jeudi 1 mai 2014

"What did you eat yesterday?"


Shiro Kakei est avocat. Il a choisi de travailler dans un cabinet de taille modeste pour ne pas que sa carrière empiète sur le reste de sa vie. Agé de 43 ans, il conserve une beauté presque dérangeante. Il adore faire la cuisine et, comme il est très radin, il recherche constamment les bonnes affaires au supermarché - allant jusqu'à proposer à une inconnue de partager avec elle une pastèque en promotion. Ses collègues de travail ne sont pas au courant, mais Shiro est homosexuel et vit depuis quelques années déjà avec Kenji Yabuki, un coiffeur ouvertement gay au tempérament beaucoup cool et extraverti que le sien...

Ce manga de Fumi Yoshinaga, à qui l'on devait déjà "Le pavillon des hommes", offre un mariage très réussi entre bédé culinaire et chronique du quotidien d'un couple gay ordinaire. Chaque soir, Shiro prépare quantité de petits plats dont il récite la recette dans sa tête, et lorsque Kenji rentre à la maison, les deux hommes dînent en se chamaillant pour des questions de budget ou de jalousie. Leur relation est globalement bien acceptée; pourtant, Shiro est agacé par les réactions excessives ou maladroites de ses parents auxquels il n'a toujours pas présenté Kenji, et il répugne à dévoiler cette partie de sa vie privée à son entourage professionnel. C'est un héros assez froid et rigide, peu attachant au premier abord, mais on sent que l'auteur va révéler petit à petit les nuances de son caractère et les raisons de son amour pour Kenji - qui est a priori son contraire exact. Un manga plein de sensibilité, d'humour et de gourmandise, dont les tomes suivants vont paraître (en anglais) au rythme d'un tous les 2 mois. 

3 commentaires:

Morgan a dit…

Rah, flûte, pourquoi ne sort-on pas plus de Fumi Yoshinaga en version française ?! Rageant...

Mlle Funambuline a dit…

Oooh mon libraire va avoir des commandes, je le sens.

shermane a dit…

Je suis pas sûre que "Fumi Yoshinaga" soit le nom le plus vendeur :D
J'ai du mal avec Le Pavillon des Hommes depuis plein de volumes, trop pointu pour moi, je me perds.