dimanche 30 juin 2013

Mes 7 objectifs de juin: bilan


Calendrier renard acheté, et photo empruntée, sur la boutique Etsy de Gingiber

1. Réaliser un carnet de voyage à Helsinki
Un problème de logistique carnettesque (j'ai acheté un Rodia ligné plutôt qu'avec des pages blanches...) m'a obligée à utiliser un petit Moleskine de mon stock pas vraiment approprié à sa mission. Résultat: j'ai pas mal dessiné, mais pas trop pris de notes ni pu faire de collages. On est loin du carnet "idéal" réalisé au Japon en 2010. Cela dit, c'est le premier que je refais depuis lors, et c'est déjà bien qu'il existe.
Taux de réussite: 80%

2. Perdre 3 kilos
A 100 grammes près, je fais le même poids aujourd'hui qu'au début du mois.  Bon, en même temps, vu que j'étais préoccupée par tout autre chose, j'ai pas fait plus de sport que d'habitude et j'ai mangé exactement pareil. Je peux pas réclamer de miracle. Mais comme il faut quand même que je maigrisse un peu, je vais devoir me pencher sur la question dès que j'aurai un minimum de temps et de volonté à lui consacrer.
Taux de réussite: 0%

3. Faire une cure de fer et de magnésium
Entre l'hiver interminable et le fait que je ne consommais quasiment plus de protéines animales, je me sentais à plat depuis des mois. Pour y remédier, j'ai pris une fiole de Defatyl Plus (magnésium à boire, pas trop dégueu mais trouvable seulement en Belgique - sous ce nom du moins) tous les deux jours, et une capsule de B-Fer tous les jours. J'ai également réintroduit un peu de protéines animales dans mon alimentation, notamment sous forme de poisson et de poulet bio. Et je termine juin en bien meilleure forme que je ne l'ai commencé.
Taux de réussite: 100%

4. Installer une clim réversible à Monpatelin
Le rendez-vous est pris avec mon électricien pour mercredi prochain. Ce qui ne signifie pas qu'il viendra effectivement (il lui est déjà arrivé de me faire faux-bond sans même me prévenir). A l'heure actuelle, ma future climatisation flotte donc dans des limbes schrödingiennes. Elle sera peut-être posée, et peut-être pas.
Taux de réussite: 0 ou 100%, à confirmer!

5. Organiser un nouveau swap littéraire
Le thème a été choisi dès la fin d'un mois de mai particulièrement pourri niveau météo: la bonne humeur! Objectif: envoyer un livre qui donne le sourire à sa destinataire. Les binômes ont été communiqués le premier week-end du mois. Nous sommes 28 participantes, et nous devons expédier notre colis d'ici le 15 juillet. Le mien est prêt et partira lundi; j'ai longuement hésité entre plusieurs livres et c'est finalement le manque de disponibilité de certains d'entre eux qui m'a fait opter pour le choix le plus audacieux du lot. J'espère ne pas avoir mis à côté de la plaque!
Taux de réussite: 100%

6. Changer la photo de présentation du blog
J'adorais la précédente, mais elle datait de février 2011; il était temps de la changer. Je ne suis pas folle de la nouvelle (prise à Brighton en avril), mais au moins, elle est plus récente.
Taux de réussite: 80%

7. Apprendre à utiliser l'app. Beautiful Mess
Chouchou me l'a installée. J'ai chargé les mises à jour au fur et à mesure et... euh, c'est tout. Mais ça va venir, hein.
Taux de réussite: 5%

Autres accomplissements
- J'ai commencé à me servir de mon iPad pour acheter et lire les versions numériques de magazines étrangers difficiles à trouver ou atrocement coûteux à l'importation comme Real Simple (US), Mollie Makes, Simple Crochet ou The Simple Things (UK). Enfin une utilité pour ce maudit engin!
- A Helsinki, j'ai eu un vrai déclic par rapport à la déconsommation et au désencombrement. Du coup, je me suis mise à éliminer beaucoup de choses et à résister bien plus facilement aux achats impulsifs. On en reparlera sûrement en juillet...
- Je me suis rendu compte que le projet 52 DIY me poussait à acheter beaucoup de nouvelles fournitures et me faisait générer pas mal de bordel supplémentaire pour chez moi. Comme je suis plutôt dans une démarche inverse, je préfère laisser tomber. Je ferai et présenterai encore des DIY, mais à un rythme plus cool, quand je serai vraiment inspirée et pas juste pour "faire du rendement". Je n'arriverai sûrement pas à 52 d'ici la fin de l'année, mais tant pis. A l'heure actuelle, un projet par semaine, ça ne me convient plus.
- J'ai eu l'idée d'un goûter/swap DIY à Bruxelles. Pas sûre qu'assez de gens soient disponibles pour le mettre en place cet été comme je l'envisageais, mais au pire, j'en reparlerai à la rentrée.
- J'ai enfin eu une conversation que je remettais à plus tard depuis deux ans environ - et j'ai réussi à l'avoir calmement, sans trop agresser la personne d'en face malgré ma brutalité légendaire. Il y a peut-être un truc à creuser dans ce fameux concept de "diplomatie".

Et les objectifs du mois précédent? 
Je me suis efforcée de continuer à toujours choisir l'option optimiste. Et je ne m'en suis pas trop mal sortie, sauf pour tout ce qui touche à ma santé, qui reste LE sujet angoissant pour moi. En pleine période de bouclage, alors que j'étais débordée, j'ai de nouveau frôlé l'attaque de panique; je me suis décidée à filer chez mon généraliste sans rendez-vous, quitte à perdre 3h dans sa salle d'attente, afin qu'il me rassure. Clairement, il y a encore du boulot de ce côté-là, et je désespère un peu d'en voir le bout un jour. Pour le reste, il y a encore du boulot aussi, mais la progression est régulière et satisfaisante.

Et mon petit mot de 2013?
Ca rejoint la réponse à la question précédente.

Conclusion:
Un mois en demi-teinte, avec beaucoup d'averses mais de belles éclaircies, des choses planifiées qui n'ont pas du tout avancé et d'autres qui, alors que je ne me focalisais pas spécialement dessus, ont fait un grand bond en avant. J'aime bien tout contrôler, mais j'essaie d'accepter le fait que parfois, rien ou pas grand-chose ne se passe comme prévu, et que ça peut aussi donner de bons résultats.

Juin 2013



samedi 29 juin 2013

Ma boîte à beauté de juin


Ma boîte à beauté de janvier a constitué pratiquement mon seul achat de cosmétiques depuis le début de l'année. Pour tout vous avouer, l'autre jour en faisant du tri dans mon portefeuille, je me suis aperçue que j'avais laissé expirer deux coupons Sephora à -10%, ainsi que ma carte de fidélité Gold - périmée depuis février et qui n'a pas été renouvelée, fût-ce dans sa version la plus basique. J'ai considéré ça comme une victoire personnelle contre le consumérisme acharné. 

Petit à petit, je vide mes stocks, et j'ai décidé de remplacer désormais les produits finis soit par des équivalents bio, soit par des cosmétiques maison. Du coup, je me suis laissée tenter Ma boîte à beauté de juin. La formule a changé depuis ma commande précédente: si on achète toujours au coup par coup, il n'y a plus qu'une box tous les deux mois, et le tarif est passé à 29€ au lieu de 16 auparavant... Mais on reçoit encore plus de produits, toujours uniquement bio et toujours uniquement full size. Je vous montre? 




- Un tube de lait visage et corps aux extraits de vigne Bourgogne Beauté (250 ml). Sans paraben et sans alcool. Son odeur fraîche et légère me fait penser à celle des produits Caudalie. 
- Un spray d'eau bronzante K pour Karité (100 ml). Pour un bronzage instantané; s'élimine à la première douche.
- Un flacon d'Excellence de Sésame, huile corporelle hydratation et massage Pura Bali, à l'odeur d'agrumes (75 ml).
- Un flacon de shampoing Côte d'Amour en Britanie, à la protéine de blé (50 ml). L'odeur est curieuse, mais le format idéal pour une trousse de voyage. 
- Un soin lissant contour des yeux Polaar, aux glycoprotéines antarctiques (20 ml). 
- Un masque cheveux conditionneur Pirogue sous la Lune à la fleur d'oranger, de la marque Sevessence (200 ml)
- Un pot de yaourt corporel au melon Attirance (100 g).
- Un khôl effet smoky Elite Paris (3 g).
Le tout est emballé dans un pochon en tissu jaune. 

Je suis certaine d'utiliser la moitié des produits (le lait visage et corps, le shampoing, le masque cheveux et le yaourt corporel), et cela suffit à rentabiliser mon achat. Je testerai sans doute le soin contour des yeux et l'huile corporelle. Le reste circulera lors d'une prochaine troc party. Globalement, je suis enchantée par cette box qui me fait découvrir des marques pas nécessairement mises en avant ni faciles à trouver dans le commerce, et correspondant bien à l'évolution de mes critères de choix. 

vendredi 28 juin 2013

Auprès de mon arbre




Quand j'ai acheté mon appartement, je n'ai même pas fait attention à lui. Trop excitée par la perspective d'avoir une terrasse où mes chats pourraient prendre l'air, je n'ai pas pensé à tourner la tête vers le géant placide qui dominait de loin ma résidence et la rangée de petites maisons en contrebas. 

J'ai commencé à l'admirer pendant l'été 2006, alors que je tentais vaillamment de recoller les miettes de mon coeur brisé en mille morceaux. Pour bien commencer la journée, je petit-déjeunais face à lui et scrutais ses aiguilles qui frémissaient à peine dans la brise en me demandant quel était le secret de sa sérénité. L'après-midi, je lisais allongée sur un transat en lui tournant le dos, mais savoir qu'il veillait sur moi m'apaisait de façon inexplicable

C'est drôle, parce que globalement, je n'ai pas ce qu'on pourrait appeler un rapport étroit avec la nature. Je me soucie énormément de sa préservation, mais moins je la fréquente de près, mieux je me porte. La campagne, la montagne, les grands espaces en général sont souvent photogéniques et suscitent occasionnellement chez moi des fantasmes de retraite loin de tout, dans quelque lieu pittoresque où j'aurais une grande révélation sur le sens de la vie. Mais en pratique, il y fait toujours trop chaud, trop froid ou trop venteux; on s'y tord les pieds sur les cailloux et on s'y fait piquer par des bêtes. (Sans parler de l'absence de librairie décente à des kilomètres à la ronde.)

Non vraiment, je ne suis pas du genre à communier avec la nature. Mais cet arbre-là m'a ensorcelée tout doucement au fil des ans. Quand j'arrive à Monpatelin, à peine la porte de l'appartement refermée sur moi et ma valise déposée dans l'entrée, je vais pousser les volets du salon pour le saluer. Il est beaucoup plus vieux que moi, et il me survivra probablement - ce qui me remet tout de suite à ma place éphémère d'être humain. Bien que nous n'appartenions pas à la même espèce ni au même règne, son souffle nourrit le mien et réciproquement. Il reste planté là, majestueux et immuable, tandis que ma minuscule personne s'agite en tous sens et saute sur chaque occasion de s'envoler à l'autre bout de la planète. 

Pourtant, je crois qu'on se comprend, "mon" arbre et moi. 

Thé Box "Le songe d'une nuit d'été"



La dernière Thé Box expédiée avant une pause estivale de deux mois est orange fluo et a pour thème "Le songe d'une nuit d'été". 


A l'intérieur, on trouve comme d'habitude quelques goodies:
- 3 cartes postales
- un sachet de 2 gaufrettes frappées d'un message humoristique
- un mini-pot de confiture abricot-lavande (j'ai hâte de goûter!)
- 4 dosettes de sucre de canne équitable et bio (pratiques pour trimballer dans un sac!)
- 2 petits carrés de chocolat noir  bio et équitable

Et pour les thés eux-mêmes:
- un sachet de Rêve d'Eté (vert à la pêche, à la fraise, à l'ananas et à la fleur de tournesol) de L'Autre Thé. Je venais justement d'en recevoir 100g dans ma première commande passée sur le site de la marque, mais au moins, il ne se gaspillera pas puisqu'il correspond pile poil à mes goûts, surtout en matière de thé glacé!
- un sachet d'infusion Pique-Nique (raisin, canneberge, pomme, carotte, betterave, hibiscus) de LaGrangeDirect, à boire glacée d'après les instructions. Bonne idée que d'avoir mélangé fruits, légumes et fleurs, même si je n'en profiterai pas vu que je hais l'hibiscus.
- un sachet de Ceylan Grenade-Mûre de Tea Forté, également conçu pour être bu glacé.
- 4 sachets de la marque bio et équitable Lobodis: Earl Grey noir, Earl Grey vert, Darjeeling, vert à la menthe. Je n'ai jamais goûté d'Earl Grey vert et ne savais même pas que ça existait; je me coucherai moins bête!
- 4 sachets de la marque équitable Pukka: Good Morning (Nam Lanh nature) Perfect Day (Nam Lanh à la réglisse et au ginseng), Gorgeous Grey (Earl Grey à la lavande), tisane menthe-réglisse
- 8 sachets de la marque Dammann frères: 2 de Coquelicot Gourmand (noir), 2 de Capesterre (noir parfumé), 2 de Jaune Lemon (vert parfumé), 2 de Tisane du Soleil
- 3 sachets de la marque Harney & Sons: noir aux fruits de la passion, noir au cassis, noir à l'abricot.



Même si je ne boirai pas certains de ces thés, je trouve cette boîte bien composée, avec un bon équilibre entre vert, noir et tisanes. Les thés glacés sont tout à fait de saison, et j'apprécie de trouver des marques bio et/ou équitables. Encore une réussite pour la Thé Box. Cependant, mes placards commencent à déborder; je suis donc heureuse qu'elle fasse une pause en juillet et en août pour me laisser le temps de décider si je poursuis ou pas mon abonnement, et pour écluser les découvertes que j'ai faites grâce à elle. 

jeudi 27 juin 2013

"Before midnight"


Si on organisait un match de romantisme entre moi et, disons, une tondeuse à gazon, la Team Engins Electriques l'emporterait à plate couture. Pourtant, en 1995, mon petit coeur de pierre s'est gonflé d'émotion devant "Before sunrise", film bavard où deux jeunes gens qui viennent de se rencontrer dans un train transeuropéen descendent ensemble à Vienne et passent la nuit à marcher dans les rues en discutant - avant de faire l'amour à l'aube sur une pelouse et de se promettre de se retrouver au même endroit six mois plus tard. Le caractère éphémère, intense et un peu hors du temps de cette histoire avait su me toucher, sans doute comme une réminiscence de certaines de mes amours adolescentes. 

Neuf ans plus tard, le réalisateur Richard Linklater, secondé par ses acteurs Julie Delpy et Ethan Hawke, remettait le couvert dans "Before sunset". A l'aube de la trentaine, Céline et Jesse se retrouvent à Paris, où le second est en train de promouvoir le livre que lui a inspiré sa rencontre avec la première. Depuis, il s'est marié et a eu un petit garçon, mais son couple bat sérieusement de l'aile... Au terme d'un après-midi passé à déambuler sur les bords de Seine en bavardant à bâtons rompus comme autrefois, il suit Céline chez elle et décide de ne pas prendre son avion de retour aux USA. Ce deuxième opus, celui des retrouvailles, faisait la part des choses entre passion romantique et intrusion du réel, mais il restait encore assez réussi, essentiellement grâce à la qualité des dialogues et à l'alchimie entre les deux acteurs.

Alors, quand j'ai appris que de nouveau neuf ans plus tard, je pourrais retrouver Céline et Jesse parents de jumelles et passant leurs vacances d'été en Grèce, qu'est-ce que j'ai fait? Je me suis ruée au cinéma le plus proche le jour même de la sortie en salle de "Before midnight" - et dès la première séance. J'étais certaine qu'une fois de plus, la magie opèrerait. Et c'est ce qu'elle a fait pendant une bonne moitié du film. La recette est toujours la même: longs plans filmés en une seule fois où les deux héros occupent l'écran ensemble et parlent, parlent, parlent de choses graves ou futiles, dissèquent leurs idéaux ou font juste les andouilles. Mais cette fois, dès le départ, le quotidien tient une place énorme dans leurs échanges - ce qui semble bien normal pour des quadras en couple depuis des lustres, dotés d'un boulot  chacun et de deux enfants. Malgré tout, je me réjouissais qu'ils aient toujours autant de trucs à se dire, que le quotidien n'aie pas tué la communication entre eux. Le soleil et les paysages grecs offraient un bien agréable écrin à ce troisième opus, et le dîner partagé avec les autres pensionnaires de la résidence d'écrivain (première scène chorale de la trilogie) était à la fois rafraîchissant et émouvant. Non vraiment, je ne regrettais pas d'être venue. 

Jusqu'à ce que Céline et Jesse se retrouvent à l'hôtel pour une nuit en amoureux offerte par leurs amis, et que la seconde moitié du film se change en une atroce scène de ménage. A l'évocation d'un possible déménagement à Chicago, où vit le fils que Jesse a eu avec son ex-femme, Céline se change en furie écumante. Jusqu'ici, on sentait bien que son esprit soi-disant brillant cachait un potentiel de chiantise assez spectaculaire: là, elle se lâche et nous en révèle toute la considérable étendue. Elle ensevelit le pauvre Jesse sous les reproches d'ordre domestique, tente de lui faire avouer une aventure qu'il n'a pas eue, le bombarde de questions auxquelles il n'existe aucune bonne réponse. C'est la femelle hystérique, bourrée de mauvaise foi et impossible à satisfaire dans toute sa splendeur. Au secours! Face à elle, le pauvre Jesse n'a que le tort d'être un peu indécis et moins impliqué dans la gestion du quotidien - sans doute parce que sa partenaire ne lui laisse la place de prendre aucune initiative. Quand elle s'en va en claquant la porte - trois fois... -, je l'ai trouvé bien gentil de partir à sa recherche. 

Au final, vous l'aurez compris, "Before midnight" m'a laissé un assez sale goût dans la bouche. Près de vingt ans après leur rencontre, les héros romantiques dont l'aventure viennoise m'avait tellement charmée sont devenus une emmerdeuse et un mollasson englués dans la monotonie du quotidien comme tout un chacun. C'était bien la peine, vraiment. 

mercredi 26 juin 2013

Happy feet - episode 1: from Brussels to Helsinki



"Every girl goes through a photography phase. You know, horses... taking dumb pictures of your feet."
- Lost in translation

mardi 25 juin 2013

"Les lisières"


Tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence: sa femme l'a quitté, ses enfants lui manquent, son frère l'envoie s'occuper de ses parents, son père ouvrier s'apprête à voter FN et un tsunami ravage le Japon, son pays de coeur. De retour dans la banlieue de son enfance, il n'aura d'autre choix que de se tourner vers son passé pour comprendre le mal-être qui le ronge. Comment devient-on un inconnu aux yeux de ses proches? Comment trouver sa place dans un monde devenu étranger? 

La quatrième de couverture aurait dû me mettre la puce à l'oreille: "Les lisières" ne s'annonçait pas comme un feel-good book. Et de fait, le narrateur est un type plutôt antipathique, écrivain nombriliste, intellectuel de gauche au jugement péremptoire, dépressif chronique qui ne parvient à s'impliquer dans rien, spectateur de sa propre vie. Ce qui sauve le roman, c'est d'une part son absence totale de complaisance vis-à-vis de lui-même, d'autre part le fait que ses analyses sont toujours très justes - d'une lucidité douloureuse quand il dissèque son propre fonctionnement, d'un bien-fondé irréfutable lorsqu'il parle classes sociales et crise économique. Tout le talent d'Olivier Adam consiste à mélanger les deux sujets de manière inextricable, dans un style prenant qui m'a fait dévorer presque d'un trait une autofiction de 500 pages au climat globalement plombant. Si vous aimez la littérature du très intime; si rien ne vous fascine autant que de plonger dans la psyché d'un personnage pour en explorer jusqu'aux recoins les moins joyeux, "Les lisières" est fait pour vous. 

lundi 24 juin 2013

Introduction au geocaching


La cache de la Jeanneke Pis, à Bruxelles. Une taille 4, exceptionnelle en milieu urbain.

Le geocaching, ça consiste en quoi? 
C'est une chasse au trésor qui se pratique n'importe où, aussi bien en ville qu'à la campagne, à l'aide d'un GPS. Le but est de trouver un container qui contient, au minimum, un logbook dans lequel les geocacheurs victorieux inscrivent leur nom. Si sa taille le permet, il peut également abriter de menus objets échangeables selon le principe du "1 out, 1 in" (je prends un truc, mais j'en laisse un de valeur équivalente ou supérieure à la place). En milieu urbain, la plupart des caches sont minuscules pour ne pas être repérées et vandalisées par les Moldus (= les non-initiés); donc, on n'y trouve généralement pas de trésor. Mais il y a des exceptions, et elles sont souvent très populaires! Actuellement, il existe plus de 2 millions de caches à travers le monde, pour plus de 5 millions de geocacheurs. 

Comment faire pour me lancer?
- D'abord, inscrivez-vous sur le site Geocaching. C'est rapide et gratuit. Plus tard, vous pourrez si vous le désirez prendre un abonnement Premium qui coûte $30 pour l'année et qui offre accès à des caches supplémentaires ainsi qu'à des fonctionnalités rigolotes (notamment les statistiques), mais ça n'est absolument pas indispensable. 
- Une fois logué sur le site, indiquez le code postal ou le nom de l'endroit où vous voulez jouer; il vous sera alors fourni une liste de toutes les caches se trouvant dans les environs, par ordre de proximité décroissante. A titre indicatif, une ville comme Bruxelles en abrite plusieurs centaines: il y a donc de quoi faire!
- Consultez la liste des caches pour déterminer celle que vous avez envie de chercher (voir question suivante).
- Entrez les coordonnées GPS fournies dans votre appareil. Attention: si vous achetez un GPS exprès pour faire du geocaching, prenez garde à ce qu'il possède une fonction randonnée (c'est-à-dire, qu'il ne fonctionne pas uniquement dans un véhicule en mouvement, mais aussi pour des gens qui se déplacent à pied), et qu'il permette de rentrer une latitude et une longitude plutôt qu'une adresse postale en guise de destination. Sinon, un smartphone pourvu d'une fonction GPS fait très bien l'affaire aussi, et permet en outre de télécharger l'application geocaching pour localiser toutes les caches à proximité durant une balade quand on n'a rien préparé à l'avance.
- Suivez le guide! Sur place, agissez discrètement pour assurer la pérennité des caches. Il est toujours utile d'avoir un stylo sur soi (au cas où la cache n'en contiendrait pas), et quelque chose pour se nettoyer les mains après coup si nécessaire. 
- Une fois votre chasse terminée, revenez sur le site pour signaler si vous avez trouvé ou non la cache que vous cherchiez. Si oui, vous serez invité à parler de votre expérience dans les logs, et votre total de découvertes augmentera d'un point. Il est important de signaler également qu'on n'a pas réussi à trouver une cache, car cela peut signifier qu'elle a été vandalisée et permet à son créateur de la remplacer ou de la retirer de la circulation si nécessaire, évitant des déconvenues aux prochains geocacheurs.

Comment décrypter les fiches des caches pour choisir celles que je veux chercher?
- Il existe plusieurs types de caches, identifiés par un petit logo. Une boîte verte indique une cache "classique". Deux boîtes jaunes indiquent une cache multi-étapes, plus longue et plus difficile à trouver. Un point d'interrogation bleu indique une cache-mystère: il vous faudra résoudre une énigme pour obtenir les coordonnées GPS du container. Une petite planète Terre indique une cache immatérielle qui vise à augmenter vos connaissances en matière de géologie. Ce sont les quatre types les plus courants, mais il en existe d'autres. 
- Autres critères de classification des caches: 
*la taille du container - de 1 à 4, 1 désignant un container pas plus gros qu'une boîte de pellicule et 4 pouvant désigner une cantine de l'armée!
*la difficulté de la recherche - au début, focalisez-vous sur des caches de niveau 1 ou 1,5 sur 5
*la difficulté du terrain - au-delà de 2, il faut généralement des baskets et/ou beaucoup de discrétion pour atteindre la cache concernée
- Pour vous aider, certaines fiches fournissent un indice codé (il suffit de cliquer dessus pour le déchiffrer, ceci afin de ne pas spoiler les geocacheurs en quête de difficulté supplémentaire), et parfois une photo. Dans le cas d'une cache-mystère, vous pourrez aussi trouver un lien geochecker qui vous permettra de vérifier si les coordonnées calculées sont les bonnes. 
- Il est souvent utile de parcourir les logs laissés par d'autres geocacheurs à la fin de la fiche. S'ils ne doivent pas contenir de spoilers flagrants, on peut en revanche y glaner des indices voilés qui s'avèrent parfois cruciaux!
- Bon à savoir: les geocaches spéciales pour débutants sont surlignées en vert dans les listings.

C'est quoi, l'intérêt du geocaching? 
Pratiquer une activité de loisirs gratuite et aussi amusante pour les petits que pour les grands. Découvrir, dans sa propre ville ou sur son lieu de vacances, des endroits où l'on aurait jamais mis les pieds autrement. Avoir un but de balade. Se cultiver, souvent. Faire des rencontres, parfois: soit sur le terrain, soit lors des événements organisés à certaines occasions. 

Voilà, j'espère vous avoir donné envie de vous lancer. Si vous voulez lire le récit de mes expérience de geocaching depuis août 2010, cliquez sur le tag "geocaching" à la fin de ce billet. Si vous avez des questions supplémentaires, n'hésitez pas à me les poser dans les commentaires; j'y répondrai très volontiers. Et si vous décidez de vous inscrire, vous pouvez me faire une demande d'amitié sur le site de geocaching: nous sévissons sous le pseudo Armalite&MTLM.

dimanche 23 juin 2013

Et l'Oscar du week-end le plus pourri depuis des lustres est attribué à...


...ce premier week-end d'été, qui commence très fort avec une moyenne de 16° et une pluie quasi continue jusqu'au dimanche 15h sur Bruxelles - et après ça, j'étais bien trop lessivée pour envisager quoi que ce soit de productif. 

Samedi matin au réveil, une découverte désagréable: la porte de notre cave a été défoncée à coups de pied. Rien de volé car je suppose que l'intrus était peu intéressé par nos bacs de recyclage et n'avait pas envie de remonter sur son dos une machine à laver vieille de six ans, mais Chouchou est bon pour aller faire une déclaration à la police et demander à son assurance de remplacer la porte. Prévenue, la proprio nous informe qu'un de nos voisins a été victime d'une tentative d'effraction à son domicile dans la semaine. Joie. (Heureusement, les portes des appartements sont blindées et tant que nous n'oublierons pas de fermer à clé, je doute que nous ayons de vrais problèmes de ce côté-là.)

Pour aller au yoga, ressortir un jean et un pull; regretter de ne pas avoir mis un manteau par-dessus. Chez Pêle-Mêle, faire la queue vingt minutes au comptoir des achats derrière deux brocs qui refourguent le contenu d'une bibliothèque entière. Au Shanti, ne pas trouver tout ce que je veux. Chez Rob, être effarée par les prix - surtout ceux des produits vendus également chez Delhaize, et deux fois plus chers ici. Laisser attacher le repas du soir au fond de la sauteuse. Passer une très mauvaise nuit à cause de mon mal de gorge, et devoir m'enrouler ma petite écharpe en alpaga autour du cou pour arriver à dormir un peu. 

Dimanche matin, tenter d'aller bruncher Chez Nous: "On est complets, mais venez vers 13h, y'a toujours des tables qui se libèrent". M'étaler de tout mon long en traversant la place du Jeu de Balle, alors que je suis en ballerines et même pas en talons de 12. Paumes écorchées; genou gauche meurtri (la crotte de chien diarrhéique dans laquelle il a atterri n'a pas amorti le choc); ballerine droite possiblement foutue (bien sûr c'était ma paire préférée); dignité en miettes. Chouchou n'a rien vu et continue à tracer. En arrivant Chez Nous, on nous annonce une demi-heure à trois quarts d'heure d'attente. Nous rebroussons chemin et nous rabattons sur des sushis à emporter pour les regarder devant l'épisode 207 de Borgen. Manque de bol, il n'a pas téléchargé. 

Au programme de l'après-midi? Nettoyage des taches de moisi au plafond et sur les murs de l'appart', options "faire goutter de la Javel sur l'accoudoir du canapé neuf" et "se démonter le bras en tentant de passer derrière le lit trop lourd pour être déplacé". 

Dans la guerre contre la morosité, clairement, je ne remporte pas toutes les batailles. 

Et le meilleur reste à venir: mardi, je me tape la correspondance haïe gare du Nord-gare de Lyon en 50 mn avec une valise lourde comme un âne mort à traîner dans les escaliers du métro parisien; mercredi, j'ai rendez-vous chez la gynéco (= garantie de passer la fin de la journée au lit à me tordre de douleur); dimanche soir, je dois rendre une trad, ce qui signifie que je ne décollerai pas de mon bureau pendant toute la fin de la semaine et le week-end. 

Si la rubrique des petits bonheurs n'est pas très fournie dans les jours à venir, vous saurez pourquoi.

samedi 22 juin 2013

Smoothie pour oublier qu'il pleut le 2ème jour de l'été



Pour 2 personnes déprimées, 
passer au blender:
- 1/8ème de pastèque
- 8 (moyennes) fraises
- 8 (grandes) feuilles de menthe
- 8 (petits) glaçons
Servir et déguster immédiatement
en rêvant au retour du soleil.

vendredi 21 juin 2013

Le carnet des petits bonheurs quotidiens




Si vous vous intéressez un jour à la pensée positive et que vous commencez à faire des lectures sur le sujet, une des premières suggestions sur lesquelles vous tomberez est cet exercice: garder un carnet sur votre table de nuit et, chaque soir, y noter 5 petits bonheurs survenus dans la journée. Nous ne parlons pas d'événements renversants comme une demande en mariage, une naissance ou une énorme augmentation de salaire, mais bien des choses minuscules que, en période de déprime, nous avons tendance à ne même pas remarquer, alors que ce sont elles qui font le sel du quotidien. Une remarque amusante d'un enfant. Un coup de fil d'une amie avec qui on n'avait pas parlé depuis longtemps. Une nouvelle recette délicieuse, testée et approuvée par toute la famille. Un verre savouré en terrasse au retour du soleil. La lecture d'un thriller passionnant. La découverte des parfaites sandales d'été. Le compliment inattendu fait par un collègue. Vous voyez l'idée.

Ces petits bonheurs, il en survient tous les jours - en plus ou moins grand nombre. En faire la liste oblige à en prendre conscience, et donc, à remettre en perspective tout ce qui nous plombe par ailleurs. Cela permet d'appréhender la réalité de manière plus nuancée, au lieu de laisser le nuage noir dans notre tête déformer notre vision du monde. Pas si mal pour un exercice tout simple qui ne prend que quelques minutes chaque soir, non? Et vous verrez, au fur et à mesure, vous n'aurez plus besoin de réfléchir parce que vous aurez noté ces petits bonheurs dans votre tête au fur et à mesure qu'ils survenaient, et vous les aurez savourés sur le coup avec d'autant plus d'intensité. La vie est courte et parfois très moche; raison de plus pour profiter des belles choses au maximum, si minuscules soient-elles.

Il m'arrive parfois de publier mes petits bonheurs du jour sur la page Facebook du blog. Comme mon amie Isa, qui traverse une période difficile depuis plusieurs mois, a justement décidé de s'intéresser à la pensée positive pour lutter contre la morosité, je lui ai proposé d'en faire un double rendez-vous quotidien. Si vous voulez lire nos petits bonheurs et partager les vôtres, vous êtes les bienvenus sur:
A très vite j'espère!

jeudi 20 juin 2013

Ces séries qui ne savent pas s'arrêter



Alors que nous attendons cette révélation depuis 8 saisons, je viens seulement de me rendre compte que nous n'avons pas regardé le dernier épisode de "How I met your mother" dans lequel la mère apparaît pour la première fois. C'est dire à quel point cette saison nous a gonflés. La série était clairement à bout de souffle depuis 2 ou 3 ans, mais cette année, les seules fois où elle m'a fait rire, c'est d'embarras pour les scénaristes qui se trouvaient réduits à inventer des inepties pareilles. 

Mais la télé n'est pas la seule concernée par ce phénomène des séries qui ont clairement dépassé leur date limite de consommation. Pour nos vacances en Finlande, j'avais emporté "Undead and unstable", le tome 11 des aventures de Queen Betsy - secrétaire au chômage écervelée et nombriliste devenue malgré elle reine de tous les vampires. J'avais adoré les 3 ou 4 premiers, trouvé les 3 suivants un peu plus mous et connu un regain d'intérêt avec la trilogie consacrée aux voyages interdimensionnels. Là... une horreur. Mauvais à pleurer. (ATTENTION: SPOILER!) Les personnages passent les trois quarts du bouquin à se disputer dans la cuisine de leur manoir, et à la fin, Betsy bute Satan. Voilà voilà voilà. 

A sa décharge, Mary Janice Davidson n'est pas le seul auteur incapable de résister aux sirènes d'un gros à-valoir et des supplications de fans qui en réclament toujours davantage. Je viens d'achever le tome 5 des Spellman, dont les premiers m'avaient littéralement fait pleurer de rire à une époque où j'avais plutôt tendance à sangloter de chagrin. Il est d'une platitude consternante, avec des personnages secondaires et des situations qui ont évolué dans le temps, mais une héroïne devenue une caricature d'elle-même et des ressorts dramatiques possédant tout le tonus d'un spaghetti trop cuit. Pourtant, un tome 6 est déjà annoncé... 

Ce mois de juin sera le premier depuis dix ans où je n'achèterai pas le nouveau Stephanie Plum. La chasseuse de primes maladroite du New Jersey m'a divertie jusqu'au 8ème tome de ses aventures rocambolesques, essentiellement grâce au trio amoureux qu'elle formait avec Morelli le flic et Ranger le mercenaire, tous deux sexy en diable. J'ai tenu 8 tomes de plus pendant lesquels Janet Evanovich s'est mise à faire de la soupe en recyclant toujours les mêmes blagues et les mêmes situations, avec des méchants de plus en plus ridicules. Mais l'an dernier, je me suis juré d'arrêter. Je trouve vraiment trop désespérant de voir péricliter une série que j'ai adorée. 

Et vous, quelles sont les séries - télé ou romans - dont vous pensez qu'elles auraient dû finir depuis belle lurette? 

mercredi 19 juin 2013

Un goûter DIY, ça vous dit?


Photo trouvée ici

Sur le coup de 15h30, alors que je prenais ma douche (ouais, je bosse à la maison et j'ai pas d'horaire pour mes ablutions), une idée a soudain germé dans mon petit cerveau hyperactif. Pour l'avoir testée sur la page Facebook du blog, j'ai l'impression qu'elle peut intéresser du monde, donc, je vous la soumets également ici:

Voilà, je pensais que ça serait sympa d'organiser un ou des goûters DIY. Le principe: on se donne RV à... disons, entre 6 et 8 personnes dans un salon de thé. Chacune amène autant de créations identiques qu'il y a d'autres participantes. Pour un groupe de 7, ça donnerait par exemple: 6 boîtes de biscuits maison, 6 colliers fantaisie, 6 petits monstres en feutrine, 6 romans (écrits par la personne qui les apporte, hein!) dédicacés, 6 pochettes en tissu, 6 pots de cosmétique maison... Des trucs pas trop longs ni trop compliqués à reproduire en X exemplaires, quoi. Et on mange un gâteau/on boit un thé en s'échangeant nos créations.

Vous savez faire quelques menues bricoles de vos dix doigts, et vous êtes à Bruxelles cet été? Utilisez ce Doodle pour me communiquer vos disponibilités. J'aimerais organiser ça d'ici la mi-septembre, et si ça marche, pourquoi pas en faire un autre sur Paris à l'automne. 

Où Airbnb me donne une magistrale leçon de zen



C'était notre deuxième expérience de logement Airbnb à l'étranger. Si la première avait été mi-figue mi-raisin, celle-ci s'est révélée un succès total. Le studio que nous avions réservé se trouvait dans une rue très calme, où de jolis immeubles colorés s'alignaient face à un parc. Nous étions à moins de cinq minutes à pied du métro ou du tram. Nous avons pu préparer nous-mêmes tous nos petits déjeuners et tous nos repas du soir - montant total de nos courses en supermarché pour la semaine: 70€ environ, soit guère plus qu'un seul dîner au resto pour deux à Helsinki. Si on ajoute que le logement lui-même nous est revenu moitié moins cher qu'une chambre d'hôtel correctement placée (402€ pour 6 nuits), on obtient des vacances exceptionnellement bon marché pour un pays scandinave. Sans compter le fait que nous avons pu profiter de la machine à laver de notre hôte pour faire une lessive en milieu de séjour, et qu'il est toujours plus agréable de traîner dans un appartement "à soi" que dans une chambre d'hôtel où l'espace manque souvent, où le petit déjeuner n'est plus servi après une certaine heure et où il faut libérer les lieux avant midi pour que quelqu'un fasse le ménage. 



Mais curieusement, le principal bénéfice de cette location n'aura pas été de nature matérielle. En arrivant dans "notre" studio, nous avons été immédiatement séduits par son plancher en bois clair, par la belle lumière que fournissaient les trois fenêtres disposées à angle droit, avec des arbres pour seuls vis-à-vis, par son côté dépouillé et néanmoins chaleureux. Notre logeur ne semblait posséder que peu d'effets personnels. Un jeu de boules de pétanques posé sur le meuble de l'entrée. Un couple de chiens en peluche qui trônait sur le lit à notre arrivée. Une mini-collection de siphons sur le vieux buffet de style années 60. Un panier contenant une demi-douzaine de paires de grosses chaussettes en laine. Une caisse de transport pour chat en osier. Quelques photos sur le bord d'une fenêtre; de vieilles cartes postales sur la porte du frigo.  Deux tableaux DIY un peu étranges. Et puis des piles de livres alignées contre un mur: biographies de Staline, de Stephen Hawking et du Che, classiques de la littérature anglo-saxonne en VO ou en finnois,  "23 things you need to know about capitalism". Pour le reste, très peu de meubles, et surtout de la récup' comme ce fauteuil rouge à l'assise dure mais étonnamment confortable. Côté électro-ménager, des plaques électriques, un frigo sans congélateur, un lave-vaisselle cassé qui servait de placard annexe, mais ni micro-ondes, ni bouilloire ni aucun autre "gadget".


Ainsi, nous disposions de tout ce dont nous avions vraiment besoin: un lit, une petite table de cuisine et deux chaises, le strict nécessaire pour nous laver et nous faire à manger, de quoi lire si l'envie nous en prenait, et une connexion wifi. Mais rien de plus. Et j'ai trouvé cette absence d'objets superflus merveilleusement reposante. Tous nos choix se trouvaient réduits au minimum. Le soir, je ne me demandais pas ce que j'allais faire à manger ni ce que je boirais après le repas: nous avions acheté juste de quoi cuisiner un plat unique, pile dans la bonne quantité pour deux personnes, et je n'avais apporté qu'un seul type de tisane. Pour les distractions: iPad, lecture, préparation du programme du lendemain à l'aide des deux guides de voyage que nous avions emportés. Le niveau zéro de la prise de tête. 



C'est là que, pour la première fois, j'ai pris réellement conscience de ce que l'abondance pouvait avoir de paralysant. Trop de choix tue le choix. Depuis des années, je lis des bouquins et des blogs sur le thème "Vivre simplement", et j'admire les gens qui ont su réduire dramatiquement le nombre de leurs possessions, mais en me disant que pour ma part, je n'y arriverai jamais. Pendant cette semaine à Helsinki, je me suis mise dans la peau de l'un de ces gens, et j'ai aimé l'expérience à la folie - au point que je n'avais aucune envie de rentrer chez moi pour retrouver toutes les choses qui m'encombrent l'espace et le mental. Bien plus que l'architecture ou les musées de la capitale finlandaise, voilà ce que je retiendrai de ce séjour. 

Depuis mon retour, j'ai reçu plein de réductions canon pour des sites de chaussures où j'ai dépensé des fortunes par le passé. Je suis allée y faire un tour sans conviction, et ça ne m'a pas excitée le moins du monde. Non seulement j'ai effacé les mails promotionnels sans regret, mais j'ai mis en vente sur eBay plusieurs paires parmi mes plus ruineuses et mes plus vertigineuses, jamais portées et qui encombrent mes placards depuis une éternité. Chouchou a proposé qu'on s'achète un écran plat avec ses éco-chèques (nous n'avons plus de télé depuis longtemps); je lui ai répondu que pour regarder un épisode de série télé chaque soir, l'écran de son iMac suffisait bien: à quoi bon nous embarrasser d'un appareil supplémentaire? Pour la première fois de ma vie, quand je regarde autour de moi, je ne me demande pas ce que je pourrais ajouter/acheter pour rendre mon intérieur plus joli, mais ce dont je pourrais me débarrasser pour le rendre plus zen. 

Pourvu que ça dure. 

mardi 18 juin 2013

Geocaching in Helsinki


Depuis que je m'y suis mise avec Chouchou en août 2010, le geocaching a changé ma façon de voyager. Il me fournit une manière gratuite, originale et ludique de visiter de nouveaux endroits; souvent, il m'entraîne dans des lieux à l'écart des sentiers battus où je n'aurais jamais mis les pieds par moi-même. Et je trouve toujours amusant de constater combien les caches varient d'un pays, voire d'une ville à l'autre. Par exemple, elles pullulaient à Stockholm, et c'était essentiellement des micros magnétiques, souvent planquées dans le coude des panneaux de signalisation.

A Helsinki, elles sont nettement moins nombreuses, et les auteurs d'une bonne moitié d'entre elles ne se sont pas donné la peine de traduire leur fiche en anglais - ce qui est particulièrement embêtant quand il y a une énigme à résoudre pour obtenir les coordonnées GPS, et ici, c'était souvent le cas. Ma liste de pré-sélection était donc assez courte, mais elle comportait pas mal de caches de taille 2 ou supérieure, ce qui est d'ordinaire très rare en milieu urbain et toujours plus excitant. Parmi ces caches, deux m'ont particulièrement plu... (Même si vous pouvez lire leur vrai nom sur mes photos, je ne le mentionne pas dans mon texte pour éviter de spoiler d'autres géocacheurs qui feraient des recherches sur Google.)

Musée de la ville:
La fiche disait que la cache était visible depuis l'extérieur, à travers une vitrine, et que le personnel connaissait sa présence. Effectivement, la dame assise derrière le comptoir de la boutique s'est contentée de sourire quand j'ai foncé vers le panier posé sur une étagère avec un couinement de bonheur, puis l'ai emporté vers une chaise pour pouvoir en examiner le contenu à loisir... La discrétion vis-à-vis des Moldus fait partie du jeu, mais une fois de temps en temps, c'est bien de ne pas avoir à s'en inquiéter! Et quel magnifique logbook, du coup...


Tram 3T: 
Pour trouver cette cache-mystère, il faut prendre le tram 3T dans la partie ouest de sa boucle, relever au passage les numéros indiqués sur les abris de certains arrêts, puis les utiliser pour calculer les coordonnées où se trouve la clé de la cache. Coup de bol pour nous, le 3T est l'une des lignes qui dessert le parc d'attractions Linnanmäki où nous avions de toute manière l'intention de nous rendre. Nous avons donc récupéré les numéros le jeudi, effectué nos longues opérations le soir à l'apart', vérifié à l'aide du geochecker que nous obtenions les bonnes coordonnées et parcouru tous les logs de nos prédécesseurs en quête d'indices supplémentaires. Puis, le lendemain matin, nous nous sommes rendus à l'endroit indiqué. 



La clé était dissimulée "sous une petite plaque en métal", selon la fiche de la cache. J'ai commencé à soulever toutes les grilles qui se trouvaient au sol, et tenté de faire de même avec deux plaques d'égout! Mais au final, c'est Chouchou qui a aperçu la bonne plaque, située à hauteur de tête et d'une taille bien inférieure à ce que j'imaginais. Seule, je ne l'aurais probablement pas remarquée. De l'intérêt de géocacher en équipe: on raisonne rarement pareil... A la grosse clé en métal était attaché un autre set de coordonnées. Nous avons fait cent mètres de plus et cherché une serrure dans laquelle nous pourrions introduire notre clé...


Et voilà, une cache de taille et de difficulté 4 dans notre escarcelle! Nous étions très contents de nous sur ce coup-là - juste un peu déçu que nos prédécesseurs n'aient pas profité de toute cette place pour laisser plus d'objets. J'ai emporté le Travel Bug chat, dont la mission est de rentrer en Allemagne. Je le déposerai quelque part en Belgique, ça le rapprochera déjà pas mal de son but.

Au final, nous avons trouvé 11 caches durant notre séjour à Helsinki, autant qu'à Barcelone en novembre dernier, mais beaucoup moins qu'à Stockholm en 2011. Nous en sommes désormais à 222 caches loguées dans 10 pays différents, et nous ne comptons pas nous arrêter là!


Helsinki: le parc d'attractions de Linnanmäki


Au nord-ouest d'Helsinki mais à l'intérieur de la ville même se trouve un parc d'attractions "à l'ancienne" accessible par le tram. Linnanmäki propose tous les manèges traditionnels: grande roue, chaises volantes, maison hantée, carrousel ainsi que plusieurs grands huit (dont un entièrement en bois). L'entrée est gratuite, et on achète ensuite des tickets soit all-inclusive, soit pour un seul tour à 7€ pièce. Plus je vieillis, moins j'apprécie d'être secouée dans tous les sens; nous nous sommes donc contentés de nous balader en prenant des photos, de dessiner un peu, de chercher une géocache que nous n'avons pas trouvée (notre seul échec de ces vacances) et de faire un tour de grande roue avant de manger une glace sur un banc...














lundi 17 juin 2013

Helsinki: l'île-forteresse de Suomenlinna


Construite sur un ensemble de six petites îles, à un quart d'heure de ferry au large d'Helsinki, Suomenlinna est une ancienne forteresse suédoise qui servait autrefois à protéger la Finlande contre une éventuelle invasion maritime par l'empire russe. Aujourd'hui rendue à la vie civile et habitée toute l'année par quelques centaines de personnes, elle est devenue un haut lieu du tourisme local que Chouchou avait envie de visiter. Bravant à la fois le trajet en bateau et la météo pas des plus clémentes ce jour-là, je l'ai donc accompagné. Il faut dire que Suomenlinna a la réputation d'être un haut lieu du géocaching...


Adieu, terre ferme, mon amour!

Mais à peine débarqués, nous devons nous rendre à l'évidence: la batterie du smartphone de Chouchou, qui nous sert de GPS pour nos recherches, est complètement vide. Sans doute aura-t-elle passé la matinée à chercher vainement un quelconque réseau wifi. Me voilà fort contrariée!


Je dois néanmoins admettre que même sous un ciel plombé, la Route Bleue qui traverse les deux îles principales de Suomelinna n'est pas dépourvue de charme...



Et puis surtout... il reste des canons. Pleiiiiin de canons pour dessiner ou faire joujou avec.


Je pointe ou je tire? 


Avant de reprendre le ferry dans l'autre sens, nous nous accordons une pause goûter bien méritée sous le porche du charmant Café Vanille. 


Requinquée par ma tourte à la myrtille, je me surprends même à faire le clown.


Au retour, c'est une magnifique averse qui nous attend au-dessus du port!