samedi 31 mai 2014

Mai 2014



May victory log


Photo empruntée sur le site PetiteLouise


Administratif:
- Compta pro d'avril
- Changement d'adresse mail principale
- Etablissement d'une liste de tous les ouvrages que j'ai traduits (hors jeux de rôles)
- Prise de renseignements en vue de changer de régime d'imposition l'an prochain

Blog:
- 1 article en grande Une de HelloCoton, 6 autres en petite Une
- Concours "Les quinze premières vies d'Harry August"
- Lancement d'un swap thé
- Mise en ligne d'une page vide-dressing

Culture:
- 18 livres lus (8 romans, 8 bédés, 1 manuel de développement personnel, 1 bouquin de déco)
- 1 film vu au cinéma: "X-Men: Days of future past", et 1 à la maison: "The prestige"
- Festival des Imaginales à Epinal; dédicaces d'Alice Scarling, Karim Berrouka, Fabrice Colin et Christopher Priest
- Festival Retrorama à Bruxelles

Geocaching:
- 7 caches trouvées: 4 à Maastricht, 2 à Knokke, 1 à Gand 
Santé:
- Visite annuelle de contrôle chez la dermato + brûlage à l'azote d'une tache brune que j'avais sur la pommette gauche

Sport:
- 3 séances de piscine

Divers:
- 1 séance de réflexologie plantaire au Serendip Spa
- Arrêt de mon abonnement à la Thé Box
- Rédaction d'un document pour aider mes collègues payés en droits d'auteur à choisir entre le BNC et le régime des salaires et traitements

J'avais prévu de ne travailler sur aucune traduction en mai pour me laisser le temps, d'une part d'entreprendre diverses démarches afférentes à mon activité actuelle, d'autre part, de commencer à développer une voire deux activités annexes. Si j'ai bien gazé en ce qui concerne la première moitié, je n'ai quasiment rien foutu par rapport à la seconde. J'ai été bloquée à la fois par l'ampleur de la tâche, bien supérieure à ce que j'avais escompté, et par mes doutes rampants quant à la légitimité de mes projets. Je pensais que si je n'avais rien d'autre à faire, je m'y collerais forcément, mais c'était sous-estimer la fourberie de ma procrastinatrice intérieure (ou l'intensité de ma résistance au changement). Je me suis fixé une deadline en septembre pour la révélation d'au moins un de mes deux projets. Si je ne veux pas être obligée de la reporter, je vais devoir m'y prendre autrement - et j'ai déjà ma petite idée sur la méthode. On en reparle après-demain. 

Un mois où j'ai passé une moitié de mon temps à me colleter avec des corvées administratives, et l'autre moitié à profiter au maximum du printemps.

vendredi 30 mai 2014

La première rentrée des classes loin de la maison


Au début la quatrième saison de "Gilmore Girls", Lorelai aide sa fille Rory à emménager dans sa chambre de dortoir à Yale. C'est un peu l'âge d'or de la série, et les répliques hilarantes fusent dans tous les sens. Pourtant, je me suis mise à pleurer avant la moitié de l'épisode et je n'ai plus arrêté jusqu'à la fin. 

Un vendredi de septembre 1988, mon père m'a conduite en voiture à Toulouse où je devais commencer les cours à Sup de Co le lundi suivant. A l'époque, l'ensemble de mes possessions terrestres tenait dans un coffre de R19: deux cartons de romans et de bédés, une garde-robe modeste, le tout premier lecteur de CD que je m'étais offert avec le chèque envoyé par mon grand-père pour ma réussite au concours. Je devais loger au rez-de-chaussée d'une maison dont une veuve nommée Mme Puget occupait l'étage, en compagnie de deux étudiantes d'une école d'ingénieurs dont la rentrée des classes avait lieu seulement en octobre. J'avais hérité de la chambre "moyenne", ni la plus grande qui était vraiment immense, ni la plus petite qui évoquait vaguement un placard à fenêtre. Elle était meublée d'un lit en 120 cm (immense pour moi qui était habituée au lit en 90), d'une vieille armoire aux portes grinçantes comme il y en avait chez mes grands-parents, d'un petit bureau recouvert de papier autocollant vert sapin et d'un fauteuil crapaud assorti. Le parquet craquait sous mes pieds. Il y avait un frigo minuscule dans la cuisine, et une seule étagère pour trois filles dans la salle de bain pleine de courants d'air glacés. Mme Puget avait édicté des règles très strictes: téléphone sur sa ligne fixe seulement en cas d'urgence, interdiction de ramener des garçons... Ce n'était pas le logement que j'aurais choisi si on m'avait consultée, mais j'étais ravie de prendre enfin l'indépendance après laquelle il me semblait soupirer depuis des lustres. Et tant pis si c'était pour faire des études qui ne me plaisaient guère (sur le coup, je ne me rendais pas compte à quel point j'allais les haïr). 

Le samedi matin, après avoir passé la nuit dans une des autres chambres encore libres, mon père a repris le chemin de Toulon. Il a baissé sa vitre pour un dernier au revoir; sous sa moustache, il a souri en pinçant un peu les lèvres comme chaque fois qu'il était ému et ne voulait pas le montrer. Debout sur le trottoir, j'ai agité la main gauchement, me sentant soudain toute petite et très seule dans cette grande ville où je ne connaissais personne et où je n'avais aucun repère. Dans mon sac à main dos, j'avais un chéquier neuf à mon nom - et une autorisation de sortie du territoire, parce que je n'étais même pas encore majeure. Je ne m'entendais pas spécialement bien avec mon père à l'époque; pourtant, mes yeux se sont remplis de larmes tandis que je regardais sa R19 s'éloigner dans la rue du 10 avril. Comme ils se sont remplis de larmes mercredi soir alors que, plus d'un an et demi après sa mort, une série télé me rappelait combien il continue à me manquer. 

jeudi 29 mai 2014

"Bouche d'ombre: Lou 1985"


1985. Lou, 16 ans, mène une vie très ordinaire entre sa bande de potes et le lycée où elle est élève de première. Jusqu'au jour où un de ses amis suggère une séance de spiritisme qui va entraîner le suicide de Marie-Rose, une de leurs camarades récemment arrivée d'Haïti. Lou se met alors à voir des fantômes, d'abord la nuit, puis même en plein jour. Sans le vouloir, elle est devenue une porte entre deux réalités. Mais pourquoi elle, et surtout, que lui veulent les esprits de ces femmes mortes?

Carole Martinez, auteur du roman "Le coeur cousu", poursuit son exploration de l'univers des sorcières et des médiums dans le premier tome d'une future tétralogie pour laquelle elle s'est associée à la dessinatrice Maud Bégon. Etant née plus ou moins à la même période que Lou, j'ai aimé la façon dont la scénariste restitue l'univers d'une adolescente des années 1980. J'ai aimé aussi que jusqu'au moment où son monde bascule, l'héroïne soit une jeune fille bien dans sa peau mais en rien exceptionnelle, et que parmi ses amis on trouve un Beur et une métisse, une punk et deux garçons homosexuels, un fils de boulanger et un gamin issu de la haute bourgeoisie. J'ai aimé, enfin, le dessin au crayon et le graphisme très personnel de Maud Bégon, qui évite l'écueil de la noirceur dans les scènes les plus dramatiques ou potentiellement lugubres.

Aux premières pages dont l'histoire se déroule durant le Moyen-Age, et aux esprits qui se rassemblent autour de l'héroïne endormie à la toute fin, on devine que plusieurs périodes historiques vont s'entremêler dans la suite de la série. De ce point de vue, "Lou 1985" excite la curiosité du lecteur mais le laisse un peu sur sa faim. Il faudra attendre le deuxième tome pour juger si ce début intrigant tient ses promesses. 

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (4)




1. Umami (ex-Cha Yuan), Bruxelles 2. L'Amour Fou, Bruxelles 3. Comptoir Florian, Bruxelles 4. Arthur's, Bruxelles 5. Filigranes, Bruxelles 6 et 11. Exki porte de Namur, Bruxelles 7. Exki place du Luxembourg, Bruxelles 8. Café Zondag, Maastricht 9. Le Vog, Toulon 10. Ellis Gourmet Burger, Gand 13. Les super filles du tram, Bruxelles 13. Comptoir de Maître Kanter, Nancy 14. Makisu, Bruxelles 15. Arthur's, Bruxelles

mercredi 28 mai 2014

"Les vieux fourneaux T1: Ceux qui restent"


Ce sont trois amis d'enfance. Il y a d'abord Pierrot, le syndicaliste anarchiste qui, à la tête d'une bande d'aveugles, fout le boxon dans les réceptions huppées ou glisse des allumettes dans les serrures des agences bancaires pour empêcher leur ouverture. Il y a Mimile, qui moisit maintenant à dans une maison de retraite au nom malheureux de Meuricy, mais qui a fait trois fois le tour du monde en bateau et dont le corps est entièrement couvert de tatouages. Et puis il y a Antoine qui vient de perdre sa bien-aimée Lucette - Lucette le feu follet qui faisait tourner les têtes dans leur jeunesse, Lucette qui a quitté la grande entreprise pharmaceutique où ils s'étaient rencontrés pour créer un petit théâtre de marionnettes appelé le Loup en Slip et sillonner les routes de campagne au volant d'une camionnette rouge. Quand, le lendemain des obsèques, Antoine ouvre la lettre qu'elle lui avait laissée et apprend le secret qu'elle lui cachait depuis plusieurs décennies, il voit rouge. Attrapant son fusil, il se lance dans un road trip vengeur, direction la Toscane...

Certaines personnes craquent devant les bébés. Moi, ce sont les personnes âgées qui m'émeuvent - au point que j'ai fait du bénévolat auprès d'elles avec les Petits Frères des Pauvres, il y a fort longtemps. Et puis j'avais récemment lu et adoré une autre histoire de Lupano (le tome 2 d'"Azimut"). Alors, je me suis laissé tenter par cette nouvelle série dessinée par Cauuet, et je ne l'ai pas regretté. Dans "Les vieux fourneaux", il y a de la critique sociale, des personnages hauts en couleur, des dialogues hilarants, de l'amitié qui fait chaud au coeur, des situations cocasses et de la nostalgie qui ne vire jamais à l'apitoiement. La page 21, complètement muette, montre Antoine en train de rêver à ses jeunes années avec Lucette en serrant contre son coeur une des marionnettes de son théâtre. Je suis tombée en arrêt dessus, et mes yeux se sont remplis de larmes d'émotion. Trois pages plus tard, je me mettais à rire aux éclats (ce qui m'arrive très rarement en lisant), et je n'arrêtais plus jusqu'à la fin. J'ai ponctué ma lecture d'au moins une dizaine de "Formidable, cette bédé est vraiment formidable". Son côté humaniste m'a fait penser aux histoires de Zidrou. Mais la gouaille de ses héros, Pierrot en tête, n'appartient qu'à eux. Un énorme coup de coeur que je vous recommande très chaudement. 

lundi 26 mai 2014

Non, le score du FN n'est pas la faute des abstentionnistes




Si je conçois fort bien qu'on soit attristé par le score qu'a fait le FN lors des élections européennes de dimanche, je suis en revanche un peu fâchée qu'on en attribue systématiquement la faute aux abstentionnistes. 

J'ai demandé ma radiation des listes électorales l'an dernier, pour des raisons que j'explique en détail ici. Par la suite, une lectrice ayant tenté la même démarche dans sa commune m'a informée qu'une telle chose n'était a priori pas possible; du coup, j'ignore si j'ai été comptabilisée dans les abstentionnistes ou pas avant-hier. Dans un cas comme dans l'autre, il est certain que ma voix n'a pas servi à faire barrage au FN. Et dans un cas comme dans l'autre, je ne me considère néanmoins pas responsable des résultats. Ils sont la faute, d'une part des gens qui ont voté FN pour une raison quelconque, d'autre part des politiciens qui ont réussi à dégoûter une grande partie de la population française de voter. De mon point de vue, la démocratie telle que nous la pratiquons est une vaste blague, un système en faillite qui devrait être modifié au plus vite. Si je refuse de contribuer à le perpétuer, je refuse tout autant d'endosser un échec qui n'est pas le mien. 

A l'heure actuelle, la seule liberté qu'ont les citoyens français est celle d'élire leurs représentants. Une fois en place, ceux-ci font ce qu'ils veulent pendant la durée de leur mandat, sans plus avoir à se soucier de l'opinion populaire (ou juste vaguement dans la mesure où ils veulent être réélus). Ce n'est donc pas parce qu'on vote pour un président ou des députés de gauche qu'on se retrouve avec une politique de gauche, comme on peut s'en apercevoir depuis deux ans. 

Que faire alors? On pourrait commencer par s'inspirer du système suisse, qui consulte les électeurs chaque fois qu'il y a une décision importante à prendre. Parce qu'on ne me fera pas croire que les véritables fachos sont si nombreux que ça. Les gens qui ont voté FN dimanche sont, pour une grande partie, des déçus des partis "traditionnels" qui ne savent plus par quel autre moyen obtenir un vrai changement. Et bien entendu, je pense qu'ils se fourvoient en votant pour Marine et sa clique. Mais si on leur demandait leur avis plus souvent et qu'on en tenait réellement compte pour gouverner, auraient-ils besoin de recourir à une mesure aussi stupide désespérée? Je ne le crois pas. 

Tous les gens bien intentionnés qui fustigent les abstentionnistes depuis hier soir ont pour objectif n°1 de barrer la route au FN. Moi, mon objectif n°1, c'est d'obtenir la révision du système pour qu'il n'y ait plus besoin de barrer la route au FN. Et je n'apprécie pas beaucoup d'être, à cause de ça, considérée comme une sorte de traîtresse à la cause.


PS: J'ai tenté d'expliquer mon point de vue respectueusement, et j'apprécierais que les gens qui décideront de commenter mon billet fassent de même. Merci d'avance. 

Concours "Les quinze premières vies d'Harry August": la gagnante



Le commentaire qui remporte ce concours est celui de Jeanne Blue.

La gagnante est priée de m'envoyer son adresse postale à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à toutes pour votre participation et à bientôt pour d'autres concours!

dimanche 25 mai 2014

Un long week-end d'Imaginales


Se traîner jusqu'à Epinal sans enthousiasme et arriver sous la pluie; en descendant vers l'hôtel, expliquer à Annaig comment déclarer ses droits d'auteur; râler en constatant que le wifi ne passe pas dans la chambre 15 de l'hôtel Azur; obtenir du gentil proprio une autre chambre plus grande, plus jolie et plus près du routeur; à force de venir ici chaque année, ce chemin à travers le parc me donne presque l'impression de rentrer à la maison; complimenter Magali sur sa jolie idée d'arbre à papillons-mots doux, et Pierre Pevel sur son élégance qui, dit-il, le dispense de faire du sport; recevoir une bague poulpe un chouïa petite de la part de Marika Gallman et une dédicace d'Alice Scarling avec double bonus d'autocollants Chibi; à la buvette, hésiter entre un thé Lipton et un verre de champ' et prendre finalement un chocolat chaud; discuter longuement avec Stéphane Marsan d'Harry August et de l'état de l'édition (spoiler: il est mauvais et ça ne va pas s'arranger); recevoir le meilleur texto du monde: "Il est sauvé, il est sauvé!" et manquer en pleurer de joie; grelotter en sortant de la bulle aux livres; admirer la jolie tasse à thé faussement japonaise et se régaler avec la farandole de desserts du resto bio (mention spéciale au crapuleux à la rhubarbe); avoir encore des problèmes de connexion en rentrant à l'hôtel.




Pour la première fois depuis des mois, se réveiller sans le moindre mal au dos: vive les matelas fermes; seulement deux phrases et moins d'une minute pour me rendre involontairement antipathique à la personne qu'on vient de me présenter, c'est un record perso; assister à une table ronde rectangulaire sur le réalisme et la magie; se faire dédicacer le dernier Karim Berrouka et la magnifique réedition d'"Arcadia" de Fabrice Colin; manger avec Sylvie Denis à la terrasse du Bureau sous un soleil éclatant et oser le trifle aux fruits rouges en dessert; tiens, des cadenas d'amoureux commencent à fleurir sur le pont dont la géocache nous tient en échec depuis plusieurs années; passer une grande partie de l'après-midi avachie sur le canapé de la buvette en se plaignant de la chaleur; les scones d'Annaig justifient une demande en mariage immédiate; faire la connaissance d'une sympathique éditrice de gauche et devoir écourter à regret une discussion animée avec sa bande de potes au bord de l'eau; raconter des histoires d'hémorroïdes et de vagin plus étanche autour d'une crêpe, mais fuir avant le dessert à cause de la pluie qui menace; manquer s'endormir au Bougnat, autour d'une bouteille de blanc de la cuvée Imaginales 2014, à même pas 22h; être réveillée par le meilleur album des Pixies qui me donne toujours envie de chanter et de danser; rentrer à l'hôtel en courant presque pour ne pas se faire tremper: mes sandales rouges auront-elles survécu?




Laver et équeuter les radis ronds dans le lavabo de la salle de bain; nettement plus de monde ce matin sous la bulle aux livres; une paire d'Irregular Choice à talons lapins me pousse à engager la conversation avec Sophie Dabat - c'est étonnant le nombre de points communs que nous avons; semi-pétée au champ', je me mets à discuter avec Christopher Priest et Pierre Dubois en tentant de masquer que ma fangirl intérieure crie "Hiiiiiiiiiiiiii" en agitant les coudes; le pique-nique alternatif en comité réduit dans l'herbe du parc est un franc succès; Chouchou assure sa présence virtuelle au moyen d'un selfie à poil avec un Totoro en guise de cache-sexe; il faudrait un mot pour désigner la nostalgie des choses pas encore terminées; tant pis, je risque quand même les Lola Ramona rayées; Christine me raconte comment Mélenchon a changé sa vie; des lecteurs qui s'extasient sur mon boulot, ça fait toujours plaisir; en fait, à condition d'avoir mis de la crème solaire, on est nettement mieux dehors; discuter d'Harry August (what else?) avec César pendant qu'AnneEli masse Valérie, que Leslie comate et que Mathieu Gaborit exhibe de sublimes bottines steampunk; plaindre les gens des autres tables qui espéraient manger tranquilles chez Sens et Découvertes; Kettch a encore frappé; puisqu'il n'y a personne au Bougnat, allons nous coucher comme des vieux.




Levée avant la sonnerie du réveil et toujours sans mal au dos: si je fauche le matelas en partant, est-ce que ça se verra?; encore une table ronde rectangulaire, pour aller voir Ando cette fois; "les tatous, c'est cool"; discuter statut d'indépendant avec Barbara près de la buvette; alors que je quitte la bulle aux livres, trois incroyables mariés froufroutants font irruption sur des échasses; la brasserie art déco conseillée par Marion et Pauline non loin de la gare de Nancy est bourrée à craquer - tant pis; ma mère avoue un petit moral au téléphone; le pain au cacao de la boulangerie du quai, acheté en quittant Epinal, est aussi délicieux qu'original, et je suis assez fan du nouveau thé vert jasmin-orange vendu chez Starbucks; j'ai lu intégralement "Lacrimosa" avant d'arriver à Paris; oh, une place de Thalys en première avec du wifi gratuit!; Chouchou n'a pas fait que se photographier nu en mon absence: il a aussi préparé des crêpes; finalement je suis bien contente d'y être allée, à ces Imaginales 2014. 

vendredi 23 mai 2014

Cthulhu ne m'a pas dévorée, mais il a bien failli m'achever




Sachant qu'en matière de DIY, je suis une sprinteuse plutôt qu'une marathonienne, je me demande bien ce qui m'a pris de me lancer dans la confection de ce point de croix Cthulhu dont les multiples teintes de vert m'ont tué les yeux. Je l'ai commencé pendant les vacances de Noël et achevé seulement lundi: c'est dire si j'ai eu du mal à en venir à bout. Sur la fin, je ne pouvais plus le supporter. Je me demande même si je vais l'accrocher - surtout que je n'ai pas trouvé de cadre vraiment adéquat et que je n'ai aucune envie de payer une fortune pour du sur mesure. Je ne veux plus voir de point de croix pendant six mois au moins. Ou alors, seulement des petits motifs kawai et colorés. 



Modèle acheté dans cette boutique Etsy

jeudi 22 mai 2014

"The postmortal"


Imaginez un futur proche où l'on découvrirait un remède contre le vieillissement qui, après de nombreux débats politiques et moraux, serait mis à la disposition du grand public. Mais l'immortalité possède elle aussi ses inconvénients: terroristes biologiques au crâne peint en vert, surnommés les trolls; programmes d'euthanasie du gouvernement débordé par le nombre de bouches à nourrir; nouveaux cultes religieux perturbants, et bien d'autres encore. Sous la forme du journal de John Farrell, Américain lambda témoin des bouleversements de son époque, "The Postmortal" dépeint un monde pré-apocalyptique si réaliste qu'il vous donnera des frissons dans le dos. 

Je ne sais vraiment pas comment ce roman d'anticipation s'est retrouvé dans ma PAL. J'en ai sûrement lu beaucoup de bien quelque part, dans un article dont l'auteur doit avoir des goûts diamétralement opposés aux miens. Certes, "The postmortal" est bien foutu et décrit une mécanique implacable à laquelle on n'a aucun mal à croire. Mais son héros n'a aucune personnalité; il n'est là que pour fournir le point de vue du péquin moyen et ne semble pas être autre chose que le produit des circonstances de son existence. Or, c'est très rare qu'une histoire m'intéresse davantage que les personnages qui la vivent. Et si je n'ai rien contre un bon petit drame intime bien ficelé, les catastrophes à grande échelle m'angoissent trop pour que j'en apprécie le récit même fictif. En résumé, un bon bouquin pas du tout fait pour moi. 

mercredi 21 mai 2014

Les super filles du tram




Ca faisait déjà plusieurs années que j'entendais parler des burgers des Super filles du tram sans avoir eu l'occasion de les tester. Omission réparée hier midi alors que je cherchais justement un endroit sympa où déjeuner aux abords de la place Flagey. 




La première chose qui frappe quand on entre, juste après le joli paillasson sur lequel je me suis empressée de photographier mes pieds, ce sont les peintures murales exubérantes qui m'ont rappelé celles de chez Houtsiplou. La deuxième chose qui frappe, c'est l'odeur de graillon en provenance de la cuisine ouverte qui flotte dans toute la salle malgré la porte et les fenêtres grandes ouvertes, ainsi que l'affluence très modeste à cette heure-là. Je n'ose imaginer ce que ça doit être les samedi soirs d'hiver quand le restaurant est bondé... (Le jour de ma visite, malgré tout, ça restait très supportable.)





La carte propose essentiellement des burgers préparés à base de viande de boeuf bio, de poulet ou de saumon. Mais on note aussi la présence de deux compositions végétariennes ainsi que de tartines, de salades, d'un tartare et de quelques suggestions sur ardoise.  Mon estomac remportant la guerre contre ma tête, j'opte pour un Gudule (steak + gorgonzola + noisettes + confit d'oignons + roquette). En l'absence de jus de fruits bio, je choisis de l'accompagner d'une limonade San Pellegrino. 





Le burger, bien que malheureusement impossible à manger avec les mains comme tous ses confrères à la garniture trop généreuse, se révèle tout à fait délicieux, avec une viande fondante, un fromage crémeux et fort en goût, une salade bien fraîche et un confit d'oignons savoureux, tous les éléments se mélangeant en bouche à la perfection. Le bun n'est pas mal non plus, ni trop épais ni trop sucré et légèrement toasté. Les frites maison, servies en si grande quantité que je n'arrive pas à les finir, ne sont pas les meilleures que j'ai mangées en Belgique mais restent très correctes. Et l'ensemble est servi avec le sourire, ce qui le rend toujours bien plus digeste! Quant à l'addition, je la trouve plus que raisonnable pour Bruxelles: 12€ le burger et 2,30€ le soda. 






Avant de partir et sur recommandation de la charmante serveuse, je descends faire un tour aux toilettes, qui sont tapissées de petits mots et valent effectivement le coup d'oeil. Si jamais vous passez par Les super filles du tram dans les jours à venir, peut-être repèrerez-vous celui que j'ai laissé? 

Les super filles du tram
Rue Lesbroussart 22
1050 Bruxelles

mardi 20 mai 2014

QuizUp, ma nouvelle addiction


Parce que Candy Crush et Farm Heroes, ça va un moment, je vous présente aujourd'hui ma nouvelle addiction: QuizUp, une application gratuite que l'on peut installer sur smartphone ou sur tablette et qui permet d'affronter des adversaires du monde entier. Vous commencez par choisir un sujet dans la liste qui en comporte actuellement 500, répartis en 15 grandes catégories telles que: histoire, géographie, littérature, sciences, art, cinéma, jeux vidéo, sport, télé... Puis QuizUp vous apparie avec un autre joueur. Sept questions à choix multiples défilent ensuite sur votre écran (la dernière compte double). Vous avez dix secondes pour répondre; plus vous êtes rapide, plus vous marquez de points si votre réponse est la bonne. En revanche, une mauvaise réponse ne vous retire pas de points: donc, si vous ne savez pas, vous avez intérêt à choisir au hasard et très vite. 






A la fin du match, le gagnant est annoncé et remporte un bonus de 100 points. Les points s'accumulent au fil des matchs et vous donnent un certain niveau spécifique à chaque sujet: vous n'êtes pas niveau 56 dans tout QuizUp, vous êtes niveau 8 en Grèce antique et niveau 23 en Final Fantasy. Chaque fois que vous atteignez le niveau 10 dans un sujet donné, on vous propos un titre que vous êtes libre d'associer à votre nom ou pas. Par exemple, pour Europe, c'est Eurostar, et pour Game of Thrones, Member of the small council. D'autres titres sont proposés à des niveaux supérieurs que je n'ai pas encore atteints (j'ai vu passer plusieurs House Baratheon parmi mes adversaires). 




Au fur et à mesure de votre progression, vous débloquez également des trophées en fonction du nombre de matchs joués, de victoires remportées, et de tout un tas d'autres critères dont certains sont assez farfelus, mais moins cependant que les titres associés. Pour devenir un Library Cop, il faut avoir atteint le niveau 15 dans deux sujets liés à ce concept. Le premier, j'ai trouvé, c'est Littérature générale. L'autre, je cherche encore. Pour Back in the USSR, je soupçonne une combinaison de Seconde guerre mondiale et de Beatles. Pour Redshirt Wookie, probablement Star Wars et Star Trek. Pour Mathemagician, peut-être Mathématiques et Harry Potter?






Je me suis très vite laissée prendre au jeu, avec l'excuse que contrairement à Candy Crush, QuizUp augmente ma culture générale dans certains sujets (je suis en train de me faire un bon niveau en drapeaux, notamment, et d'apprendre enfin à situer les différents pays d'Europe de l'Est). Les sujets sont mis à jour régulièrement, et les joueurs invités à participer en soumettant leurs propres questions. QuizUp possède également un aspect social, puisqu'il est possible d'y défier ses amis. N'ayant pas un tempérament compétitif, je me fous de l'aspect "j'ai gagné contre quelqu'un d'autre", mais j'adore observer ma propre progression et décrocher des trophées comme je cocherais les cases d'une To Do List. Pour l'instant, l'appli existe en anglais, en allemand et en espagnol seulement, mais étant donné le succès qu'elle rencontre, je ne serais pas surprise qu'une version française voie le jour dans les mois à venir.

lundi 19 mai 2014

Un week-end où je pars encore en vadrouille




Moins de dix minutes pour avoir de l'eau chaude dans la douche, c'était quasi inespéré; il fallait s'y attendre - la moitié de Bruxelles a elle aussi décidé d'aller prendre le soleil sur la côte; euh, les gens, pourquoi vous descendez tous à Gand? le train va jusqu'à Knokke, ça doit quand même être vachement mieux, y'a la mer et tout...; je comprends pourquoi les gens sont tous descendus à Gand: cubes de béton et de verre, larges avenues rectilignes, gris triste et beige fadasse, enfilades de restos traditionnels, 4x4 mastocs et Porsche à perte de vue - Knokke empeste le fric et n'a pas une once de charme; en deux heures, nous dénichons un joli porte-documents de voyage dans la boutique Akotwee, prenons quelques photos instagramables, déjeunons à la terrasse en bord de plage d'un resto asiatique aux plats fortement oubliables, raflons deux géocaches (dont une aux pieds du Jésus de l'église Sainte-Marguerite) en remontant vers la gare, courons pour attraper de justesse l'IC de 14h04 et rebroussons chemin vers Gand; la sonnerie stridente qui se déclenche toutes les minutes is the new les enfants qui braillent en continu dans le train; hum, en fait le centre-ville est vachement loin à pied et j'ai oublié de mettre de la crème Nok avant de partir; oh, c'est quoi la fête devant la cathédrale, avec plein de ballons multicolores et une dame qui joue d'un violon bizarre?; sans le geocaching, jamais nous n'aurions découvert cette ruelle absolument délirante avec des murs couverts de graffiti et un groupe de filles habillées en rose fluo qui tournent une vidéo pour une demande en mariage; ma paire de chaussures de rechange me fait tout aussi mal que la première, mais pas aux mêmes endroits; plus de glace au chocolat blanc, c'est nul, mettez-moi de l'ananas à la place; apercevoir dans la vitrine d'un magasin de chaussures les Miz Mooz rouge et beige qui me font baver depuis quelques semaines sur internet, et renoncer à les essayer parce que je n'ai besoin ni d'une paire de babies à talons hauts supplémentaire, ni de claquer 140€ là tout de suite; dans un joli magasin de déco, me coiffer d'un poulpe en peluche bleu sous l'oeil amusé de Chouchou; pourquoi n'existe-t-il pas de version française ou anglaise de tous ces beaux magazines néerlandais que je suis incapable de lire?; le burger au Portobello d'Ellis Gourmet Burger ne tient pas DU TOUT la comparaison avec celui de l'Amour Fou - quant à la "limonade maison" à base de fraise, c'est, euh, un concept curieux; saleté de distributeur de tickets de tram qui refuse de me rendre la monnaie; raté l'IC de 19h04 à quelques minutes près, et celui de 19h25 est annulé exceptionnellement: à nous le tortillard de 19h28 qui va mettre une heure à nous ramener à Bruxelles en desservant toutes les gares du parcours; "The postmortal" est super déprimant, mais la couverture, le titre et le pitch auraient éventuellement pu me mettre la puce à l'oreille; qu'est-ce qu'on a marché aujourd'hui, on va bien dormir!

Le petit-déjeuner oeufs coque/jus vitaminé devient une tradition du dimanche, et c'est une excellente chose; pas grand-monde à la piscine ce matin hormis un grand-père qui apprend à nager à sa petite-fille; chouette, il reste des burgers au tofu maison d'avant-hier!; pfiou, je ferais bien une sieste là, mais ce serait dommage de perdre la moitié de l'après-midi; la fonction random d'iTunes semble avoir beaucoup d'affection pour la musique d'Amanda Palmer; plus qu'une séance après celle-là et j'aurai enfin terminé mon point de croix Cthulhu; carburer tout l'après-midi à l'Earl White et aux tartines d'houmous; Chouchou passe un long moment à dépanner l'ordi de ma mère par Skype; nooooon pas l'oreille de Saraaaaah!; je n'ai aucune envie d'aller aux Imaginales cette année; je me demande si j'ai jamais été aussi heureuse et si je serai à nouveau aussi heureuse qu'en ce moment.

dimanche 18 mai 2014

Fashion, street art and geocaching in Ghent




Je l'ai déjà dit, mais je ne le répèterai jamais assez: le geocaching, c'est un moyen idéal de découvrir des endroits originaux où, en tant que touriste, on ne serait jamais passé autrement. Ainsi, samedi après-midi à Gand, la recherche de la Steegjes in Gent 1/Alleys in Ghent 1 nous a conduits dans une extraordinaire (et longue!) ruelle aux murs entièrement couverts de graffiti de tous les styles. Trouver la cache et nous loguer ne nous a pris que quelques minutes; après quoi, nous nous en sommes donné à coeur joie avec nos appareils photos, et Chouchou en a profité pour faire quelques clichés de moi avec la robe à pois Morgan pour laquelle j'ai craqué le week-end dernier. 














Gilet: Mango (old)
Sac: Nat & Nin (old)
Sautoir: Agatha (old)
Chaussures: Shelly's (old)
Vernis: A oui bit of red d'OPI




D'autres photos de Gand sur mon Instagram et celui de Chouchou.

samedi 17 mai 2014

Concours: "Les quinze premières vies d'Harry August"




Je viens de recevoir mes exemplaires du meilleur bouquin sur lequel j'ai bossé en 20 ans de carrière, et dont je vous ai déjà beaucoup parlé notamment ici et . L'éditeur a joint un petit mot pour me remercier de ma "belle traduction", ça fait toujours plaisir! Comme promis, je vous propose de gagner un exemplaire de cette uchronie pas comme les autres qui mêle histoire du XXème siècle, physique quantique, aventure humaine et extraordinaire partie d'échecs entre deux cerveaux brillants. Pour tenter votre chance, laissez-moi un commentaire dans lequel vous me direz ce que vous feriez différemment si vous reviviez votre existence en conservant tous vos souvenirs actuels. Vous avez jusqu'au dimanche 25 à midi. Je procèderai à un tirage au sort dans la soirée et j'annoncerai le gagnant le lendemain. Bonne chance!

Concours réservé aux participants pouvant me fournir une adresse postale 
en France ou en Belgique

vendredi 16 mai 2014

Un swap thé, ça vous dit?




Officiellement, le swap couleur se termine aujourd'hui. Voici ma proposition pour le suivant, qui fonctionnera selon le principe de la ronde.

Tout le monde peut participer, à condition d'avoir une adresse postale en Europe, et le nombre de places n'est pas limité. Par contre, j'ignorerai impitoyablement les demandes d'inscription qui ne tiendront pas compte des consignes.

Ecrivez au plus tard le samedi 24 mai à midi à leroseetlenoir@hotmail.com, et UNIQUEMENT là, en indiquant "Swap Thé" comme sujet. Votre message devra comprendre:
1- votre nom et votre adresse postale
2- le pseudo que vous utilisez pour commenter sur mon blog
3- l'adresse de votre propre blog, si vous en avez un
4- une présentation rapide (même si je vous connais bien: elle est destinée à votre swapeuse)
5- vos goûtés détaillés en matière de thé (pensez à préciser s'il y a des choses que vous ne supportez vraiment pas, et mentionnez les marques/le nom des thés que vous consommez le plus fréquemment)

Je transmettrai mon adresse et la liste de mes goûts à la première inscrite, puis le mail de la première inscrite à la deuxième, le mail de la deuxième inscrite à la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière inscrite dont je garderai le mail pour moi. 

Chaque participante s'engage à envoyer à sa correspondante:
- 3 sortes de thés correspondant à ses goûts
- 1 objet en rapport avec le thé (boîte en métal, chope, infusette, gourmandises, livre...)
- 1 carte sur laquelle elle indiquera son adresse mail afin que sa correspondante puisse accuser réception de son paquet et la remercier, et ce, au plus tard le lundi 30 juin.

ATTENTION. Ce swap est ouvert aux nouvelles. En contrepartie, je ne suis pas en mesure de garantir l'absence d'incident dans les envois (il est arrivé 3 fois en autant d'années qu'une participante se volatilise sans savoir rien envoyé - c'est peu, mais toujours rageant quand ça tombe sur vous). Par ailleurs, le système de la ronde peut vous attribuer une swapée qui vit à l'étranger, ou avec qui vous avez déjà été en binôme, puisque tout dépendra de l'ordre dans lequel je recevrai les inscriptions.

Si le principe vous intéresse, à vos claviers :-)

jeudi 15 mai 2014

50 autres révélations microscopiques




1. Quand j'avais quatre ans et demi, j'ai déclaré à ma mère que le Père Noël ne pouvait pas exister, parce que rien que faire le tour de notre quartier d'immeubles à plus de 20 étages lui aurait pris bien davantage qu'une nuit, et qu'en guise de cheminée, on n'avait qu'un vide-ordures. 
2. J'ai une carte de donneur d'organes depuis le milieu des années 90. 
3. Je ne sais pas reconnaître ma droite de ma gauche sans me demander d'abord avec quelle main j'écris. 
4. Je suis tellement frileuse que si l'eau de la piscine de ma salle de sport est à 30° au lieu de 30,5° comme d'habitude, je le sens, et je frissonne en y entrant. 
5. J'ai rencontré Kenny Baker, l'acteur qui joue R2D2 dans "Star wars", lors d'une soirée organisée par un de mes éditeurs pendant laquelle les bougies disposées à terre tout autour de la pièce ont failli mettre le feu au bas de mon manteau. 
6. Mon émotion positive la plus fréquente est la gratitude. 
7. J'ai étudié le japonais pendant 4 ans - 2 ans en cours du soir, puis 2 ans par correspondance avec le CNED. (Spoiler alert: ce n'est pas du tout suffisant pour lire Mishima en VO, et faute d'occasions de pratiquer, j'ai quasiment tout oublié depuis.)
8. Mes parents ne voulaient pas d'animaux à la maison. J'ai quand même eu quelques poissons rouges, et une fois, mon père a ramené de la chasse deux bébés geais tombés du nid qui ont dû rester un an sur notre balcon avant de partir habiter dans la grande volière d'une amie de la famille. 
9. Je cicatrise tellement vite que lorsque j'ai dû ôter mon piercing au nez, puis mon piercing au labret pour une opération sous anesthésie générale, les trous se sont refermés avant que je sorte de l'hôpital le lendemain. 
10. Du temps où je prenais des cours de danse classique à l'Opéra de Toulon, j'ai été esclave maure dans "Aïda". Le maquillage corporel brun, c'est une plaie absolue à nettoyer. 
11. J'ai aussi été petit frère de Christine dans "Werther". La perruque poudrée et le catogan ne m'allaient pas si mal. 
12. Je ne crois pas à la voyance, mais pendant une période très incertaine de ma vie, je suis allée - essentiellement par curiosité - consulter une voyante dont j'avais lu des choses très élogieuses dans plusieurs magazines. Elle m'a dépeint ma situation du moment avec une précision remarquable ("L'homme de votre vie est entouré d'eau": en effet, il était plongeur). Puis, pendant trois quarts d'heure, elle m'a débité tout un tas de prédictions dont absolument aucune ne s'est réalisée. Statistiquement, c'était d'une nullité quasi miraculeuse. 
13. Je mesure dix centimètres de moins et pèse dix kilos de plus que ma soeur. La génétique est une truie - mais pas pour tout le monde, apparemment. 
14. Mon deuxième tatouage a été encré par le premier garçon que j'avais embrassé, 15 ans plus tôt, et jamais revu depuis. 
15. J'adore l'odeur du café presque autant que celles des livres, mais je déteste le goût. Cela dit, je n'ai pas essayé de manger de livres: si ça se trouve, je détesterais aussi.
16. Le pire endroit où on pourrait me traîner en vacances, ce serait une destination plage-cocotiers. Suivi d'assez près par une destination ski. 
17. Si j'avais un mois de libre et quelques milliers d'euros à dépenser, là tout de suite, je foncerais en Australie et en Nouvelle-Zélande en m'arrêtant 2 jours en Asie à l'aller et au retour (Singapour, Kuala Lumpur, Hong-Kong?).
18. Je suis synesthète. Pour moi, le lundi est jaune, tout comme le chiffre 5 et le mois de juillet, et je ne vois pas l'année comme une ligne mais comme une fleur à 12 pétales de couleurs différentes, janvier se situant en bas à gauche de la médiane verticale (entre le 6 et le 7 sur le cadran d'une horloge, si vous préférez). 
19. Si toute la musique du monde brûlait et que je ne pouvais conserver qu'un seul album, ce serait "Clutching at straws" de Marillion. 
20. Pas une fois dans ma vie je n'ai réussi à programmer un magnétoscope. 
21. La plupart des auteurs classiques m'ennuient à mourir; je n'aime réellement que la littérature contemporaine.
22. Je suis une agnostique qui regrette énormément de ne pas croire en une force supérieure. 
23. A mon dîner idéal, j'inviterais Leonard Cohen, Sophie Calle, Tim Walker, les Palmer-Gaiman et Lola Lafon. 
24. Je ne porte jamais de chemises/chemisiers, ni de gilets qui se boutonnent. 
25. Je parle toute seule, tout le temps, à la maison comme dans la rue. Chouchou fait pareil. Pendant les soirées où chacun est devant son ordinateur, on discute beaucoup - mais pas ensemble. Parfois, même, je gesticule en tenant des conversations où je fais aussi les dialogues de mon interlocuteur. Non, je ne suis pas folle.
26. Je suis très jalouse des gens qui arrivent à hausser un seul sourcil. 
27. Je nourris une passion dévorante pour les épinards et les choux de Bruxelles.
28. Par contre, je ne raffole vraiment pas du chocolat. 
29. J'aime bien l'odeur du crottin de cheval.
30. Par contre, je déteste celle des roses.
31. Je grogne ou gémis tout haut quand j'entends "malgré que".
32. J'ai eu mon permis du deuxième coup. C'est le seul examen que j'ai raté de ma vie.
33. Je mange avec les doigts tout ce qui peut se manger avec les doigts, plus quelques autres trucs qui ne peuvent (théoriquement) pas.
34. Je sens la différence de goût entre un Coca en canette et un Coca en bouteille.
35. J'ai pris ma première cuite au gin tonic, au réveillon du jour de l'An quand j'étais en prépa. Depuis, rien que l'odeur du gin suffit à me retourner l'estomac.
36. L'obsession du lit fait est une des seules choses que je partage avec ma mère.
37. En 1997, je résidais au 315 Ruby Street - Lancaster, PA 17603, dans la petite ville où ont été tournées une partie des scènes du film "Witness".
38. Je n'ai eu que deux voitures à mon nom: une 205 Junior blanche d'occasion offerte par mon père quand j'ai commencé à bosser, et que j'ai gardée 3 ans, puis, beaucoup plus tard, une Twingo vert amande entre ma rupture avec l'Homme-ce-chacal et le moment où j'ai commencé à passer beaucoup de temps à Bruxelles. Je serais très heureuse de n'avoir jamais besoin d'en acheter une troisième.
39. Je voulais faire italien deuxième langue. Mes parents voulaient que je fasse allemand. On a transigé sur espagnol. Dieu que j'ai détesté apprendre cette langue.
40. Si je n'avais pas fait d'IVG, je serais aujourd'hui la mère de quelqu'un qui fêterait ses 20 ans cet été. Merci Mme Veil.
41. Je suis ridiculement douillette. Un enfant de deux ans est plus stoïque que moi face à la douleur.
42. Dans les parcs d'attraction, mon manège préféré, c'est les chaises volantes.
43. Jusque vers la trentaine, je faisais deux rêves récurrents. Dans le premier, je découvrais qu'en me concentrant, je pouvais voler, et que même, c'était assez facile. Je jubilais en regardant les gens cloués à terre sous moi: si ils savaient! Dans le second, à quelques jours d'un examen important et qui m'angoissait, je me rendais compte que je n'avais pas besoin de le passer parce que j'avais déjà, soit le diplôme correspondant, soit un boulot avec lequel je gagnais très bien ma vie.
44. Les boules Quiès ne tiennent pas dans mes oreilles, c'est ennuyeux comme tout.
45. Impossible de me résoudre à lire le tome 5 de "A song of fire and ice" ("Le trône de fer"): la multiplication des points de vue et des intrigues secondaires est devenue trop chiante. Je me suis contentée d'un résumé détaillé sur internet. De toute façon, parti comme c'est, la série télé sera finie bien avant les bouquins.
46. Petite, je me rongeais les ongles des pieds.
47. J'ai un grand nez, un gros cul séant majestueux, et ce sont deux des choses que je préfère chez moi.
48. Peu de choses me crispent autant qu'une femme qui se défend d'être féministe de crainte de passer pour une affreuse mégère ou parce qu'elle estime que c'est un combat dépassé.
49. Ca fait des mois que je me dis que je devrais boycotter Amazon et que je ne trouve pas le courage de m'y mettre.
50. Je suis originaire de la planète Zorglub. Non je déconne, c'était pour voir si vous aviez suivi jusqu'à la fin.

mercredi 14 mai 2014

"Maine"


Au début de l'été, Alice Kelleher, 83 ans, commence à vider la maison de vacances familiale dans le Maine: elle a décidé qu'après sa mort, la propriété située en bordure d'une plage privée, et évaluée à plus de deux millions de dollars, reviendrait à la paroisse locale qui l'a tant soutenue dans ses épreuves, et notamment après le décès de son mari Daniel dix ans plus tôt. Elle sait que ses enfants seront furieux, aussi ne leur a-t-elle encore rien dit. 
Pendant ce temps, sa petite-fille Maggie découvre qu'elle est enceinte au moment où son petit ami Gabe, avec lequel elle a une relation très instable depuis deux ans, rompt avec elle. 
Kathleen, la fille aînée d'Alice, ne s'est jamais entendue avec sa mère. Dotée d'un caractère rebelle, elle a été alcoolique pendant 20 ans avant de divorcer du père de Maggie et de reprendre sa vie en mains. Aujourd'hui, elle vit en Californie avec son petit ami hippie et fabrique de l'engrais à partir de déjections de vers de terre. 
Quant à Ann Marie, la très pieuse belle-fille d'Alice dont elle a épousé le fils chéri Patrick, elle vient d'apprendre qu'elle fait partie des dix finalistes d'un prestigieux concours de maisons de poupée et ne se tient plus de joie. Elle va pouvoir se faire mousser aux yeux de Steve, le voisin avec qui elle flirte depuis quelques mois!
Lorsque Maggie, Ann Marie et Kathleen débarquent l'une après l'autre dans la maison du Maine pour les vacances d'été, les relations tendues entre elles vont mettre à jour les secrets de chacune...

J'avais beaucoup aimé "Les débutantes", premier roman de J. Courtney Sullivan, aussi me suis-je facilement laissé tenter par "Maine", d'autant que j'ai un faible pour les histoires de famille. Mais très tôt dans ma lecture, j'ai noté de nombreuses similitudes avec "Nos plus beaux souvenirs" de Stewart O'Nan, un de mes gros coups de coeur littéraires de l'an dernier, et... "Maine" ne tient tout simplement pas la comparaison. Oh, il se laisse lire sans déplaisir, même si Alice est parfaitement odieuse, Ann Marie incroyablement agaçante et Kathleen parfois gonflante. La révélation progressive du drame à l'origine de la formation du couple Alice-Daniel tient en haleine sur 600 pages, et les points de vue très différents des quatre femmes décortiquent assez bien la dynamique d'une famille sur plusieurs générations. Mais "Maine" n'a pas la profondeur psychologique et l'incroyable humanité de "Nos plus beaux souvenirs". C'est, en résumé, un bon roman de plage, vite lu et tout aussi vite oublié. 

mardi 13 mai 2014

La plage aux fantômes




Quand j'étais gamine, chaque jour de semaine pendant les grandes vacances, ma grand-mère nous traînait ici à pied avec ma soeur. C'était une longue marche pour nos petites jambes, surtout sous un soleil de plomb. Mais à en juger les photos de cette époque qui me montrent hilare en train de m'ébattre au bord de l'eau, je devais bien aimer ça. J'ai su nager assez tôt. Je me faisais des copines d'un jour ou d'une semaine - une fois, deux soeurs dont j'ai encore l'adresse postale en mémoire. Dans les années 70, on ne badigeonnait pas les enfants d'écran total, et je bronzais plutôt bien. J'avais un seau en plastique jaune et un taux de confection du pâté parfait qui avoisinait à peine les 10%. Les grands travaux d'aménagement des anses n'avaient pas encore été réalisés, et il n'y avait guère que deux plages praticables, dont celle du Lido où nous avions nos habitudes. Le jour où on a installé une douche publique qui dispensait un maigre filet d'eau tiédasse pour se rincer avant de se rhabiller, ça a été la fête. En repartant, nous nous arrêtions parfois au marchand de glaces. Il s'appelait Pierre; l'auvent de sa guérite était en toile rayée bleue et blanche et je commandais systématiquement un cornet à la fraise. 

Dès que j'ai été assez grande pour me soustraire à la corvée de plage quotidienne pendant les grandes vacances, je l'ai fait avec joie. A moi les longues heures passées à bouquiner sur mon lit dans un appartement changé en four!

Mais je suis quand même revenue au Mourillon. 

Le dernier jour de mon année de 3ème, avec tous mes copains de classe et le garçon beaucoup plus vieux que moi pour qui j'en pinçais douloureusement depuis le début de la 4ème. Deux ans que je faisais ses devoirs en échange d'un sourire, qu'il me traitait comme sa petite soeur et pelotait les autres filles de notre classe l'une après l'autre. Pour moi, un enfer pré-adolescent. Je savais qu'il repartait au Canada cet été-là et que je ne le reverrais pas. Quand on s'est séparés en fin d'après-midi, j'ai eu du mal à retenir mes larmes tandis qu'il enfourchait sa mobylette sur le parking. 

L'été du bac, avec les potes de mon premier club de jeu de rôles. Une fois, je me suis endormie sur ma serviette et j'ai pris sur le dos un coup de soleil monstrueux qui m'a empêchée de dormir pendant deux ou trois nuits. Une autre fois, pendant qu'on prenait un bain de minuit, on a nagé jusqu'à la plateforme et une bande d'autres jeunes en a profité pour piquer les vêtements qu'on avait abandonnés sur le sable. Je ne me souviens plus comment on les a récupérés (mais on a dû le faire, car je n'ai pas le souvenir d'avoir traversé Toulon à poil en pleine nuit!). 

Dans les mois qui ont suivi mon retour des USA. Je venais faire du roller sur le parking avec les potes de mon second club de jeu de rôles et prenais la descente d'accès avec une trouille folle de me rétamer. J'ai des photos assez gaies d'une de ces séances.

Le dernier week-end de janvier, certaines années. Ma grand-mère continuait à venir se baigner tous les matins avec deux ou trois autres vieilles dames; avant de repartir, elles allaient boire un café dans l'un des restaurants du bord de plage dont les serveurs les avaient prises en affection. Du coup, pour son anniversaire, mon père emmenait souvent toute la famille déjeuner là. 

La première fois que Chouchou est venu me rendre visite pour un long week-end. Je l'ai entraîné sur "ma" jetée. La suite est NSFW. 

En août 2010, quand on s'est mis au géocaching. On a résolu l'énigme d'une multi absolument géniale mais échoué à trouver la cache finale. Frustrés, on a été dîner dans un des restos voisins. La serveuse a mis une demi-heure à prendre notre commande; nos plats sont arrivés encore trois quarts d'heure plus tard; mes frites étaient froides et mon entrecôte pleine de nerfs, mais c'était chouette de regarder le soleil se coucher sur l'eau. 

En septembre 2010. Avec ma soeur et mon cousin, nous avons répandu les cendres de notre grand-mère comme des pirates, en pleine nuit et en totale infraction, dans cette mer qu'elle avait tant aimée. Elle avait 91 ans; elle était gâteuse, aveugle et en maison de retraite depuis une dizaine d'années. Mais dans son délire, elle parlait souvent de la plage. Il nous semblait qu'elle ne pouvait pas reposer ailleurs. 

Et puis sans que je m'en rende compte, trois ans et demi se sont écoulés sans que je remette les pieds ici. 

Samedi après-midi, je suis revenue au Mourillon. La saison n'avait pas encore commencé; les cahutes de sauveteurs étaient encore fermées, et il n'y avait guère que des autochtones sur les pelouses et sur le sable. Peu de courageux se baignaient malgré le drapeau bleu. J'ai longé les premières plages jusqu'au niveau de "ma" jetée. Tenant mes sandales à la main, je me suis avancée dans l'eau froide et transparente. Mes pieds se sont enfoncés dans les graviers du fond. J'ai remué les orteils pour les faire réapparaître. Je suis restée plantée là longtemps, les yeux rivés sur l'horizon, à me remplir les poumons de l'odeur iodée familière et à regarder mes souvenirs défiler. J'étais entourée de fantômes, et j'étais en paix. 




lundi 12 mai 2014

"Julie Delporte: Journal"


Pendant un peu plus d'un an, la Canadienne Julie Delporte a tenu aux crayons de couleur uniquement un journal dessiné dans lequel elle raconte sa rupture avec son compagnon, l'étrange période de flottement qui suivit, puis son départ en résidence d'artiste dans le Vermont. Bien qu'elle soit plutôt avare de mots et d'explications, une très grande sincérité se dégage de son oeuvre, et on perçoit très bien son désarroi entre les lignes, sa sensation d'être à la dérive. 

J'ai toujours considéré que les auteurs qui racontaient leur propre vie se livraient à un exercice d'une insupportable vanité, que seule la fiction (fût-elle inspirée de leurs expériences personnelles) avait une réelle valeur littéraire. Pourtant, ce type de "confessions intimes" est ce que je recherche en premier lieu dans les blogs que je lis, pour sa dimension humaine et l'empathie qu'il suscite. Et j'ai réalisé que c'était un peu étrange de mépriser en librairie ce que je trouve si intéressant sur internet, comme si l'autobiographie était un plaisir voyeuriste et coupable, le Voici qu'on feuillette honteusement debout dans le rayon. Alors qu'elle nécessite plus de courage que d'exhibitionnisme, la capacité de se montrer sans fard dans une vérité pas toujours reluisante, de s'exposer à des critiques et des jugements très personnels. Et qu'elle aide le lecteur à mettre de l'ordre dans ses sentiments ou son vécu, qu'elle lui permet de se sentir un peu moins seul face à ses difficultés. Ce n'est pas parce qu'une expérience est banale (quoi de plus commun qu'une rupture amoureuse?) qu'elle est forcément inintéressante. Au contraire, sa banalité même peut faire sa force, si elle est bien racontée.

J'ignore pourquoi c'est cette lecture-là et pas une autre qui m'a fait prendre conscience que parler de soi n'est pas un exercice facile et un pur acte nombriliste dénué d'intérêt. Peut-être parce que je suis en pleine période de remise en cause créative... Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé cette bande dessinée dont la tristesse se pare de tant de couleurs. 




Un deuxième week-end de pont sous d'autres cieux


Ca faisait longtemps que je n'avais pas éteint la lumière à presque 4h du matin, pas étonnant qu'il soit 10h passées quand je me tire enfin du lit; ce qui partait comme un billet cinéma tourne à la déclaration d'amour; sortir pour profiter du soleil ou m'en tenir à ma To Do List?; finir la liste de tous les ouvrages que j'ai traduits en 20 ans de carrière me prend l'après-midi et me vide littéralement de mes forces; je retrouve des bouquins dont j'avais oublié jusqu'à l'existence et dont je ne saurais même plus dire de quoi ils parlent; 226 romans/guides de série télé/bédés, et je ne compte pas les jeux de rôles sur lesquels j'ai bossé toute la première année; pendant ce temps, les responsables d'un prix littéraire me contactent au sujet d'Harry August, et ça me met en joie; pour fêter ça, je m'attèle enfin à photographier #MyTopTenBooks; les samossa aux légumes de Picard sont vraiment très, très mauvais, contrairement au crumble de butternut qui déchire des bébés écureuils; j'ai encore des tas de trucs à faire aujourd'hui mais je ne suis plus capable que de m'écrouler devant le DVD de "Good morning England", et éventuellement de me vernir les ongles; au milieu du film, je me mets à tester une application de quiz sur l'iPad, et du coup je décroche complètement; la mère des héroïnes de "The Story sisters" meurt d'un cancer, what else?; extinction des feux à 3h du mat', hum.




Elles s'abîment drôlement vite, ces Mara des bois que j'ai payées un rein; j'avais oublié que c'était si chouette, "Azimut"; damned, je n'ai aucune paire de chaussures d'été confortables qui aille avec ma robe bleu marine à papillons rouges; mon TER a un quart d'heure de retard, mais comme ma swapée prend le même pour se rendre en ville, je ne risque pas de la faire attendre; le salon de thé sans terrasse par une chaleur pareille, c'était une mauvaise idée: là tout de suite, j'ai plutôt envie d'une glace; je pousse des cris proches des ultrasons en découvrant un SmashBook dans mon paquet; chez Contrebandes, je finis par craquer pour cette bédé dessinée aux crayons de couleur que j'avais déjà failli acheter lors de mon dernier passage chez Cook & Book; oh, La Vie Claire vend de l'Earl Grey vert!; la météo est tellement idéale que je pourrais arpenter le cours Lafayette toute la journée si les poignées de mon sac de shopping en tissu n'étaient pas en train de me scier les doigts; "alors, c'était trop serré?" me demande la vendeuse de chez Naf-Naf quand je raccroche dans son rayon une jolie robe grise dont le haut me serrait un peu; comme elle m'a déjà posé la même question deux fois à travers le rideau de la cabine d'essayage où j'aime bien être peinarde, je ne peux m'empêcher de répliquer sèchement que ça n'a pas changé au cours des 30 dernières secondes; elle me regarde comme un chaton à qui je viendrais de filer un coup de pied et je culpabilise atrocement; la géocache de la fontaine de la maison des artistes a disparu (retour de bâton karmique?); ce granité à la pastèque est ignoble, et ces affreux sièges en plastique vert glissent vers l'avant, mais comme j'ai déjà été assez désagréable aujourd'hui je ne moufte pas; si j'avais fait attention que c'était Zaz en couverture du dernier Kaizen, je ne l'aurais pas acheté; les shakes protéinés Milical au chocolat sont en promo "2 pour le prix d'1", c'est un signe; les rayons de la Fnac ont encore été tout chamboulés, et la part consacrée aux produits culturels diminue de plus en plus: de la papeterie et des peluches, sérieusement?; avaler un riz thaï dégueu à toute vitesse chez le mauvais traiteur asiatique pour ne pas rater le bus; me faire agresser verbalement par un jeune au sujet de mon tatouage; j'adore les pivoines mais vraiment l'odeur, j'ai du mal; une soirée à glander sur mon canapé en buvant du thé vert à l'orange et au bleuet = la belle vie; le journal dessiné de Julie Delporte me fait réaliser la valeur des oeuvres autobiographiques.




Me préparer vite vite vite pour ne pas rater le TER de 10h30; le nouveau J. Courtney Sullivan reprend très exactement le thème de "Nos plus beaux souvenirs" de Stuart O'Nan; entrée aux Galeries Lafayette pour acheter un cadeau d'anniversaire, j'en ressors avec une robe à noire pois blancs Morgan qui hurlait mon nom; petite déception: le Sur la place ne fait pas encore les ardoises fraîcheur; on est bien d'accord que "notre compte en banque était devenu invisible", comme excuse pour justifier un retard de paiement, ça fait très "le chien a mangé mon devoir"?; descendre à pied jusqu'au Mourillon en savourant la balade et en regrettant que les commerces de la rue Lamalgue soient fermés jusqu'à 15h; ôter mes sandales pour tremper mes pieds dans l'eau fraîche et rester plantée là un bon moment, le regard rivé sur l'horizon, à repasser dans ma tête tous les souvenirs que j'ai ici; un bon bouquin, un mojito, le soleil, le vent, la plage: que demander de plus?; réponse: la compagnie Gaby et Seb qui me rejoignent avec leur fillette de 11 mois, joues à bisous, risettes à gogo et babies grises à fleurs; "On a quand même tous bien vieilli, non?", me félicite-je en admirant mes amis dans leur nouveau rôle de parents; "Ouais, enfin, sauf ceux qui se droguent", grimace Seb; ...c'est pas faux; on est tellement bien là que je ne pense même pas à prendre de photos; ce sentiment de plénitude m'accompagne jusqu'au coucher (tard, toujours trop tard).




Aujourd'hui le ciel est couvert mais il fait doux: une parfaite météo de dimanche printanier  à la maison; le gingembre congelé a tué ma petite centrifugeuse; il me manque des pommes pour tester cette recette de crumble à la rhubarbe, mais j'ai la flemme de sortir en acheter; je kiffe les tapis roulants de Candy Crush; ce point de croix Cthulhu est devenu un vrai pensum; un tiers du mois de mai est déjà passé et j'ai à peine entamé mon énorme To Do List; préparer vite fait un swap postal à lancer début juin, et s'interroger sur un éventuel swap thé; c'est dingue ce que je peux être inventive quand il s'agit de retarder le moment de me mettre à un truc que je n'ai pas envie de faire; préparer les descriptions pour ma page vide-dressing 2.0; quand ma mère me dresse la liste de tous ses petits bobos, j'ai l'impression d'entendre ma voisine qui a 20 ans de plus qu'elle; dans "Maine", le patriarche meurt d'un cancer, what else?; je fais une vraie fixation sur ce thé vert à l'orange et au bleuet; Dieu que je regrette d'avoir basculé ma messagerie sur gmail; écouter souffler le vent et, dans l'obscurité, le regarder agiter les branches du platane devant la grande fenêtre allumée de la maison d'en face.

dimanche 11 mai 2014

Une housse de coussin granny




Quand je me suis mise au crochet, c'était dans l'espoir de réaliser un jour une couverture en patchwork: vous savez, avec plein de petits carrés de couleurs différentes. En jargon d'initié, ça s'appelle un granny. Puis je me suis rendu compte que ce que ça impliquait comme couture à la fin, et ça m'a totalement découragée. Depuis, j'ai crocheté 2 plaids dont l'un m'a pris 7 mois et l'autre guère plus de 7 jours, et que j'adore tous les deux, mais je continue à soupirer tristement chaque fois que je vois un beau granny. 




Il y a quelque temps, en tombant sur ce motif tout simple et multi-usages, j'ai décidé de le tester sur une housse de coussin, ce qui aurait le double avantage de ne pas représenter un trop gros travail et de me permettre d'éliminer une partie de mes multiples restes de Rowan Handknit Cotton. Le devant est allé vite, et j'ai trouvé ça amusant. L'arrière, que j'ai voulu écru uni et tout en brides, a davantage ressemblé à un pensum. Les deux morceaux sont assemblés à l'aide de mailles simples (sur la face intérieure, sauf pour le dernier côté après que j'ai retourné mon ouvrage). La garniture en 50x50 cm a coûté 3,95€ chez Hema, et j'ai fait ma housse un peu plus petite (45x45 cm environ) pour obtenir un coussin bien dodu. 




Je suis à peu près aussi ravie par le résultat que lorsque j'arrive à improviser un plat délicieux en un tournemain avec les restes du frigo :-)