dimanche 31 août 2014

Un week-end de gouttes d'eau qui font déborder le vase




Il est un peu plus de 17h quand je mets le point final à la traduction qui m'a (trop) occupée tout l'été; liberté chérie, je vais aller crier ton nom au bar de l'Hôtel Le Berger, un mojito sérieux dans une main et le merveilleux roman d'Elizabeth Gilbert dans l'autre; ce canapé est un rêve de lectrice, éclairé juste comme il faut, ni trop ni trop peu moelleux, avec un accoudoir à la hauteur idéale; ...je me demande s'ils me feraient une carte de fidélité; assise sur le rebord de pierre de la vitrine du Comptoir Florian, j'attends Chouchou avec qui j'ai rendez-vous pour dîner au Hana; notre premier bibimbap bruxellois est décevant: moins généreux que celui du Café Boli à Toulouse (mais plus cher), sans choix de garniture ni de sauce; il faudra quand même revenir ici pour goûter le bulgogi; se rouler des patins dans la rue en rentrant à la maison après la tombée de la nuit; rhâââ, zut, j'ai filé mes jolis collants à pois!





Après une journée potable hier quand j'étais coincée à la maison devant mon ordinateur, il fait de nouveau über-moche aujourd'hui, mais je m'en fous: rien ne m'empêchera de profiter de ce week-end; les bras de Chouchou c'est juste le meilleur endroit du monde; et les oeufs à la coque de Chouchou, avec des tartines de pain d'épeautre grillé couvertes de beurre à moitié fondu et une orange pressée, c'est juste le meilleur petit déjeuner du monde; je publierais bien la récap' de la ronde des poches, mais certaines participantes n'ont pas encore reçu leur livre; ce serait bien d'y aller mollo avec les huiles essentielles, le bois de santal et les bougies parfumées, parce que chaque fois, je sors du cours de yoga avec un début de migraine; "vous ne devez pas vous ennuyer à la maison", commente une nouvelle élève dans l'ascenseur après que Chouchou a utilisé son tapis comme une corne de brume pour me mugir à la figure; grâce à ma carte de fidélité Veritas, mes nouveaux collants à pois ne me coûtent que 2,26€; victoire: maintenant qu'il peut les faire passer en frais professionnels, Chouchou investit enfin dans ses propres Post-It; non, ce nouveau salon de thé/boutique de déco scandinave ne me tente pas particulièrement; longer la rue du Bailli sans rien acheter d'autre qu'un collant rayé noir et vert chez Mook's et une brosse à cheveux chez Di - un exploit qui aurait été inenvisageable il y a 2 ou 3 ans; la façade de la librairie Ptyx est sublime, mais aucun des bouquins qu'ils mettent en vitrine ne me tente jamais, du coup je n'ose pas rentrer; mon premier craquage de la rentrée littéraire sera donc le nouveau Marie-Sabine Roger; j'aime beaucoup la déco de La Mercerie, la salle lumineuse et la gentillesse du personnel - par contre les prix, euh...; refaire trois fois le tour du rayon fruits et légumes du Delhaize Louise ne fait malheureusement pas apparaître de brocoli; ah oui, 18h, quand même: c'était vraiment une longue promenade; finalement, dans le 7ème film de la série, Harry, Hermione et Ron passent moins de temps à camper dans la forêt qu'il ne me semblait - mais Hedwig et Dobby meurent quand même, au grand désespoir de Chouchou qui réclame "lapitichouett'" toutes les 5 minutes.





Mes doigts ne sont pas des citrons!; une discussion tendue et une crise de larmes: digne clôture d'un mois qui aura décidément été merdique jusqu'au bout; je commence à avoir assez de collants pour détourner un second cintre porte-pantalons; ma première tentative de préparer des pois chiche secs cale sur une cuisson insuffisante; s'il veut bien cesser de pleuvoir cinq minutes, je vais pousser jusque chez Filigranes, ça me fera marcher un peu; la suite des aventures de Michel, le Garfield français appartenant à Leslie Plée, n'a malheureusement plus rien de drôle alors que "Vivre vieux et gros" était bidonnant de bout en bout; je suis toujours aussi fan des lignes claires épurées de Gabrielle Piquet, beaucoup moins de l'histoire de sa dernière bédé; le vigile vient nous prier de libérer notre table - deux fois de suite! - parce qu'on a fini nos consos et qu'il y a des gens qui attendent (chose que nous savons d'autant mieux que nous en faisions partie une demi-heure auparavant, et que nous avons pris notre mal en patience sans moufter); la politique de casiers systématiques, qui présupposait que tous les clients étaient des voleurs en puissance, m'avait déjà pas mal agacée: cette fois, c'est certain, ils ne me reverront pas; mon disque dur externe ne suffit plus à contenir toutes mes photos, et le réglage de la sauvegarde de mon nouveau MacBook prend trois plombes; devoir caler un rendez-vous dans l'agenda pour une discussion sérieuse avec son amoureux, c'est ça, la vie moderne; rhâ zut, avec tout ça j'ai complètement oublié d'appeler ma mère!; bye-bye affreux mois d'août, je ne te regretterai pas.

Août 2014




jeudi 28 août 2014

10 choses à sauver du naufrage de l'été 2014


1. Ma robe Morgan noire à pois blancs. Un peu rétro, confortable, facile à vivre, aussi seyante sur une petite dodue comme moi que sur une grande tige comme ma copie Julie. (Actuellement soldée à -50% sur le site de la marque, et non, ceci n'est même pas un lien affilié.)




2. Un chouette week-end à Paris mi-juillet, avec notamment la découverte de Shakespeare & Co et des escape games, un appartement airbnb plein de charme et un tour de chaises volantes à la fête foraine des Tuileries. 

3. Les mojitos du bar de l'hôtel Le Berger, les meilleurs que j'ai bus à Bruxelles pour le moment. De manière générale, les cocktails entre copines après le boulot sont un concept merveilleux; je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté jusqu'ici. 




4. Deux gros coups de coeur pendant les soldes: des Chie Mihara rouges fort peu de saison, et un manteau imperméable René Derhy indigo super flatteur pour la silhouette - la mienne, du moins. Tous les deux à -50%. Shootings mode en perspective. 

5. Trois moments en famille: une partie de bowling ponctuée de glissades et de barbapapa, une baignade collective dans la piscine de ma soeur, un déjeuner dominical raffiné à La Promenade. Heureusement qu'ils étaient très bien, car il n'y en a pas eu d'autres.




6. La découverte d'Ombres Blanches, aussitôt devenue ma librairie préférée au monde. Gigantesque caverne-labyrinthe bourrée d'ouvrages choisis avec goût, vendus par des passionnés et feuilletables dans un café doté d'une cour intérieure. Le paradis sur Terre.

7. La page d'auteur d'Elizabeth Gilbert sur Facebook, débordante de bienveillance et d'inspiration. J'aime les médias sociaux quand ils me permettent d'établir une vraie connexion avec les gens que j'admire et qui ont le goût de s'y investir. 

8. Notre nouveau matelas. J'ai dit que nous dormions comme des bébés dessus? Ne plus se réveiller le matin avec l'impression d'être nonagénaire, ça aide quand même un poil à mieux démarrer la journée. 

9. Beaucoup de romans très prenants: "The hundred-year house", "Park Avenue", "Demain est un autre jour", "Avril enchanté", "The miniaturist" et celui qui, au bout d'une centaine de pages, s'annonce déjà comme mon préféré: "The signature of all things" (critiques à venir pour les deux derniers). 




10. Le banana bread. Préparé à partir de cette recette, dans laquelle j'ai juste remplacé les 150g de sucre blanc par 100g de sucre roux. Un succès immédiat auprès de 100% des membres de la maisonnée. 

mercredi 27 août 2014

Le bouquet final




Une gastro carabinée, 
Fleur Pellerin comme nouveau ministre de tutelle, 
une météo bruxelloise à se pendre, 
un roman envoûtant qui vire à la tragédie et achève de me plomber le moral, 
des journées de travail interminables, 
le constat que mes revenus ne cessent de diminuer depuis trois ans, 
une grosse traduction à rendre vendredi, 
tous mes projets personnels à l'arrêt,
les 68 ans que mon père ne fêtera pas, 
les chaussettes finlandaises ressorties du placard pour éviter une double amputation des pieds, 
et quand je veux me faire un chocolat chaud pour me consoler, moins d'un millilitre de lait restant dans la bouteille que Chouchou a quand même remise au frigo pour me faire croire qu'il ne l'avait pas vidée. 
Ce mois d'août aura décidément été pourri de bout en bout. 

(Du coup, je nourris des ambitions démesurées pour septembre.)

mardi 26 août 2014

The museum of broken relationships au Parlamentarium




C'est sur internet, il y a déjà plusieurs années, que j'ai appris l'existence du musée des relations brisées. Né de l'existence d'un couple croate séparé, il rassemble des objets symboliques dont les gens se sont débarrassés après la fin d'une relation, accompagnés d'un petit texte explicatif. L'idée a eu tant de succès qu'aujourdhui, le musée a donné naissance à plusieurs expositions itinérantes qui voyagent à travers le monde. L'une d'elles est actuellement visible au Parlement Européen, et bien entendu, je ne pouvais pas rater ça! 






Si vous vous rendez à cette exposition, attendez-vous à lire beaucoup! Contrairement à un musée classique, ici, il semble difficile de se contenter d'admirer les objets exposés: sortis de leur contexte, ils ne composent guère qu'un étal de brocante un peu plus intrigant que la moyenne. Certains donateurs se sont contentés de quelques lignes assez vagues pour laisser la part belle à l'imagination, tandis que d'autres ont écrit une vraie tartine de plusieurs pages (parfois intéressante, et parfois pas tellement). Les raisons de leur rupture sont souvent très banales, l'infidélité et la distance arrivant en tête du hit-parade, mais on trouve aussi de vrais crève-coeur, comme l'histoire de ce beau jeune homme brun mort de maladie à 24 ans. Parfois, il est question d'une amourette de vacances, et parfois de mariages qui ont duré plusieurs décennies. Parfois même, il ne s'agit pas d'une relation avec un autre être humain, mais d'une dépendance à la bière, d'une obsession pour son poids, d'un rapport à la religion ou d'une nostalgie pour un pays dont on est originaire sans y avoir jamais vécu. L'ensemble est tour à tour émouvant et ennuyeux, un peu comme l'humanité prise dans son ensemble!





au Parlement Européen de Bruxelles (Willy Brandt building) 
jusqu'au 15 octobre 2014
Entrée libre tous les jours de la semaine

lundi 25 août 2014

Un week-end mwi bon bof




Deuxième soir d'affilée que je plante mon boulot sans avoir relu quoi que ce soit pour foncer à l'Amour Fou; existe-t-il une personne au monde qui ait mieux compris la nature humaine que Virginia Woolf?; oui, aujourd'hui aussi, je vais commencer par un mojito et continuer avec une caïpiroska framboise, merci; les serveurs vont finir par me prendre pour l'ivrogne tranquille de service; me dépêcher de rentrer avant le début de la pluie; décidément, je n'accroche pas à "Outlander"; oh, Benedict: 5 fois, vraiment?; oui, allons nous coucher de bonne heure - et soyons fous: démarrons le lave-vaisselle avant 23h pour ne pas avoir à nous relever; je suis complètement sous le charme de "The miniaturist"; par contre, je claque des dents: il va falloir me résigner à remettre la couette.




La tisane au bambou, c'est très bon, mais après en avoir bu une tasse hier soir, je me suis relevée 5 fois dans la nuit; ce matin les oeufs seront au plat plutôt qu'à la coque par manque de temps; Neil Gaiman tounu sur la plaaaaage; Claudia nous a ramené d'adorables boîtes de thé miniatures du Sri Lanka; une pluie diluvienne a la bonne idée de tomber pendant le cours mais de s'arrêter avant qu'on sorte; très intéressantes, les images qui me viennent pendant le mantra d'abondance: ce que je veux vraiment, ce n'est pas plus d'argent ni même une meilleure santé, mais plus de créativité; oui, enfin, ce n'est pas comme si je pouvais m'empêcher d'avoir peur quand j'ai l'impression qu'une autre bagnole va nous rentrer dedans; dans les cadeaux offerts par Delhaize pour les commandes sur internet, cette semaine, un mini-tube de Colgate qui tombe à pic car j'avais fini le précédent lors du dernier week-end à Paris; Färm a un rayon thé assez intéressant; viiiiite, donnez-moi deux fois 100g de you zi hua cha: je suis en manque depuis une semaine déjà; cette bédé achetée à l'instant chez Brüsel et aussitôt lue devant un déjeuner tardif chez Exki est sympa graphiquement, mais tout à fait déprimante; même re-houssé, le vieux matelas ne tient pas debout: ça va être trop pratique de l'avoir dans les pattes pendant une grosse dizaine de jours jusqu'à ce que les Petits Riens passent le chercher; ménage de la salle de bain et tri des médicaments périmés - presque tous, en fait, vu comme j'en consomme peu; ce Buddhist Tea aurait plutôt mérité d'être préparé dans une toute petite théière et réinfusé plusieurs fois; ce n'est pas que j'adore passer par Opodo, mais enfin c'est eux qui proposent les billets les moins chers pour notre Nouvel An portugais; enfer et damnation: pas de guide de Porto dans la collection "Un grand week-end à..."; l'info du jour: il existe trois degrés de pureté pour le bicarbonate de soude, par ordre décroissant: pharmaceutique, alimentaire, ménager, ainsi on peut utiliser du bicarbonate alimentaire pour récurer ses casseroles, mais pas forcément du bicarbonate ménager pour mettre dans un gâteau; le tofu mariné dans de la sauce teriyaki, c'est encore meilleur avec des rayures de grill; autant j'avais beaucoup aimé "The breakfast club", autant "La folle journée de Ferris Bueller" n'amuse que lui.




Debout à 8h30 un dimanche pour faire de la pâtisserie, non mais je rêve; je veux pas me vanter, mais mon premier banana bread est plutôt très bon: une pointe de sel supplémentaire la prochaine fois, peut-être?; aujourd'hui c'est la cuisine qu'il faut briquer - je rêve d'un appartement autonettoyant; ma mère a perdu tout un tas de mails mais soutient qu'elle n'y a pas touché; un vague rayon de soleil m'incite à ressortir la robe Morgan noire à pois blancs qui est sans doute mon meilleur achat vestimentaire de cet été; bien tenté, mais vous ne réussirez pas à me refiler d'audioguide, car je ne suis pas là pour visiter le Parlement mais pour voir le musée des relations brisées *rire diabolique*; le plan de ville froissable m'a tout l'air d'une fausse bonne idée; une fois de plus, l'expo n'est pas assez éclairée à mon goût; au fond, les histoires les plus intéressantes sont celles qui ne concernent pas des ruptures amoureuses; je kiffe les deux poupées de chiffon faites main et représentant un couple séparé depuis; installée avec mon MacBook sur deux matelas superposés, je me sens comme la princesse au petit pois pendant que Chouchou passe l'aspirateur et la serpillère (dite "loque à reloqueter" en belge) dans la pièce à vivre; l'univers d'"Alisik" est décidément très burtonien, mais je me sens un peu vieille pour marcher vraiment dans l'histoire; non, après n'avoir testé que des nouveautés qui m'ont profondément ennuyée cette semaine, je ne veux pas me faire le pilote de "Real humans" ce soir; Jess est toujours aussi tête-à-claques, heureusement qu'il ne va pas rester (et en même temps, la suite de la vie amoureuse de Rory sera encore pire); c'était pas génial comme week-end mais on tâchera de faire mieux la semaine prochaine, une fois que j'aurai rendu ma trad en cours.

dimanche 24 août 2014

"Coeur glacé", ou la chronique d'un pauvre petit Occidental bien nourri


Très attirée par sa belle couverture embossée et ses dessins à l'aquarelle, je me suis jetée sur ce "Coeur glacé" hier lors d'un passage chez Brüsel, et je l'ai lu aussitôt attablée à l'Exki d'en face. Un quart d'heure plus tard, je le refermais complètement déprimée.

C'est l'histoire d'un mec ultra-ordinaire. Un Monsieur Tout-Le-Monde nettement moins rigolo que le mien. Il examine sa vie à la loupe, se pose plein de questions sur le monde qui l'entoure, fait des constats d'une banalité affligeante. Il n'a aucune raison d'être malheureux, pourtant il ne trouve de goût à rien. C'est le parfait occidental moderne sans véritables problèmes, qui souffre de sa vie trop facile et dépourvue de sens. L'exposé de ses angoisses existentielles et de ses bonnes intentions, j'aurais pu le faire, quasiment avec les mêmes mots, et j'ai trouvé ça assez effrayant.

"Avec ma femme, on aime bien de temps en temps faire un beau voyage. Aller à la rencontre d'autres cultures. En général, on ne suit pas les circuits touristiques classiques. On s'aventure hors des sentiers battus. Il nous est arrivé de côtoyer une misère noire, qu'on n'imagine pas dans nos régions. En même temps, ces gens ont très souvent un goût de la vie qu'on a perdu chez nous, une saveur, une authenticité, un sens de la fête, une convivialité, quelque chose d'indéfinissable. Ca m'a fait énormément réfléchir sur notre mode de vie occidental."

Certaines situations touchent juste jusqu'à la nausée: la soirée avec les amis où l'on parle immobilier autour de l'apéro, le SDF qui vient toquer à la fenêtre de la voiture et qu'on détourne la tête pour ne pas voir. Par moments, un peu d'humour grinçant sur la société de consommation ou les préoccupations des gens de différentes époques, le matin au réveil, vient pimenter l'atmosphère globalement plombante. Sans jamais prétendre dénoncer quoi que ce soit, sans même la moindre once de mépris pour son protagoniste mais avec une ironie assez lourde, "Coeur glacé" met en évidence l'insupportable vacuité des first world problems - les problèmes de la classe moyenne occidentale, disons.

Graphiquement, l'album est superbe, avec une majorité de ligne claire et d'aquarelle, mais aussi des emprunts à d'autres styles et même quelques photos ou illustrations de pub intégrées de manière très ingénieuse, ainsi que des dessins pleine page emprunts d'une poésie mélancolique. Bref, un album de très grande qualité, mais à ne pas mettre forcément entre toutes les mains!






vendredi 22 août 2014

L'homme qui sans s'en rendre compte ramenait dans notre lit un couvercle de poivrière collé sur son ventre




Or donc, comme on a pu le lire dans plusieurs billets ces derniers temps, j'ai un petit moral en ce mois d'août. Mais je ne suis pas malheureuse pour autant. Tous les jours, j'ai quelqu'un qui me fait hurler de rire avec ses remarques absurdes, ses sourcils anarchistes et sa capacité à trimballer des trucs improbables dans des endroits encore plus improbables, quelqu'un qui est toujours partant pour faire des âneries, quelqu'un qui me distribue plus de bisous et de câlins que je ne pensais en recevoir de toute ma vie (sans oublier de me peloter un nichon ou une fesse au passage, parce que bon), quelqu'un avec qui je peux me livrer à des débats houleux sur des thèmes tels que: "Aurélie Filipetti: visionnaire pragmatique ou débile profonde?", quelqu'un qui soupire avec de la tristesse plein les yeux quand on se souvient de Scarlett et Copernique (mais qui convient comme moi qu'un appartements sans poils partout, ni grains de litière qui croustillent sous les pieds et flaques de vomi sur le canapé, c'est quand même plus agréable), quelqu'un qui braille "Ukulele anthem" avec moi sans jamais se lasser, quelqu'un dont le nombril est une fabrique à peluches, quelqu'un qui ne fait pas la différence entre l'orange et le rose ni entre le gris et le bleu, mais qui m'apprend des choses tout le temps (y compris quand j'ai déjà répété dix fois que le sujet ne m'intéressait pas et que j'ai juste envie de me boucher les oreilles en criant très fort LALALALALAAAA), quelqu'un qui se pèse quatre fois par jour, se découvre sans cesse de nouveaux muscles et se livre à des contorsions hilarantes pour les mesurer, quelqu'un qui me fait de jolis dessins quand il a le temps et qui, le dimanche matin, me prépare des oeufs au plat tout nu, quelqu'un qui se vante d'être le seul pitichompignon-garou de l'univers, quelqu'un qui m'a dévoilé l'imparable secret pour désarmer les abrutis (= les regarder fixement sans répondre jusqu'à ce qu'ils percutent qu'ils viennent de dire une connerie), quelqu'un qui m'incite à devenir une meilleure personne, quelqu'un que je suis toujours contente d'entendre rentrer à la fin de nos journées de boulot respectives. Souvent, il est l'unique lumière dans mes ténèbres intérieures. La première personne à qui j'ai envie de raconter tout ce qui m'arrive, et la seule qui trouve grâce à mes yeux quand je hais le monde entier. Celle contre qui je m'endors le soir en pensant, quelles qu'aient été les difficultés de la journée, que je suis quand même une sacrée veinarde. Il y a bientôt 8 ans, un amour fabuleux m'est tombé dessus alors que je ne le cherchais pas, et je suis constamment reconnaissante pour sa présence dans ma vie. Je sais que rien n'est éternel; je sais aussi que je pourrais tout à fait vivre sans lui. Mais ce serait tellement moins bien.

EDIT: On m'informe avec une vive indignation qu'il ne s'agissait absolument pas d'un couvercle de poivrière, mais de pot de yaourt. Evidemment, ça change tout. 

jeudi 21 août 2014

Summer blues




Elle n'est pas très agréable, cette fin d'été. Les vacances à Toulouse m'ont plongée dans une tristesse difficile à chasser, et bizarrement renforcée par la mort de Robin Williams: je ne suis pas dépressive, mais à cause de mes angoisses, je sais ce que c'est d'avoir envie de pousser sur un bouton pour que le vacarme dans ma tête s'arrête. Avant la mi-août, les températures automnales à Bruxelles m'ont forcée à ressortir mes collants. Je croule sous le boulot et n'ai même pas le temps de me traîner à la salle de sport. En milieu de semaine dernière, un gros éditeur m'a contactée pour une traduction sympa et très bien payée, mais m'a réclamé un essai en urgence. Pour pouvoir le faire, j'ai dû annuler à la dernière minute la visite de mon amie Isa que je n'avais pas vue depuis deux ans. J'ai eu très peu de temps pour travailler sur mon texte et n'ai reçu aucune consigne. La réponse vient de tomber: mon essai "ne correspond pas à leurs attentes" (qui ne m'ont jamais été communiquées, donc). Je ne suis pas du tout vexée; quelque part, je dirais même que ce verdict me soulage car si cette traduction m'avait été confiée, je ne relevais plus la tête de mon ordinateur jusqu'à mi-janvier. Tout de même, j'ai un peu les boules. J'ai rempli seulement 9 de mes objectifs de l'été; je viens d'attaquer le 10ème et je sais que les 5 autres, pourtant les plus fun, vont passer à la trappe faute de temps et d'énergie. J'appréhende l'examen médical que je dois subir début septembre. C'est la saison des chatons à donner, et les photos qui fleurissent sur mon mur Facebook me serrent le coeur. Je n'arrive même pas à trouver une bonne série pour me changer les idées: j'ai bien testé "The honourable woman" et "Outlander", mais les deux m'ennuient quoi que pour des raisons très différentes. En fait, mon grand accomplissement de l'été, c'est d'avoir fait un bon choix de matelas neuf: depuis le week-end dernier, nous dormons comme des bébés sur notre Myrbacka. On a les consolations qu'on peut.

mercredi 20 août 2014

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (5)




1. Arthur's, Bruxelles 2. Exki place Stéphanie, Bruxelles 3. L'Aparté, Toulon 4. Palazzo Caffe, Toulon 5, 8 et 11. L'Amour Fou, Bruxelles 6. Mamma Roma parvis de Saint-Gilles, Bruxelles 7. Makisu, Bruxelles 9. Kosmos, Bruxelles 10. Hôtel Berger, Bruxelles 12. Filigranes, Bruxelles 13. Exki rue Neuve, Bruxelles 14. TGV Bruxelles-Toulon 15. Bar de la Place, Monpatelin 16. Le Chantilly, Toulon 17. Le Chamo, Toulon 18. L'Apérô, Toulouse 19. O Thé Divin, Toulouse 20. Ombres Blanches, Toulouse 21. Le Taihon, Bruxelles

mardi 19 août 2014

"Quinze minutes"


Artiste médiocre, Josh Winkler a épousé une femme dont l'activité de pédiatre le met à l'abri des soucis financiers. Il a une fille de 15 ans nommée Penny, qu'il adore, et un frère devenu idiot après qu'il l'ait sauvé de justesse de la noyade lorsqu'ils étaient enfants. Un jour, alors qu'il se promène dans les ruelles de sa petite ville, Josh rencontre une mystérieuse adolescente trempée de la tête aux pieds et vêtue comme au siècle dernier. Il constate alors que sa montre retarde d'un quart d'heure. Plus tard, il revoit l'inconnue. Elle s'appelle Constance, et elle a été projetée là depuis l'année 1908 sans savoir pourquoi ni comment. Josh décide de l'aider à rentrer chez elle. Mais son obsession pour les voyages dans le temps ne tarde pas à mettre sa propre famille en péril... 

J'ai reçu ce roman dans le cadre de la ronde des poches, et j'en ai attaqué la lecture presque immédiatement. Sa quatrième de couverture, qui parle d'un roman haletant comme un thriller, me paraît tout à fait trompeuse: au contraire, le récit est très lent, axé sur la vie intime et familiale du narrateur plutôt que sur la résolution d'une quelconque énigme surnaturelle. D'ailleurs, en le refermant, on n'est toujours pas plus avancé sur la cause des voyages dans le temps selon Charles Dickinson. Pour autant, "Quinze minutes" n'est pas dénué de charme. Il aborde un sujet classique de la science-fiction par un angle assez nouveau - même si les enjeux restent toujours identiques. Malgré sa réticence initiale, Josh se décide à influer sur les événements du passé au risque de chambouler complètement sa propre existence dans le présent. La fin un peu inattendue m'a paru trop rapide et assez frustrante. Dans l'ensemble, je dirais qu'ici, le voyage dans le temps sert juste de prétexte pour raconter la remise en question d'un homme qui s'était un peu laisser porter par la vie jusque là.

lundi 18 août 2014

Des moustaches aux pieds et au cou!




J'ai de plus en plus de mal à jouer les blogueuses mode: poser m'ennuie, et je suis très rarement satisfaite du résultat. Mais samedi soir, pour l'anniversaire d'une amie, j'avais composé une tenue dont j'étais tellement contente que j'ai demandé à Chouchou de me faire quelques photos avant d'aller au restaurant.






Cette petite robe Zara à la couleur pimpante et à la coupe flatteuse est sans doute une des pièces que je préfère dans ma garde-robe. Les collants à gros pois, même si je regrette de devoir les porter en plein mois d'août, sont un autre basique dont je ne me lasse pas, tout comme le petit perfecto. Les chaussures, je les ai dénichées sur internet pendant les dernières soldes d'hiver; elles sont vraiment mignonnes mais peu confortables malgré la hauteur modérée de leur talon.




Quant au collier, acheté pour une poignée d'euros chez Claire's, j'aurais bien fait l'andouille avec mais la longueur de la chaîne ne le permettait pas!




Robe: Zara (old)
Blouson: Mango
Collants: Emilio Cavallini chez Veritas
Chaussures: T.U.K.
Sac: Abaco (old)
Collier: Claire's 
Vernis à ongles: A oui bit of red d'OPI

samedi 16 août 2014

Un week-end ultra-matelassé




Plus de yu zi hua cha, et impossible d'aller en chercher avant le week-end prochain = grosse grosse lose du matin; après "le vendredi férié de merde où tu as dû annuler la visite d'un couple d'amis pas vus depuis 2 ans pour pouvoir bosser à la place", aujourd'hui, "le samedi après-midi où tu dois te traîner chez Ikea pour acheter un nouveau matelas"; il est pas un peu grand, ce minivan, pour un matelas en 140 roulé, 3 verres et 1 tapis de bain?; Chouchou a insidieusement rapté une carotte et un brocoli en peluche au rayon enfants et se balade avec dans le magasin en chantonnant "les légumes sont nos amis, il faut les aimer aussi"; les tapis de bain ne conviennent pas, le modèle de verre dont on a cassé 3 exemplaires sur 6 n'existe plus, et on n'arrive pas à se mettre d'accord sur le matelas qu'on veut: Chouchou aime le Matrand en latex ultra-ferme, mais celui-ci refuse d'accommoder mon majestueux séant quand je suis allongée sur le dos; finalement, ce sera le Myrbacka en mousse ferme mais moelleux sur le dessus; ah, il y a un rayon papeterie, c'est Gasparde qui va être contente; d'ailleurs, je pourrais prendre un joli carnet à illustration rétro pour compléter le jeu de cartes Tim Burton que je compte offrir à Manue; résister à l'envie d'assassiner sauvagement tous les gens qui glandent dans les allées en bloquant le passage avec leur chariot alors que je veux juste SORTIR D'ICI BORDEL; le Myrbacka en mousse ferme mais moelleux sur le dessus n'est pas présenté roulé mais à plat, et il est trop long pour rentrer dans notre minivan Cambio; vous avez déjà essayé de plier en deux un matelas de 20 cm d'épaisseur pour le faire tenir à l'arrière d'un minivan trop petit? je vous le recommande chaudement si vous souhaitez produire un effet sauna dans les vêtements d'automne que vous avez dû enfiler un 16 août pour cause de météo novembresque; après vingt bonnes minutes d'efforts et les malédictions successives de trois autres clients qui espéraient récupérer notre place de parking, nous quittons enfin Ikea; après ça, la montée de nos deux étages par un escalier abrupt et étroit nous semble presque trop facile; miracle: la première tenue que j'essaie pour aller à l'anniversaire de Manue est la bonne; profitons-en pour faire quelques photos avant de rejoindre le Grenier d'Elvire; la reine de la soirée rayonne dans la robe "Titanic" confectionnée de ses blanches mains, ça fait plaisir à voir; tous ces gens en costume qui dînent sous une maquette de l'USS Entreprise accrochée au plafond, c'est assez rigolo; le mojito du resto est juste passable: pour l'instant, celui du Berger reste le meilleur que j'aie goûté sur Bruxelles, suivi de près par celui de l'Amour Fou; en revanche, mes pâtes fourrées à la ricotta et aux cèpes sont très bonnes; rentrée à la maison, tester la tisane de bambou achetée à Paris le mois dernier: ce n'est pas mauvais, et au moins ça ne m'empêchera pas de dormir.




Un homme nu qui vous prépare des oeufs à la coque et des tartines, c'est quand même le meilleur moyen d'entamer un dimanche d'automne; Allemersch ET Vatel sont fermés en août: clairement, ils n'ont aucune considération pour les besoins pâtissiers de leur clientèle; choisir son vin en fonction de l'étiquette comme on choisit un livre en fonction de sa couverture; oh, les jolis dahlias! à 5€ les 10, ce serait dommage de s'en priver; je n'ai pas eu envie d'aller à la piscine mardi quand je pouvais, et je n'en ai pas envie non plus aujourd'hui: je sens que la seconde moitié de mon abonnement annuel à la salle de gym ne va pas me servir beaucoup; ranger les placards de la cuisine en me trémoussant sur "I love rock'n'roll", alors que je suis perchée sur le bord de l'évier en collants de nylon: vraie bonne idée ou catastrophe en devenir?; 4mn au micro-ondes, c'est beaucoup trop pour réchauffer une part de gratin de courgettes; ah zut: les représentations du Cirque Plume à La Villette sont en placement libre, je déteste ça; le nouveau matelas est en place, je suis très curieuse de voir si ça fera une différence dans la qualité de notre sommeil (et l'âge ressenti au réveil!); nettoyons la housse de l'ancien matelas à 60° avant de le donner; tiens, dans mon nouveau cahier de compta, il y a une colonne spécifique pour la CSG déductible, mais comme j'ai fait la première moitié de l'année sans, je ne vais pas commencer à l'utiliser maintenant sinon ça foutra ma récap' annuelle en l'air; Chouchou a réussi à obtenir de ma mère qu'elle lui fasse suivre un colis à Bruxelles alors que moi, je n'y suis jamais arrivée: clairement, être capable de réparer un ordinateur possède tout un tas d'avantages secondaires; damned, les collants LiliGambettes turquoise ne me vont pas du tout; "attention en arrivant chez nous, il y a une demi-crotte de chien devant l'entrée, et l'autre moitié sur le paillasson intérieur"; La Coquette était une bonne pioche, et les burgers végétariens betterave-feta de Mareike enchantent nos estomacs; "les histoires d'amour, ça me fait cauchemarder pendant des jours", avoue Luvan; ...comment ça, demain il faut se lever tôt pour bosser?


AVIS AUX BRUXELLOIS(ES): Nous donnons notre ancien matelas. Acheté chez Ikea il y a 5 ans (il est garanti 25 ans). Modèle Sultan Engenes, mi-ferme, en 140 x 200 x 18. A venir chercher à Ixelles. Si vous-même ou quelqu'un de votre entourage êtes intéressés, contactez-moi par mail avant la fin de la semaine. 

Pourquoi je n'ai pas d'amis proches




L'autre jour, j'ai mentionné incidemment dans un billet que je n'avais pas d'amis proches par choix, ce qui a paru étonner voire choquer certaines d'entre vous. Considérez ceci comme une réponse générale aux questions qui m'ont été posées dans les commentaires. 

Des amis, j'en ai plein. Parfois, je pense même que j'en ai trop, des gens chouettes auxquels je tiens et dont le bien-être m'importe, des gens avec lesquels je suis toujours contente de passer un moment si l'occasion se présente, des gens à qui je vais envoyer une petite carte ou un paquet remonte-moral quand ils traversent une période difficile. Mais si je ne les vois pas pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, je me passe très bien d'eux. Pourvu que j'aie des nouvelles - généralement par Facebook qui est fort pratique pour ça -, je ne ressens aucun manque. Leur présence physique m'est agréable mais pas nécessaire. Si nos chemins se croisent de nouveau, tant mieux; sinon, je n'en concevrai pas de tristesse particulière. 

Ce que j'appelle un ami proche, c'est un confident, quelqu'un qu'on voit souvent s'il habite dans les parages, quelqu'un qu'on appelle immédiatement si on reçoit une très bonne ou une très mauvaise nouvelle, quelqu'un avec qui on a envie de partager ses plus grandes joies et sur qui on s'appuie en cas de pépin - et à qui on est bien entendu prêt à rendre la pareille. Or, ça, c'est pas mon truc. Si j'estime être assez fiable tant qu'il s'agit d'apporter une aide concrète à un ami en difficulté, je suis parfaitement incapable de ce genre de proximité affective que je considère comme de la dépendance. Vous me direz qu'on est toujours affectivement dépendant d'un certain nombre de personnes, ce qui est tout à fait exact. Mais pour ma part, je tente de réduire le nombre en question au maximum. 

Je ne suis pas hyper sociable. La présence physique de tierces personnes, même très appréciées, vide mes batteries. N'ayant que des réserves d'énergie et d'attention limitées à consacrer à autrui, je préfère me concentrer sur mon compagnon et ma famille nucléaire. Et si quelqu'un au sein de ce cercle de proches vient à me faire défaut, je suis très triste de l'avoir perdu, lui, mais je n'éprouve pas le besoin de le "remplacer". 

L'autre frein à mes yeux, c'est qu'une relation intime suppose d'être capable de se montrer sans fard devant l'autre - d'avouer ses faiblesses, notamment. Et ça? Je ne peux pas. Je n'arrive déjà que très, très rarement à le faire avec mon compagnon et ma famille nucléaire. Il faudrait qu'on me torture pour que je dise à ma soeur combien elle me manque. Ma position officielle, c'est "Je ne vais pas chercher à avoir une relation avec quelqu'un que ça n'intéresse pas d'avoir une relation avec moi". Même quand j'en crève à l'intérieur, je ne bouge pas de là - ce qui m'a permis de partir très dignement quand mon ex m'a annoncé qu'il ne m'aimait plus. Avec mes amis, je peux parler de mes problèmes, mais jamais sur un registre affectif: c'est-à-dire que je mène généralement la conversation sur le ton de l'auto-dérision sans manifester à quel point les choses me touchent (même s'ils doivent s'en douter, car je fréquente peu d'imbéciles). Les débordements émotionnels chez les autres me mettent atrocement mal à l'aise; pas question que je leur inflige ça de mon côté.

Comme 16 millions d'autres internautes, j'ai vu la conférence TED de Brené Brown sur le pouvoir de la vulnérabilité. Et je n'ai pas été convaincue. Parler à coeur ouvert, mettre ses tripes sur la table, pour moi, c'est un truc de hippies. Je ne suis pas particulièrement secrète (Dieu sait que j'étale ma vie privée dans les grandes largeurs sur ce blog), mais j'ai besoin de mettre de la distance entre mes émotions négatives et moi pour rester debout. Raconter mes angoisses par écrit et de façon presque clinique, c'est une chose. Les montrer vraiment à quelqu'un d'autre que mon compagnon - et encore, même là, je me retiens chaque fois que je peux -, c'est hors de question. Mes faiblesses, c'est le bout de moi que je ne suis pas prête à partager. 

Je pourrais invoquer des tas de raisons à ça, des raisons liées à mon enfance et à mon histoire personnelle, mais peu importe. Je pense qu'arrivé vers la quarantaine, n'importe qui traîne des casseroles relationnelles, et tout le monde ne choisit pas de se barricader ainsi pour autant. C'est une réaction qui m'est propre, et que je ne parviens pas à considérer comme un défaut. Montrer mes émotions et mes faiblesses, me laisser affecter par celles des autres, ce serait devenir poreuse au monde, et le monde n'est pas un endroit sûr. Je préfère rester contenue en moi-même. 

vendredi 15 août 2014

La Promenade





A Noël dernier, Nekkonezumi m'avait parlé d'un resto gastronomique que d'anciens collègues à elle avaient ouvert "pas loin de chez ma mère", louant la finesse de la cuisine et les tout petits prix pratiqués le midi. La semaine dernière, elle m'en a reparlé, et comme je cherchais un endroit où inviter ma mère à déjeuner, je me suis dit que c'était l'occasion de tester...






Dans une bâtisse en brique rose typique de la région toulousaine, nous sommes accueillis par Sébastien et servis par Laurence tandis que le chef Nicolas Thomas s'affaire en cuisine. La formule lunch coûte 19€ pour une entrée et un plat ou un plat et un dessert, et 24€ pour entrée + plat + dessert. On commence par deux mignardises salées: cette semaine, une chocolatine à la tapenade et une mousse aux cèpes sur un biscuit légèrement sucré. Le ravissement est immédiat. 




La mise en bouche est une émulsion à base de champignons, légère et délicieuse, servie dans d'épais bols transparents. Vient ensuite, ce jour-là, une entrée à base de pommes de terre et de haddock agrémentée de petites fleurs comestibles dont j'ai oublié le nom (je n'ai pas noté au fur et à mesure, c'était un tort, mais la description de chaque service était kilométrique tant les préparations sont fines et travaillées). 




Le plat principal, qui change en fonction des produits disponibles sur le marché local, était une pièce de volaille fermière accompagnée d'une divine croquette de risotto, d'une crème de tomates légèrement sucrée, d'une purée d'aubergines et d'olives noires hachées. Je précise que dans la formule lunch, entrée, plat et dessert sont uniques et imposés, mais que le chef sait se montrer accommodant si un des convives a une allergie ou tout simplement ne supporte pas certains aliments.




Exemple pour le dessert: normalement, celui-ci est à base de fruits rouges, de biscuit sablé et de panna cotta, mais comme ni ma mère ni moi ne raffolons cette dernière, on nous la remplace par une divine crème d'abricot. 




Nous sommes si contents de notre déjeuner que ma mère décide de revenir le surlendemain - un dimanche - avec toute la famille, dont ma soeur et Attila qui sont hyper difficiles. Le week-end, pas de formule lunch, mais des menus à 4, 5 ou 8 services, avec entrée et dessert imposés et choix, pour le plat, entre une viande et un poisson. En principe, les convives ignorent ce qu'ils vont recevoir dans leur assiette avant l'arrivée de celle-ci (mais si on a très peur, il y a quand même moyen d'extorquer des renseignements à Sébastien et Laurence). 




Après les mêmes mignardises salées que la fois précédente, nous avons droit en entrée à une crème de maïs froide accompagnée d'une crème d'avocat et de miettes de tacos. Miam. 




En entrée, des "rouleaux de printemps" au tourteau et aux agrumes qui frisent le sublime. Ca ne m'empêche pas de jeter un coup d'oeil envieux sur l'assiette de ma soeur qui, détestant toute nourriture d'origine aquatique, a reçu un oeuf mollet sur un nid de nouilles de patates douces avec un accompagnement à base de shiitake. 




Je n'ai pas écouté le nom de la pièce de viande qui nous a été servie en plat principal. J'aurais pour ma part préféré du poisson, mais le choix Terre ou Mer est censé valoir pour toute la table: un peu embêtant quand on est nombreux et qu'on n'a pas forcément tous envie de la même chose, mais soit. La pièce de viande inconnue - un morceau de boeuf, m'a-t-il semblé - était de toute façon délicieuse, accompagnée d'une purée d'aubergines et d'une purée de pommes de terre fumées au bois de hêtre (servie dans un petit pot à part dont non visible sur la photo). 




Après ça, il y a eu encore un pré-dessert (une mousse de quelque chose), puis un macaron à la panna cotta et aux fruits rouges. Je ne suis pas très fan de macarons en principe, mais celui-là était absolument parfait, doté d'une consistance idéale et pas du tout écoeurant. 




Pour finir, la moitié seulement de notre table a commandé des cafés, mais tout le monde a eu droit à deux petites mignardises sucrées - une attention délicate qui a été fort appréciée. Fondant au chocolat au thé à la menthe et euh... un truc à la pomme et à la cannelle que j'ai lâchement refilé à Chouchou. Prix total de ce menu 4 services, hors boissons: 38€. Le chef Nicolas Thomas vise une étoile au Michelin, et honnêtement? Il la mérite. A votre place, je filerais tester "La promenade" avant qu'il la reçoive et que les prix grimpent en flèche! 

2 promenade Jean Jaurès
31590 VERFEIL
Réservation recommandée

jeudi 14 août 2014

Ronde des poches #2: les livres que j'ai envoyé et reçus




A Malena qui aime "les romans sur une base historique et les histoires d'amour", j'ai envoyé  la VO de "Les vies parallèles de Greta Wells".

De Frédérique, qui s'est montrée très généreuse, j'ai reçu (outre une bien jolie carte et une flopée de marque-pages) "Le marin américain", un roman danois tournant autour d'un secret de famille, et "Quinze minutes", une histoire de voyage dans le temps qui vient de prendre la première place dans ma PAL tellement la quatrième de couverture m'a alléchée. Je ne connaissais aucun de ces deux livres, merci infiniment!

J'en profite pour rappeler aux autres participantes qu'elles doivent me communiquer le nom du livre envoyé par leur swapeuse lorsqu'elles l'auront reçu, afin que j'établisse un récapitulatif à publier en septembre, une fois le swap bouclé.