vendredi 31 août 2012

Août 2012 (XXL)



Une corbeille à ouvrage en Zpagetti


Depuis plusieurs mois déjà, je mourais d'envie d'essayer le Zpagetti, un fil spécial conçu avec des restes de coton issus de l'industrie textile. Très épais, il doit être travaillé avec de grosses aiguilles ou un crochet de diamètre 10 ou 12. Il est surtout approprié pour créer des accessoires (sacs à main, notamment) ou des objets de déco (poufs, coussins, paniers...). Le problème, c'est qu'il est fabriqué en Australie et encore peu commercialisé en Europe. Je n'arrivais pas à en trouver à Bruxelles; par chance, à Toulouse, au moins deux magasins en proposent: le Cultura de Balma et Fifi Jolipois, dans la rue Cujas. Lundi, j'ai donc fait l'acquisition de 2 pelotes de 750g, une fuchsia et une rose clair (12,50€ pièce) et d'un crochet n°10 en bambou. Comme je travaille très serré, j'aurais plutôt dû prendre du 12, mais le seul modèle proposé était en plastique et extrêmement court, ce qui m'a fait un peu peur. Mon objectif: fabriquer une corbeille à ouvrage pour ranger mon couvre-lit en cours de confection et toutes mes pelotes en attente. 

La première chose qu'on remarque en travaillant le Zpagetti, c'est qu'il est impossible de tenir le crochet comme avec un fil classique: il faut en caler l'extrémité au creux de la paume et le manier presque comme un harpon. Répété pendant une heure ou plus, le geste produit sur les mains des frottements à la limite de l'ampoule, et donne des crampes dans tout le bras droit. Les sensations sont très différentes, mais pas désagréables malgré la fatigue induite. Et puis grâce à la grosseur du fil, l'ouvrage monte très, très vite. Il ne m'aura fallu, en tout, que l'équivalent d'une après-midi pour terminer ma corbeille à ouvrage. 




Avis aux maniaques dans mon genre: le Zpagetti ne permet pas d'obtenir un résultat parfaitement régulier. Son épaisseur varie énormément en cours de pelote, passant parfois du simple au triple. A certains endroit, le fil est "mité", voire presque coupé; à d'autres, il présente une couture de fil blanc bien visible, ou des noeuds impossibles à camoufler comme j'ai tenté de le montrer sur les deux photos ci-dessous: 





Si l'on ajoute à cela que j'ai travaillé sans patron, complètement au pif et en faisant sans doute des erreurs au moment du changement de rang (j'ai parfois dû augmenter ou diminuer d'une maille à ce moment-là), j'ai obtenu une corbeille pas franchement cylindrique, qui m'a fait penser aux premiers efforts en atelier poterie d'un enfant de CP avec ses renflements ici ou là - mais qui devraient s'atténuer une fois qu'elle sera bien bourrée de pelotes. Un ouvrage qu'on pourrait qualifier de raté, mais que je me suis bien amusée à confectionner. 




jeudi 30 août 2012

Queen Mum au Tommy's






Dans la zone commerciale de Labège, en banlieue toulousaine, se trouve un très beau diner à l'américaine qui sert de délicieux burgers accompagnés d'onion rings, de frites et de cole slaw, ainsi que la panoplie traditionnelle de gourmandises sucrées made in USA: milk-shakes, pecan pie, cheesecake... C'est toujours un plaisir d'aller grignoter un bout dans leur immense salle si agréablement décorée.






Mardi après-midi, après avoir écumé deux Maisons du Monde en quête de notre prochain canapé, Chouchou et moi avons fait une pause rafraîchissement au Tommy's. Pour être honnête, je n'avais ni très faim ni très soif: je voulais juste profiter du décor si bien assorti à ma robe à pois de Queen Mum pour faire quelques photos...



Robe: Louche
Sandales: Shelly's
Sac: Minelli



Tommy's
Avenue de la Méridienne
31670 LABEGE
Tel: 05 61 00 29 00
Réservations conseillées les vendredi et samedi soirs

mercredi 29 août 2012

66




Son nouveau traitement le cloue au canapé depuis des semaines. Sans fonctionner pour autant: ses marqueurs sont remontés de façon vertigineuse. Il tousse presque sans discontinuer, et nous sommes obligés de faire la sourde oreille pour ne pas montrer à quel point ses quintes nous brisent le coeur. Il refuse de boire parce qu'il n'a pas soif, de manger parce qu'il n'a pas faim, alors que les médecins lui serinent qu'il est très important qu'il s'hydrate et qu'il prenne des forces. Il se conduit comme un enfant. Il est absolument odieux avec ma mère, la personne au monde qui le mérite le moins. Je crois qu'il a perdu espoir et qu'il veut juste que tout ça s'arrête d'une façon ou d'une autre, maintenant. Et le pire ou le meilleur, dans cette maladie dont le traitement diminue à ce point les victimes, c'est que nous ne sommes pas loin de penser comme lui. Nous avons dépassé le stade de la révolte et presque atteint celui de la résignation. Nous n'en sommes pas encore à souhaiter que la fin vienne vite, mais ça pourrait venir. Ca viendra probablement. 

Hier soir, nous avons fêté son anniversaire au restaurant chinois. Il n'avait, je pense, pas la force de se traîner jusqu'à un endroit où manger une entrecôte-frites décente, mais il voulait sortir un peu quand même. Alors, nous sommes allés tous les huit aux Neuf Dragons. Il a picoré sans appétit dans le plateau gourmand commandé avec ma mère, Chouchou et moi: un beignet de crevette, un mini-nem, une cuillère de salade thaï. Rien ne passait, ou pas volontiers. En dessert tout de même, il a réussi à avaler une boule de sorbet au citron et une boule de glace au chocolat avec leur petite spirale de chantilly industrielle.

Pendant ce temps, les enfants se livraient des duels de baguettes chinoises et démantibulaient méthodiquement les ombrelles en papier; Chouchou s'assurait qu'aucun aliment ne finisse seul et délaissé dans un plat; ma soeur nous racontait comment elle avait passé la soirée de la veille aux urgences avec un bout de cartilage de poulet coincé dans la gorge de Cahouète, courtesy of the KFC; David prenait par téléphone des nouvelles d'un joueur de son équipe de hockey qui venait de se faire transpercer la lèvre inférieure par l'extrémité d'une crosse; et je m'appliquais à faire de superbes taches de gras sur ma robe moutarde à pois blancs héritée de la Reine-Mère, poussant le vice jusqu'à me coller un vermicelle sauté dans les cheveux. Chacun de nous devait penser que c'était sans doute le dernier anniversaire de mon père. Mais même cahin-caha, même avec un arrière-goût de larmes contenues, c'était toujours la vie. 

mardi 28 août 2012

"L'embellie"


Elle a trente-trois ans; elle est traductrice, n'a jamais voulu d'enfants, et son mari vient de la quitter pour une collègue plus jeune enceinte de ses oeuvres. Soudainement sans attaches, elle décide de partir faire le tour de son pays - l'Islande. C'est alors que sa meilleure amie, hospitalisée en urgence, lui confie pour quelques semaines la garde de son fils Tumi, un petit garçon de quatre ans sourd et malvoyant... 

Deuxième roman paru en français d'Audur Ava Olafsdòttir, "L'Embellie" présente de curieuses similitudes avec "Rosa Candida". Ici aussi, un adulte se retrouve catapulté un peu à l'insu de son plein gré dans le rôle de parent; et ici aussi, cette responsabilité nouvelle va l'aider à grandir et à devenir pleinement lui-même. Mais là où "Rosa Candida" impressionnait surtout par son atmosphère poétique, à la limite du conte de fées, "L'embellie" est fortement ancré dans le réel, et contrairement à ce que je craignais en attaquant ma lecture, il ne m'en a touchée que davantage. 

J'avoue toutefois une certaine partialité: d'abord parce que j'ai de nombreux points communs avec l'héroïne; ensuite parce que je suis très sensible à l'humour subtil mais omniprésent de l'auteur; enfin, parce que les paysages islandais et leur nuit quasi perpétuelle de novembre-décembre sont quasiment un personnage à part entière du récit. A eux seuls, ils auraient suffi à m'envoûter et à me faire apprécier "L'embellie". De la même façon, le road trip singulier, symbolisant le voyage intérieur de cette femme qui me ressemble tant, aurait suffi à me tenir en haleine malgré une quasi-totale absence d'action au sens habituel du terme. Conjugués, ces deux éléments donnent à "L'embellie" une force et une maturité qui m'ont presque fait oublier le charme étrange de "Rosa Candida". 

lundi 27 août 2012

"Du vent dans mes mollets"


En 1981, Rachel a neuf ans, et elle dort toute habillée avec son cartable. Sa mère surprotectrice la surnomme "Pois Chiche" et la gave de boulettes; son père taciturne ne rate pas une occasion de lui rappeler qu'elle a bien de la chance par rapport à lui qui a passé son enfance à Auschwitz et perdu toute sa famille dans les camps; sa grand-mère partage sa chambre depuis qu'un AVC l'a laissée paralysée d'un bras; sa maîtresse en string et talons aiguille fuchsia s'obstine à l'appeler "Raphaëlle" et l'a prise comme souffre-douleur; sa psy lui apparaît dans ses rêves. Puis Rachel fait la connaissance de l'intrépide Valérie, une fillette bavarde et sans-gêne dont l'amitié va bouleverser sa vie... 

Je suis allée voir ce film en pensant m'offrir un trip nostalgique de quadra qui a grandi dans les années 80, doublé d'une bonne tranche de rire. Pour le coup, j'étais pas mal à côté de la plaque. Même s'il ne manque pas de moments amusants, "Du vent dans les mollets" est plus profond et plus grave que prévu. Rachel est écrasée par le poids de l'histoire de ses parents, eux-mêmes confrontés à l'usure de leur couple qu'ils ne savent pas trop comment combattre. La mère célibataire et fantaisiste de Valérie va leur servi de révélateur. La fin est très émouvante, pleine d'espoir et de poésie d'un côté, absolument dramatique de l'autre. Mais si vous cherchez un film dont vous allez sortir le sourire aux lèvres et le pas guilleret, allez plutôt voir autre chose. 

dimanche 26 août 2012

"Downton Abbey" saison 1


L'été est souvent, pour nous, l'occasion de tester de nouvelles séries qui nous ont échappé pendant l'année. Après notre coup de foudre pour le "Sherlock" de la BBC, nous nous sommes intéressés à une autre production anglaise qui récoltait les louanges d'une grande partie de nos connaissances. 

En 1912, suite au naufrage du Titanic dans lequel a péri son héritier putatif, Lord Grantham, dont l'épouse Cora ne lui a donné que des filles, doit faire appel à un lointain cousin pour reprendre un jour la gestion du domaine de Downton Abbey. Matthew Crawley vient donc s'installer au village avec sa mère Isobel. Mais il n'a nullement l'intention de renoncer à son métier d'avocat; aussi, sa découverte de la vie aristocratique ne sera-t-elle pas sans heurts...

Disons-le tout de suite: je ne suis pas fan des séries ou des films en costumes, et je n'apprécie que modérément ceux qui mettent en scène des troupeaux entiers de personnages. Le temps de repérer qui est qui, on a laissé passer une foule de détails fondateurs importants, et une fois qu'on s'est attaché à certains d'entre eux, on regrette qu'ils n'aient pas plus de temps à l'écran. Pourtant, je me suis laissée charmer par ces "Feux de l'amour" d'il y a un siècle. J'ai apprécié qu'on nous montre la vie des domestiques autant que celle de leurs maîtres; j'ai haï ces ignobles comploteurs que sont Thomas le valet de pied et O'Brien la femme de chambre de Cora; j'ai soutenu à fond Bates le nouveau venu boiteux au passé mystérieux, et espéré qu'il finisse par conclure avec la douce Anna; je me suis énervée contre Mary et Edith, les deux filles aînées qui passent leur temps à saboter la vie amoureuse l'une de l'autre; j'ai ri des joutes verbales entre la douairière Lady Violet Grantham (impayable Maggie Smith) et Mrs Crawley. 

Au-delà des relations souvent complexes et tumultueuses entre les personnages, "Downton Abbey" me semble intéressant par sa façon de dépeindre une période charnière de l'histoire européenne. Dans cette première saison, on assiste à l'émergence des revendications féministes, aux débuts du confort moderne avec l'arrivée de l'électricité et du téléphone, à l'amorce d'un basculement de l'équilibre social en vigueur jusque là, et surtout aux prémisses de la guerre de 14-18 qui devrait former la toile de fond de la deuxième saison. Bien sûr, on sort rarement du cadre du domaine dont le fonctionnement doit être assez peu représentatif de l'ensemble de l'Angleterre au début du XXème siècle, d'autant que Lord Grantham est un maître extrêmement compréhensif et soucieux du bien-être de ses domestiques. Du point de vue de la forme, la réalisation est particulièrement classique et sans surprises, et j'ai parfois été décontenancée par la gestion du temps: beaucoup de changements dans une très courte période, puis on saute directement six mois plus tard. Mais ce ne sont pas des raisons suffisantes pour bouder notre plaisir, et nous comptons vite regarder la saison 2 pour pouvoir enchaîner sur la 3 qui sera diffusée cet automne. 

vendredi 24 août 2012

Nouveaut(h)é: le Gnawa de l'Herboristerie Moderne


J'ai découvert le Gnawa à l'Amour Fou, et je suis aussitôt tombée amoureuse de ce thé vert bio à la menthe, aux agrumes, au ginseng, au gingembre et à l'aloe vera. Aimablement informée par la carte qu'il provenait de l'Herboristerie Moderne, j'ai foncé à la boutique dès que j'ai eu un moment de libre, et j'en ai acheté quatre paquets, au cas où une guerre éclaterait prochainement. 




Outre le fait que ses accords raffinés et toniques à la fois sont délicieusement rafraîchissants, le Gnawa présente cette particularité d'être aussi bon chaud que glacé (en principe, tous les thés que j'ai dans ma PAB sont exclusivement réservés à l'un ou l'autre usage). Je crains que mes réserves ne fassent pas long feu... Cela dit, peu importe, car en plus d'être bon et sain, le Gnawa coûte une misère: à peine 4,20€ les 100g. A découvrir d'urgence!

Rue du marché au charbon 87
1000 Bruxelles

Les signes auxquels je reconnais que je suis enfin adulte


Illustration empruntée ici.

Je ne me préoccupe plus des attentes des autres
Je m'en fous qu'ils pensent qu'une femme qui ne veut pas d'enfants est anormale; je ne vais pas devenir mère pour leur faire plaisir. Et je m'en fous qu'ils pensent que je gâche mon potentiel en me contentant de traduire des romans de genre au lieu de faire de la recherche en physique nucléaire, d'être vice-présidente d'une boîte de com ou, au pire, d'écrire le prochain Goncourt. Les facilités que je peux avoir dans un domaine ou l'autre sont une option, pas une obligation. J'ai parfaitement le droit de ne pas les exploiter. J'estime être la personne la mieux placée pour savoir ce qui est bon (ou pas) pour moi. Parfois, des gens qui me veulent du bien me donnent des conseils mal avisés avec les meilleures intentions du monde. J'apprécie leur sollicitude, mais je les ignore quand même. 

J'ai déterminé une fois pour toutes mes priorités dans la vie
Passer du temps avec les gens que j'aime. Voyager. Créer. Grosso modo, je me fous de tout le reste. Et je ne vais consentir aucun sacrifice ni faire aucun effort qui ne vise pas l'un de ces trois objectifs. Le statut ou la reconnaissance sociale, par exemple, est une chose dont je me fiche éperdument. Je n'ai pas besoin de l'admiration des autres pour valider mon existence.

Je ne cherche pas à être aimée à tout prix
Je peux supporter que quelqu'un ne m'apprécie pas. Même quelqu'un de mon entourage proche. Même quelqu'un que moi, j'apprécie bien. Evidemment, je préfère qu'on me trouve drôle, sympa et intelligente plutôt que l'inverse. Mais il y a aussi des gens auxquels je n'ai rien à reprocher et avec lesquels je n'accroche tout simplement pas; il est donc normal que ça arrive aussi dans l'autre sens. Et ce n'est pas grave: j'ai déjà trop d'amis pour arriver à leur consacrer autant de temps que je voudrais. Je ne suis pas une cheerleader dans une série américaine; la popularité n'est pas nécessaire à ma survie.

Je sais que ma valeur en tant qu'être humain n'est pas chiffrable
Ni le poids qui s'affiche sur ma balance, ni le montant que je déclare aux impôts chaque année ne définissent qui je suis et ce que je vaux. Les gens que j'admire le plus n'ont ni une silhouette de mannequin, ni le compte en banque de Donald Trump. Ils sont remarquables par leur talent, leur intelligence, leur sagesse ou leur bonté, pas par leurs mensurations "idéales" ou leur train de vie faramineux. Moi, je n'ai pas la prétention d'être remarquable. Mais je suis une personne de bonne volonté, qui la plupart du temps fait de son mieux pour rendre la vie un peu plus jolie autour d'elle. De mon point de vue, ça suffit à justifier l'air que je respire.

J'ai appris et retenu quelques grandes leçons de vie
En vrac: le bonheur n'est pas la destination mais le chemin - et chacun est responsable du sien. Un zèbre peut changer ses rayures dans une bien plus grande mesure que ne le croient la plupart des gens (mais ça demande du travail). La bienveillance crée un cercle vertueux. Dans tout conflit, le gagnant n'est pas celui qui a raison mais celui qui est le plus convaincu d'avoir raison. Il faut manger dans la belle vaisselle tous les jours au lieu de la garder pour une grande occasion qui n'arrivera peut-être jamais. Neuf fois sur dix, les peurs qui nous paralysent ne se réaliseront pas. Et surtout ceci: à moins d'être tenu en joue par un fou furieux armé d'un revolver, on a toujours le choix.

jeudi 23 août 2012

Le colis de non-swap de Kleo


En début de semaine, j'expliquais à Ma voisine millionnaire, qui n'avait toujours pas reçu son colis du swap voyage, que sa swapeuse Poni P. avait disparu dans la nature sans accuser réception du colis qui lui avait été envoyé par Camille M., et apparemment sans envoyer celui qu'elle devait faire pour Ma voisine millionnaire, donc. Je disais à cette dernière que si nous étions toujours sans nouvelles de Poni P. d'ici la rentrée des classes, je lui confectionnerais moi-même un paquet pour remplacer l'autre, avec d'autant plus de plaisir que Ma voisine millionnaire était ma swapeuse dans cette boucle et que j'ai beaucoup aimé le livre et les objets qu'elle avait choisis pour moi. Cela ne m'empêchait pas, je l'avoue, de fulminer contre les personnes irrespectueuses de leurs engagements (et Dieu sait que Poni P. n'a pas été la seule lors des trois derniers swaps, même si elle remporte la palme haut la main). 

Et puis mercredi en fin de matinée, mon facteur a sonné. Je n'attendais pas de colis; j'ai donc pensé que c'était pour Chouchou, et j'ai été très surprise de voir mon nom sur la boîte - mais moins que de découvrir celui de Kleo dans la case réservée aux coordonnées de l'expéditeur. Avec la patience et la délicatesse qu'on me connaît, j'ai rapidement éventré le carton et découvert ceci à l'intérieur:




Ouais, un colis de swap de la fille que j'avais moi-même swapée! Si j'organise un nouveau swap un jour, j'envisagerai sérieusement d'adopter la répartition par binômes plutôt que la boucle. 




Kleo avait choisi le thème du Japon que nous avions en commun toutes les deux. Je n'avais jamais rien lu de Junichirô Tanizaki, et la quatrième de couverture m'a pas mal intriguée. Ce roman court et léger sera parfait à dévorer pendant un prochain voyage en train! Pour l'accompagner, une boîte à thé qui tombait à pic, puisque je comptais l'après-midi même faire l'emplette d'une nouvelle variété goûtée chez l'Amour Fou (dont je vous reparlerai un peu plus tard car c'est une merveille); mais aussi un porte-bonheur qu'on suspend à l'entrée de la maison, me semble-t-il; le vernis Tokyo de Mavala, un violet profond qui manquait à ma collection; une carte avec un Georges-Arthur à découpe; et un marque-page magnétique Bookbinders qui a aussitôt migré dans mon bouquin en cours. 

Je ne sais jamais trop quoi dire face à la gentillesse spontanée de certaines de mes lectrices - à part, évidemment, un énorme merci du fond du coeur. C'est parfois un exercice un peu bizarre que de raconter sa vie sur internet sans savoir par qui et comment elle est reçue à l'autre bout. Du coup, ce genre d'attention me fait vraiment chaud au coeur; elle me donne l'impression que j'ai dû, à un moment, écrire quelque chose qui méritait d'être partagé. Et pour en revenir à l'anecdote que je racontais au début de ce billet, elle me donne aussi l'impression que la bonne volonté et les efforts d'attitude que l'on peut faire engendrent le même genre de réponse de la part de l'univers. Ce qui est plutôt cool, non? 

Hommage aux hommes féministes


Deux "affaires" ont profondément choqué la féministe en moi cette semaine: l'article, dans le magazine Joystick, d'un journaliste faisant l'apologie du viol subi par Lara Croft dans le dernier opus du jeu vidéo éponyme, et les propos d'un sénateur américain qui a déclaré sans trembler qu'en cas de viol véritable, le corps de la femme avait un mécanisme de protection naturel qui l'empêchait de tomber enceinte, et que l'avortement n'était donc pas justifié même pour les victimes d'agression sexuelle. 

Le propos de mon billet n'est pas de prouver à quel point l'attitude du premier relève d'un machisme ignoble et celle du second d'un obscurantisme crasse, ni de me désoler que l'on entretienne ainsi la culture du viol dans nos sociétés pseudo-égalitaires où le féminisme n'a soi-disant plus lieu d'exister vu que toutes les batailles importantes ont déjà été remportées. Ces arguments, vous les connaissez déjà, et si vous aimez me lire pour d'autres raisons que baver devant des photos de chaussures ou récupérer des adresses de resto sympas, vous partagez sans doute mon point de vue. 

Non, ce que je voudrais faire ici, c'est rendre hommage aux hommes féministes qui m'entourent. Ils ne se revendiquent peut-être pas comme tels, mais ils sont faciles à reconnaître. Ils ont choisi de partager la vie de femmes brillantes, drôles, qui parfois gagnent plus qu'eux, et ils ne se sentent absolument pas menacés dans leur virilité pour autant. Ils savent la valeur d'une vraie égalité dans le couple, d'un rapport de partenaires et de complices plutôt que de chef de famille et de femme de ménage gratuite. Ils ne se sentent pas rabaissés quand ils se mettent aux fourneaux ou empoignent l'aspirateur. Ils respectent le droit des femmes à disposer librement de leur corps, qu'il s'agisse de contraception, d'avortement ou d'allaitement. Ils trouvent normal qu'à poste semblable et compétences égales, leurs collègues dotées d'un utérus soient payées autant qu'eux. Ils ne pensent pas que certains métiers sont réservés aux hommes, que les conductrices sont toutes des dangers ambulants, qu'une femme à la sexualité libérée est une salope, qu'une lesbienne a juste besoin d'un bon coup de bite pour changer d'avis ou qu'un "non" n'est jamais qu'un "oui" qui n'ose pas se dévoiler. Ils ont compris qu'il est aussi dans leur intérêt que les deux sexes aient les mêmes droits et les mêmes devoirs - que tout autant que les femmes, ça les libèrera des attentes archaïques qui pèsent sur eux.

A tous ces hommes, du fond du coeur, je dis merci d'exister. Merci de vous dresser avec nous contre le machisme pas mort et le paternalisme encore rampant de ceux avec lesquels vous ne partagez rien de plus qu'un chromosome Y. 

Photo empruntée ici.

mercredi 22 août 2012

Où mon père n'approuve toujours pas mes choix modesques


Voici une dizaine de jours, je commande le petit pull Louche sur lequel je bave depuis plusieurs mois:


Histoire d'amortir les frais de port élevés depuis l'Angleterre, je rajoute une robe de la même marque soldée à £25, en espérant qu'elle soit bien jaune bouton d'or comme sur la photo au lieu de tirer vers le moutarde:


D'après le mail que vient de m'envoyer mon père, je risque fort d'être déçue:


Il est arrivé ce midi pour toi une grosse enveloppe molle "par avion" contenant un pull rouge ainsi qu'une robe couleur caca d'oie avec des pois blancs, le tout venant de Londres. Je suppose que ces fringues ont appartenu à la reine mère !

In love with life


Quand je sors de chez Filigranes un gros sac de bouquins au bout du bras, il est 18h50. La canicule est retombée, cédant la place à une chaleur idéale sous un bel azur moutonnant; Chouchou bosse jusqu'à minuit ce soir, et rien ne m'attend à la maison qu'un reste de gratin de chou-fleur/broccoli. Ma décision est vite prise: cap sur le parvis Saint-Boniface. 




La terrasse du Mano a Mano, restaurant italien aux pâtes excellentes mais à la salle par trop bruyante, commence juste à se remplir. J'annexe l'avant-dernière table sur le bord et sors de mon sac le nouvel Audur Ava Olafsdòttir que je viens juste de m'offrir. La serveuse passe prendre ma commande: ce sera des orrechiette alla siciliana. A peine a-t-elle disparu à l'intérieur que je veux la rappeler pour lui demander plutôt des fettucine aux scampi. Ou des pappardelle à la truffe. Bon, tant pis, ça ira comme ça. 




Au milieu de la place, un trio de musiciens attend que les terrasses soient pleines pour commencer à jouer. A ma gauche, un homme bronzé qui doit avoir mon âge est assis seul, comme moi, et déguste, comme moi, un verre de vin tout en lisant. A ma gauche vient s'asseoir un couple entre deux âges qui se met à discuter très vite en espagnol, langue que je ne comprends pas assez bien pour me laisser distraire par la conversation. Mon héroïne écrase une oie sur la route avant de se rendre chez son amant, et décide de faire un crochet par l'épicerie pour acheter de quoi la farcir. Ca commence bien!




Dans un français parfait, à peine mâtiné d'une pointe d'accent, mon voisin de droite s'excuse pour sa curiosité et me demande ce que je lis. Il a un sourire franc qui plisse le coin de ses yeux derrière ses petites lunettes à monture métallique. Nous échangeons quelques considérations sur les romans qui ne méritent pas d'être finis. Il me confie qu'il a abandonné "Guerre et paix" à dix pages de la fin parce qu'il n'arrivait à s'attacher à aucun des personnages; puis mon assiette arrive et il me souhaite bon appétit avant de reporter son attention sur sa compagne. 

Moi qui mange si vite d'habitude, je déguste mes pâtes lentement, en savourant chaque bouchée et chaque seconde de cette belle soirée. Les musiciens se mettent à jouer, et je suis surprise de trouver ça agréable. Leurs chansons sont entraînantes mais pas exagérément connues; le guitariste a une belle voix et le bon goût de ne pas trop la pousser; deux des cordes de la contrebasse sont jaunes fluo et l'accordéoniste ressemble à un chef de clan corse. Leurs accords se mêlent idéalement à la douceur de l'air. Quand ils passent parmi les tables, tout le monde ou presque dépose une pièce dans leur bourse, du jamais vu!

La serveuse en petit top à fleurs vient chercher mon assiette et m'énumère les desserts avec un vrai sourire. Plus tard, peut-être commencera-t-elle à grimacer sur ses jambes lasses, mais pour l'heure, elle semble presque passer un aussi bon moment que moi. Je prends quelques photos, mais il faudrait être bien plus douée que moi pour parvenir à capturer la perfection de l'atmosphère. Il me semble qu'à cet instant, rien de mal ne peut arriver dans le monde. Et je sais que c'est une illusion, mais l'espace d'une heure, je la laisse me bercer. Ce soir, je suis amoureuse de la vie. 



mardi 21 août 2012

Les brunchs du dimanche (18): Madame Oleson


Ayant quasiment épuisé toutes les possibilités décentes sur Bruxelles même, nous avons  avant-hier midi étendu notre champ d'action dominical jusqu'à la petite ville de Genappe pour tester le brunch de Madame Oleson.





Qu'est-ce qu'on mange?
- Buffet avec plateau de fromages, plateau de charcuterie, saumon fumé, salade de tomates, poivrons farcis froids, salade de pomme de terre mayonnaise, salade de fruits et jus de pomme bio, en libre service.
- Sur demande et inclus dans la formule: oeufs en omelette, au plat ou brouillés; crêpes; pain perdu. 
- A volonté: corbeilles de pain aux céréales et de cramique; pâte à tartiner au chocolat; deux sortes de confiture; beurre.
- Non inclus dans la formule: les boissons chaudes (mais grand choix de thés, auxquels la chaleur ne nous a hélas pas donné envie de goûter). Non prévus du tout (et c'est bien dommage): des viennoiseries.
Combien ça coûte?
20€ la formule brunch, et c'est la seule chose servie le dimanche.




La salle en L se compose, d'une part, d'une table d'hôtes à 14 couverts, et d'autre part, de 5 petites tables pour 2 personnes. Si vous réservez, précisez au téléphone où vous souhaitez être placés. 

Pour le prix, je trouve qu'une boisson chaude et une viennoiserie pourraient être incluses dans la formule. A part ça, je n'ai pas de doléance côté nourriture, tout était très bon. L'accueil est sympathique malgré un service un poil désorganisé; mais la salle est suffisamment petite pour que ça ne soit pas trop gênant. 




Le vrai point fort de Madame Oleson, c'est que le restaurant se double d'une épicerie fine qui propose des tas de cochonneries gourmandises toutes plus appétissantes les unes que les autres. Si je m'étais écoutée, je serais repartie avec un panier plein de lemon curd, de crèmes improbables (melon/pastaga!), de tisanes au nom poétiques, de mélanges de thés pas encore testés, d'épices et de sels parfumés, de limonades aux couleurs de l'arc-en-ciel ou de biscuits trop choupinets pour être mangés. Mais sagement, je me suis contentée de deux pots de confiture: orange douce, que je venais de goûter et qui ira très bien dans ma recette de mini-cakes aux agrumes, et pêches de vigne parce que c'est juste trop bon.

Madame Oleson
Rue de Bruxelles, 33
1470 Genappe
Tel: 067 41 06 77

lundi 20 août 2012

10 raisons de se réjouir de la canicule




1. A peine sorti de la machine à laver, le linge propre est déjà presque sec. Ca tombe bien, vu qu'on transpire tellement qu'on est obligé de se changer 3 fois par jour.

2. On a remonté le ventilateur de la cave, où il dormait depuis l'été 2010. C'est triste, un appareil ménager dans l'incapacité d'accomplir son destin.

3. On a passé juillet à se plaindre du gris, du froid et de la pluie; on peut maintenant se plaindre de la chaleur étouffante. C'est important, de varier les plaisirs. 

4. Par une chaleur pareille, on est OBLIGE de manger des glaces. Du coup, on se félicite de préserver des emplois chez Häagen-Dazs et Ben & Jerry's. 

5. Au lieu de se laisser tenter par les ruineuses collections automne-hiver qui font leur apparition dans les magasins, on dégote une parfaite petite robe d'été à trois kopeks en fin de soldes.

6. Le matin, les vêtements sont vite choisis et encore plus vite enfilés.

7. Dans la rue, on peut admirer les biceps des garçons et les mollets des filles. Ou l'inverse, d'ailleurs. 

8. On s'enduit forcément d'écran total avant de sortir. On sent le monoï toute la journée. Et alors qu'on bosse en ville, on a un peu l'impression d'être à la plage. 

9. L'appétit chutant d'environ 10% par degré au-dessus de 30, on se dit que si le thermomètre pousse jusqu'à 40, on pourra vivre d'amour et de thé glacé jusqu'à fin septembre.

10. On tient une excuse parfaite pour se réfugier dans les lieux climatisés - par exemple, au cinéma ou au centre commercial. Puisque c'est une question de survie. 

Photo empruntée ici.

Swap littéraire "Voyage, voyage": les paquets reçus (8)


Voici le paquet de Pillapon pour Camille M:





Le 4 août dernier, j'étais en direction du Luxembourg avec un groupe de personnes handicapées que j'accompagnais lors de leurs vacances.Quelques heures plus tard Maman m'appelle " Ton colis inconnu vient d'arriver!!!"  Zut pour quelques heures  me voilà obligée d'attendre deux longues semaines...
En rentrant donc cet aprés-midi je me jette sur mon colis dont l'expeditrice n'est autre qu'une certaine Camille ( Merci Armalite pour le clin d'oeil ). 
J'ai donc découvert une charmante petite carte postale où ma swapeuse s'excuse de son retard, se présente à moi et m'invite gentiment à continuer d'échanger via FB ( je suis comblée pour le moment).
& la suite n'est que bonheur: dans le petit paquet violet  un petit bracelet " Made in Camille" qui a tout de suite adopté mon poignet, ensuite un grand sachet de thé qui respire les senteurs orientales et plus particulièrement celle de Turquie, ce dernier se boit chaud comme froid ce qui est idéal  étant donné les chaleurs caniculaires du moment. Concernant le livre ma swappée est tombée juste en m'offrant un livre de Marc Levy (dont je suis fan depuis toujours!) " L'étrange voyage de Monsieur Daldry" ; je l'ai lu à sa sortie mais c'est avec plaisir que je vais me replonger dans l'univers d' Istanbul (nb: Une jeune créatrice de parfum va de ville en ville,de pays en pays pour découvrir que...)  accompagné d'un marque-page en forme de bouteille de parfum .
 Alors non seulement, ce swap m'a comblée mais j'ai vraiment aimé la cohérence des objets qui sont tous liés par l'univers du parfum ou de la Turquie, alors un grand merci à Mlle Camille alias Pillapon pour avoir pris le temps et le plaisir de me concocter un si beau colis et merci à Armalite de m'avoir associer à une Camille et de m'avoir accepter à ce premier swap qui ne m'a pas deçue !
A trés vite les filles,

Camille M

dimanche 19 août 2012

Etoiles & rayures




Samedi en début d'après-midi, j'ai bravé la "canicule" belge (ici, ils appellent ça comme ça à partir  de 30°!) pour aller faire, sur l'esplanade du Luxembourg, quelques photos de la petite robe à étoiles que j'étais si contente d'avoir dénichée en soldes. Globalement, la marque Caroll est un chouïa trop classique pour moi, mais j'ai quand même acheté plusieurs de leurs pulls l'hiver dernier et je trouve le rapport qualité-prix très convenable. 




Oui, pour une fille du Sud, j'ai une étonnante ressemblance chromatique avec un lavabo. Mais je m'enduis systématiquement d'écran total avant de sortir; moyennant quoi, les installateurs de fenêtres neuves me donnent dix ans de moins que mon âge réel (enfin, l'un d'eux au moins). Il faut choisir ses batailles cosmétiques.




La ceinture était fournie avec la robe; la bague a été achetée à Istanbul l'an dernier; les lunettes de soleil viennent (probablement) de chez Claire's, et la barrette à fleur de chez H&M. Oh, et le gilet que j'ai enlevé entre la deuxième et la troisième photos est un super petit basique Mango. 




Ce vernis à ongles, c'est le Red Tango d'Estée Lauder. Je dois l'avoir dans mes placards depuis dix ou douze ans. Sa texture n'a pratiquement pas bougé depuis le premier jour, et il est tellement opaque qu'une seule couche suffit même pour une maniaque de la bicouche comme moi. Sans compter que sa tenue est top. J'ai plusieurs vernis Estée Lauder, et je trouve que leur qualité en fait une des seules marques de luxe dont les prix sont justifiés. 




Et ça, ce sont mes dernières Chie Mihara en date, trouvées soldées à - 50% chez Les Anonymes. Ce ne sont pas du tout les chaussures qui m'avaient tapé dans l'oeil au premier regard; pourtant elles sont parfaites, à la fois originales et pas très difficiles à assortir. Je n'ai qu'un regret: que leur rouge ne soit pas un peu plus vif (on dirait plutôt du orange foncé, en fait). 

samedi 18 août 2012

"The night circus"




Le cirque arrive sans prévenir. Aucune annonce ne le précède, aucune publicité en ville ou dans les journaux. Ses tentes rayées noires et blanches apparaissent simplement là où la veille, il n'y avait rien. Au-dessus de l'entrée, une pancarte indique qu'il ouvre au crépuscule et ferme à l'aube... 

Bienvenue dans le monde enchanteur où deux magiciens se livrent un duel dont eux-mêmes ignorent les règles. Celia, la fille naturelle du grand Prospero, est l'illusionniste du Cirque des Rêves. A l'aide de ses dons innés, elle influence les attractions de l'intérieur. Marco, le fils adoptif du mystérieux Mr A.H___ toujours vêtu de gris, assiste le propriétaire du cirque depuis l'extérieur; ses enchantements reposent sur son érudition et passent par des formules soigneusement rédigées. Représentants de deux écoles diamétralement opposées, leurs pères les ont élevés dans le seul but de faire triompher leur propre vision de la magie. Peu importe ce qu'il en coûtera aux jeunes gens, aux artistes qui les entourent, ou aux amoureux du cirque qui se sont baptisés les Rêveurs et se reconnaissent entre eux grâce à leur écharpe rouge...

"The night circus" est ce genre de livre qu'on adore ou qu'on déteste. Ses détracteurs avanceront que les personnages secondaires sont plus intéressants que les héros; que le duel promis, loin d'une compétition acharnée et explosive, s'étire sur seize ans et finit plutôt par prendre la forme d'une collaboration; que l'histoire d'amour ultra-prévisible entre Celia et Marco repose sur trop peu de choses pour être crédible; que l'intrigue avance avec une affreuse lenteur, et que l'atmosphère semble plus importante que l'histoire. Ils auront tout à fait raison. 

Mais l'atmosphère, justement, est de celles qui vous happent et vous font basculer dans une dimension parallèle jusqu'au mot "fin". Le cirque, dont les attractions sont décrites par un observateur émerveillé, forme une bulle fantasmagorique et ensorcelante, un univers noir et blanc où ne s'applique aucune des règles du monde extérieur. Et malgré sa lenteur, la narration est très bien menée, selon deux lignes chronologiques qui s'entremêlent et finissent par se rejoindre pour un dénouement des plus satisfaisants. Les chapitres courts, rédigés au présent, sont entrecoupés d'apostrophes au lecteur/spectateur qui contribuent à tisser une toile enchanteresse autour de lui. J'ai apprécié que l'auteur montre aussi ce qui se passe au dehors, la façon dont le cirque perturbe la vie de tous ceux qui furent impliqués dans sa création sans bien en comprendre la portée. Vous l'aurez compris: je fais partie des Rêveurs qui ont adoré "The Night Circus" malgré ses failles.

Ce roman sera disponible en français à partir du mois d'octobre. 

Sur la photo, les sandales Lola Ramone dénichées à -70% chez Look 50, hier à l'occasion du début de leur braderie. Oui, je commence à assortir mes chaussures à mes lectures. Et alors? Je ne suis pas folle, vous savez. 

vendredi 17 août 2012

Troc party 4.0


Initialement prévue cet été, mais annulée par manque de participantes, la prochaine troc party serait reportée au dimanche 16 septembre dans l'après-midi. Comme d'habitude, ce sera l'occasion de papoter entre filles en grignotant des bonnes choses, en vidant ses fonds de placards et en récupérant de nouveaux trésors. Toutes vos erreurs d'achats sont les bienvenues: vêtements, chaussures, accessoires, bijoux, cosmétiques, brols déco... Les objets doivent juste être neufs ou quasiment. Ceux qui n'auront pas trouvé preneuse seront donnés aux Petits Riens, à moins que leur propriétaire souhaite les récupérer. 

Si vous êtes intéressée, envoyez-moi un mail à: leroseetlenoir@hotmail.com Je ne prendrai AUCUNE inscription faite par un autre biais, sinon je suis certaine d'oublier quelqu'un au moment d'envoyer les instructions pour le jour même (pour l'instant, je ne sais pas encore où ça aura lieu). J'ai déjà noté que Mademoiselle Mars et Ann-Sophie voulaient participer. Un nombre entre 8 et 10 serait idéal: moins, on a un souci de correspondance de tailles; plus, ça devient difficile de trouver quelqu'un pour nous accueillir! A vos placards, prêtes? Triez!

Tourner la page




Bien sûr, la tristesse ne s'est pas envolée comme par magie. Plusieurs fois par jour, je me surprends à chercher Scarlett du regard. Quand je rentre à la maison et qu'elle n'est pas roulée en boule sur le canapé, quand je me couche le soir et qu'elle n'accourt pas en miaulant à tue-tête, ça me fait tout drôle.

Oui, sans elle, cet appartement n'a plus d'âme. Mais il n'a pas non plus d'odeur musquée et tenace, impossible à évacuer faute de pouvoir ouvrir les fenêtres en grand. Le sol n'est plus jonché de touffes de longs poils blancs, ni de traces de vomi ou de déjections diverses. Nous passons moins de temps à faire le ménage. L'alèse qui nous servait de couvre-lit enlevée, nous revoyons la couleur de nos draps. Et nous faisons des nuits complètes pour la première fois depuis quatorze mois. La cohabitation était devenue vraiment difficile les derniers temps, dans nos 50 mètres carrés sans portes ni balcon si mal adaptés à un animal. Du coup, je ne peux pas nier qu'un certain soulagement se mêle à mon chagrin.

Je n'ai plus peur d'écraser une petite patte chaque fois que je repousse mon fauteuil de bureau à roulettes ni que je descends d'une chaise sur laquelle j'étais montée pour attraper quelque chose. Je peux laisser les placards ouverts sans crainte d'y enfermer Scarlett par mégarde. Je fais des plans pour changer le canapé, évacuer le bac à litière et l'arbre à chat et les remplacer par une bibliothèque supplémentaire dont nous avons cruellement besoin. Hier, je me suis offert un joli bouquet orange pour orner ma table de salle à manger, sans crainte que Scarlett s'intoxique en mâchouillant les feuilles ou renverse le vase sur nos ordinateurs. Elle me manque, mais je suis prête à tourner la page. 

jeudi 16 août 2012

J'ai trouvé pour vous: le plus mauvais film du monde (alors que je ne cherchais même pas)


Chouchou est toujours d'accord pour m'accompagner au cinéma. Il dit que quel que soit le film, il trouvera forcément quelque chose à apprécier. Je l'ai vu sortir de plusieurs navets auquel je l'avais entraîné, rigolant et défendant certains aspects des navets en question quand je n'étais que dégoût d'avoir gâché dix euros et deux heures de ma vie. 

Mais hier, même l'immense bonne volonté cinéphile de Chouchou a été tenue en échec. 

Hier, Chouchou s'est endormi dans la salle 14 de l'UGC Toison d'Or pendant que j'alternais entre rire nerveusement et me frapper la tête contre le dossier du fauteuil de devant afin de m'assommer et de mettre un terme à mes souffrances. 

J'avoue: je suis allée voir "Cornouaille" uniquement pour Vanessa Paradis. Mais le pitch avait quand même un certain potentiel. Une jeune femme dure et insensible retourne dans la maison de Bretagne où elle passait ses vacances enfant, et où elle n'a plus mis les pieds depuis la mort de son père. Confrontée à ses fantômes, elle s'ouvre peu à peu à la vie. Pourquoi pas? Correctement traité, ça aurait pu donner un film sympa. 

Hélas! Tout est consternant dans "Cornouaille". Les dialogues pseudo-profonds ("Si tu ne sais pas vivre avec tes morts, comment saurais-tu vivre avec les vivants?"). Le jeu des acteurs, vraiment pas gâtés avec des textes pareils. La réalisation d'une platitude abominable, qui ne parvient pas une seule seconde à créer une atmosphère un peu surnaturelle ou onirique. Le propos finalement archi-convenu. Même les paysages bretons, cadre idéal pour raconter une histoire mélancolico-tourmentée, sont réduits à de simples images sans relief, d'aspect presque métallique. J'aurais déjà trouvé ça faible pour un téléfilm du jeudi soir sur TF1. Félicitations à Anne Le Ny, qui loin d'un "Sixième sens" français signe là la daube la plus intersidérale de mon palmarès personnel. 

mercredi 15 août 2012

"Bunheads" saison 1


(Attention: spoilers sur le pilote)

Sur un coup de tête, Michelle Simms, une showgirl de Las Vegas dont la carrière piétine, épouse un de ses admirateurs. Hubbell Flowers la ramène dans la ravissante et très ennuyeuse petite ville de Paradise, en Californie. A son arrivée, Michelle découvre que Hubbell vit  avec sa mère Fanny, et que celle-ci dirige un studio de danse classique attenant à leur maison. Après un premier contact difficile, les deux femmes commencent tout juste à sympathiser quand Hubbell se tue dans un accident de voiture...

Une nouvelle série d'Amy Sherman-Palladino, la créatrice de "Gilmore Girls"? Qui se passe dans une école de danse? Avec Kelly Bishop dans un des rôles principaux? J'étais OBLIGEE de regarder. Et franchement, ça n'a pas été le coup de foudre. Les ressemblances avec "Gilmore Girls" sont trop flagrantes pour qu'on ne remarque pas tout ce qui manque de "Gilmore Girls" dans "Bunheads". Bien que toujours débités à une allure de mitrailleuse et bourrés de références à la pop culture américaine (avec notamment plusieurs allusions à "Game of Thrones"!), les dialogues sont moins percutants. L'héroïne a moins de chien et, quand elle se risque à une remarque sarcastique ou une pitrerie, semble juste être une pâle copie de Lorelai. Idem pour Fanny, version moins mordante et moins outrancière - donc moins drôle - d'Emily. Quant aux quatre jeunes ballerines que Michelle prend sous son aile, je les trouve tout à fait inintéressantes à l'exception peut-être de Boo, une gentille fille complexée par sa solide charpente.

Malgré tout, la série reste assez agréable pour donner envie de la continuer. Et au fil du temps, on s'attache aux personnages. On finit par apprécier le vrai talent comique de Sutton Foster, l'évolution de l'héroïne foutraque peu à peu contrainte de devenir une adulte responsable, et surtout la dynamique Michelle-Fanny: deux femmes que tout oppose, que les circonstances obligent à cohabiter, et qui n'ont ni l'une ni l'autre la langue dans leur poche. Leurs scènes ensemble sont souvent hilarantes. "Bunheads" a un peu de mal à se mettre en place et souffre clairement de la comparaison avec son aînée. Pour autant,  elle n'est pas dénuée d'intérêt. Celles qui, comme moi, ont passé leur adolescence à se torturer les pieds dans des Repetto saumon devraient apprécier ce joli trip nostalgique. 

mardi 14 août 2012

Scarlett, la fin du voyage


J'ai toujours détesté les chats. Probablement parce que, enfant, je n'ai connu que la chatte noire et blanche de mes cousines, une sauvageonne de la campagne prompte à envoyer les griffes quand on tentait de la caresser. Du coup, je les voyais tous comme des êtres fourbes et incompréhensibles.

Puis, au début des années 90, je me suis mariée avec un amoureux des chats et nous avons emménagé dans un rez-de-jardin où chacun de nous avait son bureau séparé. Je n'ai pas tardé à m'apercevoir que dès que j'avais le dos tourné, il ouvrait sa fenêtre pour laisser entrer un gros matou rayé gris et blanc qu'il avait pris en affection. J'ai d'abord râlé. Puis j'ai dit d'accord, mais il ne sort pas de ton bureau. Puis j'ai vu que le gros matou, qui aimait se draper sur ses épaules, bavait bizarrement. En grommelant, je l'ai emmené chez le véto - qui a dit que c'était juste une manifestation normale de bien-être chez certains félins. Je l'ai baptisé Pépito. Je lui ai acheté une gamelle et du Whiskas. Deux semaines plus tard, j'ai remarqué dans le jardin de la résidence une petite femelle gris bleuté magnifique. J'ai acheté une deuxième gamelle pour Fumée. J'étais déjà à moitié foutue. 

Le 12 novembre 1995, mon mari m'a entraînée à une expo féline, ma toute première. Je ne connaissais rien aux chats de race, et je suis passée d'une cage à l'autre en m'extasiant devant la beauté des chatons à adopter. Nous avons fait tout le tour du hangar. Et juste avant la sortie, je me suis arrêtée net, comme frappée par la foudre. Dans la dernière cage, une minuscule peluche blanche était roulée en boule autour de la main de son éleveuse qui lui grattait le ventre. Ses poils longs formaient un halo soyeux; elle avait de grands yeux d'un bleu très vif, le museau, les oreilles, la queue et la pattes couleur chocolat, et les orteils tout blancs comme si elle avait marché dans de la farine. En moins d'une seconde, j'ai su qu'elle était à moi. Ou moi à elle. Je n'avais pas la moindre idée du prix d'un Sacré de Birmanie, mais j'étais prête à manger des pâtes pendant six mois pour repartir avec la créature qui venait de me voler mon coeur. 


Eté 1996; Scarlett n'avait pas encore un an...

Puis j'ai divorcé; je suis partie aux Etats-Unis; je suis rentrée à Monpatelin; je me suis pacsée avec l'Homme; j'ai acheté un appartement; je me suis dépacsée; j'ai rencontré Chouchou et émigré à mi-temps en Belgique. D'autres chats sont entrés et sortis de ma vie pendant toutes ces années. Scarlett était la dernière, la plus maladroite, la plus jolie, la plus câline. Elle est toujours restée ma préférée. Plusieurs fois j'ai cru la perdre: quand le Somali acheté à un élevage belge s'est révélé porteur du FIV et qu'elle a été testée positive dans la foulée; quand elle a fait une occlusion intestinale en 1997 et qu'il a fallu l'opérer en urgence; quand elle a été maltraitée par le voisin à qui Chouchou et moi l'avions confiée quelques jours, en 2008, et qu'elle avait perdu le tiers de son poids à notre retour; quand suite à une cystite elle a cessé de s'alimenter il y a deux ans, et failli se laisser mourir de faim sous mes yeux. Ces accidents de parcours mis à part, je crois qu'elle a eu une vie plutôt sympa, surtout que Chouchou l'adorait lui aussi et s'en occupait énormément. J'aime penser que nous lui avons offert la fin douce qu'elle méritait.

Je l'ai trouvée à 3 mois moins 3 jours, frétillante de vie dans une cage d'exposition à Nantes; je l'ai laissée à 17 ans moins 2 jours, inerte sur la table chromée d'un vétérinaire de Bruxelles, après que son dernier battement de coeur a résonné contre ma paume. Aujourd'hui, il ne reste d'elle qu'un corps froid qui attend d'être brûlé dans un tiroir, une absence cruelle au creux de ma main et de l'amour qui n'a plus nulle part où aller.





lundi 13 août 2012

"Thanx for all little one"




Une photo un peu prophétique prise samedi après-midi à côté de Sterling Books. 
Merci à toutes les copines et les lectrices, parfois complètement inconnues jusque là, 
qui m'ont envoyé un mail de soutien aujourd'hui. 
Vos pensées comptent. 

Soie corail, taupe et crème




Voici donc la fameuse robe en soie Caroll achetée pendant les soldes. Elle se froisse vite, et la coupe droite du haut donne l'impression que j'ai un buste carré et pas vraiment de taille. Mais j'aime ses couleurs, et je la trouve très agréable à porter. Au moindre souffle de vent, la jupe danse joliment autour de mes jambes sans jamais se soulever de manière embarrassante. 




Mon sac (qu'on ne voit pas vraiment sur les photos, je sais) est le Noémie de Nat & Nin en coloris  Orage, et mon collier chat (qu'on ne voit pas bien non plus) est une création de La Princesse au Petit Pied pour mon anniversaire.  Note à moi-même: penser à mettre les détails plus en évidence lors d'un prochain shooting, même improvisé comme celui-là!




Je n'y ai pas spécialement pensé quand je les ai achetées, mais mes ballerines Texto également achetées pendant les soldes d'été complètent cette robe à la perfection. Et elles sont d'un confort merveilleux, parfaites pour trotter tout un samedi après-midi sans attraper mal aux pieds.