samedi 31 août 2013

Août 2013



Mes 7 objectifs d'août: bilan




1. Rester calme avec ma mère
J'ai passé mes dix jours de vacances chez elle à osciller entre compassion et exaspération. Malgré mes efforts, je n'ai pas réussi à rester assez zen pour m'empêcher de lui faire quelques remarques jugées désagréables. Exemple: elle me repose la même question pour la 3ème fois en 5 minutes, et quand je commence à m'énerver, elle monte sur ses grands chevaux parce que bon, elle a perdu son mari il y a moins d'un an. Personnellement, je ne vois pas en quoi ça l'empêche d'écouter une réponse qu'elle a elle-même sollicitée, donc je réplique assez sèchement que la mort de papa est en train de devenir l'excuse à tout faire. Bien entendu, ça passe mal. Une autre fois, alors qu'elle me ressassait pour la 50ème fois l'histoire de sa soeur avec qui elle est en froid en ce moment, j'avoue que je me suis mise à crier. Mais le pompon, ça a été la dernière nuit: elle recevait des gens qui étaient à un mariage, et pour qu'ils puissent rentrer au milieu de la nuit, elle avait tout simplement laissé la porte de la maison ouverte, alors qu'elle s'est déjà fait piquer tous ses bijoux il y a quelques mois (en plein jour!) à cause de son imprudence. Je lui ait dit qu'elle était inconsciente; elle a répondu que j'étais parano; j'ai répliqué que si elle l'était un peu plus, elle ne passerait peut-être pas son temps à se faire dépouiller. Elle est partie fermer la porte à clé en râlant un maximum... et un quart d'heure plus tard, elle s'est levée sur la pointe des pieds pour aller la rouvrir dans mon dos. J'ai mordu mon oreiller pour ne pas ressortir de la chambre d'amis en trombe et avoir avec elle une engueulade épique. Je n'ai pas pu m'endormir avant le retour des invités, à 3h du matin, et le lendemain, ma mère est partie déjeuner chez les voisins en nous laissant seuls à la maison jusqu'à l'heure de notre départ pour l'aéroport. J'ai hâte d'être aux vacances de Noël, vous ne pouvez pas savoir. 
Taux de réussite: 0% 

2. Manger correctement pendant le séjour à Toulouse
Sur le plan alimentaire, ces vacances se sont mieux passées que je ne l'espérais. Malgré ses objections initiales, ma mère a consenti a préparer des repas essentiellement à base de légumes et de poisson ou de volaille, que nous avons parfois complétés avec des soba ou des pâtes sans gluten. Pour le petit déjeuner, nous avions fait des provisions dès le lendemain de notre arrivée: les magasins bios ont commencé à fleurir dans les rues de Toulouse, et l'Auchan de Gramont a un rayon très bien fourni, ce qui nous a facilité la tâche. Comme par ailleurs nous avons mangé peu souvent à l'extérieur, au final, le contenu de nos assiettes a été assez semblable à ce qu'il est lorsque nous sommes à Bruxelles. 
Taux de réussite: 100%

3. Trier la garde-robe de Monpatelin
Depuis mon retour d'Helsinki, je me suis mis en tête de faire du vide chez moi. En juillet, je me suis attaquée à ma cuisine, et j'ai vidé trois caisses d'objets superflus. En août, je prévoyais un grand ménage dans ma garde-robe... mais allez savoir pourquoi, j'ai finalement préféré m'occuper de mon bureau et d'une partie de ma bibliothèque. Le dernier soir seulement, j'ai jeté un coup d'oeil dans ma penderie et éliminé huit robes dont j'étais certaine qu'elles ne m'allaient plus. Le reste, il faudrait que je l'essaie avant de trancher sur son sort. 
Taux de réussite: 30%

4. Tester un cours de yoga vinyasa
Je n'avais pas réalisé que je ne passerais que très peu de temps à Bruxelles ce mois-ci. Le seul jour où j'aurais pu y aller, quelqu'un a crevé deux pneus de notre voiture à coups de couteau; du coup, Chouchou a dû bosser à la maison et j'ai été particulièrement improductive (je ne sais travailler que dans le silence le plus absolu). Boulot pas fini + moral à plat = aucune chance que j'arrive à me traîner jusqu'à la place Stéphanie. Taux de réussite: 0%

5. Crocheter un col(lier)
J'avais deux patrons à tester: un col Claudine et un collier. J'ai réalisé le col en double, pour pouvoir offrir le second exemplaire. Par contre, le patron du collier est juste incompréhensible. Dommage!
Taux de réussite: 100%

6. Organiser un swap "bio"
C'est fait! Les paquets sont à envoyer pour le 20 septembre. Comme nous sommes un peu moins nombreux que d'habitude, et que les colis s'annoncent aussi plus originaux, j'ai finalement décidé de publier les compte-rendus après réception; ainsi tout le monde en profitera! Pour ma part, j'ai déjà tous les objets du paquet à destination de ma partenaire, mais je compte attendre le prochain séjour à Monpatelin pour les expédier. 
Taux de réussite: 100%

7. Remplacer la toile cirée rouge à pois blancs
...Non parce qu'elle était jolie et pas chère, mais faute de pellicule protectrice sur le dessus, elle a immédiatement commencé à déteindre à l'endroit où Chouchou et moi appuyons nos avant-bras tous les jours pour taper à l'ordinateur. Du coup, non seulement je voulais la changer, mais j'étais prête à investir un peu pour avoir du durable. Je n'avais même pas commencé à chercher que je suis tombée par hasard sur une toile cirée absolument parfaite au niveau du motif comme de la largeur (beaucoup sont en 120, or il nous faut du 140). Merci Eurodif! 
Taux de réussite: 100%

Autres accomplissements: 
- J'ai casé dans mon planning une traduction courte, sympa et totalement imprévue.
- J'ai enfin changé le layout du blog.
- J'ai bouclé ma compta pro du 1er semestre. 
- Je me suis décidée à prendre une carte Mobib anonyme.
- Mes cheveux sont de nouveau de la "bonne" couleur. 
- Je poursuis mes efforts pour réduire mes possessions matérielles. 
- Nous avons trouvé 4 géocaches (sur 7 cherchées).

Conclusion:
Un mois plein de contrariétés. Outre les rapports pénibles avec ma mère et le premier 28 août sans mon père, 3 règlements que j'attendais avant le 5 n'ont toujours pas été effectués; nous avons dû faire venir un plombier en urgence, ça nous a coûté la peau des fesses et le problème de fond n'est toujours pas résolu; mes dents et mon endométriose me causent du souci; les actes de vandalisme se multiplient dans notre quartier; mon sommeil s'est beaucoup décalé pendant les vacances et quinze jours plus tard, je ne suis toujours pas parvenue à reprendre mes horaires de boulot habituels. Heureusement qu'il a fait beau, ça a empêché mon moral de sombrer. Mais clairement, août n'a pas été mon mois le plus productif. On tâchera de faire mieux en septembre. 

vendredi 30 août 2013

"Orphan black" saison 1



Jeune marginale d'origine anglaise, Sarah Manning vient de réapparaître après une absence de dix mois. Un soir, sur le quai d'une gare, elle assiste au suicide d'une inconnue qui lui ressemble trait pour trait. Elle s'empare de l'identité de cette dernière afin de vider ses comptes en banque et de pouvoir recommencer une nouvelle vie avec Felix, son frère adoptif, et Kira, sa fille de 7 ans. Mais la chose va se révéler plus difficile que prévu: Beth Childs était inspecteur de police, récemment suspendue pour avoir abattu une civile par erreur. Et surtout, il semble qu'elle ne soit pas le seul sosie de Sarah - et que quelqu'un ait décidé de toutes les éliminer. 

Clonage + usurpation d'identité, telle est la recette de cette nouvelle série au rythme haletant et au scénario bien ficelé. Même si la trame demeure assez classique et dépourvue d'intrigues secondaires, l'action et le suspens sont au rendez-vous tout au long de cette première saison. Tatiana Maslany se livre à un épatant numéro de caméléon en interprétant pas moins 7 personnages, et en parvenant à être crédible dans chacun de ses multiples rôles (y compris quand l'héroïne se fait passer pour un de ses alter ego et vice-versa). J'ai une affection toute particulière pour la mère de famille armée jusqu'aux dents qui part complètement en vrille à partir de l'épisode 6; Chouchou et moi en avons ri aux éclats malgré une ambiance globale plutôt sombre. Et je trouve intéressant que l'un des clones soit lesbienne: cela semble indiquer que les scénaristes considèrent l'homosexualité comme quelque chose d'acquis plutôt que d'inné. Les personnages secondaires sont assez réussis également, avec une mention spéciale pour la mère adoptive dont la perception ne cesse d'évoluer au fil des épisodes. Certes, l'histoire réserve quelques invraisemblances (même sans parler de la douleur, je doute qu'il soit possible de conduire une moto avec une barre en fer rouillé plantée dans le ventre), mais vu le sujet, la suspension d'incrédulité est de rigueur de toute façon.

La première saison d'Orphan Black compte 10 épisodes d'une quarantaine de minutes chacun. La deuxième saison sera diffusée aux Etats-Unis début 2014. J'ai déjà hâte. 

jeudi 29 août 2013

"La nostalgie heureuse"


Des années que je n'avais pas lu un roman d'Amélie Nothomb qui, selon moi, peine vraiment à renouveler ses thèmes. J'ai rempilé avec "La nostalgie heureuse" parce que j'avais beaucoup aimé le récit autobiographique de ses précédentes aventures nippones. Ici, pour les besoins d'un reportage télé, l'auteur retourne au Japon sur les traces de son passé pour la première fois depuis seize ans. Elle va faire un petit tour à Fukushima, où elle est effarée par la dévastation. Elle revoit sa nourrice Nishio (un des personnages principaux de "Métaphysique des tubes"), qu'elle étreint en pleurant, puis son ex-fiancé Rinri (à qui elle avait consacré "Ni d'Eve ni d'Adam") avec qui elle partage un agréable dîner au restaurant. La présence ses caméras la gêne. Plantée au milieu du carrefour de Shibuya, elle connaît une sorte d'épiphanie. Et au retour, son avion frôle l'Everest, lui inspirant quelques considérations sincères mais d'une grande banalité sur la beauté du monde. Voilà, c'est tout. Malgré une humilité et un humour toujours aussi sympathiques chez cette écrivaine merveilleusement barrée, j'ai trouvé sa Nostalgie plutôt creuse et dénuée d'intérêt. Et puis, 16€ le bouquin lu en trois quarts d'heure? C'est un peu court, jeune fille. 

mercredi 28 août 2013

Nouveau layout


C'était dans mes objectifs de février, puis de mars... J'ai pris le temps, mais ça y est - avec l'aide de Chouchou, j'ai enfin refait le layout du blog! Vous constaterez trois grands changements:

- Le fond blanc: Question de lisibilité. Je me suis rendu compte que mes goûts me portaient de plus en plus vers un look épuré, et que le précédent fond rouge et rose me semblait désormais bien trop chargé. Il me semble que mes photos ressortiront mieux sans rien autour pour leur faire concurrence. 

- La bannière: J'ai repris le principe de mes mosaïques bien-aimées, et je renouvellerai régulièrement les photos qui la composent. Celles que j'ai choisies sont censées illustrer les différents thèmes abordés sur le blog et donner le ton général. 

- Les onglets: Ils vous permettront de fouiller plus facilement les archives pour retrouver les billets ayant trait à un sujet bien précis. Comme j'ai encore un peu de place dans la barre, j'en rajouterai sans doute quelques-uns dans les semaines ou les mois à venir. Pour l'instant, j'envisage un récapitulatif d'adresses toulousaines, et peut-être un thème "bien-être" qui regrouperait mes billets sur la pensée positive, la visualisation, et toutes les recherches que j'ai pu faire ces dernières années dans le but de 1/vaincre mes angoisses 2/être plus heureuse.

Des avis, des suggestions? Les commentaires sont là pour ça!

67



Cette année, personne ne réclamera d'entrecôte bien cuite avec des frites.
Mon père aurait eu 67 ans aujourd'hui. 
Il n'en finit pas de me manquer. 

mardi 27 août 2013

Col Claudine au crochet



J'avais repéré le patron sur Ravelry, et décidé de le tenter pendant les vacances. Pour ce faire, j'avais emporté deux sortes de fil d'épaisseurs différentes. J'ai commencé par le plus gros, un Rialto Aran de la marque Debbie Bliss dans le coloris 18 (rouge). Du 100% mérinos agréable à toucher, mais pas du tout à travailler, car les brins se dédoublent en permanence. De plus, chaque pelote ne contient que 80 mètres de fil: je me suis donc retrouvée en panne aux trois quarts du dernier rang de mon ouvrage. Je n'avais pas de seconde pelote de la même couleur, juste une pelote de la même qualité, mais rose vif, et elle était restée à la maison. 


Je me suis dit que je finirais une fois rentrée, mais j'étais frustrée quand même. J'ai donc recommencé à zéro avec mon autre fil: du Sprint de chez Bertagna Filati, 70% mérinos 30% polyamide, d'un gris mêlé de brins argentés. Moins doux mais plus fin et plus facile à travailler même s'il accroche légèrement. Le résultat obtenu a un petit côté "romantique classique" qui m'a fait tout de suite penser à quelqu'une dont l'anniversaire approchait; j'espère qu'elle l'appréciera!


Voici ce que donne le mien porté. Je pense trouver un top sur lequel il va particulièrement bien et le fixer avec quelques points pour l'empêcher de tourner. 

lundi 26 août 2013

"Une part de ciel"


Il est quelques auteurs dont je ne réfléchis même pas avant d'acheter les nouveaux livres: quel que soit le sujet, je sais que je passerai un bon moment avec eux. Depuis "Seule Venise", "Les déferlantes" et "L'amour est une île", Claudie Gallay fait partie de ce petit club très fermé. Aussi, je me suis jetée sur "Une part de ciel" dès sa parution, la semaine dernière. Je n'aurais de toute façon pas pu résister bien longtemps à sa ravissante couverture... 

"Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père Curtil lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n'est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse... 

Dans le gîte qu'elle loue à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l'artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n'a rien d'évident: Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d'enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s'écoule, le froid s'installe, la neige arrive... Curtil sera-t-il là pour Noël?" 

Une fois de plus, Claudie Gallay nous livre le monologue intérieur d'une femme seule qui observe attentivement le monde et les gens alentour; une femme sans but véritable, qui s'interroge trop pour être tout à fait présente à sa propre vie - mais qui va apprendre à le devenir. On aime ou on n'aime pas; personnellement, j'adore. Le style est toujours aussi particulier: phrases courtes, parfois incomplètes, écrites comme on pense. Claudie Gallay égrène les gestes du quotidien; elle bâtit les trois quarts de son roman sur des choses banales que d'autres auteurs passeraient sous silence en les considérant comme sans intérêt. Du coup, la narration est d'une extrême lenteur, et l'action quasi inexistante. Mais j'adore ce sentiment d'être dans la tête de ses héroïnes, de voir véritablement à travers leurs yeux. 

Pour le reste, j'avoue que le décor du village de montagne m'a moins touchée que les rues de Venise en hiver ou les falaises battues par les embruns de la côte Atlantique. "Seule Venise" et "Les déferlantes" m'avaient donné envie de partir en voyage; "Une part de ciel" m'a plutôt donné envie de fuir cet endroit déprimant qu'est le Val-des-Seuls: sa taille mise à part, il m'a fortement m'a rappelé la petite ville dans laquelle se déroule l'action de la série télé "Les revenants". En résumé, bien que j'aie dévoré ce roman, il ne m'a pas enchantée autant que les précédents de Claudie Gallay. Ce qui ne m'empêchera pas d'attendre le prochain avec impatience. 

Wishlist Automne 2013


Wishlist Automne 2013


Si je vous disais le temps qui m'a été nécessaire pour pondre ce pauvre petit moodboard sur Polyvore, les geekettes parmi vous se moqueraient de moi jusqu'à la fin des temps plus un jour. Ma première tentative, qui avait mobilisé la plus grande partie de mon samedi, a tout bonnement disparu au moment où je cliquais sur "Sauvegarder". Crise de rage, menace d'aller poser une bombe quelque part ou au minimum de ne plus jamais tenter d'apprivoiser aucun nouvel outil informatique, etc. Probablement une vengeance du karma minimaliste que j'ai bichonné si amoureusement tout l'été, même si je n'ai pas dit que j'allais tout acheter. (D'accord, en fait, un de ces objets est déjà dans mes placards et deux autres font actuellement route vers moi. Mais 3 sur 14, ça reste raisonnable.)
Et vous, déjà des envies pour cet automne?

dimanche 25 août 2013

Foxy lady



Grâce à Fred et Olivier de chez Wakko, j'ai enfin récupéré mon roux flamboyant - hourra! Hier soir, nous devions aller chez des amis alors que Bruxelles connaissait sa première journée de pluie et de grisaille depuis début juillet; j'en ai profité pour ressortir la robe à renards achetée en soldes l'hiver dernier. Des babies compensées de la nouvelle collection Jeune & Jolie André, un blouson en jean court, une paire de collants chair pour ne pas trop plomber l'ensemble, et hop!



La robe est adorable avec son imprimé renards et son petit col Claudine qui laisse voir un peu de peau au-dessus d'une encolure ronde classique. Par contre, elle est vraiment très courte: je porte du M alors que je mesure seulement 1m54. Une fille plus grande et plus mince aurait à peine les fesses couvertes! C'est le défaut des robes Sugarhill, mais aussi Louche et Kling, trois marques petit prix dont je raffole pourtant.


Robe: Sugarhill
Blouson: Cache-Cache
Babies compensées: André (collection A/W13)
Sac: Abaco 

jeudi 22 août 2013

"Grand-mère déballe tout"


"Il n'est pas bon que les enfants se sentent admirés. Ca les rend vaniteux et leur gâte le caractère."

Pure aryenne issue d'une "très bonne famille" de la grande bourgeoisie allemande, Elizabeth a eu le malheur de tomber amoureuse d'un médecin juif pendant qu'elle officiait au front en tant qu'infirmière, durant la Première Guerre Mondiale. Carl s'est promptement converti au catholicisme et ensemble, ils ont eu une fille, la très indomptable et très brillante Renate, qu'Elizabeth élève sévèrement avec l'aide d'une domestique bourrue. Toute la famille mène une vie agréable dans une petite ville de province... jusqu'au jour où les rafles commencent. Quand les hommes de la famille de Carl sont emmenés et que Carl lui-même se voit retirer l'autorisation d'exercer, Elizabeth décide de l'envoyer en Amérique pour le mettre en sécurité...

Chronique familiale dépeignant trois générations de femmes à fort caractère, "Grand-mère déballe tout" évoque dans un premier temps la montée du nazisme et la difficulté à reconstruire sa vie ailleurs en tant que réfugiés. Non que la narratrice se laisse jamais abattre: c'est une femme dure et volontiers moqueuse, qui ne cesse de houspiller son entourage. Même si elle prédit sans cesse l'imminence de sa propre mort, elle finit par triompher de tous les revers de fortune - fût-ce en se plaignant un maximum. Dans la seconde partie du roman, elle raconte sur un ton très critique la vie et les choix de sa fille Renate, que bien sûr elle désapprouve, puis ceux de sa petite-fille Irene (l'auteur du roman), que bien sûr elle désapprouve aussi. Une grand-mère vache mais haute en couleurs.

mercredi 21 août 2013

Astuce pour ranger vos masking tapes


Pendant longtemps, j'ai rangé mes rouleaux de masking tape dans une jolie corbeille en feutrine grise. Ca ne prenait pas beaucoup de place, mais faute de voir les motifs que j'avais déjà, il m'est arrivé d'en racheter en double. Et surtout, j'avais tendance à n'utiliser que ceux du dessus. Quand soudain, une folle inspiration...





Le plus difficile a été de trouver un cintre à pantalons multiple avec des barres amovibles plutôt que fixes (sans quoi, pas moyen d'enfiler les rouleaux dessus!). Après des visites infructueuses chez Hema, Casa, Blokker, Ikea et Eurodif, j'ai finalement déniché mon bonheur sur le site internet des 3 Suisses. Je suis absolument ravie de ma trouvaille!




Pour les intéressées, hormis les motifs classiques de la marque MT qu'on trouve un peu partout (à Bruxelles, notamment chez Filigranes ou Schleiper Be Creative), la plupart de mes masking tapes ont été commandés sur le site américain Freckled Fawn: prix raisonnables, y compris pour les frais de port vers l'Europe, grand choix  de motifs et de couleurs, service aimable et rapide.

mardi 20 août 2013

"Bridget, parce que le féminisme n'est pas un gros mot"


Dimanche à l'aéroport de Blagnac, je cherchais un magazine pour occuper mon heure et demie de vol de retour. J'avais déjà lu le NEON et le BioMood en cours, plus ma dose maximum de presse féminine "classique". Je m'apprêtais à sortir du Relay les mains vides quand mon regard s'est posé sur une couverture marrante titrée "Bridget: parce que le féminisme n'est pas un gros mot". Malgré le grand format que je déteste et le prix plutôt salé (4,90€), la curiosité et le désoeuvrement potentiel l'ont emporté. 

Au premier abord, on ne peut s''empêcher de remarquer une forte ressemblance avec Causette: la maquette, le ton, rien ne démarque Bridget de sa grande soeur. Certes, les féminins classiques sont tous plus ou moins les mêmes, mais justement, j'attendais davantage d'originalité de la part d'un mensuel féministe. Et puis Bridget, moi, ça me fait surtout penser au personnage d'Helen Fielding, que je ne qualifierais pas franchement d'icône féministe. 

Passons au contenu. Beaucoup de remplissage avec, notamment, pas moins de 9 portraits pleine page de femmes (toutes jeunes et jolies, mais pas toutes blanches, c'est déjà ça...) qui font des grimaces marrantes avec, en haut, une citation célébrant le féminisme. Les brèves, je les ai déjà toutes vues et revues sur Facebook ou sur Twitter. Les articles reprennent des sujets traités maintes fois ces derniers mois, notamment sur les blogs féministes mais pas que: les Antigone, les déclarations consternantes de Valérie Pécresse sur le congé paternité, le sexisme dans l'industrie du jeu vidéo, le test Bechdel, les attaques à l'encontre de Marion Bartoli suite à sa victoire à Wimbledon, le harcèlement de rue... Ce n'est pas mal écrit, mais ça ressemble plus à un travail de compilation que de véritable journalisme. Le seul qui m'interpelle vraiment arrive à la fin et est intitulé "Nabila et Zahia: foutons-leur la paix". C'est dire.

Alors, Bridget, une addition inutile et probablement éphémère au paysage de la presse française? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative. D'un autre côté, en accro du net et féministe convaincue, je suis certainement mieux renseignée que la moyenne sur la question. Mais une personne qui ne se sent pas concernée par le sujet du sexisme, et à qui Bridget pourrait donc apprendre des choses, aura-t-elle envie de le lire? Ca m'étonnerait beaucoup. Je prédis donc un flop à court terme - même si je serais ravie de me tromper.

lundi 19 août 2013

"Les débutantes"


"Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonne et emménagé à l'étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après le repas du soi, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages du New Yorker et de Vogue."

Elles se sont connues et aimés à l'université de Smith, haut lieu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d'adulte les ont séparées... jusqu'à la disparition de l'une d'entre elles. Face aux déceptions de l'existence, rien n'est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s'en rendre compte. 

J'avais vu "Les débutantes" à la Fnac, et très honnêtement, sa quatrième de couverture ne m'avait pas fait envie. Les bandes de filles à l'amitié fusionnelle, la nostalgie des études supérieures sont deux sujets pour lesquels je n'éprouve aucun intérêt tant ils sont éloignés de mon propre vécu. Quant à l'entrée dans la vie adulte... la mienne remonte déjà à fort longtemps. Puis j'ai lu d'excellentes critiques sur ce premier roman de J. Courtney Sullivan, et je me suis dit que, peut-être, il ferait quand même une bonne lecture de vacances dans le genre léger et pas prise de tête. 

Une bonne lecture de vacances? Oui, sans aucun doute, étant donné que j'ai dévoré ses 540 pages en moins de 48h. Pour ce qui est du genre léger, par contre... Une des filles a perdu sa mère juste avant d'entrer en fac. Une autre est rejetée par sa famille qui n'admet pas qu'elle ait une relation lesbienne. Une troisième a été abusée par un ami de sa mère quand elle avait treize ans, s'est retrouvée enceinte et a dû avorter. La dernière se fait violer par son cavalier d'un soir, hésite à considérer l'agression comme telle car elle n'a pas protesté suffisamment et se montre presque contente quand le garçon finit par la rappeler. 

Bref, si le roman commence sur un ton relativement insouciant, ses héroïnes ne tardent pas à être confrontées à toutes sortes de drames. Dans la première partie, elles ont quitté la fac depuis 5 ans et s'apprêtent à se retrouver pour le mariage de l'une d'elles. En leur donnant la parole tour à tour, l'auteur nous raconte les circonstances de leur rencontre, la naissance de leur amitié, la parenthèse quasi enchantée de leur passage à Smith, puis leurs premiers pas hésitants dans la vie adulte. Les noces de Sally est l'occasion de montrer à quel point elles se sont éloignées les unes des autres - irrémédiablement, peut-être.

Mais au début de la seconde partie, April, devenue activiste féministe, disparaît brusquement, et les trois autres, qui se demandent chacune à sa façon si elles ne se sont pas fourvoyées dans leurs choix de vie, reforment instinctivement les rangs. Le roman prend alors un ton beaucoup plus grave, même si l'amitié y reste une source constante de lumière et de chaleur. La fin, où l'on apprend ce qui est arrivé à April, flirte avec le sordide à travers un problème de société typique de la culture patriarcale et généralement passé sous silence.

Plus sérieux qu'il n'y paraît au premier abord, "Les débutantes" pose d'excellentes questions sur la condition féminine. Il aura réussi à me surprendre jusqu'au bout.

dimanche 18 août 2013

Les étonnantes sculptures de Fanny Ferré



Alléchés par les nombreuses affiches qui garnissent en ce moment les abribus de Haute-Garonne, vendredi après-midi, nous avons pris notre courage à deux mains (et la voiture de ma mère) pour parcourir les quelques 70 kilomètres de routes de campagne plombées par le soleil qui nous séparaient de l'exposition de Fanny Ferré


Au château de Laréole, bâtisse de style Renaissance construite au XVIème siècle, on peut actuellement admirer plus d'une centaine des sculptures en bronze ou en argile de cette artiste au style très personnel. 






Nus ou vêtus de haillons, ses personnages sont accroupis par terre, occupés à ripailler ou affairés à leur toilette sans pudeur aucune. Ils ne cherchent pas à provoquer: ils sont juste instinctifs et animaux - primitifs, même, dans leurs rapports aux choses et aux êtres. Certains chevauchent des bêtes à cru; d'autres traînent une carriole dans laquelle s'entassent toute leur famille et leurs maigres possessions. Presque tous semblent être d'éternels nomades. 





Leur visage n'exprime jamais de joie - au mieux, une sorte d'exultation féroce. Le plus souvent, leur bouche est ouverte comme si l'artiste les avait capturés au milieu d'une respiration, d'un halètement, d'un cri d'effort ou de souffrance. Leurs contours peuvent parfois sembler un peu bruts, mais cela contribue à leur beauté étrange et sauvage. 

Vous l'aurez compris: même si elle est située un peu loin de tout, j'ai énormément apprécié cette expo. Malgré la taille modeste de son corps d'habitation, le château de Laréole est doté d'une buvette où le visiteur peut se désaltérer et savourer une glace à l'ombre, ainsi que d'un parc qui abrite une géocache de taille 3 (promptement loguée par vos serviteurs), quelques rangs de vigne et un petit labyrinthe taillé au milieu des fleurs sauvages. Si vous êtes de passage dans la région, la balade vaut le coup. 

Jusqu'au 29 septembre 2013
Entrée libre et gratuite
Château de Laréole
31480 Laréole

samedi 17 août 2013

Balade aux deux jardins



Cet après-midi - notre dernier à Toulouse -, ma mère était de mariage. On se demandait ce qu'on allait bien pouvoir faire après notre Irish breakfast au De Danù quand j'ai eu l'idée d'une promenade au Jardin des Plantes situé non loin de là, juste à côté du Jardin Royal. Chacun d'eux abritait une géocache, et je me disais qu'on trouverait bien un banc à l'ombre pour lire ou dessiner...



Au final, on n'a logué qu'une cache sur les deux. Par contre, en cherchant vainement la première aux alentours d'une superbe cascade, j'ai découvert un belvédère qui surplombait l'ensemble du jardin. Certes, ses bancs et sa balustrade colorée étaient couverts de graffiti, et de légers effluves d'urine ou de marijuana nous chatouillaient parfois les narines. Mais il faisait une température parfaite, avec juste un souffle de vent qui agitait les grands arbres autour de nous, et nous nous sommes sentis si bien dans ce nid d'aigle que nous y avons passé une bonne heure et demie des plus sereines. 


vendredi 16 août 2013

Nouveaut(h)é: Thé des Sources du Palais des Thés



Longtemps, le Palais des Thés a été, avec Mariage Frères, mon principal fournisseur. Aujourd'hui, j'ai trouvé d'autres sources d'approvisionnement qui correspondent davantage à mes goûts de plus en plus spécifiques. Mais il est deux mélanges de chez eux dont je n'ai jamais interrompu le ravitaillement: le Thé du Hammam (vert à la rose, aux dattes, aux fruits rouges et à la fleur d'oranger) et le Thé des Alizés (vert à la pêche blanche, au kiwi et à la pastèque), parfaits en infusion à froid pendant les deux mois les plus chauds de l'année. Début juillet, j'en ai découvert un troisième qui est venu varier notre ordinaire estival: le Thé des Sources


Ce thé vert de Chine, associé à de la bergamote et de la menthe, existe en plusieurs conditionnements. Je le trouve un peu cher vendu en mousselines prêtes à l'emploi; par contre, en vrac, il ne coûte que 6€ les 100g. Et il est délicieusement rafraîchissant.

jeudi 15 août 2013

"Emily"


"Dans la vie d'Emily, il y a eu les repas animés, la ronde des jours et des choses à faire. Aujourd'hui, Emily est veuve. Ses enfants sont loin. Sa belle-soeur, Arlene, lui tient compagnie. Emily aime la musique classique, les musées, les petits déjeuners copieux du Eat'n Park. Sa santé est bonne. Elle ne manque de rien. A 80 ans, le temps semble infini et la solitude se change en une liberté inédite."

Ce roman m'a été conseillé par Miss Sunalee, dont les goûts en la matière sont radicalement opposés aux miens. Mais le sujet me séduisait, et un coup d'oeil à l'intérieur a suffi à me convaincre que le style devrait me plaire aussi. Résultat: j'ai passé quelques heures délicieuses en compagnie d'Emily. Sans toutefois rivaliser avec Tatie Danielle, cette vieille dame à la forte personnalité n'a pas que des traits de caractère sympathiques. Elle est plutôt maniaque, très conservatrice (même si, par amour, elle accepte l'homosexualité d'une de ses petites-filles), d'une frugalité qui confine à la pingrerie et pas toujours d'une grande générosité de coeur. Mais Stewart O'Nan fait entrer le lecteur dans ses pensées de telle sorte qu'il devient presque impossible de la juger - parce qu'on comprend trop bien ce qui, dans son parcours, conditionne chacune de ses réactions. A partir d'un quotidien extrêmement banal et répétitif, il réussit l'exploit d'écrire un roman passionnant, dont chaque chapitre court est consacré à un micro-événement de la vie d'Emily. Bien qu'elle se laisse parfois aller à une inévitable nostalgie, son héroïne n'est pas du genre à cultiver l'amertume ou les regrets, mais plutôt à profiter de ce que le présent peut encore lui offrir. La mort ne lui fait pas peur. Ainsi, "Emily" est à la fois un beau et vivant portrait de femme au crépuscule de sa vie, et une collection de petits riens qui devrait plaire à tous les amateurs de littérature du quotidien.

(Avant "Emily", il y a eu "Nos plus beaux souvenirs", qui met en scène la même famille quelques années plus tôt, juste après la mort de l'époux d'Emily. J'ai très envie de le lire maintenant, mais je crains que le faire "à l'envers" m'empêche de l'apprécier correctement.)

mercredi 14 août 2013

"Moi, moche et méchant 2"


Pour pouvoir profiter un peu de mes neveux, j'ai eu l'idée de les emmener au cinéma hier après-midi. J'ai regardé les programmes du Gaumont Labège (stratégiquement situé face au Tommy's). "Epic", qui avait ma préférence, ne passait qu'à 10h40. "Les Schtroumpfs 2", plutôt mourir d'une overdose de salsepareille. "Monstres Academy", il paraît qu'il est moins bien que le précédent, et je n'avais déjà pas aimé le précédent. Restait "Moi, moche et méchant 2".

Ni Chouchou ni moi n'avions vu le premier, mais l'aîné de mes neveux s'est chargé de nous faire un résumé dans la voiture pendant que je tentais désespérément d'obtenir une image sur l'appli GPS du smartphone de Chouchou. C'est donc dûment briefés que nous avons débarqué pour la séance de 15h50. J'espérais juste ne pas trop m'ennuyer; j'ai été agréablement surprise de me bidonner de bon coeur pendant toute la durée du film. 

Gru, ex-méchant reconverti en bon père de famille, se voit proposer une mission secrète pour le compte de l'Agence Vigilance de Lynx: découvrir qui a volé un sérum capable de transformer une paisible créature en monstre violet assoiffé de sang. On lui assigne pour partenaire la pétillante Lucy Wilde et pour poste d'observation une boutique de cupcakes située au milieu d'un centre commercial. Très vite, ses soupçons se portent sur Eduardo, le propriétaire d'un restaurant mexicain...

Si ni le scénario ni la fin ne réservent beaucoup de surprises, "Moi, moche et méchant 2" reste un film plein d'humour, d'énergie et même de charme. Gru, tout pataud en amour, devient hyper attendrissant en papa-poule de ses trois adorables fillettes adoptives. Pour l'aider dans son quotidien et sa nouvelle entreprise de fabrication de confitures, il dispose d'une armée de minions, sorte de Lapins Crétins croisés avec des emballages de surprise Kinder par lesquels arrive la majeure partie des gags. Quelques clins d'oeil sont réservés aux accompagnateurs adultes des jeunes spectateurs - notamment les allusions à La croisière s'amuse ou aux Village People. Bref, un bon moment pour toute la famille.

(Et un bonus inattendu pour les traducteurs de fantasy qui, comme moi, peinent depuis des années à trouver une traduction acceptable au terme "minions" - littéralement, "suppôtszitoires". Grâce à "Moi, moche et méchant", il se pourrait bien que le mot anglais passe dans le vocabulaire français, hourra!)

(Par contre, Eric Cantona? Désolée, mais c'est toujours pas un acteur. Son interprétation d'Eduardo est bien la seule chose qui m'a fait grincer des dents dans le film.)

mardi 13 août 2013

Fille à chat sans chat




Il y a un an jour pour jour, nous faisions euthanasier Scarlett dans les larmes. Et même si, depuis, j'ai subi une perte encore plus grande, je pense très souvent à elle, et elle continue à me manquer. Pendant près de vingt ans, j'avais toujours eu au moins un chat à la maison. Désormais, l'endroit où je vis me paraît vide et sans âme. 

Nous avons décidé d'un commun accord de ne pas adopter d'autre boule de poils: notre appartement est trop petit, trop dépourvu de portes, et l'un de nos buts principaux pour les années à venir est de multiplier les voyages autant que possible. Passer notre temps à confier un animal à la garde d'une amie compatissante ne nous semble juste ni pour l'animal, ni pour l'amie en question. 

Reste que chaque fois qu'un de mes contacts Facebook poste la photo d'une portée de chatons de six semaines ou d'un chat abandonné qui sera euthanasié si personne ne l'adopte rapidement, mon ventre se tord du désir de plonger mes mains dans leur fourrure, de sentir leur corps chaud roulé en boule contre moi, de les entendre ronronner comme un petit moteur. 

Ma vie est moins compliquée de ne plus avoir de chat. Elle est aussi moins belle et, quelque part, moins complète.

lundi 12 août 2013

Tournesols néanmoins



Ce n'est pas la photo qu'on voulait. 
La veille, on était passé par là à deux heures de l'après-midi. Et on avait admiré ces champs de tournesols, mais sur une autre portion de route, avec un point de vue différent et surtout un ciel d'un bleu bien plus intense, magnifiquement strié de gros nuages blancs. 
Le temps qu'on décide de s'arrêter pour prendre la photo, le panorama et le moment étaient déjà loin dans le rétro. 
On est repassé par là le lendemain. Mais à sept heures du soir, sous un ciel sans intérêt, alors qu'on avait le soleil de face et que les tournesols courbaient la tête à l'approche du crépuscule. 
Cette fois, on s'est quand même arrêté pour prendre la photo. 
Elle ne correspond pas du tout à ce qu'on avait en tête. Forcément, on est déçu. 
On peut l'effacer avec un sentiment d'amertume. Ou bien, on peut tenter de l'aimer telle qu'elle est, occulter le bleu délavé du ciel pour se concentrer sur l'océan jaune et noir des tournesols. Plus très droits, pas très épanouis, mais tournesols néanmoins. 
Et se dire que la prochaine fois, on s'arrêtera tout de suite sur le bord de la route pour saisir l'occasion parfaite. 


dimanche 11 août 2013

Cocktail estival




C'est une balade sans but véritable, juste pour s'échapper de la maison profiter du beau temps. A l'aller, magnifique succession de champs de tournesols sous un ciel sublimement nuageux. J'hésite à m'arrêter en rase campagne pour prendre des photos. Le temps que je me décide, il est trop tard. "Tu n'écoutes pas assez ton intuition première", me dit Chouchou. Il a raison. Ca ferait une bonne résolution n°1 pour un mois prochain, d'ailleurs. Garée tout au fond du parking de Balma-Gramont pourtant aux trois quarts vides à cette heure-ci, parce que pourquoi se mettre juste à côté de l'entrée du métro quand on peut se taper la traversée d'une grande étendue de bitume en plein cagnard? Les travaux sont enfin terminés rue d'Alsace-Lorraine et square Charles de Gaulle, où des jets d'eau jaillissent du sol comme sur la place Flagey à Bruxelles. Nous attendons que deux badauds se lèvent du muret en face pour grimper dessus genre "On prend des photos de la fontaine" et, discrètement, récupérer la géocache aimantée à une gouttière. Un peu plus loin, au Palais des Thés, nous achetons du Thé des Sources pour le faire infuser à froid pendant notre séjour. C'est douloureux de me promener dans ce centre-ville où j'ai des souvenirs de mon père à tous les coins de rue. Déambuler au hasard dans le piétonnier jusqu'à Esquirol. En revenant sur nos pas par un autre chemin, découvrir une rue pleine de librairies où je n'étais jamais passée. Entrer dans des magasins, ne jeter qu'un coup d'oeil indifférent aux étalages. Marcher comme un robot sans avoir envie de rien - pas super pour mon moral, mais très bon pour mon porte-monnaie. S'installer à la terrasse de chez Octave. Etre tentée par ce nouveau parfum, là, Jolie Fleur: sorbet au fromage blanc à la fraise et à la rhubarbe confites. Hésiter: abricot, pêche, melon, ananas ou caramel beurre salé seraient des choix plus sûrs. Ecouter mon intuition première et tenter le Jolie Fleur. On dirait du Petit Gervais à la fraise glacé, c'est délicieux, merci mon intuition première. La dernière fois que je suis venue ici avec mes parents, mon père n'a mangé que deux cuillères de son sorbet au citron avant de renoncer parce que le froid lui brûlait la bouche. Il n'a même pas touché aux mini-meringues que pourtant il adorait. Je savais déjà que ce serait son dernier été. Comme je ne peux décemment pas me mettre à sangloter en pleine place du Capitole, je range tout ça dans un coin de ma tête. Un petit tour à la Fnac, où je cherche deux livres dont je ne me rappelle ni le titre, ni le nom de l'auteur, ni même de quoi ils parlent. A la couverture, j'en reconnais un. Un bandeau annonce: "Si vous aimez Katherine Pancol, vous allez adorer Valérie Gans". Je repose le bouquin comme s'il m'avait brûlé les doigts. A la place, je prends un poche sherlockien au pitch prometteur. Nous allons ensuite faire quelque courses à la parapharmacie Lafayette, installée depuis quelques mois dans de nouveaux locaux immenses. Elle en a profité pour diversifier son offre et propose maintenant, entre autres choses, de l'épicerie bio et/ou sans gluten - hourra! Je passerais des heures à regarder les huiles essentielles et la cosméto bio, mais je ne veux pas infliger ça à Chouchou. Nous prenons le chemin du retour, et nous nous arrêtons au passage chez ma soeur qui reçoit des amis. Je bois un délicieux sirop de menthe. Les enfants font de gros ploufs dans la piscine. Chouchou comate sur une chaise longue à l'ombre de l'olivier. Avec ma soeur, je n'arrive pas à parler d'autre chose que de ma mère. L'amertume de fond n'empêche pas les bonheurs du moment. Ou est-ce l'inverse?

vendredi 9 août 2013

"Les quatre soeurs: Quatre saisons"


La merveilleuse série de romans jeunesse de Malika Ferdjoukh ne cesse de faire des petits, et c'est tant mieux! Après l'excellente adaptation en BD réalisée par Cati Baur, dont le tome 2 doit - enfin! - sortir début septembre, c'est Lucie Durbiano qui s'y colle en mettant en images, au rythme des saisons, des anecdotes rédigées par Malika Ferdjoukh elle-même. Chaque double page présente ainsi une historiette narrée par tour à tour l'une des quatre soeurs Verdelaine (qui sont cinq en réalité, mais comme dans les romans, l'aînée Charlie ne donne jamais son point de vue... ou presque).

Ces historiettes ne sont pas extraites des romans; elles se contentent d'en reprendre les personnages, le contexte et le ton. Elles ne se situent ni avant ni après l'action des romans, mais plus probablement pendant, à côté de la trame principale. "Les quatre soeurs : Quatre saisons" constitue donc une excellente façon, soit d'aborder la série de romans, soit d'en prolonger le plaisir. J'avoue cependant que, de mon point de vue, les dessins de Lucie Durbiano souffrent beaucoup de la comparaison avec ceux de Cati Baur. Non qu'ils soient vilains, mais j'y retrouve moins les soeurs Verdelaine et la Vill'Hervé tels que je les imagine dans ma tête.

Maintenant, si ce n'est pas trop demander, j'adorerais un film ou une série télé "Les quatre soeurs" - la série se prêterait particulièrement bien à une adaptation sur grand ou petit écran!

jeudi 8 août 2013

L'été en pente amère




Demain, je pars passer une dizaine de jours chez ma mère avec Chouchou. Ca me remplit d'enthousiasme à peu près autant que la perspective qu'on m'enfonce des esquilles de bambou sous les ongles avant d'y mettre le feu. 

Je me souviens des premières vacances que Chouchou et moi avons passées à Toulouse. L'été comme à Noël, c'était des semaines formidables où on profitait de ma famille, de la Ville Rose, et où on faisait des tas de trucs fun. Je les attendais avec impatience, et au moment de rentrer, j'écrasais toujours une larmichette.

Puis mon père est tombé malade, et les séjours là-bas sont devenus de plus en plus pénibles. Maintenant qu'il est mort... je me sens totalement déconnectée de ma soeur, je n'arrive pas à parler à ma mère plus de deux minutes sans avoir des palpitations cardiaques, et je déteste cette maison que je n'aimais déjà pas beaucoup avant. 

Dernière nouveauté en date, ma mère - qui passe son temps à se goinfrer de sucreries - s'est mis en tête que mon nouveau mode d'alimentation n'était pas sain, que c'était idiot de ne pas manger de viande, que les féculents bruns étaient dégueulasses et qu'elle se faisait beaucoup de souci pour ma santé. Je sens que les repas vont être de grands moments. 

Je ne veux pas y aller, et je culpabilise de ne pas vouloir y aller. La majeure partie de l'année, je suis quand même bien protégée par les plus de 1000 kilomètres de distance entre ma mère et moi. Donc, il est normal que je fasse un effort pendant les vacances. Et je vais le faire, hein. Mais j'ai le ventre noué et envie de m'enfuir à l'autre bout du monde. 

Comme je préfère ne pas partir avec l'idée que ce sera forcément un enfer - vu que c'est le meilleur moyen pour que ça en devienne effectivement un -, je cherche ce que je pourrais faire pour m'occuper de façon agréable pendant mon séjour. Dans ma valise, j'ai plusieurs romans dont je suis raisonnablement certaine qu'ils vont me plaire: le dernier Neil Gaiman, le troisième récit autobiographique de Marlena de Blasi, "Emily" de Stewart O'Nan. J'ai également emporté de quoi crocheter un col en dentelle, et peut-être un collier. Un dîner d'auteurs et de traducteurs se profile à l'horizon pour le 15 août. Chouchou et moi avons l'intention de tester le brunch d'un pub irlandais recommandé par Nekkonezumi (hélas absente en ce moment). Il y aura aussi, sûrement, un peu de geocaching en ville, des glaces chez Octave et des baignades dans la piscine avec mes neveux. Un ciné en famille, peut-être. Et si je trouve le courage de m'y mettre, je pourrai enfin remanier le layout du blog. 

De l'agitation qui aura du mal à masquer le vide. 

Mon père aimait beaucoup la chanson "Mistral gagnant" de Renaud qui se termine par ces mots: "Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si, le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants". Les rires des enfants que je n'ai pas et que j'ai détesté être, je m'en fous pas mal. Les sifflements des pères en bonne santé, par contre, me manquent affreusement. Je sais bien qu'il faut faire son deuil des choses qui ne sont plus, inventer des façons de combler les gouffres ou de vivre avec le mieux possible. Mais c'est un long chemin sur lequel je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup avancé depuis octobre dernier. 

mercredi 7 août 2013

Des sabots suédois sans se ruiner


Ca faisait un petit moment que j'avais envie de sabots suédois tels que j'en admirais régulièrement aux pieds d'Elsie Larson dans son blog A beautiful mess. Problème: les Swedish Hasbeens coûtent dans les 200€. J'ai déjà eu du mal à mettre cette somme dans une paire de Uggs - qui, certes, le valaient bien au final -, mais dans une paire de chaussures dont la première en cuir brut est agrafée à la semelle de bois? No way.

Puis, à force de recherches sur internet, je suis tombée sur la marque Lotta From Stockholm qui propose des modèles en tous points identiques à ceux de Swedish Hasbeens... pour trois fois moins cher. J'ai quand même eu un moment d'hésitation. La qualité serait-elle à la hauteur? N'était-ce pas moralement discutable d'acheter une copie? J'ai fini par me dire que dans le fond, j'ignorais qui avait copié qui, et surtout que les Lotta From Stockholm étant visibles partout sur internet, en cas de problème, c'était à Swedish Hasbeens de sévir et pas à moi de faire la police. Quant à la qualité, les retours de consommatrices étaient excellents. 

Après une longue hésitation entre plusieurs modèles et en tenant compte des contraintes de pointure (je fais un 35 1/2 et les Lotta From Stockholm sont réputées tailler grand, ce qui signifie qu'il me fallait absolument un 35), j'ai commandé cette paire:




(Comme d'habitude, les rouges m'attiraient davantage, et ce dont j'avais vraiment besoin, c'était de sandales noires, mais je me suis dit que cette couleur irait aussi avec la plupart de mes vêtements d'été - et même mieux, peut-être.)

Je les ai reçues au bout d'une semaine, bien plus tôt que ce qui m'avait été annoncé. Au premier abord, rien à redire à la qualité. La semelle est bien taillée d'une seule pièce plutôt que pourvue d'un talon collé, comme c'est le cas de certaines imitations de Swedish Hasbeens. Le cuir est souple et épais; les agrafes semblent solides et la semelle anti-dérapante me rassure. Quand je les ai essayées, je les ai trouvées impeccables en longueur et un chouïa serrées en largeur; mais je venais de faire une balade de plusieurs heures par 35° dehors, et mes pieds étaient sûrement un peu gonflés. Et puis le cuir de bonne qualité s'élargit assez facilement de quelques millimètres: il suffit de porter les chaussures à l'intérieur avec de grosses chaussettes, pendant quelques heures.

Je craignais que la raideur de la semelle rende la marche difficile, mais pour ce que j'ai peu en constater jusqu'ici, la cambrure s'adapte parfaitement à celle de mon pied. Du coup, maintenant, j'ai très envie de celles-là pour l'automne... sauf que ça ne serait pas raisonnable! Je me contenterai donc de mettre très prochainement ces sabots en scène dans un shooting mode que certaine personne ne manquera probablement pas de me réclamer à cors et à cris. 

mardi 6 août 2013

"La dernière conquête du major Pettigrew"


J'ai reçu ce roman en VO à l'occasion du swap bonne humeur, et la couverture (infiniment plus croquignolette que celle de la VF!) m'a donné envie de l'entamer tout de suite. Bien qu'il soit assez épais, je l'ai dévoré en l'espace de cinq jours - à la terrasse d'un café ou d'un resto, vautrée sur mon canapé ou sur mon balcon, voire le soir dans mon lit. Il m'a inspiré le cruel dilemme propre à tous les bouquins géniaux: l'engloutir tout rond, ou l'économiser pour faire durer le plaisir? Si je ne suis pas boulimique avec la nourriture, il en va tout autrement avec la littérature, et j'avoue que j'ai dû me discipliner pour, pendant ces cinq jours, poursuivre parallèlement une activité normale telle que bosser ou entretenir mon logis. 

Vous l'aurez compris, j'ai ADORE "La dernière conquête du major Pettigrew". 

Retraité de l'armée britannique et veuf depuis six ans, le major Pettigrew vit à Edgecombe St Mary, au coeur de la campagne anglaise. C'est un homme d'honneur, doté d'un sens aigu des convenances mais aussi d'un humour fin et cinglant. Bien qu'il joue au golf, jardine et chasse volontiers, il préfère maintenir une distance polie vis-à-vis du reste du monde, amis et voisins compris. Son fils Roger, devenu banquier à Londres, est l'archétype du métrosexuel flambeur et arrogant; aussi n'ont-ils pas grand-chose à se dire. Du coup, lorsqu'un coup de fil lui apprend la mort de son frère cadet Bertie, le major Pettigrew éprouve cruellement sa solitude d'homme vieillissant. Les circonstances et un amour commun de la lecture vont le rapprocher de Mme Ali, la veuve d'origine pakistanaise qui tient l'épicerie du village...

Le thème du premier amour ayant déjà été vu, revu et corrigé par de nombreux écrivains, il est rafraîchissant, pour une fois, de lire une histoire de dernier amour. D'autant que le roman d'Helen Simonson est loin de se limiter à la peinture d'une idylle naissante. Autour du major Pettigrew et de Mme Ali, l'auteur développe une belle galerie de personnages et d'intrigues secondaires qui donnent vie à la petite communauté si typiquement anglaise et provinciale d'Edgecombe St Mary.

Le rythme est plutôt lent, voire très lent, mais il permet de savourer la finesse souvent acide des portraits et de s'attacher à un héros improbable, droit mais pas rigide, fidèle défenseur des traditions mais capable d'une belle ouverture d'esprit. Derrière des situations qui flirtent souvent avec la pure comédie, Helen Simonson parle de racisme ordinaire avec une très grande intelligence. "La dernière conquète du major Pettigrew" est l'équivalent littéraire d'un délicieux high tea pris au coin du feu dans un canapé en cuir avachi juste ce qu'il faut. Il donne envie de louer un cottage anglais pour les prochaines vacances de la Toussaint, et aussi de se ruer sur le deuxième roman d'Helen Simonson sa parution. C'est simple: dans ma liste de lectures du trimestre en cours, je lui ai attribué cinq étoiles.

lundi 5 août 2013

Reading in tearooms, restaurants and a few other places



1. Le Cha Yuan, Bruxelles 2 et 7. Le resto des artistes, Toulon 3, 12, 18 et 20. L'amour fou, Bruxelles 4. Le Comptoir Florian, Bruxelles 5. Exki Anspach, Bruxelles 6. Les gens que j'aime, Bruxelles 8. Le café de l'opéra, Toulon 9. Filigranes, Bruxelles 10. Exki Stéphanie, Bruxelles 11 et 16. Sur la place, Toulon 13. Le Taihon, Bruxelles 14. The flying Dutchman, Helsinki 15. Vol Finnair, Helsinki-Bruxelles 17. Le Chamo, Toulon 19. L'Anata, Bruxelles 21. Le bar de la place, Monpatelin

dimanche 4 août 2013

Canicule (et remède)




Les commerçants du village se plaignent tous de la chaleur: la boulangère qui officie à quelques mètres des fournils, la marchande de primeurs qui a 60 plateaux de melons à décharger à 16h... Seule la fleuriste s'en tire bien grâce à la fraîcheur s'échappant de ses frigos. Sortie de chez moi les cheveux encore trempés après ma douche, je suis rentrée une demi-heure plus tard avec toutes mes petites courses, les cheveux complètement secs, et je n'ai pas été fâchée de retrouver ma clim' dont la pose était finalement une idée de génie. L'après-midi, luttant contre une torpeur qui m'incitait à faire la sieste, j'ai lu sur mon canapé puis, quand la température extérieure s'est enfin décidée à tomber vers 19h, je me suis transportée sur mon balcon. Le soir, je n'ai pu m'endormir que le ventilateur réglé sur minuteur et tourné vers moi, allongée en petite tenue par-dessus les draps. L'été dans le sud, quoi. 

Ce n'est pas que je ne souffre pas de la chaleur (passé 35°, je transpire et je crame comme tout le monde), c'est que j'aime toutes les petites choses qui l'accompagnent. Le bruyant crincrin des cigales dans les pins parasols. L'odeur de poussière et de sève mêlées. Le bleu uniforme du ciel et les ondulations qui montent du bitume, pareilles à des mirages. L'excuse parfaite pour porter une jolie capeline ou un crâne petit chapeau de paille. Les orteils gaiement vernis de rouge dans les sandales. Le parfum des fruits d'été dans la corbeille, l'explosion des tomates dégoulinantes de jus quand la peau cède sous les dents. Le thé glacé consommé par litres dès le réveil. Le linge à peine pendu et déjà presque sec. Le moindre souffle d'air éprouvé telle une caresse divine. L'impression que le monde tourne au ralenti et que les journées n'auront jamais de fin. L'indolence permise. La sensation d'être en vacances même quand on travaille. L'optimisme automatique dans la lumière qui inonde tout. 

Vendredi après-midi, après quelques heures de travail étonnamment productives, j'ai eu la flemme de me traîner jusqu'à l'arrêt de bus pour tenter de gagner une zone où il y aurait de la vie. Au lieu de ça, je suis allée m'installer dans un des fauteuils en bambou du bar de la place avec le bouquin du swap bonne humeur et un diabolo-menthe à 1,60€, servi avec le sourire et l'accent du Midi. Pendant une heure, j'ai lu à l'ombre des platanes où circulait une brise très légère et où il faisait divinement meilleur que dans les rues goudronnées. C'était un moment ordinaire et parfait comme je les chéris tant.