dimanche 31 mars 2013

Trolls & Légendes 2013: le royaume de l'interminable file d'attente


J'avais beaucoup apprécié les deux précédentes éditions de Trolls & Légendes auxquelles j'avais pris part, en 2009 et en 2011; aussi attendais-je celle-ci avec impatience. Première contrariété: en raison de la météo, impossible d'étrenner ma tenue steampunk beaucoup trop légère. Arrivés au Lotto Mons Expo à 11h15 samedi matin, nous faisons la queue une demi-heure dans un froid glacial avant de pouvoir entrer - et encore resquillons-nous légèrement en rejoignant la Princesse et son consort au milieu de la file d'une longueur proprement hallucinante. Je regrette bien de n'avoir pas acheté nos tickets en avance, mais je n'imaginais pas du tout un monde pareil. Les organisateurs non plus, sans doute, qui font du super boulot mais semblent pour le coup dépassés par le succès de leur manifestation.




Une fois à l'intérieur, ma consternation s'accentue. La foule est si dense qu'il est presque impossible de circuler dans les allées du marché (où manque cruellement la boutique du Chant des Louves, et où je ne trouverai jamais le haut-de-forme en cuir steampunk que je convoitais). Dans ces conditions, la pêche aux photos de jolis costumes devient plus que délicate. Pour pouvoir me faire dédicacer L'épouvantable encyclopédie des fantômes, dont je rêve depuis des mois, je devrais faire une file d'attente qui traverse toute la librairie afin d'en acheter un exemplaire payable uniquement en liquide, et refaire la file l'après-midi devant la dessinatrice Carine M. dans un espace absolument pas prévu pour ça. Du coup, je renonce.







Quant à l'espace restauration, il faut également faire la file pour acheter des jetons, puis de nouveau pour les convertir en boisson ou en nourriture. Nous allons donc manger à la brasserie habituelle du centre commercial voisin avec la Princesse, son consort, notre amie Luvan et une de mes éditrices. Débordés par l'affluence et en possession d'un seul lecteur de cartes, les serveurs font tout un patakès pour encaisser notre table de 6. L'agacement commence à poindre. Lorsque nous regagnons le hall d'exposition, j'ai presque envie de jeter là l'éponge et de rentrer à Bruxelles. Mais je suis surtout venue pour voir des gens que j'aime bien et que j'ai rarement l'occasion de croiser; alors, nous nous mettons en quête d'eux pour ne pas repartir bredouilles.




Et finalement, l'après-midi sera fatigant mais fructueux, plein de jolies rencontres et de bonnes nouvelles. Au marché, en lieu et place de l'introuvable haut-de-forme en cuir, je m'offre deux accessoires steampunk: des goggles et un pistolet dont le prix me paraît très raisonnable. A la librairie, je me fais héler par une charmante lectrice qui m'a reconnue à mes cheveux violets, et je découvre les ravissantes créations en pâte Fimo de la boutique Kiboochan. A la taverne, j'ai l'occasion de tenir sur mon bras un magnifique rapace: Gypsy, buse âgée de 19 ans et beaucoup plus zen que moi face à la foule environnante.




Surtout, je retrouve la petite bande habituelle des conventions - les gens qui bossent pour Brage, publient chez eux ou sont des anciens de leur forum. J'apprends qu'une copine éditrice est enceinte de 3 mois, qu'une copine auteur sort son premier roman jeunesse début 2014 et se marie l'été suivant, et je suis plus que ravie pour elles deux. Dans le sillage du SDL de Paris qui a eu lieu la semaine précédente, tout le monde ou presque a l'air d'avoir dormi moins de 3h depuis Noël dernier; c'est la foire aux valises jusqu'à mi-joues, au teint de lavabo, au regard fixe et légèrement vitreux. Mais on est crevés ensemble, alors c'est cool.

La journée se conclut chez Ces Belges et nous, une brasserie de la Grand-Place de Mons aux plats extrêmement quelconques. Tandis que Garulfo discute avec ses camarades de CoCyclics, nous profitons de la grande lenteur du service pour passer un merveilleux moment à bavarder et à rire avec Hélie et Ando.  Au fond peu importent les circonstances, ce qui compte et ce qui me donne de l'énergie, c'est de passer du temps avec les gens que j'aime. Rendez-vous à Epinal dans deux mois!

Plus de photos dans le post de Chouchou

Mars 2013



samedi 30 mars 2013

Mes 7 objectifs de mars: bilan


Calendrier renard acheté et illustration empruntée chez Gingiber


1. Réduire mes apports alimentaires de 25%
La tactique que j'ai employée consiste à me servir dans des récipients plus petits que d'habitude. Nous utilisons pour nos repas à la maison une série de "bols" carrés que nous possédons en 3 tailles différentes. Au lieu de manger un plat unique (généralement féculents + légumes) dans un grand bol, je me suis efforcée le plus souvent possible de me contenter d'un bol moyen, environ moitié plus petit, auquel j'associais un second bol moyen de salade verte ou de soupe. 
Mais dans certains cas, consommer 25% d'aliments en moins se révèle plus difficile. Si j'achète un chausson aux pommes à la boulangerie, il est clair que je ne vais pas en jeter un quart! Pour les gâteaux faits maison, par contre, je ruse: au lieu de répartir ma pâte dans 8 moules individuels, je la répartis désormais dans 10, ce qui fait des gâteaux plus petits et me permet de continuer à en manger 2 au goûter. 
En journée, je fractionne mon alimentation le plus possible. Petit-déjeuner vers 9h, collation vers 11h30, autre collation vers 14h30-15h, goûter vers 17h30-18h. Pour ces repas-là, j'essaie de manger assise sans rien faire d'autre, afin de me concentrer sur ma nourriture. Mais je n'y arrive pas toujours... Et le soir, Chouchou et moi dînons systématiquement devant un épisode de série télé, un plaisir auquel je n'ai pas envie de renoncer. Par ailleurs, j'ai eu du mal à me restreindre lors de nos nombreuses sorties au restaurant ou chez des amis.
Pour l'instant, je n'ai constaté aucune différence au niveau de mon énergie. C'est la fin de l'hiver et je me sens globalement fatiguée, mais peut-être le serais-je davantage si je mangeais plus et zapais mes séances de yoga. Difficile à dire. On va voir ce que ça donnera au printemps. En tout cas, je ne pense pas avoir maigri. (Mais je vais me peser demain et de nouveau fin avril, pour voir - ce que je n'ai pas pensé à faire ce mois-ci.)
Taux de réussite: 50%

2. Trier/ranger mes fournitures de loisirs créatifs
A Monpatelin où il ne me restait pas grand-chose, j'ai pu dégager une étagère de bibliothèque.
A Bruxelles, j'ai tout passé en revue mais ne me suis finalement débarrassé que de peu de choses, parce que ça me fait mal au coeur de jeter des fournitures neuves et que contrairement aux vêtements ou au maquillage, ce n'est pas le genre de chose qu'on apporte à une troc party.
Taux de réussite: 80%

3. Faire retoucher les vêtements trop longs
Un recensement de mes placards a révélé 5 pantalons, 1 jupe, 1 blouson en cuir et 1 manteau ayant besoin d'être raccourcis. Les pantalons et la jupe ont été faits par une couturière de Monpatelin, le manteau par un couturier de Bruxelles qui pratique des tarifs exorbitants (35€ les deux manches ballon...), et je m'occupe du cas du blouson la semaine prochaine. 
Taux de réussite: 100%

4. Préparer une série d'annonces eBay "de saison"
Une demi-douzaine de ventes sont en cours sur le site, d'autres sont prévues en mai et juin. (Pour l'anecdote, comme j'ai d'abord tenté de me connecter à eBay depuis l'étranger, le site m'a demandé de confirmer mon identité en appelant... un numéro joignable seulement depuis la France. Clap clap clap.)
Taux de réussite: 100%

5. Tester le peeling pieds
Fait et raconté ici.
Taux de réussite: 100%

6. Maintenir ma routine matinale
Je continue à faire du yoga en moyenne 4 fois par semaine, et mes séances matinales durent désormais 20 minutes au lieu du quart d'heure initial. A terme, je pense soit les allonger jusqu'à une demi-heure, soit y ajouter dix minutes de cardio (step, par exemple). Ca me fait beaucoup de bien, et comme je n'ai pas d'autre activité physique régulière, c'est toujours ça de pris pour ma vieille carcasse!
Taux de réussite: 100%

7. Mettre des onglets sur mon blog
Non, rien à faire. J'ai pas envie de m'y coller. 3500 posts d'archives à traiter, ça me fatigue d'avance, et plus ça va aller, moins ça va me dire.
Taux de réussite: 0%

Autres accomplissements:
Histoire de ne pas claquer 100€ de coiffeur tous les mois, j'ai refait moi-même mon violet avec du La Riché Directions. Le pot coûte £4 sur Beeunique, et 12€ chez Hair Color boulevard Anspach, et je n'ai utilisé qu'une petite partie du contenu - un dixième, pas davantage. En une demi-heure (10 mn d'application, 15 mn de pose et 5 mn de rinçage), j'avais une couleur nickel et réputée tenir longtemps. Conclusion: je réserverai désormais le coiffeur aux gros chantiers, notamment les décolos que je préfère ne pas me risquer à faire seule vu que j'ai une base très foncée.
A part ça, que dalle. Entre la reprise du boulot, deux grosses disputes avec Chouchou, une météo neige/froid glacial à Bruxelles et une très petite forme physique (mal de dos + fatigue générale), j'ai assuré le minimum syndical et c'est tout. J'ai même superbement foiré plusieurs DIY d'affilée, ce que j'ai trouvé un poil décourageant - et ruineux. Du coup, je ne suis pas certaine de poursuivre ce projet qui sape à la fois mon moral et mes finances...

Et les objectifs du mois précédent?
- Je fais régulièrement des Instagrams. Je ne me suis pas encore lancée pour écrire sur mes photos; j'attends un sujet qui me motivera. 
- Ma liasse de compta pro 2012 est partie chez mon association de gestion agréée en temps et heure. Je n'ai toujours pas déterminé si je changeais de mode d'imposition l'an prochain, mais j'ai jusqu'en septembre pour faire des comparaisons et me décider. 
- J'ai fini de me renseigner pour le sujet administratif privé dont je parlais en février, et les informations obtenues sont bien plus satisfaisantes que je n'osais l'espérer. Rien ne va se faire cette année, car une condition préalable doit d'abord être remplie, mais en 2014, peut-être...
- Grâce à la découverte de tisanes buvables (bénie soit le Peppermint Tea de Teapigs!), je parviens toujours à me limiter à 2 mugs de thé quotidiens.

Et mon petit mot de 2013?
Pas d'hypothétiques soucis de santé à mettre en perspective ce mois-ci - juste un mal de dos bien réel pour lequel j'ai dû me chercher un nouvel ostéopathe, celui de Monpatelin étant en vacances et celui de Bruxelles ayant disparu du radar. J'ai donc tenté d'appliquer le concept à mes petites contrariétés quotidiennes en me disant que, pour reprendre l'expression du Consort de la Princesse, ce sont vraiment des "First World problems" (en gros, des problèmes d'Occidentale bien nourrie...). Et c'est vrai que ça passe tout de suite mieux... quand j'y arrive, ce qui n'est pas encore systématique.

Conclusion:
Un mois très basse énergie où j'ai eu l'impression de faire du sur-place, mais si le printemps se décide à s'installer, ça devrait s'améliorer en avril!

vendredi 29 mars 2013

Velouté de pourpier


Puisque l'hiver n'en finit plus, voici une petite soupe réconfortante improvisée à partir de pourpier trouvé dans un panier bio (et jusqu'alors parfaitement inconnu de moi) et de la recette de velouté au persil plat que Dola m'a envoyée lors du swap gourmand. 

Pour 3 bols:
- une botte de pourpier
- 3 pommes de terre moyennes
- du beurre
- 1 gousse d'ail
- 1 cube de bouillon de légumes
- 10 ou 15 cl de crème légère

Faire fondre le beurre au fond d'un faitout. Y faire revenir une minute le pourpier lavé et haché grossièrement. Ajouter les pommes de terre épluchées et coupées en petits morceaux, la gousse d'ail émincée et le cube de bouillon. Couvrir avec de l'eau. Laisser cuire 20 mn environ. Mixer en ajoutant la crème.

Bon appétit!

jeudi 28 mars 2013

Le Café des Spores




C'est Guillaume Long qui m'a recommandé ce bistrot spécialisé dans les champignons où il avait dîné durant son séjour à Bruxelles en début de mois. Le concept et sa description des plats semblaient tout à fait alléchants; j'ai donc réservé une table pour quatre le soir de mon anniversaire, durant lequel les époux Shalbuline (eux aussi grands gourmands devant l'éternel) devaient se joindre à nous. 




Le Café des Spores propose des plats à la carte, entre 10 et 18€ chacun, sachant qu'il faut en compter deux par personne pour un vrai repas. Il existe aussi un menu 6 services (avec des portions plus petites) à 30€. Le hic, c'est que dans les deux cas, les plats sont servis pour toute la table. Il n'est donc pas possible de panacher menu et commande à la carte: c'est l'un ou l'autre pour l'ensemble des convives. Même si je brûlais de goûter la crème brûlée aux cèpes et au foie gras qui ne figurait pas dans le menu, la majorité a opté pour ce dernier. Shalf et moi n'aimant pas la joue de cochon, nous avons tout de même demandé à ce qu'elle soit remplacée par autre chose: on nous a proposé de choisir entre la pintade du menu et une bavette sortie de nulle part. Va pour la bavette. 




Terrine de mousserons, pickles de champignons
Entrée en matière goûteuse à souhait, accompagnée de petites figues et d'une corbeille de pains différents mais tous très bons.
Blonds aux herbes au grill
Un genre de champignons de Paris servis dans des assiettes à escargots. Pas mauvais mais assez quelconque. 
Lentins farcis-laqués
Sorte de shiitaké farcis de viande et laqués à la sauce soja, surmontés de "pelures" de poisson comme celles qu'on met sur les okonomiyaki (ça bouge tout seul, c'est très rigolo). Délicieux. C'est le plat que Funambuline a préféré. 




Oeuf cocotte à la tartofata
Un oeuf cocotte pour deux personnes, ce n'est pas le plus agréable à partager quand il faut piocher dans la même verrine. Convives grippés ou pas très intimes les unes avec les autres, s'abstenir. Par contre, j'ai adoré (mais je raffole du goût de la truffe).
Joue de cochon aux chanterelles
Vraiment gras, surtout comparé aux plats précédents. La bavette de remplacement était bien, même si je ne saurais pas identifier les champignons qui l'accompagnaient.
Tiramisu aux cèpes
Surprenant. Même après avoir terminé, j'étais incapable de dire si j'avais aimé ou non. 




Bien que je ne sois pas fan du concept "un même plat pour toute la table", j'ai aimé le fait de déguster plein de choses différentes, chaque fois en petite quantité, et servies les unes à la suite des autres de sorte qu'on a le temps de digérer entre deux. Ca évite la tentation de manger trop et trop vite, et ça laisse le temps de papoter tout le long du repas. 
Les plats du menu m'ont paru d'un intérêt variable, mais il y avait des choses vraiment délicieuses dans le lot, et c'était bien de faire des découvertes. Niveau quantité, personnellement j'ai eu juste assez, mais Chouchou a dû se bourrer de pain. 
Un mot sur la carte des vins, entièrement composée de vins nature: j'aime le principe, pas les prix qui m'ont semblé très excessifs (8€ pour un verre de Fronsac bon mais pas non plus transcendant). 
En résumé, un endroit qui vous ravira si vous avez le palais curieux et n'êtes pas trop fauché, mais qui laissera sans doute les gros appétits sur leur faim. 

Chaussée d'Alsemberg 103
1060 Bruxelles (Saint-Gilles)
Tel: 02 534 13 03
Ouvert tous les soirs du lundi au samedi
Réservation conseillée

mardi 26 mars 2013

42




Le soleil est enfin de retour à Bruxelles; j'ai rendez-vous chez un ostéo pour qu'il me remette le dos en place; ce soir je dîne dans un bon resto avec des amis venus de Suisse; Chouchou m'offre la petite pirate sur laquelle j'ai craqué pendant Made In Asia; et pendant un an, je vais avoir l'âge parfait pour une geekette. Que demander de plus? 

lundi 25 mars 2013

DIY 12/52: Ballerines à motifs pailletés




Fournitures: une paire de ballerines en synthétique lisse (9,99€ chez New Look; existent aussi en blanc, chair, camel et framboise); un petit pot de paillettes (3€ environ, Artemio); un petit tube de colle à paillettes (3€ environ, Rayher); un petit pinceau en synthétique

Temps de réalisation: 15 minutes

1. Protégez votre plan de travail avec un plastique ou un journal
2. Dessinez vos motifs sur une des ballerines avec l'embout du tube de colle
3. Saupoudrez généreusement les motifs de paillettes
4. Faites pareil avec l'autre ballerine
5. Attendez 10 mn que la colle sèche superficiellement
6. Secouez les ballerines pour faire tomber l'excédent de paillettes
7. Nettoyez le reste délicatement au pinceau





Je ne suis pas 100% satisfaite du résultat; un second essai donnerait sûrement beaucoup mieux, mais je ne vais pas racheter une autre paire de ballerines et jeter celles-là - d'autant qu'elles sont destinées à me servir de pantoufles... 


dimanche 24 mars 2013

Où je prends le risque de finir en taule pour meurtre de masse d'ici le 8 avril


Lecteurs, lectrices, l'heure est grave. 
Non, le problème, ce n'est pas que notre voiture est tombée en panne avant-hier, que nous avons donc dû aller chez Claudia hier en bus, que la ligne a été détournée à cause de travaux et que nous avons dû faire le dernier kilomètre et demi à pied dans la neige, le vent et le froid.
Aucune doléance non plus concernant le cours de yoga: pour une fois, ni mon dos ni celui de Chouchou ne nous ont fait souffrir, et c'était une très bonne séance. (Si on excepte le moment où j'ai tenté d'ouvrir la porte des toilettes qui étaient déjà occupées par Monsieur Claudia. "Ah, euh, bonjour, j'ai beaucoup aimé votre livre..."). 
Après ça, Chouchou est rentré dessiner à l'appart' tandis que je restais en compagnie de trois autres élèves pour un lunch léger et un atelier détox. Car, même si la météo refuse obstinément de s'aligner sur le calendrier jusqu'ici, le début du printemps est la période idéale pour éliminer toutes les toxines qui squattent notre foie et recharger nos batteries. 
Dans ce but, Claudia nous avait concocté un programme d'une semaine à base d'étirements de yoga, bains de pieds, auto-massages, mini-séances de méditation, coucher à 23h, et bien sûr, alimentation essentiellement végétale. J'ai passé en revue les choses interdites pendant cette semaine: le chocolat (pas de souci), l'alcool (ça devrait aller), le sucre (pour une semaine, je survivrai), la viande rouge (trop facile), les oeufs (dommage), les produits laitiers sauf le yaourt nature (argh), le café (je déteste ça), le thé...
Comment ça, le thé? 
JE NE VAIS PAS POUVOIR BOIRE DE THE PENDANT UNE SEMAINE???

Au bord de l'évanouissement, j'ai écouté mes camarades énumérer ce qui allait le plus leur manquer personnellement. "Quand on est accro à quelque chose, pour arriver à le supprimer, il faut le remplacer par autre chose", a expliqué Claudia. J'ai marmonné: "Je suppose que la cocaïne n'est pas une option?". Apparemment pas. 
A ce stade, j'étais prête à lâcher l'affaire et à cohabiter joyeusement avec mes toxines jusqu'à ce que mort s'ensuive. Oh, j'aurais mangé plein de légumes verts et de petites graines, j'aurais tripoté docilement mes points de shiatsu chaque soir et je me serais couchée tôt avec un bouquin, mais pas de thé? No way, José.
Puis Claudia a annoncé qu'on allait former un groupe e-mail pour se tenir au courant et se soutenir les unes les autres pendant notre semaine détox. Et là, j'étais faite comme un rat, parce que je suis tout aussi infoutue de mentir que de passer pour une lâcheuse. J'ai fait tellement de conneries dans ma vie juste pour ne pas perdre la face que je pourrais aussi bien être japonaise.

Pour nous aider à démarrer la semaine en attendant de faire notre shopping dans un magasin bio, Claudia nous avait préparé un joli petit sac en organza bordeaux dont voici le contenu: 



- Une récap du programme (croyez-le ou non, le petit smiley est en face du "no caffeine", qui signifie "pas de thé". CA NE ME CONSOLE ABSOLUMENT PAS.)
- Une carte "Keep calm and carry on", dont j'ai mieux compris le message après avoir lu le programme...
- Une capsule de Defatyl, du magnésium sous forme liquide plus facilement assimilé par l'organisme et qui contrairement aux gélules ou aux cachets ne laisse pas de résidu
- Un sachet de poudre d'arame, une des algues japonaises dont on pense qu'elle est l'une des raisons pour lesquelles les Japonais ont avaient une espérance de vie si élevée
- Des bâtonnets de cannelle et de la cardamome à faire infuser ou à préparer en décoction avec du gingembre, pour obtenir une tisane détox
- Des graines de lin, de l'oseille crépue et du lait d'ortie à saupoudrer sur la nourriture pendant les repas
(Il y avait aussi un sac d'herbes sauvages fraîches pour préparer la soupe dont Claudia nous avait fourni la recette, mais on l'a toutes oublié dans son frigo en partant!)

La date prévue pour le début du programme est le lundi 1er avril, et non, ce n'est pas une blague, c'est même moi qui l'ai proposée parce que cette semaine, entre le froid de canard, mon anniv' et Trolls & Légendes, je me voyais mal respecter des restrictions pareilles. Le challenge intéressant, ça va être que le mercredi 3, je descends à Monpatelin où le concept de magasin bio est toujours rigoureusement inconnu et où je n'ai pas de cuisinière fonctionnelle pour préparer à manger. Gros gros fun en perspective. 

samedi 23 mars 2013

"Portugal"


Quand cet album a remporté le Fauve d'Angoulême 2012, j'y ai jeté un coup d'oeil et j'ai été immédiatement rebutée par le dessin, avec sa dominante trop jaune et ses couleurs trop fondues à mon goût. Depuis, j'ai eu l'occasion de lire un autre album (noir et blanc, celui-là) de Pedrosa: "Trois ombres", et de tomber sous le charme de son atmosphère très particulière. 

Lors de mon dernier passage à Brüsel, je cherchais quelque chose à lire tout de suite dans un café, parce que j'avais du temps à tuer et pas de bouquin dans mon sac. Je ne sais pas pourquoi j'ai de nouveau feuilleté "Portugal", mais cette fois, au lieu de me sembler "pas nettes", ses couleurs m'ont au contraire paru subtiles et pleines de sensibilité. Comme quoi les goûts évoluent - les miens, en tout cas. J'ai quand même hésité: c'était un énorme pavé, il coûtait 35€, et mes précédents choix au hasard n'avaient pas été très heureux. Puis finalement, je me suis laissée tenter. 

J'ai été récompensée par deux heures de pur bonheur de lecture. 

Simon Muchat, la petite trentaine, est un auteur en panne d'inspiration. Il n'a plus envie d'écrire des livres, et pas vraiment envie d'acheter une maison avec sa petite amie Claire. Il n'est pas malheureux: simplement, aucun élan ne le porte. Il est incapable de choisir une direction et de s'y engager. Un jour, il est invité à un micro-festival de bande dessinée qui a lieu au Portugal. Des souvenirs des vacances que, gamin, il passait dans ce pays ressurgissent alors...

"Portugal", c'est l'histoire d'un homme qui se cherche. Rien de plus, rien de moins. Pour sonner si juste, j'imagine qu'elle retranscrit beaucoup des questionnements personnels de l'auteur. Mais elle le fait d'une manière particulièrement délicate et lumineuse, qui m'a charmée de bout en bout. Pavé ou pas, j'aurais voulu que cet album ne se termine jamais. 

vendredi 22 mars 2013

Où un bête détail technique bloque la domination mondiale des renards




Il y a quelques semaines, j'ai craqué pour une série de jolis coupons de tissu sur la boutique Etsy Stash Modern Fabric. Effarée par les frais de port que calculait le site, j'ai contacté la vendeuse qui m'a aussitôt préparé un custom listing avec des frais beaucoup plus raisonnables: moins d'une quinzaine d'euros, de mémoire. Ils sont arrivés 10 ou 12 jours plus tard, et ont rejoint la pile grandissante des coupons destinés à servir de fond pour mes photos d'objets. Même si je déborde d'idées de mignons accessoires à coudre avec.

Un de ces jours, il faudrait quand même que j'apprenne à me servir de la Singer que l'Homme-ce-chacal-jaune m'avait (à ma demande) offerte un Noël il y a presque dix ans. Le problème, c'est que je suis fâchée avec les modes d'emploi. Je ne compte plus le nombre d'appareils achetés et jamais utilisés parce qu'ils avaient d'autres boutons que ON/OFF. Je fais un authentique blocage. Pourtant, je ne suis pas folle idiote, vous savez. Mais j'ai l'impression que ces trucs sont toujours rédigés en martien. Au bout de trois lignes, je sens poindre un début de migraine.

Sans cette foutue appréhension du mode d'emploi, je serais devenue une machine à fabriquer des brols. Oui, parce qu'à la main, ça ne va pas assez vite pour moi (et ça ne serait pas du tout rentable), mais si je pouvais automatiser le processus un tant soit peu, j'aurais déjà lâché mon boulot afin d'inonder le monde de carnets letterpress, de T-shirts, de cabas et de taies d'oreiller à l'effigie de renards, de coussins, de mobiles et de broches en forme de renard. A quoi ça tient un changement de carrière réussi, tout de même.

mercredi 20 mars 2013

"Le club des incorrigibles optimistes"


Michel Marini avait douze ans en 1959, à l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Il y a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres, qui avaient traversé le Rideau de Fer pour sauver leur peau, abandonnant leurs amours, leur famille et trahissant leurs idéaux. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Ils étaient liés par un terrible secret. Cette rencontre bouleversa la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes. 

Oubliez le titre de ce roman - et la dernière phrase de sa quatrième de couverture. Ils font croire à des réfugiés joviaux malgré leurs déboires, à un de ces romans au ton ensoleillé qu'on referme le sourire aux lèvres. Or, il ne s'agit pas du tout de ça. "Le Club des incorrigibles optimistes" est un roman d'apprentissage ambitieux, qui raconte l'adolescence d'un jeune Français moyen dans les années 60: des choses légères comme sa fascination pour la petite amie de son frère aîné, les parties de baby-foot avec son meilleur ami, ses difficultés insurmontables en maths, son amour pour le rock'n'roll et la lecture ou sa découverte de la photographie, et d'autres plus graves comme le clivage entre sa famille paternelle communiste et sa famille maternelle petite-bourgeoise, l'impact de la guerre d'Algérie sur leur vie en métropole ou l'explosion du couple parental. 

Si elle constitue l'un des principaux éléments du roman, la rencontre avec les joueurs d'échecs n'en est toutefois pas l'unique sujet. Elle met d'ailleurs du temps à survenir. Par la suite, elle forme un contrepoint quelque peu glaçant aux mésaventures ordinaires du héros, avec un chapitre sur deux consacré à l'histoire forcément tragique d'un des réfugiés. Ces hommes qui ont tout perdu ne sont pas devenus admirables pour autant. Leur prétendu optimisme n'est qu'une expression de leur instinct de survie. Leur passé douloureux ne les met à l'abri d'aucune bassesse: il les rend juste plus désespérément lucides sur la nature humaine. 

Quant à Michel lui-même, c'est un narrateur sensible et attachant. Jean-Michel Guénassia lui prête la voix crédible d'un adolescent observateur et curieux de tout, dont les événements vont se charger d'éroder la naïveté initiale. On le suit avec tant de plaisir que les 730 pages du roman défilent toutes seules et que la fin, si émouvante soit-elle, survient quand même beaucoup trop tôt: on a envie de savoir ce qu'il devient entre cet été 1964 et l'année 1980 où, dans le tout premier chapitre du livre, il retrouve à l'enterrement de Sartre un des joueurs d'échecs perdus de vue depuis lors.

J'ai adoré la façon dont "Le club des incorrigibles optimistes" mélange l'histoire personnelle et familiale de son héros avec l'Histoire, non seulement de la France et d'une de ses colonies, mais du bloc soviétique pendant une phase cruelle de la guerre froide. Non, ce n'est pas un feel-good book... mais un page-turner, certainement.

mardi 19 mars 2013

Coup de pompe




J'ai rarement été aussi crevée que depuis quelques semaines. Pourtant, je dors le nombre d'heures règlementaires, je mange équilibré et je fais du yoga presque tous les matins. Est-ce parce que l'hiver s'éternise? Parce que j'ai oublié de faire renouveler mon ordonnance de vitamine D? Parce que j'ai réduit de moitié la quantité de théine absorbée chaque jour? Parce le mois de mars est particulièrement chargé entre la reprise du boulot et un tas de sorties géniales mais crevantes? Parce que mon dos ne s'est jamais remis de cet horrible massage Tuina et qu'il me fait souffrir depuis lors? Parce que des soucis matériels se profilent à l'horizon et que je m'inquiète un peu pour l'avenir? Parce que j'ai un cancer de la lymphe comme Callista Flockhart dans "Brothers & Sisters"? Parce que je commence à me faire vieille et que ça ne risque pas de s'arranger? Je n'en ai aucune idée. Samedi, je fais un atelier détox, et début avril, j'irai voir mon généraliste/ostéo. Avec un peu de chance, le soleil montrera le bout de son nez entre-temps et le problème se résoudra tout seul. En attendant, même si mon moral demeure globalement bon, j'ai le tonus d'une limace neurasthénique. 

lundi 18 mars 2013

DIY 11/52: Broche à fleurs en tissu




Inspiration: un vieil article dans Avantages et une bague achetée chez Holy Moly
Temps de réalisation: environ une heure
Fournitures: 4 petites chutes de tissus différents, 4 boutons, 4 longueurs de fil DMC, 1 aiguille à coudre,  du molleton pour le rembourrage, 1 grande attache de broche

1. Tracer au dos des chutes de tissu 2 cercles de 11cm de diamètre et 2 de 8 cm de diamètre (j'ai utilisé un gobelet et un bol à thé + un Bic noir)
2. Faufiler le bord des cercles en tissu avec du fil DMC d'une couleur contrastée. Commencer à serrer pour former une sorte de bourse. Remplir avec du molleton sans trop bourrer. Finir de serrer. 
3. Enchaîner en piquant au centre de la boule ainsi formée depuis l'envers; ressortir au milieu du dessus  et serrer un peu. Répéter l'opération six fois pour obtenir autant de "pétales". Au dernier passage, fixer le bouton au centre. Arrêter le fil à l'arrière de la fleur.
4. Quand les quatre fleurs sont formées, les coudre ensemble à petits points discrets. Puis coudre l'attache de broche au dos de l'ouvrage.



dimanche 17 mars 2013

Où le Cook & Book remet en jeu le titre de meilleur brunch de Bruxelles


Depuis 5 ans que je suis bruxelloise à mi-temps, je clame à qui veut m'entendre que le brunch du Cook & Book est de loin le meilleur de la ville, avec un rapport qualité-prix imbattable. Quand des amis viennent nous rendre visite de France ou de Suisse, c'est toujours là que nous les emmenons le dimanche midi.

Depuis un an et demi environ, le succès est devenu tel qu'il faut réserver une semaine à l'avance. J'avais donc pris mes précautions il y a dix jours. Mais lorsque j'ai réclamé une table pour 3 au téléphone, on m'a répondu: "Il ne m'en reste plus dans la cucina". Autrement dit, dans une salle située à l'autre bout du bloc où se trouve le buffet - pas super commode pour se servir. Néanmoins, je voulais vraiment faire découvrir ce brunch génial à notre copine Nekkonezumi; donc, j'ai pris quand même. 

Et puis à peine étions-nous installés qu'on nous a expliqué que le brunch qui coûtait autrefois 17€ boisson chaude et orange pressée comprises était désormais à 20€ sans boissons, soit 27€ avec. Je sais que je n'avais pas eu l'occasion de venir depuis un an environ, mais plus de 50% d'augmentation à prestation égale, sérieusement? Sans mauvais jeu de mots, je trouvais ça difficile à avaler. Vous avez vu vos revenus augmenter de moitié en 2012, vous? Moi pas, et pourtant, j'ai fait une année plus que décente.

J'ai quand même commandé un chocolat chaud, parce que j'avais très envie de tremper un ou deux mini-croissants dedans. Seulement voilà: sur le buffet, de viennoiseries, il ne restait point. J'ai demandé quand ils allaient en remettre: "On n'en remettra pas. A partir d'une certaine heure, on passe aux pâtisseries à la place." J'ai protesté: "Mais vous démarrez les brunchs à 11h30, et il est peine midi! En plus, avant, c'était couques ET pâtisseries tout le long." Le serveur n'a même pas daigné me répondre: il s'est détourné pour parler avec d'autres clients comme si je n'existais pas.

J'ai cherché la confiture et la pâte à tartiner, histoire d'agrémenter quand même un bout de pain pour aller avec mon chocolat chaud: il n'y en avait plus non plus. Au final, il ne restait absolument rien de sucré façon "petit dej": juste de la salade de fruits et des gâteaux. Bref, le buffet brunch était devenu un buffet lunch. Et même au niveau du salé, c'était nettement plus pauvre qu'avant, avec moins de choix en entrées froides et un plateau de fromages qui brillait par son absence. 

Moralité: le Cook & Book a sérieusement pris la grosse tête. Augmentation de prix exorbitante, nécessité de réserver 2 semaines à l'avance pour avoir une table correctement placée, offre bien moins variée qu'avant... C'est ce que j'appelle profiter de son succès pour se foutre gravement de la gueule du client. Le titre de meilleur brunch de Bruxelles est donc de nouveau libre et à prendre. Quant au Cook & Book, il n'est pas près de me revoir. 

jeudi 14 mars 2013

Exercice de perspective




Ce matin, je me suis réveillée malade. Rien de grave, juste un gros rhume doublé d'un truc coincé dans le dos. Mais ça a suffi à m'empêcher de bosser. 
Tant pis: je ne vais pas mourir d'un nez bouché, je ne suis pas à la bourre, et ça m'a laissé le temps d'expédier quelques corvées administratives et de rangement, ainsi que le ménage de la cuisine et de la salle de bain avant l'arrivée de notre invitée du week-end.

J'attendais une livraison Picard entre 11h et 14h. A 13h59, le service clients m'a appelée pour me prévenir qu'elle était reportée à la semaine prochaine à cause de la neige. 
Tant pis, il doit bien y avoir moyen de trouver de la nourriture à vendre quelque part dans Bruxelles en attendant mardi. Et puis la neige donne une si jolie luminosité!

En attendant, j'ai fait ma déclaration de TVA pour l'an dernier et calculé mon impôt sur le revenu pour la même période. La différence entre ce que j'imaginais (la même chose que d'habitude, en gros) et ce que je dois réellement équivaut, grosso modo, au prix de la clim que je pensais faire installer chez moi en juin, plus celui de la retraite de yoga que j'envisageais en mai, plus celui du road trip californien que je suis censée faire avec Chouchou au début de l'automne. J'espère que mes droits d'auteur excédentaires de 2012 vont rattraper ça, mais je n'y crois pas du tout. 
Tant pis: si je dois plus que prévu, c'est parce que l'année 2012 a été bonne pour moi. Ca m'apprendra à faire attention. La clim' peut attendre. La retraite de yoga n'est pas encore confirmée. Pour le road trip, je rognerai sur autre chose. Et puis si ça se trouve, j'aurai une bonne surprise avec mes droits d'auteur (l'espoir fait vivre). 

Je suis descendue à la boutique de repro pour photocopier mon dossier de comptabilité; il y régnait une atroce odeur de tabac brun qui a aussitôt imprégné mon pull et mes cheveux fraîchement lavés. 
Tant pis, le monsieur était gentil et il ne m'a pris que 3,40€ pour une montagne de copies d'une qualité tip-top.

Je suis passée chez le retoucheur pour faire reprendre les manches ballon de mon manteau rose Naf-Naf: 35€, soit la moitié du prix du manteau lui-même (que j'avais eu à -50%). 
Tant pis, ça m'évitera de trimballer ce manteau à Monpatelin, même si la retoucheuse que j'ai là-bas pratique des tarifs bien plus raisonnables. Je suis toujours tellement chargée! Et comme ça, je pourrai porter ce fameux manteau une ou deux fois avant le retour des beaux jours. 

J'ai complètement oublié que Delhaize était en rupture de pommes de terre hier quand Chouchou est passé chercher notre commande. Donc, entre ça et le congélo vide, je ne vois absolument pas ce que je vais faire à manger ce soir. 
Tant pis, il y a toujours un Mamma Roma pas loin pour me dépanner. 

On vit tellement mieux en voyant le verre à moitié plein...

"Portraits de voyage"


Dans ce très bel ouvrage, Stéphanie Ledoux présente des extraits de quatre de ses carnets de voyage: en Birmanie, à Madagascar, au Yémen et au Vanuatu. Comme le titre l'indique, l'auteur dessine des gens plutôt que des paysages ou des scènes de rue. Mais elle raconte aussi ses rencontres et autres souvenirs de voyage; elle dresse des listes "sensorielles" de sons et de goûts propres à un pays. Joliment mis en page et imprimés sur du beau papier épais, ses "Portraits de voyage" m'ont donné envie de prendre un billet d'avion pour l'Asie du Sud-Est et confortée dans ma décision de me remettre à faire des carnets lors de mes prochains déplacements lointains. Pour toujours plus de dépaysement, n'hésitez pas à aller faire un tour sur son blog






mercredi 13 mars 2013

Teapigs, délicieux et un rien décalé


De toutes les marques découvertes grâce à la Thé Box, la britannique Teapigs est la seule pour laquelle j'ai eu un véritable coup de coeur à la fois visuel et gustatif. J'ai craqué pour ses sachets en papier brun orné de jolis dessins, et adoré aussi bien le thé vert Mao Feng que l'infusion de feuilles de menthe. Une commande s'imposait pour acheter davantage de ces deux-là et tester d'autres variétés. 

Sur le site internet de Teapigs, j'ai beaucoup aimé:
- l'existence de plusieurs formats pour chaque variété: vrac, 15 sachets, 50 sachets, ou même juste 2 sachets pour goûter, avec le prix de revient par tasse pour chaque format
- le système Mix 'n' match qui permet de se composer une boîte-test de 12 échantillons au choix

En revanche, j'ai regretté:
- les frais de port forfaitaires de £11.60 pour le reste de l'Europe (mais je ne me suis pas laissée arrêter pour autant)
- la sélection riquiqui de thé verts parfumés: les noirs ont l'air délicieux, mais... il faut aimer le thé noir. 

Ma commande passée le 8 mars est arrivée ce midi. Voici ce qu'elle contenait:




...plus un échantillon gratuit de Genmaicha ici rebaptisé Popcorn tea.

En principe, j'achète surtout du thé en vrac, mais les sachets sont plus pratiques quand je me déplace, et comme je prévois de bouger pas mal pendant les mois à venir, j'ai pensé que c'était l'occasion de faire des stocks! En effet, le bon thé en mousseline est assez difficile à trouver...

J'écris ce billet en savourant un sachet de Perles de jasmin (à droite sur la photo). Il n'est pas tout à fait à la hauteur du Roi du thé au jasmin que je trouve au Nong Cha, mais il reste très supérieur à la moyenne des autres thés au jasmin que j'ai pu goûter. 

Bref, c'était ma première commande chez Teapigs, et pour peu qu'ils renouvellent leur gamme de temps en temps, ce ne sera sûrement pas la dernière. Leurs produits me semblent assez idéaux pour offrir à des amateurs de thé...

"Polina"


Ce long roman graphique de Bastien Vivès suit l'évolution d'une jeune danseuse depuis le moment où, âgée de six ans, elle intègre une prestigieuse école de ballet. Elle y rencontre son mentor, le professeur Bojinski, réputé pour son classicisme et pour une sévérité qui a déjà poussé bien de ses élèves à s'en aller en claquant la porte. Plus tard, nous la voyons changer d'école, puis prendre un tournant décisif en rejoignant avec son petit ami une troupe avant-gardiste...

Au premier abord, j'ai eu du mal à accrocher sur les dessins en noir et blanc minimalistes et le trait comme tremblé de l'auteur. Petit à petit, l'impression d'inachèvement s'est effacée, et je me suis mise à trouver qu'au contraire, le dépouillement du graphisme servait la sensibilité de l'histoire. A travers le parcours de son héroïne Polina, Bastien Vivès parle des rapports très forts qui peuvent exister entre un professeur et son élève, mais aussi de l'opposition entre tradition et modernité dans l'art. Ses personnages ne sont guère bavards, et l'auteur suggère leurs sentiments plus qu'il ne les expose. Pendant les trois premiers quarts du récit, je me suis demandé qui était vraiment Polina et pourquoi elle dansait, et j'avoue que cela m'a un peu gênée. Mais j'ai aimé la façon dont elle finit par se révéler quand elle part en Allemagne, et que de juste butée elle devient volontaire et passionnée. La conclusion, à la fois nostalgique et résolument tournée vers l'avenir, est l'une des plus jolies que j'aie vue en bande dessinée. Seul petit regret: les bonds dans le temps, quand il s'écoule plusieurs années entre une page et la suivante, auraient gagné à être marqués de façon plus explicite. Mais globalement, "Polina" reste une belle découverte, et un album qui mérite bien les prix qu'il a récoltés.

mardi 12 mars 2013

Où l'univers tente de m'empêcher de rencontrer Guillaume Long


Depuis que j'ai, grâce à une recommandation de Funambuline, découvert "A boire et à manger", génial recueil de bédé culinaire, j'ai envie de rencontrer son auteur pour qu'il dédicace mon exemplaire. Plusieurs fois, j'ai joué de malchance: il passait à Monpatelin pendant que j'étais à Bruxelles, ou l'inverse; ou encore, il faisait une apparition en Gruyérie la semaine suivant mon séjour là-bas. Mais cette fois, avec sa participation à la Foire du Livre, j'étais certaine d'arriver à mes fins! 

J'ai regardé ses horaires sur la page Facebook de son blog: dimanche, 11-13h, Gallimard; 14h-16h, Filigranes. J'ai double-checké avec le site de la manif, qui m'annonçait que la séance du matin. Histoire de ne pas me pointer à Tour & Taxis pour rien en début d'après-midi, j'ai appelé Filigranes afin de me faire confirmer le lieu de la dédicace. Je suis tombée sur un employé qui n'était pas au courant, mais qui s'est renseigné avant de revenir m'annoncer: "Ce sera à la Foire du Livre". Me voilà donc partie avec mes deux tomes d'"A boire et à manger" - ma quête traînait depuis si longtemps que l'éditeur avait eu le temps d'en publier un deuxième. 

En entrant dans l'espace-boutique de Filigranes, je déchante vite: Guillaume Long n'est nulle part en vue. Je me renseigne poliment auprès du caissier. "Ah ben non, il était là hier". Je proteste: "Mais j'ai appelé la librairie, et on m'a dit qu'il serait là aussi cet après-midi!" "Vous voulez peut-être qu'on le fasse revenir juste pour vous?" ricane le type, auquel je collerais volontiers une petite beigne pour lui apprendre la politesse. Je me tourne vers sa responsable: elle non plus n'est au courant de rien. Elle ne se moque pas bêtement de moi, ce qui est déjà un progrès, mais ne propose pas non plus de se renseigner. Bien bien bien. 

Je pousse jusqu'au stand Gallimard, des fois que. Là, je tombe sur l'attachée de presse de l'auteur, qui m'informe gentiment que Guillaume Long dédicace en ce moment... à la librairie Filigranes. J'ai envie de buter un libraire, voire trois. Je viens de traverser tout Bruxelles par un froid de canard et de payer 8€ d'entrée pour voir un auteur qui se trouve en réalité à distance de marche de chez moi. En plus, je me suis fait rire au nez en public par un jeune crétin. Pas franchement mon idée d'un dimanche de rêve. 

Mais il en faut plus pour me décourager. Je traîne ma pauvre carcasse transie jusqu'au métro en priant pour arriver à Filigranes avant le départ de Guillaume Long. Quand je déboule dans la librairie, remontée comme un coucou gruyérien, il n'y a personne au fond de l'espace-buvette où les auteurs dédicacent d'ordinaire. Chouchou, qui m'a rejointe à l'entrée, suggère d'aller voir au rayon bédé. Là, les ouvrages de Guillaume Long traînent ostensiblement sur une table, mais Guillaume Long lui-même demeure insaisissable. Je me renseigne auprès d'une libraire: "Non, je ne pense pas qu'il soit parti, sa veste est toujours là". Avec la chance que j'ai, il l'aura juste oubliée...

Et puis quelques minutes plus tard, l'objet de ma quête apparaît enfin. *Insérer ici le titre d'une chanson de Leonard Cohen reprise bien trop de fois, et souvent à mauvais escient. Oui, fantôme de Jeff Buckley, c'est à toi que je parle. Entre autres.*




Sur mon tome 2, je demande un hippopotame ou un renard.




Du coup, sur mon tome 1, je préfère laisser Guillaume Long dessiner ce qu'il veut plutôt que de me retrouver avec la recette illustrée du Parmentier de Georges-Arthur.




J'ai finalement triomphé de l'adversité! De plus, en l'absence d'une horde de fans probablement en train d'éventrer à la petite cuillère le caissier crétin de la Foire du Livre (tout le monde ne peut pas avoir pris des résolutions de zénitude en début d'année), l'auteur a volontiers répondu à mon feu roulant de questions, et m'a même conseillé un chouette resto où il avait mangé la veille. Sa description des plats m'a mis l'eau à la bouche; je sais désormais où nous dînerons pour mon anniversaire! 

Prochaine quête acharnée de dédicaces: Anne Montel et Aurélie Neyret.

lundi 11 mars 2013

DIY 10/52: Une couverture pour le Groseillon





Inspiration: J'ai utilisé ce patron gratuit, auquel j'ai rajouté deux rangs de mailles serrées sur tout le tour pour faire une petite bordure et donner à l'ouvrage un aspect plus "fini". 
Fournitures: 3 pelotes de fil Laura orange, laine et acrylique mélangées (Veritas, 12,95€ pièce); un crochet n°7. 
Temps de réalisation: une douzaine d'heures environ

Le Groseillon, c'est le futur rejeton de ma copine Sophie. Normalement, la naissance de bébés dans mon entourage m'enthousiasme très modérément; j'ai toujours l'impression que la nouvelle mère va devenir infréquentable pendant cinq ans au bas mot. Pour celui-là, c'est un peu différent. Oh, je me doute qu'il empêchera ses parents de dormir et fera des cacas pestilentiels comme tous les autres. Mais Sophie a eu un cancer il y a 3 ans, elle s'en est sortie, puis elle a galéré pour mener une grossesse à bien alors qu'elle voulait vraiment un enfant.

Quand j'ai appris qu'elle était enceinte de plus de trois mois, peu de temps après le décès de mon père, je me suis dit: "Et pan dans la gueule du crabe!". Même si elle ne changeait rien à ma propre situation, cette victoire, outre le fait qu'elle m'enchantait pour ma copine, me redonnait un peu foi en la vie. Du coup, j'ai eu envie de célébrer ça par un cadeau de naissance plus personnel qu'un doudou - et que les parents, même s'ils le détestent, seront obligés de réceptionner avec un sourire ému parce que c'est fait maison. (Insérer ici un rire diabolique.)




La chambre du Groseillon a un thème "jungle" dans les tons vert et orange, d'où mon choix de couleur. Le point est très simple (une maille serrée et une bride dans la même maille, sauter une maille, recommencer) mais je trouve qu'il rend particulièrement bien, et grâce à la grosseur du fil, l'ouvrage est monté très rapidement. Je le remercie d'ailleurs de m'avoir, il y a deux semaines, tenue occupée et zen pendant que mon TGV était immobilisé en pleine voie pendant une heure et demie à cause d'une alerte à la bombe en gare de Marne-la-Vallée. Crocheter dans le train, quel excellent moyen de tuer le temps plutôt qu'un contrôleur!

dimanche 10 mars 2013

Le Formidable Salon de la Bédé: dédicaces et renards


Franchement, ce salon, j'ai bien failli ne pas y aller. La semaine précédente, les gens de chez Brüsel avaient fait savoir qu'il serait utilisé un système de tickets limitant les dédicaces à 30 par auteur. Bon plan pour ne pas se taper des queues files d'attente kilométriques, a priori. Sauf que les tickets étaient dispos seulement le jour même à partir de 10h du matin, alors que les auteurs arrivaient à 13h30, et que pour en obtenir un, il fallait acheter sur place un ouvrage de l'auteur correspondant. Or, je possède déjà la plupart des ouvrages des auteurs que j'aime (et souvent, même, je les ai achetés chez Brüsel). D'où gros mécontentement. Je comprends que la venue des auteurs doit être rentabilisée, mais zut. 

Et puis finalement, comme le FSBD était couplé avec Made in Asia où Chouchou voulait absolument prendre des photos de costumes délirants (l'entrée était de 10€ pour les deux), et comme en outre le salon Créativa se tenait juste à côté, je me suis dit qu'on arriverait toujours à tuer le temps entre 10h et 13h30, et qu'en cherchant bien, je trouverais sans doute une ou deux bédés qui me faisaient envie et que je ne possédais pas déjà. Donc, nous nous sommes levés aux aurores hier matin pour faire l'ouverture du salon. 

A la station gare du Midi, le métro qui nous transportait a été littéralement pris d'assaut par des hordes de jeunes déguisés en personnages de manga, et j'ai commencé à avoir un peu peur. A la sortie de la station Heysel, une file d'environ deux cents mètres s'étendait jusqu'à l'entrée du hall 5 de Bruxelles Expo. Vu que je déteste la foule, je me suis dit: "Tant pis pour Made in Asia et le FSBD, faisons un tour à Créativa et attendons de voir si ça se dégage en cours de journée". (L'espoir fait vivre.) Sauf que la moitié des fans de manga tentaient eux aussi d'accéder à l'expo par le hall 4 qui abritait Créativa mais qu'un passage intérieur reliait au 5. Bref, en franchissant enfin la sécurité, j'ai pensé qu'on avait été bien bêtes de prendre juste des tickets pour Créativa.

Chouchou a alors suggéré que, peut-être, il y avait moyen d'acheter des tickets pour Made in Asia et le FSBD à l'entrée du passage intérieur. Je lui ai ri au nez: "Tu penses, il va juste y avoir d'autres agents de sécurité pour déchirer les tickets achetés dehors". On se trompait tous les deux: il n'y avait... rien du tout. En fait, une fois payé l'accès à l'une des deux manifs, on pouvait se faire l'autre aussi pour le même prix. Ce dont nous ne nous sommes pas privés.

Bref. Contre toute attente, j'ai donc pu obtenir des tickets pour quatre dédicaces sur les six qui m'intéressaient. Barbara Canepa s'était fait porter pâle, et Lewis Trondheim avait déjà beaucoup de monde. En plus, je lui en voulais encore d'avoir poireauté pour rien presque une journée entière au Festival de Solliès-Ville il y a des années: le matin, il ne s'était pas levé, et en début d'après-midi, il était à la plage... Chouchou et moi nous sommes répartis les files d'attente: il est allé se placer dans celle pour Boulet, seul invité à avoir refusé le système de dédicaces limitées tandis que je patientais avec les gens munis de tickets qui voulaient voir tous les autres dessinateurs.

J'ai commencé par Aude Picault, à qui j'ai fait dédicacer son "Fanfare" (seul de ses albums qui me manquait encore; j'aurais préféré "Transat" ou "Papa", mais ils étaient restés à Monpatelin...). J'ai été sa première "cliente", elle ne s'est guère montrée bavarde et l'échange est resté poli mais limité. 






Juste à côté d'elle, Bastien Vivès dont je n'avais jamais rien lu mais dont plusieurs personnes m'avaient chaudement recommandé "Polina". Une histoire de danseuse classique, ça avait des chances de me parler. J'ai été surprise de trouver le dessinateur aussi jeune. Je lui ai demandé pourquoi il avait choisi ce thème: "Je voulais faire un truc sur l'art, et le graphisme, ce n'était pas assez visuel." "Alors, pour vous documenter, vous avez pris quelques cours?" "Euh, non. On trouve de tout sur Youtube, vous savez."





Un peu plus loin, j'ai patienté un petit quart d'heure en bavardant avec un autre festivalier avant d'arriver près de Guillaume Bianco. Super sympa, il m'a demandé ce que je voulais comme bestiole sur ma dédicace, puis m'a bombardée de questions en dessinant. J'ai ainsi découvert qu'il était originaire d'un village à quelques kilomètres de Monpatelin, et nous nous sommes amusés à réciter une liste plutôt hétéroclite de célébrités locales: Cathy Guetta, Raimu, Mireille Darc, Hélène Ségara... "et Mourad Boudjellal", a-t-il ajouté. Un nom qui ne parlera guère qu'aux amateurs de bédé et de rugby!





Etienne Davodeau dessinait sur un canapé à la cool. Comme il n'y avait personne immédiatement derrière moi, après lui avoir fait dédicacer mon tome des "Ignorants" (gros coup de coeur lors de sa sortie), je lui ai demandé s'il voulait bien me signer aussi le "Quelques jours avec un menteur" acheté le matin même parce que l'histoire avait l'air sympa. Il s'est animé: "Ah, c'est mon préféré celui-là". "Pourquoi?" "Parce que c'est celui où j'ai trouvé mon style actuel, du noir et blanc pas trop fignolé avec juste du lavis de gris, et ça m'a libéré."






Le temps que je termine, il restait encore une douzaine de personnes avant Chouchou dans la file pour Boulet. J'aimerais signaler que ce dernier, non content d'avoir refusé le système de tickets et d'achat obligatoire sur place, est arrivé une demi-heure avant tous les autres auteurs et s'est mis à dessiner immédiatement, ne s'interrompant qu'une ou deux fois dans l'après-midi pour littéralement courir aux toilettes. Il passait vingt personnes par heure, et il trouvait encore le moyen de sourire et de bavarder avec chacun. En plus, même avec seulement 3 minutes à me consacrer, il m'a chambrée gentiment parce que je parlais hyper vite, et il a bien voulu me dessiner un renard.






En parlant de renard... Regardez ce que j'ai trouvé sur le stand Avenue of the Stars! Pour ne pas me le trimballer toute la journée, car la boîte était assez encombrante, je l'ai laissé sur place avec un Post-It à mon nom, en disant que je passerais le chercher avant de repartir. Résultat, c'est au moment d'entrer dans le métro pour notre voyage de retour que j'ai sursauté: "Merde, le renard!". Qui, alors qu'elle était sur les rotules et avait un mal de dos carabiné après avoir piétiné pendant des heures, a dû rebrousser chemin au pas de course et expliquer aux vigiles qu'elle sortait juste de l'expo où elle avait oublié un truc déjà payé? C'est Bibi. 




(Pour les photos des cosplay de Made in Asia, c'est sur le blog de Chouchou.)