dimanche 30 septembre 2012

"Downton Abbey" saison 2


(Attention, spoilers!) 

Beaucoup de gens ont été un peu déçus par cette deuxième saison de "Downton Abbey" (8 épisodes "normaux", plus un double épisode de Noël). Ce n'est pas mon cas du tout; je pense même que je l'ai préférée à la première. D'abord, parce que j'avais eu le temps de m'attacher aux personnages. Ensuite, parce que la guerre de 14-18 fournit un excellent prétexte pour bouleverser le quotidien des personnages et faire évoluer ceux-ci de manière dramatique. Les deux filles cadettes de Lord Grantham sont saisies par le besoin de se rendre utiles tandis que l'aînée, confrontée à une rivale en amour, se révèle capable de passer outre l'incroyable égoïsme qui l'avait caractérisée jusque là. A l'inverse, la sympathie suscitée par Lord Grantham, sa femme et leur cousine Isobel se trouve quelque peu ternie quand le progressisme des deux premiers atteint ses limites et que la troisième devient agaçante à force de se mêler de tout, de croire tout savoir et de vouloir tout contrôler. 

Du côté des domestiques, Thomas le valet de pied reste toujours aussi haïssable, mais son acolyte O'Brien a su tirer la leçon du tragique incident de la savonnette et s'humanise quelque peu. La pénurie de personnel provoque un défilé de nouvelles têtes à l'histoire plus ou moins intéressante: Lang, un ancien soldat traumatisé par son passage sur le front, Jane, une veuve de guerre qui va représenter la tentation pour un des hommes de la famille, et surtout Ethel, une jeune femme délurée qui paiera très cher son envie de profiter de la vie (mais personnellement, elle m'a beaucoup agacée et j'espère bien ne plus jamais la revoir). Les démêlés de Bates avec son ex-femme et sa relation avec l'adorable Anna prennent un tour dramatique qui m'a arraché quelques larmes dans l'épisode de Noël. J'ai eu plus de mal à m'émouvoir pour le "faux" couple William-Daisy. 

Non, je ne me suis pas ennuyée le moins du monde pendant cette deuxième saison. Mais elle m'a quand même posé deux gros problèmes. D'abord, les ficelles énormes dont usent les scénaristes pour résoudre les imbroglios dans lesquels ils se sont fourrés. Le paralytique remarche tout à coup, l'obstacle au mariage du couple-vedette a le bon goût de mourir de la grippe espagnole. Un peu facile, non? Ensuite, l'étrange stase temporelle dans laquelle semblent vivre les personnages. Sept ans "historiques" se sont écoulés depuis le début de la série, et personne n'a vieilli d'un poil, pas même Sybil qui est censée avoir 21 ans en 1919 et qui devait donc en avoir seulement 14 à l'époque du naufrage du Titanic! Les fiançailles de Mary avec Jorah Mormont l'infâme sir Richard s'éternisent pendant trois ans, alors que selon les critères de l'époque, on doit commencer à la considérer comme une vieille fille. Si la série continue à progresser au même rythme, il faudrait que la vie de ses personnages suive un peu le mouvement!

Malgré tout, je me réjouis de pouvoir enchaîner directement sur la saison 3 dont la diffusion a commencé mi-septembre. Et pour conclure, je n'aurai que deux mots...




samedi 29 septembre 2012

Cette semaine




J'ai regardé les season premiere de "How I met your mother" et "The Big Bang theory"; les deux étaient mous et décevants. Je cherche de nouvelles séries à suivre et, en plus de "Bron/Broen", envisage "The Bletchley circle".

J'ai chouiné devant l'épisode de Noël de "Downton Abbey" quand est tombé le verdict du procès de Bates. Décidément, je ramollis en vieillissant.

J'ai bien avancé sur mon couvre-lit et en suis à la 44ème bande sur 80, ce qui veut dire que j'ai fait  plus de la moitié - hourra! Vu le nombre de cheveux que j'emberlificote à mon fil en travaillant, si un sorcier vaudou met un jour la main sur cet ouvrage, je suis foutue...

J'ai monté un Georges-Arthur en nano-Lego fourni par Rose, dealer de choses futiles et pourtant indispensables. 

J'ai attaqué la traduction du tome 3 d'une série que j'aime beaucoup, sorte de thriller pour ados femelles légèrement mâtiné de fantastique qui me change agréablement de la bit-lit.

J'ai racheté un parapluie pour remplacer celui que j'avais tué sur le bord du Léman samedi dernier,  et au passage, il se peut que deux paires de ballerines H&M, un slim noir et un débardeur rose vif Pimkie se soient faufilés dans mon cabas en toile. C'est fourbe, un vêtement.

J'ai essayé une très jolie jupe chez Desigual, tiqué en constatant que je prenais désormais du 38 chez eux au lieu du 42 (non, je n'ai pas tant maigri, ils ont dû revoir leurs tailles à la hausse), et sagement décidé de ne pas la prendre parce qu'elle était "nettoyage à sec only". Par contre, je craquerais bien sur cette robe, mais pas tout de suite car...

J'ai fait mes comptes et conclu que décidément, un mois de no-buy s'imposait en octobre. 

J'ai récupéré les Orient de Miss L Fire commandées en violet sur amazon.co.uk avec l'option "port lent mais gratuit", et arrivées seulement 3 jours ouvrables plus tard. En plus elles sont vraiment magnifiques et confortables, comme toutes les chaussures de cette marque.

J'ai tenté de retrouver une alimentation diététique après les excès de nos 4 jours en Suisse, mais c'est pas facile d'apprécier les légumes vapeur quand on a encore le souvenir d'une fondue au vacherin sur les papilles. La semaine prochaine, je teste la livraison de chez eFarmz.

J'ai (quand même) préparé une fournée de mini-cakes au citron, en utilisant cette recette et en remplaçant la poignée de fraises séchées par une poignée d'écorce de citron confite coupée en petits morceaux + une cuillère à café d'extrait naturel de citron. C'est encore meilleur. Il est long et pavé d'embûches le chemin de la sveltitude, c'est moi qui vous le dis...

Projets pour le week-end: promener un couple d'amis monpatelinois qui viennent à Bruxelles pour le concert de Dead Can Dance, et aller au cinéma voir "Camille redouble". Et vous? 

vendredi 28 septembre 2012

Swap beauté: mieux vaut tard que jamais





Bonjour Armalite,

C'est la retardataire (euphémisme).
Enfin en mesure de transmettre des photos (pas terribles, en plus, j'en ai humblement et douloureusement conscience), je te livre mon compte-rendu. Le plus en retard de tous les comptes-rendus en retard ever, je le crains.

(NDLR: C'est toujours mieux qu'un compte-rendu absent, voire qu'un paquet absent!)

C'était il y a looooongtemps déjà. Quand j'ai découvert avec qui tu m'avais appariée, j'étais en voyage et hantais avec obstination les parfumeries/drogueries/pharmacies d'outre-Atlantique. 
La formule du binôme, très plaisante, m'a permis de découvrir une chouette personne dont je lisais ici et là les commentaires bienveillants et dont j'ai parcouru le blog, à la recherche d'indices de ses goûts. Contact aisé, cordial. Bref, j'ai fait la connaissance de Ladypops. Des petits contretemps ont allongé le délai du swap beauté : ce n'était pas un problème, on était bien d'accord de faire ça cool et sans pression.

Déjà juillet. L'heure était venue que je reparte, avant l'arrivée du paquet... Pas grave, je le récupérerais au retour : une bonne occasion de se réjouir de rentrer. Puis j'ai appris que le colis avait atteint son but ou presque, le bureau de poste le plus proche de chez moi. Mais qu'il allait être retourné à l'expéditeur avant que je ne sois de retour. Il a fallu quelques coups de fil, scans, procuration et l'entremise d'une bonne âme pour que, finalement, j'entre en possession du précieux pli.
Entre-temps un mail un peu alarmé de Ladypops m'avait recommandé de charger ladite bonne âme de mettre au frais une partie de son envoi ; elle comprendrait vite.
Ainsi fut fait.

Et voici ce que dévoila la boîte soigneusement remplie par ma correspondante : un soin contre les mains sèches et abîmées Sensitive Hand & Repair Care Eubos, aussitôt essayé et adopté : il trône présentement sur mon bureau et je le dégaine souvent.
Un soin pour les ongles Nail Spa d'Alessandro, pas encore testé faute du moment idoine, mais je suis extrêmement curieuse - et persuadée que mes ongles lui seront reconnaissants.
Une crème Weleda Skin Food qui attend son heure : l'hiver (sachant que j'ai remis des gants la semaine dernière, on progresse) et un baume à lèvres Dr Hauschka sur lequel je lorgne depuis un moment ; j'attends juste de finir l'actuel (Weleda justement) pour en faire mon compagnon quotidien.
Tout ça était très bien vu et ciblé avec justesse.
Attentive à mes moindres propos, voire un peu devin sur les bords, Ladypops a en outre gâté mon chocolatomane préféré avec diverses spécialités suisses, ma mouflette avec un baume à lèvres qu'elle utilise avec fierté et application et des fils à scoubidous translucides à paillettes ! Et a eu le comble de l'audace en joignant à toutes ces petites merveilles un beau morceau d'authentique gruyère. Il fallait oser, elle l'a fait ! Et elle pouvait difficilement toucher plus juste. Ce délice avait d'ailleurs parfaitement survécu à ses péripéties, sans dommages collatéraux. Bingo ! (non mais vraiment, ça m'a fait rire de bon coeur et ça m'a infiniment touchée). La fromageolique que je suis a dévoré les feuilletés au fromage joints accompagnés d'une bonne bière belge ;-)

Merci mille fois encore à Lady Pops pour m'avoir gâtée de la sorte, et à toi pour l'organisation de ce swap ; le plaisir que j'ai eu à y prendre part est inversement proportionnel à l'affreux retard de l'écho que j'en fais.

XXX
Mmarie

"Léon et Louise"


Léon et Louise n'ont pas vingt ans lorsqu'ils se rencontrent en 1918, dans le petit village de Saint-Luc-sur-Oise. Séparés par un bombardement, les amoureux passeront toute leur vie à se recroiser et à se suivre de loin pour ne pas détruire la famille que Léon aura construite entre-temps...

Ce roman dans lequel l'auteur franco-suisse Alex Capus réinvente la vie secrète de son grand-père sur 40 ans est mon coup de coeur de la rentrée. A travers les péripéties de l'existence de Léon et Louise, il nous replonge dans l'Histoire de France: la Normandie pendant la Première Guerre Mondiale, Paris sous l'Occupation, la tentative du préfet de police pour cacher les archives relatives à l'immigration, l'opération de sauvetage de l'or de la République...

Surtout, il créé deux personnages infiniment touchants dans l'amour indéfectible qu'ils se portent, et la droiture qui les empêchera de briser d'autres vies pour faire la leur ensemble. "Léon et Louise" n'est pas une tragédie: ses héros parviendront à être heureux l'un sans l'autre, acceptant avec grâce le sort qui leur est échu sans jamais s'appesantir sur leurs états d'âme. Chacun à sa façon modeste, ils serviront leur pays dans la tourmente et ne nourriront que très peu de regrets. Un roman grave et léger à la fois, qu'on hésite à dévorer d'une traite ou économiser pour faire durer le plaisir. 

jeudi 27 septembre 2012

Café Tivoli: la meilleure fondue du monde?




A la fin du Shalbuline Day, j'aurais sans doute pu rentrer en roulant si quelqu'un m'avait poussée. Il me semblait que je n'aurais plus jamais besoin de manger de toute ma vie. Moyennant quoi, après avoir sauté le déjeuner du lendemain, j'ai commencé à avoir un petit creux en milieu d'après-midi. A 19h, j'étais parfaitement d'attaque pour ce que Lady Pops m'avait vanté comme étant "la meilleure fondue du monde". 




Je me dois de préciser qu'autant je me défends pas mal en gyoza ou en burgers, autant je suis une quasi-novice pour ce qui est de la fondue. Je n'en avais mangé qu'une seule fois auparavant, l'an dernier à Gruyères, une moitié-moitié dont mon estomac conservait un souvenir ému. Cette fois, comme nous étions six à table avec la famille Pops, nous avons commandé deux caquelons: un de moitié-moitié et un de vacherin. Mes aïeux, quelle révélation! La fondue au vacherin, c'est une tuerie interstellaire. "Au bout d'un moment, on peut trouver ça écoeurant", m'avait prévenue Lady Pops. Afin d'éviter tout drame papillesque, j'ai donc pris soin d'alterner un peu avec la moitié-moitié (disons, une fois sur 4 ou 5). Et ben c'est très, très bien passé. Je n'ai pas laissé une goutte de fromage au fond de ce caquelon. Si vous me cherchez pendant les trois prochains mois, je suis à la maison en train de brouter de la laitue sans sauce. 




L'adresse! réclameront les gourmands. Or donc, ce massacre calorique a eu lieu au Café Tivoli, sis à Châtel-Saint-Denis. L'intérieur est décoré tout en bois avec des tables gravées, des bancs rembourrés et de robustes chaises. Des cloches de vache géantes pendent au plafond - pas de doute, on est bien en Suisse. L'établissement, très connu, se remplit rapidement à partir de 19h. Les serveuses en tablier folklorique ne chôment pas, et le service est efficace bien qu'un peu bourru. La carte propose tout un tas de spécialités locales, et bien entendu, les fameuses meringues double crème en dessert. Je n'ai pas assez de points de comparaison pour affirmer que le Café Tivoli sert la meilleure fondue du monde, mais je sais que j'y ai passé un moment aussi agréable pour mon estomac que néfaste pour mon tour de taille. 




Place d'armes 18
1618 Châtel-Saint-Denis
Tel: 021 948 70 39

mercredi 26 septembre 2012

Si j'avais su, j'aurais pas achetu


Devenir propriétaire de son logement, c'est le rêve de tout Français moyen et, pour la plupart d'entre nous, de très loin la plus grosse dépense que nous ferons dans toute notre vie. Si je n'ai jamais adhéré au schéma mariage-enfants, j'ai toujours considéré comme une évidence que dès que je gagnerais ma vie, je commencerais à économiser en vue d'acheter un appartement. J'ai beaucoup bougé quand j'étais jeune adulte: études à Toulouse, passage d'un an et demi à Aix-en-Provence, puis quatre ans à Nantes et un an aux Zuess avant de revenir me poser - définitivement, croyais-je - à Monpatelin où j'avais grandi. L'arrivée à terme de mon PEL ayant coïncidé avec une donation de mes parents, j'ai commencé à chercher à la rentrée 2002, assez rapidement eu un coup de coeur pour un mignon duplex et concrétisé mon achat en janvier 2003, avec un crédit immobilier sur 15 ans. D'ici un peu plus de 5 ans, je serai donc officiellement propriétaire de mon appartement. Pourtant, si c'était à refaire, je ne suis pas certaine que je me lancerais de nouveau dans l'aventure. 

Au premier abord, l'argument financier semble sans appel: mieux vaut rembourser chaque mois 500 ou 1000€ à sa banque, en sachant qu'on les retrouvera à la fin, plutôt que de jeter la même somme par la fenêtre en payant un loyer. Mais quand on gratte un peu, on s'aperçoit que le calcul n'est pas si simple. Acheter un appartement, c'est payer, en plus de sa valeur, 7% de frais de notaire et une somme considérable en intérêts bancaires. Sachant que les premières années, les mensualités de remboursement comprennent environ deux tiers d'intérêts pour seulement un tiers de capital (tendance qui s'inverse au fur et à mesure de la durée du prêt), quelqu'un de plus savant que moi a calculé que pour qu'un achat immobilier vaille vraiment le coup du point de vue financier, il faut garder le bien au moins 7 ans. Si vous revendez au bout de 3 ou 4 ans, en réalité, vous perdez de l'argent. Or, de nos jours, il est assez rare qu'une personne en activité et en âge d'avoir des enfants conserve le même logement aussi longtemps...

Au-delà des frais de notaire et des intérêts bancaires, on sous-estime généralement les dépenses annexes que sont les impôts fonciers et les charges de copropriété (pour les gens qui sont en appartement) ou les travaux particuliers (pour ceux qui sont en maison individuelle). Au final, la note mensuelle se retrouve bien plus salée qu'un loyer, et empiète alors sur le reste du budget. Mieux vaut se sentir bien chez soi, parce qu'on ne peut plus consacrer les mêmes sommes aux sorties et aux vacances! Vous me direz que justement, être chez soi, ça n'a pas de prix: se sentir dans ses propres murs, pouvoir décorer comme on veut... Certes. En contrepartie, à vous les emmerdements (et les factures) des travaux. Et si vous avez fait un mauvais achat ou que vous vous lassez de votre logement au bout de quelques années, vous êtes bien davantage coincé qu'un simple locataire qui peut se contenter de poser son préavis et de foutre le camp trois mois plus tard. 

C'est peut-être une solution valable pour les vrais casaniers dont les goûts et les besoins ne sont pas appelés à évoluer beaucoup. En ce qui me concerne, bien que j'adore mon appartement, ma vie serait plus simple si je ne l'avais jamais acheté. (Et, non: pour tout un tas de raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas ici, elle ne redeviendrait pas plus simple si je vendais maintenant.) J'aurais placé mes sous autrement et conservé une mobilité qui me manque aujourd'hui. Dans le fond, même si j'adore rester chez moi, m'occuper de mon intérieur et en faire un cocon douillet, j'aime aussi déménager régulièrement, m'approprier de nouvelles villes et repartir quelques années plus tard. Parce que les choses ont tendance à me lasser au bout d'un moment, j'ai moins besoin de pérennité que de changement. Si vous êtes dans le même cas que moi, acheter votre logement n'est pas forcément une bonne solution. Réfléchissez-y avant de vous endetter pour les 20 ou 30 prochaines années.

Illustration trouvée sur cette boutique etsy

mardi 25 septembre 2012

Résultat du concours "Sang noir"


La gagnante est Julie, qui a laissé le commentaire suivant:

Bonjour!


Ma série de bit-lit préférée? C'est un choix cornélien...
Mais si je dois vraiment faire un choix, je dirais "Les Chroniques de MacKayla Lane" de K.M.Moning. Les raisons? Tout d'abord, l'univers général des livres qui change de la bit-lit "habituelle". J'aime beaucoup les légendes celtes car j'ai grandi en entendant ce genre d'histoires. Ensuite, le "mâle suprême", comme nous l'appelons dans certaines contrées, chatouille tous mes sens: Jéricho Z. Barrons. Ne vous moquez pas de son prénom, il vous réduirait au silence en moins de temps qu'il ne vous faudrait pour dire Z. Il est...mâle. Terriblement. Enfin, l'héroïne pourrait être nous. Elle aime les vêtements, sa famille, elle a des défauts, des qualités. Elle n'est pas une guerrière dans l'âme, il lui faut du temps et de l'entraînement pour se faire une place dans ce monde qui pense-t-elle, n'est pas le sien.
Enfin bref, je le conseille vivement si vous ne l'avez pas encore lu. Vous ne vous en remettrez pas...


Julie, félicitations! Envoie-moi ton adresse postale à: leroseetlenoir@hotmail.com pour que je puisse te faire parvenir ton livre. Les autres, merci pour votre participation, et à bientôt sans doute pour un autre concours.

Shalbuline Day


Je n'avais pas assisté à un mariage depuis celui de Soeur Cadette en 1999. Un peu parce que mes amis les plus proches étaient déjà mariés quand je les ai rencontrés, ou sont du genre à rester en concubinage ad vitam eternam, un peu parce que j'ai tendance à avoir piscine le jour où on me propose un combo église-robe meringuée-dîner interminable-DJ avec une centaine de parfaits inconnus. Cette fois, j'ai décidé de remettre mes ablutions chlorées à plus tard. Parce que les mariés se sont connus sur Twitter, parce qu'Il a décidé qu'elle était la femme de sa vie avant même de l'avoir embrassée pour la première fois, parce qu'ils avaient fixé la date de leur union un an jour pour jour après leur rencontre "en vrai", parce qu'on ne refuse jamais une invitation à se rendre au bord du Léman, parce qu'il n'y avait pas de dress code et qu'Elle avait prévu de porter une robe rouge achetée chez Trashy Diva, parce que les oncles aux mains baladeuses avaient été priés de rester chez eux, parce qu'une grande partie des invités étaient des blogueurs ou des Tweetos venus des quatre coins de la francophonie, parce qu'Ils sont tous les deux épicuriens et notamment amateurs de vraie bonne bouffe, tout simplement parce que je les aime assez pour accepter de ne pas savoir ce que je vais faire de ma journée, hormis le fait qu'on va m'obliger à monter sur un bateau.




Et de fait, cette journée était à Leur image: chaleureuse et décontractée. On a pu y croiser une nonne en bleu égarée sur le pont du Général Guisan, une minuscule blondinette à zyeux bleus qui faisait à la fois l'oeil du tigre et le signe de la bête, des filets de perche du lac dans les assiettes, une hotte de vendangeur sauvagement renversée par Godzilla et Indiana Jones (sacrés duettistes du jour), un officier d'état civil qui récitait du Joe Dassin, un saladier de petits coeurs en mozzarella, des carafes d'infusion froide dont les étiquettes avaient bavé, un atelier construction en marrons et en cure-dents, des talons aiguilles pourtant interdits sur le plancher de la salle paroissiale, un rhinocéros en chocolat, des nappes en kraft couvertes de dessins plus ou moins obscènes et de poèmes plus ou moins réussis, des lasagnes à la truffe qui déboîtaient, de la tomme vaudoise qui tentait de s'échapper du buffet, des cucurbitacées à emporter, un barbu très ému qui s'empêtrait dans ses remerciements. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance de certaines personnes et à en retrouver d'autres que j'ai peu d'occasions de voir en chair et en os. Et je me dis que si Chouchou et moi décidons de sauter le pas un jour pour des raisons administratives, il se peut finalement que j'accepte de faire quelque chose d'un peu plus élaboré que choper deux personnes au hasard dans la rue pour nous servir de témoins.

vendredi 21 septembre 2012

"Olive Kitteridge"


Olive Kitteridge vit à Crosby, une petite ville côtière du Maine. C'est une femme caractérielle, encline aux sautes d'humeur et volontiers tyrannique. Tout le monde file droit devant elle: les lycéens auxquels elle enseigne les mathématiques, son époux Henry qui tient la pharmacie locale et son fils unique Christopher dont elle voudrait régenter la vie jusque dans les moindres détails. 

A travers treize récits étalés sur une période de trente ans, Elizabeth Strout peint le portrait d'une héroïne hors normes, mais aussi celui de toute une communauté. C'est ce concept à mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles qui, bien plus que son prix Pulitzer reçu en 2009, m'a intriguée et décidée à acheter "Olive Kitteridge". Si certains chapitres sont focalisés sur cette dernière, d'autres ne la voient faire qu'une très brève apparition. Parfois, elle est juste mentionnée par le personnage principal du moment - qui, lui, ne réapparaîtra jamais par la suite. 

J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur. Elizabeth Strout prend vraiment le temps de décortiquer les sentiments et les réactions de chacun des protagonistes, ce qui fait d'"Olive Kitteridge" une oeuvre intimiste s'intéressant plus que tout autre chose aux méandres de l'âme humaine. Pourtant, je ne peux pas prétendre avoir adoré le livre dans son ensemble. J'ai trouvé Olive extrêmement antipathique, y compris dans les passages qui dévoilent ses failles et ses tourments intérieurs. Là où d'autres lecteurs ont vu une femme complexe mais humaine et touchante, je n'ai vu qu'une tête à claques qui aurait eu bien besoin que son entourage la remette à sa place de temps en temps. Au final, je suis restée avec une impression très mitigée.

jeudi 20 septembre 2012

"La coureuse": où je me rends compte que Maïa Mazaurette et moi n'avons pas la même définition du féminisme


Aujourd'hui est la date officielle de parution du nouveau livre de Maïa Mazaurette, "La coureuse", auto-fiction dans laquelle elle raconte essentiellement sa relation d'un an avec un Danois prénommé Morten. "La coureuse" était déjà en rayon hier après-midi chez Filigranes, et comme je pensais l'acheter, j'ai commencé à le lire dans le magasin. Après l'avoir survolé en totalité, j'ai éprouvé une telle déception que je l'ai reposé pour, à la place, investir dans un roman paru chez Actes Sud. N'ayant pas noté les passages qui m'avaient interpelée, je ne comptais pas en parler ici. Et puis hier soir, l'auteur a posté sur son blog un extrait qui illustre parfaitement bien mon malaise. 

Après avoir menti au Danois en lui affirmant qu'elle n'avait, avant lui, eu que deux relations sérieuses et quelques aventures, elle se justifie de la sorte: "Je joue le jeu parce que je n'ai pas le choix. S'il faut que je sois une princesse comme dans les contes de fées, alors je m'inventerai une couronne. S'il faut que je me transforme en guerrière je prendrai les armes, parce que j'aime les hommes jusqu'à l'absurde et que toute mon éducation féministe ne m'empêchera jamais de me conformer à ce qu'ils veulent. Pas pour l'argent ou le pouvoir mais pour le privilège de tomber amoureuse, de ne pas en dormir la nuit."

Paaaaaaardon?

Que deux choses soient claires. Premièrement, j'aime beaucoup Maïa Mazaurette. Outre le fait qu'elle écrit très bien, et pas seulement dans le registre de la sexo, j'ai toujours apprécié l'intelligence dont elle faisait preuve dans ses analyses des relations hommes-femmes et du rapport de séduction qui les lie. Je la trouve pertinente dans le fond et percutante dans la forme. Deuxièmement, elle a tout à fait le droit de professer les opinions de son choix et de mener sa vie personnelle comme elle l'entend... mais j'ai le droit, moi, d'avoir une réaction à ce qu'elle écrit dans le but d'être lue. 

Ce que j'ai retenu de son livre (et qu'illustre donc le passage ci-dessus, mais bien d'autres m'ont fait bondir...), c'est qu'une féministe auto-proclamée estime ne pouvoir séduire et être aimée que si elle se conforme à ce qu'un homme attend d'elle - en l'occurrence, si elle reste sagement dans les clous en n'avouant pas trop d'amants au compteur. D'une part ça me semble très triste de devoir mentir à l'autre pour susciter son désir ou son amour; d'autre part je suis bien placée pour savoir que ça n'est en aucun cas une règle universelle. C'est vrai, je suis tombée sur des hommes que mon expérience sexuelle tous azimuts dérangeait. Ils n'étaient pas pour moi, voilà tout. Mon partenaire actuel n'a aucun problème avec ça, et si unique soit-il à mes yeux, j'ai du mal à croire qu'il soit réellement le seul spécimen de son espèce. 

Pour tomber amoureuse, il n'y aurait pas d'autre choix que de se couler docilement dans un moule? Etre tantôt une rouquine pétillante, une brune amatrice de jeux vidéo ou une blonde qui fait du yoga, au gré des préférences de ces messieurs? De la part d'une femme qui m'a toujours semblé avoir de la personnalité à revendre, ces propos me sidèrent. Je n'achèterai finalement pas "La coureuse", et si je pense continuer à suivre le blog de Maïa Mazaurette, ce ne sera sans doute plus jamais du même oeil. Dommage, vraiment, car elle était pour moi l'exemple typique de la féministe qu'on ne peut pas accuser de ne pas aimer les hommes, et qui de ce fait renforce notre crédibilité à toutes. Plus maintenant. 


mercredi 19 septembre 2012

Pendant qu'il est encore temps




Pendant longtemps, j'ai détesté les fleurs coupées. Je prévenais toujours les hommes de ma vie que ça n'était pas la peine de m'en offrir, parce que je ne voyais pas l'intérêt de les regarder crever dans un vase. A cette époque, je nourrissais inconsciemment l'illusion que moi-même et mes proches allions vivre pour toujours, ou au minimum, jusqu'à un âge très avancé, et que nous nous éteindrions paisiblement dans notre sommeil sans laisser trop de regrets à notre entourage. La mort était un concept étranger que je tenais à distance autant que possible, jusque dans les plus petits détails de mon quotidien. 

Aujourd'hui, alors que cette bulle d'insouciance a volé en éclats depuis bientôt cinq ans et que j'ai très souvent l'impression d'être cernée par la maladie et par la mort, je fais partie de ces gens qui vont eux-mêmes chez le fleuriste pour s'offrir un bouquet - comme ça, sans raison particulière, juste parce qu'ils méritent bien cette touche de gaieté dans leur intérieur. C'est vrai, les pivoines et les renoncules que j'aime tant pour leur côté "petit chou coloré" vont se flétrir et se faner - comme nous tous au fond. Mais en attendant, elles sont belles et gorgées de vie, et les regarder me donne du plaisir. Ces fleurs coupées sont devenues un symbole, un rappel qu'il faut profiter des choses fragiles et impermanentes pendant qu'il est encore temps. 

mardi 18 septembre 2012

Goûter Bruxelles chez Josy




Depuis hier et jusqu'à dimanche, c'est la 5ème édition de Goûter Bruxelles. Cette manifestation vise à promouvoir les aliments locaux, "produits dans le respect des saisons, des terroirs et des hommes". Comment? En proposant les aliments en question dans plus de 70 restaurants partenaires dont les chefs ont accepté de les mettre spécialement en valeur à cette occasion, mais aussi en organisant des rencontres avec des artisans et des maraîchers, des dégustations, des conférences et tout un tas d'animations, dont des cours de jardinage bio. Plutôt alléchant comme menu pour quelqu'un comme moi, qui s'intéresse de plus en plus à la qualité de ce qu'elle mange et à son impact sur l'environnement. 




Il y a quinze jours, j'ai donc eu le plaisir d'assister à un débat sur la production bio de masse auquel participaient André Lefevre, agriculteur depuis 30 ans et co-fondateur de la première plateforme de distribution bio qui a notamment fourni les Delhaize; Muriel Bernard, créatrice du site internet efarmz qui livre toute sorte de produits du terroir le vendredi à Bruxelles (un concept un peu plus souple que celui du panier bio); ainsi que Joëlle Vandenbemden et Sylvie Desoer, fondatrice de la cantine/épicerie bio Chez Josy qui nous accueillent ce midi. Tandis que nous discutons de façon très informelle, elles nous font goûter les variations autour de la tomate qu'elles ont imaginées pour cette semaine du goût. 




Le gaspacho de tomates anciennes à la figue est une pure tuerie, et pour une fois, c'est une tuerie qui ne se traduira pas par deux kilos supplémentaires le lendemain sur la balance! Nous testons aussi deux smoothies de légumes: un fenouil/pomme/roquette qui a du mal à passer car je déteste le fenouil mais n'ose ni le dire ni ne pas vider mon verre, et un betterave/pomme/citron/ fraise/gingembre contre la recette duquel j'échangerais bien ma grand-mère s'il m'en restait une. La petite assiette fraîcheur, comme celle que les clients peuvent savourer tous les midis Chez Josy, descend toute seule. Le chèvre frais et le beurre salé de la Chèvrerie, située à Nivelles, sont à se rouler par terre de bonheur (ce que je ne risque pas de faire après avoir ingurgité du fenouil pour sauver ma réputation de fille bien élevée). Je suis en train de me dire que voilà un délicieux déjeuner miséricordieusement exempt de calories lorsque ceci arrive sur la table:




Je me retiens de pousser des petits cris de plaisir en savourant délicatement une mini-tarte chocolat blanc-framboise à se damner; je suis donc qualifiée pour les prochaines olympiades du stoïcisme. Si vous habitez du côté de Watermael-Boitsfort, franchement, je vous recommande d'aller faire un tour chez Joëlle et Sylvie un midi. Si vous êtes trop pressé pour vous asseoir dans leur salle lumineuse et joliment décorée (je serais volontiers partie avec une des suspensions-cages à oiseaux, mais je craignais que ça ne soit pas très discret), ces dames proposent aussi des plats à emporter. Et si, comme moi, vous habitez à l'autre bout de la ville, rendez-vous dans le cadre d'une des nombreuses autres activités dont vous trouverez la liste sur le site de Goûter Bruxelles






Place Keym 15
1170 Bruxelles
Tel: 02 679 01 53
Du lundi au samedi, de 10h30 à 18h

lundi 17 septembre 2012

Concours: "Sang noir" (Anita Blake T16)


Alors que je sue sang et eau pour finir la traduction du tome 17 avant de partir marier une gourgandine suisse, je reçois à l'instant mes exemplaires de traducteur du tome 16 d'Anita Blake, "Sang noir", qui ne sortira en librairie que le 28 septembre. Comme d'habitude, je vais donner à l'un(e) de vous la possibilité d'en remporter un.

Laissez-moi, avant dimanche minuit, un commentaire pour me dire quelle est votre série de bit-lit préférée, et pourquoi ("Anita Blake, parce que c'est trop bien traduit" ne vous donnera PAS de chance supplémentaire de gagner!). Résultat du tirage au sort mardi 25. J'envoie uniquement en Belgique (dans la foulée du tirage au sort) ou en France métropolitaine (vers le 10 ou le 12 octobre). Bonne chance!

Troc party 4.0: mission réussie!




Nous étions onze pour cette 4ème troc party bruxelloise, réunies hier après-midi chez Miss Sunalee afin que les erreurs d'achat des unes deviennent les nouveaux trésors des autres. Et aussi, un peu, afin de bâfrer une quantité indécente de calories. Nelly avait fait de parfaites madeleines nature super légères; Ness nous avait une fois de plus préparé ses merveilleuses boulettes de viande aux olives vertes, ainsi que des sablés parmesan-thym qui tabassaient leur mémé; j'ai aussi goûté une délicieuse tarte au fromage et tellement d'autres trucs que je ne m'en souviens plus (mais je peux vous dire que je me suis contentée d'une salade verte le soir au dîner). 

A part ça, selon la formule désormais consacrée, nous avons commencé par troquer nos cosmétiques et autres petits brols sur la table de jardin de Miss Sunalee en remplissant nos estomacs; puis, après avoir pris une taille de pantalon chacune, nous sommes passées au salon où nous avons étalé vêtements, sacs, foulards et autres accessoires sur toutes les surfaces disponibles. Chacune a fait son petit marché et commencé ses essayages sur place, dans le couloir, dans l'escalier ou même dans la chambre de l'étage pour les bustiers et autres pièces de lingerie. C'était un joyeux bordel ponctué de petits cris de ravissement, de "Ca te va trop bien!" et de "Ouah, la bombasse!". Bref, bon pour le porte-monnaie autant que pour l'ego. 

Mes prises du jour: cinq vernis à ongles, une robe d'été Noa Noa grise avec de petites touches roses, un bustier en dentelle rouge et noir, une jupe violette à fleurs qui m'ira parfaitement dès que j'aurai perdu 2 kilos de plus, deux tops en mousseline transparente, un pull Quiksilver rouge et rose, un petit sac en feutrine rouge et noir Marina Marinof et un livre d'Aki Shimazaki. Les affaires qui n'ont pas trouvé preneuse (soit quand même quatre gros sacs) seront déposées aux Petits Riens. Après les avoir emballées, nous sommes retournées sur la terrasse pour papoter de tout et de rien, depuis les classiques littéraires les plus barbants - croyez-le ou non, Zola a ses fans - jusqu'à la pilosité de ces messieurs. Puis nous avons repris qui son vélo, qui sa voiture, qui le chemin du métro pour rentrer chez nous moins chargées qu'à l'arrivée mais beaucoup plus ravies. On remet ça au début du printemps? 

dimanche 16 septembre 2012

Le dernier compte-rendu de swap ancienne formule


- Dans le cadre du swap beauté, vous pouvez voir ici le paquet que Mmarie a envoyé à Lady Pops

- ...et ici, celui qu'Emmanuelle a reçu de Céline M.

- Dans le cadre du swap voyage, voici le paquet que j'ai envoyé à Ma voisine millionnaire à la place de celui qu'était censé lui envoyer Poni P, qui a réceptionné le paquet de sa swapeuse et n'a jamais ni remercié cette dernière et fait de compte-rendu, ni envoyé de paquet à sa swapée. 




En rentrant chez moi vendredi soir, j'ai découvert avec plaisir qu'un colis à ton nom m'attendait. J'en sors plusieurs paquets très joliment emballés et voici ce que je trouve:
- Une petite broche japonaise ravissante qui ira orner mon manteau de mi-saison.
- Un livre, Squeamish about sushi, qui, comme tu l'as deviné, rassemble plusieurs de mes centres d'intérêt: la cuisine, le Japon et le dessin. A lire après avoir mangé, sinon, gare aux envies de sushis intempestives!
- Un carnet en papier japonais qui se déplie comme un accordéon, ce que je trouve très pratique pour dessiner (pas de pliure gênante). Parfait pour prendre des notes et dessiner en voyage.
- un marque-page fait maison avec une poupée japonaise en origami toute mignonne et qui accompagnera mes prochaines lecture.
Et une carte de chez Mme Mo - j'adore ses noren et ses abécédaires japonais!

Merci Armalite pour ce ravissant colis qui m'a emmenée quelques instants au Japon :)

Céline

Je ne vais pas vous répéter combien je suis dégoûtée du comportement de certaines participantes, qui m'a poussée à annuler la suite des swaps prévus cette année. J'en organiserai d'autres, c'est sûr, parce que j'ai trop d'idées et que ces incidents n'ont pas effacé le plaisir que j'ai pris globalement à organiser ces échanges. Mais du coup, le prochain (qui sera sans doute un swap gourmand) sera ouvert uniquement aux gens que je connais IRL ou à ceux qui ont déjà participé à d'autres swaps sans créer de problèmes. A bientôt, j'espère. 

"Ruby Sparks ("Elle s'appelle Ruby")


Calvin Weir-Fields approche de la trentaine. Dix ans plus tôt, il a écrit un extraordinaire premier roman considéré comme un classique du genre, et qui lui a valu l'étiquette de génie. Mais depuis, Calvin souffre du syndrome de la page blanche. Il est célibataire de longue date et n'a aucun ami. Les deux seules personnes qu'il voit régulièrement sont son frère aîné et son psy. Et puis un jour, Calvin se met à écrire sur la fille idéale qui hante ses rêves. Quand elle sort de sa chambre tout ébouriffée un beau matin, Calvin croit d'abord qu'il devient fou. Mais très vite, il doit se rendre à l'évidence: Ruby est réelle, et c'est lui qui l'a créée...

Merveilleuse surprise que ce film plein d'énergie, au propos original et à la tonalité finalement plus grave que ce qu'on pourrait imaginer. Zoe Kazan, scénariste, co-productrice et actrice, s'est mitonné un rôle aux petits oignons dans lequel elle illumine l'écran. Sa Ruby est la fille la plus adorable du monde, celle que tous les garçons ont envie d'épouser et dont toutes les filles veulent devenir la meilleure amie. Elle m'a donné envie de porter des collants multicolores, de faire du patin à roulettes, de jouer aux cowboys sur une plage californienne déserte et de sauter toute habillée dans la piscine. 

L'amour fusionnel peut-il durer? Un couple peut-il avoir une relation saine quand l'un des deux partenaires possède totalement l'autre? En répondant à ces questions à travers une situation clairement imaginaire, l'auteur évite l'écueil de la moralisation et donne à son film un aspect un peu magique, même dans les moments les plus dramatiques. Mon seul regret, c'est la dernière scène que je trouve de trop - mais Chouchou, lui, l'estime nécessaire. Filez donc au cinéma vous faire un avis par vous-même!




samedi 15 septembre 2012

Et soudain, un paquet de frites place Flagey



J'ai l'impression de peser trois tonnes en ce moment. Tout me coûte dix fois plus d'efforts que d'habitude; je n'ai pas envie de grand-chose à part dormir et, si possible, ne pas rêver de chatons. L'autre nuit ils étaient cinq, un noir un blanc un roux un rayé bleu et un rayé violet, deux mois à vue de nez, encore leur poil de bébé; ils ne faisaient pas le moindre bruit et passaient leur temps à se cacher si bien que je craignais toujours de les avoir perdus. Quand je me suis réveillée j'ai eu un tout petit peu envie de pleurer en voyant qu'ils n'étaient plus là. 

Si je n'étais pas maximégacharrette, non pas sur ma trad en cours mais sur la suivante que j'ai accepté de faire en un laps de temps ridiculement court, je passerais mes journées à boire des litres de thé en regardant dans le vague. 

Moyennant quoi, cet après-midi lors d'un passage impromptu chez Brüsel, je n'ai pas trouvé mieux que d'acheter une bédé déprimante et "Le bruit des clefs", longue lettre d'Anne Goscinny dédiée à son père mort. Ambiance. En ressortant, parce que j'avais un petit creux, j'ai cherché une boulangerie du regard. Chouchou a cru que je matais le Frit'Flagey et m'a dit un "Non" très ferme, du genre qu'une femme qui connaît sa place et qui respecte l'autorité masculine ne songerait jamais à contester. 

Dix minutes plus tard, grâce à une file miséricordieusement courte pour une fois, nous nous asseyions sur un banc avec un gros paquet de frites et deux petites barquettes de sauce, mayo pour lui et poivre pour moi. La température avait dû monter de dix degrés depuis que nous étions sortis de chez nous une heure avant; je marinais dans mon pull à étoiles et Chouchou a failli prendre un coup de soleil sur le crâne. Mais jusqu'à ce que la dernière frite soit avalée et que les papiers gras aillent nourrir la poubelle la plus proche, ma déprime s'est tenue respectueusement à distance.

Vivent les frites.




vendredi 14 septembre 2012

Où ma banque reprend la pole position de ma liste noire


Le mois dernier, voulant passer une commande Picard, j'ai la surprise de constater que mon paiement Visa par internet doit désormais être validé à l'aide d'un code envoyé par SMS. Or, je suis à Bruxelles où mon portable français ne fonctionne pas. J'écris à madame Mabanquière pour lui réclamer une solution. Madame Mabanquière est en vacances, mais son remplaçant propose de m'envoyer une "calculette" dans laquelle il me suffira d'introduire ma Visa pour obtenir le code en question. Chouchou utilise ce système depuis des années; il paraît que c'est ce qui se fait le mieux en matière de sécurité. Je dis OK et, parce que je suis pressée de récupérer l'engin, je demande s'il peut m'être envoyé à l'adresse de mes parents chez qui je descends dès le week-end suivant passer une semaine. 

La calculette arrive; je la teste; elle fonctionne. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'à ce que mon relevé de compte suivant arrive chez mes parents. Qu'il s'agisse d'une erreur de manipulation informatique ou qu'il ait compris à tort que j'avais déménagé, le remplaçant de madame Mabanquière a modifié mon intitulé de compte. J'envoie un mail poli à madame Mabanquière, désormais rentrée de vacances, pour lui signaler le problème et lui demander d'effectuer la manipulation inverse. Ce qu'elle fait dans la journée, et tout va de nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu'à ce que le relevé de mon autre compte courant (celui que j'utilise pour mes opérations professionnelles) arrive aussi chez mes parents. Bien qu'agacée, j'envoie un nouveau mail poli à madame Mabanquière pour lui signaler le problème et lui demander d'y remédier. Et là, cette brave dame me répond: "Pour cela, il va falloir me fournir un justificatif de domicile".

Paaaaaaardon? J'envoie un mail légèrement moins poli pour lui expliquer que je trouve ça un peu fort de roquefort (par ailleurs un fromage que j'adore, la question n'est pas du tout là). Son collaborateur peut modifier mon adresse par erreur, sans que je le lui demande et certainement sans que je lui fournisse quelque document que ce soit, mais moi, je ne peux rien faire sur mon propre compte sans montrer patte blanche? Réponse laconique et non-argumentée: "Nous avons besoin de ce document". Sentant poindre une migraine, j'envoie une copie de mon dernier avis d'imposition. Et dès le lendemain, je reçois le mail suivant: "Nous accusons réception de votre justificatif de domicile. Nous nous sommes aperçus que nous n'avions pas non plus de pièce d'identité pour vous; merci de nous en fournir une copie au plus vite."

Chère madame Mabanquière,

Vous trouverez ci-joint la copie de pièce d'identité que vous m'avez réclamée. 
Je me tiens à votre disposition pour vous fournir, au rythme d'un par jour et surtout pas de manière groupée parce que sinon ce serait beaucoup moins drôle, tous les autres documents dont vous pourriez avoir besoin pour me permettre d'accéder à mon propre argent, tels que:
- extrait de naissance (oui je suis française et donc en droit d'utiliser les services de votre merveilleux établissement)
- carte de mutuelle (oui je suis saine de corps et d'esprit et, si ce dernier venait à défaillir en raison des demandes aberrantes de certains de mes fournisseurs de service, je serais prise en charge par la sécurité sociale)
- tous diplômes obtenus depuis le BEPC (oui je sais additionner deux et deux pour éviter d'être à découvert)
- carte de donneur de sang (oui j'ai l'esprit citoyen et je mérite que la nation, ou en tout cas un de ses représentants commerciaux, veille sur mon argent)
- carte de fidélité Sephora (oui, j'ai la peau nettoyée dans les règles de l'art et je sens raisonnablement bon, moyennant quoi, vous pouvez sans danger pour votre odorat délicat m'accueillir dans vos mirifiques locaux)
Par contre, je vous préviens tout de suite, pour la recette secrète de mes madeleines au chocolat, vous pouvez toujours vous gratter. 

Armalite


Photo empruntée ici

jeudi 13 septembre 2012

"Snuff"


Si je continue à suivre fidèlement les Annales du Disque-Monde, je dois avouer que je n'ai pas du tout été emballée par les derniers tomes. Ca doit bien faire dix ans que je ne ris plus aux éclats en les lisant, que je ne les dévore plus en deux ou trois jours et que je ne m'émerveille plus des multiples trouvailles de l'auteur. Dix ans pendant lesquels la série s'est essentiellement centrée sur le Guet d'Ankh-Morpork, qui n'a jamais été mon groupe de personnages préférés; dix ans pendant lesquels elle s'est spécialisée dans une satire sociale souvent bien vue mais chaussée de trop gros sabots à mon goût. Quand j'ai entamé "Snuff", dont le commandant Vimes est une fois de plus le héros, je ne nourrissais donc pas de grands espoirs. 

(Attention, petits spoilers!) Vimes, citadin dans l'âme, est contraint par son épouse dame Sybil à prendre des vacances à la campagne avec leur fils Sam Junior. Il répugne à s'éloigner ainsi de son travail de policier... et comme de bien entendu, à peine arrivé au manoir de la famille Ramkin, il flaire la culpabilité de la noblesse et de la magistrature locale. Pendant qu'il tente de déterminer quel crime a été commis dans ce village d'apparence si paisible, quelqu'un tente de le faire accuser du meurtre du forgeron. En cherchant le moyen de se disculper, Vimes découvre une colonie de gobelins installée dans une colline. Ces créatures peu ragoûtantes, considérées comme les damnés de la Terre plus misérables des misérables, se révèlent pourtant capables d'étonnantes prouesses artistiques. Et surtout, elles lui réclament justice. Or, s'il y a une chose à laquelle Vimes n'a jamais pu résister, c'est l'appel de la loi. 

Plus honnis encore que les nains, les trolls ou les vampires, les gobelins fournissent à Terry Pratchett l'occasion d'un nouvel appel à la tolérance raciale. C'est bien intentionné mais quelque peu éculé: d'entrée de jeu, on devine que tout ça débouchera sur le recrutement de certains d'entre eux dans le Guet, devenu au fil des tomes une sorte d'arche de Noé pour les espèces intelligentes. Pourtant, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire "Snuff". Niveau humour, je l'ai trouvé nettement au-dessus des dix précédents, et j'ai maintes fois gloussé pendant ma lecture. Une fois n'est pas coutume, j'ai aussi été émue par le sort des gobelins, l'auteur n'hésitant pas à jouer exceptionnellement sur la corde sensible de son lectorat. D'habitude, ses personnages de losers et de parias ont un trait de caractère qui empêche de se sentir totalement désolé pour eux: la lâcheté et la chance de Rincevent, par exemple. Là, n'importe qui aurait envie de se faire le défenseur de ces pauvres malheureux incompris et injustement méprisés. Et puis je suis fan des relations archi-stéréotypées mais très drôles du ménage Vimes, Sybil menant son époux à la baguette sans avoir l'air d'y toucher et celui-ci se laissant faire avec la résignation de quelqu'un qui sait qu'il n'aura jamais le dernier mot. Au rayon des personnages secondaires, on notera une belle prestation de Willikins, le valet de chambre capable de terroriser n'importe quel criminel endurci avec un simple peigne, et on regrettera l'absence de la Mort pour la toute première fois dans les romans adultes de la série. 

mercredi 12 septembre 2012

Insomnie en duo


Au début d'une histoire d'amour, c'est souvent qu'on passe des nuits blanches à refaire le monde avec l'autre. On a trop de choses à se raconter pour envisager de dormir. Généralement, au bout de six mois, on a épuisé son stock d'anecdotes et de théories, qui dès lors se renouvelle à un rythme juste suffisant pour alimenter les conversations diurnes. Ca vaut d'ailleurs mieux, parce que personne ne peut rester bien longtemps un membre productif de la société avec vingt minutes de sommeil par jour. 

Choucou et moi fêterons bientôt les six ans de notre rencontre, et d'ordinaire, quand nous ne ronflons pas en stéréo passé minuit, c'est que l'une de nous est plongée dans un bouquin passionnant qu'elle a du mal à refermer, tandis que l'autre n'en finit pas d'explorer les dernières actualités politiques ou pornographiques sur son iPad. Mais hier soir, impossible de trouver le sommeil. Etait-ce le thé au jasmin bu un peu trop libéralement vers 21h30? Etait-ce l'excitation, pour Chouchou, des dernières grosses avancées réalisées à son travail? Peu importe, dans le fond. A une heure du matin, alors que la lumière était éteinte depuis un bon moment déjà, nous avons dû nous rendre à l'évidence: aucun de nous deux n'arrivait à s'endormir. 

Chouchou a commencé par me raconter en détail ce qui se passait à son boulot et pourquoi il était tellement content de lui. Après ça, j'ai du mal à reconstituer les méandres suivis par la conversation. Je me souviens que nous avons parlé de Scarlett qui nous manque à tous les deux, et des testicules en or que le propriétaire de Maru est en train de se faire grâce à l'indéfectible stupidité de son chat. A un moment, pris d'un petit creux, nous avons même envisagé de nous relever pour nous faire des gyozas. Ca m'a rappelé cette nuit passée dans une roulotte au milieu du Lubéron en mars 2007. Nous étions ensemble depuis moins de six mois, justement; c'était mon anniversaire et après une séance de câlins vigoureuse nous nous sommes retrouvés, je ne sais plus comment, à hurler des génériques de dessin animé en direction du plafond aux alentours de 2h du matin. Nous chantons atrocement faux l'un comme l'autre; c'est pourtant l'un de mes plus jolis souvenirs.

Hier soir, nous avons fini par nous assoupir un peu après 3h du matin. Et si nous n'avions pas profité de notre insomnie pour refaire le monde, c'est peut-être parce que celui que nous nous sommes bâtis durant ces six années nous convient parfaitement bien. 

"Hikari no densetsu"


"Essayer de sauter de danser
C'est très dur mais j'y arriverai
C'est normal tout le mal qu'on se donne
Je serai une vraie champiooooooonne!"
Si vous êtes né(e) dans les années 70 ou 80, vous aurez peut-être reconnu le générique français de "Cynthia ou le rythme de la vie", dessin animé qui retraçait l'ascension d'une jeune pratiquante de GRS et les péripéties de sa vie sentimentale. J'ai toujours été frustrée de n'avoir pas vu la fin; alors quand j'ai découvert que Tonkam rééditait en 8 gros volumes le manga d'Izumi Aso qui avait donné naissance à la série, je n'ai pas hésité longtemps avant de me lancer dans un petit trip nostalgie bon marché*.

En VO, donc, Cynthia s'appelle Hikari. Elle a 14 ans au début de l'histoire, et elle entre en 4ème dans un nouveau collège. Là, elle fait la connaissance de Hazuki, une élève de 3ème qui est déjà une vedette junior de la GRS. Les deux filles vont devenir amies mais aussi rivales, à la fois sur les tapis et dans le coeur d'Oîshi, un champion de gymnastique traditionnelle qui fréquente le même établissement scolaire. Leur trio amoureux sera brisé par l'arrivée de Mao, un jeune musicien ombrageux très épris de Hikari. Il propose à celle-ci d'accompagner ses chorégraphies en jouant d'un instrument live, ce qui va permettre à la jeune fille d'atteindre de nouveaux sommets dans sa pratique. Les compétitions se succèdent avec plus ou moins de bonheur jusqu'à l'objectif ultime de Hikari: les jeux olympiques de Séoul...





Si j'ai craint au début que l'absence de musique nuise à mon appréciation de la version papier de "Hikari no densetsu", j'ai été bien vite rassurée. Au lieu d'une animation somme toute assez rudimentaire, j'ai eu droit à de superbes décompositions des mouvements des gymnastes, un vrai régal pour les yeux**. Le caractère spontané et le bon coeur de Hikari, incapable d'éprouver jalousie ou rancune envers qui que ce soit, font d'elle une héroïne très attachante. Bosseuse, déterminée et résolument positive, elle entretient des rapports de saine émulation avec toutes ses concurrentes, et se réjouit sincèrement pour elles après chacune de leurs bonnes performances. Je regrette juste que le manga ne montre pas davantage les aspects plus ordinaires de sa vie d'adolescente, comme ses cours ou ses rapports avec sa famille. Malgré ça, j'ai dévoré les 6 premiers tomes et j'attends avec impatience la sortie du 7ème et avant-dernier. 

*moins de 10€ le tome pour une bonne heure et demie de lecture: un excellent rapport prix-durée dans la bédé en général
**malgré des pieds qui ressemblent à des pattes de lapin terminées par de longs orteils de chimpanzés; quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi AUCUN mangaka ne sait dessiner les pieds correctement?

mardi 11 septembre 2012

"Nous sommes tous des faiseurs de ciel"


C'est sur le blog Vie de miettes que j'ai eu vent de ce très joli projet.




Une boîte découverte dans un grenier, qui contient des textes, des photos, des poèmes, des fragments surtout, sur tout, de tout. Une histoire qui se tisse au fil de la lecture, du désordre autorisé : on pioche, on passe, on revient, on relit, comme dans une boîte à souvenirs. L'histoire d'Agnès. De Marco. Une histoire d'amour qui se construit, se comprend, s'apprend, au fur et à mesure de la lecture, des brouillons de lettres, des bribes de souvenirs, des images qui se trouvent dans la boîte. Une valse aussi des personnages importants dans leurs vies, dans leur vie commune, pour tenter de dire l'indicible, de dire le manque, de dire ce qu'on ne sait pas, qu'on ne saisit pas au début. Et qui surgit, de manière diffuse... Qui empêche parfois un peu de respirer normalement. C'est un projet à construire, à tisser. À découvrir. Comme cette boîte au fond d'un grenier.




Séduite, j'ai immédiatement souscrit pour recevoir cette boîte mystérieuse. Car "Nous sommes tous des faiseurs de ciel" ne verra le jour que si ses auteurs arrivent à rassembler 4000€ pour lui donner vie. A sept jours de leur deadline, il ne leur manque plus que 18% de cette somme. Si vous êtes intéressés, vous trouverez tous les détails nécessaires ici

Edit du 12 septembre: la somme fixée a été atteinte ce matin, le projet verra donc le jour! J'ai tellement hâte de recevoir ma boîte et de découvrir cette histoire... 

Projets pour l'automne


Illustration empruntée sur ce très beau blog photo

- Changer de canapé: nous avons choisi, ce sera celui-là.

- Réorganiser le coin salon en virant la vieille télé über encombrante et en remplaçant son meuble massif par un buffet bas très large mais pas très profond qui fera aussi office de rangement.

- Finir mon couvre-lit à vagues (pour l'instant j'ai 30 bandes sur 80; je n'ai pas pu y travailler du tout ces 2 dernières semaines).

- Crocheter un bonnet pour Chouchou avec la laine rapportée d'Islande.

- Prendre un cours de confection de bijoux en laine cardée avec la prof qui m'a déjà enseigné les bases de cette technique.

- Observer un mois de "no buy" en octobre, histoire de regonfler un peu mes finances après le séjour en Suisse et avant le voyage à Barcelone puis les achats de Noël.

- Me trouver un jean taille haute avec une coupe rétro bien moulante. 

- Intégrer une petite séance de yoga (10/15 minutes) à ma routine quotidienne, maintenant que le chat n'est plus là pour me gêner.

- Reprendre doucement le Postcrossing abandonné depuis quelques mois: recevoir des cartes du monde entier me manque!

Et vous, des projets pour cet automne?

lundi 10 septembre 2012

Je suis un dinosaure


Je n'ai pas de smartphone. 
J'ai bien un téléphone portable, mais qui ne possède aucune autre fonction que téléphoner. Rendez-vous compte: je ne peux même pas prendre de photos avec. Pour ça, j'utilise un appareil photo. Je sais, c'est atrocement archaïque.

Je n'ai pas non plus d'iPad, non parce que je n'ai pas les sous pour m'en offrir un, mais parce que je hais les écrans tactiles et que mon MacBook me suffit largement pour la maison. Et pour dehors? Aussi fou que ça paraisse, dehors, je n'en ai pas besoin. Si j'ai cinq minutes de temps mort à un moment donné, je sors le bouquin que je trimballe toujours dans mon sac, et c'est bien suffisant pour m'éviter de mourir d'ennui. 

Je ne suis pas sur Pinterest ni sur Instagram, et je n'ai qu'une présence fantôme sur Twitter. Du coup, je ne peux pas me payer le luxe de faire la fille blasée qui lâche des "old!" méprisants 3mn17 après la première diffusion d'une info sur internet. Je vous assure qu'on survit très bien.

Je sais à peine me servir d'un traitement de texte et pas du tout d'un tableur, de Photoshop ou autres programmes non indispensables à mon activité professionnelle. Si j'ai une opération compliquée à faire, je n'appuie pas sur la touche F4 de mon MacBook: j'attrape la calculatrice Lexibook payée 4,95€ il y a dix ans et toujours posée sur mon bureau depuis.

Je suis très soulagée que les magnétoscopes aient disparu, parce que je n'avais toujours pas compris comment il fallait faire pour les programmer.
De toute façon, j'ai jeté ma télé depuis des années. Elle ne me manque pas du tout. 

Quand je veux écouter de la musique, j'achète des CD parce que j'aime bien feuilleter le livret. 
Quand je veux lire un livre, j'achète la version papier, parce que les liseuses me filent de l'urticaire. 
Quand je veux voir une série télé, je... euh oui bon OK, je télécharge. (Ou plutôt, je dis à Chouchou de télécharger, parce que moi je ne sais pas faire.) Mais c'est uniquement pour ne pas attendre la sortie des DVD l'année suivante.

J'ai encore un agenda, un vrai dans lequel on écrit avec un stylo. Et même deux chaque année, tiens. En 2013, ce sera le Moleskine Star Wars pour noter les choses faites, et je lui cherche activement un copain pour noter les choses à faire. J'aime le côté organique du papier et de l'encre; je refuse de me priver du plaisir tactile qu'il y a à les manipuler.

Je suis un dinosaure, et j'assume complètement.

dimanche 9 septembre 2012

Il n'y a décidément plus moyen de ranger les gens dans des cases


Je vous ai déjà parlé de ma voisine Solange, respectable vieille dame ultra-catho et probablement un peu FN, qui à l'occasion me fait de surprenantes révélations fruitières
Tout à l'heure, je suis allée lui rendre ma visite habituelle. Entre les doléances rituelles sur sa femme de ménage qui n'en fout pas une et le récit des infiltrations qu'on lui fait pour soigner son mal au dos, Solange a pointé un doigt vers mon avant-bras gauche et m'a déclaré tranquillement:
- Le mois prochain, je me fais faire un truc comme vous!
J'ai pensé avoir mal compris.
- Un tatouage?
- Ben un dessin avec les aiguilles, là. 
- Un tatouage. 
Voyant mon air quelque peu surpris, elle a expliqué: 
- C'est mon anniversaire, et mes enfants m'ont demandé ce que je voulais. Alors comme j'ai déjà tout et que j'ai toujours eu envie de m'en faire faire un... 
- M-m-m-mais, OK, d'accord. Vous savez quand même que pour que ça rende bien, il faut que la peau soit, euh...
- Encore tendue, oui. C'est pour ça que je vais faire ça sur un mollet, pas là où c'est tout fripé, dit-elle gaiement en agitant le gras de son bras droit. 
Faiblement, j'ai tenté:
- Y'a aussi une question d'épaisseur... En vieillissant, la peau devient plus fine et l'encre prend moins bien.
- Oh, je vais avoir 86 ans: ça tiendra bien jusqu'à ce que je meure!
Vaincue, j'ai encore demandé, par pure curiosité:
- Et comme motif, vous savez ce que vous voulez? 
- Ben j'ai d'abord pensé au nom de mes petits-enfants, mais j'en ai 11 et 13 arrière-petits-enfants, ça ferait beaucoup! Alors, je vais juste faire un coeur percé d'une flèche avec marqué: "Je vous aime, Mamie". 
J'ai hâte de voir le résultat.


Photo empruntée ici

"Eloïsa et Napoléon"


Eloïsa est grande et grognon. Napoléon est minuscule et souriant. 80 cm et des caractères totalement opposés les séparent. Pourtant, leur amour est une évidence, une petite bulle de magie qui les isole du reste du monde. Les débuts de leur histoire n'ont pas été simples: après leur rencontre fortuite au marché aux fleurs, Eloïsa s'est enfuie, et Napoléon a dû déployer des trésors d'ingéniosité et de patience pour la retrouver...

"Eloïsa et Napoléon", c'est pile le genre de bédé miraculeuse que j'adore dénicher en fouillant chez Contrebandes. Sortie sans tapage chez un petit éditeur, elle a remis de un peu de gaieté et de bonne humeur dans ma soirée de vendredi dernier.  Ce qui, croyez-moi, n'était pas un mince exploit. J'aime les couples à part, ceux qui savent se créer un univers bien à eux et faire de leurs différences leur plus bel atout. Graphiquement, j'ai beaucoup apprécié l'alternance de mosaïques de carrés, dont certains se complètent entre eux pour montrer la progression d'une action,  et de dessins aérés prenant tout une double page, qui installent leur atmosphère façon Sempé. Une très, très jolie découverte.