mardi 31 mars 2015

Mars 2015



Adventure Rooms Provence: même Toulon a son escape game!




Vous vous en souvenez peut-être: l'an dernier, je me suis prise de passion pour les escape games, ces jeux en équipe où l'on se fait enfermer dans une pièce avec quelques copains et où on a une heure pour réussir à s'échapper en résolvant diverses énigmes. Après en avoir testé à Paris et à Bruxelles, j'ai été ravie d'apprendre qu'il en ouvrait un dans ma ville natale, pourtant pas réputée pour être à la pointe de la tendance en matière de culture ou de divertissement. Et comme Chouchou descendait avec moi dans le Sud pour mon anniversaire, je me suis dit que c'était l'occasion rêvée de se le faire en amoureux. Oui, j'avais conscience qu'à deux, on avait peu de chances de réussir une épreuve plutôt prévue pour une équipe de 4, mais l'essentiel, c'est de s'amuser!




Le scénario se nomme "Réveil difficile". Nous avons assisté à une soirée médecine très arrosée la veille, et ce matin, lorsque nous émergeons péniblement, nous ne sommes... clairement pas rentrés chez nous. La politique de secret autour des escape games m'interdit de vous dévoiler la prémisse exacte, mais je peux vous dire qu'elle est super originale, et que si j'avais su de quelle manière la partie commençait, j'aurais eu encore plus envie d'essayer - même si ça nous a fait perdre beaucoup de temps dont nous avons ensuite manqué pour finir. A 2 personnes seulement, on a moins de difficultés à communiquer; on risque moins de rater une information et de fouiller plusieurs fois au même endroit pour rien, mais on manque aussi d'yeux pour repérer les détails et de mains pour effectuer certaines opérations simultanément! 




Que dire d'autre sans spoiler? Au rayon énigmes, nous avons retrouvé un grand "classique" des escape games, et bien sûr les traditionnels cadenas dont il faut se casser la tête pour trouver la combinaison, mais aussi un tas d'autres épreuves tout à fait inédites dont certaines, très inventives, nous ont donné beaucoup de fil à retordre. En fin de compte, nous avons échoué d'assez loin ("5 ou 10 mn", d'après les estimations de notre maître de jeu Jérôme), donc pas de regrets, d'autant que même pour une équipe de 4, le taux de réussite est de seulement 33%. Nous avons passé un bon moment, et nous reviendrons volontiers essayer la seconde salle qui ouvrira courant avril sur un tout autre thème "plus immersif", paraît-il. Mais cette fois, on rameutera des copains pour mettre plus de chances de notre côté!




42 rue Victor Clappier
83000 TOULON

lundi 30 mars 2015

Les brèves de la semaine #13




- Lundi matin, les peintres attaquent la rénovation des couloirs de ma résidence. Ils écoutent NRJ à fond, sifflent sur les chansons anglaises et chantent à tue-tête d'une voix de fausset sur les chansons françaises. Moi, je suis en bouclage d'une trad pénible. Jamais je n'aurais cru qu'un jour, je haïrais autant "Mon fils ma bataille".

- En fin d'après-midi, je descends les voir parce que j'ai été désignée volontaire par la copropriété pour choisir les couleurs. Ce sont deux hipsters barbus aux allures de pâtres grecs, complètement sublimes avec leur combi pleine de taches. Subitement, je me sens BEAUCOUP mieux disposée à leur égard (tant qu'ils ne réattaquent pas le répertoire de Balavoine).

- Gentille attention de mon amie Isa: un paquet de Tamaryokucha envoyé en Colissimo pour mon anniversaire. Afin de le tester, je sors une de mes théières de collection, une fonte turquoise ornée d'un motif vagues façon Hokusai. Chouchou et moi nous régalons.

- Le crowdfunding pour la 7ème édition de L'Appel de Cthulhu, dont l'objectif initial était de 10 000€, clôture à... 400 000 et des poussières! Les rôlistes doivent être plus nombreux que je ne le soupçonnais.

- Mercredi en début d'après-midi, les odeurs de peinture filtrant par ma porte entrouverte déclenchent une de ces migraines qui me donnent envie de pleurer et de vomir en même temps. Encore 120 feuillets à relire. Pitié, achevez-moi. Quand j'appuie sur la touche "envoi" du mail à mon éditrice, le soir, je n'ai même pas la force de faire ma danse de la joie habituelle. C'est le deuxième jour d'affilée que je sèche Jillian pour cause d'épuisement physique et moral.

- Après une belle journée jeudi, vendredi se ligue avec lui-même pour me contrarier: TGV en retard de plus d'une demi-heure, musiciens ultra-bruyants et malodorants à 5 cm de nous et de nos grosses valises dans le métro, pas la moindre feuille de papier toilette dans notre appart Airbnb (ce dont je m'aperçois bien entendu, euh, trop tard), mauvais repas asiatique englouti en vitesse à 14h30, expo Bowie insupportablement mondue, audioguidée, foisonnante et pourtant incomplète (de mon seul avis: Chouchou et tous les autres gens de notre connaissance qui y sont allés ont adoré)...

- Heureusement, les cocktails avec Kleo au Prescription Cocktail Club sauvent la soirée. Je découvre le mojito royal avec délice, et reçois une carte Georges-Arthur coiffé d'un chapeau à paillettes ainsi qu'une ravissante étiquette à bagages renard.

- Samedi, après le resto italien avec les VIP et avant d'aller retrouver Fanfan pour un goûter au 13 a baker's dozen, nous décidons de passer à Belleville afin de photographier le street art de la rue Dénoyez. Juste avant de sortir du métro, je me plante devant un plan pour calculer combien de temps nous mettrons ensuite à nous rapatrier sur Saint-Germain. "OK, il faudra repartir au plus tard à 15h45. Quelle heure tu as, Chouchou?" "15h59." Oups. Le temps passe vite quand on est en bonne compagnie.

- Je n'aurais jamais cru que Fanfan deviendrait papa un jour. Adorable blondinette à zyeux bleus, teint de porcelaine et joues rondes, sa petite Jeanne de 15 mois ne ressemble en rien à son papa très brun, très mat et très sec. La vie ne cessera jamais de me surprendre!

- Dimanche, avec le passage à l'heure d'été, le réveil pique un peu. Mais le brunch à l'Arrosoir est une vraie réussite. Fraise des bois fait la connaissance d'Ando et de Hélie; comme je m'en doutais, le courant semble bien passer entre elles, et on continue à se marrer comme des baleines longtemps après que le serveur a débarrassé nos assiettes et que Chouchou est parti voir l'expo Aardman chez Art Ludique.

- Le service au Thé des écrivains n'est pas top du tout cette fois, et la géocache de l'Hôtel de Sully se refuse obstinément à nous. Je me console avec 200g de thé chez Dammann Frères et une paire de ballerines à paillettes roses chez KarlMarcJohn. Avec un manga acheté chez Album et un roman anglais en provenance de Shakespeare & Co, ce seront mes seuls achats du week-end. Si on m'avait dit ça il y a dix ans...

- J'ai déjà mentionné à quel point c'est chouette, le Thalys en 1ère classe? Entre la presse et le wifi gratuits, plus le plateau-repas délicieux suivi de thé ou café à volonté, les 20€ de supplément sont vite amortis!

- Quand nous arrivons à Bruxelles vers 21h, l'appartement est glacial, et j'ai une montagne de boulot à abattre dans les trois semaines qui suivent. Mais je suis ravie de mes 4 jours d'anniversaire.

Bonne semaine à tous.

J'ai testé: FloraQueen




Le hasard a voulu que, la semaine précédant mon anniversaire, je sois contactée par le fleuriste en ligne FloraQueen pour tester ses services à titre gracieux. Vous connaissez mon amour pour les jolis bouquets qui égayent mon intérieur. Impossible de résister à une telle proposition - d'autant que d'habitude, je me contente d'acheter une brassée de fleurs identiques et pas trop ruineuses. Pour une fois, j'étais ravie à l'idée qu'on m'offre une composition plus sophistiquée! 

Je me suis donc rendue sur le site de FloraQueen, et parce que je ne suis pas très fan de roses et autres fleurs "romantiques", très rapidement, mon choix s'est arrêté sur Beauté Pourpre. J'ai choisi une date de livraison et attendu. La veille au soir, j'ai reçu un mail du transporteur m'informant que mon bouquet était prêt, puis un texto m'annonçant qu'il serait livré le lendemain entre 9h et 13h. Le jour même, vers 8h, autre texto précisant que son passage aurait lieu entre 10h et 12h. Il est finalement arrivé à 11h, pile au milieu de son créneau. Ca change de Chronopost.




L'emballage en carton était énorme, trop grand pour mon bouquet qui avait basculé à l'intérieur. Par chance, le vase astucieux dans lequel il se trouvait était fermé sur le dessus autour des tiges, si bien qu'une partie seulement de l'eau s'était renversée. Les fleurs elles-mêmes ne semblaient pas avoir souffert. Agréable surprise: le service marketing avait fait joindre un ballotin Lindt à ma composition. Comme je ne suis pas très sucreries, j'ai failli le donner à ma voisine qui est une grande gourmande, mais la curiosité l'a emporté. J'ai goûté une des boules de chocolat au lait fourré, et voilà, j'étais foutue. J'ai tout fini en 3 jours. Je n'ai pas regardé ce qu'il y avait dedans, mais ces trucs étaient diaboliquement bons. 




Quant aux fleurs, elles répondaient bien à mes attentes. Le bouquet ne contenait aucune variété à l'odeur trop forte (les parfums entêtants me donnent mal à la tête, et je vis dans un tout petit appartement!), et il a tenu pratiquement sans bouger pendant 8 jours avec des soins minimaux: "nourriture" fournie par FloraQueen + un seul changement d'eau avec retaille des tiges. J'aurais sans doute pu le prolonger quelques jours de plus si je n'étais pas partie à Paris pour le week-end. 




Bon, vous me direz que des fleuristes en ligne, il en existe des tas: pourquoi FloraQueen spécialement? Telle est la question que j'ai posée à leur responsable marketing, et telle est la réponse que j'ai reçue. 
- Outre la France, FloraQueen est présent dans plus de 90 pays à l'étranger, et permet d'envoyer un bouquet à l'autre bout du monde en seulement 24h. Pratique si vous avez de la famille ou des amis qui habitent loin. (Et du coup, le service client parle 6 langues!)
- Le site ne propose pas seulement des fleurs coupées, mais aussi des plantes d'ornement, dont une belle variété d'orchidées pour les gens qui ont la main plus verte que moi. 
- Le client peut joindre différents produits associés à sa commande: des chocolats, donc, mais aussi des peluches, des vases, du vin ou du champagne...
- Les frais de livraison (7€ pour la France) sont les plus bas du marché - et j'ajoute que j'ai beaucoup apprécié la qualité du service. 

Si vous cherchez une idée de cadeau pour une amoureuse des fleurs ou si vous voulez envoyer des remerciements à quelqu'un, je ne doute pas que le ou la destinataire sera aussi ravi(e) que moi!

dimanche 29 mars 2015

Reading in tearooms, restaurants and a few other places (8)




1. Hôtel Le Berger, Bruxelles 2. La Belladone, Bruxelles 3. Kokuban, Bruxelles 
4. Drug Opera, Bruxelles 5. Taihon, Bruxelles 6. Le Chantilly, Toulon 
7. La fabbrica di Marco, Toulon 8. La taverne de Cluny, Paris 9. La Mercerie, Bruxelles 
10. Exki (porte de Namur), Bruxelles 11. La Théière, Toulon 12. Les Têtes d'Ail, Toulon 
13. Chicag'Hostel, Toulon 14. Café Pinson, Paris 15. Le thé des écrivains, Paris

samedi 28 mars 2015

La revue de presse du week-end #15




[ANIMAUX] En Australie, la famille Bloom a sauvé un bébé pie qui est devenu l'animal "domestique" le plus cool du monde. Superbes photos et compte Instagram à suivre. 

[DEVELOPPEMENT PERSONNEL] Qu'est-ce qui vous pousse à vous discipliner et à former des habitudes durables? Un test très intéressant conçu par Gretchen Rubin (l'auteur de "The happiness project"). Je n'ai pas été très surprise de me découvrir dans la bulle "Questionner"! (En anglais)

[ECONOMIE] Combattre l'intégrisme économique.

[LOISIRS CREATIFS] Des animaux disséqués en tricot.

[POLITIQUE] Des logiciels pour déconstruire la rhétorique du Front National: une analyse lexicale passionnante.

[SANTE] Monsanto s'attaque aux scientifiques du Circ qui ont classé ses produits comme "probablement cancérigènes".

vendredi 27 mars 2015

44



35 mn pour faire Monpatelin-Champ de Mars en bus - c'est presque un record
0 nuage dans le ciel bleu-bleu-bleu qui me donne envie de danser de joie
2 poches achetés à la Fnac: "La vie secrète d'Eve Elliott" et "Le livre du roi"
1 géocache trouvée, aux jardins de la Porte d'Italie - et 2 autres qu'on n'a pas pu chercher parce que des Moldus squattaient les coordonnées
1 plat de rigatoni al polpette pour moi et de ravioli al pesto pour Chouchou, plus 1/2 part de gâteau ricotta-citron chacun à la Fabbrica di Marco - miam, et même, super miam!
10 minutes à discuter vite fait avec Kiki près de la fontaine de la Halle aux Grains, en me réjouissant que les choses s'arrangent pour sa famille
5 à 10 minutes: c'est, selon le maître de jeu, ce qui nous a manqué pour terminer l'Adventure Rooms Toulon à deux - mais on s'est bien marrés, et je vous en reparle très vite
2 ans, c'est le temps écoulé depuis l'ouverture du Chicag'Hostel sans que que jamais je ne remarque cet endroit super sympa qui fait aussi salon de thé et, depuis peu, petite restauration - la prochaine fois que Chouchou descend dans le Sud, on se fait leur brunch dominical
3 belles fresques de street art à photographier
21,30€ pour l'examen cytologique que je vais payer au laboratoire même, parce que sinon, la facture arrivera en mon absence et que je ne pourrai pas la régler avant trop longtemps - or je déteste devoir de l'argent
1 billet en petite Une de HelloCoton - je n'y passe plus guère, mais mes stats me renseignent!
1003 Instagrams en fin de journée
2 cartes supplémentaires trouvées dans ma boîte aujourd'hui - celles de Dola et de Ness, pour un total de 9 reçues jusqu'ici
64 amis qui m'ont souhaité mon anniversaire sur ma page Facebook perso - je me sens populaire tout à coup!
583 bisous échangés avec Chouchou en ce jour (calcul approximatif)
3 jours de festivités restants, à Paris à partir d'aujourd'hui

Pour l'instant, je trouve mes 44 ans très réussis.

jeudi 26 mars 2015

Une montgolfière et un homme à moustache




Trop pris par le lancement de son activité professionnelle en free lance, Chouchou ne dessinait plus beaucoup ces derniers temps. Mais il y a quelques semaines, il s'est commandé un stylet pour dessiner sur son iPad, et depuis, il n'arrête plus (il en parle même sur son nouveau blog). Comme ses bédés m'ont toujours fait mourir de rire, je suis ravie. A minuit une, il m'a envoyé le dessin ci-dessus. Une montgolfière et un homme à moustache - me voilà comblée avant même de recevoir mon "vrai" cadeau!

Je préfère les choses après




Je préfère les choses avant. 
J'aime les planifier, les organiser, les rêver. Potasser des guides de voyage, les farcir de Post-It colorés (vert pour les visites culturelles, rose pour le shopping, jaune pour les endroits où boire et manger, bleu pour les infos pratiques), calculer des itinéraires qui minimisent les déplacements et le temps perdu dans les transports en commun, savourer d'avance la cuisine locale, dresser une liste d'affaires à ne pas oublier de mettre dans la valise, choisir un carnet et préparer la petite trousse qui va avec, compter les jours jusqu'au départ, espérer qu'il fera beau, dire avec des étoiles plein les yeux et en sautillant sur la pointe des pieds: "On fera ça, et ça, et ça; ce sera teeeeeellement bien!". 
Je préfère les choses avant. 

Je préfère les choses après. 
J'aime trier mes souvenirs, les ranger dans les petites cases de ma mémoire pour pouvoir les retrouver facilement plus tard. Les coucher dans un carnet afin d'en garder une trace tangible. Les évoquer avec un sourire nostalgique ou amusé: "Tu te rappelles la fois où...?". Trouver un sens ou une morale à mes mésaventures. Les raconter en forçant un peu le trait pour faire marrer les copains. En tirer un peu de sagesse - des leçons pour la fois d'après. Faire d'eux le tremplin de ma créativité. M'en inspirer pour écrire, développer une idée encore embryonnaire, prendre une nouvelle direction, nourrir mes projets d'avenir. Les accumuler comme les preuves d'une vie bien vécue, autant de raisons d'avoir zéro regret si tout venait à s'arrêter demain.
Je préfère les choses après. 

Pendant, les choses sont toujours un peu brouillonnes et indomptées. 
C'est difficile ne pas me laisser décevoir par une réalité forcément différente de ce que j'attendais. De voir les imprévus comme des opportunités plutôt que comme des affronts personnels. D'accueillir les contrariétés sereinement, sans chercher à lutter dès lors qu'elles me dépassent. De m'adapter dans l'urgence. De ne pas appréhender l'inconnu. D'arriver à être présente tout le temps. De sentir les instants s'enfuir tels des grains de sable qui me coulent entre les doigts, et de ne pas arriver à les retenir. De saisir au vol les bonheurs éphémères; de les boire jusqu'à la dernière goutte sans penser qu'ils s'évanouiront bientôt; de ne pas les regretter avant même qu'ils soient finis.

Pendant, les choses sont toujours un peu brouillonnes et indomptées.
Je les préfère avant ou après. 

mercredi 25 mars 2015

"Un tout petit rien"


"On est au XXIème siècle, en France, je suis une femme moderne. Je suis contre la peine de mort et pour le mariage homosexuel. Je suis abonnée à Télérama, j'achète des légumes bio sur le marché quand je n'ai plus de surgelés Picard dans le congélo, parfois je fais l'amour, comme ça, pour le plaisir, sans engagement ni projets particuliers. Je porte des strings et je vote à gauche, il m'est même sûrement arrivé d'aller voter à gauche en string. Je suis pour l'avortement, qu'on ait seize ans, pas de ronds ni de mec ou trente-cinq et un appartement confortable avec chambre d'amis, suite nuptiale et mari aimant à l'intérieur. Je suis pour que les gens aient le choix de donner naissance à un enfant ou pas, je suis contre ceux qui célèbrent le miracle de la vie en prônant que chaque grossesse en est un, je suis contre ceux qui érigent leurs valeurs personnelles en principes universels.
Au XXIème siècle, célibataire, en France, je n'ai objectivement aucune raison de ne pas décrocher ce putain de téléphone pour prendre rendez-vous à l'hôpital le plus proche."

Ainsi parle la narratrice de ce roman. Camille a 25 ans; elle habite une chambre de bonne au septième étage sans ascenseur, et quand elle annonce à son partenaire de galipettes qu'elle est enceinte suite à un accident de préservatif, il se montre catégorique: il ne veut pas d'enfant. Quant aux parents de la jeune femme, ils réagissent très mal à l'annonce de sa grossesse, lui prédisant qu'elle foutra sa vie en l'air si elle n'avorte pas. Pourtant, les jours passent sans que Camille ne parvienne à se décider. Une IVG ou un bébé? 

La longue valse-hésitation de l'héroïne (dont je suppose, sans en être certaine, qu'elle ne fait qu'une avec l'auteur) est racontée avec beaucoup de justesse, une délicatesse de sentiments émouvante et une franchise qui désarmerait le coeur le plus endurci. Et puis, le choix fait de mener sa grossesse à terme, Camille raconte comment elle s'approprie sa maternité à venir par petites touches hésitantes. Obligée de chambouler sa vie pour rentrer chez ses parents, en province, elle se retrouve au centre d'un conflit familial et vit quelques moments difficiles. Mais parallèlement, elle est habitée par une joie émerveillée, une complicité grandissante avec le bébé à naître qui devient son principal interlocuteur. 

Je ne suis absolument pas intéressée par le thème de la maternité. Jamais je n'aurais ouvert ce livre si je ne l'avais pas gagné à un concours, mais son petit format en faisait un compagnon idéal de salle d'attente un jour de rendez-vous médicaux multiples. Et le hasard mène parfois à de très belles découvertes, car j'ai été enchantée par la plume aérienne de l'auteur, par sa façon à la fois pudique et piquante de raconter un cheminement intérieur complexe. Roman ou autobiographie, qu'importe: "Un tout petit rien" est un très beau texte tendre et lumineux sur la naissance d'une mère. 

Et pour prolonger le plaisir, rendez-vous sur le blog de Camille Anseaume: Café de filles

mardi 24 mars 2015

20 shades of Armalite



L'appréhension quand je me lève pour attaquer cette journée que je redoute depuis le mois dernier. 

L'énervement quand, dans la boutique de reprographie, la machine que j'utilise multiplie les incidents de fonctionnement tandis que tous les autres clients me bousculent sans s'excuser et que l'heure tourne, tourne, tourne...

La honte de ne pas pouvoir me retenir de hurler pendant l'examen tellement je crève de mal, bordel.

L'abattement quand ma gynéco m'annonce que non, après la ménopause, je ne pourrai pas reprendre une vie sexuelle normale parce que loin de se résoudre, le problème actuel empirera encore. 7 ans que je comptais les jours jusqu'à mon 50ème anniversaire avec un... euh, coeur gonflé d'espoir. (Par la même occasion, j'apprends qu'à cause de mon endométriose, je n'aurai pas droit aux traitements hormonaux de substitution. Mais youpi, quoi.)

L'inquiétude pour Chouchou quand, en plus, elle me dit que toutes les poudres dont il se bourre pour améliorer ses performances à la gym sont des facteurs d'accidents cardio-vasculaires.

L'hébétude en ressortant de la clinique et en me dirigeant machinalement vers le centre-ville pour chercher un endroit où manger avant la suite des réjouissances. 

La surprise de tomber, chez Les Têtes d'Ail où je me rends pour la première fois, sur une amie parisienne de passage dans la région. Je ne m'attends tellement pas à la voir là que je mets quelques secondes à réagir quand elle se plante devant moi en souriant et m'appelant par mon prénom. 

La déception de constater que la confiture maison qui accompagne le yaourt bio (et qui m'a poussée à préférer cette option au crumble poire/fruits rouges) est de la prune, que je déteste. 

L'indignation quand les premières gouttes commencent à tomber. Il faisait super beau quand je suis partie ce matin, et comme on n'est pas à Bruxelles, je n'ai pas de parapluie dans mon sac. Mais courir sur un kilomètre en tenant mon manteau au-dessus de ma tête, ça fait à la fois cardio et muscu, Jillian serait fière de moi!

La tristesse de voir qu'à la Poste du quartier où j'ai grandi, les employés ont presque tous été remplacés par des automates.

La satisfaction d'avoir enfin envoyé le dossier professionnel en souffrance depuis un mois. L'association de gestion agréée, c'est fait; maintenant, déclarer mes revenus 2014 à l'Agessa...

Le soulagement quand le remplaçant de mon ophtalmo m'annonce que ma double hypertonie oculaire reste stable, et qu'on peut repousser le moment de traiter jusqu'à nouvel ordre. "Peut-être même indéfiniment."

Le plaisir de retomber sur mon ancienne coiffeuse, connue il y a plus de 20 ans lorsqu'elle était encore apprentie, et devenue depuis lors manager de son salon. "Justement, je pensais à vous il n'y a pas longtemps: ma fille veut faire traductrice!" Comment lui dire que ça n'est pas franchement un métier d'avenir? 

La volupté d'un long massage du cuir chevelu qui, à lui seul, justifierait presque la note de 92€. Mais comme en plus de ça, j'ai les longueurs superbement glossées, le dégradé coupé pile comme j'aime et la frange bien droite, juste à la bonne hauteur pour ne rien planquer des immenses nouvelles lunettes que je récupère vendredi, je suis à deux doigts de demander ma nouvelle coiffeuse en mariage. 

La grogne quand je m'aperçois que Carrefour n'a aucun modèle de grille-pain qui me plaît et que les perceuses coûtent la peau du fondement. Tant pis, je vais juste acheter des tomates, de la polenta et des noix pour Chouchou. ("Chéri, pour la reprise des réjouissances horizontales, ce sera dans une autre vie. Tiens, prends donc de quoi grignoter à la place.")

L'oubli de tout ce qui m'entoure dans le bus pendant que je termine le formidable "Un tout petit rien" commencé le matin même dans la salle d'attente de la gynéco. 

La culpabilité de ne pas faire de fitness aujourd'hui, mais mes genoux tirent de plus en plus fort depuis une semaine et il serait sans doute sage de leur accorder un peu de repos. 

Le bonheur de trouver deux cartes d'anniversaire ornées de renards dans ma boîte à lettres (merci Titite et Mélu!).

Le réconfort des bras de Chouchou.

Le calme d'une soirée à deux sur Chloé-Jasper (mon canapé transexuel) après cette journée un peu éprouvante. Demain, je dois être en forme: les peintres vont me réveiller de bon matin pour faire la porte de l'appart', et je boucle l'énorme traduction chiante qui m'occupe depuis mi-janvier. 

lundi 23 mars 2015

J'ai testé: Jillian Michaels' Banish Fat, Boost Metabolism


Je poursuis mon exploration des vidéos de Jillian Michaels disponibles en DVD zone 2 (à noter que celle-ci peut aussi être visionnée gratuitement sur YouTube - voir ci-dessous). 

Sur le même modèle que No More Trouble Zones, Banish Fat, Boost Metabolism propose 7 circuits de 6 minutes environ, avec une alternance de cardio et de travail de la musculature. Le DVD donne la possibilité de regarder et de faire soit l'ensemble des exercices à la suite, soit chaque circuit séparément. Ainsi, si vous n'avez pas 55 mn devant vous, vous pouvez raccourcir et customiser votre séance.

Pris séparément, les exercices sont assez faciles et, à mon avis, réalisables même par des débutants (à condition qu'ils soient en bonne condition physique). On retrouve beaucoup de mouvements classiques de Jillian, plus deux circuits de kickboxing qui viennent mettre un peu de fantaisie. Toute la difficulté, c'est de tenir sur la longueur sans aucun temps de repos. Moyennant quoi, on obtient une séance crevante mais qui donne l'impression d'avoir bien travaillé l'ensemble du corps, avec très peu de risques de blessure ou de courbatures atroces le lendemain.

On notera par ailleurs que les exercices ne nécessitent pas d'haltères et prennent très peu de place; ce Banish Fat, Boost Metabolism est donc parfait pour les gens qui souhaitent continuer à faire du fitness pendant leurs vacances et autres déplacements loin de chez eux!




dimanche 22 mars 2015

Les brèves de la semaine #12




- Mardi, la voisine du dessus, qui habite au dernier étage (sur un palier trèèèès aisément distinguable du nôtre, vu qu'il n'y a plus d'escalier ensuite!), tente par deux fois d'ouvrir notre porte avec sa clé. Déjà soûle à 9h du mat'?

- Mercredi, en me rendant à la Poste de Monpatelin pour tenter de démêler une sombre histoire de colis bloqué dans le patelin voisin, j'aide plusieurs personnes âgées à affranchir leurs Colissimo et leurs plis recommandés à l'aide de l'automate. Parmi ces personnages âgées, la guichetière que j'aimais bien et qui a pris sa retraite il y a un ou deux ans. "Je n'ai jamais su comment fonctionnaient ces trucs", m'avoue-t-elle, penaude.

- Amanda Palmer annonce sa grossesse sur les réseaux sociaux avec une très jolie photo prise par Neil Gaiman. Je ne sais pas si j'envie leur futur enfant pour l'environnement fabuleux dans lequel il va grandir, ou si je le plains d'avance d'avoir des parents qui mettent la barre si haut.

- Jeudi, je parviens à récupérer mon collant TattooSocks expédié depuis Israël grâce à une gentille postière qui a eu pitié de moi et fait une entorse à la procédure pour me rendre service.

- Le soir, Chouchou qui me rejoint dans le Sud est victime de la même malédiction que moi: le retard de TGV juste assez long pour faire rater le bus de 18h55. C'est quasi-systématique. Tout de même, je suis bien contente qu'il soit là: il n'avait pas mis les pieds chez moi depuis plus de 3 ans.

- Vendredi, je reçois la plus belle carte du monde et de la papeterie Moomin kawai rapportée du Japon par la pétillante Nekkonezumi. Mon anniversaire commence tôt cette année!

- On savait déjà que le super-pouvoir inutile de Chouchou était "se foutre des miettes et autres débris de nourriture dans les endroits les plus incongrus" (dans les oreilles, entre les orteils...). Apparemment, il s'étend désormais aux produits d'hygiène - sans ça, comment expliquer que Chouchou ait du dentifrice bleu dans le sourcil au moment de se coucher?

- Samedi midi à l'Aparté, un bout de chou de 3 ans environ est assis à la table voisine de la nôtre. Il a des boucles châtain coupées court, porte un pantalon kaki et un sweat prune, joue avec une Jeep Cherokee miniature et répond au prénom de Clémentine. Félicitations à ses parents de laisser leur fille être elle-même au lieu de lui imposer la panoplie cheveux longs/robe rose/poupée Barbie.

- J'ai beau essayer tous les gants de fitness et même de vélo disponibles dans ma taille chez Go Sport, impossible d'en trouver une paire avec laquelle je me sente bien. Je vais donc continuer à faire mes pompes et mes planches avec des socquettes aux mains. On ne rigole pas, merci.

- Aller au bon traiteur vietnamien et prendre une soupe de nouilles et des bouchées vapeur plutôt qu'un riz thaï frit et du poulet général Tao aussi gras que sucré, c'est le genre d'exploit héroïque dont je trouverais normal qu'il soit récompensé par un -0,5 kilo minimum le lendemain sur la balance. (Tu m'entends, univers?) A l'employé qui officie derrière le comptoir, je demande: "Combien de temps au micro-ondes, la soupe de nouilles?" "Jusqu'à ce que ce soit chaud", me répond-il très sérieusement.

- Dimanche matin, le marché de Monpatelin est réduit à sa portion congrue: la faute à la pluie, ou aux élections? Nous trouvons quand même de quoi nous ravitailler chez les commerçants habituels. 

Bonne semaine à tous.

samedi 21 mars 2015

La revue de presse du week-end #14




[CULTURE] La Brigade Chimérique: des super-héros français bientôt au cinéma!

[CULTURE]  Jean Rochefort raconte "Madame Bovary" en langage djeûne. Tordant.

[ECONOMIE] Parce qu'il n'est jamais inutile de le rappeler: les pauvres fraudent dix fois moins que les riches.

[ENVIRONNEMENT] Le vrai coût de la viande

[PHOTO] Des ballerines en ville. (Les danseuses, pas les chaussures!)

[POLITIQUE] Ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire en Grèce.

[SOCIETE] Il était temps: en France, les homosexuels pourraient avoir bientôt le droit de donner leur sang.


vendredi 20 mars 2015

Spring To Do List




1. Changer de lunettes
2. Vérifier si je n'ai pas de problème de thyroïde
3. Me débarrasser de tous les vêtements d'hiver qui ne me vont plus
4. Commencer le Body Revolution de Jillian Michaels
5. Lancer un projet dessiné
6. Aller me faire masser par M. Oh en avril
7. Me commander cette robe "planisphère"
8. Organiser une rencontre de lectrices pour les 10 ans du blog
9. Trouver au moins une géocache lors de notre séjour en Suisse
10. Essayer cette recette de gâteau aux framboises simplissime
11. Tester le Escape Hunt Brussels
12. Visiter le bar à chats de l'Ultieme Hallucinatie
13. Aller bruncher au Kitchen 151 et au 2ème Yéti
14. Retourner à Maastricht pour la journée
15. Mettre en ligne d'autres carnets de voyage

jeudi 19 mars 2015

Nouveaut(h)é: Ginseng de Mùi Concept




Dès notre premier jour de balade dans Porto, fin décembre dernier, nous sommes tombés sur une boutique de thé située dans un centre commercial de magasins de créateurs. J'y ai acheté (un peu au hasard comme toujours lorsque je teste une nouvelle marque) trois sachets de 50g de thé vert parfumé: l'un à l'aloe vera et au kiwi, l'autre à l'ananas, à la mangue, aux fruits du dragon et aux fleurs de calendule, le dernier au ginseng et à l'orange sanguine. Chouchou et moi les avons consciencieusement tous goûtés lors des jours qui ont suivi. Le premier nous a laissés assez froids; Chouchou a raffolé du deuxième, et moi, je suis tombée amoureuse du troisième. Du coup, si 50g était une contenance parfaite pour tester, ça devenait bien trop peu pour satisfaire mon addiction instantanée. Le 31, je suis donc retournée chez Mùi Concept pour faire des stocks: il était 16h40, et ce jour-là, exceptionnellement, la boutique avait fermé à 16h. Frustration intense. 

Le soir même, je suis allée sur le site internet de la marque et j'ai simulé une commande à destination de la France: avec 350g de sachets, j'arrivais à un total de 28€ de thé et... 25€ de frais de port. J'ai envoyé un mail à l'adresse de contact pour demander: "Euh, vraiment?". Dès la réouverture de la boutique, le 3 janvier, la responsable m'a répondu en me demandant ce que je voulais au juste, et elle m'a établi une facture avec seulement 7€ de frais de port, que j'ai réglée par virement direct. Mon paquet est arrivé la semaine suivante. Il contenait, entre autres, 200g de Gingko à la place de Ginseng, parce que je suis une buse et que j'avais confondu les deux en passant ma commande. Voilà voilà voilà. Du coup, je me retrouvais ensevelie sous le thé, et je ne pouvais décemment pas repasser une autre commande tout de suite. Frustration intense (bis). Mais courant mars, mes stocks avaient retrouvé un niveau plus ou moins raisonnable, et j'ai enfin pu me procurer deux grands sachets du Précieux.




Je l'aime parce qu'il est à la fois doux et tonique, incroyablement rafraîchissant. Je pourrais en boire des litres l'après-midi ou en soirée, et j'imagine qu'il sera délicieux glacé cet été. C'est sans contestation possible ma grande découverte de ces douze derniers mois. Parfois, le hasard fait bien les choses (même s'il faut lui adjoindre une certaine dose de détermination!).

Rua de Miguel Bombarda 285
(à l'intérieur du petit centre commercial)
4050-381 PORTO

mercredi 18 mars 2015

My happiness jar




Quand j'ai décidé de me lancer sur la voie de la pensée positive, j'ai comme beaucoup de monde commencé par l'exercice des "petits bonheurs de la journée" à noter chaque soir avant de se coucher. Au début, je ne trouvais pas ça évident, surtout les jours ordinaires quand il ne se passait rien de spécial, à plus forte raison les jours où j'avais reçu une mauvaise nouvelle et voyais tout en noir. Mais petit à petit, je me suis mise à faire davantage attention aux choses positives de mon quotidien; j'ai pris de plus en plus de plaisir à des détails qui m'auraient semblé insignifiants autrefois. Par ricochet, cela a contribué à m'enseigner la pleine conscience et permis de développer un sentiment de gratitude quasi perpétuel. Pas mal pour un petit exercice de rien du tout, non? 

Au bout d'un moment, l'habitude étant acquise, je me suis lassée du carnet de petits bonheurs. J'ai pendant quelques mois partagé ceux-ci chaque soir sur la page Facebook du blog, avant d'arrêter de crainte que ça ne devienne ennuyeux pour mes lecteurs. Et puis, en tout début d'année, Elizabeth Gilbert a parlé sur sa propre page Facebook de sa happiness jar, un bocal dans lequel elle mettait chaque soir un bout de papier contenant son plus grand bonheur de la journée. Or, les carnets mis à part, je n'aime rien tant au monde que les bocaux. J'ai une mini-collection de bocaux de voyage contenant du sable d'une plage marocaine, des cailloux d'un jardin zen japonais, de la roche volcanique islandaise ou de la terre rouge de Monument Valley. Je bave sur les Mason Jars si difficiles à trouver en France et en Belgique. A mes yeux, le bocal est l'équivalent du carnet pour les objets en 3D: un micro-univers autonome aux contours bien délimités. Je vous ai déjà dit qu'enfant, je rêvais de devenir alchimiste? A défaut de savoir transmuter quoi que ce soit, j'accumule les accessoires du métier! 

Bref, j'ai sauté sur cette excellente idée. J'ai commencé par stocker mes bouts de papier dans un vieux bocal de confiture Bonne Maman que j'avais conservé par sentimentalisme, parce que le couvercle portait encore une étiquette marquée "ABRICOT 12 juillet 2012" de la belle écriture si nette de mon père. Mais très vite, il est devenu trop petit. Alors, j'ai apporté à ma couturière la collection de boutons fantaisie constituée il y a une dizaine d'années, et dont je ne faisais absolument rien, pour libérer un magnifique (et très grand!) bocal orné d'un motif signé Mlle Héloïse, acheté sur le regretté site des éditions La Marelle. Cette fois, je suis largement parée jusqu'au 31 décembre!





"Le secret du mari"


Cécilia est l'archétype de la super woman: épouse et mère de trois filles, présidente de l'association de parents d'élèves, démonstratrice Tupperware à succès, incroyablement organisée et efficace. Mais elle ne comprend pas pourquoi son mari ne la touche plus depuis six mois. Jusqu'au jour où, par le plus grand des hasards, elle découvre dans leur grenier une lettre qu'il lui a écrite des années auparavant, "à n'ouvrir que s'il venait à décéder"... 

Tess a monté une agence de publicité avec son mari Will et sa cousine Felicity, sa quasi-jumelle qui a toujours été obèse mais a récemment perdu beaucoup de poids. Le trio fonctionne à merveille, jusqu'au jour où Will et Felicity annoncent à Tess qu'ils sont tombés amoureux l'un de l'autre. Bouleversée, Tess emmène son jeune fils Liam et part se réfugier chez sa mère, à l'autre bout du pays. 

Rachel a vécu le pire cauchemar de toutes les mères: sa fille Janie a été assassinée à l'âge de 17 ans. Depuis, elle cherche en vain un moyen de faire coincer le coupable - un prof de gym qui travaille dans le même établissement qu'elle. Son mari est mort, et désormais, la seule joie de son existence est de garder son petit-fils Jacob. Jusqu'au jour où son fils Rob, qu'elle a toujours négligé suite à la mort de sa soeur, et son exaspérante belle-fille Lauren lui annoncent qu'ils partent vivre à New York...

A Sydney, au cours de la semaine qui précède le lundi de Pâques, les vies de ces trois femmes vont s'entrecroiser pour mettre à jour un secret vieux de trente ans.

J'ai dévoré ce roman de Liane Moriarty en deux jours. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il joue dans la catégorie "feel good". L'auteur aborde tout un tas de sujets difficiles voire tragiques par le biais de ses trois héroïnes, et si l'histoire se termine bien pour l'une d'elles, elle finit en demi-teinte pour une autre et carrément mal pour la dernière. "Le secret du mari" n'est donc pas un roman qu'on lira pour se remonter le moral, mais je l'ai trouvé irrésistiblement prenant grâce au portrait très détaillé et crédible de Cécilia, Tess et Rachel, dont les tourments et les interrogations sonnent toujours terriblement juste.

On pourra reprocher à l'auteur d'avoir voulu faire tenir l'action dans un laps de temps bien trop court (qui change radicalement de vie en l'espace de vingt-quatre heures?), mais au fond, peu importe, parce que la psychologie de ses personnages féminins est vraiment fascinante. J'ai beaucoup aimé ses réflexions sur l'amour qui s'inscrit dans la durée par opposition à la passion des débuts - ce qu'on y gagne, ce qu'on y perd, et la perception sociale des deux. Du coup, il est fort probable que je me procure d'autres romans de Liane Moriarty dans les mois à venir.

J'ai lu ce roman en VO et ne peux donc rien dire sur la qualité de sa traduction française. 

mardi 17 mars 2015

J'ai testé: Jillian Michaels' Ripped in 30


Le programme de fitness le plus célèbre de Jillian Michaels est sans doute le 30 Day Shred, par lequel j'ai commencé mon entraînement. Paru quelques années après, Ripped in 30 reprend le même principe d'interval training avec 3 circuits de 3 minutes de muscu, 2 minutes de cardio, 1 minute d'abdos.

Les séances sont conçues pour être exécutées à la maison, avec assez peu de place et de matériel: juste une tenue de sport, un tapis de gym et une paire de petits haltères (1 kilo ou 1,5 kilo pour moi). Les différences avec le 30 Day Shred?

- Chaque intervalle de muscu comprend non pas 2, mais 3 exercices à répéter 2 fois.

- Les séances sont un peu plus longues: 30 à 35 minutes en tout au lieu de 25 à 28, échauffement et cooldown compris.

- Plutôt que 3 niveaux à répéter 10 fois chacun sans jour de repos, on a ici 4 niveaux à répéter chacun 5 ou 6 fois, en comptant 1 ou 2 jours de repos obligatoire par semaine. Du coup, on s'ennuie moins.

- La difficulté globale est nettement plus élevée. Même en ayant fait le 30 Day Shred avant, j'ai eu beaucoup de mal à suivre à partir du niveau 2. J'ai tenu jusqu'à la fin, mais c'était vraiment très dur. Il y a quelques exercices que je n'ai pas du tout réussi à faire, même en version simplifiée; j'ai souvent eu l'impression de travailler comme une patate et peur de me faire mal aux lombaires ou aux genoux.

- Enfin, c'est peut-être un ressenti personnel, mais je trouve les niveaux mal gradués: le 1 est relativement facile, le 2 et le 3 sont horriblement difficiles chacun dans son genre, puis le 4 censé être le pire de tous redescend de façon assez nette.

Conclusion: je ne recommande absolument pas le Ripped in 30 à de vrais débutants. C'est d'après moi un programme qui s'adresse à des gens déjà assez en forme et souhaitant repousser leurs limites. 

Niveau résultats: en 30 jours, sans suivre de régime particulier à côté, j'ai perdu 1 cm de tour de taille, 2 cm de tour de hanches et 1 cm de tour de bras. Pour les cuisses, je ne sais pas; je n'avais pas mesuré parce que je m'en fous, mais il est clair qu'elles se sont affinées. Mon taux de masse grasse est passé de 35,6% à 33,6%. En revanche, je n'ai pas vraiment perdu de poids et suis toujours à environ -2,5 kilos seulement depuis que j'ai commencé le fitness mi-janvier. Rien de foudroyant donc, mais l'essentiel, c'est de progresser. Même si ça prendra plus de temps que je ne l'imaginais, je finirai bien par atteindre mon objectif!

lundi 16 mars 2015

Winter To Do List: bilan




1. Envoyer une carte de voeux à tous mes proches
C'est fait. Au total, 26 cartes sont parties vers la France, la Belgique ou la Suisse (et de mon côté, j'en ai reçu 14). J'envisage de réitérer fin 2015 avec des envois un peu plus personnalisés.
Taux de réussite: 100%

2. Réaliser un carnet de voyage à Porto
C'est fait, comme je l'ai montré ici.
Taux de réussite: 100%

3. Démarrer un art journal/agenda 2015
C'est fait. J'ai mis un peu de temps à trouver mes marques, et au final, je suis partie sur du scrapbooking plutôt que sur du dessin, mais je suis contente de changer ma routine d'archivage du quotidien en l'assouplissant et en la rendant plus fun.
Taux de réussite: 100%

4. Organiser un séjour en Suisse au printemps
C'est fait, nous partons mi-mai!
Taux de réussite: 100%

5. ...et quelque chose de chouette pour mon anniversaire
C'est fait. Le jour même, Chouchou et moi serons à Toulon pour un déjeuner dans mon resto italien adoré, puis un escape game en amoureux. Le lendemain, nous nous rendrons à Paris pour 3 jours; au programme: l'expo Bowie le vendredi, un autre escape game avec les VIP le samedi, un brunch avec les Bragelonniens le dimanche, plus potentiellement des coups à boire ou des dîners avec d'autres amis. 4 jours de festivités, woohoo!
Taux de réussite: 100%

6. Faire une des enquêtes de Qui veut pister Bruxelles*
La météo hivernale ne m'a vraiment pas incitée à m'inscrire à l'avance pour une activité d'extérieur sans savoir s'il pleuvrait ou pas le jour J. Ca reste dans les projets, cependant.
Taux de réussite: 0%

7. Commander de nouveaux stickers Moo pour le blog
C'est fait, et je suis ravie du résultat (qu'ont pu ou pourront admirer les gens à qui j'envoie des cartes ou des colis de la part du blog).
Taux de réussite: 100%

8. Changer la bannière du blog
C'est fait depuis le 2 janvier. Prochaine changement début juillet.
Taux de réussite: 100%

9. Me créer un profil LinkedIn
C'est fait! Un an et demi que j'en parlais et que je ne m'y mettais pas parce que je redoutais la grosse prise de tête, et finalement, ça s'est bien passé, même si j'ai dû condenser un peu mon CV (plus de 230 traductions publiées sans même compter les jeux de rôles, je me voyais mal les lister toutes...). Maintenant, on va voir si je m'en sers/ça me sert à quelque chose.
Taux de réussite: 100%

10. Faire le 30 Day Shred challenge
C'est fait, et ça a été une révélation, comme tous les habitués du blog ont pu s'en rendre compte vu le nombre d'articles que j'ai écrit là-dessus! J'ai enchaîné sur d'autres vidéos de fitness de Jillian Michaels, et je ne compte pas m'arrêter de sitôt.
Taux de réussite: 100%

11. Planifier le remplacement de l'escalier de ma mezzanine
J'ai fait faire un devis, mais abandonné le projet pour le moment en raison de finances pas top. Peut-être d'ici cet été.
Taux de réussite: 20%

12. Prendre rendez-vous chez la gynéco
C'est fait (et ça a failli tomber le jour de mon anniversaire, mais je n'ai pas poussé le masochisme jusque là!)
Taux de réussite: 100%

13. Faire une analyse de sang

C'est fait, et mon taux de cholestérol, un peu trop élevé en septembre 2013, est revenu dans les clous. Par ailleurs, je ne souffre toujours d'aucune carence.
Taux de réussite: 100%

14. Trouver 3 nouveaux thés parfumés que j'aime
Ca n'a pas été aussi simple que je l'imaginais, malgré deux grosses commandes pour tester de nouveaux mélanges. Chez Chakai Club, j'ai bien aimé Mon p'tit péché mignon, mais ils ont cessé de le produire. Chez Mùi Concept, j'ai totalement craqué pour le Ginseng-orange sanguine. Enfin, bien que ça ne soit pas une nouveauté à proprement parler puisqu'il faisait partie d'une ancienne box, le Igloo de la Thé Box est désormais disponible seul. J'arrive donc à deux "classiques" supplémentaires dans mon placard. Idéalement, il me faudrait aussi un thé vert nature pour ajouter à mes maigres stocks. Les recherches continuent.
Taux de réussite: 66%

15. Apporter mes boots de moto chez le cordonnier
C'est fait. Il m'en a coûté 30€ pour remettre à neuf des chaussures à 300€ achetées il y a dix ans et portées de manière presque exclusive six mois sur douze depuis lors tellement je les trouve confortables. De l'argent très bien dépensé, donc.
Taux de réussite: 100%

dimanche 15 mars 2015

Les brèves de la semaine #11




- Lundi, mon facteur sonne au beau milieu de ma séance de fitness. Obligée de descendre en corsaire de lycra et micro-brassière. Il ne fait pas chaud sur le pas de la porte; je ruisselle de transpiration, et mon facteur d'humeur bavarde a apparemment décidé de me tenir la jambe jusqu'à ce que j'attrape la mort. Grrrrr. 

- Le soir, alors qu'il doit aller chercher nos courses chez Delhaize Direct, Chouchou tombe sur une voiture Cambio dont l'utilisateur précédent a arraché le pare-choc arrière et l'a plus ou moins maintenu en place en refermant le coffre dessus. Mais, euh, il pensait vraiment qu'on ne s'en apercevrait pas?

- Mercredi en fin de matinée, Chouchou, assis en face de moi, m'envoie un mail pour m'informer qu'il veut tenter une nouvelle recette d'aubergines laquées. "Non parce que tu comprends, je ne voulais pas interrompre mon flow en te parlant." Euh. Je.

- Le soir, j'ai donné rendez-vous à Mlle Mars pour fêter dignement son nouveau boulot et quelques autres bonnes nouvelles. Je l'attends en vain de 18h à 19h à l'Amour Fou. Elle m'attend en vain au Berger de 18h à 20h15. Non, aucune de nous deux n'a le numéro de portable de l'autre, et aucune de nous deux n'est équipée d'un smartphone.

- Je découvre l'existence d'un groupe Facebook des anciens de mon premier club de jeux de rôles. Pas très actif, mais ça fait tout drôle de revoir certaines têtes 25 ans plus tard (mon Dieu, je suis VIEILLE).

- Après avoir dîné à l'Ouzerie avec Chouchou, je passe une nuit affreuse: cauchemars, réveils multiples, sensation de n'être qu'un estomac occupé à digérer qui perdure encore le lendemain matin. Le resto le soir, c'est juste plus possible. En tout cas, pas le grec.

- Jeudi, le solde de mon compte bancaire fait un bond inopiné vers le haut. Apparemment, la Sofia paye ses adhérents directs en mars. Si vous êtes affilié à l'Agessa, pensez à vous inscrire pour être sûr de toucher vos sous rapidement!

- Vendredi soir, Chouchou tente les spaghetti à l'ail et au citron pour séduire Scarlett Johannson (ceux que j'ai plus ou moins ratés deux fois). Il me les sert fièrement: "Alors, comment tu les trouves?" "Euh, on goûte pas beaucoup le citron." Mine consternée de Chouchou: "Merde, le citron!".

- Samedi midi, nous testons le bibimbap du Maru. Pas mauvais, surtout que le bol en pierre chaude fait griller le riz au fond, mais cher: 18€ pour la version végétarienne, c'est un peu abusé, surtout dans une salle aussi bof.

- Quand une pomme de pin aussi énorme que solitaire pend aux branches d'un arbre qui n'est pas un pin, il y a fort à parier qu'il s'agit d'une géocache.

- "The imitation game": j'ai toujours pensé que le comble de la jubilation, ce devait être de remporter une médaille d'or olympique, mais réussir à craquer Enigma, ça ne devait pas être mal non plus...

- Dans la nuit de samedi à dimanche, je fais un autre cauchemar à base d'apocalypse zombie et d'explosions nucléaires. Il est temps que je termine ma traduction en cours pour attaquer la suite des Légendes de la Garde: ça m'assurera des nuits plus paisibles!

Bonne semaine à tous.

samedi 14 mars 2015

La revue de presse du week-end #13




[ECONOMIE] Selon l'un des membre du Conseil d'Administration du FMI, le plan de sauvetage de la Grèce a surtout servi à renflouer ses créanciers.

[ECONOMIELe Bhoutan sera le premier pays à passer à une agriculture bio intégrale.

[PHOTO] Parfois, la nature gagne contre la civilisation.

[PHOTO] Il n'est jamais trop tard pour bien faire: des photos de seniors qui tabassent tout.

[POLITIQUE] Nous vivons en oligarchie et non en démocratie.

[SANTE] Une étude à grande échelle vient de prouver l'inefficacité de l'homéopathie. (En anglais)

vendredi 13 mars 2015

"The custard protocol T1: Prudence"


Dans une Angleterre victorienne fortement steampunk, Lady Prudence Alessandra Maccon Akeldama est l'unique métanaturelle au monde, capable de voler les pouvoirs de n'importe quelle créature surnaturelle par un simple contact. Son père adoptif, le vampire Lord Akeldama, lui offre un de ces dirigeables dont elle est si friande en lui confiant une mission: se rendre en Inde pour en rapporter une nouvelle variété de thé. Rue sera assistée par son amie d'enfance l'Honorable Primrose Tunstell, très à cheval sur le respect des convenances, mais aussi - à son grand dam - par le professeur Percy Tunstell, frère jumeau de la précédente, et Quesnel Lefoux, ingénieur de génie doublé d'un séducteur fort arrogant. Le voyage ne s'annonce pas de tout repos!

Vingt ans après les événements relatés dans "Le protectorat de l'ombrelle", on retrouve l'univers créé par Gail Carriger à travers les aventures de sa seconde génération de personnages. L'humour délicieusement piquant de l'auteur est toujours au rendez-vous; l'idée de mettre en scène un quatuor (même si Prudence reste clairement l'héroïne de cette nouvelle série) me semble excellente, et la découverte de l'Inde évite de tourner en rond dans un Londres déjà beaucoup exploré. Pourtant, je n'ai pu me défendre contre une vilaine impression de réchauffé, et j'avoue m'être pas mal ennuyée à la lecture de ce tome 1 - surtout pendant l'interminable confrontation finale. Je doute d'acheter les tomes suivants, et ne reviendrai sans doute vers Gail Carriger que si elle se décide un jour à changer d'univers. 

jeudi 12 mars 2015

JE VOUS ATTENDAIS, SIR TERRY




C'est Le Breton qui m'a fait découvrir Terry Pratchett. "Tu devrais lire Les Annales du Disque-Monde, c'est hilarant". Je m'en souviens très bien, c'était à Nantes début 1994, avant même qu'on ne se marie et que je ne devienne traductrice. Pendant qu'il terminait son service dans un régiment de parachutistes, j'ai acheté les quelques tomes déjà disponibles en français, et j'ai adoré. Une fois, lors d'un passage à la librairie l'Atalante, j'ai croisé Patrick Couton qui était le traducteur français de la série, et j'ai discuté avec lui un moment. J'étais plus impressionnée que si j'avais rencontré Madonna. 

Pendant l'année où j'ai vécu aux USA, alors que j'étais en plein divorce, j'ai dévalisé mon Barnes & Noble local: à moi, tous les tomes seulement disponibles en VO! J'avais pleiiiiin de retard à rattraper, et Granny Weatherwax et ses copines sorcières m'ont vachement aidée à traverser une des phases les plus déprimantes de mon existence. J'étais complètement paumée; je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, ni même où et avec qui, mais dès que j'ouvrais un des romans du Disque-Monde et que je me retrouvais dans les rues d'Ankh-Morpork, j'oubliais tout le reste. 

Après mon retour en France, j'ai continué à m'approvisionner grâce à Amazon. Chaque année, fidèlement, je pré-commandais le nouveau tome en format poche, avec les chouettes illustrations de Paul Kidby. J'ai acheté les companion books, les encyclopédies, les cartes annotées, les agendas et, lors d'une visite au Forbidden Planet de Londres, une petite figurine de LA MORT cuisinant des oeufs au plat avec un chat qui se frotte contre ses jambes. Et c'est grâce à "Good omens" ("De bons présages"), le génial one-shot écrit en commun, que j'ai découvert Neil Gaiman, autre géant du genre. 

Et puis un jour, bien qu'à peine en fin de cinquantaine, Terry Pratchett a annoncé qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer. Au cours des années suivantes, tout en maintenant une activité littéraire intensive, il a milité avec passion pour le droit à l'euthanasie et produit en 2011 un émouvant documentaire appelé "Choosing to die". Il s'est éteint aujourd'hui à son domicile, entouré de ses proches, à l'âge de 66 ans. C'est jeune pour partir. Du moins a-t-il pu choisir sa mort; combien d'entre nous auront cette chance? 

Le dernier tome des Annales du Disque-Monde paru en poche, "Raising steam", languit sur ma table de nuit depuis presque six mois. Depuis quelques années, je commençais à être moins fan de la recette éprouvée que Pratchett appliquait à chacun de ses romans: une satire d'une institution moderne transposée dans un monde de fantasy délirant. Après la banque, la poste, les télécom ou le football (!), je n'accrochais vraiment pas à celui consacré aux chemins de fer. Mais je savais qu'il risquait d'être le dernier, et je ne pouvais me résoudre à m'en débarrasser sans l'avoir lu jusqu'au bout. 

Je finirai donc "Raising steam" en l'honneur de Terry Pratchett, pour boucler un cycle qui reste une de mes découvertes littéraires majeures et qui fut une source d'évasion fabuleuse pendant plus de deux décennies. 

Je n'ai pas réussi à trouver l'auteur de ce strip, mais je serais ravie de le/la créditer.

Non, la procrastination n'est pas toujours notre ennemie




Les habitués du blog n'auront pu manquer de le remarquer: je suis très orientée "objectifs". Je passe mon temps à faire des To Do Lists, et une journée où je n'ai rien accompli est une journée perdue à mes yeux. Pourtant, comme tout le monde, je suis sujette à la procrastination, cette soi-disant vilaine habitude qui consiste, par flemme ou par manque d'envie, à remettre à plus tard ce qu'on pourrait faire maintenant. Et vous savez quoi? Je ne lutte pas spécialement contre. Voilà pourquoi:

- Quand je suis en train de travailler et que je bute sur une difficulté de traduction, aller claquer 5 vies dans Candy Crush Saga ou regarder une vidéo de lolcats me permet de faire le vide dans mon esprit. Dix minutes plus tard, lorsque je me remets au boulot, mon esprit est une ardoise redevenue blanche sur laquelle la solution à mon problème ne tarde généralement pas à apparaître. 

- Quand un problème survient et que je répugne à prendre les mesures nécessaires, il arrive qu'il finisse par se résoudre de lui-même. Le colis très en retard pour lequel je ne me décide pas à faire une réclamation se matérialise un jour dans ma boîte à lettres. La tension entre moi et un de mes proches se dissipe toute seule avec le temps, sans que l'on doive en passer par une confrontation pénible. Ca ne fonctionne pas pour tout, bien entendu (si je néglige de porter mes vêtements chez la couturière, le lutin des ourlets ne va pas venir les raccourcir dans ma penderie), mais parfois, il suffit juste d'un peu de patience. 

- Quand je dois faire quelque chose qui ne m'enthousiasme vraiment pas, je peux le traîner sur ma To Do List pendant des semaines. Mais pour justifier de ne pas m'y mettre et éviter de (trop) culpabiliser, j'abats généralement des montagnes d'autres corvées par ailleurs. Tant que je reporte cette chose-là sur mon calepin de jour en jour, c'est fou ce que je suis productive à côté! Mes vitres restent tellement sales qu'on voit à peine au travers, mais ma comptabilité professionnelle est à jour, je ne manque pas une seule séance de fitness et j'ai pondu 4 articles d'avance pour le blog. 

- Quand je traîne vraiment des pieds pour accomplir une tâche, il y a presque toujours une leçon à en tirer. Si m'occuper de mon intérieur m'est si pénible, peut-être serait-il judicieux de prévoir un budget femme de ménage. Si je regimbe à poursuivre tel programme de fitness, c'est qu'il n'est pas adapté à ma condition actuelle et que je ferais mieux d'en chercher un autre. Si je ne me décide pas à tenir un véritable art journal alors que j'en parle depuis des années, c'est soit que je n'ai pas réellement envie de dessiner et que je préfère admirer le travail des autres (il vaut alors mieux l'admettre et passer à autre chose), soit que j'ai peur de ne pas y arriver, et que je devrais de décomposer mon objectif en étapes plus petites et moins impressionnantes.

- Parfois aussi, je finis par me rendre compte que si je ne fais jamais la chose que je procrastine, ou si je l'expédie au lieu de la soigner aux petits oignons, le monde ne s'écroulera probablement pas. En vertu de quoi, je ne sais toujours pas me servir de Photoshop ni d'Excel; pour l'usage que j'en fais, les corrections basiques de Picasa et les bêtes tableaux de NeoOffice me suffisent largement. Il y a toujours quelque chose de libérateur à renoncer à une pseudo-obligation pénible. (Spoiler: à mon infini regret, l'option "décider de s'en foutre" ne fonctionne pas avec les nécessités administratives du type déclaration des revenus et paiement des impôts.)

La vérité, c'est que  sous réserve de ne pas en faire un mode de vie, la procrastination peut nous rendre indirectement productifs, nous éviter des prises de tête, nous aider à voir clair en nous-mêmes ou nous permettre de réévaluer nos priorités - et je trouve vraiment qu'elle ne mérite pas sa mauvaise réputation!

mercredi 11 mars 2015

Carnet de voyage: Copenhague 2014


Sur le même modèle que mon carnet de voyage à Porto, le plus récent, voici celui que j'avais réalisé à Copenhague lors de notre séjour de septembre dernier. On notera que l'étiquette de bagage que j'avais collée sur la couverture n'a guère supporté les manipulations et a particulièrement mal vieilli; je ne me risquerai pas à utiliser ce truc une seconde fois!



Carnet: Moleskine 
Feutre noir: Staedtler 0.3 
Autocollants alphabet: Toga 
Tirages Instagram: Print Studio

mardi 10 mars 2015

Ca, je ne m'y attendais pas quand j'ai commencé le fitness




Etre moins obsédée par la baisse de mon poids que par celle de mon taux de gras ou de mon tour de hanches. 

Ne pas réussir à prendre les jours de repos préconisés à moins de sentir que mes genoux ou mes lombaires menacent de se mettre en carafe. 

Faire désormais mes virées shopping chez Sports Direct plutôt que chez Naf-Naf, et lorgner sur les baskets plutôt que sur la nouvelle collection de Chie Mihara.

Passer autant de temps à Googler Jillian Michaels, sa vie, son oeuvre.

Collectionner les DVD au lieu de regarder tout simplement les vidéos sur YouTube, parce que les coupures publicitaires me gonflent et que je veux me prémunir contre une éventuelle panne de wifi. 

Entraîner autant de copines à ma suite. 

Passer en moins de deux mois de "je m'écrase face contre terre à la moindre tentative de pompes" à "j'arrive à en enchaîner une douzaine très vite".

Voir disparaître le micro-tremblement que je commençais à avoir à la main gauche dans certaines positions. 

Envisager l'achat d'haltères plus lourds, parce que 1,5 kilo, pour certains exercices, ça fait quand même petite joueuse.

Avoir un nouveau sujet de conversation avec Chouchou: les mouvements qu'on trouve difficiles, où on a mal, quels muscles on veut travailler en priorité...

Faire des machines pleines de vêtements de sport et parfois même, des lessives à la main.

Recommencer à me coiffer en queue de cheval très haute.

Devoir me laver les cheveux deux fois plus souvent.

Voir mon front se couvrir à nouveau de boutons comme quand j'avais 13 ans.

Ne pas me laisser décourager par la lenteur de l'obtention de résultats visibles: l'essentiel, c'est de progresser un peu chaque jour. 

Aimer autant ça.

lundi 9 mars 2015

Végétarienne ratée




J'entends beaucoup les végétariens de mon entourage affirmer que plus ça va, moins la viande leur manque, voire qu'elle les dégoûte maintenant. Moi, c'est l'inverse. Si je n'ai absolument aucune carence alimentaire, et donc pas besoin de viande, j'ai de plus en plus envie d'en manger. A la maison, je m'abstiens facilement: il me suffit de ne pas en mettre dans le panier des courses au Delhaize. En revanche, dès qu'on dîne au resto, je me jette dessus avec une culpabilité qui n'a d'égale que le ravissement de mes papilles. 

On me dira: c'est parce que tu n'es pas assez convaincue du bien-fondé du végétarisme. Faux. Je suis persuadée à 100% que c'est le meilleur choix possible à la fois pour l'environnement, pour les animaux et pour ma propre santé. Je n'ai pas l'ombre d'un doute là-dessus. On m'accusera alors de manquer de volonté. Exact: personne ne me colle un flingue sur la tempe en m'ordonnant de commander une entrecôte plutôt qu'un plat de pâtes aux légumes. Mais ce qui m'interpelle, c'est que globalement, je me considère comme une personne ayant BEAUCOUP de volonté. Par exemple, je bosse en freelance depuis plus de 20 ans sans jamais avoir raté une date de remise. Et je me suis arrêtée de fumer du jour au lendemain, sans recourir ni aux patchs à la nicotine, ni aux e-clopes qui n'existaient pas à l'époque. 

Du coup, je suis certes mortifiée par mon échec sur ce plan-là, mais surtout très intriguée par ses raisons. Qu'est-ce qui fait que je ne parviens pas à me tenir à un régime strictement végétarien alors qu'en principe, je n'ai aucun mal à me discipliner pour les choses qui me tiennent à coeur? J'ai beaucoup réfléchi à la question, et voici les pistes qui se dégagent:

- La pression sociale. Oui, je sais, c'est con, et j'y résiste très bien sur un tas d'autres sujets. Mais le fait est que tout concourt en permanence à envoyer le message que manger de la viande, c'est normal, c'est sain, voire c'est indispensable! L'entourage qui ne se pose pas de questions, et qui vous asticote sur vos choix alimentaires jusqu'au moment où vous en avez ras-le-bol de passer votre temps à vous battre pour ça. Les restaurants qui, en large majorité, proposent peu d'options végétariennes alléchantes. La culture carnivore dans laquelle vous baignez constamment. Vous finissez par vous sentir un peu seul contre le reste du monde - pas juste au moment de prendre UNE décision cruciale (ne pas avoir d'enfant...), mais plusieurs fois par jour, chaque jour. A la longue, ça use. 

- Le conditionnement depuis l'enfance. J'ai toujours mangé de la viande, et j'ai toujours adoré ça. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'addiction (je pense que non, Chouchou me soutient que oui); quoi qu'il en soit, mon cerveau n'arrive pas à convaincre mon estomac qu'il ne devrait pas soupirer après un morceau de cadavre fruit de la torture et du massacre d'un être vivant. Mon estomac n'a ni moralité ni empathie, et il aime le goût de la viande. On peut arguer qu'en principe, c'est mon cerveau qui décide et pas mon estomac. Je répliquerai que c'est bien mal connaître le fonctionnement des mécanismes non-cognitifs qui régissent nos actions - ceux qui nous poussent à faire des choses que nous savons pertinemment mauvaises pour nous, ou à ne pas en faire d'autres qui nous seraient pourtant très bénéfiques. 

- La dissociation cause/effet. J'ai beau avoir vu des vidéos horribles, lu des chiffres alarmants et les garder dans un coin de ma tête, lorsque j'ai la possibilité de manger de la viande, le steak qui me fait saliver est beaucoup plus réel que la souffrance de l'animal dont il provient, ou que les effets négatifs de l'élevage bovin sur l'environnement. 

Encore une fois, je ne me cherche pas d'excuses - j'essaie juste de comprendre pourquoi cette action en particulier me pose tant de problèmes alors que je n'ai eu aucun mal à mettre en oeuvre d'autres résolutions qui semblaient bien plus difficiles à tenir. Et je sais que le végétarisme est un sujet qui déchaîne facilement les passions sur les blogs; aussi, je vous serai reconnaissante de rester modéré dans vos propos si vous décidez de laisser un commentaire.