l'incroyable intelligence analytique du héros, qui l'isole du commun des mortels, et sa relation avec le Dr Watson qui lui tient lieu d'unique amarre dans le réel. 




Et la distribution, mes aïeux! Benedict Cumberbatch prête à Sherlock Holmes une moue boudeuse sexy à souhait. Sa silhouette dégingandée vue de dos dans son imper noir qui vole derrière lui me fait venir des pensées fort peu civilisées - quelque chose de l'ordre du "Grrrrrrraouuuuu". Plus jeune que je n'ai toujours imaginé le héros de Conan Doyle, il apporte à son rôle une sensibilité pas déplaisante du tout, malgré son côté autiste de haut niveau persuadé de sa propre supériorité et doté d'un sens de la répartie cinglant: une sorte de croisement entre Sheldon Cooper et Gregory House (dont le personnage s'inspirait clairement de Sherlock Holmes, si bien que la boucle est joliment bouclée!). Face à lui, Martin Freeman campe un Dr Watson admiratif mais capable de tenir tête à son ami, ce qui ne m'a jamais semblé être le cas dans les romans. Son personnage n'en devient que plus intéressant, et sa relation avec le détective un peu plus équilibrée. 

Si je me laissais aller, je vous commenterais un par un mille détails de ces trois premiers épisodes - les répliques qui m'ont fait hurler de rire, les trouvailles de mise en scène qui m'ont épatée, l'unique passage que j'ai trouvé un peu mou, le traitement particulier du personnage de Moriarty... Mais je m'en voudrais vraiment de gâcher le plaisir que d'autres pourraient prendre à la découverte de la série. Si comme moi vous êtes fan de Sherlock Holmes et que vous hésitiez à la regarder, un conseil, laissez-lui sa chance. Ca m'étonnerait beaucoup que vous le regrettiez. Et le plus beau, c'est qu'à ce qu'il paraît, la saison 2 est encore meilleure que la 1!