mercredi 31 décembre 2014

December victory log




Administratif:
- Compta pro de novembre
- Augmentation de garantie auprès de ma mutuelle

Blog:
- 4 articles en petite Une de HelloCoton
- Intégration d'une barre de recherche

Boulot: 
- Suite et fin de "Touch" (environ 575 000 signes)

Culture:
- 14 livres lus (3 romans, 8 bédés, 2 beaux livres, 1 mémoire en audiobook)
- 5 films vus à la maison: "The hundred-foot journey", "If I stay", "Gremlins 2", "The Boxtrolls", "Last holiday"
- Visite du Centro Portugues de Fotografia et du Museo Nacional da Imprensa à Porto

Geocaching:
- 7 caches trouvées durant notre séjour à Porto

Sport:
- 1 séance d'exercice à la maison
- 2 cours de yoga

Divers:
- Festival Ice Magic à Bruges
- Testé le Quarantine Live Escape Game (article à venir)

Défi du mois: décaler mon heure de réveil
Je n'ai pas eu trop de difficulté à reculer mon lever, dans un premier temps à 8h, puis à 7h45, et mon mois de décembre n'en a effectivement été que plus productif et moins déprimant: en général, je finissais de travailler avant la tombée de la nuit. Bien entendu, avec les vacances, j'ai oublié le réveil et souvent traîné au lit avec Chouchou le matin, mais les règles sont faites pour être jetées aux orties une fois de temps en temps. Entre l'enthousiasme qui est toujours le mien début janvier et les jours qui ont commencé à rallonger, je ne doute pas de réussir à me rediscipliner au retour de Porto. 

mardi 30 décembre 2014

Lectures 4ème trimestre 2014


ROMANS
- "L'héritière" (Jeanne-A. Debats) 
- "22/11/63" (Stephen King) 
- "Miss Charity" (Marie-Aude Murail) 
- "Raising steam" (Terry Pratchett) - en cours de lecture
- "Mai en automne" (Chantal Creusot)
- "Je ferai de toi un homme heureux" (Anne B. Ragde) 
- Le club de la pluie au pensionnat des mystères (Malika Ferdjoukh) 
- "Les 7 roses de Tokyo" (Hisashi Inoue) - en cours de lecture
- "The bone clocks" (David Mitchell) 
- "The Unnaturalists" (Tiffany Trent) 
- "Le complexe d'Eden Bellwether" (Benjamin Wood) 
- "Un oiseau blanc dans le blizzard" (Laura Kasischke) 
- "Le bois du rossignol" (Stella Gibbons) 
- "We are all completely beside ourselves" (Karen Joy Fowler) - en cours de lecture
- "The secret of lost things" (Sheridan Hay)

BEDES & MANGA
- "Kokekokkô", collectif 
- "La passion de Dodin-Bouffant" (Matthieu Burniat) 
- "Le château des étoiles: 1869 - la conquête de l'espace T1" (Alex Alice) 
- "Petite voleuse" (Michael Cho) 
- "Les vieux fourneaux T2: Bonny and Pierrot" (Lupano/Cauuet) 
- "A vos papilles! T1" (Young-bin Kim/Dong-kee Hong) 
- "Le roi des scarabées" (Anne-Caroline Pandolfo/Terkel Risbjerg) 
- "Les carnets de Cerise T3: Le dernier des cinq trésors" (Joris Chamblain/Aurélie Neyret) 
- "What did you eat yesterday? T5" (Fumi Yoshinaga) 
- "Le voyage improbable T1" (Turf) 
- "Notes 9: Peu d'or et moult gueule" (Boulet) 
- "Merci" (Zidrou/Monin) 
- "Porcelaine" (Benjamin Read/Chris Wildgoose) 
- "Erased" T1 à 3 (Kei Sanbe) 
- "Coffee time" (Tetsuya Toyoda) 
- "Un amour de bentô T1" (Nao Kodaka/Shiori) 

DIVERS
- "The story of Mademoiselle Oiseau" (Andrea de la Barre de Nanteuil/Lovisa Burfitt) 
- "L'effroyable encyclopédie des revenants" (Pierre Dubois/Elian Black'mor/Carine-M) - en cours de lecture
- "The art of asking" (Amanda Palmer; en audio book) 

lundi 29 décembre 2014

2014 dans le rétro


Ce billet traditionnel ne présentera sans doute aucun intérêt pour les gens qui me suivent depuis longtemps. J'ai failli le laisser en brouillon, puis je me suis dit que ça ferait un petit récapitulatif pour les nouveaux lecteurs! 




Janvier: C'est assez bizarre d'avoir Chouchou à la maison dans la journée. La visite annuelle chez la gynéco se passe bien mieux que la fois précédente. Fin du plaid en laine de mouton pour lequel j'ai eu tant de mal à me procurer le bon nombre de pelotes. Ravie par ma nouvelle table basse, mais inquiète à cause de l'affaissement de ma mezzanine. "The first fifteen lives of Harry August": je ne m'étais pas autant pris la tête sur une traduction depuis les Chroniques de Covenant. 83€ pour une couleur sans coupe ni brushing, ça ne va plus être possible - adieu Wakko. 

Février: Ma cohérence cardiaque est excellente. Je déteste devoir me taire pour éviter de déclencher une nouvelle apocalypse nucléaire. Ma mère sauve sa voisine en pleine tentative de suicide. Je parraine un hippopotame nain sur le site du Cerza. Après tant d'années, je rencontre enfin Lola Lafon et peux lui dire combien son premier roman a compté pour moi. 

Mars: Le père de David décède dans son sommeil. Dès le 9, on frôle les 20° à Bruxelles. Beaucoup de tension entre Chouchou et moi: il ne bosse pas mais est toujours occupé ailleurs, et par manque de sous ou de temps, on ne fait plus rien ensemble. Un peu déçue par le Veronica Mars Movie au Kickstarter duquel j'avais participé. Début du projet Instagram #100happydays. Je m'offre deux jours seule à Aix-en-Provence pour mon anniversaire et passe un excellent moment. Gravement malade, mon dentiste (chez qui j'allais depuis 15 ans) cesse son activité. Manuel Valls devient Premier Ministre, et le gouvernement ne fait même plus semblant d'être à gauche. 

Avril: Je chiale comme une madeleine à la fin de "Dead like me", mais suis indignée par celle d'"How I met your mother". La Grande Une de HelloCoton avec un article sur les défaillances de mon végétarisme me vaut une vague de trollage. Je suis invitée chez un des créateurs de Sushi Shop pour découvrir la box Joël Robuchon. La détox qui avait si bien marché l'an dernier m'épuise cette fois, et je renonce avant la fin. Chouchou est embauché pour une mission de 3 mois à la banque Tût. Le resto japonais où nous fêtons son anniversaire sert des portions tellement minuscules que nous finissions place Flagey devant un cornet de frites. Les soirées sont gaies avec Tiny Thief. 

Mai: Une jolie journée à Maastricht. La redirection de mon courrier depuis Hotmail vers Gmail est un énorme merdier. Un passage émouvant au Mourillon, où je n'étais pas revenue depuis la mort de ma grand-mère. La décision de passer les cotisations RAAP à 8% obligatoires en 2016 provoque un tollé chez les auteurs. Bloqué par le travail, Chouchou ne peut pas venir aux Imaginales avec moi. L'opération de Mikaël a réussi, quel soulagement! Au pot traditionnel organisé par Brage, je sympathise avec Sophie Dabat et discute avec Christopher Priest et Pierre Dubois: mode fangirl ON. Pas beaucoup avancé sur mes projets personnels en ce mois sabbatique. 

Juin: Mon éditrice du Fleuve Noir s'en va, et je n'ose pas lui demander pourquoi - mais ça fait 2 qui lâchent l'affaire en l'espace de 6 mois. Après des mois de recherche, je réalise que non, il n'est pas avantageux pour moi de changer de régime d'imposition. Comme mon père, j'ai de la surtension oculaire, mais dans les deux yeux; je m'imagine déjà aveugle et mes angoisses reviennent à la charge en force. Chouette stage de reliure avec Corinne Clarysse de Broleskine. Ma mère fait un ictus amnésique. 

Juillet: Un week-end à Paris dans un appartement airbnb rétro, très joli mais dont le lit me défonce le dos. Conquise par l'escape game Hint Hunt même si Chouchou, Fraise et moi échouons à quelques secondes près. Découverte du bar de l'hôtel Le Berger, qui va devenir mon nouveau QG bruxellois. Le yoga en plein air, c'est merveilleux. Mes droits d'auteur excédentaires ont été divisés par 4 en deux ans, glups. 

Août: Comment se fait-il que je découvre à peine maintenant l'existence d'Ombres Blanches, cette sublime librairie toulousaine? En 10 jours de vacances, j'aurai réussi à passer une seule après-midi avec ma famille au complet; je rentre chez moi totalement déprimée. La météo bruxelloise atroce n'arrange rien, et le suicide de Robin Williams me fiche un coup au coeur. Je fais un essai de traduction d'un roman YA dans des conditions détestables; bien entendu, il n'est pas retenu. Le nouveau matelas était un excellent investissement: fini les réveils avec le dos en compote! C'est la dernière fois que je mettais les pieds chez Filigranes, où les clients sont de plus en plus mal traités. 

Septembre: Je croise par hasard l'ami menuisier qui avait fait ma bibliothèque sur mesure autrefois et lui demande un devis pour l'escalier de ma mezzanine. Une discussion dans la salle d'attente de l'ophtalmo avec l'ancien concierge de l'immeuble de mes parents me fait beaucoup de bien. Le prix des lunettes à verres progressifs dont j'aurais besoin me refroidit direct. Notre deuxième séjour à Copenhague confirme notre amour pour la capitale danoise; moments mémorables: la fish pedicure, la visite du musée de la ville et de son merveilleux salon de thé, le tour de chaises volantes la nuit au Tivoli, le brunch fabuleux chez BioM. Parce que l'éditrice m'a prévenue trop tard, la nouvelle série de SS me passe sous le nez.

Octobre: Challenge minimaliste sur le blog. La remplaçante de mon ancien dentiste est super et juge mon râtelier en très bon état. Dès ma deuxième visite, je baptise La fabbrica di Marco "ma nouvelle cantine toulonnaise". Ma tension oculaire a baissé depuis le début de l'été, quel soulagement! Retrouvailles avec Fleur - on ne s'était pas vues depuis 8 ans et on passe un excellent moment, même si on évoque beaucoup de choses tristes. Retrouvailles tout aussi réussies avec Autre Moi, Choco et Junior lors d'un week-end à Paris où nous testons avec succès la seconde salle de Hint Hunt. Enfin reçu ma confirmation d'adhésion à la Sofia: désormais, plus besoin de passer par les éditeurs pour toucher les droits issus du prêt en bibliothèque. Mémorable concert d'Etienne Daho, au terme duquel je rencontre Rock'n'Laurette. 

Novembre: L'été indien s'attarde encore le premier week-end du mois. Je décide d'arrêter les swaps sur le blog (mais de lancer une ronde de cartes d'anniversaire à côté). Je suis super excitée d'attaquer la traduction du nouveau roman de Claire North, même si les difficultés commencent dès la première phrase. Une rencontre fortuite avec M&M au bar de l'hôtel Berger où j'étais allée boire un verre avec Gasparde et Mlle Mars se change en très joyeuse happy hour. Le week-end à Londres est pluvieux, glacé et plein de ratés, avec tout de même un bel afternoon tea au Milestone Hotel, une promenade sympa dans Spitalfieds et l'excellente expo "Disobedient objects". Grosses inondations à Toulon pendant mon séjour; sans Titou, je n'aurais même pas réussi à arriver chez moi. "...Harry August" est nominé pour le prix Uchronuie d'ActuSF (ce n'est pas lui qui gagnera), et le tome 3 des Légendes de la Garde figure dans la Sélection Jeunesse du Festival d'Angoulême. 

Décembre: Le festival Ice Magic de Bruges est beaucoup moins bien qu'il y a deux ans; une géocache planquée dans les sacoches d'un vélo nous donne du fil à retordre. J'écoute l'audiobook d'Amanda Palmer, qui tombe à pic pour nourrir certains de mes questionnements personnels. Coup sur coup, BL m'annonce qu'elle vient d'intégrer une nouvelle maison d'édition, et je croise AFH en ville - j'aimerais tellement retravailler avec elles! Brunch au God Save the Cream, mini-shopping, test du Quarantine Live Escape Game et débriefing autour d'un cocktail avec les Gasparde: une chouette journée de décembre comme on aimerait en vivre plus souvent. Réveillon en amoureux avec des plats Picard, des gremlins et des boxtrolls, et le dernier dimanche du mois, envol pour Porto où nous espérons changer d'année sous le soleil.

2014 a commencé par six mois un peu mornes: le changement de statut de Chouchou nous incitait à la prudence financière, donc à éviter les sorties et à repousser les projets de voyage; il a également engendré pas mal de tensions au sein de notre couple jusqu'à ce que Chouchou commence à bosser vraiment et trouve son rythme de croisière. Puis Bruxelles a connu un été bien pourri au niveau météo, que l'éloignement grandissant avec ma famille a rendu encore plus déprimant pour moi. Heureusement, le dernier tiers de l'année, bourré de déplacements et de chouettes moments en couple ou entre amis, a pas mal relevé la moyenne générale. Au final, 2014 aura été une année de transition assez éprouvante, mais dont j'espère qu'elle aura ouvert la porte à de grandes choses!

dimanche 28 décembre 2014

La revue de presse du week-end #2




[ACTUALITE] L'année 2014 a été meilleure que vous ne le pensez. (En anglais)

[CULTURE] "Good omens" ("De bons présages"), le mythique roman écrit à quatre mains par Neil Gaiman et Terry Pratchett, enfin adapté en mini-série radio téléchargeable ici(En anglais)

[HUMOUR] Amis procrastinateurs, voilà comment on écrit un article scientifique - ou n'importe quel texte dû le lendemain. (En anglais)

samedi 27 décembre 2014

Il ne manquait plus qu'elle




Après une excellente soirée "produits du terroir" entre amis, la nuit avait été un peu agitée: d'abord le téléphone de Chouchou avait double-bipé à 2h46 alors que mon estomac venait juste de consentir à ce que je m'endorme, puis Chouchou lui-même s'était mis à ronfler, m'obligeant à dégainer les boules Quiès. Mais nous nous étions levés tout heureux à la pensée de ce départ tant attendu pour Porto, son ciel sans nuages et ses 12° prévisionnels pendant la semaine à venir. Passer le Nouvel An au Portugal, quelle merveilleuse idée! 

Il nous restait une journée pour faire le ménage à fond, histoire de rentrer vendredi dans un appartement nickel et d'attaquer janvier du bon pied. Alors, après un petit-déjeuner de thé et de panettone, nous nous étions mis à l'oeuvre, épongeant la mare d'eau glacée vomie par le congélateur qui n'avait pas été dégivré depuis deux ans au moins, passant plumeau, aspirateur et balai lavant dans toutes les pièces, cuisinant autant de produits frais que possible, examinant le contenu du frigo et jetant les pots de sauce impossible à identifier mais périmée depuis le mois d'avril, multipliant les aller-retour à la cave avec des poubelles pleines. 

Bien qu'on soit samedi, l'avenue était très calme. Nous n'attendions ni courrier ni coups de fil; nous nous contentions de nous affairer dans un silence joyeux à ce que nous considérons d'ordinaire comme des corvées mais qui, exceptionnellement, ne nous pesait pas tant que ça. Je repensais au kagami biraki que j'avais passé au dojo de Tamura Sensei, et à l'occasion duquel tous les élèves (dont moi) avaient intégralement briqué l'immense bâtisse perdue dans la campagne - un des rares bons souvenirs que je conserve de mes années d'aikido. Chouchou, lui, pensait... probablement à des trucs de Chouchou qu'il est le seul à pouvoir comprendre (et encore, ce n'est pas sûr)

Sur le feu, un risotto aux asperges absorbait lentement la dernière louche de bouillon, et je sirotais le reste du Riesling quand Chouchou a lancé: "Ah, ça y est ici aussi." J'ai tourné la tête vers la fenêtre. Les flocons blancs dont nos amis suisses postaient des Instagram depuis le matin étaient arrivés à Bruxelles. "Ca ne va pas tenir", a prédit Chouchou. 

Il se trompait. La neige a continué à tomber tout l'après-midi pendant que je faisais la valise en musique et me récompensais de mes efforts avec un délicieux chocolat chaud, ainsi que quelques chapitres de "The secret of lost things"; elle a continué à tomber pendant que, blottis sur le canapé, nous regardions l'épisode de Noël de "Downton Abbey" en prenant des paris (si les Bates se reproduisent, combien de temps avant que le bébé ne finisse en prison?). A l'heure où j'écris ce billet, elle semble hésiter à se changer en pluie. L'épais manteau d'ouate immaculée sur toute la ville, ce ne sera pas pour cette fois. Mais un de mes deux voeux secrets aura été exaucé: j'aurai eu de la neige pour Noël. 

vendredi 26 décembre 2014

Tarte salée aux topinambours




Je n'avais jamais mangé de topinambours jusqu'à ce que Chouchou commence à en acheter pour confectionner des burgers de tofu. Comme il est rare de les trouver au détail - en général, ils sont vendus en barquette ou en sachet de 1 kilo -, je me suis mise à chercher ce que je pourrais bien faire d'autre de ce légume blanc, dur et pas très goûtu (un cousin du navet?), donc assez peu inspirant à la base. Comme d'habitude, j'ai fini sur Marmiton; comme d'habitude, j'ai légèrement remanié la recette que j'y ai trouvée pour l'adapter à mes préférences et au contenu de mes placards. 

Ingrédients:
- 1 pâte brisée tout prête (sauf si vous avez le courage de la préparer vous-même!)
- 4 beaux topinambours
- 1 pomme acidulée (type Pink Lady)
- 1 fromage de chèvre frais
- 2 oeufs
- 3 grosses cuillères à soupe de fromage blanc ou de yaourt entier
- Sel, poivre

Epluchez les topinambours et la pomme; coupez-les en gros dés et faites-les cuire une dizaine de minutes dans de l'eau bouillante. Egouttez. Versez sur la pâte brisée. 
Dans un saladier, mélangez au fouet les oeufs, le fromages blanc et le chèvre frais émietté. Versez par-dessus les topinambours et la pomme. Salez, poivrez.
Faire cuire 35 mn dans un four préchauffé à 200°. 

jeudi 25 décembre 2014

Le jeudi de Noël où on reste peinard à la maison


Introducing: Pitichompignon

Exceptionnellement, je me donne la permission de traîner au lit jusqu'à 10h30 en délirant avec Chouchou sur les macaques rhésus et la nomenclature des groupes sanguins (nous avons au lit, le soir comme le matin, des conversations parfaitement absurdes et hilarantes). Les chaussettes à orteils Totoro que j'avais détestées la première fois que je les avais portées me semblent très confortables lors la deuxième tentative. Obtenir une photo potable avec un retardateur, c'est moins facile que ça n'en a l'air, et que dire des manips avec l'application A Beautiful Mess? Mon iPad frôle le défenestrage. Je ne félicite pas Rad qui refuse de me laisser créer un compte client pour commander ce monument de fatalisme désinvolte. "Chouchou, tu veux une coupe de champagne en apéro?" "Ouhlà, surtout pas." Bon, ben ça en fera plus pour moi. Dans cette maison, il y a deux camps en matière de potée: la team "moutarde bio au vinaigre de cidre" et la team "sauce Bulldog". Pour Noël, mes neveux ont eu un baby-hockey, un but de hockey grandeur nature, et ils partent en stage de hockey dimanche. Au moins, ils ont de la suite dans les idées. Le truc qu'il ne fallait surtout pas faire: dérouler les pièces du George-Arthur en faux origami sur une table mouillée. Les Shalbuline vont à Toulouse pile le Noël où on n'y est pas; je pense qu'ils nous évitent. Chouchou s'acharne à télécharger une application dont son appareil photo ne veut pas, dessine des monstres pleins de tentacules et vole mon lait dans le placard. 17h, ça me paraît le moment idéal pour prendre une douche et étrenner mon D'Fluff. En dressant une liste de mes thés afin de l'envoyer à Shermane (avec qui nous projetons un échange), je me rends compte que je n'ai plus que quatre variétés de vert nature. Velouté de cresson devant "Last holiday": désolée, mais même en lui collant mentalement une barbe et un sabre laser, je ne reconnais absolument pas Alec Guinness. Maintenant, la grande question est de savoir si j'entame la relecture de "Touch" demain, pour me sortir le début des pattes, ou si je laisse reposer jusqu'à notre retour de Porto...

Le mercredi du réveillon de Noël tout tranquille en amoureux




Bien contente d'avoir terminé le premier jet de ma traduction hier et de pouvoir aller me promener aujourd'hui, même si faire des courses en centre-ville un 24 décembre n'est pas forcément l'idée du siècle. A l'arrêt de bus, j'échange un sourire sans paroles avec une fille aussi frigorifiée que moi - mais j'ai de la chance aujourd'hui, le 95 arrive en moins de deux minutes. Impossible de trouver le tome 3 de "Tokyo River's Edge" - j'imagine que Chouchou s'est trompé et qu'il n'est pas encore paru. A la place, je vais lui prendre le tome 1 de "Coq de combat", des mêmes auteurs. Résister à la tentation d'acheter une troisième licorne Tokidoki en aveugle chez Brüsel. Il n'y a pas de queue au stand de crêpes géantes, hourra! 8 ans que je viens/vis à Bruxelles, 8 ans que le même monsieur à barbe blanche est toujours assis à faire la manche devant chez Sasha. Je voudrais lui demander s'il a quelque part où aller ce soir, mais je n'ose pas. En apnée, je pénètre dans la boutique Lush pour m'acheter un pot de D'Fluff - comment ai-je pu ignorer si longtemps l'existence de savons spécial rasage? Le rayon papeterie d'Hema, cette tentation perpétuelle qui ne grève même pas le porte-monnaie. Des barrières de sécurité bordent toute la rue Neuve; il faut faire la queue pour entrer chez H&M et Primark, deux des marques les plus réputées pour faire produire leurs fringues dans des conditions abominables. Les magazines de DIY anglais coûtent désormais 9,50€ chez Waterstone, c'est n'importe quoi; pour quelques euros de plus, je vais plutôt m'offrir un roman qui parle de romans. Qui aurait cru qu'un jour, le collant rouge serait un indispensable de ma garde-robe? Chez Nature & Découverte, hésiter entre la bougie "Après la pluie" et la "Fleur d'oranger", pour finalement choisir la seconde. Rentrer à 15h avec le sentiment de ne pas m'en être si mal sortie, et préparer une tarte pommes/confiture d'abricots pour le petit-déjeuner de demain en attendant le retour de Chouchou. Quand soudain, l'ampoule de l'hallogène éclate - juste après la fermeture des magasins, et alors que nous n'avons pas de rechange sous la main. Un réveillon à la bougie? Non, car Chouchou trouve un substitut acceptable à la cave. Accessoirement, il trouve mon super champagne Art Déco "un peu sec" - la prochaine fois, je lui achète du Champomy. Les feuilletés de l'apéro sont légèreent brûlés sur le dessous, les magrets un poil trop cuits et les soufflés aux asperges un poil pas assez, mais on s'en fout, on est au chaud et on s'aime. 24 ans après, "Gremlins 2" reste aussi jouissif que dans mon souvenir, et Chouchou imite très bien le chant de Gizmo. Quant à "The Boxtrolls", il est vraiment très beau - y'a pas à tortiller, autant je déteste l'animation en 3D "classique", autant je kiffe le stop motion. Par contre, le dessert, ce sera sans moi: visiblement, 5h ne me suffisent plus pour assimiler 2 verres d'alcool, un apéro, une entrée et un plat principal. Chouchou a très bien calculé la programmation du thermostat: cette nuit, je vais réussir à dormir en petite tenue.

mercredi 24 décembre 2014

❅❆❄︎




(...Et si, comme moi, vous vous fichez complètement de Noël et ne faites rien de spécial à cette occasion, je vous souhaite une fin d'année sereine qui vous permettra d'attaquer 2015 reposés et pleins d'enthousiasme.)

mardi 23 décembre 2014

Swap papeterie: les colis que j'ai envoyé et reçu


Je sais, ce swap est officiellement terminé depuis le 31 octobre, mais mieux vaut tard que jamais! Sandrine, ma binôme, vit au Japon mais venait en France pour les fêtes; nous avons donc d'un commun accord décidé d'attendre décembre pour échanger nos paquets, histoire de ne pas en avoir pour aussi cher de frais de port que de contenu. Voici ce qu'elle a découvert hier (pour une fois, j'avais pensé à faire des photos avant de fermer le carton!): 




- En haut, une série de cahiers et de carnets, sans spirale, mais avec du papier ligné épais et bien glissant comme Sandrine l'aime (les deux premiers viennent de chez Hema, le suivant de La Marelle, les deux derniers de chez Dille & Kamille).
- Au milieu, un set de cartes de correspondance, plusieurs tablettes de chocolat Dolfin aromatisé, une jolie carte (trouvée chez Bird on the Wire à Paris).
- En bas, une valise et des étoiles autocollantes; des mini Post-It "bulles" et chat; un set de marque-page autocollants et un autre de marque-page magnétiques, un rouleau d'adhésif tissu avec de petits robots dessus. 




Le même jour, j'ai reçu le paquet de Sandrine, qui contenait à peu près un milliard de choses: des pochettes de rangement et une trousse ornées de motifs typiques d'Okinawa, un cahier à reliure cousue, des trombones en forme de pétales de cerisier, du papier à origami, plein de petits autocollants mignons (des George-Arthur! des Totoro!), trois rouleaux de scotch fantaisie, un magnet en forme de tortue contenant du sable d'Okinawa, trois petits pots de confiture, trois tablettes de KitKat au thé vert, à la fleur de cerisier et aux haricots rouges, deux ravissantes boîtes de thé, et je dois en oublier. Le soir même, j'avais déjà mangé un des KitKat, goûté le thé vert, collé des hippos dans mon agenda à la page du jour et ajouté le magnet au pêle-mêle derrière notre porte d'entrée. Merci beaucoup à Sandrine pour ce colis si exotique! Ce dernier swap aura été un vrai plaisir.






Afin que l'on puisse découvrir les autres paquets échangés à l'occasion de ce dernier swap, j'invite les participantes qui ont un blog à poster dans les commentaires un lien vers leur compte-rendu (si elles en ont publié un, évidemment, ce qui n'était pas une obligation).

dimanche 21 décembre 2014

La revue de presse du week-end #1




[ACTUALITE] George Clooney explique pourquoi les réactions au piratage de Sony ne sont pas anodines. (En anglais) 

[ACTUALITE] La belle réaction des Australiens après la prise d'otages de Sydney. (En anglais)

[LECTURE] Si vous cherchez de nouveaux manga à vous mettre sous la dent, quelques excellentes recommandations du Monde, auxquelles je dois d'avoir découvert "Erased" (j'avoue être également tentée par "Coffee time").

[LOISIRS] Il n'y a pas que moi qui raffole des escape games: ils fleurissent un peu partout à Paris en ce moment! Bientôt, il y en aura même un à Toulon!

[MIEUX VIVRE] En 2014, Luke Cameron a effectué une bonne action par jour et documenté son expérience dans ce blog très inspirant(En anglais)

[MIEUX VIVRE] Un excellent manifeste pour le droit à l'euthanasie, par l'auteure de SF Jeanne-A. Debats.

[PHOTO] Wilma Hurskainen réalise des photos dans lesquelles elle se fond avec la nature.

samedi 20 décembre 2014

[TAG 3x18] C'est arrivé en 2014


Fin décembre, je dresse toujours un bilan de l'année écoulée. Comme j'ai déjà publié des bilans mensuels en 2014 et que je ne voulais pas faire un récapitulatif de récapitulatifs, j'ai plutôt choisi de mettre en valeur des découvertes ou des événements marquants, à raison de 3 dans 18 catégories. Si cela vous inspire pour votre propre bilan 2014, n'hésitez pas à reprendre le tag - voire à éliminer les catégories qui ne vous parlent pas ou à en créer d'autres pertinentes pour vous -, et mettez-moi un lien dans les commentaires pour que je puisse aller voir!

3 photos adorées





3 chouettes moments entre amis
- Les retrouvailles avec mon amie d'adolescence Fleur, que je n'avais pas vue depuis 8 ans
- Les retrouvailles avec Autre Moi, Choco et Junior à l'occasion d'un Hint Hunt à Paris
- Une happy hour magique avec Gasparde, Mlle Mars, M&M au bar de l'hôtel Le Berger

3 chouettes moments en solo
- Un après-midi lecture chez Thé Mandarine, le jour de mon anniversaire
- Une promenade sur les plages du Mourillon où je n'étais pas retournée depuis la mort de ma grand-mère
- Le passage d'un OCT rassurant, et les conversations que j'ai dans la salle d'attente avec le concierge de l'ancien immeuble de mes parents, puis avec mon ophtalmo qui les a très bien connus aussi

3 souvenirs de vacances/voyage
- Le bowling avec mes neveux cet été à Toulouse
- La visite du musée de la ville de Copenhague et de son merveilleux salon de thé
- L'afternoon tea au Milestone Hotel, à Londres

3 événements culturels mémorables
- La rencontre, enfin, avec Lola Lafon lors du Salon du Livre de Bruxelles
- Le concert d'Etienne Daho et la rencontre avec Rock'n'Laurette juste après
- Le spectacle Tempus Fugit? du cirque Plume au parc de La Villette

3 endroits préférés pour manger ou boire
- Arthur's, pour un déjeuner light ou un goûter tranquille près de la place du Luwembourg
- Le bar de l'hôtel Le Berger, ZE découverte de l'année, pour son ambiance rétro et ses délicieux cocktails
- La fabbrica di Marco, génial restaurant italien à Toulon

3 choses apprises
- La broderie classique, lors d'un stage chez Schleiper Be Creative
- La reliure avec un dos cousu/collé, enseignée par Corinne Clarysse de Broleskine
- Préparer un mojito

3 premières fois
- Première fois que je cuisine de la rhubarbe fraîche et des topinambours
- Premiers escape games: j'adore!
- Première fois qu'un ouvrage que j'ai traduit (et même deux, en fait: "Les quinze premières vies d'Harry August" et le tome 3 des "Légendes de la Garde") est nominé pour l'obtention d'un prix

3 essais pas concluants
- Le bookcrossing
- La fish pedicure
- Le massage aux pierres chaudes

3 déconvenues
- Un essai fait dans des conditions épouvantables et bien évidemment refusé par l'éditeur qui me l'avait demandé
- La nouvelle série de Sara Shepard qui me passe sous le nez parce que j'ai été contactée bien trop tard
- La fin des swaps officiels sur le blog

3 super bonnes nouvelles
- L'opération de Mickaël a réussi
- Je n'ai pas encore besoin de traitement pour ma tension oculaire
- Un nouveau client potentiel, à confirmer en 2015!

3 gros changements
- Chouchou est désormais free lance
- Je dois enlever mes lunettes pour y voir de près (si bien que je ne les porte presque plus)
- Nous ne passons pas les fêtes de fin d'année à Toulouse

3 livres particulièrement aimés
- Among others (Jo Walton)
- Life after life (Kate Atkinson)
- 22/11/63 (Stephen King)

3 magazines dévorés à chaque numéro
- Frankie
- Flow international
- Oh comely

3 films particulièrement aimés
- La vie rêvée de Walter Mitty
- Penelope
- About time

3 vêtements fétiches
- La robe d'été noire à pois blancs Morgan
- Le manteau de mi-saison bleu encre René Derhy, orné de volants
- Le pull "Waouh" Sud Express

3 produits de beauté indispensables
- La crème Tolérance Riche de Thémis
- L'exfoliant Confort aux Fruits Rouges bio de Nuxe
- Le shampoing I Love Juicy de Lush

3 achats bien inspirés
- Une nouvelle table basse Interior's pour Monpatelin
- Deux tapis Ikea pour le salon et le bureau de Monpatelin
- Un nouveau matelas Ikea pour Bruxelles

"Erased"


Aspirant mangaka dont la carrière peine à décoller, Satoru Fujinuma travaille comme livreur de pizzas pour joindre les deux bouts. Effacé et peu enclin à s'ouvrir aux autres, il observe le monde qui l'entoure sans vraiment y prendre part. Pourtant, Satoru possède un don exceptionnel: chaque fois qu'une tragédie se déroule près de lui, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher qu'elle ne se produise. Un jour, en tentant d'arrêter le conducteur d'un camion fou, il est percuté par un autre véhicule et finit à l'hôpital. Sa mère, ancienne journaliste de télé et bonne vivante, débarque chez lui sous prétexte de l'aider pendant sa convalescence. Puis une autre "rediffusion" se produit, sans que Satoru ne parvienne à identifier la source du problème. Il demande l'aide de sa mère, et c'est elle qui réussit à empêcher un kidnapping. Un mécanisme fatal s'enclenche alors, qui fait ressurgir les souvenirs d'enfance oubliés de Satoru. L'année de ses dix ans, deux enfants de sa classe ainsi qu'une fillette d'une école voisine ont été assassinés par un pédophile...

C'est à Chouchou que je dois de m'avoir fait découvrir ce "thriller temporel" dont je n'avais pour ma part jamais entendu parler, mais dont j'ai dévoré les trois premiers tomes d'une traite. Kei Sanbe nous offre une histoire remarquablement bien ficelée, haletante et imprévisible, à l'occasion de laquelle il aborde de nombreux thèmes assez durs comme l'enfance maltraitée. Si son héros n'est guère sympathique de prime abord, cela lui laisse d'autant plus de marge pour grimper dans l'estime du lecteur au fur et à mesure qu'il se démène pour sauver ses proches et sa propre peau face à un assassin qui hante sa vie depuis 18 ans. Très vite, on est happé par l'alternance de moments poignants et de suspense presque insoutenable (vous auriez dû entendre mon cri de rage quand je suis arrivée à la fin du tome 3!). L'ensemble est plutôt noir et angoissant, pas du tout le genre de manga que je lis d'habitude - pourtant, je suis conquise à 100%, et je compte déjà les jours jusqu'à la parution du tome 4 fin février. Du grand art.

vendredi 19 décembre 2014

"Le bois du rossignol"


"Il est difficile d'obtenir un jardin sinistre, mais le vieux Mr Wither y était parvenu. 
Même s'il ne travaillait pas lui-même à celui de sa maison des environs de Chesterbourne, en Essex, son manque d'intérêt pour la terre et sa répugnance à dépenser de l'argent n'étaient pas sans influencer le jardinier. Le résultat était une pelouse souffreteuse et une rocaille plâtreuse où presque rien n'attirait le regard, tandis que des arbustes sans caractère proliféraient car Mr Wither appréciait leur capacité à meubler l'espace à peu de frais. Il tenait également à ce que le jardin fût soigné. Regardant par la fenêtre de la salle à manger par une belle matinée d'avril, il songea que les pâquerettes étaient vraiment une engeance. Il en voyait onze au beau milieu de la pelouse. Il devrait dire à Saxon de les enlever. 
Mrs Wither entra, mais il ne lui prêta aucune attention car il l'avait déjà vue."

Ainsi commence "Le bois du rossignol", écrit dans les années 30 par la poétesse et romancière Stella Gibbons qui égratigne gentiment tous les personnages de cette comédie "pétillante et poivrée", pour reprendre l'expression de l'éditeur. Qu'il soit de vieille noblesse, fraîchement parvenu ou issu du peuple, chacun d'eux est intimement ridicule et très peu héroïque. Viola, jeune veuve contrainte de se réfugier dans la sinistre maison de ses beaux-parents, est frivole et écervelée. Victor, le beau et riche célibataire qu'elle convoite sans trop y croire, est décrit par sa cousine comme "un néant bronzé". Hetty, orpheline recueillie par sa tante fortunée, rejette violemment son milieu et n'aspire qu'à mener une vie de misère romantique au milieu de ses chers livres. Mr Wither n'a qu'une préoccupation au monde: la santé de son argent, qui conditionne son humeur du matin jusqu'au soir. Madge, sa fille aînée, préfère les chiens aux humains. Tina, sa cadette, nourrit une attirance coupable envers le chauffeur de douze ans plus jeune qu'elle. Saxon, le chauffeur en question, est doté d'un physique séduisant, dur à la tâche mais calculateur et assoiffé de réussite sociale. Rien de bien glorieux, mais rien d'abominable non plus, et l'on rit sous cape des mésaventures de tout ce petit monde. Une lecture agréable.

La solidarité avec Kiva


En juin 2008, je découvrais l'association Kiva et son site internet. Petite piqûre de rappel:

http://www.kiva.org/ joue l'interface entre un investisseur (vous, moi ou n'importe quelle personne désireuse de faire un geste de solidarité) et un micro-entrepreneur d'un pays du Tiers-Monde. La rubrique "Lend" compile tous les projets en attente de soutien et indique le montant nécessaire à leur réalisation, ainsi que la somme restant à réunir. On choisit celui ou ceux qui nous interpellent le plus et on prête la somme qu'on veut ($25 minimum, autant dire pas grand-chose au cours actuel du dollar). Le remboursement s'effectue via le site chaque mois. Je trouve cette initiative fantastique parce qu'il ne s'agit pas d'assistanat, mais bel et bien de donner à des gens désireux de s'en sortir par eux-mêmes les moyens de le faire. C'est à mon avis la façon la moins condescendante et la plus fructueuse de tendre une main.

Plus de 6 ans après, je n'ai que du bien à dire de Kiva. Les 40 prêts que j'ai aidés à financer à travers le monde ont tous été intégralement remboursés - je n'ai jamais perdu un seul centime, sauf peut-être à cause des taux de change variables. Au fur et à mesure que mon compte est recrédité, je prête les sous à d'autres micro-entrepreneurs au lieu de les récupérer (ce qui est bien entendu possible). J'ai fait connaître le site à plusieurs amis qui eux aussi l'utilisent régulièrement, et qui pourront témoigner de son bon fonctionnement. Si vous cherchez un geste solidaire à faire en cette période de fêtes, allez donc y jeter un coup d'oeil!




jeudi 18 décembre 2014

Un mot pour 2015




Chaque mois de décembre, la scrapbookeuse Ali Edwards propose à ses lectrices un petit exercice que je trouve particulièrement intéressant: choisir un mot qui les guidera pendant toute l'année à venir, un mot qui résume ce à quoi elles aspirent et la direction qu'elles veulent faire prendre à leur vie - une déclaration d'intention réduite à sa plus simple et sa plus mémorable expression. 

Mon mot de 2011 était SERENITE, pour lutter contre les angoisses qui me bouffaient la vie depuis certain jour de mars 2008. 
Mon mot de 2012 était MODERATION, pour lutter contre mes tendances à l'excès dans nombre de domaines. 
Mon mot de 2013 était PERSPECTIVE, pour lutter encore et toujours - mais d'une façon différente - contre les angoisses qui, etc.
Mon mot de 2014 était AVANCER, pour ne plus être dans la réaction mais dans l'action, ne plus me contenter de faire barrage aux choses négatives, mais partir à la recherche de choses positives. 

Pour 2015, j'ai très longtemps hésité, et même pensé un moment que je ne renouvellerais pas l'exercice parce qu'aucun mot ne me "parlait". Ou plutôt, le seul qui me parlait me rebutait aussi pas mal. Je savais que la prochaine étape de mon développement personnel passerait par un certain lâcher-prise, et je savais aussi que ce serait quelque chose de très difficile à travailler pour moi qui suis totalement psychorigide, avec une idée bien précise de la manière dont les choses devraient fonctionner. Sauf que mes idées précises ne suffisent pas à modeler le monde (croyez bien que je le déplore: ce serait un endroit nettement plus juste et plus paisible, où les administrations fonctionneraient comme un charme et où rien ni personne ne serait jamais en retard). Et qu'au final, elles nuisent donc à mon bien-être, car même si j'ai partiellement dompté la colère qui m'habitait, je continue à m'énerver contre les contrariétés qui auraient facilement pu être évitées, les imprévus qui foutent mes plans en l'air, les gens qui font preuve de négligence, d'inefficacité ou se conduisent d'une manière que j'estime stupide. Puisque je ne peux rien changer à tout ça, il serait bon que j'apprenne à l'accepter gracieusement, à intégrer le fait que les contrariétés et les imprévus font partie de la vie, que les gens ont leurs raisons d'agir comme ils le font et qu'il vaut mieux soit essayer de les comprendre, soit réussir à les ignorer. Bref, j'aimerais cesser d'être en guerre contre tout ce qui ne correspond pas à ma conception des choses. Un vaste programme, très bien résumé par l'angel card que j'ai tirée à la fin de mon dernier cours de yoga. Je ne suis pas encline à voir des signes partout, mais j'avoue que son texte et son illustration ont provoqué un déclic chez moi: "C'est CA que tu dois faire en 2015, et tu le sais". Dont acte.

Pour 2015, mon mot sera donc ACCEPTER.

Et vous, si vous deviez choisir un mot pour vous guider durant cette année à venir, quel serait-il?

mercredi 17 décembre 2014

In the mood for winter




Bon d'accord: techniquement, nous ne sommes pas encore en hiver. Mais l'été indien a été si beau et s'est prolongé si tard que la transition n'en a été que plus brutale. Depuis un mois et demi, le ciel est gris et bas sur Bruxelles, même si j'ai déjà connu de pires froids à cette période de l'année. Il n'a pas cessé de pleuvoir durant mon dernier séjour monpatelinois (du jamais vu!) et les contrariétés s'entassent de façon presque comique depuis deux semaines - rien de grave, juste des trucs qui bouffent du temps et de l'énergie au lieu de se régler en deux coups de cuillère à pot comme ils le devraient. Sans compter que la période des fêtes n'est franchement pas ma préférée.

Mais bizarrement, bien que je continue à râler sur les choses qui fonctionnent de travers, à ne pas mâcher mes mots dans des situations qui me déplaisent et à n'avoir aucune patience vis-à-vis des gens qui m'irritent, je ne m'attarde pas dessus. Je fais le nécessaire (généralement: relancer les administrations/les services comptabilité ou clientèle avec un cocktail politesse-fermeté bien dosé), et puis je passe au truc suivant sur ma To Do List. Mon moral est remarquablement stable, pas stratosphérique, mais dans une bonne moyenne.

A vrai dire, cette saison de repli sur soi-même et sur son foyer m'arrange bien. Depuis quelques mois, je réfléchis pas mal à deux notions, deux qualités ou traits de caractère qui me font défaut - l'un que je pense que je gagnerais à cultiver, et l'autre pour lequel je ne ne suis vraiment, vraiment pas sûre. Le livre d'Amanda Palmer, "The Art of Asking", arrive à point nommé pour nourrir ma réflexion. Nous sommes radicalement opposées sur les points qui me préoccupent, et je trouve fascinant d'observer le raisonnement, le mécanisme à l'oeuvre chez quelqu'un qui a sciemment décidé de faire tout le contraire de moi. D'autant qu'elle explique ça très bien et étoffe son récit de plein d'exemples positifs. Je pense qu'il me faudra un moment pour digérer ça et en tirer des conclusions me concernant. Ca tombe bien: la météo est propice à l'instrospection.

Je vais au lit de bonne heure. Je bouquine énormément, avec quelques chouettes découvertes. Je dors bien, et je me lève sans trop de mal le matin malgré l'absence de lumière naturelle. Je bois sûrement trop de thé et de chocolat chaud. Je mange sûrement trop de plats roboratifs (mais j'ai décidé de faire la fête à mes bourrelets en janvier). Je suis soulagée de voir mon planning de boulot quasiment plein pour 2015, avec peut-être une perspective de nouveauté. Je fais des plans pour le blog. Je réfléchis aux choses superflues dont je pourrais encore me débarrasser, et aussi aux quelques bricoles vraiment utiles dont l'acquisition serait justifiée. J'essaie de voir ce que nous pouvons raisonnablement envisager comme déplacements l'année prochaine, en plus d'un passage en Gruyérie, des incontournables Imaginales et d'une visite à ma famille. Je m'interroge sur ce que je peux améliorer dans ma vie (même si je la trouve déjà vachement bien).

Je m'interroge sur ce que je peux améliorer chez moi (même si je me trouve déj. Sur mes motivations pour le faire. Sur ce que j'y gagnerais peut-être en bien-être, sur ce que j'y perdrais peut-être en authenticité. Les efforts à fournir et les résultats escomptés.

Parfois, j'ai l'impression d'être un chantier qui ne sera jamais fini. Une maison où, chaque fois qu'on se croit enfin tranquille, on se rend compte qu'il va falloir changer ceci ou refaire cela. Que le tapis correspondait à nos goûts à l'époque où on l'a acheté, mais que là, il est temps de le remplacer. Et que du coup, ça obligera probablement à rafraîchir les peintures.

Je cherche mon mot pour 2015. Pour l'instant, celui qui s'impose à moi, c'est la "qualité que je gagnerais à cultiver" dont j'ai parlé plus haut. Et... je n'ai pas envie de m'infliger encore tout ce travail. J'ai envie de choisir quelque chose de gai et de facile: magie, lumière, légèreté. Tant de gens vivent sans se poser des questions en permanence; pourquoi ne puis-je pas en faire autant? Pourquoi faut-il que je me sente toujours en compétition avec le meilleur moi que je pourrais être, que je considère comme mon devoir de m'en rapprocher le plus possible? Pas pour faire plaisir aux autres, pas pour être plus aimée, juste pour satisfaire mes propres exigences et être en paix avec moi-même. 

Je crois que je n'aurai pas trop de trois mois d'hiver pour tenter d'y voir clair là-dedans. 

mardi 16 décembre 2014

Qu'avez-vous envie de lire ici en 2015?




Je suis en train de réfléchir à ce que je souhaite faire du blog en 2015 - année où il fêtera ses dix ans. (Je pense d'ailleurs organiser une rencontre au mois de mai à cette occasion, mais ce n'est pas le sujet de ce billet.) J'ai envie de quelque chose d'un peu plus structuré, avec sans doute des rubriques régulières, mais je m'interroge sur le contenu. Je sais que je ne vais pas continuer mes billets "vie quotidienne", sauf peut-être de façon exceptionnelle: ils me prennent trop de temps et vont vite devenir lassants. Pour tout le reste, je n'arrive pas à me décider. 

Vous m'aidez en me donnant votre avis? Quels sont les types de billets que vous préférez? A contrario, quels sont ceux que vous ne lisez jamais? Vous préférez plus de texte, moins de texte? Plus de choses personnelles, plus de choses culturelles? Y a-t-il des sujets que je n'aborde pas trop et sur lesquels vous aimeriez me lire (sous réserve que j'aie quelque chose à dire dessus)? Et la présentation, elle vous convient? Toutes les remarques, mêmes critiques, qui vous passeront par la tête m'intéressent, pourvu qu'elles soient formulées poliment. Merci d'avance pour le temps que vous consacrerez à me répondre.

lundi 15 décembre 2014

Le lundi où je m'interroge sur la pertinence de l'immolation par le feu




Plus de problème pour me lever vers 8h; je vais pouvoir reculer mon réveil d'un quart d'heure à partir de demain. Commencer la semaine de boulot avec une scène d'immolation par le feu, c'est festif. Et que dire de l'emploi du verbe "énucléer" avant midi? Pas de prof de vélo à cause des grèves qui l'ont empêché de parvenir jusqu'à la salle: Chouchou revient bredouille et, au lieu du shake de protéines qui lui tient lieu de déjeuner quand il vient de faire du sport, se grille quelques tranches de lard pour accompagner le reste de linguine d'hier soir. L'odeur me torture. Ma mère a cuisiné une choucroute pour les petits ce week-end et affirme sans trembler que non, ce n'est pas du tout un plat lourd à digérer. "C'est surtout de la viande." Euh, justement? Je commence si bien à me faire à ces changements de temps bizarres que je les trouve désormais non seulement judicieux, mais brillants, et que je crains d'être obligée d'avoir avec mon éditrice la conversation inverse d'il y a deux semaines. Quota de pages terminé, je m'offre le luxe d'en prendre deux d'avance sur demain et de terminer à 15h45 seulement (mais comme la nuit tombe déjà, j'ai l'impression qu'il est beaucoup plus tard). J'ai atteint le dernier niveau disponible de Candy Crush - le 785 - et je suis bloquée depuis deux semaines dans Farm Heroes à un niveau si chiant que j'ai laissé tomber: on verra l'effet que ça aura sur ma productivité dans les jours prochains! Seulement 12 opérations à rentrer en comptabilité en novembre, ça va aller vite. J'écris un Xème mail au sujet des exemplaires de traducteur que j'attends depuis août, et qui sont déjà retournés à l'envoyeur une fois au prétexte que j'avais refusé le colis (il ne m'avait bien entendu jamais été présenté). On m'envoie un lien qui pointe vers un avis Colissimo indiquant que, comme j'en ai été informée le 10 courant, mon colis m'attend chez le commerçant sélectionné. Je n'ai pas eu d'avis de passage; j'ignore de quel commerçant il s'agit. Soudain, l'immolation m'apparaît comme un geste compréhensible (même si, d'un naturel peu masochiste, je préfèrerais mettre le feu aux locaux de la Poste). Puis je me bats avec iTunes qui accepte d'identifier les 3 premiers CD de l'audiobook d'Amanda Palmer, mais pas les 7 suivants. Zen, restons zen. L'agenda social commence à se remplir pour début 2015, c'est cool! Ma tarte topinambour/pomme/chèvre est considérablement améliorée par l'utilisation des topinambours bio dodus d'eFarmz qui ont du goût, EUX (yes, Delhaize, I'm looking at you). Une éditrice que j'aime énormément, et qui avait quitté son poste il y a quelques mois, vient de prendre de nouvelles fonctions dans une grosse boîte et me propose une traduction en urgence. Mon planning ne me permet malheureusement pas d'accepter, mais j'espère que nous aurons l'occasion de bosser de nouveau ensemble, peut-être même sur des choses différentes de ce que j'ai fait jusque là - un petit changement serait très apprécié. Finalement, je vais ranger mon Zippo pour aujourd'hui.

dimanche 14 décembre 2014

Ice Magic: "Le pays des Hobs" à Bruges


Il y a deux ans, à la même période, nous avions été à Bruges pour voir le festival de sculptures de glaces sur le thème du "Seigneur des Anneaux". Nous avions trouvé ça magique. L'an dernier, nous avons testé un autre festival du même type, à Bruxelles cette fois, sur le thème de la bande dessinée, et nous avons trouvé ça chouette mais un peu court pour le prix du billet. Cette année, le thème Disney du festival d'Anvers et de Liège ne nous tentait ni l'un ni l'autre; nous sommes donc retournés à Bruges pour voir "Le pays des Hobs", inspiré de la trilogie du Hobbit. 















Il y a deux ans, nous avions fait la queue presque une heure dans un froid glacial; cette fois, nous avions donc pris des billets coupe-file sur internet. Moyennant quoi, lorsque nous sommes arrivés à Bruges, il n'y avait aucune file d'attente à l'extérieur du chapiteau. Nous étions bien contents d'avoir payé un supplément de 3€! Nous l'avons été encore plus en constatant, une fois à l'intérieur, que sur un thème quasi-identique et pour un tarif tout aussi élevé, les organisateurs avaient fourni une exposition deux à trois fois moins longue que celle de 2012, certes bien scénographiée (on peut prendre autant de photos qu'on veut sans être gêné par les autres visiteurs), mais manquant cruellement de l'humour de la précédente et dépourvue de sujets "grandioses" ou même juste de bons gros monstres. Bref: même Chouchou qui adore l'univers de Tolkien s'est ennuyé, et si nous étions dehors au bout d'un quart d'heure, ce n'était pas à cause de la température (entre -6 et -12°), mais parce que... il n'y avait plus rien à voir. 




J'imagine que nous sommes un peu blasés par nos expériences précédentes, et que quelqu'un qui n'aurait encore jamais vu un tel festival de sculptures pourrait ressortir ébloui (bien que congelé). Pour ma part, si on veut que je paye encore un euro la minute de visite, il va falloir me proposer un thème très, très original la prochaine fois. 

jusqu'au 4 janvier 2015
tous les jours de 10h à 18h
sur la place devant la gare de Bruges

Le dimanche où on se gèle les noix et où on rentre frustrés




22h-9h: ça, c'est de la nuit de compète. Au menu de notre brunch maison, du craquelin avec un chocolat chaud pour moi et un jus de pomme frais pressé pour Chouchou, du granola (yaourt bio + muesli + morceaux de pomme et de banane), des oeufs au plat (+ du lard frit pour Chouchou) et des tartines de pain complet. Miam. 40 mn avant le départ de notre train gare du Midi, nous sommes encore à la maison avec les billets pas imprimés, et un début de crise d'apoplexie chez la moitié psychorigide de notre couple. Il y a un Bon Dieu pour la moitié décontractée de notre couple: nous avons un bus tout de suite (alors que le dimanche, il doit en passer un toutes les 20 mn), un métro tout de suite, et nous arrivons sur le quai de la gare environ trente secondes avant l'IC à destination de Knokke et Blankenberg. Le Ice Magic Brugge est une énorme déception: même thème qu'il y a 2 ans, mais trois fois plus petit et bien moins spectaculaire, pour un tarif néanmoins toujours identique. Nous traînons un peu en ville histoire de justifier le déplacement. Ici aussi, les décos de Noël me semblent très bof, et il fait un froid de gueux. Het Teehuis vend exactement les mêmes théières que lors de ma dernière visite, il y a 2 ans, lors de mon avant-dernière visite, il y a 5 ans, et lors de ma première visite, il doit y avoir 10 ans. A force de chercher un salon de thé potable où il reste de la place, nous atterrissons à la pâtisserie Prestige. Décor vieillot mais pas désagréable du tout; théières métalliques minuscules avec lesquelles on se crame les doigts; gaufres à partir de 8,25€ pour la beurre/sucre; paiement en liquide uniquement. Mais c'était délicieux, et nous avons eu le temps de nous réchauffer avant de remonter vers la gare. En allumant le GPS, nous nous rendons compte qu'il y a une géocache super bien cotée à 40m de l'endroit où nous nous trouvons. Une heure plus tard, après avoir fait fuir une équipe néerlandaise, discuté vainement avec deux autres équipes francophones et essayé des dizaines de codes dans le noir, nous jetons l'éponge à deux doigts de la victoire avec un énorme sentiment de frustration, mais nous sommes à demi congelés et ne voulons pas manquer notre train de retour. Nous courons à perdre haleine dans la gare et réussissons à monter dedans de justesse. Bien entendu, il est blindé de monde, et des tas de poussettes bloquent le passage entre les compartiments. (J'ai l'impression de ne faire que râler depuis plusieurs jours, appelez-moi The Grinch.) Pour se consoler, on se dit qu'une fois rentrés à la maison, on va se faire les fameux spaghetti à l'ail et au citron de Funambuline. La recette n'est pas super compliquée, mais je réussis à en louper chacune des étapes avec brio. Nous mangeons mes pâtes ratées devant le premier épisode de "Parks & Recreation", dont j'ai entendu dire du bien mais qui nous laisse aussi froids l'un que l'autre. Cerise sur le gâteau: j'apprends sur Facebook que mon ami Philou, qui habite à Lille et que je n'ai pas vu depuis un an, était aussi à Bruges aujourd'hui. Hier soir, j'avais envisagé de lui proposer qu'on se retrouve là-bas, mais renoncé en pensant que ça faisait un peu trop "last minute". Je suis vraiment débile parfois.