vendredi 30 janvier 2015

J'ai testé: le 30 Day Shred - level 2




Pour savoir en quoi consiste le 30 Day Shred et quelles sont les raisons qui m'ont poussée à me lancer là-dedans, cliquez ici
Pour lire mon compte-rendu du niveau 1, cliquez ici

Jour 11 (69,2 kgs; 13h15): Je suis partagée entre l'excitation et l'appréhension avant d'entamer ce niveau 2. ...Et bien, l'appréhension aurait dû l'emporter. Cette séance est INFERNALE. Déjà, on en bave pas mal dans les deux premiers circuits, que je dois me contenter de faire au niveau débutant avec plusieurs défaillances en cours de route. Mais dans le troisième et dernier circuit, il y a plein de mouvements basés sur la planche, et mes mains sont tellement en sueur que même avec des abdos en béton, je ne pourrais pas tenir. Je passe mon temps à glisser et à m'écraser à plat ventre. Franchement, quel est le sadique qui a inventé les plank twists? Et vue la quantité de sauts, je vais devoir caser mes prochaines séances en journée aussi, avant le retour des voisins du dessous. Je termine semi-découragée, mais en me disant que je ne peux que m'améliorer dans les jours à venir. Pendant le reste de la journée, j'ai raisonnablement mal aux épaules, au haut des bras et au bas des cuisses sur l'avant. 

Jour 12 (69,9 kgs; 12h30): Je me lève avec des courbatures très gérables, probablement parce que j'ai bossé comme une patate hier. La balance m'indique un poids supérieur à celui que j'avais avant de commencer le programme; je savais que je n'aurais pas dû me peser avant la fin, parce que là, entre l'infernalitude de la séance qui m'attend et l'impression que ça ne sert à rien, je ne suis pas motivée du tout. Pourtant, il n'est pas question que je lâche. Donc, je m'y mets en me fixant un seul impératif: tenir jusqu'au bout. Je n'hésite pas à faire en débutant les exercices qui m'ont tuée hier; je ne saute pas hyper haut, je ne descends pas hyper bas, mais j'arrive à la fin de la muscu du circuit 3 sans trop de problèmes. Je peine pas mal sur le cardio et je dois m'arrêter 5 ou 10 secondes pendant les plank twists. Mais globalement, c'était une séance très correcte pour moi. Et demain, elle me fera moins peur!

Jour 13 (69,1 kgs; 13h15): J'ai mal aux épaules et aux bras avant de commencer, et ça ne passe pas pendant l'échauffement. Je serre les dents et je tiens quand même, sauf pendant la toute dernière minute où je dois faire une pause au milieu des plank twists. Le circuit 3 est vraiment une grosse saloperie. Pour ne pas glisser sur mes mains trempées de sueur, j'ai trouvé un truc absolument ridicule: vu que je travaille pieds nus, je glisse les mains à l'intérieur de mes baskets pour profiter d'une surface anti-dérapante. Oh, bien sûr, je pourrais aller m'acheter des gants, mais où serait le fun? Par contre, comme hier, j'ai beaucoup de mal à me remettre au boulot après ma séance: j'ai juste envie d'aller m'écrouler dans un coin avec un livre, ou même sans. 

Jour 14 (69,1 kgs; 17h30): J'ai super bien dormi cette nuit et peu de courbatures, mais guère plus d'énergie qu'une vieille serpillère. J'hésite entre une sieste et une séance de fitness. La séance de fitness l'emporte de justesse. Pendant les jumping jacks de l'échauffement, je sens que mes genoux, pas très solides depuis mon accident de ski, commencent à mal encaisser les chocs répétés. A surveiller. Je me débrouille plutôt bien jusqu'à la dernière minute, les maudits plank twists durant lesquels je dois encore faire une pause. Je vais me coucher à 22h45, et je n'ai même pas la force de lire avant de m'endormir. 

Jour 15 (68,7 kgs; 17h): Je me lève aussi crevée que je me suis couchée hier soir. Mes genoux me font mal. Tant pis. Je tiens bien les neuf dixièmes de la séance, et ne dois faire une pause qu'aux trois quarts des plank twists. Dans le miroir, il me semble que mes cuisses s'affinent et que j'ai perdu du ventre; par contre mes ailes de chauve-souris flapflappent toujours autant, damned!

Jour 16 (68,2 kgs; 12h45): Bien que j'aie un peu mal au dos en me levant, la pesée du matin me met de bonne humeur pour attaquer une nouvelle semaine. Mes lunges et mes squats sont de plus en plus bas, même si je ne descends toujours que de 20 cm en vraies pompes. Mes jumping jacks sont devenus "explosifs" comme le réclame Jillian, mais mes skater's lunges ressemblent plutôt à des pétards mouillés. Je m'interromps de plus en plus tard dans les plank twists, et mon objectif est de les passer d'ici le jour 20. Malheureusement, c'est toujours aussi dur de me remettre au boulot après le déjeuner. 

Jour 17 (68,2 kgs; 17h): Cette fois, je préfère attendre d'avoir fini de bosser pour faire ma séance, histoire de ne pas trop ramer l'après-midi. Mes hormones me font des misères depuis deux-trois jours, et mon poignet droit commence à protester contre tout le temps passé en planche. Mais je ne me laisse pas le choix, et pour la première fois, je tiens les maudits plank twists! Le soir, alors que j'agonise dans mon lit avec une bouillotte sur le ventre, je regarde la vidéo du niveau 3 histoire de voir ce qui m'attend, et je suis à deux doigts de me lever pour essayer les exercices. Je crois que j'ai perdu la raison. 

Jour 18 (68,2 kgs; 13h): Depuis hier matin, j'ai mes règles. Ce n'était pas arrivé depuis presque 8 ans: je suis un traitement censé les supprimer afin d'"endormir" mon endométriose. J'imagine que la reprise du fitness a bouleversé mon équilibre hormonal. Je n'arrive pas à croire qu'une chose a priori aussi positive pour ma santé - le sport - puisse provoquer un tel cataclysme. J'essaie de rester calme, mais c'est vraiment dur de ne pas imaginer le retour des douleurs insupportables et les interventions chirurgicales répétées (j'en ai déjà eu deux avant d'être mise sous Lutényl). Je fais ma séance normalement, mais arrivée à la fin, j'ai envie de pleurer de fatigue et trouille. Sur le groupe Facebook "30 Day Shred" que j'ai créé, des filles plus avancées que moi me racontent qu'elles ont vu leur cycle bouleversé, mais que c'est rentré dans l'ordre au fil des mois - et que, effet intéressant, leur SPM a considérablement diminué. Ca me rassure un peu. 

Jour 19 (68,2 kgs; 15h): Mon poids n'a pas bougé depuis quatre jours, j'aimerais bien qu'il recommence à descendre! Je suis tellement fatiguée qu'aujourd'hui ce ne sont pas mes muscles qui font bouger mon corps: c'est mon cerveau tout seul. Mind over matter, truly. J'arrive à faire une série de doubles sauts de corde sur les deux, mais après, je dois marquer une pause pendant les plank twists. J'ai hâte d'en avoir terminé avec ce niveau.

Jour 20 (68,8 kgs; 12h30): Hier soir j'ai eu grand besoin de comfort food; ce matin, je paye mon énorme pad thai sur la balance. Dernière séance sans histoire mais sans enthousiasme non plus. Globalement, je n'ai pas trop aimé ce niveau, et je suis contente d'en changer demain, même si le suivant sera sans doute pire!

Mes impressions jusqu'ici: Même en laissant de côté l'aspect hormonal, ce niveau 2 m'a fatiguée au-delà de tout ce que j'imaginais. Mais mes courbatures sont restées raisonnables dans l'ensemble, et j'ai fini par réussir tous les exercices. Mon poids a enfin commencé à descendre et ma silhouette à s'affiner, mais vraiment rien de spectaculaire. Cela dit, j'ai presque oublié mon objectif initial qui était de perdre une ou deux tailles de fringues (presque). Ce qui me pousse à faire mes séances, même quand je pourrais me trouver des tas d'excuses pour m'abstenir, c'est la sensation que je deviens chaque jour un peu plus forte et plus endurante. J'ai toujours eu une piètre opinion de mes capacités physiques et aucune motivation pour tenter d'y remédier - après tout, on ne va pas demander à une intello d'être sportive par-dessus le marché. C'est comme si un blocage que je traînais depuis l'enfance venait de sauter. Je me rends compte que les limitations n'ont jamais existé que dans ma tête, et ça me plaît beaucoup. Niveau 3, me voilà!





jeudi 29 janvier 2015

"Station Eleven"


Par une soirée enneigée à Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander meurt sur scène en interprétant le rôle de sa vie. Le même jour, un virus aussi foudroyant que meurtrier a débarqué en Amérique du Nord. Il éradiquera 99% de la population mondiale en l'espace de quelques semaines.

An 20 après l'effondrement de la civilisation. Kirsten Raymonde, qui incarnait une des trois filles du roi Lear le soir de la mort d'Arthur, voyage avec la Symphonie Errante. Cette caravane de musiciens et de comédiens joue de la musique classique et des pièces de Shakespeare dans les minuscules communautés qu'elle croise sur sa route. Passée la violence omniprésente des premiers temps, les survivants de la Grippe Géorgienne s'efforcent de rebâtir leur existence sans aucun de leurs proches ni des ressources qu'ils tenaient pour acquises autrefois...

Le post-apo, ce n'est vraiment pas mon genre littéraire préféré: beaucoup trop angoissant pour moi. Pourtant, je me suis laissée séduire par les excellentes critiques de "Station Eleven", ainsi que par sa jolie couverture et par la belle écriture aperçue en feuilletant les premiers chapitres.

Difficile de raconter ce roman qui ne possède pas d'intrigue à proprement parler. Le passé et le présent s'y emmêlent pour reconstituer la trajectoire des différents protagonistes, dont la plupart sont liés à la représentation théâtrale sur laquelle s'ouvre "Station Eleven" - une soirée ordinaire en apparence, mais qui sera la dernière de la civilisation telle que nous la connaissons. D'un côté, une ère de confort absolu pour les Américains qui mènent des existences passablement vides; de l'autre, une ère de dénuement et de danger qui engendre pourtant des scènes d'une beauté étrange autant que poignante. Et à travers tout cela, une question sous-jacente: qu'est-ce qui, dans la civilisation, vaut la peine d'être préservé? Qu'est-ce qui justifie le combat pour la survie de l'individu et de la race humaine? J'ai été agréablement surprise par la profondeur de sentiments et la puissance d'évocation dont parvient à faire montre la très jeune auteure. Mélange de pragmatisme brutal et de poésie surréaliste, "Station Eleven" fait partie de ces oeuvres capables de hanter ses lecteurs très longtemps.

Ce roman n'a pas encore été traduit en français, mais vu le succès qu'il a remporté sur le marché anglophone, j'imagine que ça ne tardera pas!

"The affair"


Noah Solloway mène une vie enviable: un métier de prof qu'il adore, un premier roman qui a séduit la critique, une femme toujours amoureuse après plus de vingt ans et quatre enfants en pleine forme. Pourtant, il n'est pas ravi à l'idée d'aller passer les trois mois d'été dans la petite ville côtière de Montauk, où habitent ses riches beaux-parents - sans doute parce que ces derniers ne manquent jamais une occasion de lui rappeler l'aide financière qu'ils apportent à sa famille. Noah peine à trouver une idée pour son second roman, et ses deux aînés ont des problèmes qu'il ne sait pas comment gérer. C'est dans ce contexte qu'il rencontre Alison, serveuse au diner local. D'une dizaine d'années plus jeune que lui, elle a été brisée par la mort de son fils Gabriel. Depuis, c'est une femme à la dérive qui se fiche bien de ce qui peut lui arriver. Entre Noah et elle, l'attirance est immédiate...

Comme son nom l'indique, "The affair" est le récit d'une liaison extra-conjugale a priori assez banale, et pourtant d'une extrême puissance. L'histoire est racontée tour à tour par chacun des deux protagonistes principaux, et très vite, on s'aperçoit que leurs souvenirs divergent. Par exemple, chacun attribue à l'autre la responsabilité de l'avoir dragué, et chacun se présente comme une personne différente de celle que l'autre voit. Mais surtout, il existe une troisième version des faits, racontée en voice over à un policier qui, des années plus tard, enquête sur la mort de quelqu'un faisant partie de l'entourage de Noah et d'Alison, et dont on ne découvre l'identité qu'au bout de plusieurs épisodes. Le spectateur fasciné est bien en peine de reconstituer les faits tels qu'ils se sont réellement déroulés.

Quels mensonges nous racontons-nous pour nous dédouaner de nos propres actions? Se peut-il que dans certaines situations, il n'existe pas de vérité absolue - seulement des points de vue différents? Telles sont les questions que "The affair" semble poser. Au-delà de son récit intrigant, la série possède de nombreuses qualités qui la rendent très accrocheuse. Les caméras filment les paysages de la côte Est de façon presque lyrique et suivent les personnages dans ce qu'ils ont de plus intime, au point qu'on se sent presque voyeur. L'accompagnement musical est superbe, tour à tour mélancolique et poignant. Et je ne connaissais ni Dominic West ni Ruth Wilson, mais tous deux sont des acteurs magnifiques. Le premier campe un mari infidèle qui pourrait facilement tomber dans la caricature, et qu'on n'arrive pourtant jamais à détester ou à mépriser. Récemment primée aux Golden Globes, la seconde compose une femme blessée insaisissable, dure et vulnérable à la fois, changeante comme un ciel d'orage. "The affair" sera sans doute mon gros coup de coeur de la saison télévisuelle 2014-2015.

mardi 27 janvier 2015

Soupe de lentilles et de patate douce




Pour 4 grands bols:
- 200g de lentilles vertes
- 350g de patate douce, découpée en cubes
- 1 petite pomme, découpée en cubes
- 1 oignon blanc, émincé
- 1 gousse d'ail, émincée
- 1 petit bout de gingembre frais, émincé
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 1 cuillère à café de curry en poudre
- 10 cl de crème liquide
- Un peu de fromage de chèvre frais
- 1 litre de bouillon de légumes, déjà chaud

Dans une grande casserole, faire chauffer le curry à sec pendant 30 secondes.
Rajouter l'huile d'olive et laisser cuire 30 secondes.
Rajouter l'oignon, l'ail et le gingembre et laisser cuire 1 mn.
Rajouter les lentilles et la pomme et laisser cuire 2 mn.
Rajouter la patate douce et couvrir avec le bouillon chaud.
Porter à ébullition, puis laisser cuire à feu moyen, avec un couvercle, pendant environ 30 mn.
Mixer. Ajouter la crème. Mixer encore.
Servir et ajouter du fromage émietté sur le dessus.

A la fois nourrissante, parfumée et diététique, cette soupe est parfaite pour les soirs d'hiver!

Ceci est une version légèrement rectifiée d'une recette trouvée dans le magazine Avantages. 

lundi 26 janvier 2015

Où le fitness révolutionne ma vie




Je ne me reconnais plus. 

Désormais, mes journées sont structurées autour de ma séance bien plus qu'autour de mon boulot. Le matin, je me dépêche de faire la moitié de mon quota de pages pour pouvoir sortir mon tapis de gym dès que Chouchou fonce à la salle de son côté. L'après-midi, par contre, je suis crevée et me remettre au boulot réclame un effort quasi inhumain. Le week-end, je calcule mes loisirs pour avoir trois quarts d'heure de libres au moment opportun (je compte la douche, dans laquelle j'aime traîner parce que l'eau chaude fait du bien à mes muscles endoloris). 

J'ai toujours un peu mal quelque part: aux épaules et en haut des bras, et puis aussi aux genoux depuis le début du niveau 2. J'apprends à ignorer la douleur et la fatigue. Je me sens un peu comme une guerrière. C'est très bon pour mon ego (qui ne souffrait pas précisément d'atrophie à la base, certes). 

Je me regarde nue dans la glace, et non, je ne rêve pas: mon ventre est en train de fondre. Mes cuisses s'affinent. Mes ailes de chauve-souris font toujours flap-flap pour le moment, ce qui est un poil frustrant vu le temps que je passe en planche depuis une semaine - mais elles aussi, elles finiront par disparaître.

Je ne suis plus incommodée par ma propre sueur: je me dis que je transpire du gras, et en sentant une petite goutte couler sous mon menton lorsque je descends en écart facial, je jubile presque. 

J'ai commandé de jolies fiches sur lesquelles noircir les jours où j'ai bien fait mon fitness. 

Quand je glande devant mon ordinateur, au lieu de jouer à Farm Heroes, je regarde d'autres vidéos pour choisir sur quoi je vais enchaîner après le Shred. Et je rêvasse à ma séance du lendemain: bouger encore, bouger toujours!

J'ai déjà entraîné une demi-douzaine de copines à ma suite, et au moins autant m'ont demandé des renseignements pour se lancer bientôt. Il semblerait que j'aie l'enthousiasme communicatif. 

J'ai l'impression de m'être trouvé un gourou. Et en même temps, j'aurais pu faire pire que quelqu'un qui prône une bonne hygiène de vie, sportive autant qu'alimentaire, tout en répétant qu'on ne doit pas avoir peur de manger et que faire les choses correctement 80% du temps suffit bien. Jillian me scande à longueur de séance que je suis plus forte que je ne crois, que je peux y arriver mais que je dois me bouger les fesses parce que personne ne peut le faire à ma place. Elle me dit à la fois que ma santé est ma responsabilité, et que cette responsabilité est parfaitement à ma portée. C'est mon genre de philosophie. 

C'est drôle, parce qu'en début d'année, j'avais décidé de me focaliser sur le lâcher-prise par rapport au comportement des autres et aux événements extérieurs que je ne pouvais pas maîtriser. J'étais loin de me douter du virage à 180° que je prendrais presque à mon insu. 2015 s'annonce plutôt comme l'année de la remis en forme - encore que les deux choses ne soient pas mutuellement exclusives. Je sais juste une chose pour le moment: si je lâche prise, ce ne sera pas sur mes haltères. 

Les brèves de la semaine #4




- Lundi matin, je reçois un mail de l'éditrice de "Touch" qui m'écrit: "Franchement, chapeau! Ta traduction est superbe, un véritable plaisir à lire". Et quand je passe ses corrections en revue, il y en a si peu que je crois un instant qu'elle s'est trompée de fichier. Je suis horriblement fière.

- Mardi soir, je jette l'éponge au 3ème épisode de "Transparent". L'histoire me déprime; j'ai envie de foutre des baffes aux gamins adultes et beaucoup de mal à supporter l'esthétique 70's. Dommage, le sujet était intéressant.

- Il faut vraiment que je fasse de la place dans mes placards. Mercredi après-midi, j'ai donc rendez-vous avec une copine toute neuve qui chausse elle aussi du 35 et demi et qui, contrairement à moi, arrive à marcher avec des talons de plus de 7 cm, pour lui donner deux paires d'escarpins ravissants mais que je ne porte pas. En passant devant les Anonymes, j'aperçois les Géraldine de Chie Mihara, devant lesquelles je bave depuis des mois. Il n'en reste qu'une seule paire, soldée à - 40%, et c'est ma pointure. Bon, ben, euh, ça fait quand même - 1 paire pour ma penderie.

- Jeudi après-midi, UPS me livre les nouveaux autocollants du blog, commandés chez Moo. Ils sont très chouettes; j'ai hâte de commencer à les coller sur mes envois!

- Jeudi soir, nous regardons le pilote du "Maître du Haut-Château". Chouchou a lu le roman de Philip K. Dick dont la série produite par Amazon est/sera tirée, moi pas, mais nous trouvons tous les deux ça plutôt poussif et pas très excitant. Next!

- Vendredi soir, pour changer un peu de l'houmous classique, je remplace la moitié des pois chiche de ma recette par des haricots noirs. Ben, c'est vachement bon aussi.

- Le pilote de "The affair" est LA découverte de la semaine; nous sommes super emballés par cette histoire d'adultère raconté alternativement du point de vue de l'époux infidèle et de la maîtresse. Bien entendu, leurs souvenirs divergent...

- Samedi matin, le quartier est tout blanc lorsque nous nous réveillons. Il n'y a que quelques centimètres de neige et elle ne tiendra pas longtemps, mais quand même, c'est bien joli.

- Dimanche, je boucle la récapitulation annuelle de ma compta pro de 2014. La bonne nouvelle, c'est que la vérification de mes soldes bancaires tombe juste du premier coup - presque un exploit si on considère que je fais tout à la main avec un immense registre et une calculette pour élève de primaire. La mauvaise nouvelle, c'est qu'entre 2013 et 2014, mon chiffre d'affaires a baissé de 10% pour la même quantité de travail (sachant qu'il avait déjà pris un bon coup dans l'aile entre 2012 et 2013). Disons que je m'estime heureuse d'avoir encore de quoi vivre très décemment, et n'en parlons plus.

- Le drame de la semaine: mini-MTLM a disparu à la laverie où Chouchou était allé faire sécher une lessive. Je ne suis pas aussi triste que lorsque nous avions perdu Régis 1er à Toulouse, mais presque.

- J'ai créé un groupe Facebook pour les copines qui suivent le 30 Day Shred avec quelques jours de décalage par rapport à moi. Le but: s'encourager mutuellement quand on aura l'impression de stagner ou pas envie de s'y mettre, mais aussi se réjouir ensemble des résultats obtenus.

Bonne semaine à tous.

dimanche 25 janvier 2015

La revue de presse du week-end #6




[ACTUALITE/SOCIETE] Avec une enfance pareille, les frères Kouachi avaient-ils la moindre chance de devenir des citoyens normaux, intégrés à la société française?

[CONSOMMATION] La vie de trois blogueurs mode norvégiens dans une usine de textile au Cambodge.

[INTERNET] Les fans de Humans of New York se mobilisent pour venir en aide aux élèves d'une école d'un quartier défavorisé(En anglais)

[PHOTO] 110 lieux sublimes qui donnent terriblement envie de voyager.

[SANTE] Un enfant australien diabétique vient de recevoir la première greffe de pancréas artificiel. (En anglais)

[STREET ART] A Nantes, une mystérieuses graffeuse nomme les plantes de son quartier - quelle jolie idée!

jeudi 22 janvier 2015

Failure is not an option




J'ai attaqué le niveau 2 du 30 Day Shred hier. C'était... horrible. 

Ce matin, je me suis pesée malgré ma résolution de ne pas le faire avant la fin du programme. Ca m'apprendra: je n'avais toujours pas perdu le moindre gramme. 

Du coup, ce midi, je n'étais pas du tout motivée pour retourner me faire massacrer par Jillian et ses "two best girls". Souffrir autant pour zéro résultat? 

Puis je me suis dit que onze jours, c'était un peu court pour juger. Que si je persistais et faisais toutes les séances, il allait forcément se passer quelque chose. Et que si l'aiguille de la balance n'était toujours pas descendue d'ici la fin du programme, je pourrais toujours aller voir mon généraliste pour explorer la piste d'un éventuel dysfonctionnement thyrroïdien. Mais qu'en attendant, envie ou pas, courbatures ou pas, j'allais bouger mes fesses. 

C'est un peu la tentative de la dernière chance pour moi. Je n'ai jamais été mince, mais si je continue à ce rythme, je vais devenir carrément obèse malgré mon alimentation ultra saine. Or, je n'ai pas envie d'être une grosse dame. Je n'ai pas envie d'être gênée à l'idée de me mettre toute nue devant mon amoureux. Je n'ai pas envie de ne plus supporter qu'on me prenne en photo à cause de mes mentons surnuméraires. Je n'ai pas envie de ne plus pouvoir m'habiller comme j'aime (et, accessoirement, de devoir refaire toute ma garde-robe). Je n'ai pas envie de ressembler encore plus à ma mère que maintenant. Je n'ai pas envie de me bousiller les articulations en leur faisant porter une trop grosse surcharge, et pas envie non plus d'aggraver mon risque de choper un cancer hormono-dépendant ou de faire un accident cardio-vasculaire.  

Je ne cherche pas à obtenir une silhouette filiforme, mais je veux redescendre à un poids où je suis modérément dodue et où je peux me stabiliser sans privations. Je veux récupérer une taille bien marquée et des bras qui ne ressemblent pas à des ailes de chauve-souris. Je sais que je n'y arriverai pas sans une activité physique régulière. Et de toutes les possibilités que j'ai testées jusqu'ici, les vidéos de Jillian sont de très loin ce qui me convient le mieux. Je peux les faire à la maison, sans personne autour de moi et à l'heure de mon choix. Il en existe un assez grand nombre pour que je puisse, après la fin du 30 Day Shred, les alterner sans m'ennuyer. C'est super intense mais court, donc l'excuse "je n'ai pas le temps" ne tient pas. Et je trouve le style de coaching vraiment stimulant (lire: "j'ai un petit crush sur Jillian ♥︎"). 

Alors ce midi, j'ai quand même fait ma séance, et ça ne s'est pas si mal passé. J'ai dosé mes efforts, exécuté au niveau débutant les exercices les plus difficiles, sauté pas très haut et plié pas très bas, mais j'ai tenu jusqu'à la fin. Et juste après, j'étais super fière: j'avais l'impression que si j'avais réussi ça, je pouvais réussir quasiment n'importe quoi, dans n'importe quel domaine. 

Même à l'époque où je faisais vingt heures de sport par semaine (plusieurs types de danse et d'arts martiaux), je n'ai jamais été particulièrement athlétique. Je ne pratiquais pas ces activités dans le but de me bouger, juste parce qu'elles me plaisaient en elles-mêmes. Et je me débrouillais bien, mais rien de remarquable. Mon corps, je l'ai toujours considéré comme un bagage un peu encombrant; je rêvais d'être juste un cerveau dans un bocal, avec peut-être quelques récepteurs sensoriels et basta. C'est sans doute la première fois de ma vie que j'entrevois qu'il pourrait être autre chose - une source de force mentale. Si je peux triompher de mes limitations physiques, le truc qui me pourrit le plus la vie depuis toujours, il n'est pas interdit de penser que je pourrais aussi triompher de mes angoisses, de mes blocages, de mes démons. C'est encore un peu vague dans ma tête et difficile à expliquer, mais je crois que je touche du doigt quelque chose de nouveau pour moi, quelque chose d'assez excitant pour que je n'aie pas envie de le lâcher. 

Cette fois, l'échec n'est pas une option. 

mercredi 21 janvier 2015

"Les pommes miracle"


"Bien qu'il ait grandi dans une ferme, Akinori Kimura ne se prédestinait pas à devenir agriculteur. Mais suite à son mariage, il finit par reprendre l'exploitation de son beau-père. Alors qu'il coule de beaux jours à la campagne, son quotidien est bouleversé quand il découvre avec horreur que son épouse est allergique aux pesticides employés pour la culture de leurs pommiers. D'abord par amour, puis par conviction, Akinori Kimura va changer totalement sa façon de concevoir son métier et son rapport à la nature..."

Tiré d'une biographie écrite par Takuji Ishikawa, ce manga en un seul tome aborde la question de l'agriculture biologique par le biais d'une expérience humaine individuelle. Akinori Kimura possède un esprit scientifique développé qui le pousse à tester mille et une alternatives aux pesticides, puis à établir des statistiques pour faire émerger les meilleures méthodes de production naturelles. Pendant dix ans, il essuie des échecs et entraîne sa famille dans la pauvreté sans jamais se décourager, parce qu'il croit en sa vision. Et sa ténacité finit par payer. Porteuse d'un message d'espoir pour l'environnement, l'histoire de ce petit personnage si sympathique est aussi émouvante qu'édifiante. Après "Daisy, lycéennes à Fukushima", les éditions Akata nous gratifient une fois de plus d'un manga intelligent qui ne se contente pas de divertir ses lecteurs. Je suivrai leurs prochaines publications de près. 

mardi 20 janvier 2015

J'ai testé: le 30 Day Shred - level 1




Pour savoir en quoi consiste le 30 Day Shred et les raisons qui m'ont poussée à me lancer là-dedans, cliquez ici

Jour 1 (10h15): J'appréhende un peu de commencer le programme, mais finalement, je ne suis obligée de m'arrêter qu'une fois, pendant 15 ou 20 secondes, à l'occasion de la seconde série de jumping jacks et de saut de corde. Je n'ai pas de mal à suivre les abdos, et le travail en force me fait trembler les muscles, mais je tiens. Bien sûr, je trouve quand même ça difficile d'enchaîner les exercices sans pause, mais comme le dit Jillian: "En chier, c'est le seul moyen d'obtenir des résultats". Durant le reste de la journée, ma fatigue et ma "lourdeur" musculaires s'intensifient. En allant me coucher, je sais déjà que je vais douiller le lendemain. 

Jour 2 (11h): J'ai dormi une heure et demie de plus que d'habitude. J'ai assez mal à la jonction épaule-pectoral et au bas des cuisses, sur l'avant juste au-dessus du genou. Le reste va à peu près. Durant la séance, je dois m'interrompre au même endroit que la veille. Les exercices de force qui sollicitent les endroits douloureux me semblent plus difficiles aujourd'hui - normal. J'arrive au bout de la séance en sueur mais contente de moi. Et alors que j'avais décidé de ne rien faire de spécial côté alimentation pendant cette période, je me surprends à réfléchir plus soigneusement avant de m'accorder un snack ou un goûter: les dix minutes de plaisir que va me procurer ce chocolat chaud-brioche valent-elles les trois quarts d'heure de fitness qui me seront nécessaires pour brûler les calories correspondantes? Côté crampes, celles de mes cuisses deviennent assez affreuses dans l'après-midi, et je grimace à chaque marche en descendant chercher mon courrier.

Jour 3 (17h30): Etrangement, j'ai un peu moins mal ce matin. Pas le temps de faire ma séance avant la fin de la journée. Petite frayeur pendant l'échauffement en sentant une douleur bizarre dans mon épaule droite, mais ça passe assez vite. Toujours obligée de m'arrêter une quinzaine de secondes au même moment. Sinon, RAS. Après coup, je m'offre un bain chaud pour délasser mes muscles.

Jour 4 (18h): Aujourd'hui mes cuisses vont bien, c'est le haut de mes bras qui me fait mal. Sans doute parce que je ne faisais pas mes (demi-)pompes correctement jusqu'ici. Cela dit, dans la bonne position, c'est difficile aussi. Parfois, j'ai même l'impression que je ne vais pas arriver à remonter. Dans la soirée, par curiosité, je regarde la vidéo du niveau 2, histoire de savoir à quoi m'attendre. Ca a l'air sensiblement plus dur, mais surtout dans les parties muscu et abdos qui sont celles qui me posent le moins de problèmes (et me paraissent les plus bénéfiques pour ce que j'ai). On verra bien!

Jour 5 (18h): Je me suis fait mal au dos en me levant ce matin, et je peux à peine m'asseoir sans hurler de douleur. Heureusement, ça disparaît pendant la journée (que je passe dans le train). Arrivée à Bruxelles, je me rends compte que les haltères que j'ai là ne font que 1 kilo, contre 1,5 kilo pour celles que j'utilisais à Toulon. Du coup, les exercices de muscu sont un peu plus faciles aujourd'hui. Les jumping jacks restent ma bête noire. Le soir, je décide de faire gyoza + soupe miso au lieu de gyoza + soba, notre combo habituel des jours où je reviens de Toulon. Ce sera toujours ça de gagné.

Jour 6 (12h30): La balance de Bruxelles indique 1,7 kilo de PLUS qu'une semaine avant le début de mon 30 Day Shred. WTF? N'empêche qu'aujourd'hui, pour la première fois, je viens à bout de la maudite double série jumping jacks/saut de corde sans m'arrêter une seule seconde; je suis fière!

Jour 7 (15h30): Je n'ai plus aucune courbature. Mes moches demi-pompes s'améliorent péniblement, et j'arrive à faire tout le reste au niveau avancé. Je récite les paroles de Jillian dans ma tête avant qu'elle ne les prononce, et je commence les exercices avec quelques secondes d'avance à chaque fois (le temps qu'elle les annonce et les explique). Bref, je suis à deux doigts de m'ennuyer.

Jour 8 (15h45): Ca devient presque trop facile. Je sens mon endurance s'améliorer petit à petit, et un semblant de souplesse revenir au niveau de mon écart facial.

Jour 9 (17h15): Mes demi-pompes deviennent vaguement décentes. A certains moments de la séance, j'arrive même à laisser mon esprit vagabonder.

Jour 10 (17h): Mauvaise nuit, très fragmentée. Je me lève fatiguée. J'ai de légères courbatures dans les bras, et mes genoux craquent pendant l'échauffement, mais je tiens la séance sans problème. Même si ça reste difficile, je me suis habituée aux mouvements.

Mes impressions jusqu'ici: J'aime beaucoup le style de coaching de Jillian, qui est dure juste ce qu'il faut. Elle pousse ses élèves, non par sadisme, mais parce que c'est le seul moyen pour qu'ils progressent - ce qu'elle explique très bien. Les exercices aussi sont pile poil du bon niveau pour moi: ni trop faciles, ce qui ne me servirait à rien, ni trop difficiles, ce qui me découragerait avant l'obtention du moindre résultat. 
Côté résultats, justement: après la pesée catastrophique du jour 6, j'ai décidé de ne plus monter sur une balance avant la fin du programme. Et comme j'ai oublié de prendre mes mensurations ou une photo en tenue moulante avant de commencer, je n'ai pas de moyen fiable de mesurer où j'en suis, concrètement. Ce que je sais, c'est que je sens mon endurance augmenter un peu chaque jour, et que c'est une motivation suffisante pour l'instant. 
J'avais déjà pratiqué des activités sportives où je me sentais bien après coup - contente de moi et pleine d'une "bonne fatigue". Mais ça n'a jamais suffi à me faire aimer ça, ni à me pousser jusqu'à la salle les jours de flemme. Là, je suis presque impatiente de faire ma séance chaque soir, sans doute parce que je ne m'ennuie pas et que j'ai vraiment l'impression d'avoir trouvé le meilleur rendement temps passé/résultat obtenu. 
Bref, j'ai hâte d'en découdre avec le niveau 2 à partir de demain!





"Rooms"


Après la mort de Richard Walker, patriarche égoïste qui avait fini abandonné de tous, sa famille revient à Coral River pour mettre un peu d'ordre dans ses affaires. Son ex-femme Caroline n'a jamais cessé de l'aimer, et elle est devenue alcoolique; sa fille aînée Minna n'a jamais cessé de le haïr, et elle est devenue nymphomane; son fils cadet Trenton ne l'a pas vraiment connu et cherche surtout un moyen de se suicider. Tout ce petit monde est observé par les fantômes qui hantent les murs de la maison. Eux aussi ont leurs secrets et leurs desseins inavoués...

"On se croirait dans un film de Wes Anderson, mais avec des fantômes", affirmait cette liste des meilleurs livres de fantasy et de fantastique parus en 2014. Il ne m'en a pas fallu davantage pour me procurer "Rooms", premier roman adulte d'une auteure qui sévit habituellement au rayon littérature jeunesse. Et c'est peu dire que j'ai été déçue. Le découpage de la narration par pièce de la maison m'a semblé complètement artificiel - un gimmick juste destiné à structurer l'histoire ou à justifier son titre. Les personnages imparfaits auraient pu être attachants; ils ne sont que dépourvus de consistance, vaguement irritants dans le meilleur des cas. Les révélations n'ont rien de fracassant ou d'original et tombent systématiquement à plat. Le style fait penser à celui d'une étudiante qui suivrait un cours d'écriture créative pour la première fois de sa vie. J'ai tenu jusqu'à la fin parce que j'espérais un twist qui justifierait l'ennui profond ressenti pendant trois cents pages - mais non, rien. Ce bouquin est une colossale perte de temps.

lundi 19 janvier 2015

Les brèves de la semaine #3




- Lundi, en posant des questions sur un contrat qui me semble contenir une erreur, je découvre qu'un de mes éditeurs a changé son mode de comptage et me règlera désormais 50 feuillets de moins par tome de la série que je traduis pour lui. Je demande un délai de réflexion pour décider si j'accepte ou non la traduction concernée. Aussitôt, on me propose une augmentation du tarif au feuillet (qui n'avait pas bougé depuis... au moins dix ans). Mais cet incident renforce mon envie de trouver de nouveaux clients et/ou de développer enfin une activité secondaire.

- Mardi matin, je suis réveillée par "Mme Munoz, qui voudrait vous parler du salut de votre âme". Je crains que ma réaction ne me vaille quelques années de purgatoire supplémentaires.

- Mardi après-midi, dans un nouveau magasin de japonaiseries toulonnais, je craque pour un paquet de Pocky mauves. A quoi peuvent-ils bien être parfumés? Mystère. (A la patate douce violette, suggère Zéphine sur Instagram.) En tout cas, ils seront sûrement très photogéniques.

- Mercredi matin, il n'y a bien entendu plus de Charlie Hebdo quand j'arrive au point presse de Monpatelin. "Mais Je Suis Charlie, rigole le monsieur derrière le comptoir en me montrant le badge épinglé sur sa poitrine. Je veux bien vendre mon corps si ça peut aider." C'est beau, l'esprit de sacrifice.

- Après ça, j'attaque la traduction d'un nouveau roman... dont l'auteur se l'est auto-dédié. On n'est jamais si bien servi que par soi-même.

- "Art de vivre et découvertes bio", a priori, ça aurait dû me plaire... Mais malgré sa très jolie couverture, le premier numéro de "Green Attitude" m'a juste profondément ennuyée.

- Quand je débarque à Bruxelles jeudi après-midi, il pleut et je n'ai pas de parapluie. Une heure plus tard, la police belge lance différents assauts anti-terroristes. Si j'avais su, j'aurais plutôt dit à Chouchou de me rejoindre à Monpatelin (où l'événement le plus dramatique de la semaine sera probablement l'arrêt de la fabrication de la brioche des rois jusqu'à début janvier prochain).

- Testé vendredi midi: la pizza à la betterave. Verdict? Moui, bon, bof.

- Vendredi soir, la communauté des apéros au bar de l'Hôtel Le Berger s'agrandit. Nous nous serrons à sept autour de la table près de la fenêtre pour papoter pendant trois bonnes heures, jusqu'à ce que la faim nous pousse vers le Pho-Pho où nous passons encore deux heures à discuter autour de soupes fumantes. Toutes les fins de semaine devraient être aussi joyeuses que ça.

- Les collants en modal 180D d'Etam (actuellement soldés à -30%), sont extraordinairement confortables et d'une épaisseur idéale pour tenir chaud aux jambes tout en évitant l'effet Bibendum. En plus, ils contiennent assez d'élasthane pour accommoder sans problème les cuissots dodus comme les miens. Si j'avais su, j'en aurais acheté plusieurs.

- Samedi à une soirée raclette chez M&M's, je mange du fromage de martien (en vrai: du gouda au pesto). C'est vert, très vert!

- Dimanche après-midi, nous allons voir la sympathique expo Belgian Street Photography au musée Belvue (jusqu'à dimanche 25/01, entrée gratuite).

Bonne semaine à tous. 

dimanche 18 janvier 2015

30 Day Shred: introduction


Début janvier, j'avais atteint le pire poids de toute ma vie: plus ou moins 70 kilos pour 1,54m. J'ai une alimentation super saine, et je sais très bien que le problème vient de ma grande sédentarité: certaines semaines, je ne mets pas le nez dehors pendant 5 jours d'affilée...
Entre novembre 2013 et juillet 2014, j'ai fréquenté une salle de gym où j'ai fait du Pilates et de la natation; j'avais perdu environ 5 kilos, mais je détestais tellement ça que j'ai fini par laisser tomber.
Pensant que des vidéos d'exercices à la maison conviendraient mieux à mon tempérament asocial et mes horaires flottants, j'ai essayé de faire un peu de fitness avec la chaîne YouTube de Jessica Smith, mais je manquais d'un cadre bien établi.
Puis une amie également très en surpoids m'a parlé du programme 30 Day Shred qu'elle venait de finir: elle en avait bavé, mais elle avait perdu 7 kilos dans le mois, beaucoup gagné en tonicité, et surtout, elle avait eu l'air de trouver ça plutôt fun. D'ailleurs, elle enchaînait sur un autre programme de la même coach. Je me suis dit: pourquoi ne pas essayer aussi?

Le 30 Day Shred, c'est quoi?
Un programme de fitness conçu par Jillian Michaels (entraîneur célèbre aux USA, notamment pour avoir été coach dans l'émission de télé-réalité "The biggest loser" où deux équipes s'affrontaient sur le thème de la perte de poids). Il se compose de 3 vidéos d'exercices - niveau 1, 2 et 3 - à faire à la maison, pendant 10 jours d'affilée chacune. Les séances durent une grosse vingtaine de minutes, et bien entendu la difficulté augmente au fur et à mesure.
Le principe est celui de l'interval training: on alterne, sans prendre aucun temps de repos, trois rotations de 3 minutes de muscu / 2 minutes de cardio / 1 minute d'abdos. De la même façon, on ne s'accorde aucun jour de repos durant le programme: le but est de "bousculer" le corps, de le mettre sous stress pour l'obliger à changer très vite et à perdre du gras.
Pour le matériel, il est minimal: une tenue de sport, une paire de petites haltères (1 kilo, c'est bien), et de préférence un tapis de gym. C'est tout.

Le 30 Day Shred, ça s'adresse à qui? 
- Les gens qui ont des kilos en trop (pour de vrai, pas selon les critères de ELLE Magazine) et veulent perdre du gras avant de commencer à se muscler vraiment.
- Les gens qui veulent bouger mais ont peu de temps à consacrer à une activité physique.
- Les gens qui ont déjà fait assez de sport pour avoir une posture correcte et ne pas risquer de se blesser en l'absence de prof pour les corriger.
- Les gens qui n'ont pas de problème physique particulier (cardiaque ou articulaire, notamment).
- Les gens qui comprennent un minimum l'anglais - les explications ne sont pas difficiles et Jillian articule très bien.

Le 30 Day Shred, ça se trouve où? 
Le DVD est en vente sur Amazon. Mais on peut aussi accéder gratuitement aux vidéos de niveau 1 et 2 sur YouTube, et dénicher celle du niveau 3 sur Vimeo.

A très vite pour un compte-rendu de mon expérience!

La revue de presse du week-end #5


 


[ACTUALITE] Entre Anonymous et les djihadistes, la guerre est déclarée.  

[ACTUALITE] C'est vrai que les actes racistes se sont multipliés ces derniers jours, mais il y a eu aussi de jolis gestes comme celui-là.

[ART] Une artiste tchèque met de la fantaisie dans des photos de New-York en dessinant dessus.

[ART] Mademoiselle Maurice fait de l'origami dans la rue, et c'est magnifique.

[ECONOMIE] Une analyse argumentée mais peu optimiste du déclin de la société occidentale

[HUMOUR] Après s'être incrusté au premier rang de la marche de dimanche dernier, Sarko photobombe des images célèbres.

[PHOTO] Le compte Instagram décalé de la semaine, c'est celui de Skellie, squelette über girly

[SANTE] Parce qu'il fallait quand même une bonne nouvelle en ce début d'année tout pourri: l'université de Stanford vient peut-être de trouver un moyen de guérir la maladie d'Alzheimer. (En anglais)

samedi 17 janvier 2015

"Le maître des livres"


A la bibliothèque de la Rose Trémière, spécialisée dans la littérature jeunesse, officie un employé pas comme les autres. Certes, Mikoshiba est coiffé comme un champignon et particulièrement peu aimable, mais il possède un don rare pour mettre entre les mains de chaque visiteur le livre qui saura résoudre ses problèmes et l'aider à changer sa vie...

Ode au pouvoir transformateur de la littérature, "Le maître des livres" rassemble autour de son revêche et mystérieux héros toute une galerie de personnages secondaires un peu paumés, qui seront sauvés de leurs démons par un roman bien choisi et deviendront des habitués de la Rose Trémière. Ainsi se créera petit à petit une communauté de lecteurs passionnés qui viendront à leur tour en aide aux nouveaux visiteurs. Ce manga très sympathique compte pour l'instant 3 tomes parus en français - le 4ème étant prévu pour courant mars. 


vendredi 16 janvier 2015

"Dis-lui que je l'attends"


"Satoshi, bientôt trentenaire, est propriétaire d'une boutique de plantes aquatiques, job dont il a toujours rêvé. Mais il peine à trouver le grand amour et reste hanté par le souvenir de ses deux amis d'enfance qu'il n'a pas revus depuis quinze ans. Un jour, une actrice et mannequin reconnue sonne à la porte: elle cherche un petit boulot et un toit pour la nuit. Satoshi est troublé: pourquoi cette jeune femme s'intéresse-t-elle à lui? Et pourquoi ne la voit-il jamais dormir?"

J'avais adoré "Je reviendrai après la pluie"; alors, en dépit de la malédiction qui veut que le deuxième roman d'un auteur semble toujours décevant aux fans du premier, je me suis laissé tenter par "Dis-lui que je l'attends" à l'occasion de sa récente sortie en poche.

Tout de suite, j'ai été happée par la fraîcheur de ce roman. Dieu sait pourtant que je déteste les histoires à l'eau de rose, mais la délicatesse des sentiments japonais prête à celui-ci une touche d'exotisme bienvenue, et se marie particulièrement bien avec l'évocation nostalgique d'une amitié d'enfance hors normes. Je suis facilement touchée quand un auteur aborde avec talent un sujet qui m'est proche; ici, Takuji Ichikawa a réussi à me remplir d'une émotion immense avec une chose qui m'est totalement inconnue, à susciter en moi l'écho d'un son que je n'ai jamais entendu. C'était étrange et délicieux à la fois.

A travers une histoire d'amour onirique, née au milieu des ordures mais capable de transcender le temps et l'absence, il parle aussi de la beauté cachée des choses et des gens, de solitude et de liens, de la quête de Satoshi et de ses amis pour trouver leur chemin - leur place dans la vie et auprès des autres. Au final, il signe un livre léger en apparence, mais qui touche très profondément.

"C'était Yûji qui nous avait réunis, Karin et moi, de même que cette fois-ci, c'était moi qui réunissais Karin et Yûji. Tout avait un sens, nous n'étions pas éparpillés, nous étions tous reliés. Le monde n'était qu'un grand ensemble de réactions chimiques variées, dans lequel chacun était le catalyseur des autres. Voilà ce que cela voulait dire, d'être en vie. "

jeudi 15 janvier 2015

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (7)




1. L'Oasis, Toulon 2. Used Books Café, Paris 3. Sucré Salé, Bruxelles 4. Exki Luxembourg, Bruxelles 5 et 10. Hôtel Le Berger, Bruxelles 6 et 15. La Théière, Toulon 7 et 13. La fabbrica di Marco, Toulon 8. Doraku, Paris 9. Maison Prestige, Bruges 11. Kosmos, Bruxelles 12. Praia da Luz, Porto 14. Le Chantilly, Toulon

mardi 13 janvier 2015

Thé: état des stocks au 1er janvier




Prenant exemple sur Shermane (dans le but, d'ailleurs, de procéder à un échange d'échantillons avec elle), j'ai dressé une liste des thés que j'avais dans mes placards à Bruxelles et à Monpatelin. Les stocks me semblaient plutôt raisonnables depuis le dernier grand ménage, et en fait, euh, non, rien. 

Thé verts nature
- Mao Feng (Tea Pigs) ★★
- Kukicha (Comptoir Florian) ★★★
- Pilo Chun (Nong Cha) ★★★
- Bouddhiste (L'Oasis des Saveurs) ★★

Thé verts parfumés
- You Zi Hua Cha (Nong Cha), fleur de pamplemousse ★★★★
- Temple Céleste (L'Univers du Thé) fruit de la passion, pêche de vigne, fraise des bois, bleuet ★★★
- Trois Empires (Theodor) datte, fleur d'oranger, fleur d'osmanthe ★★
- Sables émouvants (Café Liégeois) menthe, fleur d'oranger ★★
- Orange-bleuet (La Vie Claire) ★★★
- Abricot-pistache (Terre d'Oc) ★★
- Bergamote-fleur d'oranger (Terre d'Oc) ★★
- Thé des Gnawa (L'Herboristerie) menthe, agrumes, ginseng, gingembre, aloe vera ★★★
- Rhubarbe (A.C. Perch)
- Summer tea (A.C. Perch) fraise, orange ★★
- Orient-Express n°2 (Dammann Frères) jasmin, litchi, pamplemousse, pêche, rose ★★
- Earl Grey (Palais des Thés) bergamote, bleuet ★★
- Thé du Hammam (Palais des Thés) datte, fruits rouges, fleur d'oranger, rose ★★★
- Thé des Alizés (Palais des Thés) pêche blanche, kiwi, pastèque ★★★
- Menthe glaciale (Palais des Thés) ★★★
- Rêve d'été (L'Autre Thé) fraise, pêche, ananas, fleurs de tournesol
- En attendant la pluie (Cha Yuan) agrumes, gingembre, menthe, citronnelle ★★★
- Voyage à Tokyo (George Cannon) - pas encore goûté
- Blue dragon (Mùi) ananas, mangue, fruit du dragon, calendula ★★
- Ginseng-orange sanguine (Mùi) ★★★★
- Aloe vera-kiwi (Mùi)
- Jasmine pearls (Tea Pigs) ★★
- Jasmin bio (?) ★★

Mélange thés vert + blanc parfumés
- Bon baisers de Paris (L'Autre Thé) violette, framboise ★★
- Jardin des Hespérides (L'Autre Thé) pamplemousse, mandarine, citron, orange, souci
- Igloo (Thé Box) orange, mandarine, bergamote, rose, litchi, vanille, bleuet ★★★★

Thés blancs parfumés
- Roi du thé au jasmin (Nong Cha) aiguilles argentées ★★★
- Mojito (Terre d'Oc) menthe, fraise, rhum - pas encore goûté

Thés noirs parfumés
- Pomme d'amour (Dammann) pomme caramélisée, marasquin ★★
- Cassis (Javana) ★★★

★★★★= j'en rachèterai impérativement une fois le sachet fini
★★★= j'en rachèterai peut-être, mais pas tout de suite
★★= je vais finir le sachet, mais je n'en rachèterai pas
= je n'adore pas, je vais faire circuler

Cette liste n'inclut pas mes tisanes (on m'en offre parfois, mais je n'en bois guère), ni les thés acquis depuis le début de l'année (une commande chez Chakai Club, une autre chez Mûi Concept), ni les très petites contenances qui me restent de l'époque de mes abonnements à des box. 

lundi 12 janvier 2015

"Un océan d'amour"


"Chaque matin, Monsieur part pêcher au large de côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette."

Depuis plusieurs mois déjà, je voyais passer des critiques dithyrambiques sur "Un océan d'amour". Boulet chantait ses louanges sur Twitter, mon libraire y allait de son autocollant Coup de Coeur... Mais moi, les histoires sans paroles, c'est carrément pas mon truc. Et le synopsis n'avait rien pour me harponner (pardon) non plus. Puis, au détour d'un rayon de la Fnac où j'étais venue chercher tout autre chose, mon regard s'est posé sur le nom de Lupano, en haut à gauche de la couverture. Attendez... Lupano, le génial scénariste des "Vieux fourneaux" et d'"Azimut"? Mmmh. Ca méritait une enquête plus approfondie. J'ai pris l'objet en main. J'ai parcouru les premières pages. Moins de dix secondes plus tard, je l'emportais à la caisse. 

Je dois l'avouer, je me méfie des ouvrages qui font l'unanimité de la critique. Par exemple, "5000 kilomètres par seconde" (primé à Angoulême en 2011) ou plus récemment "Cet été-là" m'ont laissée de marbre. Mais cette fois, je dois me rallier à l'avis général: "Un océan d'amour" est un bijou - et même pas un petit, puisqu'il compte 200 pages. Une épopée transatlantique rocambolesque et bourrée de tendresse où les situations cocasses alternent avec les catastrophes écologiques, où l'on croise une diseuse de bonne aventure qui pratique la divination dans les crêpes bretonnes et une mouette vengeresse qui repêche les détritus pour les laisser tomber sur la tête des pollueurs, où l'huile de sardines permet de s'évader quand on est menotté à fond de cale et où un don pour le crochet pourrait faire de vous la nouvelle protégée de Fidel Castro.

Lupano confirme ici le bel humanisme qu'on trouvait déjà dans "Les vieux fourneaux"; quant à Panaccione, ses dessins sont assez éloquents pour pouvoir se passer du moindre mot. On émerge de cet "Océan d'amour" le coeur gonflé d'émotion en se disant qu'on sera bien chanceux, plus tard, de s'aimer autant que le minuscule pêcheur aux lunettes en cul de bouteille et son ample bigoudène prête à tout pour le retrouver.






Les brèves de la semaine #2




- Mardi dans le Bruxelles-Nice, la dame d'âge mûr assise près de moi a mangé un sandwich au jambon la tête enfouie dans un grand sac en papier brun posé sur la tablette devant elle, puis bu une immense canette de Kro enveloppée de Sopalin pour en masquer (imparfaitement, donc) la marque. Euh, OK.

- Mardi, toujours: Je me serais bien passée de la facture de 400€ pour la nouvelle peinture des cages d'escalier - surtout que j'avais voté contre à la dernière assemblée générale, mais bon, les joies de la copropriété... Si on ajoute que nous avons également dû débourser plus de 120€ de réparations pour notre lave-vaisselle de Bruxelles, et que mon assurance habitation a pris +50% par rapport à 2014, l'année démarre sous des auspices financiers peu prometteurs!

- Mercredi matin, jour de marché. L'un des pas-si-petits plaisirs du mois de janvier, c'est cette brioche des rois que j'adore et qu'on ne trouve qu'en Provence. La frangipane? Il ne faut même pas m'en parler. Et sinon, j'aurai attendu d'avoir presque 44 ans pour découvrir qu'il existe des anémones de toutes les couleurs, pas seulement des violettes. Mieux vaut tard que jamais.

- Mercredi midi: Charlie. Putain, Charlie. C'est pas possible. Charlie...

- Dans la seconde moitié de la semaine, le coup de massue de l'actualité m'a rendue très improductive. J'ai assuré le boulot et laissé tomber tout le reste. Mais j'ai été ravie de constater que je n'avais pas de fachos ou de théoristes de la conspiration planqués parmi mes contacts Facebook (triés sur le volet, il est vrai) et que même les gens que je pouvais imaginer indifférents à ce genre de drame manifestaient une forte émotion.

- Samedi, je me suis accordé une sortie en ville pour me remettre de mes émotions. Quelques bouquins et une nouvelle carte SD à la Fnac, un bon déjeuner à La fabbrica di Marco avec Kiki, une petite robe bordeaux et une jupe kaki sublime en soldes, un thé glacé/lecture au Chantilly. Un manteau porté sur le bras toute la journée tant il faisait chaud. Et puis aussi, une poignée de pancartes "Je suis Charlie" chez des commerçants qui m'étaient déjà sympathiques avant, ainsi qu'un placard "Toulon avec Charlie" sur les affiches de voeux du Nouvel An de la mairie.

- Dimanche, j'aurais aimé aller marcher avec des millions d'autres gens, mais j'avais peur de faire une attaque de panique dans la foule. Je l'ai bien regretté en voyant ces photos qui m'ont émue aux larmes. A mettre de côté pour les jours où ma foi en l'humanité vacillera de nouveau.

Bonne semaine à tous.

dimanche 11 janvier 2015

C'est le premier pas qui coûte le plus




Deux petites "épreuves" m'attendaient en ce début janvier. 

Juste avant Noël, j'avais achevé une traduction très difficile, que j'étais censée relire cette semaine-là puisque de toute façon nous ne faisions rien de spécial pendant les fêtes. Comme je soigne beaucoup mon premier jet, d'habitude, la phase de relecture n'est qu'une simple formalité: virer les coquilles, supprimer quelques répétitions, changer un terme du lexique si j'ai trouvé mieux entre-temps... Deux jours me suffisent pour un ouvrage de 500 feuillets. Là, j'avais plusieurs casse-tête à prendre en compte, des problèmes de changements de temps, de neutralité de genre en français, mais aussi de conventions de mise en forme. J'appréhendais grave; du coup, j'ai repoussé à la rentrée sous prétexte que j'avais jusqu'au 15 janvier pour rendre ma traduction et que "ça ne me ferait pas de mal de prendre un peu de recul par rapport au texte". Mon fondement, oui. La vérité, c'est que je bloquais d'avance sur la première phrase du premier chapitre, qui sonnait bizarre si on la traduisait au plus près de l'anglais, mais qui dénaturait le style de l'auteur si on la traduisait en ce que j'appelle le "français fluide" (et que je privilégie d'habitude). J'étais comme un cheval qui se dérobe devant le premier obstacle du parcours.

Puis le lundi de la reprise est arrivé, et comme j'avais un planning à tenir, il a bien fallu que je m'y mette. J'ai pris cinq minutes pour trancher sur cette foutue phrase dans la douleur, et après ça, j'ai enchaîné 120 pages sans grosse difficulté en quatre heures environ. La suite a été plus laborieuse, mais à cause de l'actualité obsédante plutôt que du travail lui-même. Au final, j'ai bouclé cette relecture de près de 800 000 signes en quatre jours. Et en ayant joint, pour la première fois de ma carrière, une notice d'explications de plusieurs pages à l'éditrice - mais peu importe. Il me semble avoir fait du bon travail, et le plus dur, ça a été cette fameuse première phrase. Le reste se résumait essentiellement à un exercice de vigilance. 

Autre épreuve redoutée par avance: le 30 Day Shred. Il s'agit, en gros, d'un programme d'exercices à la maison basé sur le principe de l'interval training: on alterne les abdos, les exercices de muscu et le cardio sans interruption, pour forcer le corps à s'adapter sans cesse et provoquer une "fonte" de la graisse. Les séances durent moins d'une demi-heure et ne nécessitent pas d'autre matériel qu'une paire de petites haltères. Des copines l'avaient fait en fin d'année et rapportaient des résultats fantastiques, bien qu'obtenus dans la souffrance. "Certains jours, lever un verre d'eau me faisait mal", disait l'une d'entre elles. Etant à peu près au pire poids de toute ma vie, j'ai décidé de tenter le coup aussi en janvier, dès le retour de Porto. Sauf que j'ai commencé par être trop occupée à Bruxelles, et le lendemain de mon arrivée à Toulon, le jour même où je comptais m'y mettre, il y a eu la fusillade de Charlie Hebdo qui m'a empêchée de décoller de mon ordinateur pendant trois jours.

Hier, je devais passer la journée en ville. J'ai profité des soldes pour acheter une jupe sublime mais légèrement trop juste pour moi (c'était la dernière et je la voulais vraiment), en me disant ça me ferait une motivation supplémentaire. Ce matin, je n'avais plus aucune excuse, et je voulais absolument rentrer dans ma jupe sublime. Je me suis levée de bonne heure; j'ai bu mon thé en faisant mon tour habituel sur internet; puis j'ai pris une demi-dose de créatine gracieusement fournie par Chouchou, enfilé ma tenue de sport et lancé la vidéo du niveau 1 en me disant "Quand faut y aller, faut y aller". Et tout s'est bien passé. J'ai tenu les abdos sans problème; mes muscles ont brûlé et tremblé durant les exercices de force, mais j'ai pu aller au bout; la seule fois où j'ai dû m'interrompre, c'est pendant le cardio - la deuxième répétition jumping jacks/saut de corde ne passait juste pas. J'ai fini crevée mais pas hachée menu, même si j'aurai sans doute des crampes demain (c'est là qu'on va voir l'efficacité de la créatine, ou pas).

Ces exemples d'autant plus flagrants que très rapprochés dans le temps me font repenser à toutes les idées que j'ai eues et jamais mises en pratique parce que j'anticipais la myriade de difficultés que je pourrais rencontrer. A la base, je suis une grosse feignasse velléitaire. Je ne me décide à faire les choses qui vont me coûter des efforts qu'avec un fusil dans le dos (une deadline, l'approche d'une dizaine redoutée sur la balance). Pourtant, je commence à me dire que si ça se trouve, elles m'en coûteraient beaucoup moins que je ne le redoute. Et que le couple infernal de mes démons personnels - Madame Paresse & Monsieur Pessimisme - me fait passer à côté de beaucoup d'expériences enrichissantes. Parfois, il suffit de se mettre en route pour se rendre compte que le chemin est bien moins ardu que prévu.

La revue de presse du week-end #4 - spéciale Charlie Hebdo


Dessin de Lucille Clerc

Qui est à l'origine du fameux slogan "Je suis Charlie"

"Je ne suis pas Charlie": un des articles qui m'a le plus parlé dans les heures qui ont suivi le drame. 

"Ils ont abattu des gens qui étaient en train de parler de lutte contre le racisme": le témoignage du médecin urgentiste, proche de la rédaction, qui est arrivé le premier sur les lieux.

"On n'est pas d'accord avec Charlie Hebdo? On répond à l'art par l'art, à l'écrit par l'écrit, pas par de la haine et du sang": la réaction de l'imam de Drancy.

La communauté musulmane se sent "prise entre deux feux convergents qui s'alimentent".

"Il arrivait que l'on dise aux collègues: je vous aime", confie Zineb El Rhazoui dans un témoignage dont les anecdotes montrent toute l'humanité, toute la générosité des disparus.

Peu de temps avant la fusillade, elle donnait une visite guidée des locaux clandestins de Charlie Hebdo, avec une conclusion qui fait froid dans le dos rétrospectivement...

22 hommages de dessinateurs français et étrangers aux victimes de l'attentat.

Et pour terminer sur une note légère (et néanmoins pleine de bon sens): le Top 20 des tweets de Dieu pour qu'on arrête de faire des conneries en son nom.

vendredi 9 janvier 2015

"The Rabbit Back literature society"


Il y a 30 ans, Laura White créait dans la petite ville finlandaise de Rabbit Back une Société de Littérature destinée à accueillir dix membres seulement: des élèves de primaire que cette auteure de livres pour enfants célèbre dans le monde entier formerait à devenir de brillants écrivains. Mais la Société n'a jamais eu que neuf membres... Jusqu'au jour où Ella Milana, jeune enseignante qui se débat avec le douloureux diagnostic de sa stérilité, est choisie pour compléter le groupe. Le soir de sa présentation officielle, Laura White disparaît au coeur d'une tempête de neige à l'intérieur de sa propre maison, et Ella entreprend de fouiller dans les secrets de la Société. En quoi consiste l'étrange Jeu aux règles si sévères que les neuf premiers membres évitent désormais tout contact les uns avec les autres? Et pourquoi l'histoire se modifie-t-elle toute seule à l'intérieur de certains des livres de la bibliothèque locale? 

"The Rabbit Back Literature Society" est le premier roman que j'aurai lu en 2015, et j'espère bien qu'il augurera de la qualité de l'ensemble de l'année. Il faut dire qu'un roman scandinave parlant de livres, d'écrivains et de bibliothèques avait, d'entrée de jeu, de sérieux atouts pour me séduire. Et ce n'était pas les seuls. En s'appuyant sur le folklore nordique pour créer des phénomènes à la frontière du rêve éveillé et du surnaturel, Pasi Ilmari Jääskeläinen tisse une atmosphère très particulière de conte de fées inquiétant, dans lequel évoluent une héroïne anesthésiée par le froid de son propre coeur et des personnages secondaires excentriques juste ce qu'il faut. Son histoire, qui reste imprévisible jusqu'à la dernière page, donne à réfléchir sur la fiabilité de la mémoire, sur la façon dont on peut occulter des souvenirs ou se convaincre soi-même d'un mensonge et bâtir toute son existence dessus. J'aurais pu me sentir frustrée par l'absence d'explication à certains mystères, mais je me suis très bien accommodée de ne faire que l'entrevoir, parce que le véritable intérêt du roman n'était pas là. Si je ne suis pas du tout certaine que l'envoûtement de Rabbit Back fonctionnerait sur n'importe qui, pour ma part, j'ai totalement succombé à son charme étrange. 

[PORTO] Guide de voyage




Avertissement:
Porto est une ville tout en escaliers, qui monte et qui descend constamment (j'ai trouvé ça encore pire qu'à Istanbul, plutôt du niveau de San Francisco ou de Lisbonne). Je vous conseille de prévoir de bonnes chaussures de marche et du temps pour vous rendre d'un point à un autre, même s'ils ne sont distants que de quelques centaines de mètres à vol d'oiseau. Les transports en commun ne vous aideront guère dans le centre. 

Alimentation:



- La cuisine locale est très "viandarde". Mis à part les repas que nous avons préparés nous-mêmes dans notre logement airBnB, je n'ai pas réussi à manger végétarien une seule fois. Non seulement ça, mais souvent, il y a 2 voire 3 sortes de produits carnés dans un même plat. Exemple: la Francesinha, spécialité de Porto, est une sorte de croque-monsieur qui en plus du jambon et du fromage contient un bifteck et de la saucisse, plus parfois un oeuf au plat, le tout baignant dans une sauce tomate piquante à la bière. Autant dire que ce n'est pas léger-léger. Autre exemple: une fois, j'ai commandé un "hot-dog traditionnel": le pain était garni de saucisse, mais aussi de jambon et de fromage! Du coup, je n'ai pas osé demander ce que contenait le "hot-dog spécial" également à la carte. Et que dire de cette publicité pour une pizza au chorizo à la croûte garnie de mini-saucisses?

Adega Vila Mea, rua dos Caldeireiros 62

- Les amateurs de poisson se régaleront, notamment de bacalhau (morue), mais aussi de sardines, de calmars et de pleins d'autres produits de la mer à la fois très frais et très bon marché. A déguster dans les adegas (sorte de tavernes familiales) ou les restaurants du bord de mer à Matosinhos.
- S'il y a des magasins de fromage, de charcuterie et de vin à tous les coins de rue, il est bizarrement très difficile de trouver des magasins d'alimentation générale pour faire des courses "normales", et nous n'avons vu ni night shops, ni traiteurs proposant des plats à emporter (asiatiques ou autres). 

Geocaching:
Porto n'est pas très riche en géocaches, alors qu'il y aurait tant d'endroits où les dissimuler! Les deux plus remarquables que nous avons faites se trouvaient à la Fabrica Social et près de la Maternidade Julio Dinis. 

Langage:
Dans les commerces, la plupart des gens baragouinent un peu d'anglais ou de français, mais rarement plus. Cela dit, le portugais étant une langue d'origine latine, les inscriptions sont souvent assez faciles à comprendre pour les francophones (encore plus si vous avez quelques notions d'espagnol). 
Logement:
- Ma copine Marika nous avait chaudement recommandé le Gallery Hostel, beau, ridiculement pas cher, super sympa et où l'on mange très bien en demi-pension. Mais quand on a voulu réserver, il ne restait pas de place pour les dates de notre voyage.
- Nous avons donc séjourné dans un des 8 appartements du Mouzinho 134, résidence gérée par Luis et sa mère Eugenia qui parlent tous les deux un français excellent. Pour à peine 45€ la nuit (environ 50 en comptant les frais airBnB et le ménage final), nous avions un deux pièces spacieux, dans de l'ancien superbement rénové, situé à moins de cinq minutes à pied de la gare ferroviaire et de la station de métro Sao Bento. Plancher en bois sombre, murs blancs lumineux, lit et canapé confortables, dressing monsieur/madame, wifi sans souci, cuisine équipée (frigo, plaques chauffantes et vaisselle de base, mais aussi bouilloire, cafetière, grille-pain, lave-vaisselle, plus de quoi prendre un premier apéro)... Tout était impeccable, l'accueil y compris: Eugenia nous a même fourni un plan du centre avec ses bonnes adresses! Nous nous sommes sentis comme chez nous, et nous avons aimé traîner dans cet appartement bien plus que nous ne l'aurions fait dans une chambre d'hôtel.


Météo:
Ciel bleu sans le moindre nuage et 18° le Jour de l'An. Porto (et le Portugal en général), c'est une chouette destination pour faire le plein de lumière en hiver. Par contre, pas sûre que je m'y risquerais en plein été. 

Shopping:
- Je ne m'étais pas ruinée à Lisbonne il y a 4 ans, je ne me suis pas non plus ruinée à Porto cette fois. Mis à part les torchons brodés auxquels je trouve un certain charme, l'artisanat local est peu attrayant: de la maroquinerie en liège, vraiment?


- Les deux grandes rues commerçantes piétonnières n'ont aucun intérêt. Dans la rua Santa Catarina, H&M et Rituals côtoient un entrepreneur de pompes funèbres et une boutique de poupées flippantes; rua Cedofeita, on fait plutôt dans la droguerie et les articles de ménage.


- A rapporter dans sa valise: du vin de Porto, évidemment (il en existe une myriade de types différents), du fromage et de la charcuterie (les meilleurs magasins se trouvent dans la rua Formosa, près du marché couvert de Bolhao que j'ai trouvé assez peu engageant), mais aussi des sardines, du chocolat et des savonnettes aux emballages rétro, ainsi que de ravissants cahiers d'écolier à l'ancienne, tous en vente chez A vida portuguesa (voir plus bas).
- Le Portugal faisant partie de la zone euro, vous n'aurez pas de conversion alambiquée à faire de tête, et pas non plus de frais bancaires à acquitter. En revanche, attention: beaucoup de commerces n'acceptent pas les cartes de crédit, seulement le liquide. 

A faire:


- S'offrir une dégustation aux caves de Porto, qui se trouvent en réalité à Vila Nova de Gaia, sur la rive opposée du Douro. On y accède soit par la ligne D du métro, soit en franchissant à pied l'impressionnant ponte Dom Luiz I au double tablier (bas pour les voitures, haut pour les piétons). Afin de s'épargner une remontée pénible, il est conseillé de prendre le petit téléphérique qui relie les quais à la station de métro et à l'extrémité du pont (5€ l'aller simple).



- Se promener le long du cais da Ribeira avec ses jolies façades et sa belle vue sur le Douro. A la tombée de la nuit, s'arrêter pour boire un verre à l'étage du Peter Sport Café, où la salle est très cosy dans le genre maritime et où les cocktails sans fioritures mais excellents coûtent à peine 4,90€.


- Passer à la librairie Lello (rua das Carmellitas 144), sûrement une des plus belles du monde avec son double escalier incurvé rouge et son plafond en bois ouvragé orné d'un vitrail. Attention: les photos n'y sont autorisées que les jours de semaine, entre 9h et 10h du matin. Le reste du temps, si vous essayez d'en prendre, vous vous ferez sévèrement rappeler à l'ordre par le tenancier du mini-café situé à l'étage.






- Acheter des souvenirs rétro chez A vida portuguesa (rua Galeria de Paris 20).





- Admirer le street art rua das Flores, mais aussi au bout de la rua de Miguel Bombarda, et un peu partout dans le reste de la ville - ouvrez l'oeil!


- Prendre le tram n°1 délicieusement rétro jusqu'à son terminus de Foz (2,50€ l'aller simple), et déambuler le long des plages de l'Atlantique.




- Visiter le Centre de la Photographie Portugaise, situé à l'intérieur d'une ancienne prison (campo dos Màrtires da Pàtria). C'est gratuit, bien que fermé durant la pause déjeuner, et le dernier étage abrite une magnifique collection d'appareils photo anciens.

Documentation:
Les guides sur Porto ne sont pas légion, du moins en français. Pour préparer notre voyage, nous nous sommes contentés du Cartoville

Beaucoup des photos utilisées dans ce billet sont l'oeuvre de Chouchou; vous pouvez en admirer d'autres sur son compte Instagram