vendredi 31 janvier 2014

Janvier 2014



January victory log





Administratif:
- Carte européenne d'assurance maladie renouvelée pour un an
- Compta pro de l'année 2013 bouclée (du premier coup!), ce qui va m'alléger l'étape toujours douloureuse de l'élaboration de la 2035 pour la déclaration de revenus

Blog:
- Bannière renouvelée avec des photos des 4 derniers mois (pour la suite, je vise deux fois par an: janvier, donc, et juillet)
- Un article sur "Le rose et le noir" publié dans le numéro de janvier du magazine bruxellois Wolvendael
- Une sympathique mini-rencontre de lecteurs organisée sur Toulon

Boulot: 
- Fin de la traduction du 6ème et dernier tome de la série "The lying game"
- Début d'un one-shot génial: "The first fifteen lives of Harry August"
- En tout, j'ai produit un peu plus de 600 000 signes ce mois-ci: pas un record, mais plutôt dans la moyenne haute de ces dernières années me semble-t-il

Culture:
- 16 livres lus (8 romans, 6 bédés, 2 divers - récapitulatif en fin de trimestre)
- 5 films vus: au cinéma ("The lunchbox", "La vie rêvée de Walter Mitty", "Tel père, tel fils"); à la maison, "Twilight: Breaking dawn part 2" et "Lettre à Momo"
- Abonnement à la version numérique du magazine australien Frankie

Geocaching:
- 1 cache trouvée à Charleroi

Loisirs créatifs:
- Crochet: fin du plaid commencé fin novembre et interrompu faute de laine.
- Point de croix: suite du Cthulhu commencé pendant les vacances de Noël
- Point de croix: une petite licorne blasée

Maison:
- Changé la table basse du salon de Monpatelin

Santé:
- Révision annuelle chez la gynéco, et bilan beaucoup plus positif que je ne l'espérais

Sport:
- 5 cours de Pilates, 1 cours de yoga, 4 séances de piscine

Je m'étais interdit d'embrayer quand quelque chose m'énervait. Du coup, je ne me suis mêlée d'aucune discussion controversée et pris la tête avec personne sur Facebook - un gros gain de temps et d'énergie. Mais j'avoue que quand le statut d'un contact me hérissait tout particulièrement, il m'est arrivé d'aller bitcher en MP avec une connaissance commune, ce qui est certes humain mais ni très productif ni très gracieux.
Avec les fournisseurs de service, j'ai juste laissé filer. Par exemple, quand le livreur du Tom Yam est arrivé avec une demi-heure de retard, j'ai pensé que c'était plus probablement la faute de la cuisine ou de la circulation que la sienne, et je n'ai rien dit. J'avais toute la soirée devant moi, et manger un peu plus tard que prévu ne prêtait nullement à conséquence, alors pourquoi me prendre la tête sur une question de principe? 
Professionnellement, quand un éditeur traînait pour me payer ou me demandait un truc imprévu qui foutait le bordel dans mon planning, j'ai attendu en tapant dans ma trésorerie (parce que je pouvais me le permettre, sinon j'aurais réclamé gentiment) et fait le truc imprévu en plus du reste après avoir juste râlé un poil en privé. Résultat: on a loué "ma réactivité légendaire", et la réorganisation dont je ne voulais pas entendre parler s'est révélée positive parce qu'elle m'a permis de m'adapter progressivement au style plutôt chiadé d'un nouvel auteur. 
Comme je m'y attendais, savoir que je m'interdisais toute riposte a supprimé la tentation du sarcasme et en grande partie désamorcé le piège de la rumination. Elle m'a également évité un certain nombre d'accrochages inutiles voire néfastes. Une expérience de lâcher prise très positive, donc, que j'ai l'intention de poursuivre à l'avenir.

Un mois très productif qui démarre l'année 2014 en beauté!

jeudi 30 janvier 2014

Parfois, il faut savoir perdre du temps pour en gagner




Ce matin, comme ça m'arrive parfois après avoir dormi trop longtemps ou eu trop chaud pendant la nuit, je me suis réveillée avec une vilaine migraine, de celles qui donnent envie de vomir. J'ai dégainé mon huile essentielle de menthe poivrée, mais exceptionnellement, elle n'est pas venue à bout de mon mal de tête. J'avais beaucoup de travail et pas la possibilité de glander une journée entière, alors, je me suis quand même mise au boulot en serrant les dents. J'ai peiné à finir la moitié de mon quota de pages quotidien, et pensé que je ne tiendrais pas tout l'après-midi dans les mêmes conditions.

Sans grand espoir, j'ai pris un Doliprane. Puis j'ai mis un masque sur mes yeux et je me suis roulée en boule sur le canapé avec ma couverture rayée pour attendre que ça passe. Je n'ai fait que somnoler, mais petit à petit, la nausée et la migraine ont recédé. Vers 14h30, j'ai pu me lever, me faire réchauffer un bol de soupe, grignoter quelques tartines et me remettre au travail. J'ai fini bien plus tard que d'habitude, mais j'ai fini quand même, et je ne pense pas que la qualité de ma traduction en ait été (trop) affectée - on verra à la relecture finale. En somme, j'ai perdu du temps pour mieux en gagner, un réflexe que je considère comme essentiel à la gestion optimale de mon énergie physique et mentale. 

(Maintenant, je vais tenter de déterminer comment je peux avoir trop chaud la nuit dans un appart' où le thermostat est réglé pour descendre à 17° entre 23h et 6h, et ce, alors que je suis la fille la plus frileuse de la création. "Tu n'as qu'à dormir toute nue", suggère Chouchou, ce Belge isotherme jamais à court d'arguments pour me faire tomber le pyjama. Ce qui, certes, est une solution pratique mais ne répond pas à ma question. Après avoir passé l'après-midi à disséquer l'interaction nucléaire faible et l'interaction nucléaire forte de l'atome, j'ai soif d'explications scientifiques, moi, Môssieur.)

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (2)





1. Teoz, Monpatelin-Toulouse 2 et 20. Le Pain Quotidien - Sablon, Bruxelles 3. Mangetsu, Bruxelles 4 et 9. Sur la Place, Toulon 5. La Théière, Toulon 6. Caffé Florian, Venise 7 et 12. Pho Pho, Bruxelles 8 et 13. Comptoir Florian, Bruxelles 10. Mamma Roma - Jourdan, Bruxelles 11. Filigranes, Bruxelles 14, 15 et 18. L'Aparté, Toulon 16. Sterling Books, Bruxelles 17. Tata Bidule, Toulouse 19. Le Chantilly, Toulon 21. Exki - rue Neuve, Bruxelles

mercredi 29 janvier 2014

Où je transpire figurativement, et où j'aime ça




Courant novembre, un nouvel éditeur m'a contactée pour me proposer une traduction. Une histoire de voyage dans le temps, un de mes sujets préférés en littérature. Une quatrième de couverture über intrigante. Un style très travaillé, et en bonus, le mystère de l'identité de l'auteur, qui s'est déjà fait connaître en publiant plusieurs romans à succès dans d'autres genres et qui signe ici d'un pseudonyme. Moins de cinq minutes m'ont suffi pour savoir que j'avais très envie d'accepter ce boulot. Puis j'ai demandé à quand serait fixée la date de remise, et on m'a répondu: fin février au plus tard. Alors que ça représentait environ six semaines de boulot pour moi, et que mon planning du premier trimestre 2014 était déjà plein. Mais elle me faisait tellement envie, cette traduction, que je me suis démenée pour lui trouver quand même une petite place. J'ai négocié un délai supplémentaire de trois semaines avec l'éditeur du tome 12 de "Pretty Little Liars", que je devais rendre fin février. Puis j'ai mis la gomme pour gratter une semaine sur la remise du tome 8 des "Seigneurs des Runes" (initialement prévue fin novembre) et deux sur la remise du tome 6 de "The Lying Game" (initialement prévue fin janvier), en me félicitant de prévoir toujours une marge en cas d'imprévus et en priant pour ne pas tomber malade avant fin mars. 

Quand je commence à traduire un nouvel auteur, il me faut toujours un moment pour m'adapter à son style. Ici, la principale difficulté réside en des phrases longues et très alambiquées, qui passent tout juste en anglais et pas du tout en français. Dilemme: les couper en deux pour les rendre plus digestes, mais ce faisant, toucher à la spécificité de l'écriture, ou les raccourcir légèrement pour les garder d'un seul tenant, mais au prix du sacrifice de quelques adverbes et autres détails? Non seulement il n'y a pas de réponse 100% satisfaisante (quel que soit votre choix, il y aura toujours quelqu'un pour penser que vous n'avez pas fait le bon), mais la réponse la moins insatisfaisante change d'une fois sur l'autre, de sorte qu'il faut se reposer la question à chaque phrase ou presque. Bien entendu, la vitesse de travail s'en ressent. Mais une fois que je commence à être vraiment dans le texte, à acquérir une méthode et un rythme, quelle satisfaction de déjouer les pièges de la VO de plus en plus facilement! Quelle jubilation en relisant un paragraphe bien tordu et en constatant qu'il coule tout seul en français! Je n'avais pas bossé sur un texte aussi ardu, ni ressenti autant de satisfaction du travail accompli, depuis "Les Chroniques de Thomas Covenant". 

Autre difficulté de ce roman: une pléthore de références historiques et scientifiques, deux domaines dans lesquels j'ai une culture générale des plus moyennes. Heureusement que Google mon ami est là! Je n'ose penser au temps que j'aurais perdu en recherches si j'avais dû traduire ce roman quand j'ai débuté dans le métier, deux ans avant de découvrir internet - oui, je suis VIEILLE. Au tiers du bouquin, j'ai déjà dû me documenter sur: le cancer des poumons (avec le bonheur que vous imaginez...), la chronologie du Watergate, la structure des tanks allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale (un choix de traduction qui trahit ma nature pessimiste), les psychotropes (toutes ces substances que je n'ai jamais eu l'occasion de tester dans ma folle jeunesse!), la théorie du Big Bang vs. celle de l'état stationnaire, la topographie de Londres (tous ces quartiers où je n'ai jamais mis les pieds!) et les corsaires ottomans. D'ici à ce que je rende ma traduction, je devrais avoir gagné environ 10 000 XP dans ma compétence Culture Générale. Je ne m'en plains pas: j'aime gagner au Trivial Pursuit apprendre. 

Bref, je bosse beaucoup en ce moment, et c'est ma joie. Parfois, j'ai un peu de mal à caser tout ce que j'aimerais faire dans ma journée (avant-hier, un peu patraque, je me suis levée tard et ai dû renoncer à ma séance de Pilates du midi), mais le plus souvent, cette pression me booste et me donne envie d'être encore plus active par ailleurs. Je n'ai jamais eu autant d'idées et de projets, à la fois en attente et en cours de réalisation. 2014 devrait être une année extrêmement productive. 

Oui, mais le bouquin, me direz-vous? Après nous avoir mis l'eau à la bouche, tu ne vas quand même pas conclure ton billet sans nous filer le titre? Non, je ne suis pas si cruelle. Ca s'appelle "The First Fifteen Lives of Harry August", et c'est de la bombe. La VO sort début avril, et ma traduction française le mois suivant me semble-t-il. Je vous en reparlerai à ce moment-là, et j'en ferai sans doute gagner un exemplaire ici même. Stay tuned. 

mardi 28 janvier 2014

La boîte d'Hortense de janvier



Non, il ne s'agit pas d'une erreur de manip' sur Picasa: j'ai bel et bien oublié de cadrer la moitié du paquet de thé de droite en prenant ma photo - et le temps que je m'en aperçoive, 1/j'avais éventré le paquet de biscuits, 2/il faisait trop sombre pour prendre une autre photo. Oups.


La boîte d'Hortense est donc arrivée aujourd'hui en début d'après-midi. Sans attendre, je vous dévoile son contenu:

- 50g de thé de Jacques (Assam parfumé aux dattes, aux figues, au raison, à l'écorce de cacao et aux fleurs d'immortelle). Je ne suis pas fan de thé noir mais j'adore les dattes, donc le mélange m'intrigue suffisamment pour que je goûte. 

- 35g de tisane bio Bonne Nuit de la marque Hildegarde de Bingen (mélisse, feuille de mûre, fleur de sureau, thym, verveine, souci, bleuer, pétales de tournesol. Miraculeusement, aucun composant que j'exècre; je l'essaierai donc très volontiers. 

- 3 sachets individuels de la marque La route du thé: Bayman (vert aux fleurs et aux épices), Cavaliers Bleus (vert à la menthe, à la mangue, à la figue et aux pétales de rose) et Douceur d'Himalaya (Darjeeling à la bergamote et au jasmin). Le livret d'accompagnement annonce aussi un sachet de Tisane du Montagnard (tilleul, verveine, menthe poivrée, bigaradier, citronnelle) qui n'était pas présent dans ma box: dommage, le mélange avait tout pour me plaire. 

- Un sachet de biscuits "Intense chocolat" de Stephen Destrée, élu meilleur artisan de Belgique en 2010. Je les ai goûtés tout de suite: ils contiennent une pointe de sel et sont délicieux. 

- Deux bâtons de sucre (un brun, un blanc): pas le genre de "gadget" que j'achèterais, mais toujours sympa à utiliser. 

- Quelques filtres en papier: ça tombe bien, Chouchou était à court (moi, j'utilise un filtre-panier en métal) et j'avais la flemme de me traîner jusqu'au Palais des Thés juste pour ça. 

Une fois de plus, Hortense respecte ses engagements de qualité. Je vais de ce pas fouiner sur internet pour voir si quelqu'un a déjà dévoilé le contenu de la boîte bien-être!

lundi 27 janvier 2014

"The Rosie project"


Don Tillman a 39 ans. Brillant généticien, fin cuisinier, ceinture noire d'aikido et de karaté, il est en outre doté d'un physique avantageux. Mais même s'il ne s'identifie pas comme tel, Don présente tous les symptômes d'un autiste Asperger: détachement émotionnel, difficulté à intégrer les codes sociaux, tempérament obsessionnel-compulsif, attachement excessif à la routine... Si bien qu'il n'a jamais réussi à avoir plus d'un rendez-vous avec une femme. Quand il estime le moment venu pour lui de se marier, Don décide de procéder de manière scientifique, en établissant un questionnaire très précis à administrer aux prétendantes. Sa future épouse devra être non-fumeuse, extrêmement ponctuelle, surtout pas végétarienne, avoir un QI en rapport avec le sien, ne pas se maquiller, faire de l'exercice régulièrement et admettre qu'il n'existe aucune différence de goût entre deux parfums de glace. C'est alors que Rosie débarque dans son bureau. Elle gagne sa vie comme serveuse, est chroniquement en retard, a une hygiène de vie déplorable et peut reconnaître l'abricot de la mangue à tous les coups les yeux fermés. Bien entendu, Don décide immédiatement que ce n'est pas la femme qu'il lui faut. Mais comme, à sa grande surprise, il s'amuse bien avec elle, il décide de l'aider à chercher le père qu'elle n'a jamais connu...

La suite, on la voit venir gros comme une maison. Mais on s'en fout, parce que "The Rosie project" n'est pas un thriller. C'est un roman plein d'humanité dont le héros pourrait théoriquement être qualifié d'handicapé mental - sauf qu'au lieu de d'en faire un objet de moquerie (à la Sheldon Cooper) ou de pitié, Graeme Simsion peint de lui un portrait merveilleusement positif et attachant. Oui, Don est complètement psychorigide ça arrive à des gens très bien; oui, il fonctionne en se fiant à sa raison plutôt qu'à ses émotions ce qui me paraît quand même vachement plus efficace dans l'ensemble. Pourtant, malgré son intelligence, il n'est pas arrogant pour un sou. Il a conscience de ses failles, et il est prêt à tenter d'y remédier, mais jamais il ne s'excuse d'être ce qu'il est, et jamais il ne se laisse abattre par le regard que les autres portent sur lui. Sans compter que sa méconnaissance des conventions sociales le rend beaucoup plus tolérant que la plupart des gens "normaux". En fait, je crois que si Don Tillman existait pour de vrai, il pourrait devenir mon meilleur ami. Son histoire avec Rosie est drôle, pleine de tendresse, et elle fait chaud au coeur. Mille mercis à ma copine Marika qui m'a conseillé ce roman très feel-good.

Edit du 29/11/2015: Ce roman est désormais disponible en VF sous le titre "Le Théorème du homard". 

dimanche 26 janvier 2014

Du bon côté des périodes de vaches maigres (surtout pour une végétarienne)




L'année a commencé sous le signe des restrictions budgétaires. 
Chouchou vient de s'installer en indépendant. Il a passé le plus gros du mois à peaufiner son projet et commence juste à chercher des missions. Son dernier jour de boulot payé, c'était fin décembre. 
De mon côté, pour la première fois depuis très longtemps, je n'ai guère qu'une visibilité professionnelle à 6 mois. Je pense pouvoir boucler l'année sans trop de problèmes, mais de mon point de vue, tant que ça n'est pas signé, ça n'est pas signé. Et entre les vacances de Noël et l'allongement généralisé des délais de paiement, je n'ai pas touché le moindre cent depuis fin novembre (alors que j'ai bossé comme une brute pendant la même période). Oh, je sais que les sous vont finir par rentrer, mais en attendant, je vis sur mon Livret A. 
Donc, on fait gaffe. 
Pas de restos depuis le début de l'année. Pas de sorties ruineuses genre l'expo Lego. Pour la première fois depuis qu'on se connaît, aucun voyage de prévu pour cette année, même si on espère que ça viendra. 
Je ne vais pas dire qu'une petite partie de moi n'est pas frustrée. Sans avoir des goûts dispendieux, je n'ai guère eu à compter depuis fort longtemps. Et même si je n'ai jamais perdu de vue le fait que c'était une sacrée chance, je m'y suis un peu habituée. Je meurs d'envie de retourner à Copenhague et en Islande, de faire enfin le road trip californien dont nous parlons depuis notre dernier grand voyage au Japon en 2010, de découvrir Tallinn et Edimbourg, de rendre visite aux copines en Gruyérie... 
Mais bon, pour le moment, ça n'est pas possible, et ça n'est pas si grave. 
Au lieu d'aller au resto, nous testons des tas de recettes végétariennes délicieuses. Tous les jours ou presque, je nous prépare un nouveau jus de fruits et de légumes - enfin, je nous préparais: notre centrifugeuse vient de rendre l'âme, et ce n'est pas vraiment le moment d'investir dans un modèle plus haut de gamme. 
Le week-end, au lieu de bruncher ou d'aller nous promener par monts et par vaux, nous profitons de notre abonnement annuel (déjà payé) à la salle de sport. Piscine pour moi, vélo pour Chouchou, sauna pour tout le monde. Puis retour à la maison et écriture-broderie d'un côté de la table, dessin-méditation de l'autre. Le soir, nous nous blottissons sous une couverture pour regarder des films téléchargés sur internet DVD. Le mercredi après-midi, ma demi-journée de RTT auto-proclamée, plutôt que de faire les soldes, je bouquine dans un salon de thé. Au fond, ça ne tombe pas si mal avec la météo froide et pluvieuse de janvier qui incite fortement au cocooning. 
Nous ne manquons de rien, et surtout pas d'imagination pour embellir notre quotidien quelles que soient les circonstances. Nous savions depuis un moment déjà que 2014 serait une année de transition, et que ça impliquerait de réviser notre train de vie à la baisse, au moins temporairement. Ce qui colle pile poil avec ma démarche de simplification et de déconsommation. 
Je le disais récemment à mon amie Isa dont la situation actuelle est comparable à la mienne (et qui vit ça de la même façon décontractée): on ne peut pas empêcher les événements malheureux ou les revers de fortune. Mais on peut choisir la façon dont on y réagit pour en souffrir le moins possible, voire pour en retirer quelque chose de positif. 

samedi 25 janvier 2014

La petite licorne blasée


C'est toujours quand je ne cherche pas que je trouve. 
Par exemple, en ce moment, je devrais être en train d'avancer mon point de croix Cthulhu. Mais j'avoue que ses milliards de teintes de vert me fatiguent. Alors, quand je suis tombée sur cette photo complètement par hasard, j'ai aussitôt eu envie de copier le modèle.




Je n'ai pas trouvé de toile bleue, et j'ai eu la flemme d'en teindre de la blanche. J'ai donc récupéré une chute de mon habituelle Aida 14 lignée. Pour les fils, je n'ai rien acheté de spécial, me contentant de piocher dans mon stock et de broder avec 3 brins au lieu des 2 habituels, pour obtenir un résultat plus dense. J'ai également apporté quelques modifications au modèle, notamment dans la crinière et la queue. 

Après une petite soirée de boulot, je n'ai plus eu qu'à tailler un passe-partout dans un morceau de carton ondulé argenté, glisser le tout dans un cadre trouvé chez Hema l'an dernier à l'époque du projet "52 DIY" et promettre une brouettée de bisous à Chouchou s'il parvenait à prendre le résultat en photo de manière satisfaisante!

mercredi 22 janvier 2014

Happinez, le premier mindstyle magazine


Ce bimestriel dont le premier numéro vient de paraître en France, en Belgique et en Suisse n'est autre que l'adaptation d'un titre qui, selon son édito, existe depuis 10 ans et connaît un succès international. Personnellement, je n'en avais jamais entendu parler avant de recevoir un mail d'information à son sujet, mais comme je suis toujours avide de nouveautés presse et que Happinez semblait tomber pile dans le créneau qui m'intéresse, je me suis dit: Pourquoi pas? Le premier Relay où je l'ai cherché ne l'avait pas en rayon, mais ma seconde tentative fut la bonne. 

Que ce soit par son format (grand, trop grand même pour moi qui aime trimballer mes magazines dans mon sac), la beauté de ses photos, sa mise en page épurée ou les sujets abordés, Happinez se positionne très clairement sur le créneau bobo tendance New Age. Dans ce premier numéro, on rencontre Rajshree Patel, "visage féminin de la fondation L'Art de Vivre considérée comme l'un des guides spirituels les plus influents de notre époque", mais aussi le gourou culinaire Jamie Oliver, l'écrivain à succès Paulo Coelho, le philosophe écolo Pierre Rabhi ou l'acteur Michael Lonsdale. On visite un ryokan suédois (!); on parle d'apaisement des troubles du sommeil, on aborde la sérénité en 5 exercices; on évoque les vertus de l'hiver et la fin qui est aussi un recommencement, ou l'enfant en tant que miroir de ses parents; on suit le voyage d'un journaliste en deuil de son frère sur les traces du Bouddha; on fait du shopping "authentique, inspirant, durable, unique". En cadeau, on reçoit 24 cartes à piocher au hasard chaque matin, et portant des suggestions qui permettent d'aborder le monde avec un esprit neuf. 

Mes impressions? Le magazine est joli et agréable à lire, si l'on excepte le détail gênant pour moi de son grand format. Le contenu varié et pas trop ésotérique me paraît accessible à tous ceux qui s'intéressent à la spiritualité au sens large. Tout ne m'a pas intéressée, mais bon nombre d'articles m'ont interpelée, fait réfléchir ou confortée dans mes choix de vie actuels. Bref, j'achèterai sûrement les prochains numéros. Je regrette juste que Happinez soit positionné comme un féminin, car sa présentation n'a vraiment rien de girly et les sujets abordés concernent aussi bien les deux sexes.

mardi 21 janvier 2014

Photographies insolites #1



Pierre Javelle et Akiko Ido nous prouvent que même adulte, on peut jouer avec sa nourriture... et obtenir un résultat étonnant. 



Chino Otsuka se rajoute adulte dans des clichés d'elle enfant, comme pour devenir "une touriste au sein de sa propre histoire". Une chouette idée. 



...Bon, plus exactement, des rats et des ours en peluche miniatures. Personnellement, la plupart des rongeurs me donnent envie de m'enfuir en courant, mais on peut trouver ça mignon.



Jimmy Nelson fait le tour du monde à la recherche de tribus en voie d'extinction auxquelles il tire le portrait. Beau et poignant. 

Swap cocooning: le paquet que j'ai reçu


Bien entendu, le facteur est passé vendredi dernier pendant que j'étais à la salle de sport, et bien entendu, le paquet n'était pas indiqué disponible au bureau de poste à partir du samedi, mais du lundi. J'ai donc pris mon mal en patience pendant tout le week-end. Et hier, Chouchou ce héros a bravé le mauvais temps pour se traîner jusqu'à la porte de Namur pendant que je terminais un truc de boulot en urgence - vive lui!




La première chose que j'ai découverte en déballant le colis envoyé par Kleo, c'est un livre de cuisine "Mes pâtes à tartiner sucrées & salées". J'ai poussé un cri de ravissement: je suis fan des recettes de l'auteure Clea, dont je possède déjà "Veggie : Je sais cuisiner végétarien", qui est une vraie mine. Et justement, l'hiver, notre dîner des soirs de flemme prend généralement la forme d'une soupe de légumes et de tartines de pain aux céréales sur lesquelles nous alternons hoummous et dip de betterave. Cet ouvrage nous permettra de varier. Sans compter qu'il contient trois recettes de faux-mage (fromage vegan) que je suis très curieuse d'essayer. Quant au beurre de speculoos, je vais faire mine d'ignorer son existence, ce sera mieux pour tout le monde!

Le paquet de Kleo contenait également une crème nourrissante pour les pieds de la marque Senev. Sur le côté de la boîte, on m'informe que les pieds sont naturellement secs, tout comme les lèvres, et on me demande: laisseriez-vous vos lèvres sans protection? Ce à quoi je suis bien forcée de répondre: euh, oui, toujours, vu qu'elles ne se fendillent pas spécialement, et c'est d'ailleurs la même chose pour mes pieds. Cela dit, ce n'est pas parce que je n'en ai pas besoin dans l'absolu que je ne prendrai pas plaisir à la tester. Se poupougner, c'est encore plus agréable quand on passe beaucoup de temps à l'intérieur. Ou dans une piscine chlorée. Je dis ça, je dis rien. 

Venaient enfin deux objets complémentaires: un mug marqué "Enjoy the little things" - ce qui est assez drôle, parce que je suis en train de bosser sur une création perso en point de croix basée sur ce "slogan" exact - et une tisane Egyptian Nights à la menthe et à la camomille provenant d'un magasin londonien: Yumchaa, "curators of immodest tea". Pourtant, on cherche en vain les boobs à l'air sur le paquet. C'est quoi cette publicité mensongère? J'ai testé les deux le soir même, après un dîner à base de gratin d'épinards (ce n'était pas un soir de flemme) et un épisode de "House of lies" (dont la saison 3 s'annonce aussi décevante que la 2). La tisane est légère mais parfumée, et probablement très bénéfique pour la digestion. Merci Kleo pour ce joli paquet sur-mesure!




Quelqu'un d'autre a reçu son colis? Vous nous racontez? Ou mieux encore, vous nous montrez? 

lundi 20 janvier 2014

"Divergent"


Dans un monde post-apocalyptique où les gens sont divisés en cinq factions - les Altruistes, les Audacieux, les Erudits, les Sincères et les Fraternels -, l'heure du choix est arrivée pour Beatrice Prior, 16 ans. Mais le test qui doit lui révéler ses aptitudes profondes se révèle non-concluant. Beatrice est Divergente, un secret dangereux qu'on lui enjoint de dissimuler à tout prix. Ne se sentant pas prête à mener jusqu'à la fin de ses jours la même vie que ses parents Altruistes, elle choisit d'intégrer la faction des Audacieux et se rebaptise Tris. Mais l'initiation se révèle plus brutale et plus sélective que prévu... 

Premier tome d'une trilogie écrite par une jeune femme de 22 ans à peine, "Divergent" est une dystopie que beaucoup ont comparée à "The hunger games": même type de société ultra-compartimentée aux règles injustes, même type d'héroïne qui n'a pas froid aux yeux et qui va défier l'autorité en place, même succès de librairie foudroyant aussitôt suivi par une adaptation au cinéma. Pourtant, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne brille ni par la richesse ni par la beauté de son style. A la fin du premier chapitre, je me demandais comment j'allais tenir 400 pages de phrases sujet/verbe/complément.

Mais plus j'avançais dans ma lecture, plus j'avais du mal à lâcher le bouquin. D'abord, parce que l'histoire est drôlement bien menée avec son lot de révélations choquantes mais crédibles, savamment distillées de manière à maintenir l'intérêt tout du long. Ensuite, parce que je trouvais assez culotté de prendre une héroïne gentille et élevée dans le respect d'autrui pour en faire une casse-cou calculatrice. Tris affirme son individualité en perdant toutes les qualités avec lesquelles elle est arrivée chez les Audacieux, pour développer d'autres traits de caractère d'une moralité parfois douteuse. Ce n'est pas forcément un personnage attachant, mais on ne peut en aucun cas lui reprocher d'être manichéenne ou d'avoir des réactions attendues. Résultat: j'ai déjà commandé les tomes 2 et 3 pour voir comment elle va mener sa révolution.

J'ai lu ce roman en VO et ne peux donc rien dire sur la qualité de sa traduction française

dimanche 19 janvier 2014

Légère




Pour l'instant, je le vis très bien, cet hiver. 
J'ai énormément de travail jusqu'à fin février, et je pensais n'avoir rien le temps de faire d'autre à côté. Je m'inquiétais même de ne pas pouvoir me tenir à mon planning de sport. 
En fait, c'est tout le contraire qui est en train de se passer. Plus j'ai de boulot, plus je me force à me discipliner, plus la satisfaction de ce que j'ai accompli me donne l'envie et l'énergie nécessaires pour accomplir d'autres tâches sur ma lancée. 
Bien sûr j'imagine que cette courbe a une limite, que si je ne dormais plus que 3h par nuit et tentais de pondre 80 000 signes par jour, je m'écroulerais rapidement. Mais là, j'ai l'impression d'approcher ma productivité optimale. Et je reste zen face aux petites contrariétés, un peu parce que j'ai décidé de me taire ce mois-ci, un peu parce que j'ai autre chose à foutre que ruminer bêtement. Occupée, je me sens légère. 
L'action, meilleur anxiolytique du monde. 
Les facteurs extérieurs jouent en ma faveur. Ma dernière visite chez la gynéco, que j'appréhendais beaucoup, s'est soldée par un bilan positif qui m'a délivrée d'un énorme poids. Et la météo est plutôt clémente pour la saison: on tourne autour de 8-10° en journée à Bruxelles en ce moment, ce qui est assez inespéré. 
Je pense aussi que mon alimentation super-saine contribue à ma forme générale. Le combo "pas de viande-pas de gluten-beaucoup de légumes" me booste physiquement. Sans parler des effets secondaires de l'activité physique: pendant mon dernier séjour à Monpatelin, je me suis surprise plusieurs fois à regretter de ne pas pouvoir aller à la salle de sport. 
De la même façon qu'il existe une spirale infernale de la dépression, je pense qu'il existe un cercle vertueux de la positivité, de l'action et de l'énergie. Plus je coche de choses sur ma To-Do List, plus je me sens d'attaque pour en éliminer d'autres dans la bonne humeur, et plus le calme se fait dans ma tête.
Sur ce, je vous laisse: j'ai piscine. Pour de vrai.

vendredi 17 janvier 2014

"Sherlock" saison 3




Rarement j'aurai attendu quelque chose avec autant d'impatience que cette saison 3 de la fabuleuse adaptation moderne du Sherlock Holmes de Conan Doyle, réalisée par la BBC avec le very yummy Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre et l'excellent Martin "Bilbo" Freeman dans celui du sidekick. 3 nouveaux épisodes d'une heure et demie chacun ont été diffusés à la télé anglaise entre le 1er et le 12 janvier - et seront disponibles en DVD à partir de lundi.

Et rarement une saison de n'importe quelle série télé m'aura laissée aussi perplexe et frustrée à la fin.

(ATTENTION: SPOILERS!)

Dans "The empty hearse", Sherlock revient parmi les siens après une absence de deux ans. Traumatisé par la mort de son sociopathe préféré, John a néanmoins fini par se consoler dans les bras de son âme-soeur, Mary, qu'il compte épouser. D'entrée de jeu, le spectateur est étonné par la compréhension dont Mary fait preuve vis-à-vis de leur relation un peu particulière, et par ses réactions pleine de sang-froid en cas d'urgence. Clairement, il ne s'agit pas d'une femme ordinaire. Pour ce qui est de savoir comment Sherlock a mis en scène sa propre mort, on a droit non pas à une, mais à trois explications alternatives, toutes plus délirantes les unes que les autres, et on ne connaîtra sans doute jamais la vérité - même si on peut aisément en reconstituer une approximation. Mais l'important n'est pas là. Ce premier épisode contient plusieurs face-à-face excellents, notamment celui de Sherlock et Mycroft qui éclaire un peu la relation entre les deux frères et fournit cette réplique immortelle de Holmes Senior: "I live in a world of goldfish" (j'envisage de la broder et d'en faire ma devise). Outre le fait qu'il introduit un nouveau "grand méchant" aux motivations mystérieuses, il donne le ton de la saison entière: il va y avoir des dialogues brillants, de superbes performances d'acteurs, des scènes fabuleuses si on les prend isolément... mais l'enquête au sens traditionnel du terme sera maigre et reléguée au second plan, cédant la place au développement des personnages.

"The sign of three" tourne entièrement autour du mariage de John et Mary, pour lequel Sherlock a été désigné garçon d'honneur et sommé d'écrire un discours. S'il se montrait atrocement tête-à-claques dans l'épisode précédent, ici, notre héros devient presque trop sentimental. Et bien qu'il donne lieu à des scènes tantôt émouvantes et tantôt hilarantes, ce grand écart au niveau de son caractère m'a vraiment gênée. Pour le reste, l'impression précédemment laissée par Mary se confirme; il devient évident que son personnage cache quelque chose, mais quoi? Un moment, on pense que les enquêtes évoquées par Sherlock ne vont servir que d'anecdotes amusantes servant à pimenter son discours, et en fin de compte, elles se rassemblent pour former un cas à résoudre durant la réception - pas le plus passionnant de l'histoire de la série, mais un cas quand même. C'est bien construit, mais je suis restée sur ma faim, avec le sentiment que les deux premiers épisodes n'auraient probablement servi qu'à préparer le troisième. Réplique de la semaine: "I'm a highly functioning sociopath. With your number."

J'ai dû attendre quatre jours après sa diffusion initiale pour voir "His last vow". Et d'après les réactions de mes contacts Facebook, je savais que ça allait être du lourd. De fait, comme tout le monde, j'ai passé l'épisode à ramasser ma mâchoire qui tombait régulièrement à intervalles de dix minutes. Sherlock dans une relation de couple, sérieusement? Mary, un assassin anciennement au service de la CIA? La scène de la chute de Sherlock, qui vient de se faire tirer dessus et analyse toute les données dans son "palais mental" avant de tomber, puis plus tard alors qu'il oscille entre la vie et la mort à l'hôpital, est absolument incroyable, un vrai morceau de bravoure. Mais honnêtement, c'est le personnage de John qui m'a le plus touchée pendant cet épisode. Son regard quand il découvre la duplicité de Mary m'a brisé le coeur. Le discours qu'il lui fait pendant les vacances de Noël m'a arraché un "Awwwwwwwwwwwww", pire que n'importe quelle photo de chaton mignon. L'émotion et l'humour sont dosés habilement: juste après cette scène, les deux frères Holmes se font surprendre par leur mère une clope à la main et réagissent comme s'ils avaient encore 15 ans. La mise en scène d'un Sherlock enfant est d'ailleurs très intéressante pour aider à comprendre comment il est devenu cet adulte si particulier.

J'avoue cependant que le "grand méchant" m'a déçue. Oui, il est répugnant et froid comme un serpent, mais au fond, il ne menace personne; il n'a pas de plan diabolique qui fera des milliers de victimes. Du coup, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi il inspirait tant de dégoût à Sherlock, et pourquoi celui-ci se sentait obligé de l'abattre de sang-froid. La scène des adieux à John sur le tarmac, quand Sherlock pense qu'il ne reverra jamais son meilleur ami, ne m'a pas bouleversée autant qu'elle l'aurait dû parce que... je ne comprenais absolument pas que John, qui avait passé deux ans au bord de la dépression après la fausse mort de Sherlock, se montre aussi indifférent. Sérieusement: sa soeur alcoolique est dans ses "points de pression", mais pas Sherlock? GET. OUT. Quant au pseudo-retour de Moriarty qui clôture la saison, j'espère que les scénaristes ont une très, très bonne explication à nous fournir, parce que ça sent méchamment le réchauffé. Serait-il possible de finir une seule saison sans que le cliffhanger porte sur lui?

A la lecture de ce billet, on pourrait croire que je n'ai pas aimé cette saison 3 de "Sherlock". Ce qui serait inexact. Simplement, elle m'a beaucoup désarçonnée. J'ai eu l'impression d'une saison construite pour épater les fans et prouver le génie des scénaristes, une saison "on va vous en mettre plein la vue, et tant pis si c'est au détriment des enquêtes". Elle marque un changement de direction assez net auquel je ne m'attendais pas et qui peine à me convaincre de sa pertinence. Pourtant j'ai ri, j'ai été émue et choquée, et j'ai envie de connaître la suite. Espérons qu'elle ne tardera pas trop cette fois!

jeudi 16 janvier 2014

Opération "Envoyez une carte de voeux, recevez une carte de voeux"


Vous avez été 36 (en plus de moi) à participer à ce swap de cartes de voeux, depuis la France et la Belgique mais aussi l'Allemagne, l'Italie ou le Canada, et je vous remercie toutes pour votre enthousiasme! La date limite d'envoi était avant-hier; si vous n'avez pas encore reçu votre carte, un peu de patience - en revanche, si votre boîte à lettres reste désespérément vide d'ici la fin de la semaine prochaine, n'hésitez pas à me contacter pour que je me renseigne auprès de votre correspondante.

Cela étant, le choix a été très dur parmi les cartes dont les expéditrices m'ont envoyé la photo. Et j'ai finalement décidé d'en primer 2: une dans la catégorie DIY, et une dans la catégorie toute faite. Voici la première, envoyée par Zéphine:




Sa destinataire nous dira peut-être ce qu'il y avait sous la pastille à gratter?

Et voici la seconde carte, dont j'aime le design sobre et le poème d'accompagnement rédigé par Dola:





Zéphine, n'oublie pas de m'envoyer ta nouvelle adresse pour que je puisse t'expédier ton petit cadeau. Dola, sauf avis contraire de ta part j'utiliserai celle que tu m'as fournie pour la ronde. (Par contre, soyez patientes, je suis un peu débordée en ce moment! Mais je ne vous oublierai pas, c'est promis.)

Exercice de psychologie positive appliquée: la gestion de la brebis galeuse


(Quel rapport avec le titre de l'article? Pas énorme, je vous le concède. 
Mais une vraie brebis galeuse aurait été beaucoup moins mignonne.)

Dégoûtée par le comportement de certaines participantes, j'avais suspendu les swaps pendant quelques mois, à l'automne 2012, avant de les reprendre avec des règles plus restrictives: désormais, ils ne seraient ouverts qu'aux "anciennes", les filles que je connaissais un minimum. Je pensais ainsi diminuer voire supprimer le risque d'incident. 

Je sais que beaucoup de "nouvelles" en ont été déçues. Mais le pire, c'est que ça n'a pas servi à grand-chose: durant le swap bio, une blogueuse avec qui j'avais eu des échanges très personnels par mail, et que je tenais pour quelqu'un de vraiment correct, a réceptionné le paquet de sa binôme sans jamais la remercier ni lui envoyer quoi que ce soit en retour. Un instant, je me suis même demandé s'il ne lui était pas arrivé quelque chose... mais il faut croire que non, puisqu'elle continue à alimenter son blog (bien qu'elle ne daigne visiblement pas répondre aux mails qui la dérangent). 

A ce stade-là, ma première réaction a été: y'en a marre, on ne peut vraiment faire confiance à personne, j'arrête tout. 

Et puis j'ai réfléchi. Arrêter les swaps que je prends du plaisir à organiser, qui ont permis de belles rencontres virtuelles mais aussi IRL, et qui de manière générale suscitent l'enthousiasme des participantes, à cause de quelques personnes qui ne jouent pas le jeu? En gros, me punir et punir 9 swapeuses (ou aspirantes swapeuses) sur 10 à cause d'1 brebis galeuse? Laisser un individu au comportement méprisable gâcher de jolis échanges pour la majorité de gens qui, eux, sont réglos? 

J'avais dit qu'en 2014, je n'agirais plus en réaction, que je déciderais moi-même du cours de ma vie au lieu de laisser les événements extérieurs le faire à ma place. Je refuse de donner aux choses négatives le pouvoir d'affecter mon comportement ou même mon humeur. C'est moi le chef de moi. Accessoirement, je n'ai pas envie de perdre mon temps à fulminer contre les brebis galeuses mais plutôt de me focaliser sur les gens de bonne volonté qui, Dieu merci, sont beaucoup plus nombreux. C'est meilleur pour mon moral et ma vision du monde. 

Donc, les swaps vont continuer, et je vais même progressivement les rouvrir aux nouvelles (si elles sont motivées) parce qu'un peu de sang neuf ne nous fera pas de mal, et aussi parce que je suis sûre qu'il y a de belles personnes à découvrir parmi elles. Un "petit" swap sera lancé le 1er février pour leur permettre de se faire connaître et, si tout se passe bien, de participer ensuite à des échanges plus importants. 

En contrepartie, chaque swapeuse, ancienne ou nouvelle, devra en s'inscrivant accepter la possibilité que sa binôme fasse défaut. Le risque est faible (3 occurrences sur une douzaine de swaps de 25 participantes en moyenne) mais néanmoins existant, et malgré tout le soin apporté à l'organisation, je n'ai aucun moyen de le prévenir. C'est la solution la plus juste que j'ai trouvée pour contenter un maximum de gens, moi y compris!

mercredi 15 janvier 2014

"Comment être heureux et le rester: augmentez votre bonheur de 40%"


Pourquoi "de 40%"? Parce que des études très sérieuses ont démontré que notre capacité au bonheur se décomposait ainsi: 
- Circonstances extérieures (nos conditions de vie matérielles, professionnelles, affectives...): 10%
- Capital de départ (nos prédispositions individuelles):50%
- Investissement personnel (la part sur laquelle nous pouvons influer): 40%

D'entrée de jeu, le ton est donné. C'est une approche scientifique que propose Sonja Lyubomirsky, fruit de ses recherches à l'université de Californie dont elle dirige le laboratoire de psychologie positive. A partir des multiples travaux réalisés dans ce domaine, elle a mis au point une méthode très "carrée", parfaite pour ceux qui tendent à se méfier du blabla New Age.

Elle commence par démonter un certain nombre de mythes au sujet du bonheur, expliquant les erreurs que commettent la plupart des gens et le passionnant phénomène d'adaptation hédonique. En gros: on s'habitue à tout, y compris à être heureux; voilà pourquoi il importe de rester conscient de sa chance, mais aussi de rechercher souvent de nouveaux stimuli.

Puis vient le moment des travaux pratiques. Le lecteur est invité à remplir un questionnaire qui, en un quart d'heure ou vingt minutes, lui permet d'identifier ses dispositions pour telle ou telle chose susceptible d'améliorer son niveau de bonheur. En fonction des résultats, il est invité à piocher dans une liste les activités qui seront les plus profitables pour lui. Douze d'entre elles sont détaillées à grands renforts d'exemples concrets, d'explications limpides et d'arguments qui donnent très envie de s'y mettre:

- exprimer sa gratitude
- cultiver l'optimisme
- éviter de trop réfléchir et de se comparer à autrui
- faire preuve de génériosité
- approfondir les liens sociaux
- s'entraîner à tenir le coup
- apprendre à pardonner
- capter le "flux" au quotidien
- goûter les plaisirs de la vie
- poursuivre des objectifs
- avoir une pratique spirituelle
- prendre soin de son corps

La dernière partie du livre explique comment prolonger les effets positifs de ces activités pour les transformer en bonheur durable.

Je m'intéresse au sujet du bonheur depuis des années. J'ai lu des tas d'ouvrages là-dessus; "Comment être heureux et le rester" est de très loin le plus clair et le plus complet qui me soit passé entre les mains. Extrêmement dense, bien écrit et argumenté, mais néanmoins accessible, il propose des stratégies faciles à mettre en oeuvre par n'importe qui. Pour moins de 7€, un investissement des plus rentables!

mardi 14 janvier 2014

Swap cocooning: le paquet que j'ai envoyé




Voici le contenu du paquet que Kleo a reçu ce matin:
- Quelque chose à lire: "Shä et Salomé: Jours de pluie", parce que c'est un petit bijou d'humour, de tendresse et de bienveillance qui donne envie de se blottir au coin du feu avec une tasse de thé ou de chocolat chaud. Comme il est épuisé chez l'éditeur, j'ai dû en traquer un exemplaire d'occasion en bon état! 
- Quelque chose qui se mange ou se boit: Plutôt que de choisir, j'ai pris les deux. Un pot de pâte à tartiner au chocolat noir New Tree, marque belge qui pratique le commerce équitable. Un sachet de Mo Li Yin Zhen Wang, le fabuleux thé blanc au jasmin du Nong Cha, et un échantillon de Nai Xiang Oolong à la surprenante texture "beurrée". 
- Quelque chose qui se met sur la peau: Un pot de crème nourrissante à la rose indienne et au miel de l'Himalaya de chez la marque néerlandaise Rituals pour ma swapée très enceinte qui ne cesse de se tartiner de crème hydratante. 
- Quelque chose qui se porte: Une écharpe crochetée main avec un fil mauve moucheté de rose, de blanc et de bleu, de la gamme Donegal Luxury Tweed Aran de chez Debbie Bliss. J'ai galéré assez longtemps pour trouver un modèle qui me plaisait et qui était approprié à ce fil. 
- Une carte illustrée de théières provenant de la boutique Etsy d'ahurie alias Anne Montel, la dessinatrice de "Shä et Salomé", histoire de boucler la boucle!

Et voici la réaction de Kleo:

Un grand merci pour ce magnifique colis que mon voisin vient de me remettre. Que dire, sinon que j'adore et que tu as mis la barre très haut ?
Je me souviens avoir lu ta critique de la BD et je suis très heureuse de la découvrir. Le thé me fait très envie, et je suis moi aussi l'heureuse propriétaire d'une théière en verre qui me permettra de découvrir ce thé façonné. La pâte à tartiner est un appel au crime, je ne dirai que ça (et j'aime beaucoup la marque Newtree). La crème sent divinement bon. Enfin, l'écharpe est super jolie, et ira bien avec l'un de mes manteaux... violet !

Maintenant, j'ai hâte de recevoir le mien!

"Les vies parallèles de Greta Wells"


New York, automne 1985. Greta Wells ne va vraiment pas fort. Son frère jumeau Felix vient de mourir du Sida, et son compagnon de dix ans, Nathan, l'a quittée dans la foulée. Pour la sortir de sa dépression, son docteur propose de tenter un traitement par électrochocs.
Le lendemain, Greta se réveille dans une autre époque. En novembre 1918, elle est mariée à Nathan parti combattre en Europe et fréquente un homme plus jeune qu'elle appelé Leo, tandis que Felix toujours bien vivant tient son homosexualité secrète et s'apprête à épouser une fille de sénateur.
Lors de la séance suivante, Greta est projetée en 1941, juste avant que n'éclate le Deuxième Guerre Mondiale. A cette époque, elle a un enfant avec Nathan et mène l'existence confortable d'une épouse de médecin, mais ne se remet pas de l'accident de voiture qui a coûté la vie à sa bien-aimée tante Ruth.
La fois d'après, elle revient en 1985. 
Au gré des séances d'électrochocs, Greta va ainsi voyager entre trois époques chacune frappées par un mal redoutable, trois vies dans lesquelles elle a systématiquement perdu une des personnes qui comptent le plus pour elle. Dans celles qui ne sont pas les siennes, elle se met en tête d'arranger les choses: réparer sa relation avec Nathan qui lui a été infidèle le premier, et permettre à Felix d'assumer sa nature profonde. 
Mais pendant ce temps, les deux autres Greta soumises à la même ronde commencent elles aussi à se mêler de la vie de leurs doubles... 

Dans quelle mesure sommes-nous le produit des circonstances? Dans quelle mesure pouvons-nous au contraire choisir notre destin? Et existe-t-il réellement un bon choix? Telles sont les questions que pose "Les vies parallèles de Greta Wells". Grande amatrice d'histoires de voyage dans le temps, j'ai adoré l'angle intime, presque philosophique, par lequel Andrew Sean Greer a choisi d'aborder le sujet. Je trouve par contre que celui-ci aurait mérité d'être davantage approfondi. A partir de son excellente idée de base, il y avait matière à produire un roman deux fois plus long et plus dense, au lieu de rester en surface de trop nombreux aspects. Les relations avec les personnages secondaires auraient mérité d'être plus développées, tout comme les descriptions de lieux et d'atmosphères propres à chaque période historique. En outre, il me semble incompréhensible que jamais les trois Greta ne tentent de communiquer entre elles pour se concerter sur leurs désirs et la marche à suivre dans chaque époque. Malgré ces petites réserves, j'ai adoré ce roman original à la fin poignante, dramatique dans le meilleur sens du terme.

lundi 13 janvier 2014

"Lâcher prise"


Croyez-le ou non: ce n'est pas le titre de ce roman graphique qui a attiré mon regard au rayon bédé de la Fnac, mais bien les dessins aux crayons de couleur qui ornaient sa couverture.

Miriam Katin, l'auteur, a fui la Hongrie dans les bras de sa mère juive quand elle était toute petite. Plus tard, elle s'est installée aux Etats-Unis où elle s'est mariée et bâti une belle carrière d'illustratrice. Un jour, son fils lui rend visite à New York. Il lui présente sa fiancée et lui annonce qu'il compte s'installer à Berlin où réside cette dernière. Pour cela, il a besoin que Miriam remplisse un dossier afin qu'il puisse obtenir la nationalité hongroise et devenir citoyen de l'union européenne. Cette demande anodine en apparence bouleverse Miriam, qui éprouve encore une répulsion viscérale vis-à-vis de la nation allemande. Une bataille intime et furieuse s'engage alors contre ses préjugés à l'égard de l'Allemagne d'aujourd'hui...

"Lâcher prise" est un récit sincère et entier qui, bien que s'appuyant sur une histoire fort différente de la mienne, m'a apporté un éclairage intéressant sur les combats qu'on livre contre soi-même. 


"Quatre soeurs, T2: Hortense"


Après plus de trois ans d'attente, le tome 2 de l'adaptation en bande dessinée de la merveilleuse série "Quatre soeurs" est enfin disponible en librarie. Stupeur: l'éditeur a changé, et le format aussi. Ca va faire beau dans la bibliothèque, tiens. Déjà choquée par cette découverte, la psychorigide que je suis a eu beaucoup de mal à accepter le lettrage moche, avec une police qui ne colle pas du tout au ton de l'histoire, et le papier glacé qui convient aussi mal que possible pour mettre en valeur les ravissantes aquarelles de Cati Baur. Car cela, au moins, n'a pas changé: les illustrations sont toujours aussi pleines de fantaisie et de chaleur, à l'image des romans dont elles s'inspirent. Je déplore d'autant plus le sabotage éditorial dont elles sont victimes. 

Sinon, ce tome 2 voit l'apparition de Muguette, gamine atteinte d'une leucémie qui devient l'amie d'Hortense et la pousse à suivre des cours de théâtre - lesquels seront, pour cette grande timide, une révélation comme la boxe l'avait déjà été pour la douce Geneviève dans le tome 1. Pendant ce temps, Bettina craque inexplicablement pour un livreur de surgelés à oreilles en feuille de chou qui va lui apprendre que les apparences ne font pas toujours tout. Les trois autres soeurs Verdelaine, bien que présentes, demeurent un peu en retrait cette fois. Bizarrement, malgré son amour des livres et son caractère solitaire, Hortense était celle qui m'avait fait la moins forte impression à la lecture des romans de Malika Ferdjoukh. Les pinceaux de Cati Baur ont su remédier à cette injustice. Ai-je mentionné que je déplorais d'autant plus le sabotage éditorial dont ce tome 2 était victime?

dimanche 12 janvier 2014

Où je vaincs la malédiction du Light Masham




En lisant le numéro 12 du magazine Simply Crochet, j'ai craqué pour un plaid gris qui avait l'air terriblement douillet. Pas découragée par les 7 ou 8 mois de travail que m'avait demandé ma couverture à vaguelettes, j'ai foncé chez mon fournisseur habituel qui vend justement la marque Rowan utilisée par la créatrice du patron. Là, j'ai déchanté assez vite. 11,50€ la pelote de British Sheep Breeds Chunky Undyed, sachant qu'il en fallait 16, ça faisait quand même un sacré budget. Et puis je ne la trouvais pas très agréable au toucher, cette laine brute. J'ai dit: "Je vais réfléchir" et je suis rentrée chez moi. J'ai cherché des avis sur internet: toutes les crocheteuses disaient qu'il ne fallait pas s'arrêter à l'aspect initial parce qu'au fur et à mesure qu'on manipulait le fil, la lanoline pénétrait dans la fibre et la rendait plus souple. Apparemment, après le premier lavage, ça devenait l'extase, et l'investissement était tout à fait justifié. Bon. 

Je suis retournée chez mon fournisseur habituel. Dans cette gamme, il n'avait pas la couleur gris clair qui m'avait tant plu sur la photo du magazine. Ni le gris foncé qui aurait pu constituer une alternative satisfaisante. Comme je n'aime pas le marron, que je n'avais pas envie de crocheter un plaid noir et que l'écru me semblait un peu salissant, par élimination, j'ai choisi une teinte ficelle appelée Light Masham (du nom de l'espèce de mouton qui la fournit). Nouveau problème: il n'y avait que 9 pelotes en stock. Mais la vendeuse m'a dit: "Pas de problème, on vous commande les 7 qui manquent et vous les aurez d'ici 2 ou 3 semaines". Ah ouais, quand même. Mais je voulais me lancer tout de suite; alors, j'ai acheté les 9 premières pelotes et commandé les 7 qui manquaient. 

Au début, comme je crochète serré, j'ai opté pour un n°10 au lieu du 8 recommandé pour le corps de l'ouvrage. Mais ça faisait des trous vraiment trop gros, et au final, j'ai tout repris à zéro avec un 8. Le plaid est monté très vite: pas plus d'une heure et quart par pelote. Du coup, j'ai épuisé mon stock en une semaine. Nous étions alors début décembre. J'ai pris mon mal en patience, et 3 semaines après mon achat initial, je suis retournée au magasin voir si ma laine était arrivée. La vendeuse a consulté son écran: "Ah ben la commande a été annulée". Hein? Pourquoi? "Aucune idée. Mais je peux relancer une commande." 

A force d'insister, j'ai obtenu qu'on appelle le fournisseur pour être fixée. Réponse: le Light Masham était en rupture de stock. Je me retrouvais donc avec une moitié de plaid très chère sur les bras, et pas de moyen de la finir. Grosse tentation de piquer une crise de nerfs. Ma prof de crochet est venue à mon secours. Elle a demandé à son contact chez le fournisseur de rappeler les pelotes de Light Masham qui pourraient traîner dans d'autres magasins en Belgique pour les rediriger vers Schleiper - sans garantie que ça fonctionnerait. C'était juste avant les vacances de Noël. Je lui ai téléphoné de Toulouse pour savoir où ça en était. Il ne restait plus une seule pelote de Light Masham dans tout le pays. Mais son contact était en train de chercher en Allemagne. 

Cette histoire commençait à sentir le roussi. J'ai cherché sur eBay et sur un tas de sites anglais. Ceux qui stockaient la British Sheep Breeds Chunky Undyed étaient tous en rupture de Light Masham. Alors que je transpirais à grosses gouttes, j'ai pourtant fini par trouver un magasin inconnu de moi qui semblait en avoir 7 pelotes. J'ai tenté d'appeler pour avoir une confirmation (et vérifier qu'il ne s'agissait pas d'une arnaque à la Visa - oui, je suis parano): on était le 23 décembre, et même si le magasin était censé être ouvert, personne n'a décroché. J'ai validé ma commande dans un suspens insoutenable. 

Je m'attendais à recevoir un mail du genre: "Désolé, il y a eu erreur, en fait nous n'avons plus cette teinte en stock". Au lieu de ça trois jours plus tard, j'ai reçu une confirmation d'envoi de mes 7 pelotes de Light Masham. La partie n'était pas encore gagnée: et si ce n'était pas la bonne couleur? Ou pas la bonne épaisseur, parce que je m'étais trompée de gamme? A notre retour de Toulouse, le 30 décembre, un avis de passage m'attendait dans la boîte aux lettres. J'ai foncé à la Poste dès le lendemain matin et éventré le plastique d'emballage avant même d'en être ressortie. Oui, oui, ouiiiiiiii! C'était bien mon Light Masham. 

En fin d'après-midi, j'ai voulu reprendre mon ouvrage abandonné depuis des semaines... et là, le retour de la malédiction: impossible de remettre la main sur mon crochet n°8. Alors que mes affaires sont toujours très bien rangées et que je ne perds jamais rien. Le lutin voleur de chaussettes, dépité par le soin que je mets à apparier les miennes, aurait-il décidé d'élargir son activité aux instruments de DIY? Mystère. Quoi qu'il en soit, j'ai dû attendre le 2 janvier pour retourner chez Schleiper acheter un crochet n°8 et pouvoir enfin me remettre au travail. J'ai retrouvé avec bonheur la sensation de la laine rugueuse qui s'assouplissait entre mes doigts, et surtout l'odeur fantastique de mouton qui s'en échappait (chacun ses perversions). Quelques soirées en solo à Monpatelin m'ont permis de venir à bout de la bête - avec moins d'un quart de pelote de rabe.




Ce modèle figure également dans le livre d'Erika Knight "Crochet Workshop". Le point est très facile, et au total, la confection ne m'aura réclamé qu'une grosse vingtaine d'heures. Le plaid terminé est carré et mesure environ 152 cm de côté. 


samedi 11 janvier 2014

"Le temps des Mitaines"


Je n'irais pas jusqu'à dire que je comptais les jours depuis ma lecture de "Shä et Salomé" jusqu'à la sortie du prochain ouvrage co-signé par Loïc Clément et Anne Montel, mais presque. Cette fois, les deux compères nous racontent l'histoire d'Arthur, un ourson qui vient de s'installer avec sa maman dans un petit bourg à la campagne. Arthur appréhende la rentrée dans sa nouvelle école, car contrairement aux enfants de son âge, il n'a pas encore découvert son pouvoir, et il craint que les autres ne se moquent de lui à cause de ça. Pourtant, dès le premier jour, il sympathise avec Gonzague l'escargot érudit, Willo la luciole trouillarde, Pélagie la souris azimutée et Kitsu l'énigmatique renarde. Ensemble, les cinq amis vont tenter de résoudre le mystère qui entoure la disparition de plusieurs de leurs camarades sur le chemin du retour chez eux... 

Si l'univers du "Temps des Mitaines" est tout à fait différent de celui de "Shä et Salomé", et si on a ici clairement affaire à une histoire orientée jeunesse, j'ai retrouvée avec plaisir la tendresse, la drôlerie et la bienveillance qui caractérisaient déjà la première collaboration des deux auteurs. Leurs albums sont de ceux qu'on savoure au chaud sous un plaid douillet avec une tasse de thé à portée de main, et qu'on referme avec un sourire enchanté. Le lecteur attentif s'amusera à repérer des petits clins d'oeil à "Shä et Salomé",  comme "Mais... c'est quoi que t'appelles prédateur? Genre, un gros poney?", ou la présence de la mouche Gencive dans la galerie de personnages à la fin. Il constatera aussi que Pélagie a toute une collection de figurines Totoro sur le bord de sa fenêtre (en bas de la page 54), que Kitsu a composé la chanson qu'elle joue au ukulélé sur l'air du "Paradis blanc" de Michel Berger ou qu'un escargot peut très bien se déplacer sur la pointe des pieds qu'il n'a pas si nécessaire. Est-il besoin de préciser que je suis fan? 

Thé Box "Noël au Pôle Nord"





Commençons par nous extasier sur la beauté de la boîte elle-même (avant de nous demander ce que nous allons bien pouvoir faire d'elle et de sa quinzaine de grandes soeurs qui commencent à sérieusement encombrer notre bibliothèque). L'ilustration des 3 cartes postales désormais traditionnelles est signée par la talentueuse Griottes




Le thé:
- Dans un pochon en organza blanc comme ceux que j'utilise pour ranger mes bijoux quand je voyage, une jolie petite cuillère et une petite boîte ronde contenant une création Thé Box: l'Igloo, mélange de thés blanc et vert parfumé à l'orange, à la mandarine, à la bergamote, à la rose, à la crème de fraise, au litchi et à la vanille. L'odeur est à tomber et l'infusion juste sublime. Une magnifique initiative. 
- Un sachet d'infusion Réveillon en Douceur (camomille, poire, cannelle, pomme, gingembre, réglisse, fleur de souci) de la marque La Grange, en vrac. 
- 4 sachets individuels de la marque Coffea: 2 de thé noir aux épices (gingembre-cardamome-cannelle), 2 d'Esprit de Fête (thé vert aromatisé vanille, amande, fleur d'oranger, pomme, clou de girofle, cannelle).
- 6 sachets individuels de la marque Dammann Frères: 2 de Christmas Tea Blanc (amande-cerise-épices-gingembre), 2 de Christmas Tea Vert (orange-pomme-vanille-épices), 2 de Christmas Tea Noir (orange-caramel-marasquin).
- 4 sachets individuels de la marque Les Jardins de Gaïa: 2 de Joyeux Noël (thé noir bio à la cannelle et aux épices), 2 d'oolong bio parfumé (lotus, litchi, pêche-abricot).
- 4 sachets individuels d'infusion de la marque Pukka: Citron-Gingembre-Miel, Fenouil-Chicorée-Cardamome, Trois Cannelles et Cannelle-Cardamome-Gingembre. (Merci, fallait pas. Non vraiment: fallait pas.)




Les gourmandises: 
- Un sachet contenant deux massepains de la marque Specul'House (!)
- 2 pièces en chocolat de la marque Coffea

Je rouspèterais bien contre l'omniprésence de la cannelle en période de Noël, mais je sens que ce serait un combat perdu d'avance. Et puis je suis trop sous le charme du thé Igloo, qui sera je l'espère disponible à l'achat seul sur le site de la Thé Box.

vendredi 10 janvier 2014

"Sherlock: The casebook"


Déjà plus qu'un épisode de la saison 3 avant de repartir pour une attente d'un an au moins! Afin de tromper leur frustration, je conseille ce merveilleux companion book à tous les fans de Sherlock. Les affaires des deux premières saisons y sont reprises une par une, racontées par Watson dans le style de son blog, illustrées de coupures de journaux, de photos, de captures d'écran de portables et autres documents tirés de la série, et surtout commentées par Sherlock lui-même au moyen de Post-It jaunes. Watson se défend avec des Post-It verts; parfois, Mycroft ou Mme Hudson viennent mettre leur grain de sel avec des Post-It respectivement oranges et roses. 

SHERLOCK: Oh God - a scrapbook with pictures of dead people in it. I'm sure your counsellor would approve. You realize what this says about you? 
WATSON: This from the man who keeps an alphabetized collection of dog hair in the bathroom. 

En annotation d'un rapport d'autopsie:
SHERLOCK: Stolen police paperwork? There's hope for you yet. Though anything written by Anderson is questionable. He is the prose equivalent of white noise. 
WATSON: He speaks highly of you too. Apparently, you're the only person he'd perform a post mortem on in his own time. 

A côté d'une photo d'une pile de gros livres poussiéreux.
WATSON: Sherlock is alarmingly well read.
SHERLOCK: Nothing alarming about it. 
WATSON: "The stray animal cookbook" by Alfred Bligh; "An illustrated guide to human decomposition" by Warren Court; "How to kill a man with cutlery" by Shelley von Trampp. I stick by the word "alarminlgly".

A eux seuls, ces échanges hilarants justifieraient l'achat du "Sherlock: The casebook". Mais les amateurs trouveront également quelques articles "sérieux" sur Conan Doyle et les différentes adaptations cinématographiques de son oeuvre, ainsi qu'une comparaison de chaque épisode avec le roman ou la nouvelle dont il s'inspire. J'ajoute que l'ouvrage est très beau avec sa couverture rigide pourvue d'une jaquette, son papier épais et sa mise en page soignée. Les fans adoreront.




jeudi 9 janvier 2014

En pèlerinage au musée de la photographie de Charleroi




C'est l'un des premiers endroits où Chouchou m'a emmenée quand on s'est connus, il y a un peu plus de 7 ans. A l'époque, j'y avais découvert l'oeuvre d'Araki dont la mosaïque de Polaroïd (concept que j'ai amplement repris à mon compte par la suite...) m'avait enchantée et dont les photos de l'épouse mourante, puis morte, avaient tiré une larme à Chouchou. 

Cette fois, nous sommes venus voir une expo temporaire de Kodachrome dont nous avons appris l'existence la veille sur internet, et qui se termine prochainement. Nous comptions aller à Bruges pour le dernier week-end de l'expo de statues de glace, mais tant pis: nous avons déjà vu celles de Bruxelles récemment! 

Comme nous sortons de la gare de Charleroi, le bus que nous devions prendre nous file juste sous le nez. Le prochain n'est que dans une demi-heure. J'ai une idée géniale: et si on faisait du geocaching en attendant? Chouchou a une idée encore plus géniale: louons une voiture à la station Cambio adjacente et rendons-nous au musée immédiatement. La réservation faite en un clin d'oeil sur son iPhone, nous nous installons dans une Polo que, en l'absence de carte idoine, nous ne parviendrons jamais à faire sortir du parking payant. Le temps de tout retourner deux fois en quête de la carte-mystère, de contacter le service clientèle qui ne peut rien pour nous et de reverrouiller la Polo avec une grimace de dépit, le bus arrive justement. 

Dix minutes plus tard, nous en descendons devant le musée de la photographie et décidons de chercher la géocache qui lui est dédiée. Elle ne se trouve ni à droite de l'entrée comme l'indiquent les coordonnées, ni dans le parc de derrière comme l'indique la fiche, mais à gauche de l'entrée. Et ce n'est pas une taille 2, mais une taille 1. Vraiment, les gens pourraient être un peu plus soigneux, me dis-je le soir même en loguant notre découverte. Cinq minutes plus tard, le propriétaire de la cache m'envoie un mail: celle que nous avons trouvée n'est pas la sienne (une vraie taille 2 effectivement située dans le parc), mais une autre dont il m'indique le nom afin que je modifie mon log. Oups. 






Bonne nouvelle: comme nous sommes le premier dimanche du mois, l'entrée du musée est gratuite. Mauvaise nouvelle: à partir de février, faute de subventions, seule la collection permanente demeurera accessible sans payer à cette occasion. Je trouve ça vraiment dommage. Sans accès à la culture, comment veut-on que les gens pauvres puissent sortir un jour de leur condition? (C'était la minute gauchiste, vous pouvez reprendre une activité normale.)

Cette fois, la "grosse" expo temporaire est consacrée à Marcel Mariën, une sorte de cousin pornographe de Magritte. Je ne peux pas dire que le surréalisme me parle beaucoup; pourtant, j'apprécie la poésie décalée de certaines de ses oeuvres et l'inventivité provocante de ses collages. 






Nous passons très vite devant la collection de vieux appareils photos dans la promenade qui entoure le cloître. L'expo temporaire Kodachrome est décevante: à peine une vingtaine de tirages en assez mauvais état. Pendant que nous nous disons que plus, ça aurait été mieux, un vieux monsieur nous interpelle pour nous informer que ces photos n'ont pas du tout leur place dans un musée. Je bredouille vaguement que la valeur de l'art est un concept subjectif. Il insiste: "Mais quand même, les sujets sont totalement inintéressants!". J'essaie de faire valoir qu'elles sont plutôt là pour témoigner d'une époque révolue et d'un procédé photographique dépassé. Puis je me sauve lâchement. 

Plus loin, je suis séduite par les dessins conceptuels de Benoît Grimalt: la série des "photos de people qu'il n'a pas prises", et celle où il tente de reconstituer de mémoire le dernier cliché pris avec un rouleau de pellicule avant de le développer - le tirage correspondant étant affiché juste à côté. 

Nous montons à l'étage voir la collection permanente. Quelques thèmes se dégagent, notamment celui de la photo humaniste que j'aime beaucoup. Pour le reste, c'est un fouillis d'oeuvres hétéroclites qui me touchent plus ou moins. Je reste un moment en arrêt devant celle qui montre une jeune fille tête droite et bras écartés face à une ligne de policiers pendant les manifestations anti-guerre du Vietnam aux USA dans les années 70. J'aime la résolution tranquille qui émane du sujet. 

Après ça, il y a encore une partie technique qui explique de façon assez claire les différentes composantes d'une prise de vue, ainsi que les manières dont on peut trafiquer une image. Ce musée de la photographie est le plus grand d'Europe, et bien que situé dans un lieu pas franchement riant, il vaut vraiment le détour. Alors que nous redescendons par un escalier un peu dérobé, Chouchou ouvre la bouche pour me demander: "Tu te...?" Je souris. "Oui, je me souviens". Plus de 7 ans ont passé depuis, et beaucoup de choses ont changé autour de nous comme entre nous. Mais il reste ma personne préférée au monde, avec qui la moindre sortie se transforme en aventure.