lundi 29 février 2016

Février 2016



Lectures de Février 2016




ROMAN
- "The masked city" (Genevieve Cogman) ♥︎♥︎
- "La folle rencontre de Flora et Max" (Martin Page/Coline Pierré) ♥︎♥︎♥︎
- "Quatuor" (Anna Enquist) ♥︎♥︎
- "Un voyage au Japon" (Antoine Piazza)
- "Si peu d'endroits confortables" (Fanny Salmeron) ♥︎♥︎
- "Les gens dans l'enveloppe" (Isabelle Monnin) ♥︎♥︎♥︎
- "The glass sentence" (S.E. Grove) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The sweetness at the bottom of the pie" (Alan Bradley)
- "Mrs Bridge" (Evan S. Connell) ♥︎♥︎
- "Les délices de Tokyo" (Durian Sukegawa) ♥︎♥︎♥︎
- "Personne ne disparaît" (Catherine Lacey)
- "La doublure" (Meg Wolitzer) ♥︎♥︎ 
- "Chaos calme" (Sandro Veronesi) ♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "Les enfants de la baleine T1&2" (Abi Umeda) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The ancient magus bride T4" (Koré Yamazaki) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Erased T6" (Kei Sanbe) ♥︎♥︎♥︎
- "La photographe T1" (Kenichi Kiriki) ♥︎♥︎
- "Magical girl site T1" (Kentarô Satô) ♥︎
- "Les jours sucrés" (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The cute girl network" (Greg Means/MK Reed/Joe Flood) ♥︎♥︎♥︎
- "Sur les ailes du monde, Audubon" (Fabien Grolleau/Jérémie Royer) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- [Challenge non fiction] "Essentialism" (Greg McKeown) ♥︎
- "Louve" (Fanny Ducassé)  ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- [Challenge non fiction] "Anxiété" (Scott Stossel)

dimanche 28 février 2016

Les joies de la semaine #8




Lundi: le logiciel de compta pro que j'envisage d'adopter coûte bien moins cher que je ne le craignais 

Mardi: 15°, ciel bleu, petits nuages moutonnants / bien que je n'aie pas réservé, il reste un coin de table libre à l'Aparté / entrée dans le Top 100 des commentateurs Amazon / maki et California rolls du Sushi Shop pour le dîner

Mercredi: un fou-rire avec Solange à propos de sa courgette disparue, et un autre à propos des vaches qui vont nous manger

Jeudi: enfin du wifi gratuit et illimité en gare du Nord et dans le Thalys / un violoniste qui me tire des larmes d'émotion dans le métro / deuxième sélection consécutive en petite Une de HelloCoton / le pluma de porc du Little Tokyo en amoureux

Vendredi: foncer acheter "Anxiété" chez Filigranes après le boulot / un bouquet de renoncules jaune orangé 

Samedi: cette vidéo avec Florence Foresti, Vanessa Paradis et une licorne / "La poupée de Kafka" et Sur les ailes du monde, Audubon" à moitié prix chez Pêle-Mêle / une sieste au soleil / de la super mayo dans les super frites des Super Filles du Tram / se coucher dans la nouvelle parure de lit à étoiles

Dimanche: un froid sec et lumineux pour aller bruncher au Clan des Belges / passer quelques heures avec Garulfo et Hélie que nous voyons trop peu / bien me marrer devant le 4ème épisode de "Just Jillian" / un retour de trad effectuée dans des conditions pas terribles, accompagné des compliments de l'éditrice

vendredi 26 février 2016

La nuit le jour




La nuit je ressasse les événements négatifs de la journée
je les monte en épingle
je les pousse jusqu'à leur conclusion la plus improbable et la plus extrême
je me ratatine devant des visions de futur en ruines
des corps en miettes après un accident de voiture
un autre qui se balance sous une poutre
des radios couvertes d'essaims de taches
un toit qui s'effondre 
le monde qui se dérobe sous mes pieds
les murs qui se referment sur moi
et je suffoque en silence toute raide dans le noir

La journée je m'agite pour ne pas penser
je travaille beaucoup je suis très très productive
je fais de l'humour noir parce qu'il faut bien en plaisanter
je remplis mon agenda un apéro un resto un brunch
je mijote des échappées et des petits plats
je coche les tâches accomplies une par une
(avec une certaine satisfaction)
je relativise je me raisonne
mon cerveau rationnel reprend vaguement le dessus dans la lumière
j'inspire j'expire j'inspire j'expire
je suis là dans le présent ignorant la minuscule douleur persistante
les indicateurs au rouge
les signes avant-coureurs de catastrophe
qui n'existent peut-être que dans ma tête
je suis un membre fonctionnel de la société

Puis la nuit revient. 

jeudi 25 février 2016

Facebook je t'aime, Facebook je te déteste




Je déteste Facebook. 
Je déteste devoir surveiller comme du lait sur le feu des paramétrages qui changent constamment dans le but de me pomper toujours plus de données privées. 
Je déteste qu'il me ressorte chaque matin un "souvenir" d'il y a plusieurs années, et ce, malgré le fait que chaque matin, je coche l'option "voir moins de souvenirs", et qu'il me répond docilement que d'accord, il me montrera moins de souvenirs. 
Je déteste qu'il balance dans mon fil des pubs qui ne m'intéressent pas, mais que si je le lui signale, il me dit "merci de nous aider à trouver des pubs mieux ciblées pour vous", et retente sa chance cinq minutes plus tard - ce, jusqu'à ce que j'en ai ras-le-bol et que je laisse passer les pubs. 
Je déteste qu'il choisisse à ma place ce que je peux voir sur mon mur, et notamment qu'il m'impose les publications d'amis d'amis pas aussi regardants que moi sur les positions politiques et éthiques de leurs contacts. 

Malgré tout ça, Facebook reste ma drogue numéro un, le truc qui me manque le plus lorsque je suis temporairement privée de connexion. 
Je n'ai pas trouvé de meilleur moyen de rester en contact avec les gens que j'aime et qui vivent trop loin pour que je puisse les voir régulièrement, pas de meilleur moyen de partager les petites choses de leur quotidien - celles qui ne sont pas assez importantes pour justifier un mail ou un coup de fil, mais qui font leur vie au jour le jour. Je trouve Twitter illisible et pas du tout convivial pour des discussions intimes; j'adore Instagram mais il n'est pas non plus fait pour la conversation. 
Quand je bloque sur une tournure de phrase dans mon boulot, c'est là que je file quelques minutes pour faire un "reset" à mon cerveau. Quand j'ai besoin d'une info ou d'un coup de main, c'est là que je les demande. Quand je veux tester une idée ou lancer une idée d'activité, c'est là que j'obtiens les réponses les plus rapides. Quand je n'ai pas trop le moral, c'est une source inépuisable de vidéos d'animaux mignons ou marrants. 
Je l'utilise pour me tenir au courant de l'actualité. Mes contacts triés sur le volet s'intéressent aux mêmes sujets que moi: la politique, l'environnement, la protection animale, la littérature et le secteur de l'édition... Nulle part ailleurs je n'obtiendrais un reader's digest aussi bien ciblé que sur mon mur. 
J'aime savoir presque en temps réel de ce qui se passe dans la vie de mes amis: qui a décroché un nouveau job, qui fête son anniversaire, qui vient de perdre son père, qui a testé un resto génial, qui part en vacances à quel endroit, qui vient d'adopter un chien dans un refuge, qui déménage dans une grande maison. 
La page Facebook du blog est un outil précieux, l'endroit où je publie des tas de petites choses qui ne suffiraient pas à donner matière à un article mais qui sont quand même dans ma lignée éditoriale (si tant est que j'en aie une). J'y communique beaucoup plus facilement avec mes lecteurs que dans les commentaires du blog lui-même.
Alors, j'ai beau râler contre Facebook, je n'envisage pas une seconde de cesser de l'utiliser. 

mardi 23 février 2016

La vie dont on rêve et la vie que l'on a




Quand je suis venue vivre à Bruxelles à temps partiel, à l'automne 2007, le plan était le suivant: Chouchou s'installerait le plus vite possible en indépendant et développerait une activité gérable à distance, comme la mienne, pour qu'on ne soit plus obligés d'habiter dans un endroit précis. On utiliserait l'appart de Monpatelin comme base opérationnelle, mais on voyagerait le plus souvent possible, idéalement par périodes d'un à trois mois, en sous-louant des apparts ou en faisant du gardiennage de maisons, ce qui nous permettrait de bosser pour gagner notre vie tout en découvrant des endroits un peu comme si on y habitait vraiment. "Compte quatre ou cinq ans", m'avait-il dit à l'époque. 

Il a fini par lancer son activité indépendante fin 2013 seulement, et à l'heure actuelle, nous ne sommes pas encore au stade où nous pouvons envisager de lâcher notre pied-à-terre bruxellois. Combien de temps faudra-t-il encore? Je l'ignore, puisque ça ne dépend pas de moi (et pas tout à fait de lui non plus, dans cette conjoncture). J'avoue qu'à certains moments, à force de voir l'objectif reculer sans cesse, j'ai même pensé qu'on ne l'atteindrait jamais. Ce qui a contribué à mettre de la tension dans notre couple. Je me sentais coincée à Bruxelles, dans un appart dont la seule vue commençait à m'exaspérer - mais pas question de déménager pour un autre: ça aurait été l'aveu qu'on n'était pas près de quitter la Belgique. Je commençais à en vouloir à Chouchou, et en même temps, je savais que lui mettre la pression ne ferait pas avancer le schmilblick. Sauf que quand je me retiens d'un côté, en général, je finis par lâcher de l'autre et par devenir désagréable pour un oui pour un non. 

2015 a été vraiment difficile. Chouchou avait de gros soucis de boulot qui accaparaient son temps et créaient de fortes tensions dans notre vie domestique. Résultat: une énorme crise début août. Nous avons réussi à éviter le pire, mais à l'intérieur, j'avais complètement perdu la foi en lui, en nous et en notre avenir rêvé. Je me sentais vide et triste, ce qui a culminé par des fêtes de fin d'année à pleurer. Quelque part pendant la semaine entre Noël et le jour de l'An, j'en ai eu MARRE d'être dans cet état. J'avais deux choix: je pouvais quitter Chouchou pour vivre ma vie comme je l'entendais, comme cela m'était possible depuis longtemps déjà. Ou je pouvais estimer que ma priorité numéro un, c'était d'être avec lui, et que pour le reste, on verrait bien. Que mes projets ne se réaliseraient peut-être pas, ou seulement dans très longtemps, et qu'il fallait cesser de les avoir pour seul point de mire - sans ça, je serais toujours malheureuse et ça finirait par entraîner le naufrage de notre couple. 

Je n'ai pas tellement hésité. J'ai choisi Chouchou. Je pense qu'aucun endroit au monde ne mérite qu'on renonce à se réveiller chaque jour près de quelqu'un avec qui même une promenade sous une pluie battante et dans un vent glacial devient une aventure rigolote. 

Mais ce choix conscient devait s'accompagner d'un changement de point de vue et d'attitude. Je devais cesser de rouspéter après mes aller-retours mensuels entre Bruxelles et le Sud de la France, recommencer à tirer le meilleur parti possible de l'alternance couple/célibat, vie culturelle riche/météo de rêve. Je devais réinvestir l'appartement de Bruxelles, ne plus laisser s'accumuler les bricoles de travers, renouveler quelques petites choses pour m'y sentir bien. Je devais soutenir Chouchou dans ses efforts pour faire évoluer son activité, même si ça m'agaçait qu'il bosse le soir et le week-end, même si j'aurais voulu que ça aille plus vite. Je devais ruser pour nous organiser autant que possible de petits voyages dépaysants qui étancheraient malgré tout ma soif de choses à voir et à raconter. Je devais surtout lâcher prise sur ma conception de ce que ma vie aurait dû être depuis des années déjà, pour profiter de ma vie telle qu'elle était vraiment - c'est-à-dire, franchement enviable à bien y regarder. 

Alors, voilà. Depuis le début de l'année, je fais tout ça, et je vais beaucoup mieux (quand je ne suis pas en train de faire des crises d'hypocondrie, ce qui est un autre problème). J'ai acheté une housse de couette avec des étoiles, un nouveau lampadaire qui donne plus de lumière, un tapis pour rendre notre coin salon plus douillet. Je savoure mes longs trajets en train dont je profite pour dévorer un roman à l'aller et un autre au retour. Je bourre mon agenda de sorties sociales ou culturelles. J'éteins mon ordinateur plus tôt et je vais me coucher avec un bouquin ou un magazine de développement personnel qui nourrit mon état d'esprit. Je dis plus souvent "Oui" à Chouchou et j'essaie de l'encourager au maximum, pas juste parce que j'attends quelque chose de sa part, mais parce que je veux qu'il réussisse pour lui avant tout. Je ne sais pas à quoi l'avenir ressemblera, peut-être pas à ce que j'espérais. Et ce n'est pas si grave, parce que le présent est déjà vachement chouette. 

lundi 22 février 2016

Toulon sous hypocondrie




10h45, arrêt Champ de Mars. Ce n'était pas une idée fabuleuse de lire dans le bus; j'ai mal au coeur maintenant. Le rayon téléphones fixes de la Fnac fait 12 cm de large et propose royalement 6 modèles, mais bon, il faut vraiment que je remplace le mien. Puisque je n'ai pas encore réussi à voir "Les délices de Tokyo", achetons le roman dont est tiré le film: ça fera une occasion supplémentaire de grommeler "Le livre était mieux". Comment ça, ma Visa perso n'est pas dans mon portefeuille? Panique. J'ai dû l'oublier chez mon caviste hier après-midi, mais comment vérifier sans attendre, vu que je n'ai pas de smartphone et ne connais pas le numéro des renseignements de mon opérateur mobile? Idée géniale: son numéro doit figurer sur la carte de fidélité du magasin. ...Qui est rangée bien sagement dans mon porte-cartes de fidélité, sous ma Visa perso que j'ai mise là par erreur en quittant le magasin. Ouf!

Etam n'a pas les shortys Gala que j'affectionne, mais je craque pour une paire de pantoufles lapins et rachète une culotte ventre plat sauveuse de silhouette. La parapharmacie de Mayol ne fait pas la marque Jonzac. Par contre, Boutique 112 a un bol à lunettes rouges, on dirait exactement moi! Remonter le cours Lafayette en passant entre les étals du marché plutôt que sur les côtés, malgré le nombre impressionnant de dames à fichu et caddie qui avancent à la vitesse d'escargots neurasthéniques. C'est l'un des endroits qui me rappelle le plus mon père, même si je ne me souviens pas l'avoir jamais accompagné quand il venait y faire les courses le week-end avec le grand panier en osier. Le stand d'olives embaume. Tout me fait envie, y compris les fleurs (des jonquilles!), mais je me vois mal les trimballer jusqu'à ce soir. Passage à la Vie Claire pour dépenser le bon d'achat gagné sur Facebook, et chez Contrebandes dont je ressors avec trois petits livres jeunesse.

Arriver à la Fabbrica di Marco, faire la bise à tout le monde, me poser à une petite table et entamer "Mrs. Bridge" en attendant l'arrivée de mes conchiglioni au four - une tuerie. "Comment tu fais pour ne pas avoir doublé de volume à cause de ta propre cuisine, Marco?" Soupir de l'intéressé: "Je fais beaucoup de sport". Moi je n'en fais pas en ce moment, mais je me laisse quand même tenter par une panacotta au limoncello et son coulis de fraises fraîches en dessert. Faut pas que je trébuche en sortant, sinon je vais rouler jusqu'au bas de la rue... Dans la nouvelle boutique de déco un peu plus haut, craquer pour une assiette rouge en forme de poisson qui fera joli sur Instagram (oui, j'ai honte). La Poste Liberté ferme maintenant à 12h15 le samedi; l'envoi en recommandé du courrier incendiaire à ma banque attendra donc lundi. La parapharmacie du Palais ne fait pas non plus la marque Jonzac, damn!

Jetons un coup d'oeil à l'expo Jacqueline Salmon. Je n'étais jamais entrée dans l'Hôtel des Arts, c'est vraiment très beau. Tous ces petits traits pour visualiser le vent ont dû prendre des jours et des jours à tracer - enfoncé, Boulet. En arrivant au premier étage, où sont exposés les portraits de Toulonnais, la première photo que je vois dans la grande salle du fond face à moi, c'est justement celle de... Marco, mon restaurateur préféré. Il a pour voisins une femme capitaine de frégate, plein de Maghrébins, un professeur de japonais, une étudiante géorgienne, une mendiante sans doute éthiopienne mais l'artiste n'est pas sûre, une fille aux cheveux bleus, des piliers de terrasse de café, je me réjouis de venir d'une ville à la population aussi mélangée.

Quand je ressors, il est à peine 14h15 et je suis pleine comme une outre, je ne vais quand même pas aller me poser au salon de thé. Au Chantilly juste pour boire un verre, alors. Le serveur esquisse une ébauche de sourire et a un ton aimable pour une fois: ça doit être à cause du soleil et du ciel si bleu. Je devrais être hyper détendue, mais pas de bol, la semaine a été extrêmement angoissante et je n'arrive pas à sortir de mon tourbillon de pensées noires. Je promène mon regard sur les pages de mon livre, mais ce que je vois, en fait, c'est moi en train de dire adieu à tous mes proches après un diagnostic de cancer généralisé, six mois à vivre, autant zapper la chimio et en profiter jusqu'au bout, mes larme coulent dans mon thé glacé trop sucré, putain d'hypocondrie qui ressort chaque fois que je stresse, c'est comme un gouffre qui m'avale, j'ai l'air d'être là, je réponds aux questions, je souris, je plaisante alors qu'en fait, je suis en train d'escalader des parois vertigineuses du bout des ongles.

Je finis par ressortir pour descendre la rue d'Alger. J'entre chez Naf-Naf un peu au hasard, m'approche des blousons en cuir parce que mon perf' Mango commence à vomir du fil de fer sur les bords et ne sera bientôt plus présentable. "Ils sont tous à 129€ en ce moment", m'annonce une vendeuse. En pilote automatique, j'essaie celui que me plaît, les manches du 40 me serrent trop les bras, par contre le 42 va bien (mais me vexe). Au Carré des Mots, je discute avec la vendeuse de René Frégni, un de ses amis écrivains dont je voulais acheter le dernier roman - mais il ne lui en restait qu'un exemplaire qu'elle a vendu hier. Tant pis. En remontant vers le boulevard de Strasbourg, j'ai l'idée de m'arrêter à la nouvelle parapharmacie Lafayette sur la place du théâtre: non seulement ils sont encore moins chers qu'à celle du Palais, mais ils font Jonzac, victoire!

16h15. Il est encore tôt mais je ne profite de rien, là, je vais plutôt rentrer. Rhâââ, mon bus qui arrive à l'arrêt Liberté alors que je suis encore sur la chaussée d'en face! Si le feu passe au rouge, je peux l'attraper... Le feu ne passe pas au rouge, et le prochain bus est dans 35 mn. Je remonte vers la gare: pour une fois, je vais m'offrir le TER qui me déposera à Monpatelin pile à l'heure où le prochain bus quitte la gare routière de Toulon, ça m'économisera presque une heure (et un nouveau mal au coeur). De toute façon, en ville ou à la maison, il n'y a que le décor qui change - moi, je suis ailleurs, prisonnière de mes angoisses.

dimanche 21 février 2016

Les joies de la semaine #7




Lundi: reçu un paiement que je n'attendais pas avant deux semaines dans le meilleur des cas / traduire 4 pages de plus que prévu aujourd'hui / financement du projet KissKissBankBank de Lucas et Marie Sans-Gênes: bouclé! / le premier épisode de l'adaptation télé de "11/22/63" de Stephen King est déjà disponible / immédiatement happée par "The glass sentence"

Mardi: les Prinstagrams et le FunkoPop Carl commandés en décembre sont enfin arrivés / à vue de nez, j'ai reçu tous les documents nécessaires à l'établissement de ma 2035 / avoir de la soupe fèves-épinards-huile d'olive Picard au congélo

Mercredi: mon adorable fleuriste m'offre une seconde botte de tulipes rouges / reçu l'exemplaire des "Jours sucrés" envoyé par Dargaud, et... ouah / deux bonnes nouvelles de boulot du côté de Chouchou / découverte du très joli compte Instagram de la sketcheuse linus20003

Jeudi: "Je crois que tu es la personne qui comprend le mieux ce qu'on essaye de faire dans nos livres", m'écrit le scénariste des "Jours sucrés" après avoir lu ma critique / à 14h, tremper trois navettes au citron dans mon thé avant de reprendre le boulot

Vendredi: reçu un gros chèque-cadeau Amazon immédiatement investi dans l'achat de 3 mangas et 2 bédés / un verre de Pinot Gris pour me récompenser d'avoir accompli une corvée qui traînait depuis trop longtemps / le pull très cher censé ne pas pouvoir passer en machine ressort de la mienne nickel

Samedi: un ciel bleu cobalt / retrouver ma Visa dans mon porte-cartes de fidélité / ingurgiter bien trop de calories dans l'ambiance chaleureuse de la Fabbrica di Marco / mon premier shopping spree depuis une éternité, sans remords aucun / la photo de "ma" jetée au Mourillon, dans l'expo de Jacqueline Salmon / m'offrir un retour en TER (14 mn contre 50 environ pour le bus)

Dimanche: le chant des oiseaux dans l'avenue autrement silencieuse à mon réveil / pour une fois, Chouchou a super bien dormi / Cahouète va beaucoup mieux depuis qu'on l'a passé en CM2 / le contrôle de mes soldes bancaires pour 2015 tombe juste du premier coup / toujours aussi amoureuse d'Ethan Hawke dans "Reality bites"

vendredi 19 février 2016

Un Z qui veut dire Zesaisplustrop



Je ne supporte pas de voir morfler un de mes proches sans rien faire pour essayer de l'aider. 
L'histoire cependant a prouvé que mes tentatives n'étaient pas toujours très délicates ni forcément bienvenues. Quand on me confie un problème, je cherche immédiatement une solution, comme s'il en existait une qui pouvait tout arranger tel un coup de baguette magique. Alors que la personne d'en face veut parfois juste parler, et qu'on la laisse trouver sa propre solution à son propre rythme (c'est-à-dire, pas ma méthode bulldozer applicable là-maintenant-tout-de-suite-et-que-ça-saute). 
Mais rester les bras ballants face à une souffrance, je n'y arrive pas. 
Je voudrais fournir du travail à mes amis qui n'en ont pas, distribuer des sous à ceux qui galèrent pour boucler leurs fins de mois, donner le conseil pertinent qui va sauver un couple à la dérive, trouver l'argument qui fera tilt dans la tête de la copine rongée par le doute ou du neveu en proie à des angoisses existentielles, remettre de l'ordre dans le système scolaire inadapté à l'accueil des enfants autistes, filer la niaque aux auteurs trop gentils qui se font avoir en ne négociant pas leurs droits, convaincre les déprimés qu'ils peuvent changer ce qui ne leur convient pas dans leur vie, guérir les malades, accoucher de la vérité irréfutable et lumineuse qui adoucira le chagrin des endeuillés. 
Accessoirement, si je pouvais loger tous les SDF et accueillir dignement les migrants, je considèrerais que ma journée a été productive. 
Il n'est pas impossible que j'aie raté une vocation de Zorro. 
(Ou de terrassier, faut voir.)
(Le loup noir m'irait quand même mieux que le casque de chantier.)
(La moustache, par contre, je ne suis pas sûre-sûre.)
(Mais je m'égare.)

Je sais bien que les problèmes d'autrui ne m'appartiennent pas, que c'est sans doute très arrogant de prétendre les résoudre, que ce n'est pas mon rôle de porter les gens qui m'entourent. 
Sauf que si, quand même, un peu, non? Je veux dire, à quoi bon avoir une famille et des amis si ce n'est pas pour les soutenir quand ça va mal - et réciproquement? 
Bien entendu, lorsque moi j'ai un problème, je suis comme les gosses qui veulent absolument faire tout tout seuls, et je crèverais plutôt que de prendre les mains qu'on me tend.
Je travaille pas mal sur la notion de vulnérabilité depuis quelques mois, sur l'idée révolutionnaire que les gens ne se répartissent pas en deux catégories: les Vikings et les Victimes, sur le fait qu'il faut parfois savoir accepter le donut (pour reprendre une anecdote du bouquin d'Amanda Palmer). Je n'ai par chance pas trop eu d'occasions de mettre en pratique, mais je crois que la théorie commence à rentrer. 
Par contre, à la question: comment aider quelqu'un qui souffre sans outrepasser mes prérogatives de compagne, de tante ou d'amie, je n'ai toujours pas trouvé de réponse. Ecouter en hochant la tête et en disant "Je comprends" sur un ton compatissant, je peux le faire deux minutes si la situation est de celle qu'on ne peut qu'endurer (et dans ma conception de l'univers, des situations pareilles, il n'y en a pas tant que ça). Dire "Je suis là si tu as besoin de moi, tu n'as qu'à demander", je trouve ça vraiment facile et inutile, parce que la plupart des gens n'oseront pas. 
Alors, quoi? 
Faut-il accorder à ses proches le crédit de penser qu'ils s'en sortiront par eux-mêmes? Partir du principe qu'ils sont assez forts et assez intelligents pour ça? Oui, mais si leur force et leur intelligence ne suffisaient pas? Si on se rendait coupable de non-assistance à personne aimée en danger? 
Je vous jure: les relations humaines, c'est beaucoup trop compliqué pour moi. 

jeudi 18 février 2016

Evidemment, ça marche beaucoup moins bien



...quand j'oublie d'allumer la plaque de cuisson sous la casserole des pâtes
...quand je laisse le filtre à thé posé à côté de la tasse d'eau chaude
...quand je veux verser de l'huile d'olive sans avoir débouché la bouteille
...quand je tente de filmer avec un caméscope sans avoir enlevé le cache
...quand je pars au cinéma avec mes lunettes pour voir de près
...quand j'essaie d'imprimer à Bruxelles sur la Canon Pixma de Monpatelin
...quand j'envoie un mail triomphant "Et voilà ton fichier!", sans aucun attachement
...quand j'ouvre Picasa pour écouter de la musique
...quand je réserve des billets pour une expo à une date où je ne serai pas en ville
...quand je me trompe de livre à traduire
...quand je pars faire un road trip aux USA en laissent mon permis de conduire à la maison
...quand dans un ryokan à Tokyo, je me lève encore un peu abrutie de sommeil et que je dis à Chouchou "Tu viens, on va déjeuner?" en me dirigeant vers la porte alors que je suis toute nue

mardi 16 février 2016

20 nouvelles révélations microscopiques




1. Parfois, dans les transports en commun, je regarde un inconnu et je le vois simultanément tel qu'il est aujourd'hui, tel qu'il devait être enfant et tel qu'il sera vieillard. Je ne connais personne d'autre qui possède ce super-pouvoir 100% inutile.
2. Les sourcils maquillés, je trouve ça horrible et vaguement flippant. 
3. Je n'ai pris conscience que très récemment de l'ampleur du whitesplaining, et je suis bien contente d'avoir ouvert les yeux - je me sens moins stupide. 
4. Je n'ai aucune oreille. Rien, nada, que pouic. Je suis incapable de reconnaître un acteur ou un chanteur célèbre à sa voix, et je confonds régulièrement "Mon beau sapin" et la Marche Nuptiale.
5. Pour un Noël, je me suis fait offrir une machine à coudre que, une douzaine d'années plus tard, je n'ai toujours pas sortie de son emballage.
6. J'ai l'armoire à pharmacie la plus riquiqui et la moins bien garnie du monde; je ne prends de médicaments - même un simple Doliprane - que si je suis à l'agonie.
7. Je ne passe jamais un coup de fil si je peux m'en tirer avec un mail ou un texto.
8. Pour faire monter ma tension à 32 en un clin d'oeil, il suffit de me vanter les vertus de l'homéopathie.
9. L'astronomie ne m'excite absolument pas. L'histoire non plus. Je n'ai pas assez d'imagination pour m'intéresser à des choses trop lointaines dans l'espace ou dans le temps.
10. Si je gagnais une somme absolument indécente au loto, après avoir fait le tour du monde et gâté mes proches, je fonderais une "chaîne" de foyers pour sans-abri dans toutes les grandes villes de France.
11. Plus je vieillis, plus j'ai peur en avion et en voiture.
12. Trois choses que j'ai appris à apprécier très récemment: les (bons) cocktails à base de gin, le (bon) chocolat, le (bon) thé noir.
13. J'éternue toujours trois fois d'affilée.
14. J'ai dans mon MacBook un dossier où je range des captures d'écran de tous les tweets qui m'ont été envoyés par des gens célèbres. A mon palmarès pour le moment: Boulet, Pénélope Bagieu, les Palmer-Gaiman, le mari de Kristen Bell, Jillian Michaels. J'espère y ajouter J.K. Rowling un jour. *mode fangirl OFF*
15. J'arrache mes cheveux blancs trop visibles avec une pince à épiler.
16. Je trouve la méthode KonMari ridicule, au point que j'ai renoncé à rédiger une critique de son bouquin pour ne pas me retrouver avec un billet de 50 000 caractères dégoulinants de sarcasme.
17. Je suis affligée par le fait que, dans toutes les histoires de voyage dans le temps que j'ai lues, modifier le cours de l'histoire entraîne toujours des conséquences dramatiques. On vivrait dans le meilleur des mondes possibles, sérieusement?
18. Je rêve de contempler une aurore boréale. Comme je déteste la neige et le froid, c'est mal barré.
19. Je ne prends jamais de taxi à moins d'y être obligée: trop de mauvaises expériences, entre les arnaques multiples et la mort frôlée au moins deux fois. Ce qui ne m'empêche pas d'être violemment opposée au principe d'Uber.
20. Si je revivais ma vie en boucle comme Harry August, le héros de Claire North,  je consacrerais une de mes existences à faire les beaux-Arts et tenter de gagner ma vie comme illustratrice; dans une autre, je serai chercheuse en biologie et j'étudierais le fonctionnement du système immunitaire; dans une autre encore, je profiterais de ma connaissance du futur pour devenir très riche et je ne ferais que voyager en distribuant mes sous à des oeuvres caritatives.

dimanche 14 février 2016

Les joies de la semaine #6




Lundi: attaquer la traduction du nouveau roman de Claire North / ma soeur, mon beau-frère et mes neveux vont venir nous voir à Bruxelles en avril / en MP, une conversation qui fait chaud au coeur avec un scénariste de bédé que j'adore / les spaghettis à l'ail et au citron préparés par Chouchou

Mardi: pouvoir compter sur mes contacts Facebook quand je dois traduire des trucs auxquels je ne connais rien / reçu le Flow International #12

Mercredi: le joyeux bonjour du chauffeur de bus / le ciel bleu qui m'accueille à la descente du Thalys / trouver le Frankie #68 chez WH Smith / un chouette déjeuner avec AF, et la meilleure panacotta du monde / l'adorable vendeuse de chez Caroline Abram, qui se souvient très bien de moi / la razzia chez Lupicia / Chouchou qui vient me chercher en voiture à la gare du Midi / le même, bouche bée en découvrant le livre sur Terry Gilliam que je lui rapporte

Jeudi: lire la suite des "Enfants de la baleine" sous la couette avec une tasse de thé au chocolat à portée de main

Vendredi: une très belle lumière hivernale / trouvé le Frankie #69 chez Waterstones / la beauté des illustrations de Fanny Ducassé dans "Louve" / un goûter impromptu dans le nouvel espace dégustation de Méert / à 18h le jour commence seulement à décliner / "Votre Succulence"

Samedi: à 7h le ciel commence déjà à s'éclaircir / le délicieux cake aux fruits de Méert au petit-déjeuner / un nouveau prêt sur Kiva (à Mary du Kenya) / l'odeur de l'Huile Virtuose de Sanoflore / étrenner enfin mes escarpins gris à bride A.S. 98 / le Zanzibar: gin, pamplemousse, poivre, cardamome - mmmmh / un gros fou-rire de fin de soirée cocktails à cause de Sainte-Tabite / entendre le pas de Chouchou dans l'escalier quand il revient après avoir déposé la voiture Cambio

Dimanche: le reste de carrot cake d'hier soir au petit-déjeuner / devoir monter le chauffage à 23° parce que Chouchou est malade / ce soir: repas indien M&S devant "Les délices de Tokyo" "Guardians of the galaxy"

samedi 13 février 2016

Boutique Lupicia, un paradis pour les amateurs de thé (et de jolies boîtes)




Ravie par ma première commande Lupicia, et gravement en manque de Neige Blanche depuis la fin de mes 50g d'origine quelques semaines plus tôt, j'avais prévu de passer mercredi dernier à la boutique parisienne - et, du même coup, d'y retrouver Shermane qui m'avait fait découvrir la marque. 

D'entrée, j'ai été agréablement surprise par l'espace immense et les thés qui s'alignaient presque à perte de vue. Je ne savais plus du tout où donner de la tête! Un vendeur très serviable m'a guidée vers les thés de Noël (en promo à -15% pour finir le stock, avant qu'ils disparaissent pour revenir à l'automne prochain). J'aurais pu me contenter de reprendre du Neige Blanche, mais il y avait beaucoup trop de jolies boîtes et de parfums tentants. Je pense que je n'ai jamais craqué pour autant de thés noirs de ma vie, moi qui n'en raffole pas d'habitude. Outre le Neige Blanche, j'ai pris de l'Earl Grey, mais aussi du Thé au chocolat, du Thé à l'abricot et même du Thé au kumquat - par curiosité, sans trop savoir s'il me plairait. Au final, mon seul thé vert est le mélange maison, le Bonaparte n°40 ainsi baptisé en référence à l'adresse de la boutique parisienne et que l'on trouve seulement là. Les autres points de vente de la marque ont leur propre mélange maison, mais pour y goûter il faudra aller en Asie, aux USA ou en Australie (on y travaille...). 












J'aime beaucoup la diversité des produits et le fait qu'on puisse choisir entre différents conditionnements: jolies boîtes métalliques plates, sachets de 50g  (ce qui permet de faire des tests à moindre coût - et si on prend plus d'un sachet à la fois, il y a 10% de réduction à partir du deuxième) ou infusettes individuelles parfois. Les matchas en poudre parfumés, à diluer directement dans de l'eau chaude, sont un concept très intéressant, et les coffrets doivent faire de merveilleux cadeaux. On peut humer toutes les variétés grâces aux boîtes d'exposition, et compléter ses emplettes avec théières, tasses, filtres, fouets à matcha et autres accessoires. Je n'ai qu'une seule question: à quand un salon de thé attenant? 

40 rue Bonaparte
75006 Paris
Ouvert du lundi au samedi

vendredi 12 février 2016

Impressions parisiennes




Un beau ciel bleu qui m'accueille à la descente du Thalys - j'ai fait une bonne affaire, il pleuvait et il caillait quand je suis partie de Bruxelles. Une jeune femme avec un double piercing à la lèvre inférieure fume une clope au bas de l'immeuble de mon éditeur; je lui remets l'enveloppe avec les contrats signés de ma nouvelle trad. La librairie Dimension Fantastique n'a pas le Funko Pop d'Amy Farrah Fowler, mais je repars quand même avec "La photographe" et un porte-clés Harley Quinn pour Chouchou. Métro Poissonnière: acheter un carnet de 10 tickets ou prendre un Mobilis pour la journée? WH Smith a encore le dernier Frankie, hourra! Par contre, euh, 16,99€ alors que le marchand de journaux de la rue du Bailli le vend 11,50 - pourquoi? "C'est parce que ça vient de loin". L'Australie est plus loin pour vous que pour les autres revendeurs français et belges, sérieusement?

Retrouver AF à Saint-Philippe-du-Roule. Papoter avec animation autour d'une salade Cobb (moi) et d'un tartare aller-retour (elle). Oui, le monde se porterait nettement mieux s'il était géré par les bobos de gauche. Cette panacotta aux fruits rouges façon crème brûlée est une tuerie, mais je vais mettre deux jours à la digérer. Oh, le beau livre sur Terry Gilliam; je suis sûre que Chouchou va adorer. C'est cool de savoir que je peux demander du boulot à un éditeur de plus en cas de besoin. Direction rive gauche. L'adorable vendeuse de Caroline Abram me reconnaît tout de suite et me conseille hyper bien - ce sera donc l'Orchidée noire, mais version solaire. Féerie des sculptures en papier d'Ai Weiwei au Bon Marché, mais qu'elles sont difficiles à photographier correctement! D'ici, j'ai aussi vite fait d'aller chez Lupicia à pied. Mais où est la suite de la rue Bonaparte? Haaaaan je veux tout - surtout le thé noir au chocolat et celui à l'abricot.

Sous un ciel qui se couvre mais devient assez spectaculaire au-dessus de Notre-Dame, longer les quais de la seine jusque chez Shakespeare and Co. Résister à l'appel du dernier Steve Toltz (dédicacé, en plus). Le café est un peu décevant, trois pauvres tables serrées les unes contre les autres et service d'une lenteur gastéropodienne - mais très bon smoothie du jour, et la tarte poire/cerise de Shermane a l'air délicieuse. J'aime quand il y a du super savon à mains dans les toilettes: ici, un Aesop à la mandarine et au cèdre. Tiens, il a plu pendant qu'on était à l'intérieur. Le tome 6 d'Erased est sorti et on en prend un chacune chez Album. Résister à l'appel de The Secret Six, comics au pitch fort intéressant mais au graphisme trop convenu. Se séparer dans le métro: elle descend aux Halles, je continue jusqu'à Poissonnière en me réjouissant d'avance de la délicieuse assiette végétarienne que je vais m'offrir au Café Pinson.

...Sauf que maintenant, ils ferment à 19h. Une fois de plus, j'atterris donc chez Big Fernand. C'est très bon mais bien trop lourd, heureusement que j'ai beaucoup marché aujourd'hui. Avec seulement quatre trajets en métro dans la journée, je n'aurai pas du tout amorti ce Mobilis en fin de compte. Contrôles de sécurité à l'embarquement du Thalys. Oups, je me suis trompée de siège. Finir "Si peu d'endroits confortables", lire le tome 6 d'"Erased", commencer le Frankie. Et à l'arrivée à Bruxelles, me jeter dans les bras de Chouchou en claironnant: "J'ai des cadeaux pour toi!". 

jeudi 11 février 2016

Merci mon corps




Comme beaucoup de femmes j'imagine, j'ai perdu au cours de ma vie un temps considérable à détester mon corps, à me lamenter qu'il ne soit pas autrement et à essayer de le faire changer. 
J'ai tempêté contre mes boutons d'acné à l'adolescence, mon mélasma dès que j'ai commencé à prendre un traitement progestatif, les petites verrues brunes et autres taches de vieillesse qui sont apparues un peu partout vers la quarantaine. 
J'ai rouspété contre tous ces grains de beauté moches ou mal placés qui se multiplient comme des petits pains. 
J'en ai voulu mes yeux dépourvus de vision en 3D et sujets à l'hypertension oculaire susceptible de provoquer des glaucomes. 
Je me suis lamentée à cause de mes jambes trop courtes et de mon ridicule 1m54 qui me fait toujours regarder les plus de douze ans par en-dessous (sans compter qu'il me met pile à hauteur d'aisselles du reste du monde dans les transports en commun aux heures de pointe). 
J'ai pleuré de douleur à cause de mon endométriose, vomi cet utérus qui n'a jamais servi à rien sinon me faire mal et risquer une grossesse non-désirée. 
J'ai haï mes kilos en trop quoi que je fasse, ces indéboulonnables ailes de chauve-souris à cause desquelles toutes les manches me serrent et ce bidon apparu il y a quelques années là où je n'en avais jamais vraiment eu jusque là. 
J'ai regretté de ne pas avoir des seins plus gros pour contrebalancer mon majestueux séant. 
J'ai pesté contre mes canines en avant, même si c'est entièrement ma faute. 
J'ai grommelé contre mes pieds minuscules difficiles à chausser, mes petites mains boudinées jamais élégantes même avec les ongles vernis. 

Et puis à force de voir des gens mourir ou déclarer des maladies graves et handicapantes autour de moi, j'ai appris à appliquer le principe du verre à moitié plein à mon corps comme au reste, à le regarder avec plus d'indulgence voire de de gratitude. Aujourd'hui, je lui dis régulièrement merci. 
Merci de ne souffrir d'aucune infirmité ni d'aucune grosse allergie. 
Merci mon système immunitaire de combat qui fait que je ne chope pratiquement jamais de virus, que j'ignore ce qu'est la grippe et que j'ai dû prendre des antibiotiques une seule fois dans ma vie. 
Merci de cicatriser facilement. 
Merci mes veines faciles à piquer; ça aide quand on est une mauviette.
Merci de bien tolérer le seul traitement connu contre l'endométriose, si imparfait soit-il. 
Merci d'être nettement plus souple que la moyenne, et merci ma petite taille qui rend moins inconfortables les vols en classe éco. 
Merci d'avoir appris à passer des nuits reposantes. 
Merci pour le plaisir que me procure la bonne nourriture, cette consolation facile, cette satisfaction chaque jour renouvelée. 
Merci pour les orgasmes solo en moins de trois minutes chrono. 
Merci mes petits seins qui défient la gravité. 
Merci mes dents qui moyennant un détartrage annuel me fichent une paix royale. 
Merci mes yeux qui malgré tout tiennent le coup jusque là et qui me permettent de lire tant de beaux livres, de contempler tant de belles choses. 
Merci pour mes aisselles quasiment chauves, ça fait toujours un truc de moins à entretenir en été. 
Merci mes petites jambes et mes pieds minuscules qui me portent sans rechigner pendant des kilomètres et des kilomètres pourvu que j'aie pris la précaution d'enfiler des chaussures confortables. 
Merci mon 35 1/2 qui fait que je trouve facilement ma pointure en Chie Mihara pendant les soldes.
Merci mes cheveux faciles à entretenir et à coiffer, même si je ne me donne jamais la peine de le faire!
Merci la forme de mes ongles qui est comme un bout de mon père que j'emporte partout avec moi. 
Surtout, surtout: merci de ne pas avoir développé de cancer ou d'horrible maladie dégénérative pour le moment. Keep up the good work. 

L'Esco*bar, une bonne adresse pour déjeuner et goûter à Anvers




Pour notre récente escapade à Anvers, j'avais demandé à Gasparde, qui s'y rend souvent pour son travail, de nous recommander un resto sympa et pas trop cher à proximité de la gare centrale. Effectivement, l'Esco*bar est très bien situé, dans une rue sur la gauche quand on marche en direction de la grande avenue commerçante du Meir. Lorsque nous arrivons le samedi vers 11h30, les deux salles sont déjà presque pleines de gens en train de bruncher, et sans réservation, nous avons de la chance de réussir à grapiller une table pour deux qui se libère juste à ce moment. 










La formule brunch est assez classique, essentiellement du sucré avec du jambon et du fromage en plus, et nous décidons donc de taper plutôt dans le reste du menu (que je dois me faire traduire par Chouchou, car il n'en existe pas de version française ou anglaise). Un burger crapuleux et une eau pétillante pour Chouchou, les "scampi Esco*bar" et un verre de vin blanc argentin pour moi. Le temps que notre commande arrive, je me balade un peu partout en photographiant la déco.





Nos assiettes arrivent relativement vite malgré l'affluence. Le burger de Chouchou est assez monstrueux et délicieux d'après lui. Je suis un peu décontenancée de ne recevoir qu'une corbeille de pains assortis avec mes scampi, alors que selon moi, une timbale de riz blanc vapeur s'imposait en accompagnement. Malgré tout, je ne regrette pas mon choix: la sauce riche, crémeuse et légèrement épicée, est une véritable tuerie. 





L'endroit nous plaît tellement que nous y revenons pour une pause goûter avant de prendre notre train. Je suis déçue par les muffins, que je trouve un poil secs et peu intéressants gustativement; par contre la limonade maison "Royal mint" choisie dans la grande liste écrite et illustrée à la craie sur une porte est un excellent choix. Et puis pour 11,50€ à deux, difficile de rouspéter même si la maison n'accepte que les paiements en cash... Nous avons adoré l'Esco*bar, et nous y reviendrons sûrement lors d'un prochain passage à Anvers.

Quellinstraat 32
2018 Antwerpen
Ouvert de 9h à 18h

mercredi 10 février 2016

Winter Cookbook Challenge: Boulettes de sarrasin au comté




Je poursuis l'exploration de mon fidèle livre "Veggie: Je sais cuisiner végétarien" avec cette recette tirée de la catégorie "Pour les enfants". Horrifiée par le prix du comté, et ne sachant pas si ma tentative serait réussie, j'ai préféré utiliser un vulgaire bloc d'emmental. Pour le reste, j'ai bien respecté la recette, sauf que:
- Mon kasha n'a pas mis 3 minutes à cuire, mais plutôt une bonne dizaine.
- Je me suis retrouvée avec 13 boulettes au lieu de la vingtaine préconisée, sans doute parce que je les ai faites un peu grosses (en vertu de la même impatience qui, à l'époque où je préparais des crêpes, me poussait à verser chaque fois un centimètre de pâte dans la poêle histoire de venir plus vite à bout du saladier).




Résultat, le fromage n'a pas fondu à l'intérieur pendant la cuisson. Et même si c'était très mangeable, je ne suis pas emballée: le sarrasin a un goût vraiment fort que je n'apprécie guère que dans les crêpes salées galettes bretonnes. Bien entendu, à côté, mon emmental ne se sentait pas du tout - c'est là que j'ai compris l'utilité d'investir dans du comté. Il est peu probable que je refasse cette recette un jour, d'autant que je n'aime pas beaucoup manipuler des mélanges un peu collants à mains nues, mais je suis contente d'avoir essayé - ça changeait un peu.




Le Winter Cookbook Challenge a été lancé par Sunalee pour inciter ses lectrices à tenter de nouvelles recettes. 

mardi 9 février 2016

"Mollie makes": la version française vient de sortir


Bien que je ne pratique plus de loisirs créatifs depuis un an et demi, un reste de curiosité m'a poussée à acheter le premier numéro de la version française de Mollie Makes, magazine anglais de DIY auquel j'ai longtemps été abonnée et que j'aimais vraiment beaucoup. Je m'attendais à une simple sélection d'articles anglais traduits, mais non: même s'il reprend le concept et la mise en page à la fois sobre et dynamique de son grand frère, le magazine est pour la plus grande partie réalisé par des créatrices et blogueuses françaises. Ca, c'est le bon point. 

Le mauvais point, c'est que les DIY présentés manquent, à mon avis, franchement d'originalité et surtout de variété. Je n'ai vu que des choses assez basiques déjà aperçues mille fois sur internet, et la seule réalisation qui me tentait un peu (un tissage mural) m'a paru insuffisamment illustrée pour être facile à reproduire. Et puis, les deux articles consacrés à des intérieurs de créatrice et mobilisant 16 pages en tout auraient davantage eu leur place dans un magazine de déco; ici, ils prenaient juste de la place qui aurait été mieux employée à présenter des DIY axés sur autre chose que les arts du fil et du tissu, vraiment trop prépondérants à mon goût. Bref, en ce qui me concerne, c'est une déception. 

lundi 8 février 2016

"Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" au MoMu d'Anvers


Après avoir reporté de semaine en semaine depuis le début de l'année, samedi, nous avons enfin réussi à nous rendre à Anvers pour voir l'exposition "Foot Print - Sur les pas des chaussures dans la mode" qui prendra fin le dimanche 14. Le MoMu, ou Mode Museum, se situe pas trop loin de la grande artère commerçante du Meir (compter une petite demi-heure à pied depuis la gare centrale, ou prendre le tram 12 jusqu'à l'arrêt Groenplaats). C'est un beau bâtiment moderne avec de larges marches en bois et des volumes bien travaillés, flanqué d'une boutique où l'on trouve plein d'ouvrages passionnants. Quant à l'expo elle-même, elle présente 500 paires de chaussures de créateurs du monde entier, et il y en a vraiment pour tous les goûts, du presque portable au plus expérimental, du quasi-sobre au très très délirant. Des vitrines souvent agrémentées de vidéos les regroupent par thème ou par créateur. Comme d'habitude, j'ai regretté que tout ce qui n'est pas les pièces proprement dites soit complètement plongé dans le noir, mais Chouchou m'a fait remarquer que c'était peut-être pour diminuer les reflets sur le verre. Dommage: j'aurais bien aimé dessiner, mais je n'avais pas apporté de lampe. Néanmoins l'expo me paraît très intéressante pour les fétichistes de la chaussure dans mon genre. 















Nationalestraat 28
2000 Antwerpen
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Entrée adulte plein tarif: 8€