jeudi 30 mai 2013

"Ce qui nous lie"



Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu'elle a appris à dissimuler... et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie « normale », celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore. Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l'open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de coeurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n'arrive pas à percevoir les liens...

Alors que je ne suis pas du tout amatrice de romance (la collection dans laquelle "Ce qui nous lie" est publié chez Milady), un billet de mon amie Isa m'a donné envie de découvrir ce livre dont l'idée de départ me semblait très prometteuse. A mon retour des Imaginales, où je l'avais fait dédicacer par sa jeune auteure, il ne m'aura fallu que trois heures pour le dévorer... et pour parvenir à un avis un peu mitigé. 

J'ai beaucoup apprécié que "Ce qui nous lie" ne soit, au final, pas une histoire d'amour mais plutôt une quête d'identité. Au début de l'histoire, malgré ses 24 ans à peine, Alice est une femme blessée qui a fait de la vengeance un mode de vie. Il va sans dire que ça ne la rend pas très heureuse. Sa rencontre avec Raphaël la poussera vers une autre voie - celle de l'apaisement. Le roman se termine donc de façon positive, mais sans aucune gnangnantise (j'invente des mots si je veux). Un premier bon point pour lui. Le second, c'est sa construction habile qui entremêle passé, présent et futur: elle permet au lecteur de mieux appréhender les origines et les conséquences des choix de l'héroïne tout en maintenant un certain suspens.

A côté de ça, je n'ai pas du tout accroché au style de l'auteure, que j'ai trouvé limite pauvre. Narration au présent et à la première personne, phrases très (trop?) simples, à la brièveté parfois saccadée, et surtout, manque de chair pour habiller une structure et un propos pourtant tous deux intéressants. Les seconds rôles sont restés pour moi de simples silhouettes de carton-pâte, et à aucun moment je n'ai ressenti d'atmosphère particulière. Samantha Bailly se cantonne à un niveau descriptif là où son récit aurait bénéficié d'un habillage sensoriel - impressions visuelles, sonores ou tactiles. Etant données sa jeunesse (elle a le même âge qu'Alice) et sa bibliographie déjà impressionnante, j'ai néanmoins envie de dire qu'il s'agit d'une auteure à suivre. 

Mes 7 objectifs de mai: bilan


Calendrier renard acheté, et photo empruntée, dans la boutique Etsy de Gingiber

1. Toujours choisir l'option optimiste
Je suis quelqu'un qui en toutes circonstances envisage toujours le pire. L'avantage, c'est que ça me pousse à prendre un maximum de précautions pour éviter les catastrophes. Le problème, c'est que pour une catastrophe évitée par-ci par-là, je passe ma vie à imaginer l'avenir en noir. Je ne veux pas devenir négligente ou imprévoyante; mais je voudrais, après avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir pour m'assurer que les choses se passent bien, arriver à lâcher prise et à me dire que, dans 95% des cas, les choses se passeront effectivement bien - et que je n'ai donc aucune raison de me faire du souci. Je me suis forcée à adopter cette attitude pendant le mois de mai à titre de test. A part pour ce qui concerne les problèmes de santé, j'ai trouvé ça étonnamment facile et incroyablement libérateur. Car de fait, mes nombreux trains sont tous arrivés à l'heure, ma déclaration d'impôts ne m'a causé aucun tracas, mes clés m'ont été restituées comme demandé. Et quand un colis n'est pas arrivé à l'heure ou que la météo a réellement décidé de faire la gueule, comme j'étais globalement bien plus détendue, je n'ai pas eu de problème à gérer ma contrariété. A poursuivre absolument.
Taux de réussite: 80%

2. Pas d'internet pendant 1h après mon réveil
Je pensais que, par désoeuvrement au moins, je reprendrais mes séances matinales de yoga interrompues suite à la semaine de détox. Et puis non. Si je n'allume mon ordinateur qu'une heure après mon réveil, je perds beaucoup trop de temps sur le démarrage de ma journée. J'ai tenté de faire un compromis à une demi-heure, histoire de petit-déjeuner en faisant attention à ce que je mange plutôt que de l'engloutir les yeux rivés sur mon écran, de mettre à jour mon agenda des choses faites la veille, puis de lire quelques pages d'un bouquin en cours. Après ça, je faisais mon lit, je me débarbouillais et là seulement, je commençais mon surf matinal avant de me mettre au travail. Mais je n'ai pas eu l'impression que ça fasse une grosse différence, et j'ai vite abandonné.  
Taux de réussite: 10%

3. Acheter des succulentes
Je voulais deux ou trois plantes vertes pas trop difficiles d'entretien pour mettre sur les deux buffets rouges qui nous servent à la fois de meuble télé et de séparation salon/salle à manger. Chez Dille & Kamille, j'ai trouvé une Bohemian Bravour (Peperomia Obtuifolia) et une Eden Elegance (Callisia Turtle). Une seule des deux est une succulente, mais ça ira bien. Je leur adjoindrai sans doute une petite soeur le mois prochain. 
Taux de réussite: 80%

4. Crocheter un amigurumi
Après un mois d'avril dénué du moindre ouvrage, je pensais me remettre au crochet en confectionnant une jolie licorne dont j'avais acheté le patron en septembre dernier. Et puis finalement, une autre idée s'est imposée à moi de façon si impérieuse que je n'ai pas eu d'autre choix que de la concrétiser immédiatement. Après ça, il y a eu la création pour le swap en cours. Enfin, j'ai ouvert le patron de ma licorne et... je n'ai eu aucune envie de m'y mettre. Je n'aime pas travailler "petit",  et j'aime encore moins devoir coudre des pièces ensemble. Les amigurumi, c'est super mignon, mais en fabriquer, ce n'est pas une activité pour moi. 
Taux de réussite: 0%

5. Décider si je change de régime d'imposition
J'ai fait deux simulations à partir des revenus que je déclare cette année: une au BNC, comme toujours depuis presque 20 ans, et une en traitements et salaires, comme c'est devenu la norme pour les traducteurs free lance depuis l'année dernière. Hé ben, la première option me permet de payer 1800€ de moins en toute légalité. 1600 si je compte que la seconde me ferait économiser 200€ d'inscription à une AGA. Pour ce prix-là, tant pis, je vais continuer à me taper trois jours de paperasse supplémentaire par an. 
Taux de réussite: 100%

6. Trouver un jupon long et droit
Comme le site sur lequel où j'avais acheté ma tenue steampunk ne proposait rien pour aller sous ma jupe transparente au soleil, j'ai fait une petite recherche eBay et rapidement trouvé un jupon vintage pas cher qui me semblait parfait. J'ai remporté l'enchère, reçu le jupon à temps, constaté qu'il m'allait bien en largeur même s'il avait 2 ou 3 centimètres de trop en longueur... puis la pluie et le froid se sont invités à Epinal le week-end des Imaginales, et j'ai dû renoncer à porter ma tenue steampunk bien trop légère pour la météo hivernale. Parfois, tu réussis un truc et tu n'es quand même pas plus avancé. 
Taux de réussite: 100%, mais en vain. 

7. Refaire du géocaching dans Bruxelles
Le premier samedi du mois, nous avons cherché la nouvelle "Lunette de Mémé 100 000 volts", dont la version précédente avait été notre première cache bruxelloise trouvée, il y a deux ans et demi, puis la nouvelle Jeanneke Pis, qui est carrément un Travel Bug Hotel. Le lendemain, nous sommes passés au parc Léopold en revenant de la dédicace de notre amie Luvan, et nous y avons logué une classique, tandis qu'une multi se dérobait à nous en phase finale. Le jeudi de l'Ascension, nous avons groupé la classique du Musée d'Ixelles, la multi de la place Flagey et la classique des étangs d'Ixelles. Beau temps + balade de géocaching = combinaison parfaite pour occuper quelques heures de week-end ou de jour férié!
Taux de réussite: 100%

Autres accomplissements
- J'ai surmonté mon aversion innée des "gens-que-je-connais-pas" (leur parler, passer tout mon temps avec eux, raconter des choses intimes devant eux, les toucher et les laisser mes toucher) pour faire une retraite de yoga de 3 jours. Résultat: un des week-ends les plus merveilleux et les plus enrichissants de ma vie.
- Je bosse sur ma posture depuis que, fin mars, l'ostéo consulté pour un mal de dos devenu chronique m'a fait remarquer que je me tenais en permanence les épaules relevées et le haut du dos voûté. Au début, j'ai dû me corriger 200 fois par jour, mais des progrès sont apparus rapidement. Deux mois plus tard, je me tiens naturellement les épaules baissées et le dos droit la plupart du temps. Et je n'ai plus mal.

Et les objectifs du mois précédent?
RAS.

Et mon petit mot de 2013?
Beaucoup d'angoisses de santé ce mois-ci, à partir de choses si minimes que ça en serait ridicule si ça ne me pourrissait pas la vie à ce point. Je n'en ai pas parlé, mais j'ai très mal dormi et pas particulièrement vu la vie en rose. Depuis 5 ans, mon hypocondrie est toujours là en toile de fond. Elle a été bien plus forte à certaines périodes, et je pensais que j'étais sur la pente descendante. Mais même si je suis loin de l'époque où je faisais des attaques de panique, j'ai l'impression d'avoir rechuté en mai. En tout cas, j'ai eu d'énormes difficultés à prendre du recul jusqu'à la retraite de yoga. Les bénéfices de celle-ci perdureront-ils? Vous le saurez au prochain épisode.

Conclusion:
Un mois au démarrage laborieux, mais qui se termine merveilleusement bien. 

mercredi 29 mai 2013

"Le voyage de Luca"


A la naissance de leur fils Luca, désireux de fuir la banalité du quotidien, Marian et sa compagne Julie quittent la Belgique pour explorer l'Amérique. Ils achètent à New York un camping-car d'occasion avec lequel ils vont parcourir les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Au fil des rencontres marquantes et des paysages sans cesse renouvelés, le petit Luca grandit avec l'idée que vivre, c'est déménager chaque matin...

Vous avez des rêves dont vous savez que vous ne les réaliserez jamais? Dans les miens, il y a: vivre sans attaches à bord d'une caravane aménagée, et tracer la route au gré de mes envies. J'aime trop mon petit confort pour me lancer dans une telle aventure, et c'est  l'un de mes grands regrets. Du coup, quand j'ai aperçu la couverture de ce roman chez mon libraire, j'ai sauté sur cette occasion de vivre mon rêve par procuration. 

Et de fait, bien que peu intéressée par les considérations éducatives dont nous gratifie le narrateur, j'ai été totalement enchantée par "Le voyage de Luca". Si Jean-Luc Outers n'a pas accompli lui-même le périple qu'il raconte ici, il possède une capacité de projection exceptionnelle. Je me suis vue sur la route avec les deux héros; j'ai partagé leur émerveillement, leur sentiment inouï de liberté, mais aussi parfois leur fatigue et leurs angoisses. J'ai senti les cahots provoqués par les ornières et les embruns qui leur éclaboussaient le visage. J'ai eu le coeur gonflé d'émotion quand ils quittaient les âmes généreuses croisées en chemin. Et de nouveau, j'ai été reprise par cette envie de larguer les amarres que je porte depuis toujours au fond de moi. 

Dal mixte


L'impro végétarienne (et même végane, tiens!) d'hier soir, parce que c'était franchement délicieux:

- Dans une sauteuse, faire revenir une gousse d'ail et un oignon blanc émincés avec un peu d'huile d'olive.
- Ajouter 1 tasse de lentilles corail, 1/2 tasse de riz complet, 4 tasses d'eau et 1 bouillon-cube de légumes (ou l'équivalent de vrai bouillon de légumes), plus une cuillère à café de curcuma moulu, un morceau gros comme le pouce de gingembre râpé et 1 carotte coupée en petits dés. 
- Couvrir et laisser mijoter jusqu'à ce que les lentilles et le riz aient absorbé l'eau. 
- Rajouter 1 tasse de passata (coulis de tomates), 1 grosse poignée de coriandre fraîche, et du sel selon votre goût. Bien mélanger. Servir aussitôt, arrosé d'un filet d'huile d'olive. 

Le mélange légumes secs/céréales est très recommandé aux végétariens, car il donne des protéines "complètes" dont l'organisme pourrait, autrement, manquer en l'absence de viande dans l'alimentation. 

mardi 28 mai 2013

Un swap littéraire qui met de bonne humeur, ça vous tente?




Les météorologues nous prédisent unanimement un été pourri. Pour lutter contre la déprime, je vous propose un swap littéraire sur le thème de la bonne humeur. En voici les modalités:

- Peuvent participer les personnes que je connais un minimum, soit IRL, soit parce qu'elles ont déjà fait un des swaps précédents, soit parce qu'elles commentent ici ou sur la page Facebook du blog. Les filles que je ne connais pas mais qui ont un blog alimenté régulièrement sont aussi les bienvenues. Le but est d'éviter que la personne se volatilise d'internet après avoir reçu le colis de sa swapeuse, mais avant d'avoir envoyé celui de sa swapée, comme c'est hélas arrivé l'été dernier. 

- Les inscriptions se font par mail jusqu'à samedi minuit. Répondez au mini-questionnaire ci-dessous et faites-moi un copié-collé dans le texte de votre message: 
1/ Présentez-vous rapidement (sauf si je sais déjà l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur vous). 
2/ Où habitez-vous (pays + ville; je n'ai pas besoin de votre adresse exacte)? Etes-vous prête à envoyer un colis à l'étranger? 
3/ Citez une dizaine de choses que vous aimez (ex: le thé, le Japon, les histoires de zombies, le vernis à ongles, la bouffe libanaise...)
4/ Si vous avez déjà participé à d'autres swaps sur mon blog, merci de me rappeler qui vous avez swapé et par qui vous avez été swapée. Si vous ne souhaitez pas être associée à une personne en particulier, merci de me le préciser aussi. 

- Une fois les inscriptions clôturées, je formerai des binômes et mettrai chacune en contact par mail avec sa correspondante. Vous pourrez ainsi dialoguer et vous poser des questions pour mieux cerner vos goûts mutuels. Le système de boucle, que j'employais pour les swaps de l'an dernier, était beaucoup plus lourd à gérer pour moi et exempt de réciprocité. Celui des binômes a permis quelques jolies rencontres pendant les swap gourmand et créatifs; c'est pourquoi j'ai décidé de le conserver cette fois encore. 

- Le paquet que vous préparerez devra contenir:
*1 livre qui met de bonne humeur 
*1 gourmandise
*2 bricoles-surprise (petite papeterie, bijou fantaisie, gadget rigolo, création perso... ce que vous voulez, du moment que ça peut voyager par la Poste sans trop de risque de casse!), si possible en rapport avec le livre que vous avez choisi
*1 carte avec un petit mot pour votre correspondante

- Sauf arrangement individuel avec votre correspondante, il devra être expédié au plus tard le 15 juillet.

- Il n'y aura pas de compte-rendus ici à part les deux qui me concerneront directement (le paquet que j'aurai envoyé et celui que j'aurai reçu); pour les autres, des liens seront postés sur la page Facebook du blog.

J'attends vos inscriptions. Vous avez le temps de vous manifester, mais comme il faut un nombre pair de participantes, si vous êtes la dernière, je risque de devoir vous dire non pour cette fois. Donc, pensez à me mailer dès que vous êtes décidée!

lundi 27 mai 2013

La leçon des Imaginales




OK, les Imaginales, c'était pas tout à fait aussi génial que les années précédentes - mais quelle idée aussi de les avoir déplacées à la Toussaint! Je me suis déjà plainte de la remise au placard de mon costume steampunk, ainsi que du foirage du pique-nique traditionnel. Je n'ai fait que croiser les gens de chez Brage; je n'ai pas réussi à mettre la main sur Béné pour boire un verre en discutant du programme de l'an prochain, et une fois de plus je ne me suis absolument pas souciée de rencontrer d'autres éditeurs susceptibles de me filer du boulot un jour. Je suis nulle en réseautage. 

Mais

Le monsieur de l'hôtel Azur est toujours aussi gentil, sans compter qu'il a un bel assortiment de thés Damman Frères pour le petit-déj'. Et la dame du Sens et Découverte mérite une médaille de la patience pour avoir attendu qu'on soit prêts à lever le camp sans jamais nous faire sentir qu'il était tard et qu'elle avait envie de rentrer se coucher. 

La Moselle est jolie même sous la pluie, et encore davantage quand un arc-en-ciel l'enjambe. 

S'il faut vraiment qu'une fois tous les six mois, je craque encore pour un bout de barbaque sanguinolente, l'entrecôte de la Côte de Boeuf était franchement un bon choix. D'autant que des frites mangeables hors de Belgique, c'est assez rare pour mériter d'être signalé. 

La buvette avait des rillettes qui déboîtaient, des assiettes de crudités bien garnies, des fraises à la chantilly et plein de pâtisseries appétissantes, le tout à des prix parfaitement symboliques. 

Gail Carriger, invitée d'honneur cette année, est aussi drôle et peu conventionnelle que sa série du Protectorat de l'Ombrelle le laissait supposer. Nous avons toute une série de photos prises en rafale sur lesquelles elle parle avec les mains et enchaîne les grimaces hilarantes, vêtue d'une robe de mémé à fleurs, d'un collant résille chair et d'une paire de tennis grises. Vive les gens qui sont eux-mêmes et seulement eux-mêmes - uniques et précieux. 

J'ai eu toutes les dédicaces que je voulais: Samantha Bailly sur "Ce qui nous lie", Fabrice Colin et Matthieu Gaborit sur "Confessions d'un automate mangeur d'opium", Ando et son dessinateur Marc Yang sur le tome 1 de "Les enfants d'Evernight", et Miss Carriger sur "Sans âme". J'ai réussi à me faire plaisir tout en restant raisonnable, vive moi. 

En parlant d'Ando, elle était rayonnante, une centrale EDF à elle toute seule. Sa carrière de scénariste marche du feu de Dieu et elle est tellement transfigurée par l'amûr qu'elle commence à ressembler à une fille (tout en gardant l'humour et le sens de la répartie qui font son charme légendaire). J'aime quand les choses vont bien pour les gens que j'aime. 

J'étais aussi ravie de revoir Myrrdyn, collègue doué dont le regard bleu frise en permanence et que je regrette fort de ne pas croiser plus d'une fois tous les 2 ans. Même si notre interaction s'est limitée à un papotage autour d'un verre de vin, jeudi soir pendant une lecture inaudible (et invisible) au Bougnat. 

Pascale et Mandy étaient insupportables de sexytude, la preuve vivante qu'on peut avoir passé le cap de la cinquantaine et être encore à tomber à la renverse. Merci de nous donner de l'espoir!

Je crois que La Princesse (alias Gasparde Gron) a adopté et été adoptée par tout le monde. 

Samedi, fin de matinée. Huit d'entre nous assis autour d'une table de la buvette. Deux qui tricotent, une qui file, et moi qui regrette d'avoir laissé mon ouvrage en cours à l'hôtel. Pendant ce temps, quelques pas plus loin, une fâmâpoâl se fait peindre tout le corps en pianotant sur son iPhone, et une ancienne porn star appâte le lecteur avec une combinaison moulante dorée entièrement garnie de pointes. Tout est normal. 

Une petite séance de géocaching nous a emmenés jusqu'à la tour chinoise et au musée du Chapitre, endroits insolite pour l'un et charmant pour l'autre à côté desquels nous serions passés sans notre GPS. (Par contre, la cache de la passerelle censément pas très difficile résiste encore et toujours à nos recherches...)

Après avoir cru que je repartirais sans l'avoir vue, j'ai croisé Justine et son amoureux dans les allées du parc au moment de m'en aller. Elle a écrit 7 bouquins cette année et trouvé un éditeur pour chacun d'entre eux. J'ai déjà dit que j'aime quand les choses vont bien pour les gens que j'aime? 

...Finalement, les Imaginales, c'était tout aussi génial que les autres années. Juste un peu différent. Leçon à retenir: ce qui compte, ce ne sont pas les circonstances ni les choses, mais les gens et les moments qu'on partage avec eux. 




dimanche 26 mai 2013

8 ans de rose et de noir



Aujourd'hui, Le rose et le noir fête ses 8 ans. 
Il approche des 3 400 billets et reçoit plus de 40 000 visites par mois.
Son ton comme son contenu ont beaucoup évolué au fil du temps.
Mais je ne me lasse toujours pas de raconter ma vie à des inconnus,
dont certains ont d'ailleurs cessé de l'être. 
J'écris d'abord pour moi, parce que ça me fait du bien,
mais de plus en plus, je le fais aussi pour vous,
parce que j'espère vous informer, vous émouvoir, vous faire rire ou réfléchir. 
Merci de continuer à me lire, de partager mes coups de coeur, vos avis et vos bons plans, 
et puis aussi de m'avoir soutenue dans les moments difficiles de l'année dernière.
Internet, c'est vraiment formidable...


♥♥♥


Illustration empruntée ici

samedi 25 mai 2013

Le meilleur moment des Imaginales 2013




Jusqu'à ce soir, la cuvée 2013 des Imaginales était très en-dessous de la moyenne. La faute à la météo qui m'avait fait renoncer à porter le costume steampunk amoureusement constitué depuis l'été dernier, nous empêchait de glandouiller dans l'herbe au bord de la Moselle avec un verre de vin ou un carnet de dessin  et poussait tous les visiteurs à se réfugier à l'intérieur de la bulle où la foule devenait légèrement intenable. Tenu dans l'espace buvette où les participants s'entassaient à trente par mètre carré plutôt qu'au large sur une pelouse baignée de soleil, le traditionnel pique-nique du samedi midi - généralement un des points d'orgue du week-end - avait déçu, déçu, déçu. Pour le dîner, et parce que j'en avais marre de manger lourd depuis 48h, j'avais réservé dans le seul restaurant bio d'Epinal avec un peu d'appréhension, craignant que ça ne soit pas trop la came des 11 personnes qui m'accompagneraient. 

Et puis au final, nous avons passé une soirée merveilleuse. La responsable de Sens et Découverte, exceptionnellement seule à la barre ce soir-là, nous avait réservé sa (petite) salle, refusant d'autres clients pour pouvoir s'occuper de nous. La nourriture était délicieuse: j'ai adoré ma crème de chou-fleur, mes galettes de tofu accompagnées de purée de navet, purée de pois cassés et pollenta aux herbes, ainsi que le thé gourmand Pêche Melba commandé en guise de dessert. Mes petits camarades non végétariens ont eu eux aussi l'air d'apprécier leur poulet au gingembre ou leur brochette de poisson sauce soja. La Princesse s'est très bien greffée à notre bande de potes qui se connaissent tous depuis des années (exception faite du dessinateur d'Andoryss, un garçon peu loquace venu dédicacer ce week-end sans ses crayons!).

La musique douce et le calme de la salle ont laissé à la conversation toute la place de s'épanouir, et je peux vous garantir qu'elle ne s'en est pas privée. On a beaucoup ri ce soir; on s'est montré des photos d'enfants et de chats; on s'est raconté des histoires de mères et de belles-mères; on s'est alarmé de la disparition rapide des abeilles et des dégâts catastrophiques que Monsanto est en train de causer à l'agriculture mondiale; on s'est échangé des souvenirs de voyage en Islande ou ailleurs; on a évoqué la vie sexuelle des huîtres mutantes et chanté à tue-tête le générique de Cat's Eyes; on s'est demandé comment des parents pouvaient avoir l'idée d'appeler leur gamin Don-Kévin ou Clitorine, et comment l'application "boîte à meuh" avait fait pour enregistrer un cri de T. Rex. Et vraiment, on n'était pas loin d'un moment parfait. Plusieurs fois, je me suis dit que j'avais beaucoup de chance de connaître tous ces gens drôles, intelligents et de bonne volonté. S'il faut ne retenir qu'un seul moment des Imaginales 2013, pour moi, ce sera ce repas où le temps s'est suspendu dans la lumière orangée et les éclats de rire partagés. 

vendredi 24 mai 2013

Nouveaut(h)é: Brise séductrice d'O Thés Divins




Sous ce nom qui, personnellement, me fait plutôt penser à un parfum Air Wick se cache un mélange de sencha de Chine, thé blanc Pai Mu Tan, jasmin, piment, fraise, fleurs de lavande, graine de guarana et échinacée pourpre, concocté par la marque O Thés Divins et découvert grâce à l'avant-dernière Thé Box. Sur le papier, l'association me semblait audacieuse et intéressante; après l'avoir testée, je puis vous assurer qu'elle tient largement ses promesses. En bouche, les fruits donnent d'abord une note gourmande, puis sont relayés par un délicat parfum de fleurs qui cède lui-même la place au piquant du piment, tel le point qui venant conclure une lyrique déclaration d'amour.

J'ai goûté des dizaines et des dizaines de thés depuis que je me passionne pour ce breuvage, et cette Brise Séductrice fait partie de mes plus jolies surprises. En outre, tous ses ingrédients à l'exception de l'échinacée sont issus de l'agriculture biologique; elle ne coûte que 6,50€ les 100g, et le site de la marque (qui propose un tas d'autres mélanges intrigants) offre - 20% sur toute première commande. Du coup, sur la même base de sencha et de Pai Mu Tan, je me suis également offert un sachet de Double Délice qui combine citronnelle, jasmin et framboises entières. Après Tea Pigs, O Thés Divins est la deuxième belle découverte que je dois à la Thé Box.



mercredi 22 mai 2013

L'effet magique


Illustration empruntée ici

Aujourd'hui, j'ai reçu mon relevé de droits d'auteur pour 2012: le montant n'atteint même pas la moitié de ce que j'avais touché l'an passé. En principe, c'est cette "prime" annuelle qui sert à financer mes vacances. Le road trip californien de deux semaines prévu en octobre risque fort de se transformer en week-end en Ariège dans un gite sans eau courante ni électricité. 

Aujourd'hui, je n'ai pas reçu le colis que ma binôme du swap a pourtant envoyé la semaine dernière. Quittant Monpatelin très tôt demain, je n'en découvrirai donc le contenu que fin juin. Merci qui? Merci la Poste! (Once more, with feeling.)

Demain, donc, je quitte Monpatelin où il fait un temps magnifique pour aller me geler les fesses à Epinal où la météo prévoit de la pluie et des températures tournant autour de 10° tout le week-end.  La tenue steampunk que je prépare depuis un an va devoir céder la place à un combo manteau/col roulé/bottes en caoutchouc. Cette année, j'ai prévu de rester 4 jours au lieu des 3 habituels. Championne de l'intuition je suis. 

Et malgré tout ça, je suis d'une zénitude admirable, même pas vraiment contrariée. Je me dis que je bosserai davantage cet été pour financer mon road trip; que d'avoir tant attendu mon colis, j'aurai encore plus de plaisir à le découvrir; et que faute de pouvoir glandouiller dans l'herbe au bord de l'eau, mes potes et moi, on s'entassera à douze sur les canapés de l'espace buvette des Imaginales pour se réchauffer. Tant qu'on est ensemble et qu'il y a à boire, on devrait s'en sortir. 

C'est l'effet magique "retraite de yoga", et j'espère bien qu'il va durer.

mardi 21 mai 2013

Journal d'une retraite de yoga (fin)




Cher journal, 

Lundi matin, je me suis réveillée après ma première vraie nuit de sommeil depuis mon arrivée. A la fin de la méditation silencieuse, Claudia nous a proposé un exercice de visualisation dont j'avais déjà rencontré certaines parties dans un stage de Catherine. Deux éléments ne cessent de réapparaître: chaque fois que je dois découvrir un trésor ou que quelqu'un me fait un cadeau, c'est un poisson. Et chaque fois que je dois me changer en homme, là où la plupart des autres femmes butent et n'arrivent pas à se visualiser dans un corps masculin, je me change instantanément en Abraham Lincoln. Je n'ai d'attachement particulier ni envers les bêtes à écailles, ni envers les anciens présidents étazuniens. Alors, pourquoi? Tu vas rire. D'un autre exercice destiné à me fournir des éclaircissements, il est ressorti que ma mission dans la vie était d'éduquer. Qui, comment et dans quel domaine, je n'en ai toujours pas la moindre idée. Oui, je sais, j'aime pas les gens et je n'ai pas de désir particulier de leur enseigner quoi que ce soit. Tu te bidonnes? Je t'avais prévenu. Et c'est toujours mieux que de finir en larmes comme 40% de nos effectifs ce jour-là. La visualisation, ça a l'air  zarbi vu de l'extérieur, mais je t'assure que si tu te prêtes au jeu, c'est super balèze et ça fait sortir de toi des trucs très très puissants. Dont tu ne sais pas nécessairement quoi foutre, mais ceci est une autre histoire. 

Il y avait toujours autant de soleil mais beaucoup moins de vent que la veille. Pour récupérer après tant d'émotions, nous avons donc petit-déjeuné sur la terrasse et fait notre première séance de yoga dehors, dans un coin à l'abri derrière la maison. Je n'avais encore jamais pratiqué le yoga en plein air et c'était hyper agréable, d'autant que Giorgia nous avait choisi des exercices avec une imagerie en rapport avec la nature. Au passage, nous avons continué à survoler la philosophie de Desikachar; j'ai retenu les principes de base mais aucun des nombreux noms en sanskrit. Ca reste quand même intéressant, et quelque chose qu'on n'a pas souvent l'occasion de faire pendant des cours "classiques". Le déjeuner a de nouveau eu lieu sur la terrasse au bord de la piscine, mais à l'ombre cette fois car il ne s'agissait pas de choper des coups de soleil. Comme Maria et Poppy avaient un avion à prendre, nous avons réduit à une heure la pause habituelle du début d'après-midi et repris les cours vers 14h. La "clôture du cercle", qui sert de conclusion au stage, a été l'occasion pour chacune de remercier les autres et de dire si elle avait pu atteindre ses objectifs pour le week-end. C'était très émouvant. 

Après ça, Stephen a conduit Maria et Poppy à l'aéroport. Tandis qu'Inès s'occupait de l'une ou l'autre chose dans la maison, Claudia, sa fille de 4 ans, Giorgia et moi nous sommes mises à danser comme des  folles sur l'immense tapis du salon au son de "I wanna hold your hand", "Perhaps, perhaps, perhaps" ou "Can't take my eyes off of you". Après l'émotion, la spontanéité et la joie s'invitaient parmi nous. Je crois que j'ai ajouté un moment parfait à ma petite liste. Il y a encore eu un jeu avec des cailloux inventé par la fille de Claudia, des conversations dans la cuisine en préparant le dîner, du français et de l'anglais qui se mélangent dans la même phrase, des histoires de grands-parents bien-aimés, des plans sur la comète pour partir tous nous installer dans le comté de Sonoma près de San Francisco, trois sortes de pâtes différentes parfumées avec un pesto maison bourré d'ail qui garantissait qu'aucun vampire ne nous attaquerait pendant la nuit, du chocolat noir à la fleur de sel dévoré en quantité variable devant la cheminée, et puis une discussion quasiment dans le noir avec Giorgia alors que tous les autres étaient montés se coucher et que nous seules traînions encore sur un des canapés du salon. Cette fille déborde de santé, d'énergie positive et d'envie de partager avec les autres; la rencontrer a été un pur bonheur (et pas juste parce qu'elle me donnait le même âge qu'elle, soit 29 ans!). On a convenu ensemble qu'à notre modeste échelle, on pouvait et on devait essayer de changer le monde. Ouais, rien que ça. Et tu sais quoi, cher journal? Après ce qui a sûrement été un des meilleurs week-end de ma vie, je me sens d'attaque pour essayer. 



Concours "Les 13 reliques": la gagnante!




C'est donc Nyah qui remporte un exemplaire de ce thriller fantastique.

J'attends qu'elle m'envoie son adresse postale à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à tous pour vos participations inspirées et à bientôt pour un autre concours!

lundi 20 mai 2013

Journal d'une retraite de yoga (suite)





Cher journal, 

Désolée de n'avoir pas eu de temps à te consacrer depuis 48 h, mais j'ai été trop occupée à vivre pour trouver le temps de raconter ce que je vivais. Comme ça ne m'arrive pas souvent, ça méritait - tu en conviendras - d'être respecté. 

Dans la nuit de vendredi à samedi, il a fait un très gros orage et je n'ai de nouveau pas bien dormi du tout. Après la méditation silencieuse de 7h du matin, pour commencer à réveiller notre corps, Giorgia nous a demandé de lever et de baisser les bras au rythme de notre respiration "comme un aigle qui bat des ailes". Je te prie de croire que j'étais l'aigle le plus grognon et le plus somnolent du monde. Heureusement, juste après ça, Claudia nous a fait un cours sur les méridiens en s'appuyant sur la médecine chinoise - les saisons, les organes et les émotions qui leur sont associés, et les étirements qu'on peut faire pour agir dessus. Très intéressant même si on a manqué de temps pour approfondir. Après le petit-déjeuner de 9h, on a enchaîné sur un atelier massages où on s'est réparties par binômes pour alterner les rôles de "patient" et de "thérapeute". Comme j'ai beaucoup de mal à laisser quelqu'un d'autre que mon amoureux me toucher le visage, je me suis mise avec Maria qui est la personne du groupe que je connaissais le mieux. J'ai accepté de me laisser aller, et finalement c'était très agréable et relaxant. Je me demande si Chouchou accepterait qu'on fasse ça à la maison...




Pendant le déjeuner, j'ai extorqué à Claudia la recette de sa vinaigrette au gingembre qui est une vraie tuerie. Puis, comme il faisait grand soleil (l'orage de la nuit avait eu le mérite de dégager complètement le ciel), nous sommes descendus tous ensemble à la plage. En principe, notre hôtesse Inès coupe à travers les bois sans problème, mais cette fois, le "chemin" était inondé, et j'ai ruiné mes Campers en cuir blanc. Crois-le ou non, je n'ai même pas râlé. J'ai pensé que ce n'était pas comme si je manquais d'autres chaussures, et j'au mentalement passé les Campers en pertes et profits. Il y avait vraiment beaucoup de vent et nous ne sommes pas restés longtemps sur la plage, mais quel bonheur de respirer les embruns, me remplir les poumons de l'odeur iodée de la Méditerranée, tremper mes pieds dans l'eau en poussant de petits cris, me faire arroser le jean par une vague plus forte que prévu, éviter une méduse échouée parmi les coquillages qui jonchent le sable, lever mon visage vers le soleil et juste fermer les yeux...




En remontant à la villa, Giorgia nous a donné un cours sur la philosophie du yoga et la façon dont on pouvait utiliser notre pratique pour changer ce qui ne nous plaisait pas dans notre vie, nos réactions et jusqu'à notre personnalité. Depuis le temps que je fais du yoga, j'ai rarement eu l'occasion de discuter théorie, et j'ai trouvé ça passionnant même si je ne suis pas d'accord avec tout (notamment l'idée de la permanence de l'esprit). Nous avons enchaîné sur quelques exercices pratiques. Puis le soir, après le repas, nous avons fait un atelier créativité, soit du coloriage de mandalas devant un feu de bois, vu qu'il caillait encore pas mal dans la maison. Les cheminées, c'est le Bien. Et cette activité apparemment enfantine s'est révélée elle aussi très intéressante, sans compter qu'elle nous a permis de bavarder tout en nous chipant le feutre rouge ou le crayon de couleur bleu marine. Chacune s'est repliée dans ses appartements vers 22h, épuisée mais ravie. 

samedi 18 mai 2013

Journal d'une retraite de yoga


Illustration: Gemma Correll


Cher journal,

Vendredi soir, Stephen, le mari de Claudia, est passé me chercher à Monpatelin vers 19h30. Nous avions une autre participante à récupérer à l'aéroport de Nice à 21h15, et nous avons vu le soleil se coucher dans la baie au milieu d'une profusion de nuages roses traversée par un arc-en-ciel. J'ai pensé que le week-end commençait bien. Puis vers 23h30, alors que 50 kilomètres nous séparaient encore de notre destination et que nous roulions dans une obscurité absolue sur une route en lacets, la pluie s'est mise à tomber et la jauge d'essence à biper de façon très insistante. Un léger doute m'a assaillie comme la conversation jusque là fort animée mourait brusquement dans la voiture. Les kilomètres se sont enchaînés sans l'ombre de la queue du début d'une station-service. Finalement, j'ai aperçu un Carrefour sur le côté et pensé qu'ils devaient bien avoir quelques pompes à essence 24h/24 qui traînaient dans le coin. Gagné. Après ça, bien entendu, nous avons croisé trois autres station-essence en moins de cinq minutes. Je pense qu'elles nous provoquaient. 

Une fois dans le village, la Catherine le GPS de Stephen s'obstinait à vouloir nous faire prendre à gauche tous les 500 mètres, une intention politiquement louable mais matériellement impraticable car il n'y avait que des chemins à peine assez larges pour un piéton. Lorsque nous sommes enfin arrivés à destination, il était une heure du matin, et malgré la nuit noire, j'ai manqué défaillir en découvrant la beauté de l'endroit où j'allais passer les trois prochains jours.  D'un côté, la baie de St-Tropez et ses lumières scintillantes. De l'autre, une immense terrasse avec de grandes tables en tek, une piscine entourée d'arbres et au-delà, un somptueux mas provençal dans lequel dix personnes doivent pouvoir cohabiter sans se croiser plus d'une fois par jour. A l'intérieur, du mobilier rustique mais confortable, un tapis de salon d'une superficie supérieure à celle de mon appartement, une chambre avec salle de bain en suite pour chaque participante, un goodies bag sur chaque lit, des vases remplis de fleurs fraîches, une vraie cheminée et une tonne de bibelots intéressants. J'ai demandé si la dame qui nous recevait ne voudrait pas, par hasard, adopter une fille de 42 ans déjà pourvue d'un job et d'un appartement. Apparemment, non. Je suis tristesse inconsolable. 

Claudia nous avait gardé les restes du dîner. Pendant que nous les engloutissions en vitesse, elle nous a annoncé que la méditation matinale du lendemain commençait à 7h. Je crois que j'ai un peu blêmi. Comme en plus, j'ai toujours du mal à dormir ailleurs que chez moi, je n'ai pas réussi à trouver le sommeil avant 3h du matin. Autant te dire que quand le réveil  a sonné vers 6h30, je n'étais pas d'une fraîcheur olympique. J'ai même brièvement envisagé de faire la sourde oreille. Mais je me suis quand même traînée jusqu'au salon en me disant qu'au pire, je finirais ma nuit assise en tailleur et que personne ne s'en apercevrait. Une pluie battante tombait dehors, je n'avais pas emporté de châle ni de couverture et entre l'humidité et le manque de sommeil, je me les caillais sévère. Sans compter que mon estomac était sur la réserve au moins autant que notre jauge d'essence la veille, et que certes il ne bipait pas, mais qu'il gargouillait tant et plus. Malheureusement pour lui, après la méditation, nous avons enchaîné sur une longue salutation au soleil (qui ne brillait pourtant que par son absence), et nous n'avons mangé que vers 9h. J'ai alors pu remédier à mon début d'hypoglycémie avec un délicieux petit-déjeuner bio, ouf! 

Vers 10h, nous avons suivi un cours d'anatomie donné par Giorgia. Exercice de départ: "Si je vous dis "os", quels sont les mots qui vous viennent à l'esprit?". Réponse de mes camarades: "Support, charpente, solidité, force." Moi? "Cancer, ostéoporose, fracture." Vis ma vie d'hypocondriaque. A midi, nous avons déjeuné d'une soupe betterave-carotte et d'une salade quinoa-avocat- radis-haricots verts-mangetout-fèves. En discutant avec les autres, je me suis rendu compte que nous étions 7 adultes tous de nationalités différentes: française pour moi, anglaise et sri-lankaise pour Claudia, américaine pour Stephen, italienne pour Giorgia, grecque pour Poppy, portugaise pour Maria et belge pour Inès. Très international! Là, nous avons congé jusque vers 16h. Après ça, nous aurons droit à une séance de yoga restauratif, puis à un dîner léger et à une séance de visualisation axée sur les rêves. Et je crois qu'il ne sera pas très tard quand je m'écroulerai dans mon lit. 

Thé Box Daikanyama



Une Thé Box consacrée au Japon, ça devait arriver tôt ou tard. En grande amatrice de thé japonais, mais aussi passionnée de la culture japonaise, j'avais ma petite idée sur ce qu'elle pourrait contenir. Ce qui ne m'empêchait pas d'espérer une (bonne) surprise. 

Commençons par les hors-d'oeuvre, à savoir les goodies:
- Trois cartes postales vraiment jolies
- Une pochette de papier à origami


Passons ensuite au plat de résistance: les thés!
- 4 sachets de Tea Pigs: 2 Popcorn Tea (du genmaicha, soit un thé vert au riz soufflé) et 2 Lemon & Ginger (thé vert citron-gingembre). Pas une découverte pour moi, puisque j'ai déjà passé deux commandes chez cette marque anglaise, mais deux bons produits qui ne se gaspilleront pas, d'autant que les sachets individuels sont bien plus pratiques à emporter en voyage que le thé en vrac que je commande pour la maison. 
- 8 sachets de Clearspring: 4 de matcha bio (thé vert en poudre) et 4 de kukicha bio. Je connais bien la marque qui est présente dans tous les magasins bio et dont je consomme déjà tout un tas de produits. En règle générale, je n'aime pas trop le matcha, mais j'apprécie beaucoup le kukicha.
- 4 sachets de YamaMotoKadératéYama: 2 de genmaicha (encore?) et 2 de hojicha (un thé vert qui a un petit goût de châtaigne grillée). 
- 1 sachet de Soba Cha (sarrasin torréfié au petit goût de noisette grillée, à boire en infusion). J'étais très contente de le découvrir, car j'avais entendu parler de cette tisane mais n'avais encore jamais eu l'occasion de l'essayer. 
- 1 sachet de Thé des Ecrivains Japonais (thé vert aux fleurs de cerisier).


En dessert, quelques gourmandises:
- Quatre bonbons au matcha
- Trois biscuits matcha/chocolat blanc qui contiennent probablement du crack vu la vitesse à laquelle je les ai engloutis et mon irrépressible envie subséquente d'en commander un plein camion 

En conclusion, une boîte au contenu extrêmement prévisible pour qui s'intéresse un peu au thé et au Japon, mais qui a le mérite de bien couvrir les bases pour les abonnés dont ce n'est pas le cas. Mention spéciale à la carte du livret des saveurs qui situe les différents terroirs et que je trouve très intéressante. Je suis ravie d'avoir reçu de l'infusion de sarrasin et enchantée par les biscuits; le reste, bien que très classique, ne sera pas perdu et m'accompagnera dans mes prochaines escapades. 

vendredi 17 mai 2013

DIY 18/52: Collier-plastron en dentelle crochetée



J'ai longtemps cherché ce que je pourrais bien fabriquer pour ma binôme du swap créatif, que je ne connaissais qu'à travers son blog et les quelques mails échangés. Comme elle partage mon amour des créatures des bois en général et des renards en particulier, j'envisageais une poupée ou un "coussin" en forme de goupil, feutrine devant et tissu derrière. Mais je ne sais pas trop coudre, et j'ai eu peur que l'assemblage des pièces donne un résultat moche. 

Au final, comme Manon aime les bijoux fantaisie et le style rétro, j'ai opté pour un modèle de collier assez particulier qui m'a fait craquer au premier coup d'oeil, et dont vous pourrez trouver le patron ici. Je le trouve délicieusement original, parfait pour habiller un T-shirt uni tout simple. Je n'avais encore jamais posé de chaîne; La Princesse a bien voulu me prêter ses outils et me montrer comment faire lors d'un goûter chez Wittamer - une excellente façon de joindre l'utile à l'agréable!



Matériel utilisé pour la partie crochet: fil Rowan Handknit Cotton écru (coloris 251); crochet n°5

jeudi 16 mai 2013

Le déclic




A 17 ans, je voulais échapper à ma famille. Je suis partie poursuivre mes études à Toulouse, dans une ville où je ne connaissais personne et une école dont l'enseignement me barbait. Je mangeais des nouilles froides mayo un repas sur deux, je contractais pour m'en sortir des prêts étudiants que j'allais mettre dix ans à rembourser, mais j'étais enfin libre de mes décisions.

A 23 ans, je voulais échapper au salariat que je subissais comme une punition depuis trois ans, au métier auquel m'avaient formée des études haïes. J'en étais arrivée au stade où j'avais envie de me tuer chaque matin quand le réveil sonnait. A bout de nerfs, j'ai démissionné sans trop savoir ce que je pourrais bien faire ensuite. Je me suis lancée dans la traduction sans diplôme. Les premières années, je gagnais très peu; je bossais 12 à 14 heures par jour, 6 jours par semaine, 51 semaines par an. Mais j'étais free lance, libre de mon emploi du temps même surchargé, sans plus de patron pour me donner des ordres, de subalternes à qui donner des ordres, ou de collègues à supporter toute la journée. 

A 26 ans, je voulais échapper à mon mariage destructeur, à ma belle-famille catho de droite, aux attentes de maternité et de "convenabilité" qui pesaient sur moi. J'ai demandé le divorce, je me suis teint les cheveux en rouge et violet, je suis partie vivre aux Etats-Unis avec des gens que je ne connaissais pas. J'ai passé une année de merde, mais j'étais de nouveau libre d'être moi. 

A 38 ou 39 ans, je voulais échapper aux angoisses de santé qui me bouffaient depuis la mort de mon amie Brigitte. Je suis allée voir des psys, alors que (croyez-le ou non) l'idée de raconter ma vie à un inconnu me répugnait profondément. J'ai commencé la méditation alors que je m'étais toujours moquée des bobos New Age. Et petit à petit, j'ai été délivrée de mes attaques de panique, même si mes angoisses de fond subsistent encore. 

Aujourd'hui, c'est à la société de consommation que j'aimerais échapper. Ne plus être cette personne programmée pour penser qu'elle sera plus heureuse si elle achète une 127ème paire de chaussures. Cesser de participer à un ordre des choses profondément destructeur pour la planète comme pour l'âme. M'alléger de toutes celles de mes possessions matérielles qui ne me sont pas strictement indispensables. Me libérer des faux besoins que, manipulée par les média, je continue à me créer malgré une lucidité grandissante. 

Mais je ne sais pas comment faire. Oui, je m'alimente de manière responsable. Oui, mes accès de shoppingite aiguë sont en baisse constante depuis des années. Oui, je donne ou recycle au fur et à mesure les objets dont je me suis lassée. N'empêche que je continue à accumuler beaucoup trop de choses qui n'ont d'attrait que leur nouveauté et dont j'aurais très bien pu - dont j'aurais - me passer. Je justifie mon comportement en me disant qu'une robe aux couleurs gaies et à la coupe flatteuse me fait du bien au moral, qu'un bibelot inutile mais plaisant à regarder stimule ma créativité. 

Cependant je suis certaine qu'il existe d'autres moyens de parvenir aux mêmes fins. En réduisant considérablement mon train de vie, je pourrais me permettre de travailler deux fois moins. Je ne m'inquièterais pas autant de savoir comment je continuerai à payer mes factures si la crise du secteur de l'édition s'agrave. J'aurais plus de temps et surtout de disponibilité d'esprit pour profiter de la stimulation gratuite et inoffensive qu'offre le monde alentour. Je pourrais, me semble-t-il, mener une existence plus vraie et spirituellement plus enrichissante.

Parfois, je rêve que mon appartement brûle pour me forcer à repartir matériellement à zéro. Les améliorations progressives réalisée au fil des ans ne suffisent pas à ma nature radicale et impatiente. Et d'un autre côté, je manque du courage nécessaire pour tout liquider d'un coup de mon propre chef. Je lis sur le blog de Courtney Carver des témoignages de gens qui ont osé sauter le pas, eux, et je les envie. 

J'attends un déclic. 

mercredi 15 mai 2013

"En nous portant dans leur corbeille les figues, les grappes vermeilles, l'abricot double et parfumé..."




La fleuriste de Monpatelin qui, me voyant approcher de son magasin, me crie: "J'ai des pivoines!". Et comme je la rejoins, ajoute plus bas avec un sourire complice et un délicieux accent: "Je le sais ce que vous aimez, va!". Me donne à choisir entre une botte de roses pâles, celles que je prends tout le temps, et une autre de rouges. Pour changer un peu, ce sera les rouges. 5€ de bonheur enveloppés dans du papier à imprimé zèbre. 




Le premier déjeuner de l'année en terrasse, table conquise de haute lutte à 13h30 au Sur la place, sourire du couple de propriétaires débordés mais toujours de bonne humeur, "Il vous reste du pavé de saumon grillé? Oui? Super, je vais prendre ça", siroter un jus d'abricot en lisant un roman jeunesse et en admirant le jeu des transparences vertes dans la fontaine dont quelques bambins scrutent l'eau avec envie par-dessus la margelle en pierre fraîche, manger sans me presser et après le dessert, quand je me retrouve seule dehors, "Vous voulez pas vous mettre sous un parasol pour continuer à lire? Vous êtes en train de griller, là." J'explique que je viens de passer un mois à Bruxelles et que je suis super contente de griller, en fait. 




La remontée du cours Lafayette. Ce poème de Jean Aicard que je n'avais jamais remarqué, sur le socle d'une statue. Les oliviers magnifiques sur une place joliment rénovée. Un morceau de chichi fregi, le gras de la friture qui transperce le papier, les grains de sucre qui collent autour de la bouche, le goût de l'enfance. Devant un bistrot minuscule, un jeune papy qui lance en l'air son petit-fils de quatre ou cinq ans; ils rient tous deux aux éclats et je ne sais qui de l'homme ou de l'enfant est le plus ravi. Un peu plus haut, l'horloge de la pharmacie indique 24°. 

Je crois que j'aimerais bien revenir ici à plein temps.

mardi 14 mai 2013

Thé Box Puret(h)é


Après la grosse déception de la Thé Box Bollywood, au contenu de laquelle je n'ai pas touché, j'étais assez impatiente de découvrir le contenu de celle d'avril. (Oui, comme toujours, j'ai un train de retard puisque celle de mai  a été expédiée aujourd'hui!). Je n'ai pas été déçue : avec sa très nette dominante  verte, la Thé Box Puret(h)é est ma préférée depuis le début de mon abonnement, et la seule dont je vais consommer pratiquement toutes les variétés. Je vous montre?




Pour les thés:
- 1 gros sachet d'Orange Pekoe qui ne rentrait même pas dans la boîte. On se demande un peu ce qu'il fout là tant il est hors contenant et hors thème!
- 2 sachets de thé blanc parfumé Tea Forté: White Ginger Pear (très sucré, voire trop) et White Ambrosia
- 4 sachets de thé vert Jing: 2 de Jasmine Silver Needle, 2 de Jade Sword Green Tea. Classique mais de bon aloi. 
- 1 étui de tiges de lavande Bénéfique à infuser directement. J'ai eu de la chance sur ce coup-là car j'aurais pu tomber sur du thym ou de la sauge, deux plantes que je n'aime pas du tout. 
- 1 sachet de thé bio Détox L'Autre Thé, qui a l'air de ressembler beaucoup au mélange Détox de Kusmi Tea dont je ne raffole pas vraiment. 
- 1 sachet de Brise Séductrice, thé vert et blanc au jasmin, au piment, à la fraise, à la fleur de lavande, au guarana et à l'échinacée pourpre. Gros coup de coeur, j'ai immédiatement passé une commande sur le site de la marque O Thés Divins
- 4 sachets de tisane Les Deux Marmottes: Purifiante, Douceur de peau, Revitalisante et Minceur. Je ne goûterai que la dernière, car les trois autres contiennent respectivement de la cannelle, de la réglisse et de la fleur d'hibiscus que je déteste. 
- 1 sachet d'infusion de cacao Pierre Marcolini, que je testerai par curiosité. 




Et pour les goodies:
- 2 très jolies cartes Papier Tigre
- 1 flacon d'huile essentielle de citron qui tombe très bien puisque j'utilise de plus en plus d'HE depuis quelques mois
- 1 petite plaque de chocolat Jadis et Gourmande




Après une box entièrement composée de thés noirs, je trouve ça très bien d'en avoir proposé une axée sur les thés verts et blancs. Et celle de mai, qui devrait donc arriver en fin de semaine, sera apparemment consacrée au Japon: je pressens du matcha, du thé à la fleur de cerisier, mais j'espère aussi des variétés natures plus intéressantes que de simples sencha. Je vous en parle dès réception cette fois!

lundi 13 mai 2013

Concours: Les 13 reliques


Il existe Treize Reliques sacrées disséminées dans tout le Royaume-Uni. Depuis des siècles, des Gardiens les protègent avec pour seule règle de ne jamais les réunir. De nos jours à Londres, les Gardiens sont assassinés les uns après les autres. Face à deux tueurs sadiques, Sarah et Owen ont été désignés bien malgré eux pour poursuivre la mission des Gardiens. Leur seul espoir : utiliser les pouvoirs que l'on prête aux Treize Reliques depuis la nuit des temps...

Vous l'avez sans doute deviné: c'est moi qui ai traduit ce thriller fantastique un poil gore, et je propose aujourd'hui à l'un(e) d'entre vous d'en gagner un exemplaire. Pour participer, vous devez résider en France métropolitaine et me laisser, au plus tard lundi prochain à 23h59, un commentaire me disant comment vous appelleriez votre épée magique si vous en aviez une. Si un nom me plaît particulièrement, son auteur remportera le livre; sinon, je procèderai à un tirage au sort parmi toutes les participations. Bonne chance!

Il ne faut jamais faire confiance à un Belge


Je suis beaucoup plus difficile que Chouchou, notamment en matière de films et de séries télé. Par exemple, je ne supporte rien de trop violent ("Les Sopranos"), de trop déprimant ("Six feet under") ou de trop lent ("Mad Men"), et je n'aime ni les séries policières qui m'ennuient à mourir, ni les séries médicales forcément rebutantes pour une hypocondriaque. Du coup, c'est plutôt moi qui choisis ce qu'on regarde ensemble, et Chouchou profite de mes absences pour mater le reste tout seul. 

Le mois dernier, il s'est fait d'une traite la première saison d'une série danoise appelée "Borgen", et il a pensé que ça pouvait me plaire aussi, ne serait-ce que parce que l'action se déroule à Copenhague, ville où nous avons adoré notre séjour en 2008 et où nous espérons retourner très vite. Le pitch - une femme élue premier ministre à la surprise générale apprend à déjouer avec plus ou moins de succès les pièges du pouvoir - ne m'enthousiasmait pas spécialement, mais il ne me rebutait pas non plus. Pour une fois, j'ai donc accepté de faire un effort, et nous avons repris la série tout au début. 

Dans le deuxième épisode, l'héroïne, Birgitte Nyborg, a un entretien avec le Premier Ministre sortant pour discuter de la formation du futur gouvernement. L'assistante du type lui tend une assiette de biscuits en lui promettant qu'ils sont délicieux. Or, la pauvre Birgitte a passé toute la campagne à grignoter, si bien qu'elle ne rentre plus dans ses tailleurs. Pour reperdre du poids, elle a même imposé qu'on remplace les viennoiseries par des fruits bio dans les réunions de son propre parti. Du coup, elle tente de cacher son dépit en demandant comment s'appellent les fameux biscuits. Et là...




Moralité: Chouchou est un fourbe et un traître qui ne recule devant aucune bassesse pour faire passer son message biscuitier nationaliste.

dimanche 12 mai 2013

"The newlyweds"


Agée de 24 ans, Amina Mazid quitte le Bangladesh où elle est née et où elle a grandi pour épouser George Stillman, un Américain rencontré sur Internet. Même si elle ne lui en a pas encore parlé, son plan consiste à faire venir ses parents aux Etats-Unis dès qu'elle aura obtenu la citoyenneté américaine. Mais George, issu d'une autre culture, est hostile à l'idée de faire cohabiter plusieurs générations sous le même toit.

Pendant qu'Amina s'adapte à sa nouvelle vie et entreprend un long travail de sape auprès de son époux, deux choses vont venir bouleverser ses projets: d'abord, elle découvre que George était amoureux d'une autre femme à l'époque où ils se sont connus, et qu'il pourrait bien l'être encore. Puis, George perd l'emploi duquel dépendaient tous ses projets... Malgré tout, Amina s'obstine et finit par retourner au Bangladesh chercher ses parents. Elle y retrouve un garçon qu'elle aimait autrefois, et à qui elle avait failli être promise. Pour lui, remettra-t-elle en cause la vie qu'elle a si soigneusement planifiée et pour laquelle elle s'est tant battue?

Après l'excellent "Une bonne épouse indienne", ça m'intéressait de lire un autre roman sur le thème d'une union interculturelle racontée du point de vue de la personne immigrée. Si la première partie, qui  se déroule aux USA et s'étale sur une période de trois ans, a bien répondu à mes attentes, la deuxième, qui transporte le lecteur au Bangladesh et enchaîne les événements sur moins d'un mois, m'a tout d'abord désarçonnée. Le mari américain n'était plus qu'une présence lointaine, tandis que l'accent se déplaçait sur le rapport d'Amina à sa famille et à son pays d'origine. Puis, aidée par la plume habilement évocatrice de Nell Freudenberger, je me suis laissée prendre aux questionnement intérieurs de l'héroïne, absorber par les méandres de sa culture si différente de la mienne en tous points. Mais bien qu'elle entérine parfaitement le choix d'Amina, la fin laisse en suspens beaucoup de questions auxquelles j'aurais aimé avoir une réponse, et c'est un peu frustrée que j'ai refermé "The newlyweds"

samedi 11 mai 2013

Ca, je n'en porte jamais



- Du marron, sauf très rarement en sac (je déteste cette couleur)
- Du pastel (j'aime les couleurs neutres ou vives, point)
- Des mocassins (je trouve ça atrocement ringard)
- Des Crocs et des sandales à scratch (ai-je besoin d'expliquer pourquoi?)
- Des chaussures à lacets (ça me gonfle de les faire et de les changer quand ils se cassent)
- Des bottes sous le genou (la circonférence de mes mollets me l'interdit)
- Des baskets (je ne suis pas du tout sportswear comme fille, et je ne cours que poursuivie par un tigre, ce qui arrive peu souvent en milieu urbain)
- Des chaussures à bout très pointu ou carré (beurk)
- Des Docs (j'ai pas de creux à l'arrière de la cheville, donc même assouplie la tige me met toujours les pieds en sang)
- Des mini-jupes et des micro-shorts (j'ai pas les jambes pour)
- Des jupes entravées ou même seulement près du corps (mieux vaut maintenir un flou artistique de bon aloi dans cette zone de mon anatomie)
- Des pantalons trois quarts (déjà que j'ai les jambes courtes... en revanche les 7/8èmes sont parfaits pour m'éviter une retouche!)
- Des jeans taille ultra basse (j'aime bien que mes fesses restent couvertes même en position assise)
- Des pantalons en velours (ça me boudine atrocement, à mon grand regret d'ailleurs)
- Des tops avec un motif ou un joli décolleté dans le dos (à quoi bon, j'ai les cheveux longs et je les porte toujours lâchés)
- Des pulls 100% laine, ou avec de l'angora (ça fait le même effet à ma peau qu'un crissement d'ongles sur un tableau noir à mes oreilles)
- Des pulls sans manches (mes bras ne sont pas isothermes)
- Des chemisiers (même remarque pour les boutons que pour les lacets, je suis une grosse feignasse)
- Des robes-pulls et des gilets longs (bonjour l'effet sac de patates sur mon 1m54 dodu)
- Des décolletés carrés ou en V (pas avantageux pour mes épaules étroites)
- Du lin, de la soie ou toute autre matière hautement froissable (je ne repasse pas, je suis une grosse feignasse *bis*)
- Des vêtements "nettoyage à sec only" (pour qu'ils reviennent le double de leur prix initial après avoir été portés trois fois, merci bien)
- Des imprimés animaux (juste non)
- Des imprimés ethniques (je me sentirais déguisée)
- Des sous-vêtements en dentelle (ça graaaaaatte)
- Des strings (je suis persuadée que les filles qui disent qu'elles trouvent ça confortable MENTENT)
- Des porte-jarretelle et des bas (voir ci-dessus; à la rigueur je peux me fendre d'une paire de Dimup dans les grandes occasions mais mon sens du sacrifice underwearesque ne va pas plus loin)
- Des sacs seaux (la forme la moins pratique du monde, et terriblement bourgeoise je trouve)
- Des petits sacs dans lesquels on ne peut rien mettre (j'aime trimballer un minimum de bazar)
- Des boucles d'oreille (mes perçages se sont refermés et j'aime pas les clips)
- Des bracelets (ça me gonfle de les cogner partout et notamment à mon clavier d'ordinateur)
- Une montre (j'ai jamais supporté ça et on n'en a pas vraiment besoin quand on passe sa journée devant un ordinateur)

Et vous, qu'est-ce que vous refusez catégoriquement de porter?

vendredi 10 mai 2013

"La tectonique des plaques"


Le nouveau Margaux Motin est sorti il y a deux jours, et c'est un très bon cru. Certes, je suis toujours aussi dérangée par les gros mots dont l'auteur use et abuse (j'aurais dû compter le nombre de "pute" et de "connasse" qu'elle arrive à caser dans un seul album comme si elle recevait 100€ de bonus à chaque fois), mais vulgarité mise à part, "La Tectonique des plaques" est toujours aussi drôle et étonnamment touchant - bien plus que ses prédécesseurs. De toute évidence, il retrace une période charnière de la vie de l'auteur, peu après la greffe de coeur de son père et son divorce d'avec le père de sa fille. Entre deux éclats de rire se glissent des passages vraiment émouvants: par exemple (ATTENTION: SPOILER!), lorsque Margaux retrouve l'amour, bouleverse sa vie pour aller s'installer avec son nouvel homme et finit par laisser sa peur d'un échec bousiller cette relation. Malgré son physique de bombasse et son énorme talent, c'est une femme comme les autres, confrontée à des épreuves que beaucoup d'entre nous ont traversé ou traverseront un jour et obligée de se reconstruire vaille que vaille. La différence avec beaucoup d'entre nous, c'est que par-delà une sacrée dose d'humour, elle sait parler de ses déboires avec une sincérité et une sensibilité qui lui évitent généralement de sombrer dans l'impudeur. Sur le plan graphique, c'est toujours aussi bien foutu et bien observé, et j'adore les mélanges dessin/photo découverts dans son agenda 2013 - je les trouve plein de peps et de tendresse. Souvent imitée, jamais égalée, Margaux Motin reste pour moi un exemple de ce que la blogosphère bédé a vu émerger de plus chouette.

Mission géocaching dans le quartier Flagey


Parce qu'hier était une belle journée printanière, parce que ni Chouchou ni moi n'avions prévu de travailler et parce que refaire du géocaching à Bruxelles figurait parmi mes résolutions de mai, nous sommes sortis sitôt le repas de midi expédié, direction: notre ancien quartier de la place Flagey. 


A deux pas du Musée d'Ixelles, presque en face de l'appartement où Chouchou habitait quand nous nous sommes rencontrés, une première classique de taille 1 ne nous a posé aucun problème. La suivante, une multi destinée à visiter les recoins de la place Flagey où se tient actuellement une fête foraine, s'annonçait plus délicate. Depuis deux ans et demi que nous pratiquons le géocaching, nous avons systématiquement échoué en phase finale de ces caches à étapes: à Gruyères après avoir rassemblé plus d'une vingtaine d'indices avec Lady Pops et Funambuline, à Pornic après avoir franchi 8 étapes dont une vraiment pas piquée des vers, et dimanche dernier encore au parc Léopold alors qu'il n'y avait que 4 indices à trouver, dont deux disponibles sur internet et un autre qui pouvait être déduit logiquement. Mais cette fois, enfin, nous avons vaincu la malédiction! La multi de la place Flagey a été découverte et loguée sans souci. 


Pourquoi ai-je fermé les yeux pile poil au moment où le vent faisait un joli truc avec mes cheveux? 

En remettant le container à sa place, j'ai avisé dans la vitrine de Brüsel le dernier Margaux Motin, dont j'ignorais qu'il sortait ce mois-ci. Je suis rentrée pour l'acheter. Et ressortie avec trois bédés en tout. Bravo. 


Sur la place, Chouchou et moi avons bavé devant deux des attractions de la fête foraine: le saut à l'élastique et les bulles sur l'eau, visiblement réservées aux moins de 40 kilos. Parfois, ça a du bon d'être encore un enfant! 



Nous avons ensuite longé les étangs d'Ixelles en direction de la cache nommée "Jardin du roi". Et nous sommes tombés sur cet arbre qui nous a fortement rappelé les arbres à voeux admirés au Japon:



Arrivés aux coordonnées GPS, nous avons découvert la statue d'Alphonse Renard. Avec un patronyme pareil, ce monsieur ne pouvait pas me refuser la cache convoitée! Grâce à la haie qui l'entourait, nous protégeant contre les regards des Moldus, Chouchou a pu se mettre à quatre pattes pour extirper des buissons une grosse boîte métallique kaki attachée par une laisse. Un peu délicate à ouvrir, elle s'est révélée presque vide, et j'ai regretté de ne pas avoir apporté certains des plus gros "trésors" que je garde pour les grandes caches: j'ai si peu l'habitude d'en trouver en milieu urbain!


Pull: Sugarhill (existe aussi en noir)
Jupe: Kookaï (old)
Collants: chez Veritas
Boots: Free Lance (old)
Sac: chez Mooks

Comme nous rebroussions chemin, ce cours de salsa improvisé devant le centre culturel Flagey a achevé de cimenter notre bonne humeur et apporté une parfaite conclusion à notre balade: