mardi 20 décembre 2016

Choisir ses batailles




Ce matin, j'ai traîné au lit avec Chouchou longtemps après m'être réveillée. Un peu parce que j'étais bien au chaud avec lui sous la couette à raconter des bêtises, un peu parce que j'avais peur de me lever et de me connecter à internet. Hier soir, quand je me suis couchée, l'ambassadeur de Russie avait été assassiné à Ankara, un camion avait foncé dans la foule du marché de Noël à Berlin et un homme avait tiré sur des Musulmans dans une salle de prière à Zurich. Du coup, j'ai été soulagée de découvrir que la Troisième Guerre Mondiale n'avait pas encore éclaté. Oui, mes critères pour me réjouir ont sérieusement dégringolé en cours d'année. Chaque jour, j'ai l'impression que le monde devient un peu plus fou. Ou peut-être qu'il l'a toujours été, et que c'est juste la surexposition actuelle aux médias qui donne cette impression de marcher en permanence au bord du gouffre. Et qui finit par nous engourdir, parce qu'on ne peut pas passer notre temps à saigner pour tout le monde. 

Il y a tellement de raisons de souffrir par procuration, tellement de raisons de s'indigner pour ce que font les racistes, les sexistes, les homophobes, les intégristes religieux et autres intolérants de tout poil, tellement de raisons de désespérer pour tout ce que nos dirigeants ne font pas: défendre les plus faibles, obliger les nantis à contribuer à la société proportionnellement à leurs moyens, cesser de poursuivre une croissance imbécile et préserver plutôt l'environnement. Se mobiliser pour toutes les causes qui le méritent serait un boulot à plein temps. Nous n'en avons pas la capacité. Il faut aussi conserver un minimum d'énergie et de moral pour vivre notre propre vie. Je ne dis pas qu'il faut devenir égoïste et sourd au reste du monde; je dis qu'il faut choisir ses batailles et essayer de s'y tenir. J'ai des ami(e)s qui militent très fort pour les droits des animaux, d'autres qui se font les apôtres de la décroissance et montrent l'exemple d'une vie zéro déchet, d'autres qui oeuvrent à l'accueil et à l'intégration des réfugiés, d'autres qui sont profs et font un formidable boulot d'éducation des générations futures, d'autres qui luttent chaque jour pour changer la perception des racisés ou mettre en évidence les inégalités de traitement entre hommes et femmes. Personne ne peut tout faire, mais ce n'est pas nécessaire. Pour changer le monde, il suffit que chacun de nous fasse quelque chose. 

2 commentaires:

Unknown a dit…

Merci pour ton article qui rejoint parfaitement ce que je pense et ce à quoi je réfléchi depuis quelques jours. On ne peut pas porter le monde sur nos épaules mais comme tu le dis si bien si tout le monde fait quelque chose alors on peut changer le monde. Peut-être et j'en suis sure qu'un jour on pourra se dire qu'enfin on est en harmonie et en paix.

Aglaé a dit…

Cette nouvelle horreur m'a beaucoup choquée aussi.
Je suis d'accord avec l'idée de faire un effort pour rendre le monde meilleur, chacun à son échelle. En 2017 j'aimerais essayer de réduire mon impact sur l'environnement : plus de cuisine maison, acheter une voiture hybride et je rêve d'un poêle pour chauffer la maison au bois au lieu du gaz.