lundi 25 janvier 2016

10 choses que j'ai appris à apprécier




Le vin blanc, puis le rouge, puis de nouveau le blanc
Jeune, je n'aimais pas ça du tout. J'y suis venue vers la trentaine grâce à mon entourage. D'abord un peu de vin blanc, timidement, pendant les déjeuners avec mon mentor et mes éditeurs (des gens qui avaient du mal à concevoir qu'on arrose un bon repas à l'eau). Puis lors du mariage du demi-frère de l'Homme-ce-Chacal-Jaune, j'ai goûté un Château Haut-Brion 1964, et à partir de là, non seulement j'ai aimé le vin rouge, mais je l'ai aimé de préférence bien charpenté et tanniné. Récemment pourtant, je me surprends à revenir au blanc que je semble mieux assimiler. 

Le thé
Mes parents buvaient du Lipton jaune. Autant dire que ça ne me faisait pas trop envie. En 2000, Philou m'a initiée aux produits Mariage Frères. J'ai commencé par boire beaucoup de Thé sur le Nil et de Marco Polo; petit à petit, j'ai diversifié mes achats et appris à apprécier la subtilité des thés nature (surtout les verts japonais). Aujourd'hui, je dois boire 4 ou 5 mugs dans une journée de travail ordinaire, et quand je pars en vacances, mon thé fait partie des essentiels à emporter dans ma valise au même titre que ma Visa ou mon iPad. 

La salade verte
Contrairement à ma soeur, je n'étais pas une gamine difficile niveau bouffe et je mangeais à peu près tout ce qu'on me présentait sans rechigner. Seule exception: la salade verte que je haïssais - et pourtant, à la maison, c'était généralement de la laitue, assez inoffensive au niveau du goût. Je ne me souviens pas d'un moment précis où j'ai eu le déclic, mais aujourd'hui, je sais que la roquette et les pousses d'épinards font partie des indispensables que j'ai toujours dans mon frigo. 

Un beau crâne chauve
Jusqu'à ce que je rencontre Chouchou, j'avais deux critères incontournables en matière de physique masculin: l'homme devait mesurer au moins 1m80 et avoir une tête pleine de cheveux, si possible longs. Quand j'ai commencé à me faire draguer par un chauve qui ne dépassait pas 1m75, j'ai pensé que ça ne marcherait jamais. Nous fêterons en octobre nos dix ans de relation. Avoir un genre, c'ets bien; l'oublier, c'est mieux. 

Le vernis à ongles
Je n'ai jamais vu l'utilité de me peinturlurer les ongles jusqu'à ce que je commence à lire MBDF et à m'intéresser à tout ce qui touchait au maquillage. Pendant trois ans environ, j'ai dépensé chez MAC l'équivalent du PIB d'un petit pays africain. Puis ça m'a passé quasiment du jour au lendemain, et maintenant, je ne mets plus rien, pas même un peu de mascara ou de fond de teint. Par contre, mon amour des ongles joliment colorés est resté; simplement, après une période arc-en-ciel, je suis revenue au rouge pimpant basique type A Oui Bit of Red ou Vodka & Caviar d'OPI. Outre le fait que je trouve ça gai, ça me dissuade de me bouffer les doigts dès que je stresse. 

Les lunettes 
J'avais dix ans quand l'ophtalmo de la famille (qui est toujours la mienne aujourd'hui) m'a annoncé que j'étais astigmate et que je devais porter des lunettes pour bien y voir au tableau. J'ai sangloté bruyamment chez l'opticien pendant le choix de ma première monture, réclamant qu'on me trouve "la plus invisible possible" - j'ai donc fini avec une horreur en plastique transparent. Au fil du temps, j'ai appris à considérer mes lunettes comme faisant partie de mon visage, et chaque changement de monture est une décision mûrement soupesée (sauf la fois où j'ai pété la mienne à Tokyo et, à moitié aveugle, dû en racheter une paire en catastrophe et sans ordonnance, dans un magasin d'Ikebukuro où personne ne parlait anglais). Jamais je ne me ferais opérer pour corriger mes défauts de vue, et pas seulement parce que l'idée qu'on touche à mes yeux me panique. Depuis que je deviens presbyte, j'ai besoin de deux paires dont je change en fonction des circonstances, et si c'est une gymnastique un peu pénible, ça veut dire aussi que je peux m'éclater avec non pas une mais deux montures différentes. Et plus je vieillis, plus je les aimes originales. 

Se coucher de bonne heure
Plus jeune, j'éprouvais une véritable fascination pour la nuit. Voir le soleil se lever après une nuit blanche me donnait l'impression de vivre plus que les autres. J'aimais les discussions jusqu'à pas d'heure avec mes potes, et plus tard, travailler pendant que le reste du monde dormait. Ca a commencé à devenir problématique quand je me suis mise en couple avec un marin qui se couchait à 22h30 pour se lever à 6h. Me recaler m'a pris des années. Aujourd'hui, je ne bosse plus après la tombée de la nuit; je suis très heureuse si je peux filer au lit à 21h30 avec un bouquin, et même quand nous sortons, il est très rare que nous rentrions passé minuit. Mon idée d'un super réveillon du jour de l'An, c'est me coucher de bonne heure pour attaquer la nouvelle année fraîche et dispose. 

Les films en VO
J'ai longtemps pensé que c'était du pur snobisme de vouloir regarder en VO les films ou les séries télé tournés dans une langue qu'on ne comprenait pas. Et puis au fil du temps, moi aussi, entendre des voix françaises sortir de bouches asiatiques en décalage avec le mouvement des lèvres, ça a a commencé à me gonfler, et j'ai préféré récupérer le débit et les intonations des acteurs originaux quitte à me farcir des sous-titres. 

La gentillesse
Existe-t-il une qualité que l'on sous-estime davantage quand on est jeune, plein de niaque et de grandes certitudes? Moi, en tout cas, il m'a fallu du temps pour l'apprécier. Limite si je ne trouvais pas ça louche qu'on soit sympa avec moi sans idée derrière la tête. Au mieux, je prenais ça pour un signe de faiblesse, la marque des pauvres gens un peu simples d'esprit qui risquaient de se faire souvent entuber dans la vie. J'admirais les cyniques et les manipulateurs charismatiques qui parvenaient toujours à leurs fins. Ca a mis un peu de temps à me passer, mais aujourd'hui, je place la bienveillance loin au-dessus de toute forme de vivacité intellectuelle, parce qu'elle est un choix de chaque jour plutôt qu'un cadeau de la nature et qu'elle rend la vie drôlement plus douce et plus belle. 

Avoir la santé
Tenue pour acquise jusqu'à la mort de Brigitte puis de mon père. Désormais considérée comme mon bien le plus précieux. 

5 commentaires:

Lylou a dit…

Hello Armalite, du thé j'en bois beaucoup aussi. J'aime particulièrement le thé vert et le thé fumé.
J'admire les femmes qui prennent le temps de se vernir les ongles. Moi des vernis j'en ai plein à la maison mais je ne les mets pas car je n'ai pas la patience d'attendre que ça sèche, même avec l'huile séchante.De plus le moindre petit écaillement et il faut tout recommencer. Ma couleur préférée est je pense le rouge noir de Chanel.
Des lunettes j'en porte depuis presque deux décennies. Elles font parties de moi.Je les mets à mon réveil et ne les retire que le soir venu pour aller me coucher.
Je n'arrive toujours pas à me coucher de bonheur et pourtant je pense réellement que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.
Écouter les films en version VO permet aussi d'apprendre d'autres langues. J'aime beaucoup le français mais j'apprécie aussi d'entendre d'autres langues.
La gentillesse est une valeur que peu de personnes savent apprécier à sa juste valeur. Les gens abusent souvent des personnes sympas.
Pour la santé, c'est souvent quand les proches ont de gros problèmes de santé, qu'on prend conscience qu'elle est important et qu'il faut préserver son capital santé.

Lylou

Maman au chocolat a dit…

Je n'aime pas du tout le vin (bon en fait, je ne suis vraiment pas alcool hormis une petite bière fruitée de temps en temps) et j'ai mis du temps à trouver des gens qui acceptent que je ne boive pas, du coup je me forçais en société. Aujourd'hui, il y en a toujours qui me charrie "même pas un ?" mais cela reste souvent très gentil. Au moins, il y a toujours un Bob ! :D

Lucy a dit…

Mais comment ça se passait avec tes amis? Ce doit être difficile d'être ami avec une personne que l'on sait cynique et manipulatrice?

ARMALITE a dit…

Oui, c'est pour ça que j'ai arrêté au bout d'un moment! ^_^

Anna a dit…

Je te rejoins sur "avoir un genre et l'oublier", mon homme n'est pas du tout qui je pensais vouloir et pourtant, 15 ans après on est toujours heureux ensemble.