jeudi 28 février 2013

Mes 7 objectifs de février: bilan


Calendrier renard acheté, et illustration empruntée, dans cette boutique Etsy

1. Refaire le layout de mon blog
Je voulais changer mon wallpaper et ma bannière, et regrouper mes tags en catégories présentées sous forme d'onglets. Il FAUT que je le fasse. Je n'ai pas DU TOUT envie de le faire. Résultat: chaque jour, je me suis trouvé de bonnes raisons de remettre à plus tard, et j'arrive en fin de mois sans même avoir mis le nez dans ce foutu layout. C'est un échec total, et un objectif que je vais devoir reporter sur le mois prochain, sans doute en le fractionnant pour le rendre plus digeste.
Taux de réussite: 0%

2. Apprendre à retoucher mes photos
Le terme "retoucher" était un raccourci pour tout un ensemble de manipulations: utiliser le retardateur de mon appareil, faire des Instagrams, écrire sur mes photos, leur appliquer des filtres. Pour les deux premières, c'est bon. Pour la troisième, je me suis fait montrer par Chouchou et j'ai pris des notes, mais pas encore testé personnellement. Pour la dernière, il va me falloir encore un peu de temps et de courage en plus avant de me décider à attaquer Photoshop Eléments.
Taux de réussite: 60%

3. Faire une opération "12 objets en moins" chaque mercredi
En fait, j'étais si impatiente de m'y mettre que j'ai commencé le dernier mercredi de janvier. Je me suis attaquée à l'armoire blanche dans laquelle je range une partie de mes vêtements à Monpatelin. Le temps d'éliminer 12 fringues que je ne portais pas ou plus, je me suis dit que ça serait bête de ne pas finir les dernières étagères. Résultat: - 20 objets en tout (pyjamas en flanelle, T-shirts, pulls, lunettes de soleil...), que j'ai donnés à ma tante pour ses nombreuses soeurs et nièces. 
La première semaine de février, j'étais à Londres le mercredi et l'opération a donc été reportée au vendredi. J'ai essentiellement viré les boîtes de mes Chie Mihara, les seules que je conservais pour le cas où je revendrais les chaussures correspondantes sur eBay. Sauf que quand ça arrive, je n'envoie jamais les boîtes parce que ça fait un colis trop volumineux. Donc, poubelle, ce qui m'a permis de récupérer une moitié d'étagère de penderie.
La deuxième semaine de février, dès le lundi, j'ai fait une descente sur mes placards de cuisine pour en virer les livres de recettes inutilisés, les mugs surnuméraires, les dernières gamelles à chat, les vieux torchons qui avaient fait leur temps et les gadgets séduisants sur le principe mais décevants dans la réalité: carte râpe-ail, machine à faire des chips de légumes au micro-ondes...
Le mercredi, sur ma lancée, j'ai refait une purge de mon étagère à DVD et à CD, éliminant tous ceux dont je ne voulais plus et que Pêle-Mêle avait refusé de racheter. Ils partiront aux Petits Riens.
La troisième semaine de février, j'ai essayé tous mes pantalons et mes jeans, et j'en ai viré une demi-douzaine dans lesquels je ne rentrais plus. Je me suis également débarrassée de ma vieille lampe de chevet et du réveil devenu inutile depuis l'acquisition de mon simulateur d'aube.
Ce matin, enfin, j'ai pris mon courage à deux mains et fait un tri dans le demi-shoesing que je conserve à Monpatelin.
Taux de réussite: 100%

4. Boucler ma compta pro 2012
A raison d'un ou deux mois par jour hors week-end, objectif atteint (presque) sans souffrance. Et j'ai en main depuis hier la liasse nécessaire à l'établissement de ma 2035, que j'espère pouvoir envoyer à mon association de gestion agréée d'ici une semaine.
Taux de réussite: 100%

5. Faire une courte séance de yoga 5 matins par semaine
Je me suis lancée le premier lundi de mon mois sabbatique. Trois quarts d'heure après mon lever (pour me laisser le temps de boire tranquillement mon thé en surfant sur internet), j'ai déroulé mon tapis entre le canapé et le meuble télé, allumé une bougie parfumée et, pendant un quart d'heure, exécuté les poses de la séquence trouvée ici. J'ai trouvé ça super agréable, et les quinze minutes sont passées très vite. Les jours suivants, j'ai ajouté de la musique. La semaine d'après, j'ai changé de séquence.
J'ai toujours un peu de mal à m'y mettre - ma fainéantise congénitale... -, mais honnêtement, ça me fait un bien fou et c'est une parfaite façon de commencer la journée. Après ma petite séance, je déjeune, je me douche, et je suis dans une forme olympique pour attaquer la suite. Une habitude que je dois absolument conserver. A terme, j'aimerais allonger cette séance jusqu'à une demi-heure, et peut-être la rendre plus tonique.
Taux de réussite: 100%

6. Diminuer ma consommation de thé vert
Quand j'ai annoncé cet objectif, plusieurs personnes s'en sont étonnées. Mais s'il est recommandé de boire une tasse de thé vert par jour pour ses propriétés antioxydantes, moi, j'en étais à 4 ou 5 chopes quotidiennes. Et même une chose profitable à petite dose devient problématique quand on en abuse. A haute dose, le thé vert empêche d'assimiler le fer (moins que le noir, mais quand même) et serait nocif pour le foie selon une étude récente.
J'ai donc décidé, dans un premier temps, de diviser ma consommation par deux: soit une chope le matin au réveil, et une autre juste après le déjeuner avant de me remettre au travail pour l'après-midi. Le reste de la journée, je me suis mise à consommer de la tisane, et comme je n'aime pas celles qu'on trouve dans le commerce, j'ai décidé de fabriquer la mienne à partir de plantes achetées en herboristerie. Je vous présente le résultat très vite. 
Taux de réussite: 100%

7. Prendre des renseignements administratifs
J'avais deux sujets de recherche, un professionnel et un privé.
Pour le premier, je n'ai récupéré qu'hier les documents qui vont me permettre de lancer mon investigation.
Pour le second, j'ai rendu visite à la mairie de Monpatelin, puis écrit au Trésor Public. La réponse par mail de mon contrôleur des impôts contredit les informations trouvées sur le site du gouvernement. On n'est pas rendu, je vous le dis. Du coup, j'ai pris rendez-vous chez un notaire demain. Il saura peut-être me fournir des renseignements fiables, lui...
Taux de réussite: 30% (parce que mes interlocuteurs n'y mettent pas du leur)

Autres accomplissements:
- Après sept mois de travail acharné, j'ai enfin terminé mon couvre-lit à rayures au crochet, et aussitôt enchaîné sur une autre couverture, pour le bébé d'une copine cette fois.
- Afin d'écouler les fringues dont je souhaite me débarrasser, j'ai organisé une cinquième troc party qui aura lieu le mois prochain.
- J'ai participé à un atelier de cosmétique maison que j'ai trouvé très fun. Je finis les pots de gommage et de crème hydratante/nourrissante fabriqués ce jour-là, et si je suis satisfaite du résultat, je me procure de quoi faire ma propre petite cuisine. 

Et les objectifs du mois précédent? 
Indulgence: Avec ma mère, j'ai réussi à lâcher prise. Elle est comme elle est, et j'aimerais bien qu'elle change, mais ça ne peut venir que d'elle... et il se pourrait qu'elle soit sur la bonne voie. En tout cas, j'ai de l'espoir. Avec les autres, j'essaie de me foutre de leurs défauts/erreurs ou de les prendre avec philosophie. Il y a des jours où ça marche mieux que d'autres. 
Dessin: J'ai recommencé à dessiner dans le carnet de sac interrompu fin août 2010. Et je suis fermement décidée à refaire un vrai carnet de voyage dès mon prochain déplacement à l'étranger (sans doute Brighton fin avril). 
PAL: J'avais terminé janvier avec 30 livres sur mon étagère et 6 en cours de lecture. Fin février, ces chiffres sont de 28 et 5 malgré de nombreux achats en cours de mois. 
Alimentation végétarienne: J'ai acheté et cuisiné mes premiers panais, ma première courge-spaghetti et ma première botte de pourpier, testé un merveilleux pain perdu au lait de riz et aux framboises, improvisé une salade boulgour/épinards/fèves/avocat/feta//citron/menthe/sauce au yaourt. Je continue à essayer de nouvelles recettes et à découvrir de nouveaux ingrédients. C'est un mode d'alimentation qui me convient particulièrement bien, même si je continue à consommer un peu de viande de temps en temps, notamment au resto ou chez des amis. 

Et mon petit mot de 2013? 
J'ai toujours des angoisses liées à ma santé, mais je parviens plus ou moins à les maîtriser en utilisant la technique du "Que dirais-je à ma meilleure amie si elle était à ma place?". Je trouve ça vraiment efficace pour prendre du recul et dédramatiser mes peurs chroniques.
Quant à mon pessimisme congénital sur l'état du monde dans lequel nous vivons, je tente de le soigner à coups de points de vue positifs. Cette conférence TED, en particulier, m'a semblé tout à fait édifiante. 

Conclusion: Ce mois a été très productif, essentiellement parce que j'ai eu pas mal de temps libre.  J'ai toujours un frein au démarrage de certains projets, ceux que je veux voir réalisés, mais dont je sais que la réalisation va me prendre la tête. La satisfaction quand j'arrive à les boucler quand même s'en trouve certes décuplée, mais que de résistance et de grincements de dents à la base!

Février 2013



mercredi 27 février 2013

Sigur Ròs à Forest National: grandiose, forcément grandiose




Malgré l'acoustique déplorable de Forest National; malgré le placement libre à cause duquel, arrivés à 20h pile, nous nous sommes retrouvés au deuxième balcon et sur le côté; malgré le trentenaire barbu qui m'a forcée à me lever sept fois en deux heures pour aller se chercher une putain de bière; malgré les flashs violents qui ont presque réussi à m'aveugler sur plusieurs morceaux, le concert que Sigur Ròs a donné hier soir à Bruxelles devant une salle comble était rien moins que grandiose.




Au début du spectacle, la scène est enveloppée d'un rideau de gaze sur lequel sont projetées en ombres chinoises des images difficiles à identifier - de l'infiniment petit agrandi au microscope, peut-être? On se demande si les musiciens vont rester ainsi isolés de leur public pendant toute la soirée. Puis, à la fin du troisième morceau, le rideau tombe brusquement, révélant dix ou douze personnes sur scène et une multitude de petites lumières dispersées telles des étoiles sur fond de ciel nocturne. Tout en haut, un écran horizontal continue à diffuser des bouts de clips monochromes qui ajoutent à l'ambiance étrange.




En principe, dans la musique, ce que je préfère, ce sont les paroles. Or, je ne comprends pas un mot d'islandais. En principe, dans les concerts, ce que je préfère, ce sont les interventions du chanteur entre les morceaux. Or, il n'a pas prononcé une seule syllabe, à part peut-être un "merci" à la toute fin. Pourtant, j'ai passé deux heures quasiment en transe, envoûtée par les mélodies aux sonorités incantatoires et la voix si particulière de Jònsi, prise aux tripes par des basses et une batterie dignes de Muse, hypnotisée par des effets visuels hallucinants.




La setlist enchaîne tous les meilleurs morceaux des premiers albums, faisant presque l'impasse sur le petit dernier Valtari que j'avoue avoir trouvé décevant. L'unique rappel se clôture sur une envolée hallucinante, d'une puissance sonore incroyable. Sigur Ròs, ou comment faire lourd et mélodieux à la fois, comment mélanger électro et violons pour créer un son qui n'appartient à personne d'autre. A voir sur scène, absolument.




mardi 26 février 2013

"Le Livre de Jonas"


Younis a quinze ans quand il débarque aux Etats-Unis, en provenance d'un pays du Moyent-Orient dont on ne connaîtra jamais le nom mais qui pourrait bien être l'Irak ou l'Afghanistan. Rebaptisé Jonas, le jeune réfugié tente de s'adapter à cette culture si différente de la sienne tout en refoulant ses souvenirs. Le psychologue qui le suit tente de le faire parler de ce qui s'est passé avant son départ. Du bout des lèvres, Jonas lâche qu'un soldat américain nommé Christopher lui a sauvé la vie, mais il refuse obstinément d'en dire davantage...

Les ravages de la guerre, voilà bien un sujet avec lequel je ne suis pas du tout familière. Contrairement à ce que la couverture française du "Livre de Jonas" pourrait laisser croire, et contrairement à ce que je craignais moi-même quand j'ai entamé ma lecture, Stephen Dau ne bombarde par le lecteur de scènes de destruction insoutenables, de visions de cadavres déchiquetés et ensanglantés. En fait, c'est à peine si l'on voit parfois saigner un personnage. Les gens abattus s'écroulent comme s'ils avaient brusquement décidé de faire la sieste. La violence reste, tout au long du livre, quelque chose d'assez désincarné: sifflements, explosions, fumée et ruines aperçues dans le lointain. 

Les vrais dégâts, ceux qui comptent, sont dans la tête des personnages. D'abord Jonas, qui se révèle un étudiant brillant mais reste comme absent à sa propre vie. L'esprit fracturé, il semble désormais exister dans un songe, entre les brumes de l'alcool dans lequel il se réfugie et les souvenirs réels ou imaginés qui l'assaillent. Ensuite, Christopher, qui a mystérieusement disparu en mission mais dont on découvre les pensées dans son journal intime. Ce jeune Américain s'est enrôlé dans l'idée de venir en aide aux populations locales. Mais une fois sur place, il découvre l'hostilité de ces dernières. Sa bonne volonté se mue alors en incompréhension. Il commence à questionner les instructions reçues, à se demander ce qu'il fait là. Quand plusieurs de ses camarades sont abattus par des insurgés, son désespoir d'animal acculé le pousse à donner un ordre qui sera la goutte d'eau proverbiale. 

De la même façon que ses évocations matérielles de la guerre demeurent toujours extrêmement sobres, Stephen Dau raconte les histoires-miroir de Jonas et de Christopher dans un style dépouillé qui évite habilement l'écueil de la grandiloquence comme celui du manichéisme. D'un sujet chargé et tristement universel, il extrait deux trajectoires individuelles - trois, si l'on compte celle de la mère de Christopher dont on suit également le parcours après la disparition de son fils. De ce qui aurait pu être une insupportable cacophonie de souffrance, il isole trois voix bien distinctes, plus résignées que furieuses mais vibrantes de sincérité. Sous sa plume, personne n'est coupable, et tout le monde est coupable. Personne n'est victime, et tout le monde est victime. Il n'y a ni gentils ni méchants, juste des gens dépassés par ce qui leur arrive et pourtant responsables de leurs propres actes. Des accents de vérité douloureux suintent de chaque phrase, de chaque scène. 

La plus grande faiblesse du "Livre de Jonas" est aussi une de ses forces. Les chapitres très courts, qui sautent d'un personnage à l'autre et font des aller-retour perpétuels entre passé et présent, peuvent  parfois désorienter ou frustrer le lecteur. Mais ils permettent aussi d'éviter la saturation émotionnelle et accentuent l'impression d'éclatement de la mémoire de Jonas. Un récit purement chronologique eût sans doute été indigeste, et il n'aurait pas permis d'installer les conditions psychologiques qui rendent compréhensible le dénouement de la rencontre entre Jonas et Christopher. 

"Le Livre de Jonas" est un premier roman remarquable, à la fois puissant et subtil. Je l'ai lu en VO, mais il est disponible en français depuis le début du mois. Je lui souhaite de rencontrer chez nous le succès qu'il mérite. 

lundi 25 février 2013

Swap gourmand: le paquet que j'ai envoyé


Dans mon impatience de boucler mes colis de swap, j'oublie généralement d'en photographier le contenu, et cette fois n'a pas fait exception à la règle! Je remercie donc Dola d'avoir été moins tête en l'air que moi. 

D'après les mails que nous avions échangé, j'avais envisagé deux thèmes de paquet: le thé ou l'Italie. Comme j'ai déjà très souvent exploité le premier dans des swaps, j'ai eu envie de changer un peu. Pour le livre, j'avais très envie d'offrir "Mille jours en Toscane" de Marlena de Biasi, que j'avais adoré. Mais il n'était plus disponible (j'imagine qu'il va sortir en poche incessamment, et que donc l'éditeur n'a pas réimprimé le grand format). Du coup, j'ai pris "Mille jours à Venise", qui venait juste avant. Et comme ce n'était qu'un petit poche, j'ai ajouté un chouette livres de recettes, "La cucina della mamma", dont le papier faussement vieilli façon grimoire m'enchantait. 




Pour les gourmandises, je n'arrivais pas à me décider dans les rayons de Mmmmh; elles sont donc au nombre de 3: 
- un paquet de cantuccini à l'orange (biscuits très durs et très peu sucrés)
- un paquet d'egoista di gragnano (très grosses pâtes à farcir en forme de coquilles)
- un flacon de sel parfumé Quai Sud (marque monpatelinoise!) à la tomate et au basilic






Le gadget de cuisine est un porte-bouquet garni (ou tout autre herbe/épice que l'on souhaiterait retirer du plat en fin de cuisson. 
La carte est un letterpress (technique que j'aimerais pratiquer un jour) représentant bouteilles et verres de Martini. 
La recette est celle du risotto aux pleurottes et à l'huile de truffe avec laquelle Chouchou a séduit mon estomac il y a plus de six ans.

Et voici le petit mot que m'a envoyé Dola après avoir reçu son paquet:

Yeaaah , ton colis est arrivé aujourd'hui sans dommage aucun ! 
Tu ne pouvais pas mieux tomber comme thème (à vrai dire  l'idée de faire un colis thématique ne m'a même pas traversé l'esprit et je trouve ça génial), j'ai une affection toute particulière pour la cuisine italienne et je ne  suis pas la seule : quand j'ai expliqué l'année dernière aux enfants qu'on allait déménager à Berlin en Allemagne ils m'ont demandé pourquoi je n'avais pas trouvé un travail en Italie, patrie du pesto, du parmesan, de la mozzarella et des pâtes ( excellente question tu en conviendras). 

Cela faisait longtemps que je voulais  tester en apéritif des pâtes farcies, maintenant que j'ai la forme idéale sous la main, je vais me lancer. 
Le livre est très chouette, je l'ai feuilleté et suis tombée sur une recette appelée étrangleur de prêtre  (une variante de gnocchi) :-D. 
Le risotto a l'air succulent , je crois que je vais attendre un prochain repas en amoureux avec mon chéri!

J'ai vraiment été touchée par la carte personnalisée, je suis toujours admirative devant le DIY ( je ne suis pas manuelle pour deux sous..)

En tout cas merci mille fois pour ton paquet mais aussi pour m'avoir fait confiance pour ce premier swap, c'est une super chouette expérience.

Dola

Et vous, votre swap? 

DIY 8/52: Bonnet renard




En ce moment, je fais une fixation sur les renards. Et je cherchais un projet rapide pour utiliser une partie des restes de laine de ma couverture rayée. Donc, je me suis dit que j'allais confectionner un bonnet avec des oreilles de renard. J'ai cherché sur Ravelry un patron que je pourrais adapter facilement, corrigé et modifié 2-3 petites choses (notamment la forme des oreilles), et deux séances de 2h de crochet plus tard, ta-daaaaam!




Fournitures: 2 pelotes de Rowan Handknit Cotton 343 (rouille), 1 de 251 (écru), 1 de 252 (noir), un crochet n°5. 
Temps de réalisation: 4h environ



dimanche 24 février 2013

Où j'apprends à cuisiner mes cosmétiques


Depuis l'été dernier, je m'efforce de manger bio et végétarien dans la mesure du possible. Comme ça me fait beaucoup de bien et que je suis - on l'aura remarqué - de plus en plus soucieuse de ma santé, j'ai décidé d'étendre cette démarche "naturelle" à d'autres domaines que l'alimentation. Hier après-midi, j'ai donc participé à un atelier de cosmétiques maison organisé par Claudia.




Nous avons fabriqué deux produits: un gommage à grains, et une crème hydratante/nourrissante. Les deux recettes proviennent de ce livre de Rosemary Gladstar avec laquelle Claudia a étudié autrefois. Pour le gommage, c'est assez simple: il suffit de réduire des ingrédients en poudre et de les mélanger dans les bonnes proportions. La crème est un peu plus délicate à réaliser, car elle se compose d'une partie "huiles" (notamment du beurre de cacao qui sent bon le chocolat blanc, et de la cire d'abeille  en bloc super dure à râper) et et d'une partie "eaux". Les huiles doivent être mélangées entre elles au bain-marie, à feu assez doux pour ne pas commencer à fumer, mais assez vif pour que tout fonde bien. Après ça, elles doivent refroidir jusqu'à retrouver une température ambiante avant d'être ajoutées aux eaux. Le tout est ensuite passé au blender à vitesse rapide, jusqu'à devenir blanc et mousseux. Pour finir, on peut si on le désire ajouter quelques gouttes d'huiles essentielles afin de parfume la crème. Avec les autres élèves, on s'est bien amusées à renifler tous les flacons de Claudia pour choisir celles qui nous plaisaient. Je déteste pratiquement toutes les odeurs, à l'exception des agrumes, de la lavande et d'un composé appelé "valor" (boise de rose, camomille bleue, olibanum, épicéa). J'ai donc mélangé lavande et valor. 

Lorsque nos produits ont été prêts, nous les avons testés. Après avoir humidifié notre peau, nous avons formé une pâte avec une demi-cuillère de gommage et un peu d'eau, et nous avons frotté doucement notre visage. Dès le rinçage, nous sentions déjà la différence de grain. Nous avons ensuite fait un bain de vapeur en nous penchant, la tête recouverte d'une serviette, au-dessus d'un grand saladier rempli d'eau bouillante et additionnée et deux gouttes d'huile essentielle. Puis nous nous sommes enduit le visage de miel bio pour faire un masque naturel que nous avons conservé quelques minutes. Enfin, après nous êtres bien rincé la figure (en évitant de lécher le miel!), nous nous sommes massé le visage et le cou avec la crème que nous venions de fabriquer. D'habitude, je ne suis pas très "trucs de fille", mais j'avoue que c'était vraiment sympa de faire ce rituel toutes ensemble. 

Claudia préconise l'usage du gommage et de la crème au quotidien, avec un bain de vapeur une ou deux fois par semaine pour éviter les boutons (pas besoin de nettoyant après le gommage, ni de contour des yeux car la crème entièrement naturelle convient aussi pour cette zone). Quand on voit l'état de sa peau, on ne peut être que tenté de suivre ses recommandations: elle est à peine plus jeune que moi, mais si je la croisais dans la rue, je lui donnerais 28 ans tout au plus - les 28 ans de quelqu'un qui ne fume pas et qui ne s'est jamais exposé au soleil sans protection. Chacune de nous est repartie de l'atelier avec deux petits pots de crème et un flacon de gommage. J'ai l'intention d'utiliser les miens jusqu'à épuisement du stock, et s'ils me conviennent, c'est très volontiers que je cesserai d'acheter des produits du commerce bourrés de saloperies chimiques et/ou testés sur des animaux. 

samedi 23 février 2013

Vivre intentionnellement


Illustration empruntée ici

Début décembre, j'ai décidé de prendre un mois sabbatique en février. Je ne savais pas vraiment ce que j'en attendais. Je n'étais absolument pas au bord du burn-out professionnel puisque j'ai la chance de faire un boulot que j'aime et qui, malgré quelques problèmes ponctuels (quel travail n'en suscite jamais, surtout de nos jours?) n'est pas particulièrement stressant. Mais suite au décès de mon père, j'avais besoin de prendre du recul, de réfléchir à la suite de ma vie. Réfléchir à quoi exactement? Une possible reconversion professionnelle, a priori, car le secteur de l'édition ne va pas bien depuis deux ans. Or, même si je m'efforce de devenir moins matérialiste et que je ne cours pas après l'argent en soi, j'adore voyager, et aucune compagnie aérienne n'acceptera de me faire cadeau de ses billets d'avion. Accessoirement, j'aime assez avoir un toit sur la tête, une connexion internet et de quoi manger à chaque repas. N'étant pas née au sein de la famille Hilton, je dois donc travailler. 

Mais dès le premier jour de ce mois de congé que je m'étais accordé, une des éditrices pour lesquelles je bosse m'a contactée avec une proposition de bouquin, et en essayant de trouver une date de remise pour ledit bouquin ainsi que pour les autres traductions que je dois effectuer prochainement, je me suis aperçue que mon planning était blindé jusqu'à fin décembre. Puis, en bouclant ma compta pro de 2012, j'ai réalisé qu'après plusieurs années de stagnation, voire de légère baisse de mes revenus, j'avais gagné significativement plus de sous l'an dernier qu'aucune autre année précédente. Bien entendu, ça ne veut pas dire que ce sera toujours le cas, ni qu'il n'est pas opportun de réfléchir à un plan B de carrière, mais j'ai pris ça comme un signe qu'il n'y avait pas d'urgence et que ma réflexion devait porter sur autre chose. Quoi? Bonne question. 

Depuis deux semaines, je me suis mise à faire un quart d'heure de yoga chaque matin. Les bénéfices ont été immédiats et bien supérieurs à ce que j'attendais - bouger un peu mon corps, réassouplir mes articulations et activer ma circulation sanguine, me centrer pour être plus énergique et plus solide mentalement. En plus de tout cela, cette courte séance donne le ton au reste de ma journée. C'est une manière de me dire à moi-même: voilà ce que j'entends vivre aujourd'hui et comment j'entends le vivre. Ma liste de choses à faire peut attendre; je décide de m'occuper en priorité de mon bien-être physique et mental, de poser à cette journée des fondations sur lesquelles je pourrai construire plus efficacement et surtout plus intentionnellement, c'est-à-dire, en accord avec mes besoins et mes désirs. 

Je concède que je n'ai pas une vie très chargée ni très stressante: je travaille à la maison, à mon rythme, et je n'ai pas d'enfants à gérer. Pourtant, comme tout le monde, je tends à me laisser emporter par une routine un peu abrutissante. Mon travail a la priorité, bien sûr, puisqu'il faut payer les factures. Viennent ensuite l'entretien de la maison et la préparation des repas. Le temps et l'énergie qu'il me reste après ça, je les dépense en réaction aux activités précédemment citées. Mon boulot m'a un peu pris la tête: je traîne sur les réseaux sociaux pour ne pas trop solliciter mes neurones. Faire le ménage m'a gonflée: je m'affale sur le canapé avec un bouquin. Alors certes, j'ai plaisir à discuter avec mes contacts sur Facebook, et la lecture a toujours occupé une place prépondérante dans ma vie. Mais pendant ce temps, je n'avance pas. Je n'accomplis pas ce que je voudrais réellement accomplir. Notamment, je n'exploite pas ma créativité, pourtant la chose au monde qui m'apporte le plus de satisfaction. 

Vous me direz sans doute qu'on ne peut pas être constamment sous pression, qu'il faut bien se détendre un peu, que la vie ne peut pas se résumer à une longue To Do List. Je nuancerai en vous répondant qu'elle ne peut pas se résumer à une liste de corvées, ou en tout cas, que je ne veux pas qu'elle se limite à ça. Mais il ne s'agit pas de me créer de nouvelles obligations en sus de celles plus ou moins imposées par le quotidien: il s'agit de maximiser le bien-être que je retire de mon temps libre. De faire des choses qui m'apportent un vrai plaisir, une satisfaction active, et pas juste un doux abrutissement. De profiter de ma vie autant que possible, puisque je sais désormais qu'elle peut déraper ou s'arrêter à tout moment. Chaque minute est précieuse, et j'aimerais en gaspiller le moins possible avec des activités de second choix, des choses que je fais mécaniquement, par défaut et sans en retirer quoi que ce soit de significatif. Je voudrais que chacun de mes gestes soit choisi et pas réalisé par automatisme; je voudrais l'accomplir de la manière la plus intentionnelle possible, et en pleine conscience. 

J'ai une chouette vie depuis que je suis en couple avec Chouchou. Et justement parce qu'elle est plus chouette que celle de beaucoup de gens, j'ai eu tendance à me dire ces dernières années que ça suffisait bien. Inconsciemment, il me semblait que vouloir davantage serait de la cupidité pure et simple. Comme si je culpabilisais d'être heureuse malgré mes attaques de panique ou la maladie de mon père. Je suis en train de réaliser combien c'est idiot. Mettre plus d'intention dans ma vie, tenter d'accomplir davantage  de choses ou de profiter encore plus de chaque instant n'enlèvera rien à personne autour de moi. Si ça se trouve, ça pourrait même inspirer quelqu'un!

Donc, je veux occuper mon temps libre de la manière la plus productive possible, ou disons, la plus génératrice de satisfaction - lire au soleil sur un banc par une belle journée de printemps, par exemple, ça compte; ça compte même beaucoup! Mais je veux aussi être davantage présente dans les moments où je me soumets à des obligations. D'abord, parce que les choses que je perçois comme des obligations sont en réalité des choix: au lieu de travailler, je pourrais restreindre dramatiquement mon train de vie et subsister avec le RSA, ou essayer de me trouver un mec plein aux as qui m'entretiendrait; au lieu de faire le ménage, je pourrais payer quelqu'un pour le faire à ma place ou vivre dans une porcherie; au lieu de cuisiner, je pourrais acheter des plats tout prêts ou claquer des fortunes en restos. Je trouve important d'en être consciente. Et, en étant consciente, tenter de tirer quelque chose aussi de ces moments-là. Lorsque je traduis, j'ai parfois une satisfaction intense à enchaîner des descriptions fluides, à transposer des dialogues qui claquent, à trouver un bon jeu de mots. Quant au ménage et à la cuisine, ils peuvent devenir des formes de méditation en soi (voir le concept japonais du wabi-sabi). Je voudrais ne plus les considérer comme des corvées mais comme des opportunités, des moments profitables à leur façon - et pas juste après coup parce que j'ai des sous sur mon compte, un appartement propre et un repas maison dans l'assiette. 

Vivre intentionnellement: voici la résolution que m'inspirent deux semaines et demie sans travailler. L'expression n'est pas très française, je vous l'accorde, mais je n'en ai pas trouvé de meilleure...

vendredi 22 février 2013

J'ai testé pour vous: le massage Tuina




Les nouvelles propriétaires du Serendip Spa ont engagé une thérapeute mongole qui pratique un massage d'origine asiatique: le Tuina. Poussée par la curiosité (et par une forte envie de me chouchouter un peu en ce mois sabbatique), je suis allée tester ça hier après-midi. 

Voici ce que l'on peut lire concernant le Tuina sur le site internet du spa: 


Pour les non-anglophones, il s'agit donc d'un massage thérapeutique qui traite les petits bobos du corps en agissant (essentiellement par pression) sur les points et les méridiens d'acupuncture.

Lorsque j'entre dans la cabine en peignoir, la thérapeute me demande si je souhaite qu'elle utilise des huiles de massage. Je réponds: "Faites comme vous avez l'habitude". Ce sera donc sans. Elle me dit de me déshabiller et de me glisser en culotte sous le drap qui recouvre la table. Comme j'ai l'air partie pour m'allonger sur le dos, elle me précise qu'elle ne fait que le côté pile. Je me retourne donc sur le ventre. Dernière question avant de commencer: je veux un massage d'intensité forte, moyenne ou douce? J'aimerais que ce soit efficace, mais je suis un peu douillette; j'opte donc pour une intensité moyenne. 

Hé bien laissez-moi vous dire que je plains les pauvres bougres qui auront voulu faire les marioles et réclamé à la dame d'y aller fort. Pendant toute la première moitié de ma séance, je souffre. Je souffre vraiment. La thérapeute repère dans mon dos (sous mes omoplates et notamment la droite) des points de tension que me signale régulièrement Mr Oh, l'homme aux mains magiques à qui je confie d'habitude le soin de me masser. Et elle les travaille avec une énergie remarquable.
- Vous passez beaucoup de temps assise devant un ordinateur?
Bingo. 
- C'est un problème très répandu, dit-elle pour me consoler. 
Néanmoins, j'ai bobo. Je ne lui demande pas d'y aller plus doucement, mais je gémis un peu. 

- Alors, vous trouvez ça comment? Vous avez mal? 
- Euh, oui. Mais allez-y, continuez. Je savais en venant que ça ne serait pas un massage relaxant. 
- Vous ne trouvez pas ça relaxant? 
Cette femme est en train de pétrir mes cervicales de ses mains musclées. Or, garce matérialiste que je suis, il se trouve que je tiens pas mal à tous les petits os de mon corps, en particulier ceux qui soutiennent ma tête. Ne voulant pas la contrarier, je bredouille:
- Ben, euh, je serai sûrement détendue à la sortie, mais là tout de suite, c'est... enfin je sens bien que vous faites quelque chose, quoi. 
La dame se lance alors dans une tirade sur l'inefficacité absolue des manipulations qui ressemblent à des caresses. Je suis bien d'accord sur le fait que ces massages-là ne sont qu'agréables, et qu'on est là pour autre chose. Mais quand même, je ne peux pas dire que je passe un bon moment. Je me réconforte en pensant que je vais me sentir super bien après. 

La seconde partie du massage (jambes, pieds et bras) reste tonique mais ne me fait pas mal, sans doute parce que je n'ai pas de problèmes musculaires particuliers dans ces zones-là. Je trouve quand même un peu désagréable d'être massée à travers un drap; le frottement du tissu sur ma peau n'est guère plaisant. J'aurais peut-être pu l'éviter en réclamant que la thérapeute utilise une huile? A la fin, tout de même, elle rabat le drap sur mes jambes et me masse le dos, les bras et les mains avec, donc, une huile chaude. 
- Vous fumez? 
- Non, plus depuis des années. 
- Ah bon. Parce que vous avez plein de boutons dans le dos. 
Première nouvelle. 
- Bon, je peux résoudre votre problème de tension, mais il va falloir revenir me voir une fois par semaine. 
- ...

Comment lui dire que premièrement, je n'ai pas le budget pour ça, et que deuxièmement, si efficace que son massage puisse être à long terme, il faudrait que je sois menacée de paralysie pour m'y soumettre à nouveau de mon plein gré? Je suis sortie du vestiaire en me tenant les reins comme si j'avais un lumbago, et j'ai eu mal au dos jusqu'au moment de me coucher. Entendons-nous bien: je ne mets absolument pas en doute la compétence de cette jeune femme, dont les gestes sont habiles et précis. Mais ce type de manipulation reste trop "musclé" pour l'Occidentale chochotte que je suis. Même si je suis contente d'avoir testé, la prochaine fois, je reviendrai à ma réflexologie bien-aimée ou à un massage personnalisé par Mr Oh. 

Edit du 20 mars: depuis un mois, mon mal de dos n'a fait qu'empirer. J'en suis rendue au stade où je ne tiens plus assise plus de trois quarts d'heure, et où il m'est très difficile de trouver une position confortable pour dormir... Je suis passablement mécontente d'avoir payé 95€ pour me faire démolir le dos, alors que j'aurais pu arriver au même résultat gratuitement en essayant de soulever une voiture. 

Edit du 23 mars: la direction du spa m'a offert un massage de compensation avec Mr Oh (en précisant que d'autres clients s'étaient déclarés ravis du Tuina). J'apprécie le geste commercial. 

jeudi 21 février 2013

New hair




Je suis retournée chez Wakko avant-hier, et j'ai fait recouvrir mon rose délavé par du violet. Le résultat est moins flashy mais plus nuancé, et tellement portable au quotidien (même si la couleur ressort bien davantage à la lumière du soleil) que je regrette presque de ne pas avoir fait toute la chevelure depuis les racines. Ce qui ne m'empêchera probablement pas de changer pour du turquoise ou de l'émeraude la prochaine fois - le coiffeur m'ayant expliqué qu'une nouvelle décoloration ne serait pas nécessaire pour éliminer les restes de violet, qu'il suffirait de faire un shampoing nettoyant. 2013, l'année où je m'amuse avec mes cheveux!


Une lessive en train de sécher se cache dans cette photo, sauras-tu la retrouver?

(Juste pour le fun, une petite anecdote. Comme je discutais avec le coiffeur des différentes couleurs dont il disposait, il m'a dit: "J'ai un très beau cuivré, aussi". J'ai répondu: "Je sais, tu le fais à une de mes copines!" "La Princesse, c'est ça?" "Euh, oui, mais comment tu as deviné?" "Je ne sais pas... vous avez un peu le même genre pin-up toutes les deux." Cinq minutes plus tôt, il m'avait complimentée sur mon look. Comme on ne peut décemment pas le soupçonner d'en vouloir à ma vertu, ça m'a mise de super bonne humeur.)

Le meilleur des deux




Pendant assez longtemps, ça m'a pesé de vivre à cheval entre deux pays, deux villes séparées l'une de l'autre par plus de mille kilomètres. Quand j'étais à Bruxelles, je pestais contre la météo; quand j'étais à Monpatelin, je pestais contre l'absence de Chouchou et le manque d'une vie culturelle digne de ce nom. Jusqu'au jour où j'ai décidé d'inverser ma vision des choses et de profiter à fond de ce que chaque endroit avait à m'offrir. 

A Bruxelles, je savoure les possibilités de sortie: le ciné en VO, les expos par dizaines, les tonnes de restos sympas et pas chers, les librairies ouvertes le dimanche, les magasins introuvables dans une ville de province (même s'il manque encore un Sephora et un Muji pour bien faire). 

A Monpatelin, je refais le plein de soleil. Je me paie le luxe de porter encore des sandales ouvertes en octobre ou de transpirer dans mes cachemires en janvier. 

A Bruxelles, je goûte la vie à deux, le plaisir d'entendre le pas de Chouchou monter l'escalier le soir à 18h et celui de m'endormir contre lui. 

A Monpatelin, je reprends mes habitudes de célibataire; je mange quand j'ai faim et je vais me coucher à pas d'heure. 

A Bruxelles, j'ai plein de copines. 

A Monpatelin, j'ai quelques vrais amis et encore un peu de famille. 

A Bruxelles, j'aime lire dans les salons de thé et les cafés tranquilles qui pullulent à tous les coins de rue.

A Monpatelin, j'aime lire vautrée dans la chaise longue sur mon balcon. 

A Bruxelles, je trouve facilement de la nourriture bio et tous les ingrédients pour cuisiner végétarien.

A Monpatelin, les fruits et les légumes ont du goût. 

A Bruxelles, les gens parlent des tas de langues différentes dans le bus, et j'adore ce côté "tour de Babel". 

A Monpatelin, les gens parlent avec cet accent du Midi qui me fait sourire chaque fois que je l'entends. 

De mes deux vies, j'essaie de ne garder que le meilleur. 



mercredi 20 février 2013

"Gossip girl" saison 6


"Gossip girl" a été une série géniale pendant deux saisons. Mais dès que ses jeunes héros ont quitté le lycée, elle a entamé une spectaculaire dégringolade dans le grand n'importe quoi. Certes, quand on met en scène des ados pleins aux as dont le principal souci est de comploter les uns contre les autres, on ne peut pas s'attendre à obtenir un quota de réalisme ou de sérieux très élevé. Ces dernières années, "Gossip girl" a pourtant atteint des sommets de grotesque que seule "True blood" est, à ma connaissance, parvenue à dépasser. 

(Attention, spoilers!) La sixième et dernière saison, réduite à dix épisodes, poursuit sur la lancée des précédentes. Bart Bass, revenu d'entre les morts tel un super-hérosvilain de chez Marvel, se change en authentique monstre capable de tenter d'éliminer son propre fils. Pendant ce temps, Serena se fiance avec un ex de sa mère, dont la fille de 17 ans la déteste et sort de son côté avec Nate. Et Rufus, papa rockeur d'abord craquant puis réduit au rôle de potiche durant son mariage avec Lily, oublie cette dernière dans les bras d'Ivy qui pourrait être sa fille. J'avoue: mes yeux se mettaient à saigner un tout petit peu chaque fois que ces deux-là s'embrassaient. Pour le reste, c'était business as usual. Blair et Chuck continuaient à s'inventer des obstacles pour ne pas être ensemble, Serena et Dan jouaient au chat et à la souris, Nate ne servait à rien hormis faire beau et rester un exemple d'intégrité... ou pas. 

Mais quand même, je trouve que le dernier épisode ne rattrape pas trop mal toutes ces inepties. Entre la révélation de l'identité de Gossip girl - assez logique en fin de compte -, le mariage précipité de Chuck et Blair avant que la police les embarque tous les deux, et l'apparition-clin d'oeil de Kristen Bell dans son propre rôle, ce series finale en donne pour leur argent aux spectateurs qui ont eu le mérite de continuer à suivre jusque là. L'ultime scène nous projette 5 ans plus tard, au moment du mariage de Dan et Serena, nous permettant de revoir Jenny et Eric, mais pas Scott (qui se souvient seulement de lui?). Imaginons, si vous le voulez bien, la gymnastique mentale à laquelle doit se livrer Lily: "Aujourd'hui, la fille que j'ai eue avec mon mari n°1 (probablement devenu aussi mon mari n°7), épouse le fils de mon mari n°5, avec qui j'ai eu un autre  enfant qui est donc leur demi-frère à tous les deux. Assiste également à la réception le fils de mon mari n° 4 et 6, que j'ai enterré deux fois." Et moi qui croyais avoir eu une vie sentimentale agitée... Sinon, j'ai trouvé assez rigolo de voir le fils de Chuck et Blair, qui a visiblement hérité du goût vestimentaire un peu spécial de son papa. Et bien que souvent desservi par des histoires ridicules, Chair (Bluck?) restera un de mes couples télé préférés. 

mardi 19 février 2013

Swap gourmand: le paquet que j'ai reçu


Quand j'ai envoyé mon paquet à Dola, je culpabilisais un peu: j'y avais mis deux livres au lieu d'un, et trois gourmandises au lieu des deux que j'avais moi-même préconisées. Comme c'était le premier swap de Dola, je me suis dit qu'elle allait suivre les instructions à la lettre et, peut-être, se sentir gênée. 

Puis en fin de matinée, j'ai reçu ça: 


Non pas deux, ni trois, mais carrément six gourmandises, et une myriade de petits brols à côté. Dola, je sais que tu vis à Berlin depuis un moment, mais quand même! Deux = zwei, pas sechs. Et jusqu'ici, la rebellitude swapesque était essentiellement l'apanage des Suissesses. Tu veux déclencher un incident diplomatique européen, c'est ça? 

Bref, pour le coup, c'est moi qui me suis sentie un peu embarrassée... et néanmoins ravie. Car le paquet envoyé par Dola contenait:
- le livre de recette Marabout "Les basiques légumes" (bienvenu pour varier nos menus de plus en plus végétariens)
- trois sachets de tisanes bio qui ont l'air plus délicieuses les unes que les autres 
- deux sucettes à chocolat chaud 
- un paquet de biscuits salés curry/graines de potiron (je crois que je vais devoir me battre avec Chouchou pour arriver à en manger)
- un infuseur à thé
- la recette du velouté de persil (qui sera testée dès ce week-end)
- une carte représentant un beignet avec la mention "Ich bin ein Berliner" (j'imagine que Berlinois est le nom du gâteau et que du coup, c'est drôle)


Mais aussi:
- un bocal contenant, sur de petits papiers roses et noirs, un portrait chinois gourmand de Dola (super idée!)
- un carnet gramophone à la couverture aimantée
- un marque-pages en métal avec des dessins d'oeufs à la coque
- une plaque en métal Cadbury
- un petit lapin rose vif


J'avoue: sur ce coup-là, j'ai été honteusement gâtée. Merci beaucoup, Dola! J'espère maintenant que la poste va te livrer mon paquet rapidement et sans trop le maltraiter - et puis, bien sûr, qu'il te plaira.

Quelqu'un d'autre a déjà reçu son swap gourmand?

"Odd interlude"


Après avoir fui, en compagnie de la mystérieuse Annamaria, la petite ville côtière de Magic Beach où il venait de déjouer une conspiration nucléaire, Odd Thomas s'arrête pour passer la nuit à Harmony Corner. Ce site composé d'une station-service, d'un restaurant et d'un ensemble de cottages semble bien accueillant à première vue. Mais notre héros ne tarde pas à s'apercevoir que la famille qui le gère est prisonnière d'un maître cruel, capable de pénétrer les pensées des humains et de prendre le contrôle de leur corps... 

"Odd interlude" occupe une place un peu à part dans la série "Odd Thomas" de Dean Koontz: d'abord été diffusé sous la forme de 3 épisodes numériques, il n'est paru en version papier que quelques mois plus tard. Ecrit après le tome 5, il se situe pourtant, du point de vue chronologique, avant celui-ci, puisque son histoire se déroule la nuit suivant les événements du tome 4. De plus, au lieu des 400 pages que comptent en moyenne les autres romans de la série, "Odd interlude" n'en fait que 250. Je n'ai pas trouvé ça frustrant, bien au contraire: ça donne un récit resserré et beaucoup plus dynamique que les précédents. Et même s'il fait intervenir des extra-terrestres, le scénario m'a curieusement paru plus crédible que celui de "Odd hours"avec ses terroristes en carton-pâte. Les personnages secondaires, bien qu'en petit nombre ici, sont toujours aussi attachants. Bref, une lecture rapide mais agréable. 

lundi 18 février 2013

DIY 7/52: Tableaux jumeaux


Vendredi dernier, j'étais descendue chez Schleiper acheter le vernis-colle et le pinceau large dont j'avais besoin pour un autre DIY. Là, je suis tombée en arrêt devant une série de petites toiles. Un format rectangulaire en particulier (vendu moins de 2€ pièce!) m'a donné immédiatement envie d'y peindre un motif symétrique que je couperais en deux par le milieu. Quel motif? Je ne le savais pas encore. Je pensais vaguement à une paire de lunettes ou une tête de renard. Puis je me suis dit que ma silhouette et celle de Chouchou façon bédé, mises dos à dos, donneraient vachement bien. 

Pour occuper un peu l'air autour, j'ai d'abord pensé à nous faire prendre des poses à la James Bond ou à la Charlie's Angels, avec un flingue à la main. Chouchou a objecté que les armes à feu ne faisaient pas partie de nos accessoires habituels et que ça rendrait le résultat peu lisible. J'ai envisagé un instant de nous peindre juste un petit coeur rouge sur la poitrine. Et finalement, j'ai décidé d'utiliser un gros coeur coupé en deux comme motif symétrique de fond. Voici ce que ça donne:


1. J'ai dessiné un demi-coeur sur du bristol léger; je l'ai découpé et utilisé comme patron (tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre) pour tracer le  motif à même les deux toiles. J'ai utilisé un crayon à papier 3B, ce qui est trop gras et laisse une trace encore visible à travers la peinture; si c'était à refaire, j'emploierais plutôt un HB basique. 

2. J'ai rempli les formes avec un vieux flacon de peinture acrylique rouge qui devait croupir dans mes affaires de scrap depuis 6 ou 7 ans, et un pinceau en poils synthétique de 8 mm de large. Puis j'ai laissé séché toute la nuit. 

3. Toujours sur du bristol léger, Chouchou m'a dessiné nos deux silhouettes en se basant sur les personnages de son blog bédé. Je les ai évidées avec de petits ciseaux très pointus et très bien aiguisés, afin d'obtenir des pochoirs. J'ai fixés ceux-ci sur les toiles à l'aide de masking tape (et d'une pastille autocollante double face, dans le cas du petit creux entre le bras et le dos de Chouchou). 


4. Puis, toujours avec mon pinceau Cobra 8 mm, j'ai passé une bonne couche de peinture acrylique noire en maintenant le bord intérieur du pochoir avec les doigts pour ne pas que la peinture passe dessous ou bave sur les bords du motif. 

5. J'ai attendu que la peinture soit semi-sèche avant de retirer les pochoirs. A cause des reliefs de la toile, le tracé obtenu n'était pas nickel; je l'ai donc repris légèrement avec un pinceau M. Grumbacher en poils naturels n°8; beaucoup plus souple et plus fin. De nouveau, j'ai laissé sécher toute une nuit.

Je suis enchantée par le résultat. Maintenant, j'ai envie de faire une tentative de pochoir inversé - en peignant tout ce qui se trouve autour, de façon à ce que le motif reste seul en blanc sur l'image finale. 

dimanche 17 février 2013

"Les enfants loups, Ame et Yuki"


Tous les ans en février, nous tentons d'aller voir un des films présentés au festival Anima. Après "Mary et Max", puis "La colline aux coquelicots", cette fois, notre choix s'est porté sur le nouveau Mamoru Hosoda en VOST. Je vous dirais bien que c'est parce que j'avais adoré "La Traversée du Temps" - ce qui est vrai par ailleurs -, mais en fait, je n'avais pas du tout retenu le nom du réalisateur et encore moins fait le rapprochement. L'histoire me semblait avoir du potentiel, voilà tout. 

Hana, une étudiante de 19 ans, rencontre un beau brun mystérieux à l'université. Celui-ci a un secret: c'est le dernier homme loup du Japon. Très vite, les jeunes gens emménagent ensemble. En l'espace d'un an, Hana accouche de deux enfants: d'abord une fille appelée Yuki, puis un garçon appelé Ame. Mais peu de temps après la naissance de ce dernier, et parce que j'ai décidément un instinct tout pourri, leur père meurt. Hana tente d'abord d'élever en ville ses petits incapables de contrôler leurs transformations. Pour préserver leur secret, elle doit bientôt se résoudre à s'installer dans un coin de campagne perdu. Là, elle se lie peu à peu d'amitié avec les autres habitants et apprend à cultiver la terre pour subvenir aux besoins de sa famille... 

Souvent, je sors déçue d'une séance de cinéma qui n'était pas à la hauteur de mes attentes. Plus rarement, un film excède ces dernières, et ce fut le cas des "Enfants loups". L'animation, d'abord, est infiniment plus subtile que celle des derniers Disney ou Pixar, avec des décors qui exploitent toutes les possibilités de la 3D mais des personnages encore à l'ancienne mode que j'affectionne tant. Cette alliance parfaite de tradition et de modernité, que je trouve si typique du Japon, donne au film un charme visuel tout particulier. Ensuite, l'histoire est merveilleuse, dramatique par certains côtés mais aussi bourrée d'humour, de tendresse et de joie de vivre à l'état pur. Sa dimension fantastique lui permet de traiter beaucoup de sujets graves, comme l'éducation d'enfants "différents", sans jamais devenir plombante. On rit souvent de bon coeur devant ce film, et puis on a le coeur serré, et puis on a les yeux qui brillent de plaisir, et puis on pleure d'émotion.  Bref, je vous le conseille vivement.

samedi 16 février 2013

Ma couverture rayée



2 mètres sur 2. 80 rayures. Plus d'une centaine d'heures de travail réparties sur 7 mois. 65 pelotes de Rowan Handknit Cotton (à 5,49€ pièce; faites le calcul du prix de revient vous-même: moi, je préfère éviter). Des souvenirs douloureux mélangés à la laine: la rayure violette n°20 est la dernière que j'ai crochetée avec Scarlett près de moi, avant de l'emmener chez le vétérinaire pour la faire piquer le 13 août; je venais de finir la rayure ocre n°49 quand j'ai reçu le coup de fil m'annonçant que mon père était mort, le soir du 17 octobre. Je ne crois pas que je pourrai un jour regarder cette couverture sans penser aux êtres aimés qui m'ont quittée pendant sa confection. 


Sur une note plus positive, elle représente un triomphe personnel sur mon impatience et ma difficulté chronique à conclure des projets de longue haleine. Même si elle se substitue au granny dans lequel j'envisageais de me lancer quand j'ai appris les bases du crochet - un ouvrage qui m'aurait demandé encore beaucoup, beaucoup plus de temps. J'y ai renoncé un peu pour ça, un peu parce que je me rendais compte que mon projet à base de laine de récup' n'était pas très réaliste: pour avoir des carrés faciles à assembler, mieux valait de loin utiliser le même fil tout du long. Et puis la partie couture me rebutait trop. J'ai déjà suffisamment râlé quand il a fallu rentrer les quelques 320 fils de cette couverture! (Mais j'ai bien retenu la leçon: la prochaine fois, je le ferai au fur et à mesure au lieu de tout garder pour la fin.)


Conçue à la base comme un couvre-lit pour les mois d'été où nous n'utilisons pas notre couette, elle nous sert depuis plusieurs semaines déjà de plaid de canapé dans lequel nous nous emmitouflons le soir pour regarder séries ou films en DVD. Je suis ravie de son rendu, suffisamment fantaisiste pour ne pas que je m'en lasse trop vite, et assez coloré pour s'accorder avec à peu près tout (tout ce que je suis susceptible d'acheter pour mettre chez moi, du moins). 


Maintenant, pour changer un peu, je vais sans doute... attaquer une autre couverture, ha ha!

Le patron de cette couverture se trouve ici; il est gratuit 
et accompagné d'un tutorial photo très explicite. 

vendredi 15 février 2013

Les moments parfaits


La première psy que j'ai consultée pour mes attaques de panique m'a demandé de me créer un refuge mental, un lieu imaginaire idéal où me réfugier en cas de choc (bien entendu, c'était une bibliothèque). Le second psy que j'ai vu m'a plutôt suggéré d'évoquer le souvenir d'un moment parfait, quelque chose qui était réellement arrivé et inscrit dans ma mémoire à travers mes cinq sens. C'était en février 2011; à l'époque, mon "moment parfait" le plus récent remontait au début du mois de décembre précédent. Nous avions appris le cancer de mon père mi-septembre, et j'étais allée passer un mois chez mes parents pour les aider tout en luttant contre ma propre phobie et en m'efforçant de ne rien en montrer. Mon père faisait des crises de douleur paroxystiques pour lesquelles on ne lui avait pas encore prescrit de morphine, c'était absolument atroce. 

Fin novembre, alors que j'étais encore nerveusement bien amochée, la température a chuté brutalement à Bruxelles. Nous avions réservé depuis des mois un city trip à Lisbonne, mon cadeau d'anniversaire de cette année-là. La veille du départ, les avions étaient cloués au sol de Zaventem par une tempête de neige et des températures qui faisaient geler leurs ailes. Le jour J, nous avons dû nous lever à 4h du matin et nous rendre à l'aéroport sans savoir si nous pourrions partir. Mais nous avons pu. Et à 11h30, nous nous tenions au bord du Tage sous un soleil éclatant. Il ne faisait que 12°, pourtant l'air me semblait très doux. Je me suis blottie contre Chouchou et j'ai fermé les yeux pour savourer ce moment de répit dont j'avais désespérément besoin. 




Hier, alors que je déjeunais avec Sophie, nous nous sommes mises à parler de ces moments parfaits où, l'espace de quelques minutes où de quelques heures, on se sent en harmonie complète avec l'univers - en paix, fût-ce brièvement. Deux autres me sont revenus en tête. Juin dernier, à Reykjavik. La petite chambre monacale que nous avions réservée au Kex Hostel: deux lits d'hôpital à une place collés l'un contre l'autre, un vestiaire de récup', un bureau branlant. Rien d'autre dans la pièce. Mais un matelas ni trop dur ni trop mou, des draps d'une blancheur parfaite qui sentaient légèrement le propre, et la couette idéale, super moelleuse mais légère comme une plume. La fatigue d'une journée bien remplie à contempler les paysages fabuleux du Golden Circle. Et par la fenêtre aux rideaux ouverts, à une heure du matin, ce soleil rasant qui teintait l'horizon de rose et de doré sans jamais se coucher. Magique. 




Mon troisième moment parfait remonte à juillet 2006. Fraîchement séparée de l'Homme-ce-chacal-jaune, pas encore avec Chouchou, je profitais de cet été de liberté douce-amère. Soeur Cadette et sa famille sont descendus à Monpatelin pour rendre visite à mes parents. A l'époque, Soeur Cadette était enceinte de sept mois. Mon beau-frère avait très envie d'aller voir le concert de Toto qui se tenait en plein air dans le parc d'un "château" des environs, et personne pour l'accompagner. Même si je ne connaissais guère que les gros tubes du groupe, je me suis proposée. Assis sur les gradins, nous avons vu le soleil se coucher derrière la scène. Il faisait 25° et une petite brise fraîche agitait les aiguilles des pins alentours. L'air embaumait la sève; entre deux morceaux, on entendait le crin-crin des cigales. Les gars du groupe ne payaient pas spécialement de mine avec leur allure de camionneurs - grosse moustache, débardeur blanc tendu sur une panse un peu grasse -, mais leur musique déménageait. Pendant les rappels, ils ont attaqué "Africa"; je me suis levée pour danser, et je me suis dit "Voilà, c'est un moment parfait". 

J'aime être capable de les identifier alors même qu'ils se produisent pour en profiter au maximum. 

Et vous, vous me racontez un de vos moments parfaits? 

jeudi 14 février 2013

"Gisèle Alain" tomes 1 et 2



Début du XXème siècle. Héritière d'une famille noble, en rupture avec les siens, la jeune Gisèle gagne sa vie comme logeuse dans une pension. Mélange déroutant d'assurance et de fragilité, l'intrépide demoiselle décide de monter son agence pour devenir... femme à tout faire! Sauvetage de chats égarés, négociations secrètes pour les notables de la ville, bâtisse à retaper du sol au plafond: elle découvre les aléas de la vie, tout en enchantant son entourage par sa vitalité et sa fantaisie. Mais c'est sans compter sur un passé qui ne va pas tarder à la rattraper et à jeter un voile sombre sur cette liberté fraîchement acquise...

Gisèle est un personnage éminemment sympathique. Bien qu'issue d'une famille riche, elle a choisi de s'assumer seule et attaque les problèmes qui se présentent à elle avec une énergie débordante. "Demandes déraisonnables bienvenues", précise-t-elle dans la publicité de son agence. Encore assez naïve pour croire que le strip-tease est une forme d'opéra, elle éprouve une compassion innée envers les faibles et s'efforce systématiquement de leur porter secours. Son enfance privilégiée l'a protégée de certaines réalités, mais Gisèle est prête à découvrir et à apprendre sans s'effrayer de rien... pas même des araignées, qu'elle trouve "plutôt mignonnes en fait". Son côté petit bulldozer la rend très attachante, et son sens du style impeccable en fait un régal pour les yeux: pour chaque situation, elle a une tenue appropriée - y compris lorsqu'il s'agit de ramoner une cheminée. Et puis, elle aime follement les livres et dès la première histoire du premier tome, elle adopte un Bleu Russe. Comment ne pas craquer pour elle? Par beaucoup d'aspects, elle me rappelle Kiki, l'adorable sorcière créée par Miyazaki. On l'aura compris: "Gisèle Alain" est mon manga coup de coeur du moment. 

mercredi 13 février 2013

Des pères morts comme s'il en pleuvait


Hier, en sortant du cinéma, j'ai fait quelques courses dans le quartier de la Bourse. J'avais envie d'une bédé, alors je suis entrée chez Brüsel. Sur la table des nouveautés, il y avait un album signé Zidrou, le scénariste de "Lydie" que j'avais adoré. Un des libraires avait collé un carton "Coup de coeur" sur la couverture. Je l'ai embarqué sans trop chercher à savoir de quoi ça parlait. 

Et en fait, c'est l'histoire d'une jeune femme dont le père meurt (probablement d'un cancer, même si ça n'est jamais dit) sans qu'elle ait pu lui parler une dernière fois. Oh, bien sûr, c'est aussi l'histoire d'un secret qui a empoisonné la vie de toute une famille, mais ça, ça m'est passé un peu au-dessus de la tête, rapport au fait que je chialais pour la seconde fois de la journée en pensant à mon père. 

Depuis quelques mois, j'ai l'impression que les pères morts sont partout, comme avant ça j'avais l'impression que le cancer était partout (je l'ai encore, d'ailleurs). Je me demande si je joue d'une malchance singulière dans mes choix culturels, ou si ça n'est que le reflet d'une réalité à laquelle j'étais restée aveugle jusque là, parce qu'elle ne me concernait pas encore. Mon gentil généraliste, à qui je m'ouvrais de cette impression tenace, m'a répondu que c'était comme si je venais d'acheter, disons, une Classe A: tout à coup, j'en verrais à tous les coins de rue, non parce qu'il y en aurait plus qu'avant, mais parce que j'y prêterais une attention nouvelle. 

Autre explication possible: j'ai un instinct tout pourri. 

"L'odyssée de Pi"


Je n'avais pas lu le roman best-seller de Yann Martel: son sujet ne m'intéressait pas. Mais la bande-annonce du film qui s'en inspire a réussi à m'attirer dans une salle de cinéma. La tâche n'a pourtant pas été aisée, car nulle part je ne trouvais de séance en 2D et en VO, à part au Kinépolis où j'avais juré de ne plus remettre les pieds. Finalement, j'ai sacrifié la VO au confort de mes yeux et vu "L'odyssée de Pi" hier après-midi à l'UGC De Brouckère. 

Piscine Molitor Patel, dit "Pi", a grandi à Pondichéry dans le zoo créé par son père. Un jour, celui-ci décide que toute la famille va émigrer au Canada et y vendre ses animaux. Mais le cargo à bord duquel ils ont pris place sombre au-dessus de la fosse des Mariannes. Seul rescapé humain, Pi se retrouve dans un canot de sauvetage en compagnie du tigre Richard Parker. Commence alors pour lui une rude et interminable expérience de survie...

Deux heures pour raconter 227 jours de dérive sur l'océan, on pourrait trouver ça un peu longuet. Et honnêtement, ça l'est parfois. Mais les images sont magnifiques. Si vous supportez la 3D, le film vaut sûrement la peine d'être vu dans cette version. Le jeune Suraj Sharma fait un boulot remarquable, surtout si on considère qu'il ne s'est jamais retrouvé face à un tigre pendant le tournage et a donc joué les trois quarts de son rôle complètement seul devant la caméra. De ce point de vue, la compagnie responsable des effets spéciaux mérite aussi un gros bravo (au lieu de ça, elle est sur le point de déposer le bilan): quand je suis sortie du cinéma, avant d'avoir fait quelques recherches sur Google, j'étais quand même un peu indignée par ce que le pauvre tigre avait dû subir comme méthodes de dressage pour arriver à faire tout ça. A aucun moment je ne me suis rendu compte que c'était un gros tas de pixels. 

Quant à l'histoire... Elle parle de perte et de foi, d'espoir et de capacité à survivre, et elle le fait à la manière d'une fable qui s'appuie d'abord les couleurs chamarrées de l'Inde, puis sur la majesté de l'océan. Le twist final m'a fait sourire et hocher la tête d'un air entendu. Mais je ne saurais pas vous dire à quel point au juste j'ai apprécie "L'odyssée de Pi". Mon père était fasciné par les tigres et passionné par les histoires de survie. C'est avec ses yeux et en pensant à lui tout du long que j'ai regardé le film. Et lui? Il aurait adoré. 

mardi 12 février 2013

"Etiquette and espionage"


Lors de mon passage à Londres la semaine dernière, j'ai aperçu chez Forbidden Planet le nouveau Gail Carriger qui venait de sortir le jour même. Bien entendu, je me suis ruée dessus: j'avais tant aimé la série du Protectorat de l'Ombrelle! Et puis, la couverture clamait: "Une sorte de Harry Potter steampunk". J'ai pensé qu'avec des références pareilles, je ne prenais pas beaucoup de risques. 

Sophronia, 14 ans, est la plus turbulente des innombrables enfants de Mrs Temminnick. Désireuse que sa benjamine devienne une vraie lady, cette dernière l'inscrit dans un pensionnat pour filles très select. Mais bientôt, Sophronia s'aperçoit que sa nouvelle école n'enseigne pas uniquement les bonnes manières: en vérité, chez Mademoiselle Géraldine, on forme des apprenties espionnes et de futurs assassins... 

La bonne nouvelle, c'est que cette deuxième série - dont "Etiquette and Espionage" constitue le tome 1 - se déroule dans le même univers que le Protectorat de l'Ombrelle, bien que plusieurs décennies avant. Quelques connaissances d'Alexia Tarabotti y font une apparition dans des rôles secondaires: Beatrice Lefoux, vivante à l'époque, sa nièce Genevieve encore enfant, ou Sidheag Maccon alors âgée de treize ans. Quant à l'enjeu du scénario, c'est le prototype d'une invention qui prendra une importance capitale dans "Le Protectorat de l'Ombrelle". Pour qui a déjà lu la première série, les connexions sont assez gratifiantes. 

La mauvaise nouvelle c'est que, du fait de la cible jeunesse de cette série, le style si pétillant de Gail Carriger a été simplifié et adouci au point qu'il ne reste plus rien de son mordant, et guère davantage de son humour. Même chose pour l'histoire, qui tient en une phrase et ne réserve strictement aucune surprise. D'ailleurs, pendant les trois quarts du bouquin, on a l'impression qu'il ne se passe rien du tout. Ces deux défauts conjugués donnent une lecture d'une platitude assez atroce, qui m'a fait bâiller de bout en bout. Il ne faudra pas compter sur moi pour lire la suite de "The finishing school". Dommage, car le pitch était extrêmement prometteur. 

lundi 11 février 2013

DIY 6/52: Broche "ballons" en feutrine


Ceux d'entre vous qui me lisaient déjà à l'été 2011 se souviennent peut-être que je m'étais beaucoup amusée à fabriquer toute une série de petits zombis en feutrine: Bloody Kitty, Alberto la Momie, Théodore le Croque-Mort, Brian la Citrouille, Amilcar le Canard, Hippolyte le Vampire, Bethsabée la Mariée et PsychoPat le Pirate. Depuis, mes fournitures prenaient la poussière dans un coin. J'avais l'intention de les utiliser pour au moins l'un des projets de ce "52 DIY", mais je ne savais pas trop comment. Et puis la dernière fois que j'ai pris le train, une idée de broche a surgi dans ma tête - plusieurs idées, même. Honneur à celle qui s'est manifestée la première!


Pour fabriquer une broche similaire, il vous faudra:
- des chutes de feutrine fine de 4 couleurs différentes
- du fil à broder de couleurs assorties
- 1 aiguille fine
- 1 enfile-aiguille
- une feuille de papier blanc
- un marqueur noir à pointe fine
- des ciseaux
- de la colle à tissu
- une petite quantité de laine de rembourrage
- une pince à épiler
- du fil de fer
- un petit bout de ruban
- une attache de broche (ou une épingle à nourrice)


1. Sur le papier, tracer un gros ballon et un plus petit. Les découper. A l'aide du marqueur, reporter ces silhouettes sur trois des couleurs de feutrine: une fois dans le sens du dessin et une fois retourné pour le gros, deux fois de face et deux fois retourné pour le petit. Sur la quatrième couleur de feutrine, découper un petit coeur et le coller sur l'avant du plus gros ballon. 
2. Assembler les pièces de chaque ballon, avant et arrière, en tournant vers l'intérieur les faces qui portent des traces de marqueur. Commencer à coudre les bords à petits points en utilisant 2 brins (sur 6) de fil à broder de la même couleur que la feutrine. Laisser une ouverture dans le bas pour "bourrer" avec la laine, en la poussant avec la pince à épiler. Finir la couture. 
3. Coller les deux petits ballons chacun sur un bord du gros, et derrière celui-ci. Sécuriser en rajoutant quelques points de fil à broder sur l'envers de la broche. 
4. Enrouler le fil de fer autour de l'embout des ballons. Entortiller les trois "tiges ensemble. Nouer un ruban autour. 
5. Piquer une épingle à nourrice sur l'envers de l'ouvrage (ou coudre l'attache de broche). 


Temps de réalisation: 2 heures.