lundi 31 mars 2014

Mars 2014




March victory log




Administratif:
- Compta pro de février
- Inscription à titre professionnel sur le site internet du Trésor Public, pour pouvoir notamment payer ma TVA en ligne

Blog: 
- Troc party 7.0
- 10 articles en petite Une d'HelloCoton

Boulot:
- "Pretty little liars" tome 12 + début de "Hit list" (Anita Blake tome 20): en tout, un peu moins de 490 000 signes en seulement 3 semaines d'activité
- Mise en service de mon nouveau MacBook Pro

Culture:
- 12 livres lus: 10 romans, 2 mangas
- 8 films vus: au cinéma, "The Grand Budapest Hotel", "Tante Hilda!", "Le vent se lève"; à la maison, "Veronica Mars", "Frozen", "Hunger Games 2: Catching fire", "The fifth estate", "Penelope"
- 2 expos visitées: Creativa + Made in Asia

Geocaching:
- 1 cache trouvée (sans GPS) à Aix-en-Provence

Loisirs créatifs:
- Art journaling: pages #1 à 3 de l'atelier en ligne "52 weeks of..."
- Broderie: stage d'initiation chez Schleiper Be Creative
- Broderie: "Running with scissors"

Maison:
- Acheté 2 grands tapis chez Ikea pour mon salon et mon bureau
- Continué à renouveler la déco murale avec notamment 2 tableaux de chez Carré d'Artistes et 2 peintures sur bois dénichées sur Etsy

Santé:
- 5 séances de HeartMath (meilleure moyenne: 6,2)

Sport:
- 3 séances de piscine, 1 cours de body & mind, 2 cours de Pilates, 1 cours de yoga

Divers:
- Recommencé les colorations maison (Garnier Nutrisse 660)
- 1 massage personnalisé au Serendip Spa
- 2 jours à Aix-en-Provence pour mon anniversaire

J'envisageais de supprimer les féculents le soir: je ne suis parvenue à m'y tenir qu'un soir sur deux environ. Les soupes sans base de pomme de terre ne sont pas légion, et ce n'était pas encore tout à fait la saison des salades de crudités. Néanmoins, même quand j'ai mangé des féculents au dîner, je l'ai fait en petite quantité. Résultat: moins deux kilos sur le mois, et ce, alors que je n'ai presque pas pu faire de sport entre mon boulot et la fermeture de la piscine pour travaux à partir du 15. Au début, j'avais faim tout le temps, mais petit à petit, je me suis plus ou moins habituée. Disons que ça reste difficile le vendredi et le samedi soir, parce que ces jours-là j'ai envie d'un bon repas devant un film ou une chouette série télé, et que pour moi le "bon repas" sera sans doute toujours synonyme de pâtes, de riz, ou de pizzas. Dans l'ensemble, néanmoins, la stratégie me semble suffisamment payante pour que je poursuivre mes efforts et que j'intègre le concept du dîner léger à mon hygiène de vie.

Un mois marqué par un printemps précoce, consacré aux deux tiers à la fin du marathon boulot entamé en novembre dernier et pour un tiers à des vacances bien méritées!

dimanche 30 mars 2014

Ma première broderie classique: "Running with scissors"




J'ai décidé de me mettre à la broderie classique en octobre dernier. Sur Etsy, j'ai déniché un joli motif rétro que j'ai aussitôt commandé aux Zuess. La vendeuse a mis pas moins de trois semaines à me l'expédier. Quand il est arrivé, j'ai eu la mauvaise surprise de constater que s'il était accompagné d'une petite carte expliquant quatre points de base, aucun schéma en revanche n'indiquait lesquels il convenait d'utiliser à quels endroits pour ce motif en particulier. Quant à la charte de couleurs systématiquement fournie avec les patrons de points de croix, il n'y en avait pas non plus... 

Ensuite, j'ai cherché à prendre un cours d'initiation. Schleiper Be Creative en proposait, mais à des dates qui tombaient toujours mal pour moi. Jusqu'en janvier où j'ai enfin pu réserver... et où le cours a été annulé à la dernière minute faute d'autres inscrites. J'ai reporté au 18 mars, soit deux jours avant la date de rendu du tome 12 de Pretty Little Liars, et bien cru que c'était moi qui allais devoir annuler cette fois. Mais l'envie a été la plus forte. J'ai donc été initiée par Nathalie, qui m'avait déjà enseigné les bases du crochet il y a deux ans et demi. Pour continuer à découvrir de nouveaux points par la suite, j'ai investi dans cet ouvrage qu'elle m'avait recommandé, et dont les explications sont exceptionnellement claires. 

Puis je me suis lancée. Les couleurs, je les ai choisies en me fiant à l'exemple montré sur Etsy. Les points, je les ai devinés: point arrière pour les contours, point de noeud pour le motif de la robe et les boutons des chaussures, impro à la va-comme-je-te-pousse pour les cils et la bouche. Pour une première tentative, il aurait été plus judicieux d'utiliser de la toile de lin à la trame bien visible, mais la seule que Schleiper vendait aux 10cm était une DMC hyper rêche, et je me voyais mal acheter 1m sur 1,40m de toile pour réaliser un motif de moins de 20 cm sur 20. Donc, j'ai opté pour un coupon de coton blanc tout simple. Résultat, mes points arrière ne sont pas hyper réguliers, mais je trouve qu'ils rendent quand même pas mal. 

Deux observations:
- En temps normal, comme je suis une feignasse, je n'utilise pas de tambour: je veux pouvoir piquer et ressortir mon aiguille du même côté dans un seul mouvement. Mais pour les points de noeud (qui sont une plaie à réaliser de façon régulière, et dont j'aurais dû choisir la version simplifiée avec un seul tour de fil autour de l'aiguille, car visiblement, 2 c'est trop), le tambour est quasi indispensable. 
- Ma prof m'avait prévenue que le fil métallisé était très difficile à utiliser. J'ai voulu faire ma mariole, et j'ai quand même pris de l'argenté pour les lames des ciseaux. Il est juste IMPOSSIBLE à tendre correctement. Ca m'apprendra à ne pas écouter les gens qui savent.

Au final, le résultat arracherait sûrement une grimace peinée à ma prof. Mais j'ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cet ouvrage, et je me dis que j'ai bien le temps de m'améliorer!

Où Ikea décide de me faire enfreindre mes bonnes résolutions


Vous vous rappelez que ma résolution de février consistait à piocher dans mes stocks au lieu de faire de nouveaux achats, particulièrement en ce qui concernait le thé, les fournitures de loisirs créatifs, les bouquins et les carnets? Jusqu'ici, je m'en sortais plutôt pas mal. Puis j'ai découvert qu'Ikea ouvrait un rayon papeterie dans certains de ses magasins belges et français, dont celui de Toulon. Et il fallait justement que j'aille là-bas pour acheter des tapis. Résultat?




Et encore, ils n'avaient ni les jolis trombones dont j'aurais bien raflé plusieurs packs, ni le carnet Särskild noir avec la reliure cousue à l'extérieur. Rétrospectivement, je regrette aussi d'avoir pris l'assortiment de washi tape rose alors que je préfère le vert - même s'il eût été dommage de briser la belle harmonie de mon Instagram. Tant pis, je serai forcée d'y retourner! 

Je trouve cette gamme absolument géniale, avec un design fabuleux et des prix canon. Pour les gens que ça intéresse: le papier des carnets Historisk est du 80g, ce qui correspond à l'épaisseur du papier imprimante standard, et celui des carnets Särskild, du 100g. Dans les deux cas, les pages sont entièrement blanches. Alors, amis carnetophiles, est-ce que vous me détestez? 

samedi 29 mars 2014

Les nu-pieds étoilés




Je me suis beaucoup, beaucoup calmée sur les achats de chaussures, et particulièrement sur les achats de chaussures importables ou faisant doublon avec des paires que je possède déjà. Mais quand j'ai vu ces sandales Kookai, j'ai craqué presque immédiatement. Ce jaune vitaminé! Ces découpes en forme d'étoiles! Cette petite bride discrètement pailletée! J'ai passé quelques minutes à hésiter sur le site de la marque: oui, mais en turquoise, elles sont sympas aussi; oui, mais la version avec talon me ferait de plus jolies jambes... Au final, je suis restée sur ma première impression.

Il était annoncé "3 à 5 jours ouvrables" de délai de livraison. Je les ai commandées mardi midi; à 13h j'avais un mail de confirmation d'envoi, et le facteur des colis les a déposées dans ma boîte dès jeudi. J'ai eu une brève pointe d'angoisse en les déballant: et si, en vrai, elles étaient moches ou de mauvaise qualité? Et si elles me serraient trop? Inquiétudes vite balayées dans les deux cas. Ces sandales sont absolument parfaites pour mes petits pieds larges de hobbit (limite, elles seraient un poil trop grandes en ce moment, mais je sais qu'en été j'aurai les pieds gonflés et qu'elles iront nickel). Je vais pouvoir trotter tout mon soûl en juillet/août - à ras de terre, certes, mais sans me faire d'ampoules. Hourra!

vendredi 28 mars 2014

"Among others"


Je n'avais jamais entendu parler de Jo Walton, ni de ce roman qui a pourtant remporté les prix Hugo et Nebula, avant qu'Alice alias Shermane alias CryingWall ne me l'offre pour mon anniversaire. Je me suis plongée dedans le soir même, et pendant mon séjour à Aix, je n'ai presque rien fait d'autre que me transporter d'un endroit où je pouvais lire à un autre. "Among Others" m'a littéralement envoûtée, et comme pour tous les romans que j'ai beaucoup aimés, je peine à en parler de peur de ne pas lui rendre justice. Il s'agit du journal intime d'une fille de quinze ans, tenu entre septembre 1979 et février 1980, à une époque où internet et les médias sociaux ne gouvernaient pas encore la vie des adolescents. Morwenna est en deuil de sa soeur jumelle, tuée par une voiture alors que toutes deux tentaient d'empêcher leur sorcière de mère de faire... quelque chose de terrible. On ne saura jamais vraiment quoi, tout comme, pendant les quatre cinquièmes du bouquin, on ne saura pas si la magie existe vraiment dans le monde de Morwenna ou si elle est juste le fruit de l'imagination fertile de la jeune fille - car de son propre aveu, elle fonctionne de manière si subtile qu'il est toujours possible de la nier. Cette ambiguïté est l'un des aspects les plus intéressants de "Among others". Morwenna dialogue-t-elle avec des fées, ou croit-elle seulement voir de mystérieuses créatures dans les collines, les marécages et les ruines industrielles qui l'entourent? Manipule-t-elle les gens et les circonstances au moyen des sorts qu'elle lance instinctivement, ou ne s'agit-il que d'une relation de causalité très ordinaire bien qu'invisible à ses yeux? Liz est-elle bien une folle maléfique ou juste une mère égoïste et abusive? Tente-t-elle effectivement d'attaquer sa fille durant son sommeil, ou Morwenna est-elle paralysée par ses propres cauchemars? Les charmes qu'elle se crée fonctionnent-ils, ou leur efficacité perçue ne relève-t-elle que d'un effet placebo? J'ai adoré que les deux hypothèses se côtoient jusque très tardivement dans le livre; c'est extrêmement bien joué de la part de l'auteur.

Outre le fait qu'elle a perdu la moitié d'elle-même, Morwenna se voit confiée à un père qu'elle n'a jamais connu, et qui est entièrement sous la coupe de ses trois soeurs aînées - lesquelles se dépêchent de se débarrasser de l'intruse en l'envoyant dans un pensionnat huppé. Morwenna a l'accent du pays de Galles où elle a grandi; elle marche avec une canne depuis l'accident et nourrit des préoccupations bien différentes de celles de ses camarades. Elle peine donc à se faire des amies. Mais peu importe, parce que sa grande passion, ce sont les livres, et plus particulièrement ceux de fantasy et de science-fiction qu'elle dévore en quantités phénoménales. Ils sont non seulement son moyen de s'évader d'un monde qui n'en finit pas de la blesser, mais le déclencheur de toutes ses réflexions, le socle sur lequel elle bâtit sa vision des choses - et la raison qui l'empêche, en une occasion précise, de se suicider pour rejoindre sa soeur: elle veut connaître la fin de "Babel 17". Dans son journal, Morwenna ne cesse de commenter l'attitude des personnages comme s'ils étaient plus réels à ses yeux que tous les gens qui l'entourent. Intelligente et sensible, très mûre par certains côtés et assez naïve par d'autres, elle rumine des questions et des pensées bien différentes de celles des autres filles de son âge. Sa voix intérieure si terriblement franche - y compris lorsqu'il est question de sujets embarrassants tels que le sexe - m'a attrapée dès les premières pages et ne m'a plus jamais lâchée jusqu'au mot fin. Elle devrait parler à tous les amoureux des littératures de l'imaginaire, ceux dont les bibliothèques et les librairies sont l'habitat naturel, ceux qui connaissent mieux la géographie des Terres du Milieu que celle de l'Europe, ceux dont les histoires de Vonnegut ou de Heinlein ont forgé la réflexion. Et que les non-anglophones ne désespèrent pas: "Among others" devrait paraître en français dans le courant de l'année.

jeudi 27 mars 2014

Thé Mandarine




Pour mon anniversaire, j'avais décidé de m'offrir deux jours en solo à Aix-en-Provence où j'ai vécu un peu plus d'un an au début des années 1990, et qui a longtemps été la ville où je rêvais de me poser un jour. Si le centre-ville entièrement piétonnier n'a pas tellement changé ces deux dernières décennies, beaucoup des commerces que je fréquentais à l'époque ont hélas disparu. Je pleurerai éternellement La Cour du Roy, salon de thé au charme fou où l'on dégustait le meilleur chocolat à l'ancienne du monde. Néanmoins, à deux pas de son ancienne adresse se trouve depuis quelques années un établissement qui mérite lui aussi le détour. 




Situé à l'étage de la boutique de décoration Le Chat Rêveur, Thé Mandarine accueille ses clients dans une grande et longue salle haute de plafond dont les fenêtres surplombent la place de l'Hôtel de Ville. Le midi, on peut y faire un déjeuner sain et léger. L'après-midi, on peut y découvrir les thés Georges Cannon en les accompagnant d'une délicieuse pâtisserie maison. Hier, j'ai bouquiné pendant deux heures dans la deuxième table à gauche à partir de la fenêtre, spot que j'avais repéré comme étant le meilleur de tous car rencogné et offrant un rebord à hauteur idéale pour y poser le coude (quand on passe autant de temps que moi à lire dans les salons de thé, on développe tout un tas de critères bien spécifiques). J'ai savouré le subtil thé (blanc) mandarine qui donne son nom au lieu avec un sublime clafoutis à l'ananas frais accompagné d'une boule de glace vanille Bourbon. A un moment donné, une petite averse est tombée dehors tandis que je m'absorbais dans le roman ultra-envoûtant offert par une gentille lectrice; c'était un moment intensément cosy et juste parfait. 




Du coup, aujourd'hui, même s'il faisait un soleil éclatant, je suis revenue finir mon livre devant une tasse d'Herbe Bleue cette fois. Comme la veille, la propriétaire des lieux m'a fichu une paix royale après m'avoir servie, et j'ai pu bouquiner au chaud et au calme. Autant dire que si j'habitais Aix, Thé Mandarine deviendrait mon indiscutable QG.

Thé Mandarine
24, place de l'Hôtel de Ville
13100 Aix-en-Provence
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 18h30

mercredi 26 mars 2014

Le temps dont on dispose et ce qu'on en fait


Pendant 37 ans, j'ai pensé que la maladie et les accidents fatals n'arrivaient qu'aux autres. Que moi et mes proches vivrions tranquillement jusque vers 80 ans, et qu'après, advienne que pourrait. C'était une évidence indiscutable, le contrat tacite passé avec l'univers. Oh, je savais qu'on finirait tous par mourir, mais: plus tard, beaucoup plus tard. Jusque là, même si la vie pouvait nous malmener de façons diversezévariées, nous jouirions d'une garantie de bonne santé, parce que... Parce que c'était moi et les gens que j'aimais, parce qu'on existait forcément dans une sorte de bulle protectrice et qu'au pire, la médecine moderne faisait des miracles. 

Puis la médecine moderne n'a pas fait de miracle pour Brigitte, et j'ai basculé dans le sentiment inverse. D'intouchable, j'ai eu l'impression d'être devenue une cible et un aimant pour tous les malheurs du monde (mais surtout le crabe). J'ai commencé à vivre avec un tic-tac dans la tête, un compte à rebours qui égrenait les moments forcément peu nombreux qui me restaient à vivre. Je retenais mon souffle en attendant que tombe la mauvaise nouvelle, le verdict qui me condamnerait sans appel possible. Je me sentais menacée de tous les côtés, par l'air que je respirais, par la nourriture que je mangeais, par le soleil qui brillait, par ces putains de centrales nucléaires qui allaient forcément finir par sauter. Tout était devenu suspect et potentiellement dangereux. Je ne faisais plus de projets au-delà de quelques semaines; je ne pouvais même plus envisager la possibilité d'avoir encore du temps devant moi. Je n'étais plus qu'une boule d'angoisses et de panique mal contenue. 

J'ai tenté la psychothérapie et la méditation. J'ai un peu ressorti la tête de l'eau. 

Puis la médecine moderne n'a pas fait de miracle pour mon père non plus. 

Un an et demi plus tard, je commence à grand-peine à trouver un équilibre entre mes deux visions opposées du monde, la naïve et la catastrophiste. J'essaie de me dire que même si rien n'est garanti, j'ai des chances raisonnables de vivre dans une forme raisonnable jusqu'à un âge raisonnable. Je tente de filer un petit coup de pouce au destin en observant une bonne hygiène de vie et en faisant des check-ups médicaux réguliers. Mais je ne perds jamais de vue l'idée que tout pourrait s'arrêter brutalement. Pour faire la paix avec cette idée, je continue à méditer. Je m'efforce de cultiver une certaine forme d'acceptation - et surtout, d'être présente aussi intensément que possible à ma vie quotidienne, de profiter au maximum des petites joies qu'elle m'apporte, d'en créer partout où j'ai la place. De me focaliser sur les choses importantes et de ne pas laisser les autres bouffer mon énergie ou mon moral. 

Aujourd'hui, j'ai 43 ans. J'ignore combien d'anniversaires il me sera donné de fêter après celui-là, combien d'années je partagerai encore avec les gens que j'aime. Beaucoup, j'espère. Et si jamais ça n'était pas le cas? Je me dis que ce qui compte vraiment, c'est moins le temps dont on dispose que ce qu'on en fait. Et que si je n'ai aucune prise (ou très peu) sur la première chose, la seconde en revanche ne dépend que de moi. 

mardi 25 mars 2014

Thé Box "Les rituels du thé"




Oui, c'est la Thé Box de ce joli mois de mars. Oui, mes yeux saignent autant que les vôtres à cause de cet infâme patchwork de motifs qui sont censés représenter les différentes traditions de thé à travers le monde, et qui vont tellement mal ensemble. 




A l'intérieur, c'est un peu le même problème: un fourre-tout totalement dénué de cohérence. 
- Représentant la Chine: un petit sachet de Pu-er aux chrysanthèmes en vrac, de la marque Thés de Chine
- Représentant le Maroc: un petit sachet de Gunpowder El Malik en vrac, de la marque Palais Impérial
- Représentant le Japon: un petit sachet de Genmaicha avec matcha en vrac, de la marque Tamayura + un petit sachet de yuzu confit
- Représentant l'Inde: un énorme sachet (90g) de Classic Chai bio de la marque Yogi Tea + un petit sachet de pignons de pin
- Représentant la Russie: 4 sachets individuels de la Maisn Donovan: 1 de Special Orlov, 1 de n°1878, 2 de Katerina, les 3 étant des thés noirs aux agrumes
- Représentant l'Angleterre: 4 sachets individuels de la marque Taylors of Harrogate: 2 de Earl Grey et 2 de Yorkshire Gold + 2 biscuits shortbread
- Représentant la France: un sachet de 20g de Tisane des Alpages en vrac, de la marque Comptoirs Richard + 3 petits nougats de Montélimar




Il était déjà arrivé qu'aucun produit ne me plaise dans une Thé Box, mais encore jamais que je trouve la boîte elle-même moche au point de la foutre directement à la poubelle, ni que je sois aussi déçue par le contenu. J'espère que le concept n'est pas en train de s'essouffler purement et simplement... Réponse le mois prochain. 

lundi 24 mars 2014

"Penelope"


A cause de la malédiction qu'une sorcière jeta autrefois à un de ses ancêtres, Penelope Wilhern est née avec un groin de cochon et a grandi séquestrée dans le manoir familial. Une seule chose pourrait lui rendre apparence humaine: l'amour véritable d'un individu de sang noble comme elle. Sa mère entreprend donc de faire défiler les prétendants bien nés devant la jeune femme. Hélas, tous s'enfuient à sa vue...

J'avais eu vent de ce film sorti sur grand écran il y a quelques années dans une relative indifférence, et comme j'adore Christina Ricci, je comptais aller le voir. Mais ça ne s'est pas fait, et j'avais totalement oublié l'existence de "Penelope" jusqu'à ce que, dans les commentaires de mon dernier billet mode, une lectrice me signale que ma façon de m'habiller lui faisait penser à l'héroïne. Du coup, je l'ai regardé aujourd'hui dans le train, et j'ai été complètement charmée par ce conte de fées moderne. 

Certes, Christina Ricci étant, même affublée d'un groin de cochon, plus mignonne que 90% de la population féminine de la planète, on peine à comprendre la réaction des hommes devant elle. Et certes, le propos ("Aimons-nous tels que nous sommes") peut paraître gentiment naïf. Mais on s'en fout, parce que le film dans son ensemble est délicieusement fantaisiste. J'ai craqué pour l'incroyable chambre bohémienne de Penelope, avec son arbre dans un coin et sa balançoire suspendue en plein milieu; pour son fabuleux manteau bleu marine et rouge, ses jupes de gitane, ses tops à manches rayés, ses babies vertes et sa sublime robe de mariée; pour le badinage spontané entre elle et le faux soupirant interprété par James McAvoy; pour sa joie enfantine lorsqu'elle découvre enfin le monde extérieur; pour la fin positive et gaie qui m'a mise en joie. "Penelope" est une adorable comédie à laquelle même mon coeur de pierre n'a pas résisté. 

dimanche 23 mars 2014

52 weeks of art journaling #1-3


Entre 2003 et 2009, j'ai été une scrapbookeuse acharnée, le genre à passer 2 ou 3 commandes mensuelles de fournitures aux USA. J'avais même un blog dédié, qui s'appelait Scrapharnaüm. Si j'ai fini par abandonner complètement ce loisir créatif, ce n'était pas tant par lassitude que parce que:
- mes albums commençaient à prendre une place considérable;
- la poste belge faisait preuve d'une mauvaise volonté maximale (une fois, je n'ai pas été informée de l'arrivée d'un colis, qui est reparti à son expéditeur au bout de 15 jours, si bien que j'ai été obligée de payer une deuxième fois les $30 de frais de port; une autre fois, pour une commande de $100 essentiellement composée de papier et d'autocollants, dont la facture globale incluait $30 de frais de port, les douanes m'ont taxée sur 130€ de logiciels, soit 60€!), tandis qu'en France comme en Belgique, le choix de fournitures était à la fois restreint et hors de prix;
- mes photos préférées, je les exploitais désormais en bloguant, et créer des pages de scrapbooking en plus me semblait faire doublon.

Au bout de 2 ans, j'ai distribué les deux tiers des fournitures qui me restaient, mais je n'ai pas pu me résoudre à tout éliminer. Je me disais qu'à l'occasion, je me mettrais bien à l'art journaling, qui consiste non pas à créer des albums photos décorés, mais à tenir un carnet de pensées, d'impressions et d'inspirations à base de dessins et de collages. Et voilà que début mars, le blog A beautiful mess a mis en ligne un atelier d'art journaling: 52 suggestions illustrées, que les participants peuvent exploiter à leur propre rythme. Je me suis dit que ça ferait une bonne motivation. Et samedi, une fois débarrassée de mes obligations de boulot, je me suis attelée à la tâche. 

Comme je continue, depuis fin février, à piocher dans mes réserves au lieu d'acheter de nouvelles choses chaque fois que ça m'est possible, j'ai cherché dans mon (énorme) stock de carnets celui qui conviendrait le mieux à ce projet. Je voulais un format A5 et une reliure capable d'encaisser l'inévitable augmentation d'épaisseur en cours de travail. Mon choix a fini par se porter sur un Tout Noté rouge, avec une couverture facilement customisable et des anneaux amovibles permettant non seulement de sortir les pages pour travailler dessus individuellement, mais aussi d'en ajouter ou d'en retrancher. 

La première suggestion était "Monochrome". Par réflexe, j'ai failli opter pour du rouge, d'autant que j'en ai beaucoup dans mes fournitures. Mais depuis 2 ans environ, je me suis prise de passion pour le vert que je n'aimais pas du tout jusque là (et qui est d'ailleurs la couleur que j'ai demandée pour le swap en cours), et j'ai eu envie de sortir un peu de mes propres sentiers battus en créant une page dans ces teintes. Au final, le plus dur a été le choix du sujet. J'ai décidé de parler d'un rêve qui ne me correspond pas: celui de parcourir les USA en VW Camper. 




La deuxième suggestion était "Noir et blanc", ce qui de mon point de vue appelait un sujet grave ou un peu triste. J'ai eu envie d'une page simple pour dire que mon père me manquait. J'ai commencé par transformer en noir et blanc ma photo préférée de nous deux, mais le résultat composé de teintes de gris ne me plaisait pas. Au final, j'ai ressorti une vieille illustration d'un manuel de "Vampire:La Mascarade" pour laquelle j'avais eu un coup de coeur il y a... 20 ans. Photocopiée à l'époque, elle attendait sagement dans mon carton Inspirations que je trouve quelque chose à en faire. L'atmosphère qui s'en dégageait me semblait parfaite pour la page très sobre que j'envisageais. 




La troisième et dernière page réalisée durant cette séance avait pour thème "Assortir des motifs différents". Je m'en suis donné à coeur joie avec une perforatrice coeur et une petite liste d'envies du moment. Après avoir vainement tenté de parvenir à une composition satisfaisante dans le sens portrait, j'ai décidé de m'asseoir sur ma psychorigidité et d'opter pour la présentation paysage. 




Je suis très contente de m'être inscrite à cet atelier en ligne: c'est tout à fait le coup de pouce dont j'avais besoin pour me mettre à l'art journaling! 

(Anecdote amusante: j'ai tagué A beautiful mess dans mon Instagram d'hier pour#100happydays. 2 heures plus tard, Elsie Larson annonçait qu'elle venait de découvrir le projet et qu'elle s'y mettait prochainement. Coïncidence? Je ne pense pas.)

Keep calm and journal it out




Hier matin, je me suis levée avec une de ces affreuses migraines qui finissent par m'envoyer vomir du vide dans les toilettes. Je n'en avais pas eu depuis nos vacances finlandaises en juin dernier, et franchement ça ne me manquait pas. La veille, j'avais bu deux verres de vin rouge étalés sur une période de 3 heures en dînant à la maison avec des amies. Je pense que pour ma reconversion professionnelle dans l'alcoolisme, c'est foutu. La journée se présentait mal, d'autant plus que, comme tous les week-ends depuis le début de l'année, Chouchou était occupé à travailler sur son site internet et que je commence à en avoir assez de passer mes samedi et mes dimanche à la maison, ou de devoir sortir sans lui. Et même la piscine de la salle de gym, où je serais bien allée faire trempette une petite heure, était fermée pour travaux. 

Bref, j'avais plein de bons prétextes pour faire la tête, sauf que ça n'aurait absolument rien arrangé. Au lieu de ça, j'ai décidé de positiver et de me concentrer sur ce que je pouvais faire plutôt que de soupirer après ce que je ne pouvais pas faire. Il se trouve qu'à cause de mon marathon boulot, tous mes projets de DIY sont restés en souffrance ces 3 derniers mois. Mais il y a deux semaines, je me suis inscrite à un atelier en ligne d'art journaling sur lequel je n'avais pas encore eu l'occasion de me pencher, et mardi dernier, j'ai pris un cours d'initiation à la broderie classique. J'avais donc l'embarras du choix. J'ai passé tout l'après-midi à fouiner dans mes vieilles fournitures de scrapbooking pour accoucher de trois pages dont je suis très satisfaite (et que je vous montrerai dans un prochain billet). Le soir, même si je mourais de faim, je me suis contentée d'une soupe courgette-Boursin devant "The fifth estate". Le film n'était pas très bon, mais je voulais le voir et c'est fait. Au final, j'ai passé une journée plutôt satisfaisante même si ce n'était pas celle dont je rêvais. Parfois "plutôt satisfaisant", ce n'est déjà pas si mal. 

jeudi 20 mars 2014

Je suis libre, libre, liiiiiibre!




Aujourd'hui vers 18h, j'ai appuyé sur la touche "Envoi" et expédié à mon éditrice la traduction de 340 feuillets que je venais d'effectuer en un peu moins de 3 semaines. Le marathon boulot commencé en novembre était enfin terminé. Mes neurones sont aussitôt partis se rouler en boule dans un coin afin d'agoniser tranquillement sans déranger personne. Le reste de ma personne a mis des betteraves multicolores à rôtir dans le four avec un peu d'huile d'olive et du miel; puis il est parti se doucher et s'oindre de toutes sortes de crèmes délicieusement parfumées parce qu'il l'avait bien mérité. Ce soir, après avoir regardé un épisode particulièrement drôle de "Gilmore Girls" et chanté "Peer Gynt" à tue-tête et en stéréo avec Chouchou (nonobstant le fait qu'il n'y a pas de paroles dans "Peer Gynt": en tatatatatatan, ça marche très bien), il a l'intention de lire le tome 4 de "Gisèle Alain" reçu ce midi et de s'endormir du sommeil du juste-à-l'heure. 

Demain, il briquera sa cuisine fort négligée depuis quelques semaines, suivra un cours de Pilates avec la charmante Raffaela et se fera masser par M. Oh aux mains magiques. Agréablement détendu, il ira ensuite flâner dans les rayons d'une grande surface quelconque afin de se procurer de quoi nourrir ses invitées du soir (il hésite juste sur le choix du dessert). Après ça, neuf jours de glorieuse inactivité s'étendront encore devant lui telles autant de pages d'agenda vierges. Inactivité professionnelle s'entend, car pour le reste, sa To Do List est longue comme le bras. Ses projets 2014 ont tous été mis en attente durant ce premier trimestre, et il a un sérieux retard à rattraper. Le temps s'annonçant maussade ce week-end, il commencera sans doute par tenter une première broderie classique ou par se lancer dans l'art journaling, voire les deux. Les possibilités sont infinies. Pour un peu, la tête lui en tournerait, mais c'est sans doute parce qu'elle est vide jusqu'à nouvel ordre. 

mercredi 19 mars 2014

"The museum of extraordinary things"


1911 est une année tumultueuse à New York. Tandis que les syndicats se révoltent contre les conditions de travail épouvantables imposées aux ouvriers, les riches se retranchent à l'abri des belles façades de la 5ème avenue. Deux incendies dramatiques surviennent presque coup sur coup: le premier dans une usine de vêtements où les couturières enfermées là par leurs patrons n'ont pas d'autre choix que de se jeter par les fenêtres ou de brûler vives, le second dans un gigantesque parc d'attractions de Coney Island où les flammes libèrent toute une ménagerie exotique que les forces de l'ordre sont contraintes d'abattre. Non loin de là, les flots de l'Hudson coulent noirs, glacés et insondables, à travers des marécages qui se dépeuplent rapidement de leur faune et seront bientôt grignotés par l'expansion implacable de la ville. 

Alors qu'il était enfant, Ezekiel Cohen a fui les pogroms en Ukraine avec son père. Désormais, il n'a plus que mépris pour cet homme brisé. Tournant le dos à sa foi, il se coupe les cheveux, se rebaptise Eddie et devient l'apprenti d'un photographe solitaire. Mais il a toujours eu un don pour retrouver les choses et les gens perdus. Après l'incendie du Triangle, un ami de son père vient lui demander de chercher sa fille Hanna, qui aurait dû travailler à l'usine ce jour-là mais ne s'est jamais présentée à son poste et a mystérieusement disparu. Une nuit, sur les bords de l'Hudson, Eddie croise la route d'une sirène qui se met à hanter ses rêves. C'est Coralie, la fille du sinistre professeur Sardie. Exposée comme un monstre dans son Musée des Créatures Extraordinaires, contrainte à s'exhiber de façon dégradante lors de soirées privées, elle ne rêve que de s'enfuir... 

Ca faisait très longtemps que je n'avais pas lu un roman d'Alice Hoffman, et je me demande bien pourquoi j'avais négligé cette auteure qui sait créer des atmosphères si particulières, à la fois tragiques et empreintes de magie. "The museum of extraordinary things"est une oeuvre dense, qui restitue son contexte historique à travers deux thèmes principaux: l'agitation sociale et l'opposition entre l'eau et le feu. Face à la violence des humains et des éléments, les deux héros sont, chacun à leur façon, en quête de leur identité et de leur place dans le monde. Ils ne les trouveront qu'en renonçant à ce qu'ils croyaient savoir de leurs propres origines. Autour d'eux, Alice Hoffman met en place toute une galerie de personnages secondaires frappants: les "monstres" du Musée, tellement plus beaux dans leur singularité, plus dignes dans leur vulnérabilité que le soi-disant scientifique qui les exploite; l'ermite du marécage qui a un loup pour animal de compagnie et une réputation d'homme dangereux, mais pleure en secret sa femme morte depuis des décennies; le cocher au passé criminel qui parle aux oiseaux et n'aspire plus qu'à se racheter; la servante rousse au visage brûlé à l'acide qui sert de mère à Coralie; l'homme-loup amoureux des livres; le Magicien de Manhattan, personnage charismatique qu'Eddie prend pour un charlatan mais qui ne l'est peut-être pas tant que ça; la fille de riche propriétaire que sa famille veut faire enfermer à l'asile parce qu'elle milite pour la cause des femmes et des ouvriers... Les deux incendies sont des scènes proprement hallucinantes. Celui de l'usine, avec les couturières qui se jettent par les fenêtres et Manhattan envahi par les cendres, rappelle de façon poignante les images du 11 septembre 2001. Celui du parc d'attractions, avec les animaux sauvages tout à coup libérés dans les rues en flammes de Coney Island, a une qualité presque surréaliste. Et bien que l'histoire se déroule il y a plus d'un siècle, l'opposition sanglante entre les riches et les pauvres trouve hélas bien des échos dans l'actualité. Un roman riche et envoûtant à plus d'un titre.

mardi 18 mars 2014

Où l'univers me met des bâtons dans les roues



Deadline J-4.
8h30: je me lève à une heure semi-décente, mais avec une migraine carabinée. 
Une longue douche chaude, un triple sniff d'huile essentielle de menthe poivrée, un jus d'orange-pomme-carotte-gingembre-citronnelle fraîchement pressé et j'arrive plus ou moins à me mettre au travail. En l'espace de 18 pages, je ne repère que 5 énormes âneries et 13 incohérences mineures à corriger. Piece of cake. 
11h: avec la belle énergie typique d'un lundi matin, les ouvriers attaquent la chaussée en bas de chez moi à coups de marteau-piqueur.
Je respire bruyamment, récite un petit mantra dans ma tête histoire de me calmer (je n'en connais aucun qui serve à interrompre des travaux sur la voie publique, mais je me dis que celui pour assurer la prospérité devrait indirectement convenir) et me concentre sur mon texte afin d'occulter l'insupportable boucan. 
14h30: la box internet, qui fonctionnait parfaitement depuis des mois, décide que ça serait super fun de redémarrer à intervalles réguliers de 23 secondes.
Dans mon désespoir, je dois ressortir le Petit Robert de l'étagère où il dort depuis notre emménagement pour vérifier si le nom français de l'oiseau marin auquel je pense est "terne" ou "sterne". Trois centimètres de poussière assaillent mes sinus encore mal remis du rhume  de la grippe bizarre et très très méchante qui m'a pourri les deux dernières semaines. 
En switchant sur Belgacom Fon, nous arrivons à récupérer une mauvaise connexion environ une minute sur cinq. C'est mieux que rien. 
22h30: la ligne téléphonique tombe en panne. 
"Au pire, tu iras finir ta trad dans un endroit où il y a du wifi gratuit, genre le Workshop Café", suggère Chouchou, oubliant que je ne sais travailler que dans le silence et la solitude. 
...Encore 3 jours à tenir.

lundi 17 mars 2014

Le dernier week-end avant la quille




Se dépêcher de finir le boulot de vendredi pour courir au Heysel, halluciner à la vue de la file d'attente pour Made in Asia, entrer en 2 mn chrono côté Créativa, faire rapidement le tour du hall d'exposition, être consternée par la ringarditude de la plupart des stands, renoncer à trouver de la laine Drops, passer dans le hall 5, hésiter devant un amigurumi renard mais le trouver trop cher, hésiter devant un mélange de thés vert et blanc à la fraise et au jasmin mais se rappeler qu'on est censée vider ses stocks, s'abstenir de se moquer de Chouchou qui s'est acheté des lentilles vampire, regarder les autres visiteurs et se sentir antique, se casser vite vite en se disant qu'on a bien fait de venir à la nocturne gratuite sinon on l'aurait eue mauvaise, photographier quand même l'Atomium illuminé en sortant, se rapatrier sur St. Boniface pour manger, renoncer devant la queue au Yamato, renoncer devant la queue au Clan des Belges, finir au Pho Pho devant une soupe de raviolis et des bouchées vapeur, rentrer enfin à la maison s'écrouler devant le Veronica Mars Movie, râler à cause du débit merdique, regarder quand même, être déçue et émue à la fois, lire un ou deux chapitres du dernier Alice Hoffman qui est vraiment excellent avant de s'endormir comme une masse. 

Se lever à une heure raisonnable le samedi, prendre le bus pour aller au yoga, réaliser que merde on a perdu 10° depuis hier et on n'est pas du tout assez couverte pour la température d'aujourd'hui, expliquer qu'on a manqué les deux dernières séances parce qu'on était malade à crever, entendre Chouchou rectifier sur un ton blasé: "oui enfin elle avait un rhume", protester vigoureusement: "une grippe super bizarre et très très méchante", découvrir qu'on peut mettre des agrumes non épluchés dans une centrifugeuse, galérer pour prendre le bus du retour, confier son tapis de yoga à Chouchou et sauter en route pour aller chercher un cadeau d'anniversaire rue du Bailli, trouver une chouette carte de naissance non genrée chez Rose, hésiter devant un bol hippo chez Zao mais s'étrangler devant le prix et le reposer, s'offrir un joli collier Comme vous avez de grandes dents chez Mooks (pour le T-shirt marin par contre, on va attendre qu'il fasse encore 10° de plus), trouver le cadeau d'anniversaire recherché chez Senz, tenter un déjeuner tardif chez Makisu et renoncer devant la queue, se rabattre sur Charlotte ses tartines où le thé vert est infect et le bagel franchement médiocre (vive APDM), rentrer enfin à la maison, dire à Chouchou: "je crois que j'ai repris froid, je ne vais pas avoir le courage de ressortir tout à l'heure pour aller au ciné", convenir qu'on verra plutôt le dernier Miyazaki mardi soir, traîner sa flemme le reste de l'après-midi sans se décider à attaquer la première "mission" de l'atelier d'art journaling, appeler sa mère et découvrir le drame: la télé est en panne !, avoir l'articulation des mâchoires hyper inflammée au point que parler ou même déglutir est douloureux, manger des gyoza végétariens et une soupe de pourpier devant "Hunger Games 2: Catching Fire", trouver le film vraiment divertissant, probablement parce qu'on n'a pas lu les bouquins, re-Alice Hoffman et re-dodo comme une masse.

Se lever à une heure raisonnable le dimanche, regretter très fort de ne pas pouvoir aller à la piscine pour cause de travaux, rédiger un billet sur le Veronica Mars Movie, petit-déjeuner d'un oeuf coque préparé par Chouchou, préparer des madeleines au chocolat sans gluten ni lactose en ajoutant de la fleur de sel à la recette habituelle (pas assez pour que ça se sente, hélas), sauter le déjeuner et se contenter d'un jus orange-pomme-carotte-gingembre-citronnelle, prendre les transports en commun jusqu'à Stokel pour la troc party, trouver Sophie-Grosquick radieuse, craquer pour les biscuits "panda en slip" de Ness (et ne pas oser en manger un seul), récolter en plus de la savonnette traditionnelle un rouleau de washi tape, un T-shirt de la dernière tournée de Leonard Cohen, une jupe noire parfaite avec un volant de tulle dans le bas et une robe en satin bleue qui nécessitera le port d'une culotte ventre plat, râler de ne pas faire du 39 pour rafler les escarpins Esprit de Sunalee qui ressemblent tant aux Lilian de Louboutin, forcer les unes et les autres à essayer tel ou tel truc qui devrait lui aller hyper bien, passer un très bon moment en découvrant de nouvelles personnes, repartir vers le métro en escadrille d'une demi-douzaine de filles dont les deux tiers tirent derrière elles une valise à roulettes, descendre à Mérode pour contourner le problème de la fermeture d'Arts-Loi dans ce sens, s'apercevoir que l'arrêt du 80 n'est pas desservi pour cause de travaux et devoir rentrer par des chemins détournés, laisser Chouchou préparer une soupe de poireaux/cerfeuil pour le dîner, manger devant les épisodes les plus récents de "How I met your mother" et "The Big Bang theory", rire beaucoup mais détester ce que les scénaristes font du personnage de Stewart, se préparer à aller retrouver le dernier Alice Hoffman en se disant: "plus que 4 jours et ce marathon boulot insensé de presque 5 mois sera fini". 

dimanche 16 mars 2014

Pourquoi je n'ai pas aimé le Veronica Mars Movie (et pourquoi je l'ai aimé quand même)


Un an tout rond après le début du Kickstarter historique qui a servi à le financer, le Veronica Mars Movie est sorti sur les écrans américains et arrivé dans les boîtes mail de ses backers. Les premières critiques lues sur internet ainsi que le bon sens le plus élémentaire me commandaient de ne pas trop en attendre. Après tout, l'histoire que je voulais connaître, c'était celle de la Veronica de 19 ans qui venait apparemment de renoncer à son amour passionnel pour Logan et de bousiller la carrière de son père adoré - pas celle d'une Veronica quasi trentenaire. Parce que de deux choses l'une: ou elle aurait évolué au point de n'avoir plus de rapport avec l'héroïne que j'adorais malgré ses défauts, ou elle serait juste retournée à la case départ et je trouverais ça aussi attendu que peu satisfaisant. 

La seconde hypothèse était la bonne. 

Parce que Logan est injustement accusé de meurtre (sérieusement - encore?), Veronica, qui sort à nouveau avec Piz et s'apprête à entrer dans un cabinet d'avocats de New York, revient à Neptune ventre à terre. Et au cours de l'heure et demie qui suit, elle s'applique méthodiquement à retomber dans tous ses travers d'antan, comme si les neuf ans qui viennent de s'écouler n'avaient pas existé. Veronica ne peut s'empêcher de fouiller partout; Veronica utilise ses amis sans se soucier du tort qu'elle risque de leur causer; Veronica fout ses relations en l'air parce qu'elle est accro à l'adrénaline comme sa mère l'était à l'alcool. Bref, Veronica n'a pas grandi et rien appris. Bien sûr que j'avais envie qu'elle choisisse de redevenir détective privé plutôt que de se vendre au grand Capital. Mais j'aurais aimé qu'elle mûrisse un peu au passage, et qu'elle aborde les choses sous un angle vaguement adulte au lieu de se laisser contrôler par ses pulsions adolescentes. 

Autres doléances: la faiblesse de l'intrigue, et l'impression de regarder une trèèèèèès longue pub pour Samsung. Les tablettes de la marque sont partout, et constituent même un élément-clé dans l'affaire de meurtre. Je comprends l'inévitabilité du placement produits, mais trop, c'est trop! Ajoutez à ça qu'il y avait de gros problèmes de débit vendredi soir sur Flixster, et vous obtenez un premier visionnage über insatisfaisant. 

Pourtant, malgré tous les défauts que je lui trouve, je suis contente que ce film existe. 

D'abord à cause de la façon dont il a vu le jour. Je suis très enthousiasmée par le concept du crowdfunding, qui offre aux créateurs la possibilité de réaliser leurs projets sans nécessairement passer par des circuits traditionnels plus intéressés par le fric que par l'art, et il me semble que le succès éclatant du Veronica Mars Movie a beaucoup contribué à le faire connaître du grand public. Et puis l'enthousiasme inouï de la communauté des fans tout au long de cette année était vraiment beau à voir - tout comme l'énergie déployée par Rob Thomas et Kristen Bell (qui n'avaient ni l'un ni l'autre besoin de ce film pour booster leur carrière)  et le plaisir évident qu'ont pris tous les acteurs à retrouver leur rôle en dépit d'un salaire minimal. S'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est que le Veronica Mars Movie est un labor of love

Et puis tout de même, les dialogues restent jubilatoires; les nombreux clins d'oeil aux fans de la première heure sont archi gratifiants; l'alchimie entre les acteurs - notamment Kristen Bell et Enrico Colantoni: go, Papa Mars, go! - fonctionne toujours à la perfection. Surtout: le sentiment de manque créé par la fin abrupte de la série exigeait une conclusion, si tardive et imparfaite soit-elle. Malgré mon insatisfaction, j'ai eu le coeur serré lorsqu'a démarré le générique de fin, la version longue du morceau des Dandy Warhols dont les premières mesures suffiront toujours à me replonger dans l'atmosphère si captivante de Neptune. 

vendredi 14 mars 2014

Challenge photo: #100happydays




J'ai perdu l'habitude de lister mes petits bonheurs chaque soir sur la page Facebook du blog: à force de pratiquer cet exercice, non seulement je prête désormais une attention constante aux choses minuscules qui me rendent heureuse, mais j'ai appris à les rechercher, à les poursuivre et à les provoquer, et je m'en porte beaucoup mieux. Par contre, j'avais envie d'un nouveau challenge photo et d'une motivation pour commencer à utiliser vraiment mon compte Instagram. C'est là que (grâce à la propriétaire de la boutique Rose qui venait de s'y mettre) je suis tombée sur le projet 100happydays.

Le principe? Chaque jour, photographier un petit bonheur, et poster le cliché sur un média social. Le but? Garder une trace des jolies choses, cultiver la conscience du moment présent, traquer les raisons de se sentir heureux. La même chose que l'exercice ci-dessus, en somme, mais avec des images plutôt qu'avec des mots. Et la possibilité, à la fin, de rassembler toutes les photos dans un livre personnalisé, d'en faire une collection de joyeux magnets ou un collage sur le mur du salon. 

A partir du vendredi 21 mars et pendant 100 jours consécutifs, je publierai mes petits bonheurs du quotidien sur Instagram, avec le hashtag #100happydays pour être répertoriée dans le projet global, et le hashtag #happyrosenoir pour distinguer mes clichés - et les vôtres, si vous le souhaitez. Vous n'aurez donc pas besoin d'être abonné à mon compte ni à celui des autres participants pour visualiser toutes les photos qui seront publiées par des lecteurs du blog, et seulement celles qui seront publiées par des lecteurs du blog. En revanche, il vous faudra un smartphone ou un iPad, et bien entendu un compte Instagram.

Un feu d'artifice de petits bonheurs colorés: quoi de mieux pour célébrer ce printemps 2014? 

jeudi 13 mars 2014

J'ai de l'endométriose et je me soigne


Aujourd'hui 13 mars, c'est la journée mondiale contre l'endométriose, comme je l'ai découvert tout à fait par hasard ce matin en lisant cette bédé de Martin Vidberg. Cette maladie qui affecterait 10% de la population féminine et mettrait, en moyenne, 7 ans à être dépistée est encore mal connue, et il n'existe pas de traitement 100% efficace contre elle. Aussi, comme je fais partie des 10% de petites veinardes, j'ai pensé qu'il serait peut-être utile de partager ici mon expérience. 

A l'âge de 35 ans, je décide d'arrêter la pilule que je prends depuis presque 20 ans pour passer au stérilet. La pose censée être à peine un peu inconfortable m'arrache des hurlements. Comme c'est la première fois que je vois ce gynéco, il me pose quelques questions pour tenter de cerner l'origine du problème. Oui, j'ai toujours eu des règles douloureuses, mais on m'a dit que c'était normal, que ça venait avec la condition de femme et que je devais m'en accommoder. Oui, mes rapports sexuels ont eux aussi toujours été douloureux, mais il paraît que c'est parce que j'ai l'utérus antéversé - autrement dit, la tuyauterie montée à l'envers. Oui, j'ai parfois des maux de ventre aussi fulgurants qu'inexplicables à n'importe quel moment de mon cycle; certains s'estompent en quelques minutes, d'autres me laissent KO pendant des heures. 

Le gynéco m'envoie passer une échographie, qui révèle la présence de nombreuses lésions d'endométriose dans ma cavité abdominale. Entre autres choses, ma vessie et mon utérus sont entortillés, et ce dernier est collé à ma colonne vertébrale par un foyer tissulaire qui lui fait perdre toute mobilité. Une opération est programmée deux mois plus tard. Mon gynéco ôte toutes les lésions existantes en me disant qu'il y a 90% de chances que ça résolve le problème. J'en suis quitte pour une nuit d'hôpital et quatre ou cinq jours à grimacer en m'asseyant. Rien de dramatique. 

Mais le stérilet ne me convient pas. Deux ans plus tard, je cherche un nouveau gynéco (le précédent étant décédé entre temps...) pour me l'enlever. Le fil s'est perdu, et après quelques tentatives de retrait aussi insupportablement douloureuses que vaines, le praticien auquel je me suis adressée m'aboie sèchement d'arrêter de faire du cinéma, et que de toute façon ce n'est pas en hurlant que j'aurai moins mal. Il me fouaille le ventre sans ménagements et me traite comme une gamine de 4 ans, avec un mépris total et une absence d'humanité ahurissante. Je suis si choquée que je ressors de son cabinet réduite à l'état de loque sanglotante. Il me faudra un quart d'heure pour être en état de reprendre le volant. 

Heureusement, la gynéco suivante se montre bien plus compréhensive et propose de me retirer mon stérilet sous anesthésie générale légère, parce que "ce n'est pas la peine de souffrir pour rien". L'opération révèle hélas que de nouvelles lésions d'endométriose se sont formées pendant les deux dernières années. Ma nouvelle gynéco suggère de me mettre sous Lutényl, un des deux seuls traitements connus et le plus "doux" des deux. 21 jours par mois, je prendrai des comprimés de progestérone qui stopperont mes règles, et donc, la prolifération de mon endomètre hors de la cavité utérine. Elle me prévient que ça ne marche pas chez toutes les patientes, et qu'il existe une large panoplie d'effets secondaires à l'intensité variable. En l'absence d'autre option, je décide d'essayer quand même. 

Cette fois, je suis chanceuse. Le Lutényl supprime effectivement mes règles. Pour la première fois depuis l'âge de 12 ans (à l'exception de quelques mois juste après ma première opération), je suis libérée des affreux maux de ventre qui me tourmentaient à n'importe quel moment de mon cycle. Côté effets secondaires: ma libido se met aux abonnés absents, mais ni plus ni moins que lorsque je prenais une pilule à base d'oestrogènes. J'hérite d'un superbe "masque de grossesse", c'est-à-dire une collection de taches brunes sur le front et le long de la mâchoire, particulièrement visibles au soleil, et s'accompagnant généralement de petites croûtes sèches. Aucun masque blanchissant/éclaircissant n'en vient à bout - croyez-moi, je les ai tous essayés! -, mais ça se planque assez bien sous du fond de teint. 

Pour le reste, je touche du bois: depuis 7 ans que je suis ce traitement, mon endométriose est sous contrôle. Je n'ai pas grossi à cause du Lutényl - j'ai bien pris 7 ou 8 kilos à cause des anti-dépresseurs que mon généraliste m'a prescrits à l'époque où je faisais des attaques de panique, mais c'était plus tard, et sans rapport avec ma maladie. L'état de mes dents ne s'est pas non plus détérioré comme il le fait chez certaines patientes. L'un dans l'autre, je trouve que je ne m'en tire pas trop mal. Une des conséquences les plus dramatiques de l'endométriose est qu'elle entraîne parfois la stérilité, ou au moins de grandes difficultés à concevoir, et je ne voulais de toute façon pas d'enfants. Je compte rester sous Lutényl tant que ça fonctionne et que les effets secondaires ne se démultiplient pas. J'ai bientôt 43 ans; il me reste moins de dix ans à tenir jusqu'à la ménopause. Au pire, si je devais arrêter le Lutényl et que les lésions réapparaissaient, je les ferais cureter tous les deux ou trois ans jusqu'à ce que mes règles cessent d'elles-mêmes. 

Malgré tout, je déteste parler de cette maladie, qui a été une énorme source d'angoisse pour moi depuis mon diagnostic. Il y a un peu plus d'un an, certains symptômes m'ont fait croire que le Lutényl avait cessé de fonctionner et que mes lésions étaient revenues, ce qui m'a plongée dans un désespoir assez affreux. Heureusement, il ne s'agissait que d'une fausse alerte, comme l'ont confirmé une échographie et une IRM. Je ne vais jamais sur les forums d'"endogirls", et je ne lis jamais d'articles sur le sujet: les témoignages de filles chez qui la maladie est très virulente ou ne répond pas au traitement progestatif sont bien trop anxiogènes pour moi. 

Si je raconte mon histoire aujourd'hui, c'est dans le seul but d'inciter celles d'entre vous qui souffriraient de douleurs inexpliquées à ne pas baisser les bras avant d'avoir obtenu une meilleure explication que "Vous êtes douillette". N'hésitez pas à consulter plusieurs gynécos si nécessaire, et à réclamer des examens si on ne vous en prescrit pas spontanément. Même s'il n'existe pas de traitement miracle, un diagnostic précoce permettra toujours de mieux faire face au problème, surtout pour celles qui désirent des enfants. 

mercredi 12 mars 2014

Tante Hilda!


Botaniste émérite, personnalité généreuse et farfelue, Hilda règne sur d'immenses serres où elle a rassemblé toutes les plantes du monde, auxquelles elle parle comme à des amies. Quand elle n'est pas occupée à veiller sur ses vieux parents à moitié séniles mais toujours adorables, elle lutte activement contre les OGM. Pendant ce temps, tapie au fond d'un souterrain en compagnie de ses sbires, la très cupide Ursula pousse un scientifique avide de reconnaissance à créer l'Attilem, sorte d'asperge géante à la croissance si rapide qu'elle pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde. Hilda pressent une catastrophe écologique, et elle n'a pas tort...

"Tante Hilda!" était le film présenté en clôture du festival Anima 2014. Avant la projection, un de ses créateurs est venu en dire quelques mots. "Il s'agit d'un long métrage entièrement réalisé à la main, dont la conception nous a pris 7 ans. Une de ses particularités, c'est qu'il a pour personnages principaux deux femmes, et même, deux femmes d'âge mûr!" a-t-il déclaré fièrement. Alors, je ne doute pas que ce monsieur soit très bien intentionné, et j'applaudis la performance artisanale. Mais qu'il présente comme un choix original et courageux le fait de centrer son film sur deux individus qui non seulement possèdent un vagin (à l'instar de la moitié de l'humanité, donc) mais ne sont plus au top de leur sexytude, ça m'a tout de même légèrement navrée.

Pour le reste, je suis assez partagée dans mon avis sur "Tant Hilda!". Malgré l'animation minimaliste, le graphisme m'a vraiment enchantée. D'un côté, les serres d'Hilda à l'atmosphère si poétique, presque magique; de l'autre, les souterrains futuristes glaçants d'Ursula; entre les deux, une planète prise en otage. Les voix de Sabine Azéma et Josiane Balasko collent parfaitement à leurs personnages. Le propos, en revanche (= les OGM et le capitalisme, c'est le Mal), m'a paru quelque peu simpliste, voire carrément naïf. Disons que le film aurait pu faire mouche auprès d'un public adulte il y a dix ou quinze ans. Aujourd'hui, il constituera essentiellement une bonne entrée en matière pour sensibiliser les enfants aux problèmes de développement durable.

"Hiérarchie du burger" suivi de "Les fesses, oui; la langue, non"


Photo empruntée ici


Hier soir. En l'absence de Chouchou, j'ai emmené ma toux sèche et ma gorge inflammée dîner à l'Amour Fou pour fêter nos dix jours de ménage à trois. 

A ma droite, une pré-ado est attablée avec un monsieur d'âge mûr qui n'est pas son père (oncle? parrain?). Il commande un burger BBQ et une bière, elle un cheeseburger et un Tao. Leurs assiettes arrivent très vite - on est en début de service. Ils mangent en silence pendant une minute, puis l'homme demande à la gamine: "Alors, c'est comment?". Le verdict tombe, sans appel: "Meilleur qu'au Balmoral, moins bon qu'au Hard Rock Café".

Les jeunes n'ont plus aucun goût de nos jours. 

A ma gauche, un couple visiblement récent se fait des confidences par-dessus un cocktail. Le garçon, un brun terriblement propret, se penche par-dessus la table pour embrasser la fille, qui lui rend son baiser avec beaucoup d'enthousiasme. Gêné, il se recule. "Pas la langue en public." Mais quand elle se lève cinq minutes plus tard pour aller aux toilettes, il lui pelote ostensiblement les fesses par-dessus son sweat-shirt blanc orné de cerises.

Les jeunes sont bizarres de nos jours.

mardi 11 mars 2014

"The Grand Budapest Hotel"


Assez peu amatrice de cinéma en général, je n'ai pourtant pas manqué un seul film de Wes Anderson depuis "The Royal Tenenbaums". J'ai même acheté la plupart d'entre eux en DVD. J'aime l'univers de ce réalisateur, ses visuels très soignés et toujours un peu désuets, ses personnages dépressifs et vaguement ridicules, sa narration en voix off, sa famille d'acteurs que l'on retrouve à chaque fois, la musique d'Alexandre Desplat qu'il utilise comme accompagnement sonore. Aussi attendais-je avec impatience la sortie de "The Grand Budapest Hotel", dont la bande annonce m'avait mis l'eau à la bouche. 

En 1932, M. Gustave règne sur le Grand Budapest Hotel, palace rose kitchissime niché au coeur des montagnes de la république imaginaire de Zubrowka. Ce concierge apprécié de tous a un don pour satisfaire les désirs de ses hôtes, surtout lorsqu'il s'agit de vieilles dames riches et esseulées. Un jour, l'une d'elles décède en lui léguant un tableau hors de prix. Son fils contestant le testament, M. Gustave dérobe "Le jeune homme à la pomme" avec l'aide de son jeune protégé Zéro. Poursuivis par un tueur, ils s'enfuient alors que des militaires vêtus de noir commencent à envahir le pays...

C'est la première fois, me semble-t-il, que Wes Anderson parle d'autre chose que des problèmes nombrilistes de ses personnages pour inscrire leurs déboires dans un contexte historique dramatique. Sans doute était-ce censé donner de l'ampleur à son film. Et d'une certaine façon, j'avoue que c'est assez réussi. Sur un plan formel, "The Grand Budapest Hotel" est parfait. Je n'ai pas une seule chose à lui reprocher. Pourtant, il ne m'a pas touchée moitié autant que les autres films du réalisateur (à l'exception de "Fantastic Mr Fox", que je trouvais également irréprochable mais pendant lequel je m'étais ennuyée). Je l'ai vu sans déplaisir, mais sans émotion non plus. 

lundi 10 mars 2014

La robe pour laquelle j'en pince


Après un samedi passé à comater dans mon lit en crachant mes poumons façon Dame aux Camélias et en gémissant: "Mais il fait teeeeeeellement beau dehors!", je me sentais un peu mieux dimanche. Nous en avons profité pour faire un petit tour au parc Léopold après le déjeuner, et pour prendre quelques photos de ma dernière acquisition: la fameuse robe Louche qui m'a permis de solder un avoir bientôt périmé chez Monshowroom. 





Je sais que je fais du 12 dans cette marque, mais sur le site, les tailles indiquées étaient S, M et L. Par mesure de précaution, j'ai opté pour le L... et reçu un 14 trop grand que j'ai eu la flemme de renvoyer. Tant pis, ce sera ma robe des jours de bombance! 




Ceci est la première coloration que je refais toute seule après un an passé à aller chaque mois chez le coiffeur. A 83€ la couleur sans coupe ni brushing, budgétairement, ça devenait juste impossible. Là, la boîte de Garnier Nutrisse (ref: 660) m'est revenue moins de 9€, et en plus, j'ai fait ça peinarde en une heure à la maison au lieu de sacrifier tout mon après-midi. Bien sûr, le résultat est moins subtil que le travail d'un pro, mais j'aime quand même beaucoup, surtout quand je pense à tout ce que je vais pouvoir faire avec les sous économisés!




(Je ne peux jamais porter ce pendentif sans repenser à l'épisode de "Friends" où Phoebe déclare que Ross et Rachel sont un couple de homards et les mime se tenant la pince.)



Je suis fan de ces collants "gaufrés", qui coûtent une misère et sont aussi solides que confortables. D'ailleurs, je les ai également en bleu canard et en violet. Les boots découpées sont une tentative de trouver des remplaçantes à mes fameuses boots de moto Free Lance que je traîne depuis dix ans et dont je commence à me lasser. Malheureusement, la semelle n'a aucun amorti et je ne peux pas marcher avec plus d'une demi-heure sans souffrir. La suprématie des Free Lance demeure donc incontestée à ce jour. 




Robe: Louche
Blouson: Mango (hiver 2013-2013)
T-shirt: Promod
Collants: Soxi chez Veritas
Boots: Deena & Ozzy chez Urban Outfitters (été 2013)
Pendentif: Scooter (old)



Concours "Un thé pour Yumiko": la gagnante



Un mot d'abord pour vous remercier d'avoir été si nombreuses à participer cette fois: j'ai enregistré pas moins de 98 commentaires, un record! 

Ensuite: la gagnante que j'ai tirée au sort est Nairo avec son "cerisiers". Qu'elle m'envoie son adresse postale à leroseetlenoir@hotmail.com afin que je puisse lui faire parvenir sa bédé. 

Quant aux autres, ne vous inquiétez pas, je refais un concours très vite! 


dimanche 9 mars 2014

"L'année des secrets"


Le père de Mallika est mort avant sa naissance, et sa mère, Padma, refuse de parler de lui. Alors, la fillette a dérobé l'unique photo de ses parents et grandit en dialoguant en cachette avec ce géniteur qu'elle pare de toutes les qualités. Chaque fois que quelqu'un sonne à la porte, elle pense qu'il va apparaître sur le seuil. Et chaque fois, ce n'est que Shanta, sa tante bien-aimée qu'elle considère comme une seconde mère, ou Madhou et Anou, les deux voisines devenues les indispensables confidentes de Padma. Toutes les femmes qui entourent Mallika connaissent une partie du secret concernant son père. Prenant la parole tour à tour, elles vont lentement faire émerger une vérité que ni la fillette ni le lecteur n'auraient pu soupçonner... 

C'est avec beaucoup d'habileté qu'Anjana Appachana construit son gros roman de presque 600 pages et révèle progressivement un secret si incroyable que sur la fin, on se croirait pratiquement dans un film de Bollywood. Mais malgré le plaisir que j'ai eu à me laisser surprendre par l'histoire, l'aspect le plus intéressant de "L'Année des secrets", c'est la façon dont il donne la parole à une demi-douzaine de femmes indiennes d'âge varié et de condition sociale différente, dressant à travers elles une sorte d'état des lieux de la condition féminine en Inde. L'obligation du mariage arrangé. La soumission absolue, d'abord aux parents, puis à l'époux. L'impossibilité de sortir des rôles genrés hyper stricts. La solitude au sein du couple. Les rapports sexuels subis; les attouchements dans la rue ou les transports en commun. L'étouffement des désirs et des ambitions propres. Les humiliations infligées par la belle-mère enfin en position de force vis-à-vis de quelqu'un. Les schémas dont toutes les femmes souffrent, et qu'elles se hâtent pourtant de reproduire en favorisant outrageusement leurs fils par rapport à leurs filles. Celles qui aspirent à autre chose et tentent de se rebeller le paient très cher. Alors, elles finissent par se résigner et par faire ce qu'on attend d'elles: se contrôler, taire leurs émotions et leurs besoins, obéir docilement, et trouver un moyen d'être heureuses quand même, dans la mesure du possible. Malgré la totale absence de misérabilisme dans la narration, j'ai éprouvé tout au long de ma lecture une sensation d'enfermement doublée du soulagement égoïste d'être née en Occident à la fin du XXème siècle. Et je conseille "L'année des secrets" à toutes celles qui, en plus d'aimer les histoires prenantes, s'intéressent au sujet de la condition féminine à travers le monde. 

S'organiser avec du washi tape


Je vous avais déjà montré une des façons dont j'utilisais mon énorme collection de washi tape

Hier, au hasard de mes pérégrinations sur internet, j'ai trouvé une autre idée qui m'a ravie. Appliquée à mon planning professionnel, elle va me permettre de mieux visualiser le temps consacré à chaque traduction et mes disponibilités restantes. 




(Cette semaine sans rien, fin mars? Ce sont des vacances que je m'accorde, à la base pour fêter mon anniversaire, et aussi parce que je vais en avoir besoin pour me remettre de ce marathon boulot qui dure depuis début novembre.)

Tout bête et très joli, n'est-ce pas? 

vendredi 7 mars 2014

Ronde des poches: les livres qui ont été envoyés


Photo empruntée ici

J'ai envoyé "Days" de James Lovegrove à Léa
qui a envoyé "La femme aux pieds nus" de Scholastique Mukasonga à Géraldine D
qui a envoyé "Le vestibule des causes perdues" de Manon Moreau à Annick
qui a envoyé "Recettes végétariennes d'Italie" de Catherine Schiellein à Sophie/Grosquick
qui a envoyé "La colère des aubergines" de Bulbul Sharma à Cécile
qui a envoyé "Le coeur glacé" d'Almudena Grandes à Muriel
qui a envoyé "Outside Valentine" de Liza Ward à Christelle
qui a envoyé "Féroces infirmes retour des pays chauds" de Tom Robbins à Colette
qui a envoyé "Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver à Lucile
qui a envoyé "L'île des oubliés" de Victoria Hislop à Dola
qui a envoyé "L'allée du roi" de Françoise Chandernagor à Elisa
qui a envoyé "L'espionne de Tanger" de Maria Duenas à Elanor La Belle
qui a envoyé "La singulière tristesse du gâteau au citron" d'Aimee Bender à Ioionette
qui a envoyé "L'art de la joie" de Goliarda Sapienza à Jennifer
qui a envoyé "L'homme du lac" d'Arnaldur Indridason à Gasparde
qui a envoyé "Une odeur de gingembre" d'Oswald Wynd à Taz
qui a envoyé "La double vie d'Anna Song" de Minh Tran Huy à Emilie
qui a envoyé "Le testament des Templiers : La dixième chambre" de Glenn Cooper à Diba
qui a envoyé "L'affaire Jane Eyre" de Jasper Fforde à Margot
qui a envoyé "La voleuse de livres" de Markus Zusak à Pauline
qui a envoyé "Refaire le monde" de Julia Glass à Londoncam
qui a envoyé "Le coeur cousu" de Carole Martinez à Melle Cassis du Sirop
qui a envoyé "Promenons-nous dans les bois" de Bill Bryson à Géraldine L
qui a envoyé "Le vampire de Ropraz" de Jacques Chessex à Solaena
qui a envoyé "Au coeur du mal" de Chelsea Cain à Melle Funambuline
qui a envoyé "Le cuisinier" de Martin Suter à Amandine
qui a envoyé "Mississippi" de Hillary Jordan à Anne-Sophie
qui a envoyé "La dame à la licorne" de Tracy Chevalier à Nat75
qui a envoyé "La colère des aubergines"de Bulbul Sharma à Alice/CryingWall
qui a envoyé "La cucina" de Lily Prior à Julie
qui a envoyé "Les cinq quartiers de l'orange" de Joanne Harris à Kleo
qui a envoyé "Meurtres à la Pomme d'Or" de Michèle Barrière à Isabelle
qui m'a envoyé "Chroniques des années noires" de Kim Stanley Robinson.

Merci à toutes d'avoir joué le jeu. 
Une remarque: beaucoup de participantes à qui leur swapeuse avait fait envoyer leur livre directement par Amazon ont regretté de n'avoir pas ses coordonnées pour la remercier. Amazon permettant de joindre un petit mot pour le destinataire d'une commande cadeau, pensez à utiliser cette fonction une prochaine fois!