mercredi 12 mars 2014

Tante Hilda!


Botaniste émérite, personnalité généreuse et farfelue, Hilda règne sur d'immenses serres où elle a rassemblé toutes les plantes du monde, auxquelles elle parle comme à des amies. Quand elle n'est pas occupée à veiller sur ses vieux parents à moitié séniles mais toujours adorables, elle lutte activement contre les OGM. Pendant ce temps, tapie au fond d'un souterrain en compagnie de ses sbires, la très cupide Ursula pousse un scientifique avide de reconnaissance à créer l'Attilem, sorte d'asperge géante à la croissance si rapide qu'elle pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde. Hilda pressent une catastrophe écologique, et elle n'a pas tort...

"Tante Hilda!" était le film présenté en clôture du festival Anima 2014. Avant la projection, un de ses créateurs est venu en dire quelques mots. "Il s'agit d'un long métrage entièrement réalisé à la main, dont la conception nous a pris 7 ans. Une de ses particularités, c'est qu'il a pour personnages principaux deux femmes, et même, deux femmes d'âge mûr!" a-t-il déclaré fièrement. Alors, je ne doute pas que ce monsieur soit très bien intentionné, et j'applaudis la performance artisanale. Mais qu'il présente comme un choix original et courageux le fait de centrer son film sur deux individus qui non seulement possèdent un vagin (à l'instar de la moitié de l'humanité, donc) mais ne sont plus au top de leur sexytude, ça m'a tout de même légèrement navrée.

Pour le reste, je suis assez partagée dans mon avis sur "Tant Hilda!". Malgré l'animation minimaliste, le graphisme m'a vraiment enchantée. D'un côté, les serres d'Hilda à l'atmosphère si poétique, presque magique; de l'autre, les souterrains futuristes glaçants d'Ursula; entre les deux, une planète prise en otage. Les voix de Sabine Azéma et Josiane Balasko collent parfaitement à leurs personnages. Le propos, en revanche (= les OGM et le capitalisme, c'est le Mal), m'a paru quelque peu simpliste, voire carrément naïf. Disons que le film aurait pu faire mouche auprès d'un public adulte il y a dix ou quinze ans. Aujourd'hui, il constituera essentiellement une bonne entrée en matière pour sensibiliser les enfants aux problèmes de développement durable.

2 commentaires:

Morgan a dit…

C'est un peu ce que je reprocherais aux prod de Jacques-Rémy Girerd de manière générale : à chaque film, ils se flattent du travail artisanal et long censé compenser un propos souvent simpliste ou limité (ça m'a fait ça aussi avec Mia et le migou, où ils s'étaient aussi auto-congratulés avant projection). OK, c'est super de faire ça comme ça, mais bon voilà, c'est un choix et on n'a pas à s'en féliciter à chaque coup. Et ce serait bien de commencer à travailler les scénario un peu plus en profondeur, la technique ne fait pas tout...
Parce que pendant ce temps-là, les autres font du Ernest et Célestine, du Minuscule, du Jack et la mécanique du cœur et autres petits bijoux d'animation qui dépotent aussi bien en technique qu'en histoire...

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord Morgan....
pourtant j'ai aimé la prophétie des grenouilles et Mia et le migou pour le graphisme mais là je ne sais pas pourquoi je suis sceptique... j'hésitai à la voir par ce coté les biens d'un coté , le mal de l'autre et bien d'autres choses ... vais attendre un peu et me laisser guider avec le temps.
cependant ENORME coup de coeur pour ERNEST et CELESTINE , les dessins sont sublimes , doux et en plus c'est mon chouchou PENNAC...
Emilie