vendredi 20 juin 2014

"Bird people"


Alors qu'il séjourne au Hilton de l'aéroport de Roissy, Gary Newman, homme d'affaires américain dont le couple va mal et dont le boulot le soumet à d'énormes pressions, décide brusquement de tout plaquer. Quelques heures plus tard, Audrey Camuzet, femme de chambre débutante encore curieuse de la vie des clients dont elle pénètre brièvement l'intimité, va faire une expérience surnaturelle qui changera son regard sur le monde... 

Bien que strictement exact, le résumé ci-dessus ne donne qu'une très vague idée de l'étrange objet cinématographique qu'est "Bird people". La première moitié, consacrée à Gary, donne l'impression de regarder un film intimiste sur le burnout d'un type qui incarne tous les travers du capitalisme moderne. C'est lent, peu bavard, ultra terre-à-terre, et ça réussit quand même à faire mouche par sa justesse. Mais c'est dans sa seconde moitié que "Bird people" prend vraiment son envol, déployant une poésie inattendue dans cet environnement de béton et de verre. 

Quelques scènes très touchantes m'ont totalement envoûtée: le pré-générique où l'on entend tour à tour les pensées de chaque voyageur d'une rame de RER; le face-à-face magique entre un dessinateur japonais et le moineau qui vient de s'introduire dans sa chambre par la fenêtre entrouverte; le survol de Roissy by night au ralenti, avec "Space oddity" en bande sonore... "Bird people" fait éclore de l'humanité vibrante dans les endroits où on s'attend le moins à la trouver. A travers les yeux noirs pétillants d'Anaïs Demoustier, il donne envie de porter un regard émerveillé sur le monde qui nous entoure, si gris et si banal puisse-t-il sembler parfois. 


 


1 commentaire:

Isa a dit…

Je n'ai jamais entendu parler de ce film mais tu me donnes vachement envie de le voir ! Merci :)