dimanche 29 juin 2014

Un week-end où ma collection de carnets n'est pas près de diminuer




Avec l'horrible semaine que je viens de passer, je me déclare en week-end vendredi vers 13h, après avoir relu une grosse centaine de pages de ma trad en cours; ouh punaise comme je suis rouillée: dix longueurs de bassin et je commence à avoir les muscles des bras qui tirent; je ne sais pas du tout dessiner les choux-fleurs, c'est ennuyeux; avec les travaux en cours, la portion haute de la chaussée de Wavre évoque vaguement les heures les plus sombres de Beyrouth; je m'attendais à ce que le colis gardé à la Poste contienne des exemplaires d'auteur, mais pas à ce que ce soit ceux d'une énorme intégrale que mes deux sacs en tissu vont peiner à contenir; l'emballage des chaussettes exfoliantes Kruidvat a changé de couleur, c'est pour ça que je ne les trouvais plus en rayon et que je craignais qu'ils ne les aient arrêtées; à vue de nez, j'aurais dit que le M suffirait pour cette petite robe noire à imprimé oiseaux, mais j'ai été trop optimiste; 16h55, c'est pas un peu tôt pour commencer à picoler?; oh et puis tant pis: mademoiselle, un mojito s'il vous plaît!; c'est drôlement agréable d'être assise au chaud avec un cocktail et un excellent roman pendant que la pluie se met à tomber sur Bruxelles; la jeune femme blonde qui occupe la table de droite est elle aussi seule et en train de bouquiner un vrai livre en papier de bois d'arbre - nous passons un agréable moment à échanger des impressions et des titres; rhâââ, mais pourquoi je n'ai pas pensé à lui laisser une des cartes de visite du blog, bordel?; tenir jusqu'à l'arrivée de Chouchou malgré la faim grandissante et les coups d'oeil agacés des serveuses; il veut un burger avec des grenailles et moi un burger avec des frites: qu'à cela ne tienne, chacun piquera les patates de l'autre dans son assiette; cher Blogger, dédoubler un de mes billets encore en brouillon pour compenser le fait que tu en as fait disparaître un autre n'est PAS une solution acceptable; fausse joie: "Cats" ne revient dans l'East End qu'à partir de décembre, alors que nous allons à Londres fin novembre; pour me venger, je braille la moitié des titres du spectacle jusqu'à ce qu'en guise de mesure de rétorsion, Chouchou dégaine "Don't cry for me Argentina"; mais c'est quoi ces muscles de cuisse tout bizarres?; allongé dans le noir, Chouchou prend des poses avantageuses: je suis obligée de me moquer de lui.




Le réveil à 8h un samedi matin, je kiffe pas tellement; oui j'aurais bien aimé un oeuf à la coque mais là il est trop tard, je dois partir; oh, le bus vient juste de passer; oh, le métro me file sous le nez; heureusement que Chouchou m'a imprimé un plan sinon je n'aurais jamais trouvé la Maison du Livre et réussi à arriver avec seulement 5mn de retard; ayons une pensée émue pour le plioir en os hors de prix que ma prof d'EMT avait inscrit sur la liste de fournitures à acheter à mon entrée en 6ème - qu'est-ce que mon père a pu râler!; attaquer du papier à la scie à métaux, c'est original; j'arrive à coudre mes 7 cahiers beaucoup plus vite et beaucoup mieux que prévu, mais au moment de serrer le noeud final, je tire trop fort et le fil se rompt; tant pis, j'ai la flemme de recommencer, espérons que la colle suffira à empêcher la couture de se barrer; pour déjeuner, je pourrais m'acheter des trucs légers à grignoter sur le marché de Saint-Gilles... oh, un Mamma Roma!; dommage: sans les anchois, j'aurais volontiers testé cette pizza à la fleur de courgette; le vin rouge tellement dégueu qu'il te brûle l'estomac, j'adore; moui alors on va dire que j'étais plus douée pour la couture que pour l'encollage; si ma voisine de droite continue à me piquer mes outils sans demander ni attendre que j'aie fini de m'en servir, je lui plante un poinçon dans la main; au tout dernier moment, la règle (alias "la latte" en bon belge) part sur le côté, et mon cutter rogne un coin avant de la couverture de mon carnet; j'apprécie que la pluie ne se mette à tomber qu'une fois que Chouchou m'a récupérée en voiture; le dernier Delphine Bertholon en occaze à 3€: je prends; Färm, c'est pas mal, mais c'est toujours pas là qu'on pourra faire toutes nos courses au même endroit; quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi la farine de riz blanc est introuvable ailleurs qu'à la parapharmacie Lafayette de Toulouse?; coincés dans les embouteillages, arriverons-nous à temps au Delhaize Flagey pour terminer le plein du frigo avant de devoir rendre notre Cambio? le suspense est insoutenable; un quart d'heure entre notre entrée et notre sortie du Delhaize Flagey, un samedi en fin d'après-midi: ça, c'est de l'efficacité; ce soir c'est salade composée au menu, j'ai trop besoin de légumes; PrintStudio me fait des misères pour uploader les Instagram que je veux faire imprimer sous forme de stickers, et au lieu des 10 mn prévues, j'y passe les trois quarts de ma soirée; oui, la dernière question du thème "Human body" avant le niveau 5 porte précisément sur le problème qui me préoccupe, mais ce n'est pas un signe, juste une coïncidence, OK?




Cette nuit, j'ai rêvé que Chouchou avait une deuxième femme dans sa vie au boulot, une Suédoise prénommée Mona dont la fille de 7 ans était handicapée et portait le même prénom que moi; quand je lui disais que ça me rendait très malheureuse, il me donnait à résoudre une énigme super compliquée à base de carottes, de lapins, de renards et d'horloges, qui se terminait par la question "combien et à quelle heure?", puis il allait s'enfermer dans une cabine téléphonique; les nouveaux muscles du dos de Chouchou (le vrai) ont la forme de deux filets de sole meunière; ma mère angoisse à l'idée de rester seule 3 semaines pendant les vacances de ma soeur et de mon beau-frère; ressortir les collants et les boots d'hiver fin juin: ça, c'est fait; je n'aime pas du tout la technique de reliure qu'on est censées apprendre aujourd'hui: je veux manipuler du papier et du carton, pas du cuir - de plus, la nécessité de confectionner un gabarit minuscule me gonfle profondément; bon, ben si en plus j'ai mal au bide, je ne vais pas traîner dans les parages; organiser le prochain week-end à Paris avec Chouchou, sans une seule plage de shopping: you've come a long way, baby; rendons à ce plaid au crochet sa fonction première de couvre-lit; peut-on sans risque manger du tofu périmé depuis 2 semaines? telle est la question sur laquelle nous nous pencherons ce soir; malgré un état d'esprit vraiment pas zen, je parviens à monter jusqu'à 11.0 en cohérence cardiaque - mon record personnel; j'aime beaucoup cette idée trouvée dans le dernier numéro de frankie: une dégustation associée thés-fromages; à l'heure d'aller au lit, aucun décès par empoisonnement au tofu périmé n'est à signaler dans la maison.

samedi 28 juin 2014

#100happydays: les photos mentent


Mon challenge #100happydays a pris fin aujourd'hui. Pendant un peu plus de 3 mois, j'ai publié chaque jour sur Instagram la photo d'un instant de bonheur. Le but, pour moi, était de me familiariser avec l'outil Instagram et de prendre l'habitude de l'utiliser régulièrement. Je pense l'avoir largement atteint. Mais je dois dire que, si certains jours des plus ordinaires, le challenge m'a poussée à me créer des petits plaisirs pour avoir de quoi poster - ce qui était très positif! -, certains jours où j'allais mal, l'obligation de le faire m'est apparue comme excessivement artificielle. Quelque impression que pouvait donner ma photo aux couleurs renforcées par le filtre Lo-Fi (de loin mon préféré), je n'étais pas heureuse à ce moment-là, et ma publication m'apparaissait un peu comme un mensonge, une fausseté. Je n'ai pas aimé cet aspect-là. Mais pour les lecteurs qui n'auraient pas Instagram et qui seraient curieux de voir ce que ça donne, voici une mosaïque de mes soi-disant #100joursheureux. On constatera que j'aime beaucoup mes pieds, et lire, et manger, et boire du thé - rien de bien nouveau, en somme!




vendredi 27 juin 2014

Dark June




Ce mois de juin m'a épuisée nerveusement. 
Plusieurs nouvelles, d'abord d'ordre professionnel, puis de nature privée, m'ont plongée dans un abîme d'angoisse tel que je n'en avais pas connu depuis longtemps. J'ai passé des heures très noires enfermées dans ma propre tête, à me battre contre des catastrophes qui n'étaient pas encore arrivées et qui n'arriveront peut-être jamais. J'ai été peu présente sur le blog - or, quand je ne suis même pas en état d'écrire ici sur ce qui me tracasse, histoire de prendre un peu de recul et de bénéficier de regards extérieurs dédramatisants, c'est que ça va vraiment mal. J'ai repris des somnifères plusieurs nuits d'affilée. Au plus bas, je commençais à chercher un moyen indolore de me supprimer au cas où mes craintes se réaliseraient. 
Bref, ce mois que j'adore en temps normal a été un petit enfer personnel. Mais avec l'influence que la météo et la luminosité exercent sur mon moral, je ne veux même pas imaginer comment j'aurais réagi si les nouvelles incriminées étaient tombées en novembre. 
Je commence un peu à remonter la pente. C'est une lutte de tous les instants. Mon cerveau rationnel se rend très bien compte que mes réactions sont à la fois disproportionnées et improductives. Le problème, c'est que mon cerveau émotionnel, lui, nage en pleine panique, qu'il ne cause pas à mon cerveau rationnel et qu'il gueule beaucoup plus fort.
C'est quand même un peu décourageant de penser à tous les efforts que je déploie depuis plus de six ans pour retrouver un certain calme intérieur, et de me rendre compte qu'à la première tempête ils se font balayer comme des fétus de paille. Je vais continuer à chercher parce que je n'ai pas d'autre choix, et aussi parce que je déteste être incapable de me contrôler. Si je n'ai pas beaucoup d'indulgence pour les faiblesses des autres, je n'en ai carrément aucune pour les miennes. Parfois c'est fatigant, et parfois c'est la seule chose qui me tient debout. 
Trop occupée à lutter contre mes propres démons, je n'ai guère eu d'énergie à consacrer à autre chose ces dernières semaines. J'ai complètement délaissé mes objectifs, me contentant d'assurer le minimum syndical au niveau boulot et gestion du quotidien, m'autorisant à glander si ça pouvait me faire un peu de bien. Ca ne m'arrive pas souvent et je l'ai fait sans remords - il faut savoir réévaluer ses priorités en fonction des circonstances.
Mais maintenant, j'en ai marre d'être mal. Je suis soûlée de catastrophisme et suffisamment regroupée pour me reprendre en mains. J'ai reçu aujourd'hui une chouette nouvelle professionnelle et, bien qu'elle n'ait pas vraiment d'incidence sur les choses qui me tracassent dans ce domaine, j'ai envie d'y voir un signe que je m'en sortirai. Je recense les pistes susceptibles de m'aider à éviter un drame; je liste les solutions potentielles ou les moyens de gérer la crise. Ca ne me servira peut-être jamais, mais ça me rassure en me donnant l'impression que je ne suis pas totalement impuissante.
Et puis surtout, je tente de me focaliser sur toutes les belles choses que je peux encore faire, là maintenant, au lieu de me pourrir la vie par anticipation. Ce matin, j'ai organisé pour dans 15 jours une très excitante activité de groupe sur Paris (non, pas une soirée en boîte à partouze, bien que Chouchou ait dit: "Au pire, on pourra toujours faire des Instagram" et qu'une des amies qui nous accompagnera ait aussitôt répliqué: "N'oublie pas ton Totoro"). Ce week-end, je participe à un stage de reliure, activité à laquelle je mourais d'envie de m'initier depuis une éternité. Chouchou va bientôt toucher sa première vraie paye de l'année, et on va pouvoir organiser notre voyage à Copenhague en septembre. Je veux profiter des longues journées d'été pour aller boire des mojitos à l'Amour Fou, bouquiner en terrasse, exhiber mes orteils vernis dans des sandales, faire du yoga dans le jardin de Claudia... et le plein de vitamine D en prévision de l'hiver qui, au sens propre comme au sens figuré, arrivera toujours trop tôt.

mercredi 25 juin 2014

"Les gens heureux lisent et boivent du café"


Exceptionnellement, aujourd'hui, je n'avais rien emporté à lire dans le train. Je suis donc passée au Relay de la gare où, moyennant une poignée d'euros, j'ai acheté un roman de littérature populaire qui avait connu un joli succès l'an dernier. Je me disais que même si ça n'était pas inoubliable, ça me ferait sans doute passer un bon moment. Grosse erreur. "Les gens heureux lisent et boivent du café" restera certainement dans mes annales personnelles comme le plus mauvais bouquin qui me sera passé entre mes mains en 2014. Avec le même sujet (une femme en deuil qui reprend goût à la vie et à l'amour en Irlande), quelqu'un comme Maeve Binchy aurait pondu un roman-doudou plein de chaleur humaine, de personnages bienveillants dont on a envie de se faire des amis; elle aurait su créer une atmosphère délicieusement gaélique et faire habilement cheminer son héroïne de la douleur à l'espoir retrouvé. Là, c'est atroce. Entre une héroïne insipide, un héros antipathique au possible et des personnages secondaires archi-caricaturaux, pas un seul protagoniste attachant ou même vaguement crédible. De l'Irlande, on saura juste que les gens y sont très directs, que la météo change en un clin d'oeil et que dans les pubs, on paie les consommations à la commande. Les dialogues sonnent faux; l'histoire est archi-prévisible et le style d'une platitude effarante. Bref, on n'y croit pas une seconde et on s'emmerde copieusement. Ne vous infligez pas ça.

lundi 23 juin 2014

"Toujours avec toi"


Photographe célèbre, Inga a perdu le goût de vivre depuis la mort brutale de son mari. Elle se réfugie dans la maison familiale de Marstrand, pleine de tant de souvenirs. Dans la remise, elle découvre un carton contenant des coupures de journaux sur la Première Guerre Mondiale, ainsi qu'une lettre qui semble avoir été écrite à sa grand-mère par une amie très proche devenue missionnaire en Afrique à la même période. L'expéditrice, nommée Lea, fait allusion à un secret que partageaient les deux jeunes femmes, une nuit où elles ont "condamné morts et vivants". Intriguée, Inga tente de reconstituer l'histoire de son aïeule...

Je cherchais désespérément à retrouver mon mojo littéraire enfui depuis un bon mois lorsque je suis tombée sur ce roman de Maria Ernestam dont j'avais adoré "Les oreilles de Buster". J'ai un faible pour les secrets de famille, et surtout pour l'écriture subtile de cette auteure suédoise qui sait si bien susciter l'empathie envers ses personnages. Tout de suite, j'ai été happée par ce récit à deux voix: celle d'Inga en 2007, et celle de sa grand-mère Rakel qui, à l'orée de la mort en 1959, égrène ses souvenirs avec une lucidité et une franchise sans concession. Il est beaucoup question de condition féminine en Europe au début du XXème siècle (et ça fait un peu froid dans le dos...), des privations générées par la guerre et du marché noir qui en découle, mais aussi et surtout des formes multiples que l'amour peut revêtir. Bien que "Toujours avec toi" ne soit pas du tout un thriller, son histoire forte et émouvante m'a tenue en haleine jusqu'à une fin dans laquelle point la juste dose d'apaisement et d'espoir retrouvé. Un roman passionnant.

dimanche 22 juin 2014

Un week-end où j'ai du mal à rester ici et maintenant




Comment ça, à peine 8h40?; ouh, ben, je vais finir ma nuit sur le canapé avec ma jolie couverture qui sent bon le mouton; résister à la tentation de couper moi-même cette frange incoiffable; aujourd'hui encore, petite crème Nok, merci de sauver la vie de mes pieds; "Ici et maintenant", on a dit qu'on se concentrait sur le "Ici et maintenant" et pas sur les malheurs qui pourraient se produire d'ici quelques années; je suis condamnée à toujours admirer de loin cette barque de pêche posée au milieu d'un champ sans jamais pouvoir la prendre en photo; j'ai juste le temps de m'arrêter à la Poste pour renvoyer le collant des Queues de Sardine reçu en nature et rouge au lieu du crème et bleu que j'avais commandé; les nouveaux propriétaires du Sur la place ont supprimé les formules, l'assiette fraîcheur et toute autre option végétarienne: la prochaine fois, Kiki et moi, on change de crèmerie; difficile de s'entendre par-dessus la cornemuse du pub voisin; grosse envie de prendre le premier bus pour rentrer chez moi et passer l'après-midi à chialer en boule sur mon canapé; et si je m'offrais une paire de sandales jolies-mais-confortables pour me changer les idées?; maintenant que j'ai fait trois courses à Carrefour, je suis trop chargée pour me traîner jusqu'à la plage; de toute façon, il doit faire beaucoup trop chaud en plein soleil, allons plutôt bouquiner sur une terrasse ombragée avec un jus de fruit; l'écriture de Maria Ernestam me séduit autant dans ce nouveau roman que dans "Les oreilles de Buster"; petite demoiselle qui gratte timidement ta guitare à quelques mètres de moi, ce n'est pas parce que tu nous as déjà interprété quatre fois chacun des morceaux de ton maigre répertoire qu'il faut t'attaquer à "Hallelujah" dont tu ne connais visiblement pas les paroles; même si je vivais un siècle, je ne me lasserais jamais de contempler cette fabuleuse fontaine; 20 mn avant le prochain bus, ça me laisse juste le temps de foncer chez Micka m'acheter une part de Tropézienne; "Ici et maintenant", on a dit! - ne te laisse pas assaillir par tes idées noires juste parce que tu es dans le bus sans rien d'autre pour t'occuper; vouloir instagramer sa bouffe = être obligée de passer dix minutes à la rendre présentable; si le voisin laisse sa techno à fond juste sous mes fenêtres pendant toute la soirée, il va y avoir du sang; chaque année, je me dis que je devrais faire un truc pour célébrer la journée la plus longue, et chaque année, je ne fais rien; tiens, je vais me regarder le film "Dead like me", comme ça je saurai pourquoi je pleure; ...en effet, y'a que l'embarras du choix; après le "c'est une question d'hygiène de vie", le "demande-toi ce que tu ne veux pas voir" est le deuxième diagnostic (posé sur un problème héréditaire par une personne ayant fait exactement 0 année de médecine) qui me donne envie de hurler en l'espace de 48h; voyons si ce Zopiclone périmé depuis 2008 fait encore effet.





J'avais oublié comme je me réveillais brusquement après avoir pris un somnifère; je travaille toujours le dimanche quand je suis à Monpatelin, parce qu'il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, mais aujourd'hui j'ai un mal fou à m'y mettre; d'une page sur l'autre, le comptoir en marbre devient un comptoir en bois ciré (a.k.a. l'effet "ta gueule, c'est magique!"); à quel point ça peut bien être difficile de recoller les quatre planches d'un meuble à chaussures?; réponse: assez difficile, en fait, si le tube de colle méga-extra-forte-qui-soulève-des-camions-de-plusieurs-tonnes, acheté la veille, se révèle malgré son volume apparent ne contenir que de quoi assembler deux planches, et si le tube de colle spéciale bois retrouvée dans la boîte à outils est tellement vieux que quand on presse dessus côté embout, le fond explose; commencer la seconde moitié de sa journée de travail à 17h, est-ce bien raisonnable?; armons-nous d'un peigne et d'une paire de gants en caoutchouc, et refaisons cette colo; 3 cuillères à soupe d'huile d'olive en plus de la cuillère à soupe de crème fraîche, ça fait un peu beaucoup pour un pauvre mugcake: je vais diviser par deux; "ivre de thé glacé, elle attaque sa frange incoiffable aux ciseaux de scrapbooking"; ...euh, ben, au moins j'aurai pas chaud au front cet été, et la ligne droite, c'est un concept très surfait; une deuxième robe vendue sur ma page vide-dressing; ici et maintenant, mes angoisses délirantes, mon front bien dégagé, mon Zopiclone périmé depuis 6 ans et moi-même allons nous coucher tôt pour une fois.

samedi 21 juin 2014

En souffrance sur ma table de chevet




A certaines périodes, mon mojo m'abandonne, et j'enchaîne les livres sans arriver à les terminer - ou alors, très poussivement. C'est ce qui se passe depuis que j'ai fini le génial "Life after life": tous les romans que je choisis me déçoivent, me rebutent ou m'ennuient. En souffrance sur ma table de chevet en ce moment...

"Le loup solitaire" (Louis-Joseph Vance): J'en ai lu la moitié d'un coup, séduite par le langage très recherché, la belle traduction et l'atmosphère saisissante de Paris fin XIXème-début XXème. Mais l'intrigue ne m'a pas passionnée, et niveau charisme, le héros, cambrioleur repenti, tient davantage de la cuillère à soupe que d'Arsène Lupin. J'aimerais finir ce roman mais la motivation me manque. 

"Villa avec piscine" (Herman Koch): J'avais adoré "Le dîner", non pas malgré mais à cause de sa noirceur révélée progressivement. Mais le héros de "Villa avec piscine", médecin dégoûté par le corps humain et débordant de mépris pour le genre humain, est tellement antipathique dès les premiers chapitres que je n'ai aucune envie de continuer à l'entendre parler dans ma tête pendant quelques centaines de pages supplémentaires. Tant pis pour la révélation choquante promise à la fin. 

"The rise and fall of great powers" (Tom Rachman): J'avais d'immenses espoirs pour ce roman dont j'ai dévoré le début avant de ralentir peu à peu dans ma lecture. Arrivée au milieu, j'ai réalisé que je ne savais toujours pas de quoi il parlait. Mais il en parlait assez bien pour que je décide d'aller jusqu'au bout à petites doses - histoire de rédiger un article pour exprimer ma déception face à l'explication d'une banalité affligeante au pseudo-mystère qui m'avait tant alléchée. Je vous en reparle dès que j'ai réussi à le finir, donc.

"Sweet Tooth" (Ian McEwan): A voir les critiques dithyrambiques et la file d'attente kilométrique pour une dédicace de cet auteur pendant la dernière Foire du Livre de Bruxelles, j'ai pensé que j'allais adorer cette histoire d'apprentie espionne dépêchée par le MI5 auprès d'un écrivain, au début des années 70. Hélas, l'héroïne est transparente et sans saveur... un peu comme le style de l'auteur, en fait. Résultat: je suis en train de caler vers la page 120. 

"The islanders" (Christopher Priest): Une histoire de meurtre planquée dans l'atlas d'un archipel imaginaire et mystérieux, dont l'auteur anonyme se révèle rapidement peu fiable et animé par des motivations douteuses. Sur le principe, j'adore. Dans la pratique, ma lecture est extrêmement laborieuse, et je manque m'endormir à chaque longue description de vents, de courants marins ou d'insectes venimeux. Je suis normalement très fan de récits non-linéaires, mais là... je cale.

J'espère que la prochaine pioche dans ma PAL sera la bonne. J'ai bien besoin de me changer les idées en ce moment, et on n'a jamais fait mieux qu'un excellent roman pour ça!

vendredi 20 juin 2014

"Bird people"


Alors qu'il séjourne au Hilton de l'aéroport de Roissy, Gary Newman, homme d'affaires américain dont le couple va mal et dont le boulot le soumet à d'énormes pressions, décide brusquement de tout plaquer. Quelques heures plus tard, Audrey Camuzet, femme de chambre débutante encore curieuse de la vie des clients dont elle pénètre brièvement l'intimité, va faire une expérience surnaturelle qui changera son regard sur le monde... 

Bien que strictement exact, le résumé ci-dessus ne donne qu'une très vague idée de l'étrange objet cinématographique qu'est "Bird people". La première moitié, consacrée à Gary, donne l'impression de regarder un film intimiste sur le burnout d'un type qui incarne tous les travers du capitalisme moderne. C'est lent, peu bavard, ultra terre-à-terre, et ça réussit quand même à faire mouche par sa justesse. Mais c'est dans sa seconde moitié que "Bird people" prend vraiment son envol, déployant une poésie inattendue dans cet environnement de béton et de verre. 

Quelques scènes très touchantes m'ont totalement envoûtée: le pré-générique où l'on entend tour à tour les pensées de chaque voyageur d'une rame de RER; le face-à-face magique entre un dessinateur japonais et le moineau qui vient de s'introduire dans sa chambre par la fenêtre entrouverte; le survol de Roissy by night au ralenti, avec "Space oddity" en bande sonore... "Bird people" fait éclore de l'humanité vibrante dans les endroits où on s'attend le moins à la trouver. A travers les yeux noirs pétillants d'Anaïs Demoustier, il donne envie de porter un regard émerveillé sur le monde qui nous entoure, si gris et si banal puisse-t-il sembler parfois. 


 


jeudi 19 juin 2014

J'ai testé les ballistics de Lush (et je n'ai pas aimé)


Le mois dernier, passant devant la boutique Lush de Toulon, j'ai été prise de la subite envie de tester les fameuses ballistics dont j'avais lu ça et là qu'elles transformaient un simple bain en expérience paradisiaque. Parmi les différentes variétés, mon choix s'est porté sur l'Oeuf de Dragon, un peu à cause de son nom et beaucoup parce que citron-bergamote était le seul parfum qui ne menaçait pas de me filer une migraine sévère dans les deux minutes. Le prix m'a un peu fait tiquer: 5,95€ pour un produit à usage unique? J'ai pensé que cette ballistic avait intérêt à tenir ses promesses. Et je l'ai donc gardée en réserve pour un jour où j'aurais vraiment besoin de me chouchouter.




Hier, j'ai passé une de ces journées un peu greumeuleu, sans grand drame mais avec une multitude de petites choses irritantes et un manque d'enthousiasme distinct pour mon boulot. Histoire de me motiver, je me suis promis un bon bain dès que j'aurais terminé mon quota de pages. C'était l'occasion rêvée d'utiliser ma ballistic!

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais. Une sorte de mini-explosion libérant des cascades de mousse onctueuse et délicatement parfumée, j'imagine. Au lieu de ça, lorsque j'ai lâché mon Oeuf de Dragon dans l'eau, j'ai vu ma baignoire prendre l'aspect d'un bassin sulfureux de Yellowstone...




Ca ne me faisait tellement pas envie que j'ai failli vider l'eau sans m'être lavée. Comme je déteste le gaspillage, je me suis dit que malgré l'aspect peu ragoûtant, ce serait peut-être une chouette expérience. Je me suis donc plongée dans ce qui ressemblait fort à un réservoir de Fanta éventé. Un film huileux s'est aussitôt déposé sur ma peau. Formidable, j'adore me sentir grasse plutôt que propre. L'odeur n'était pas déplaisante, mais pas extraordinaire non plus: avec trois gouttes d'huile essentielle, j'aurais obtenu mieux pour beaucoup moins cher. 




Bref, les ballistics de Lush, j'ai (dé)testé, et je ne comprends vraiment pas l'engouement qu'elles suscitent. 

mercredi 18 juin 2014

Thé Box "Tea lab"


Fin avril, je me suis désabonnée de la Thé Box. Il me restait tout de même à découvrir celle de mai, qui sera donc la dernière reçue après presque deux ans de fidélité à la marque. Allait-elle me faire regretter ma décision? *insérer une musique à suspens*




Mauvaise surprise en ouvrant l'emballage: l'élastique de la boîte est cassé. A l'ouverture, je m'aperçois également que le coffret intérieur a été monté de travers, mal collé, et qu'un coin est carrément déchiré. C'est la première fois que ça m'arrive. Voilà au moins une boîte qui n'encombrera pas mes étagères. Dommage, j'aime bien le rose et je trouve les illustrations de Coline Girard  très jolies...




Passons maintenant au contenu. Pour les thés, nous avons:
- Un sachet de 20g de thé vert mandarine et pamplemousse de la marque Alveus, dont la composition m'interpelle un peu: Sencha, mangue, arôme naturel (de quoi?), écorce d'orange, verveine, fleurs de souci, de mélisse et de tilleul, jasmin. Euh... pardon, mais la mangue, le pamplemousse et la mandarine, c'est pas tout à fait le même fruit.
- Un sachet de 20g de thé noir au cassis de la marque Alveus. Miracle, un des seuls parfums de thé noir que j'aime!
- Un sachet de 10g de matcha à cuisiner de la marque Aiya.
- 4 mousselines individuelles de la marque Dammann Frères: 2 de thé vert au citron (déjà reçu dans une autre box), 2 de Star Elixie (thé vert, vigne rouge, cassis, reine des prés, sureau, menthe poivrée, fenouil, anis étoilé).
- 4 mousselines individuelles de la marque La route des comptoirs: Reine de Damas (thé blanc à la rose), Sérénité (rooibos bio, cardamome, fenouil, badiane, tilleul), Equilibio (Pu Erh, maté, orange, citro, cardamome, hibuscus) et Minceur (Pu Erh bio, hibiscus, reine des prés, bouleau, cardamome, fenouil, citron). Que des trucs que je n'aime pas. Halte à l'obsession pour le fenouil et la cardamome!
- 4 petits sachets d'ingrédients destinés à personnaliser un thé nature: de la fleur d'hibiscus (beurk), des pétales de rose (double beurk), de l'ortie et de l'ananas confit. L'idée n'est pas mauvaise, mais même en faisant abstraction de mes propres goûts, je n'aurais pas choisi ces ingrédients-là pour créer des mélanges. 




Au rayon gourmandises:
- Un sachet de préparation bio pour muffins aux pépites de chocolat sans gluten de la marque Marlette. Immédiatement testé et approuvé! Je n'ai jamais compris l'intérêt de ces préparations sèches auxquelles il faut rajouter des oeufs, du lait et du beurre: il faut quand même salir de la vaisselle et ça ne fait guère gagner de temps (contrairement aux préparations humides qu'il suffit de verser dans un moule et de mettre au four). Mais là, la version sans gluten me paraît très pratique, parce que les farines qui la composent ne sont pas nécessairement faciles à trouver dans le commerce, ou qu'on peut ne pas vouloir en acheter un kilo juste pour faire un essai de gâteaux. Les muffins cuits (j'ai pu en faire 9 avec des moules plutôt petits) sont vraiment bons, moelleux à souhait et riches en chocolat. 




Pour les goodies:
- 3 cartes postales.
- Un paquet de 40 filtres jetables taille L. Super, ça sert toujours pour préparer du thé glacé. 
- 2 sabliers: un vert de 3 mn (pour l'infusion du thé vert), un violet de 5 mn (pour l'infusion du thé noir). Ca tombe bien, j'envisageais d'en acheter!

Conclusion? Comme très souvent, je suis plus emballée par les "à-côtés" que par les thés eux-mêmes. Mais c'est parce que je suis très difficile en la matière. Je ne regrette pas de m'être désabonnée; cependant, je continue à penser que la Thé Box est la meilleure dans sa catégorie, avec toujours de chouettes concepts, une esthétique travaillée et un contenu généreux. Un cadeau parfait pour bousculer la routine d'un amateur de thé. 

De mon côté, estimant avoir fait le tour des box surprise, j'envisage maintenant de tester le système Chakaiclub qui permet d'acheter de petites quantités pour goûter de nouveaux mélanges sans se ruiner. Stay tuned! 

mardi 17 juin 2014

Bon plan conso: le sticker sécuritaire pour carte de crédit


Les piratages de carte de crédit sont de plus en plus fréquents, et même si les victimes finissent généralement par récupérer leurs sous, ni le patakès administratif ni l'avance de trésorerie qu'elles ont concédée bien malgré elles ne sont très agréables à gérer. En bonne paranoïaque, je fais mon maximum pour éviter ce genre de problème - qui m'est tout de même arrivé une fois il y a 4 ans suite à une compromission de sécurité sur le site internet de la Fnac. Depuis, pour mes achats en ligne, je privilégie Paypal chaque fois que c'est possible. Et pour mes achats en direct, les fois où je dois laisser le commerçant manipuler ma carte... j'ai dégoté l'autocollant breveté Certissim:




Il se pose à l'arrière de la carte de façon à masquer les fameux 3 chiffres de sécurité sans lesquels le numéro de la carte et sa date d'expiration ne servent à rien du tout, quand bien même quelqu'un aurait réussi à les mémoriser très rapidement. Génial, non? Et le plus beau, c'est qu'il est gratuit: il suffit d'en faire la demande écrite à

Sticker Sécuritaire Certissim 
FIA-NET 
39 rue saint-Lazare 
75009 Paris

en joignant une enveloppe timbrée et auto-adressée.

Merci beaucoup à Certissim (qui ne sponsorise absolument pas ce billet!) pour cette chouette idée.

lundi 16 juin 2014

Le week-end avant le long voyage en train pendant la grève des cheminots




Damned, les placards sont vides: pas de plantureux petit-déjeuner cette fois; oui, je vais aller me doucher, mais d'abord, je vais récapituler par écrit tous les renseignements administratifs conquis de haute lutte depuis début mai... et écrire quelques mails aux copines... et ranger mon tiroir à bloc-notes et à Post-It...; Voyager 2, s'il faut que je monte 3 sujets jusqu'au niveau 5 dans toutes les catégories, y compris en Sports, je ne vais jamais le décrocher; ces pâtes aux brocolis auraient été meilleures avec un peu de feta; pourquoi, quand je trouve des sandales qui correspondent parfaitement à mon cahier des charges (marron, à bride, avec une semelle compensée de 4 cm à l'arrière), faut-il que le modèle ne me plaise pas du tout?; cette fois, me laisser tenter par 100g de Vive le thé! en allant chercher une recharge de thé à la menthe glaciale; l'Exki de la place Stéphanie n'est vraiment pas mon préféré, et on ne capte pas le wifi dans le jardin de derrière; malgré l'engouement général, le premier chapitre du dernier Ian McEwan ne m'emballe pas plus que ça; Chouchou a 7 minutes de retard à notre rendez-vous: ça fera 7 minutes de bisous en moins; les photos de plage de l'expo "Patience" de Josef Hoflehner me font un peu penser à celles de Massimo Dutti, mais ma préférée, c'est celle des bateaux japonais alignés dans la neige; note to self: une prochaine fois, ne pas tenter d'acheter des billets en avance pour la séance suivante au Vendôme; l'Exki de la porte de Namur: ça, c'est mon préféré à Bruxelles; est-ce un sandwich semi-circulaire, est-ce une pizza pliée en deux? on ne sait pas, mais c'est chaud et plein de mozzarella, donc on s'en fout; l'humour particulier du "Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" passe très bien à l'écran, par contre on sent qu'il n'y a pas eu le budget ou le temps nécessaire pour exploiter pleinement les flashbacks du bouquin; mon TGV de lundi devrait circuler mais s'arrêter à Marseille: après, ce sera l'aventure pour atteindre Monpatelin...




Deuxième fête des pères sans le mien; dans ma hâte à me préparer pour aller au yoga, je n'ai pas vu qu'il y avait une superbe tache jaune sur le devant de ma jupe en coton blanc; après avoir testé la propulsion électrique, le retour au moteur à essence est brutal; qu'est-ce qu'on est esquichés dans ce bureau, pas moyen de s'étirer; "open the top of your head and look at what's inside": y'a que moi qui pense à la scène de la soupe à la cervelle de singe dans Indiana Jones?; et aussi, y'a que moi qui ai le séant assez majestueux pour me passer de coussin dans les exercices en tailleur?; Giorgia est incroyablement bronzée et me donne l'impression d'habiter un autre plan d'existence que le mien; pas mauvais le crumble à la courgette, mais c'est pas avec tout ce beurre et ce parmesan que j'aurai bientôt besoin d'un coussin pour les exercices en tailleur; quand on clique sur #angelcard dans Instagram, on tombe sur 50% de cartes du tarot des anges, et 50% de sacs Victoria's Secret débordant de lingerie multicolore -  curieux mélange; bon, théoriquement, un TER devrait pouvoir me déposer à Toulon avec seulement une demi-heure de retard sur l'horaire prévu, et largement à temps pour choper un bus jusqu'à Monpatelin; grands accomplissements de cet après-midi: je me suis verni les ongles des pieds et j'ai atteint le niveau 5 en Donjons & Dragons sur QuizUp; Alison et Donny sur le congélateur! + big up pour Helena; tous ces bouquins dans ma PAL et aucun qui me hurle: "Lis-moi MAINTENANT!", c'est triste.

dimanche 15 juin 2014

Où je ne sais pas quand ni comment j'arriverai à Monpatelin, et où je le vis plutôt bien




Demain, je dois traverser toute la France en train en pleine grève des cheminots. 
J'ai déjà vérifié sur le site de la SNCF: mon TGV, normalement direct de Bruxelles à Toulon, fera cette fois terminus à Marseille. Après? Je ne sais pas. J'espère trouver un TER, même bondé, qui m'amènera jusqu'à Toulon avant l'heure de départ du dernier bus pour Monpatelin. 
Il fut un temps où cette nouvelle m'aurait mise dans tous mes états. Complètement psychorigide, je grimpe très vite aux rideaux quand les choses ne se passent pas comme prévu. 
Mais là, en fait, je suis assez zen. D'une part, les revendications des cheminots me semblent plus que justifiées, ce qui aide grandement à faire passer la pilule de mon petit inconfort personnel. 
D'autre part, j'arrive assez bien à relativiser. D'une façon ou d'une autre, j'arriverai à destination. Si j'ai quelques heures de retard, tant pis. Personne ne m'attend sur place; je n'ai ni rendez-vous important ni examen à ne surtout pas manquer, que ce soit ce jour-là ou le lendemain. Et j'ai encore un mois entier avant la date de remise de ma traduction en cours (même si j'espère la terminer dans quinze jours).
J'ai prévu plein de lecture pour m'occuper, des trucs sains à grignoter si le voyage se prolonge, une valise pas trop encombrante, une tenue confortable et une petite laine au cas où, un sourire pour le personnel certainement sous pression qui bossera ce jour-là et mon attitude la plus positive: au pire, ça fera une aventure à raconter ici. 
Maintenant, si j'arrivais à appliquer ce genre de lâcher-prise au reste de ma vie...

vendredi 13 juin 2014

Où je décide de réduire drastiquement mes commandes sur Amazon




J'ai passé ma première commande Amazon en 1997, alors que je vivais aux USA. Un de mes colocataires m'avait présenté le site, et j'avais été complètement émerveillée de voir que je pouvais m'y procurer à peu près tous les livres du monde pour un prix souvent inférieur à celui pratiqué en librairie. Très vite, je suis devenue une cliente assidue, et je le suis restée depuis. Mon carnet d'adresses sur le site est un véritable catalogue de ma vie ces 17 dernières années. Je ne veux même pas calculer combien de sous j'ai pu leur laisser au fil du temps: j'ai toujours considéré que l'argent dépensé en livres était de l'argent bien dépensé. 

Mais depuis quelques années, j'éprouve des scrupules grandissants à utiliser Amazon. Je n'aime pas voir disparaître les librairies indépendantes à cause d'eux; je n'aime pas qu'ils se débrouillent pour échapper à la fiscalité française; je n'aime pas les articles que j'ai lus au sujet des conditions de travail de leurs employés, et j'aime encore moins leurs tentatives actuelles de faire pression sur Hachette ou Warner Bros en refusant de proposer leurs produits en pré-commande. Amazon est en train d'évoluer vers une situation monopolistique, et ça, ce n'est jamais bon ni pour l'économie en général, ni pour le consommateur en particulier. 

Samedi dernier, je suis passée chez Sterling Books, une librairie anglaise que j'aime beaucoup mais où, quand je repère quatre bouquins qui me plaisent, j'ai tendance à en acheter un seul sur place puis à commander les trois autres sur Amazon à cause de la différence de prix non négligeable. Il se trouve que Sterling Books était alors en plein déménagement pour un local plus petit, sur un seul étage au lieu de deux et sans le café indoors qui avait ouvert il y a quelques mois. Et là, j'ai eu un déclic de culpabilité. Si je ne voulais pas que disparaissent Sterling Books et toutes les autres librairies de qualité que j'ai plaisir à fréquenter, je devais cesser de considérer Amazon comme mon fournisseur de livres par défaut. 

Je doute fort de pouvoir à moi seule empêcher la révolution qui est en marche. Et il existe d'excellentes raisons pour faire appel aux services d'Amazon: par exemple, c'est une bénédiction pour les gros lecteurs qui vivent hors des zones très urbanisées et n'ont pas de librairie décente à proximité de chez eux. C'est également la solution de facilité pour les ouvrages de langue étrangères ou un peu "anciens" dont les librairies ne renouvellent pas le stock. C'est enfin, à ma connaissance, le seul site qui propose un programme de partenariat rémunéré aux blogueurs: or, les bons d'achat que je reçois grâce aux liens affiliés postés ici me permettent d'acheter plus de livres à chroniquer. Je n'ai pas envie d'y renoncer. 

Mais entre (presque) tout et (presque) rien, il reste une marge de manoeuvre appréciable. Un omnivore n'est pas obligé de basculer du jour au lendemain vers le véganisme pur et dur: s'il diminue de moitié sa consommation de viande et autres produits d'origine animale, c'est déjà 50% de gagné pour les animaux et pour la planète! De la même façon, il me semble que sans boycotter complètement Amazon - ce que je ne me sens pas capable de faire -, je peux réduire significativement les achats effectués chez eux. Toutes les nouveautés (environ les trois quarts de mes lectures) se trouvent facilement en librairie, surtout à Bruxelles. Oui, elles coûtent souvent plus cher que sur Amazon: 5% en France où la loi sur le prix unique du livre ne laisse pas davantage de marge de manoeuvre aux commerçants, bien davantage en Belgique surtout pour ce qui est des ouvrages étrangers (mais on peut se rattraper partiellement avec le système des cartes de fidélité). Cependant, pouvoir feuilleter un livre avant de passer à la caisse permet aussi d'éviter les erreurs d'achat, de sorte que je pense m'y retrouver - et désengorger un peu ma PAL au passage. Quand bien même la facture serait légèrement plus salée au final, j'ai toujours dit que je voulais bien payer davantage pour acheter des aliments produits dans de bonnes conditions; je suis prête à appliquer un principe similaire à mes livres.  

Donc, j'ai décidé de ne plus commander sur Amazon que les livres que je ne pourrai pas me procurer en librairie. Parce que même sans prendre de mesure radicale, je reste persuadée que tous les petits pas qui vont dans le bon sens comptent. 

jeudi 12 juin 2014

"Better off Ted"




Ted est directeur du département Recherche et Développement chez Veridian Dynamics. Père célibataire d'une adorable Rosie de 8 ans, c'est un type bien qui s'efforce de gérer son équipe de manière humaine et juste. Pas toujours facile quand on bosse pour une multinationale sans âme ni scrupules dont le seul credo est le profit à tout prix! Ted est entouré de Veronica, sa patronne qui pourrait donner des cours de sociopathie à Sherlock, des géniaux scientifiques Phil et Lem qui se chamaillent en permanence mais sont incapables de se passer l'un de l'autre, et de Linda la testeuse de produits qui se rebelle contre la machinerie corporatiste en volant toutes les doses de crème de la machine à café. A eux cinq, ils brossent un portrait hyper-caustique mais tristement réaliste de la vie dans une grande entreprise.

Quelqu'un comme moi, qui n'a jamais fait l'expérience de travailler dans ces conditions, est tenté de se dire que les scénaristes exagèrent pour amuser la galerie, mais entre deux crises de fou-rire hoquetant, Chouchou me confirme en permanence que "Hu hu, c'est ça, c'est exactement ça!". Les situations ubuesques s'enchaînent, dénonçant l'absurdité des règlements et l'inhumanité des multinationales. Dans chaque épisode, une fausse publicité pour Veridian Dynamics vient enfoncer le clou de telle manière qu'on ne sait plus trop si on doit en rire jusqu'aux larmes ou commencer à organiser la révolution. Sans doute trop grinçante pour les annonceurs, "Better off Ted" n'a tenu que deux saisons à l'écran, soit 26 fois 22 minutes de pur bonheur pour les sales gauchistes dans mon genre. 



mercredi 11 juin 2014

Zen Car: la conduite urbaine tout en souplesse




Nous habitons en ville; je bosse à la maison et Chouchou est à 10 minutes de bus de son travail. Considérant le coût d'achat et d'entretien d'un véhicule, ainsi que la difficulté pour se garer dans notre quartier et notre tendance écolo qui nous pousse à utiliser au maximum les transports en commun, nous n'avons jamais envisagé de posséder une voiture. Mais il nous arrive tout de même d'en avoir besoin, par exemple pour faire un plein hebdomadaire au supermarché ou rendre visite à des amis qui habitent à l'extérieur de Bruxelles. C'est pour les urbains comme nous qu'a été inventé le principe des voitures partagées, dont nous sommes des utilisateurs ravis depuis plusieurs années. Récemment, nous avons découvert l'existence de Zen Car, réseau bruxellois spécialisé en véhicules électriques, et nous avons eu envie de tester. Ce que nous avons fait le week-end dernier. 

L'inscription en ligne ne prend que quelques minutes; après quoi, on reçoit par courrier une carte magnétique qui permet de déverrouiller les véhicules réservés sur le site ou à l'aide de l'application dédiée. Le processus est assez simple même pour les nouveaux utilisateurs. Une fois à la station choisie, il faut juste débrancher la voiture, vérifier qu'elle est suffisamment chargée, embarquer le câble dans le coffre (pour éviter le vandalisme et, en cas de besoin, recharger la batterie sur n'importe quelle prise électrique). Et hop, on est prêt à rouler! Concernant la tarification, on paie à l'heure et non d'après un savant calcul basé sur le temps d'utilisation et le nombre de kilomètres parcourus; ainsi, pas de mauvaise surprise au moment où l'on reçoit la facture.






Samedi, nous avions plusieurs déplacements à faire en centre-ville. Parmi les modèles disponibles, tous munis d'une boîte automatique, nous avons choisi une Smart que nous n'avions jamais testée ni l'un ni l'autre. Petit moment de perplexité au moment de la prise en main: mais comment donc s'ouvre le coffre? Après avoir cherché en vain quelques minutes, nous avons appelé le service client qui a éclairé notre lanterne, et nous avons pu démarrer sans autre problème. Premier gros changement par rapport à une voiture à essence: l'absence de bruit. C'est très bizarre de rouler dans une voiture qui n'émet qu'un léger chuintement, à l'instar d'une rame de tramway - très bizarre, mais très agréable! Comme par ailleurs, la conduite est extrêmement souple et dénuée d'à-coups, on se sent un peu comme dans un hovercraft de science-fiction qui glisserait sur la route. Et on comprend mieux le nom du réseau: en effet, rouler en voiture électrique, ça rend super zen! Le moteur n'est pas très puissant (ce qui serait de toute façon inutile en ville...), mais il réagit "avec la fluidité d'un écran tactile", estime Chouchou, qui de nous deux est largement le plus branché mécanique. 

Dimanche, pour changer un peu, nous avons testé une 4 places: la Mitsubishi i-MiEV (Chouchou aurait adoré faire un tour avec la BMWi3, mais malheureusement elle n'est pas encore disponible!). Malgré son volume bien supérieur à celui de la Smart, elle s'est également révélée très souple, très silencieuse et très agréable à conduire. Par ailleurs, Zen Car est en cours de négociation pour obtenir un droit de stationnement gratuit dans les zones à parcmètres de Bruxelles; en attendant, la boîte à gants de chaque véhicule contient une carte Interparking qui permet de se garer sans payer dans tous les parkings du réseau (les plus nombreux dans le centre de Bruxelles). Ce qui est somme toute bien plus pratique que de tourner deux heures pour trouver une place dans la rue! Bref, vous l'aurez compris, nous sommes conquis par ce moyen de déplacement. 


Ce week-end de test m'a été offert par Zen Car.

mardi 10 juin 2014

Les brunchs du dimanche (27): La Fabrique




Ca commence à devenir difficile de trouver de bonnes adresses de brunch que nous n'avons pas encore testées à Bruxelles. Dimanche, nous sommes allés faire un tour à La fabrique, qui a ouvert début mai dans l'ancien local du très regretté P.H.A.T. 




La nouvelle déco est sobre mais plaisante: du pin brut, un buffet gris-bleu, de la peinture ardoise sur les murs, un bout de tapisserie Orla Kiely, des petites tables rondes gigogne (mignonnes bien que peu confortables), des chaises colorées en terrasse, un coin enfants à l'intérieur. 





Le brunch se présente sous forme de buffet sucré-salé entièrement fait maison, bien garni et très varié. Malgré la présence de charcuterie, de saumon et d'un plat chaud à base de viande, les végétariens trouveront largement de quoi se sustenter. Tout ce que j'ai mangé était délicieux, surtout les gâteaux: mention spéciale au cake à la banane ultra moelleux, ainsi qu'aux crêpes préparées à la demande par un cuisinier qui se charge aussi des oeufs au plat, brouillés ou en omelette. 





Le service est aimable et souriant. Par contre, j'avoue que 25€ hors boissons... Pour moi qui ne mange pas de viande et qui m'efforce de limiter les quantités, ça fait un peu cher l'assiette de légumes grillés et de taboulé. En revanche, les gros appétits soucieux de qualité autant que de quantité devraient y trouver leur compte. 

La fabrique
Rue américaine 122
1050 Bruxelles
Ouvert du mardi au dimanche, 11-15h
Tel: 02 537 56 36

Opération "carte de vacances"




L'opération "Envoyez une carte de voeux, recevez une carte de voeux" lancée en décembre dernier ayant connu un franc succès, j'ai pensé que ça pourrait être sympa d'organiser un swap postal similaire à l'occasion des vacances d'été. Voici ce que je vous propose: 
- Envoyez-moi au plus tard le samedi 21 juin à midi votre adresse postale à leroseetlenoir@hotmail.com, et UNIQUEMENT là. Précisez, si vous en avez un, le pseudo sous lequel vous commentez habituellement. Et pour me faciliter la vie, indiquez "Opération carte de vacances" en sujet de votre message. 
- Tout le monde peut participer. Par contre, j'ignorerai impitoyablement les demandes d'inscription qui ne tiendront pas compte des consignes. 
- Je transmettrai mon adresse à la première inscrite, l'adresse de la première inscrite à la deuxième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière inscrite dont je garderai l'adresse pour moi. 
- Chaque participante s'engage à envoyer une carte postale de son lieu de vacances (ou de sa ville de résidence habituelle, si elle ne part pas) à la personne dont elle a reçu l'adresse, et ce, au plus tard le vendredi 29 août. 
- Avant de poster leur carte, celles qui le souhaitent peuvent m'en mailer une photo. Début septembre, je choisirai la plus jolie, la plus originale ou la plus drôle, et son expéditrice remportera un petit cadeau. Si j'ai reçu assez de photos, j'en publierai également une mosaïque sur le blog. 
A vos claviers :-)

lundi 9 juin 2014

"Il était temps"


Le jour de ses 21 ans, le père de Tim lui apprend que tous les hommes de leur famille ont le pouvoir de voyager dans le temps - mais uniquement dans leur propre passé. Très empoté avec les filles, l'étudiant en droit décide d'utiliser son pouvoir pour se trouver une amoureuse. Mais il ne tarde pas à réaliser que parfois, en tentant d'améliorer la situation, il ne fait que l'aggraver, ou qu'en remédiant à une erreur, il altère sa vie d'une façon qu'il n'avait ni prévue ni souhaitée... 

Les gros succès du réalisateur Richard Curtis - "Love actually", "Notting hill" ou "Quatre mariages et un enterrement" - sont des films que j'ai appréciés sur le coup, mais qui ne m'ont pas spécialement marquée et que je n'ai jamais eu envie de revoir. Globalement, je ne suis pas fan des comédies romantiques, trop gnan-gnan et trop prévisibles pour mon coeur de pierre. Par contre, je suis incapable de résister à une histoire de voyage dans le temps, surtout si on me promet qu'elle est plus surprenante et infiniment plus émouvante qu'elle n'en a l'air au premier abord. 

Alors, j'ai regardé "About time" ("Il était temps" en français) et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, sauf que je ne peux pas vous expliquer pourquoi pour ne pas vous gâcher le film. Si vous avez lu "The time traveler's wife" ("Le temps n'est rien"), sachez que la fin est du même calibre. Si vous ne l'avez pas lu, précipitez-vous chez le librairie le plus proche, c'est un ordre! je suis en mesure de vous promettre un héros maladroit mais hyper attachant, une famille à laquelle on a envie d'appartenir, un couple adorable dont les débuts sont très joliment résumés par une scène "en boucle" dans le métro, une histoire sans antagoniste qui fonctionne entièrement au charme et à l'émotion, une prestation tout en subtilité du grand Bill Nighy, et surtout de très belles considérations sur le temps qui passe et la meilleure façon de vivre sa vie. Je crois que c'est un film qu'il faut voir, vraiment. Avec une boîte de Kleenex à portée de main. 

Le week-end du grand huit émotionnel




Cette nuit, j'ai rêvé que je courais comme une folle pour attraper un train dont la porte se fermait juste sous mon nez, mais je la rouvrais de force alors que le train s'ébranlait, je sautais à l'intérieur avec ma grosse valise et je faisais signe à Chouchou resté sur le quai de me lancer mon autre sac que je rattrapais au vol juste avant que la porte ne me claque de nouveau au nez; avec des nuits aussi agitées, je ne risque pas de me sentir reposée le matin; newsflash: Chouchou est un cramique-garou; la réparation de la chaudière n'aura tenu que 48h, grrrrr; mais comment ouvre-t-on le coffre d'une Smart?; c'est super bizarre cette absence de bruit, on a l'impression d'être dans le tram ou dans un hovercraft futuriste; arrivée au yoga en bon état, j'en repars avec l'épaule droite coincée; j'aurais voulu tester le resto asiatique d'Uccle avec l'horrible tête de bonne femme grimaçante, mais il est fermé le week-end, ce sera donc le Samouraï Ramen; je kiffe ce collage sur le mur, la déco délirante de ce guidon de vélo, et toutes les autres surprises que peut réserver le paysage urbain quand on ouvre l'oeil; le premier jean essayé par Chouchou chez H&M est le bon, ce qui tombe bien, parce que je ne supporte plus ces magasins; Sterling Books déménage dans un local plus petit, du coup, je leur achète trois bouquins; dans mon élan de soutien aux librairies indépendantes, je prends aussi deux guides sur Copenhague à l'Anticyclone des Açores; c'est la première fois que j'apporte chez Pêle-Mêle un sac aussi peu rempli; comment ça, pas de thé glacé le samedi à l'Exki de la place du Luxembourg?; récupération des courses hebdomadaires chez Delhaize: il semble que j'aie commandé des brocolis surgelés à l'insu de mon plein gré; au final, les cotisations sociales des auteurs vont donc atteindre le même niveau que celles des salariés, soit environ 23%, sans que nous ayons pour autant droit à une mutuelle, à une assurance chômage ou à des congés payés: le RAAP entend nous détrousser purement et simplement, et on s'étonne que je sois en colère?; une bonne petite comédie romantique me remontera le moral; euh sauf qu'en fait, "About time" joue plutôt dans la catégorie de "The time traveler's wife", si bien que je termine liquéfiée; je donnerais presque n'importe quoi pour revoir mon père juste une fois; et en plus on va se coucher fâchés, c'est vraiment parfait.




Cette fois, je pense que c'est bon, on va pouvoir ranger la couette; de plus en plus souvent, j'hésite à publier des billets intimes à cause des réactions pas toujours très mesurées ni très bienveillantes qu'ils provoquent; je ne pensais pas que ce serait si difficile de trouver un endroit adéquat pour bruncher aujourd'hui; tiens, je rentre encore dans la robe Naf-Naf en 38 achetée il y a 5 ans, mais pas dans les robes Naf-Naf en 38 achetées il y a 3 ans; "Je suis face à une situation catastrophique", m'annonce Chouchou au téléphone avant de m'expliquer qu'il a un souci pour débrancher le cordon d'alimentation de la voiture électrique que nous avons réservée; j'aimais mieux la déco du temps où c'était le P.H.A.T.; la limonade maison pamplemousse-menthe n'est vraiment pas terrible, par contre les gâteaux et les crêpes, miam!; la formule buffet, plus jamais: on mange toujours trop pour en amortir le prix, et ensuite, on se sent comme deux baleines échouées jusqu'à la fin de la journée; traînons-nous à pied jusqu'à la maison Horta pour tenter de stimuler notre digestion et chercher une géocache au passage; j'ai plein de billets de blog à écrire, mais toute mon énergie, mentale comme physique, est occupée à assimiler la quantité de nourriture pourtant pas démentielle que je viens d'envoyer dans mon estomac; à cette allure, le sachet de thé à la menthe glaciale ne va même pas nous faire la semaine; la propension de ma mère à changer de sujet dès qu'on lui dit quelque chose qu'elle ne veut pas entendre est passablement phénoménale; alléger mon présentoir à colliers de quelques modèles que je ne porte pas; ma motivation pour continuer à faire du sport est en train de partir en fumée, mais Chouchou m'entraîne gentiment avec lui à la salle; monsieur qui crawle sans éclabousser tout le monde autour: je t'aime; les familles avec enfants cohabitant dans un petit bassin avec les gens qui veulent faire des longueurs, c'est frustration assurée pour tout le monde; installer la nouvelle version de NeoOffice et imprimer enfin la liste de mes traductions pour m'inscrire à la Sofia; après un second visionnage, je pense que "Moonrise Kingdom" est mon Wes Anderson préféré; ce livre acheté hier sur un coup de tête m'a complètement happée en moins de 20 pages; demain c'est férié et Chouchou ne bosse pas, mais moi si: c'est nul!

dimanche 8 juin 2014

Psychologie de l'angoisse


Création: SeaChild

Vendredi, j'étais censée aller à mon cours de Pilates entre midi et deux, et traduire une vingtaine de pages du roman sur lequel je bosse en ce moment. J'ai péniblement atteint les 14, puis passé le reste de la journée roulée en boule sur mon lit à lutter contre l'angoisse qui me bouffe depuis plusieurs semaines. Je suis vraisemblablement en train de devenir presbyte, comme la plupart des gens de mon âge, si bien que je n'y vois plus de près avec mes lunettes actuelles. Jusque là, rien de grave: ça devrait pouvoir se régler avec une visite chez l'opticien et une dépense de quelques centaines d'euros presque pas remboursée par la Sécu. Mais c'est pénible. Et à côté de ça, mon oeil droit se comporte super bizarrement: ma paupière fait des crises de tremblements, je larmoie beaucoup et j'ai presque en permanence une myriade de petites taches d'éblouissement dans mon champ de vision. Mon cerveau rationnel me dit qu'il y 90% de chances que ce soit un truc parfaitement bénin, genre une trop grande exposition aux écrans d'ordinateur, un manque de magnésium ou un corps étranger qui finira par être expulsé naturellement; au pire, la plupart des problèmes oculaires autres qu'un défaut de focalisation peuvent désormais être corrigés chirurgicalement.

Tout ça, je le sais. Mais l'angoisse, comme les phobies, échappe à toute tentative de raisonnement. Et malgré les efforts immenses que je déploie depuis six ans pour maîtriser la mienne, je n'en suis toujours pas venue à bout. Je ne fais plus d'attaques de panique, et c'est déjà ça. Les exercices de cohérence cardiaque m'aident pas mal. Mais ce que je voudrais vraiment, c'est un remède miracle, et je sais qu'il n'existe pas. Tout ce que je peux espérer, c'est progresser lentement dans ma gestion des crises. Et je me demande si dans le fond, ce n'est pas une maladie de personne trop heureuse qui n'a plus grand-chose à gagner mais beaucoup à perdre, ou pire: une superstition inconsciente qui me pousse à m'inventer des problèmes parce qu'un bonheur sans tache serait de ces arrogances insupportables qui suscitent obligatoirement les foudres divines. L'esprit humain - ou juste le mien, en l'occurrence - est-il assez pervers pour préférer se saboter plutôt que de provoquer le sort? Je vois mon ophtalmo dans deux semaines; elle me rassurera probablement... jusqu'au prochain gargouillis de travers qui me poussera à imaginer ma vie presque parfaite se crashant en flammes. 

samedi 7 juin 2014

"French milk"


Après la lecture de "Délices", que j'avais beaucoup aimé malgré un dessin quelconque et une colorisation fâcheuse, je me suis jetée sur "French Milk", autre récit autobiographique de Lucy Knisley non traduit en français celui-là. Paru en 2007, il raconte le mois que l'auteure passa à Paris avec sa mère pour célébrer respectivement leur 22ème et leur 50ème anniversaires. Surprise: ici, les dessins sont en noir et blanc, beaucoup plus agréables à l'oeil (de mon point de vue). S'y mêlent des photos également en noir et blanc prises par Lucy Knisley durant son séjour.

En tant que journal de voyage, et vu que je connais bien Paris, j'avoue que "French milk" ne m'a pas spécialement vendu du rêve. Par contre, c'est toujours amusant de voir la réaction des Américains face à certaines différences culturelles, notamment - mais pas que - dans l'alimentation. Lucy Knisley était encore très jeune au moment où elle a rédigé "French milk", et ça se sent: je n'y ai pas trouvé le recul ou la faculté d'analyse dont elle fait preuve dans "Délices". Au lieu de ça, la jeune femme pas encore diplômée de sa prestigieuse école d'art s'inquiète pour son avenir et passe son temps à râler sur tout et rien (un effort d'adaptation réussi à la culture française!). J'ai tout de même lu "French milk" avec un plaisir certain.



vendredi 6 juin 2014

Où je vide mon placard à thé, et où le Palais des Thés se charge aussitôt de recommencer à le remplir


Mercredi matin, je me suis ENFIN décidée à ranger mon placard à thés. J'ai éliminé les variétés que je ne buvais pas; j'en ai sorti deux ou trois autres pour les tester avant de décider de leur sort; j'ai transvasé dans des boîtes le contenu des sachets qui traînaient et collé des étiquettes sous les boîtes qui n'en avaient pas. A la fin, on y voyait nettement plus clair, et j'avais retrouvé au moins une variété que je me lamentais de ne plus avoir en stock (le thé des Gnawa de l'Herboristerie, aussi rafraîchissant chaud que froid). Bref, une excellente opération de tri, d'organisation et de simplification. 



L'étagère du bas de mon placard à thé


L'étiquetage des boîtes en métal dont le contenu ne correspond pas au contenant


Puis je suis partie à un rendez-vous à l'autre bout de la ville. Il tombait un déluge, les bus ne circulaient pas dans mon quartier à cause de la réunion imminente du G7 et je suis arrivée avec plus de vingt minutes de retard. Mais je suis restée zen, et tout s'est super bien passé. 

Sur le chemin du retour, je me suis arrêtée au Palais des Thés pour racheter des filtres jetables individuels, afin de préparer des infusions à froid dès que le soleil remontrerait le bout de son nez. Je n'avais pas mis les pieds dans le magasin depuis fort longtemps, et j'ai été agréablement surprise de découvrir la nouvelle gamme "Plaisirs purs", associant une note unique à une base de thé Au final, j'ai craqué pour celui à la menthe glaciale et celui à la fleur d'oranger, qui existent en trois formats: boîte en métal de 100g (12€), sachet de 100g (9€ ou mousselines x 20 (8,50€). Le mélange Vive le thé! me faisait de l'oeil lui aussi, mais j'ai tenté d'être vaguement raisonnable: ce sera pour une autre fois.








J'ai testé les deux en infusion à froid (5 ou 6 cuillères à café de thé pour 1 litre d'eau froide, à laisser au frigo pendant toute la nuit). C'est un vrai délice. Celui à la menthe glaciale est particulièrement désaltérant - même si certains pourraient le trouver un peu "raide"- , tandis que celui à la fleur d'oranger enchante par son arôme ensoleillé. Voilà au moins deux variétés qui ne feront pas long feu dans mon placard!