dimanche 16 mars 2014

Pourquoi je n'ai pas aimé le Veronica Mars Movie (et pourquoi je l'ai aimé quand même)


Un an tout rond après le début du Kickstarter historique qui a servi à le financer, le Veronica Mars Movie est sorti sur les écrans américains et arrivé dans les boîtes mail de ses backers. Les premières critiques lues sur internet ainsi que le bon sens le plus élémentaire me commandaient de ne pas trop en attendre. Après tout, l'histoire que je voulais connaître, c'était celle de la Veronica de 19 ans qui venait apparemment de renoncer à son amour passionnel pour Logan et de bousiller la carrière de son père adoré - pas celle d'une Veronica quasi trentenaire. Parce que de deux choses l'une: ou elle aurait évolué au point de n'avoir plus de rapport avec l'héroïne que j'adorais malgré ses défauts, ou elle serait juste retournée à la case départ et je trouverais ça aussi attendu que peu satisfaisant. 

La seconde hypothèse était la bonne. 

Parce que Logan est injustement accusé de meurtre (sérieusement - encore?), Veronica, qui sort à nouveau avec Piz et s'apprête à entrer dans un cabinet d'avocats de New York, revient à Neptune ventre à terre. Et au cours de l'heure et demie qui suit, elle s'applique méthodiquement à retomber dans tous ses travers d'antan, comme si les neuf ans qui viennent de s'écouler n'avaient pas existé. Veronica ne peut s'empêcher de fouiller partout; Veronica utilise ses amis sans se soucier du tort qu'elle risque de leur causer; Veronica fout ses relations en l'air parce qu'elle est accro à l'adrénaline comme sa mère l'était à l'alcool. Bref, Veronica n'a pas grandi et rien appris. Bien sûr que j'avais envie qu'elle choisisse de redevenir détective privé plutôt que de se vendre au grand Capital. Mais j'aurais aimé qu'elle mûrisse un peu au passage, et qu'elle aborde les choses sous un angle vaguement adulte au lieu de se laisser contrôler par ses pulsions adolescentes. 

Autres doléances: la faiblesse de l'intrigue, et l'impression de regarder une trèèèèèès longue pub pour Samsung. Les tablettes de la marque sont partout, et constituent même un élément-clé dans l'affaire de meurtre. Je comprends l'inévitabilité du placement produits, mais trop, c'est trop! Ajoutez à ça qu'il y avait de gros problèmes de débit vendredi soir sur Flixster, et vous obtenez un premier visionnage über insatisfaisant. 

Pourtant, malgré tous les défauts que je lui trouve, je suis contente que ce film existe. 

D'abord à cause de la façon dont il a vu le jour. Je suis très enthousiasmée par le concept du crowdfunding, qui offre aux créateurs la possibilité de réaliser leurs projets sans nécessairement passer par des circuits traditionnels plus intéressés par le fric que par l'art, et il me semble que le succès éclatant du Veronica Mars Movie a beaucoup contribué à le faire connaître du grand public. Et puis l'enthousiasme inouï de la communauté des fans tout au long de cette année était vraiment beau à voir - tout comme l'énergie déployée par Rob Thomas et Kristen Bell (qui n'avaient ni l'un ni l'autre besoin de ce film pour booster leur carrière)  et le plaisir évident qu'ont pris tous les acteurs à retrouver leur rôle en dépit d'un salaire minimal. S'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est que le Veronica Mars Movie est un labor of love

Et puis tout de même, les dialogues restent jubilatoires; les nombreux clins d'oeil aux fans de la première heure sont archi gratifiants; l'alchimie entre les acteurs - notamment Kristen Bell et Enrico Colantoni: go, Papa Mars, go! - fonctionne toujours à la perfection. Surtout: le sentiment de manque créé par la fin abrupte de la série exigeait une conclusion, si tardive et imparfaite soit-elle. Malgré mon insatisfaction, j'ai eu le coeur serré lorsqu'a démarré le générique de fin, la version longue du morceau des Dandy Warhols dont les premières mesures suffiront toujours à me replonger dans l'atmosphère si captivante de Neptune. 

2 commentaires:

ElanorLaBelle a dit…

Tout à fait en accord avec toi. Je ne peux pas dire que j'ai adoré et je m'attendais plus ou moins à ça en fait (même si j'avais quelques espérances). Mais je pense qu'au final, c'est mon sentiment de satisfaction quant au fait que cette série a désormais vraiment une fin qui prend le dessus.
Comme quoi tout est possible :)

Anonyme a dit…

Mouais.. je comprends pas très bien la critique. Veronica a évolué seulement il y a des choses qui sont en elle et cette fois ci elle est honnête avec ça.. rien que ça est un geste de maturité.