vendredi 29 juillet 2016

Mauve




Fin de journée sur Monpatelin. Le primeur était exceptionnellement fermé, et je n'ai pas pu racheter d'avocats, mais j'ai dans mon sac en toile une boule de mozzarella pour me préparer une pizza ce week-end, les oeufs qui manquaient pour mon banana bread, plus un sachet de pains au lait à tartiner de confiture pastèque-vanille pour les moments de blues. 

Hier soir, après presque un mois d'observation de mes humeurs principales, j'ai défini les couleurs que je voulais utiliser pour mon projet de moodmapping. Il y aura le rose pour la joie, le bonheur, la satisfaction, la sérénité; le bleu pour la tristesse, l'ennui, le regret, la mélancolie; le rouge pour la frustration, l'irritation, la colère, l'agressivité; le noir pour l'angoisse qui dévore tout. 

Jusqu'ici, ça a été une journée rose clair. Il fait beau, j'ai bien bossé, Chouchou a reçu une bonne nouvelle très attendue avant-hier. Rien de spécial mais tout va bien - et puis c'est l'été, ce qui constitue en soi une raison d'être heureuse. Comme je n'ai plus rien de spécial à faire chez moi hormis préparer mon repas du soir, je décide de m'accorder une heure de lecture à la terrasse du bar de la Place avant de rentrer. Je commande au serveur qui ne fait pas mal aux yeux mon habituel verre de punch couleur corail, tout droit sorti d'une bouteille bon marché et sobrement additionné de deux glaçons. Ce n'est pas la boisson la plus raffinée du monde, mais je l'aime bien parce que je l'associe aux moments paisibles et ensoleillés passés là, à cet endroit précis où je me sens si bien. 

Je sors mon livre de mon sac et me plonge dans l'histoire de Katie Lavender, qui ayant perdu ses deux parents débarque incognito chez son père biologique au moment où celui-ci apprend que son frère chéri a escroqué un million de livres à l'entreprise familiale et s'est suicidé en se noyant dans la rivière voisine. Ca fait beaucoup de deuils en moins de cent pages. Je ne tourne pas la tête vers le restaurant bistronomique qui, de l'autre côté de la place, a remplacé le bar de la Poste où j'avais un vendredi midi emmené mon propre père manger de l'aoïoli, il y a au moins douze ans. Je n'ai pas envie de voir son fantôme repu et ravi se superposer aux tables chics et aux auvents élégants qui ont remplacé les tables en plastique vert et les parasols Ricard. 

Une petite fille blonde et rose court autour de la fontaine glougloutante. Elle tente une échappée discrète mais déterminée vers le bout de la rue. Son père se lève pour la ramener. A une autre table, des retraités au visage buriné encouragent les joueurs de boule du terrain voisin avé l'assen. Derrière moi, un marchand de bonbons somnole sur son pliant en toile tandis que, sur la scène érigée pour l'occasion, deux chanteuses massacrent allègrement "Tous les cris les SOS" et "Sauver l'amour", probablement en vue d'une soirée hommage à Daniel Balavoine. Quand elles se taisent enfin, l'orchestre attaque une version instrumentale électronique et trop rapide de "Aimer est plus fort que d'être aimé". C'est plutôt guilleret et assez déconnecté de l'original. Trente ans déjà que mon idole de jeunesse s'est tuée sur le Paris-Dakar et que je me suis roulée par terre de désespoir pendant trois jours. Ses chansons survivent déformées, comme le souvenir de mon père. Le temps passant, elles sombreront dans l'oubli, comme le souvenir de mon père. 

A la table voisine, le serveur encaisse les consommations en philosophant: "Il y a un temps pour tout. Un temps pour payer et un temps pour mourir." Les yeux me piquent et je mets connement à pleurer dans mon bouquin. La journée vient de virer au mauve. Il serait temps que je décide ce que je veux faire du reste de ma vie. 

Lectures de Juillet 2016




ROMANS
- "La pâtissière de Long Island" (Sylvia Lott) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The rest of us just live here" (Patrick Ness) ♥︎♥︎♥︎
- "Les Brillants" (Marcus Sakey)
- "Dans les prairies étoilées" (Marie-Sabine Roger) ♥︎♥︎
- "In the unlikely event" (Judy Blume) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "One" (Sarah Crossan) ♥︎♥︎
- "Le monde caché d'Axton House" (Edgar Cantero) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The dandelion years" (Erica James) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Amusez-vous en pensant à moi" (Asa Hellberg)
- "The book that proves time travel happens" (Henry Clark) ♥︎♥︎
- "Le lys de Brooklyn" (Betty Smith) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Qui veut tuer Alaizabel Cray?" (Chris Wooding)
- "The raven cycle T1: The raven boys" (Maggie Stiefvater) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Les adieux pour débutant" (Anne Tyler)
- "Pique-nique à Hanging Rock" (Joan Lindsay) ♥︎♥︎♥︎
- "The real Katie Lavender" (Erica James) ♥︎♥︎♥︎
- "Une vie comme une autre" (Darcy O'Brien)

BEDE/MANGA
- "L'adoption T1: Qinaya" (Zidrou/Monin) ♥︎♥︎♥︎
- "Rituels" (Alvaro Ortiz)
- "Chiisakobé T3" (Minetaro Mochizuki) ♥︎♥︎
- "Erased T7" (Kei Sanbe) ♥︎♥︎
- "Luisa ici et là" (Carole Maurel) ♥︎♥︎♥︎
- "Dédale T1&2" (Takamichi) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Barakamon T1" (Satsuki Yoshino) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- "Fuck feelings" (Dr Michael & Sarah Bennett) - en cours
- "Stina" (Lani Yamamoto) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mercredi 27 juillet 2016

Où même Chouchou finit par admettre que l'art contemporain, parfois, c'est un peu n'importe quoi


Mon contentieux avec l'art contemporain ne date pas d'hier. Contrairement à Chouchou, qui trouve de l'intérêt à tout ou presque, je refuse de considérer comme de l'art quelque chose qui n'est ni beau ni signifiant. Cela donne très régulièrement lieu à des scènes de grande détresse dans l'un ou l'autre musée où je l'ai accompagné pour lui faire plaisir, voire dans un musée où je me suis rendue de mon plein gré pour voir autre chose. Chouchou y prend d'ailleurs un plaisir pervers: "Le vrai spectacle, c'est ta réaction", m'a-t-il déjà dit plusieurs fois, hilare. 

Prenons un exemple récent. Au musée d'Ixelles, où nous nous étions rendus pour admirer la très belle expo consacrée à la peinture hyper-réaliste, on peut voir en ce moment une installation d'Oriol Vilanova, lauréat de l'Art Contest 2015. Dans une vaste salle entièrement vitrée sur un côté, trois cartons de bananes Chiquita régulièrement espacés reposent à même le sol. Ils sont pleins de cartes postales chinées aux puces, rangées de telle sorte qu'on ne voit que leur tranche. Au mur d'en face est suspendu un petit tableau du XIXème siècle, une huile représentant un ciel nuageux. C'est tout. 






Pendant que j'écumais que c'était vraiment  n'importe quoi, Chouchou, très calme, a répliqué que pas du tout avant de se lancer dans une explication lapidaire sur l'occupation de l'espace, les choses cachées et je ne sais plus quoi d'autre. Je me suis approché du cartel pour lire:

Au marché aux puces de Bruxelles, les vendeurs utilisent des caisses de bananes pour transporter et présenter leurs marchandises. Chiquita (2016) est une caisse de bananes remplie de cartes postales. Elles sont placées de manière qu'il soit impossible de voir les images. Il ne s'agit pas d'une représentation mais d'une présentation. Couleur et chaleur : imaginaire tropical. Ciel nuageux (s.d) est une œuvre du peintre belge Hippolyte Boulenger (1837-1874) qui fait partie de la collection du Musée d'Ixelles. On peut la considérer comme une des premières expériences abstraites en Belgique. Un paysage non mimétique qui va au-delà̀ du perceptible. Une peinture météorologique. La baie vitrée de la salle d'exposition qui donne sur le jardin nous place dans un lumineux espace extérieur-intérieur. L'espace d'exposition pratiquement vide génère une opposition par rapport à̀ l'immense volume d'images concentré dans la boîte et dans la peinture du XIXe siècle. Les deux œuvres s'articulent autour de la poétique du visible.
Demain (peut-être) il pleut.

..."Demain (peut-être) il pleut."

Evidemment, ça change tout. 

Il m'a fallu le reste de la journée pour m'en remettre. Ce qui ne m'a pas empêchée, le week-end suivant, de traîner Chouchou au Bozar pour une expo photo intitulée "Open spaces / Secret places" que j'avais repérée sur internet. La photo, en général, ça passe bien; j'arrive toujours à piger quelque chose, ou au moins à apprécier un ou plusieurs éléments esthétiques. 

"Toujours"? Que nenni. 


En fait les photos étaient interdites dans cette expo, ce que nous n'avons découvert qu'en nous faisant rabrouer 
pendant que Chouchou prenait celle-là; je n'en ai donc pas d'autres à vous montrer.

Après avoir enchaîné deux salles de clichés peu inspirants (parfois des murs nus abîmés, parfois des surfaces impossibles à identifier, et bien sûr zéro explication), nous sommes passés devant une série de photos en noir et blanc accrochées à la hauteur de mes genoux. Toutes mettaient en scène une vingtaine de paire de bottes en caoutchouc vides, mais comme s'il y avait des gens à l'intérieur, dans des situations et des décors variés. Le premier râlage passé ("Et on fait quoi quand on n'a pas des yeux de lynx, on se met à quatre pattes pour y voir quelque chose?), j'ai dû convenir que c'était une chouette série, et j'ai pensé que tout n'était pas perdu. 

Juste après, il y avait un rideau noir promettant "l'exploration du dessin d'une ligne conique" ou quelque chose du même style. Dubitative, je suis entrée avec Chouchou. Nous avons longé un petit couloir vaguement éclairé par la lumière du dehors, et arrivés au bout, nous avons tourné dans une salle entièrement noire. On n'y voyait RIEN, pas même nos propres mains devant notre figure. Chouchou a activé la fonction lampe de son iPhone. Nous avons aperçu un genre de coffre sur la gauche et un truc vert dans le fond. Rien d'autre. Quand nous avons rebroussé chemin, j'ai bien vu que pour une fois, Chouchou partageait ma perplexité. 

Le clou du spectacle, c'était quand même la dernière salle. Un espace immense, avec dans le fond une baie vitrée donnant sur la boutique du Bozar. Au milieu, un fil gris tendu du plafond au sol, le long du sol sur quelques mètres, puis du sol au plafond, comme pour figurer une vitre inexistante. Et la mention laconique: "Ne pas toucher à l'installation". J'espère que les postillonnages excédés ne comptent pas, parce que je peux vous dire que j'ai eu du mal à me retenir. Chouchou a hoché la tête gravement. 

"Là, OK, c'est du foutage de gueule."

Et pour la première fois en dix ans, nous somme sortis d'une expo d'art contemporain sans nous disputer (juste un peu énervés d'avoir payé 24€ à deux pour ça).

lundi 25 juillet 2016

Les joies de la semaine #29




Lundi: fou-rire au réveil quand Chouchou regarde une vidéo d'écureuils en train de téter une chatte et demande: "C'est quoi, ça, des bébés koalas?" / presque que des dialogues dans mon quota de pages du jour / un petit cadeau inattendu dans ma boîte aux lettres, parce qu'il paraît qu'on a toujours besoin d'un Saint-Bernard suisse

Mardi: les memes hilarants sur Melania Trump et son discours piqué à Michelle Obama / un thé glacé citronnelle-gingembre et des petits gâteaux au matcha pour le goûter / le Flow français #10

Mercredi: enfin une adaptation télé de la série des "Neuf Princes d'Ambre"! / l'inconnue qui m'aborde sur le quai d'Arts-Lois pour me dire qu'elle adore mon blog / lors de notre déjeuner au Cook & Book, mon interprétation d'une amygdale paniquée remporte un franc succès auprès de Sophie-Grosquick

Jeudi: avoir au congélo juste assez de rhubarbe déjà épluchée et coupée pour préparer une tarte en moins de cinq minutes / laisser un bout de Dulce fondre lentement sur ma langue pendant qu'on regarde "Stranger things"

Vendredi: un déjeuner-lecture au Peck 47 / j'ai bien fait d'acheter directement les 2 tomes de "Dédale"

Samedi: très chouette, la nouvelle collec' permanente du musée BELvue, et merci pour le cornet de frites / à la boutique du Bozar, coup de coeur pour un livre jeunesse dont je m'aperçois par la suite qu'il est vendu bien plus cher sur Amazon / avant même qu'on ait quitté la maison, Chouchou me répète dix fois qu'il me trouve super sexy dans ma robe mappemonde / finalement, la météo nous laisse faire un barbecue / super contents de voir Mélu et Hélie

Dimanche: une grasse matinée câlinous / va pour cette paire de sandales roses Esska soldées à - 60%  / le ménage fait, aller tous les deux finir l'après-midi chez Chouconut avec un bouquin

...et sans jour particulier: béni soit ce ventilateur /  la nouvelle bédé de Chouchou

dimanche 24 juillet 2016

Nouvelle collection permanente au musée BELvue




Le BELvue est un de mes musées préférés à Bruxelles. Situé à côté du palais royal et dédié à l'histoire de la Belgique, il propose toujours des expos de qualité à des tarifs raisonnables (ce qui est hélas de plus en plus rare...). En outre, on y trouve un self où la nourriture délicieuse est vendue au poids et peut être dégustée, soit dans un grand atrium lumineux, soit - si la météo le permet - dans un ravissant jardin clos. L'été, il m'arrive d'y aller juste pour me faire un lunch-lecture en solo. Mais notre visite d'hier avait un but plus culturel que gourmand: nous voulions voir la nouvelle collection permanente révélée au public le jeudi 21, jour de fête nationale...






Occupant deux étages, cette nouvelle collection se compose de salles thématiques: démocratie, économie, solidarité, pluralisme, migrations, langues et Europe. Les éléments sont présentés de façon très claire et pédagogique, voire ludique. J'ai particulièrement aimé:
- l'arbre généalogique de la famille royale, qui m'a enfin permis de relier tous ces gens dans ma tête et surtout de situer la fameuse Joséphine-Charlotte, dite Joséphine-Choucroute à la maison depuis que j'ai découvert (et mal lu, donc) son nom du coin de l'oeil en traversant la station de métro éponyme
- les anciennes et magnifiques publicités du grand magasin Innovation
- le meuble à "doudous" dont chaque case porte la photo et le nom d'un expatrié ou d'un migrant installé en Belgique; quand on ouvre la petite porte, on découvre un objet cher à cette personne, accompagné de son histoire écrite en quatre langues
- le fabuleux tapis qui reprend les diaporamas visibles tout le long de l'expo dans des espèces de box munis de "jumelles"










Dans les couloirs sont exposés des objets typiques de la culture belges, avec des explications accessibles sur les iPads fixés aux montants. Chouchou, qui connaissait déjà par coeur la partie historique, a poussé de grandes exclamations nostalgiques devant certains souvenirs de son enfance disparus depuis lors. J'ai gloussé bêtement devant les moules à gaufre en pensant au capitaine Haddock, et suis restée perplexe devant une paire de bottines argentée façon sabots de chèvre tandis que Plastic Bertrand hululait "Ca plane pour moi". 





A la sortie, après un petit tour dans la boutique de souvenirs très bien achalandée en "belgeries" intéressantes, nous sommes allés retirer au camion stationné devant l'entrée le cornet de frites offert jusqu'à ce soir avec toute entrée payante. Nous étions une fois de plus ravis de notre visite. Que vous ayez des enfants ou pas, que vous connaissiez déjà bien l'histoire de la Belgique ou pas, je vous recommande vraiment cette nouvelle collection permanente du musée BELvue. Il y a de quoi passer un moment très agréable et instructif! 

Place des palais 7
1000 Bruxelles
Ouvert tous les jours
Tarif plein: 7€ (12€ pour un billet combiné avec la visite du Coudenberg)

samedi 23 juillet 2016

"Stranger things"


Je ne suis pas ce qu'on appelle un bon public. Je râle contre le déjà vu et revu, les incohérences du scénario, les fins prévisibles, les morales faciles et les propos creux. Je suis incapable d'apprécier un film "juste pour le fun". Et j'ai du coup une culture cinématographique assez misérable. Par exemple, je n'ai vu quasiment aucun des grands films fantastiques des années 80. "E.T.", "Les Goonies", "Poltergeist", "Les griffes de la nuit", "Carrie", "Prédateur"... Je sais de quoi ils parlent, et ça s'arrête là. Quelles étaient donc les chances pour que j'apprécie une série télé dont l'argumentaire principal est de compiler les éléments les plus marquants des films en question? Nulles, ou presque. Mais depuis sa sortie en bloc sur Netflix le 15 juillet, tout mon entourage s'enthousiasmait pour "Stranger things", et nous n'avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent en ce moment, alors je me suis dit que peut-être, sur le facteur nostalgie, ça avait une chance de fonctionner. 

Et ça a fait mieux que fonctionner: ça m'a complètement emballée. Peut-être parce que dès la scène de pré-générique du pilote, les jeunes héros, qui ont pile le même âge que moi en 1983, jouent à Donjons & Dragons qui va servir de référentiel pendant toute la série - ce qui a très fort facilité mon identification. Peut-être parce que les personnages sont tous hyper-attachants et les acteurs fantastiques de bout en bout (même si je trouve que Winona Ryder en fait un poil trop dans le registre de la mère hystérique de l'enfant disparu). Peut-être grâce à la bande-son qui m'a très efficacement renvoyée à mon adolescence. Peut-être parce que, même archi-convenue, l'histoire est sacrément bien troussée, et le rythme dosé juste comme il faut pour qu'on ne s'ennuie pas. Peut-être parce que j'ai eu l'impression d'être dans un roman de Stephen King correctement adapté à l'écran, pour une fois. Bref, j'en suis la première surprise, mais j'ai adoré "Stranger things", la série fun de l'été. (8 épisodes de 45 mn, tous disponibles sur Netflix.)




mercredi 20 juillet 2016

Envies de juillet


Plus des objectifs, donc: juste des envies du moment en vrac, dont je ferai peut-être quelque chose et peut-être pas en fonction de l'inspiration, des opportunités, de la météo et de mon humeur!




mettre des cactus lune sur mes rebords de fenêtre
acheter du sumac pour en foutre partout (mais surtout sur des oeufs durs)
me nourrir quasi exclusivement de fruits d'été
nager dans la mer, comme ça ne m'est pas arrivé depuis 20 ans au moins
faire une balade (et des photos!) dans les dunes
investir dans deux carafes conçues spécifiquement pour préparer du thé glacé
passer le plus de temps possible à lire en terrasse
remplacer ma photo de présentation par un portrait d'illustratrice
organiser le week-end à Amsterdam de début septembre...
...et le week-end à Nantes de fin octobre
relire la série des "Princes d'Ambre" de Zelazny...
...et "Neverwhere" de Neil Gaiman

lundi 18 juillet 2016

Les joies de la semaine #28




Lundi: enlever enfin la couette de notre lit / caler début octobre le test de l'escape game à thème Mayas auquel nous sommes invités sur Paris / le retour de "Mr. Robot", yeaaaaah!

Mardi: une autre invitation à tester une salle d'escape game qui ouvrira à la rentrée à Bruxelles / fini le cours de CSS / commandé deux romans jeunesse prometteurs sur le thème du voyage dans le temps

Mercredi: "J'ai confiance en ton Nord", m'écrit une amie déboussolée: best compliment ever / j'attaque le cours de JavaScript / la fin de "Le monde caché d'Axton House" est juste ouaaaah

Jeudi: la douleur à l'omoplate gauche qui m'a pourri la journée d'hier a disparu / ça faisait longtemps que je ne m'étais pas offert quelques bricoles cosmétiques chez Di / retrouver Andrea, avec qui j'avais sympathisé au Berger et qui officie désormais au bar de l'hôtel Jam / la vue sur Bruxelles depuis la terrasse du 7ème étage

Vendredi: mon article d'hier en petite Une de HelloCoton / alors que je sors de la salle de bain complètement défaite après avoir vomi tripes et boyaux, Chouchou m'informe sans ironie aucune qu'il est fou amoureux de moi

Samedi: un autoportrait rigolo en panda / respirer l'air de la campagne une fois de temps en temps, c'est bien aussi / discuter expos, bouquins, brunch et politique avec un couple de jeunes mariées / mais au fait, comment ça fonctionne une luciole? / danser assis sur "Alexandrie, Alexandra" dans la 500 Cambio

Dimanche: les fabuleux choux de Chouconut + leurs fauteuils ultra-confortables + personne dans la salle du haut à part moi + un excellent bouquin = un après-midi parfait / un tour de grande roue à la Foire du Midi / en effet, "Strangers things" est délicieusement régressif

dimanche 17 juillet 2016

Le ras-le-bol des objectifs




Depuis quelque temps déjà, je constate que ça me gonfle d'établir des listes d'objectifs mensuels et de me sentir tenue par elles pour organiser mes activités alors que, de plus en plus souvent, mes priorités changent durant le mois. Je me dis que les corvées indispensables seront expédiées de toute façon, que je n'ai plus envie de me forcer à faire des trucs "qu'il faudrait" mais qui me gonflent, et que ce n'est peut-être pas la peine de planifier mes loisirs de façon aussi rigide. Cette année est difficile, à la fois en raison d'une actualité pesante et pour des raisons personnelles, et je commence à vivre mon propre impératif de productivité comme une violence auto-infligée, la plus stupide de toutes. 

Ce qui me ferait du bien, là, c'est de me lâcher un peu la grappe, d'arrêter de fabriquer du stress toute seule. Continuer à mettre des Post-It de rappel dans mon agenda pour quand je dois payer ma TVA, certes, mais pour le reste, faire en fonction de l'inspiration du moment. Fonctionner à l'envie plutôt qu'à l'obligation auto-imposée. Cesser de vouloir tout contrôler et optimiser ma vie coûte que coûte. De toute façon, il y aurai toujours moyen de faire plus, de faire mieux, mais est-ce bien l'essentiel? En ce moment, pour moi, la réponse est non. Je ne veux pas rentabiliser mon temps et mon énergie; je veux de la souplesse, de la spontanéité, du lâcher-prise. De légèreté et de la douceur.

jeudi 14 juillet 2016

Les mauvaises pensées



Longtemps je m'en suis voulu pour les pensées peu charitables qui surgissaient parfois dans mon esprit. "Hé ben, elle marchera pas sur sa jupe, elle." "Faudrait voir à acheter des soutifs à la bonne taille pour éviter les bourrelets dans le dos, madame." "Toi, c'est pas en boulottant des Snickers en milieu de journée que tu vas perdre tes 30 kilos en trop." Le physique et l'habillement féminins sont des sources infinies de réflexions moches, mais ils sont loin d'être les seuls. J'ai beau ne pas penser que les Musulmans sont tous des terroristes, avoir parfaitement conscience qu'ils forment le groupe de population le plus durement touché par les agissements de Daesh, la dernière fois qu'un barbu est ressorti de mon wagon en laissant sa valise dans le compartiment à bagages alors que le train était encore à quai, j'ai flippé. Des exemples comme ça, je pourrais vous en citer vingt par jour. 

Chaque fois, je dois m'auto-ramener à la raison. Si une nana veut sortir de chez elle à moitié à poil ou avec des fringues inadaptées, qu'est-ce que ça peut me foutre? Elle a le droit. De la même façon qu'elle n'a pas à s'habiller en fonction du regard des hommes, elle n'a pas de comptes à rendre à la Police du Bon Goût dont j'estime visiblement faire partie. Je ne connais rien de l'histoire de la dame aux 30 kilos en trop; si ça se trouve, elle est mieux dans sa peau que moi, ou bien elle a un problème de thyroïde et elle ne serait pas plus mince en se nourrissant de laitue, ou bien elle mange hyper sainement d'habitude mais ce matin elle n'a pas eu le temps de petit-déjeuner et elle est en hypoglycémie, ou bien... peu importe: c'est son estomac, pas le mien. Quant au barbu, il est sans doute allé faire pipi, se chercher un café au wagon-restaurant ou se griller une dernière clope avant le départ. Et il est peut-être chrétien. Ou pastafariste. Ou athée comme moi. 

Sans prétendre être la personne la plus tolérante du monde, j'ai toujours clamé que chacun peut bien faire ce qu'il veut tant qu'il n'emmerde pas les autres. Mais en constatant le nombre de pensées peu charitables qui me traversent l'esprit chaque jour, j'ai fini par me demander si ce n'était pas juste une posture intellectuelle, si au fond de moi ne se cachait pas une horrible réactionnaire bourrée de préjugés. J'ai beaucoup cogité là-dessus, jusqu'à accoucher d'une théorie dont je suis assez contente. Mes premières pensées sont des réflexes conditionnés par une société où le discours dominant est celui des mâles blancs hétéros et des médias anxiogènes. Le rétropédalage qui suit, en revanche, est le fruit des convictions féministes/bodypositive/anti-racistes que j'ai forgées par moi-même, en m'éduquant dans ce sens et en cultivant ces valeurs y compris lorsqu'on cherche à les museler. 

Maintenant, quand une remarque mesquine surgit au débotté dans ma tête, je la mets aussitôt de côté en adressant un doigt d'honneur mental à tous les conditionnements sociaux débiles. Ce qui me fait un public sacrément nombreux. 

mercredi 13 juillet 2016

Photoréalisme: 50 ans de peinture hyper-réaliste au musée d'Ixelles




Le photoréalisme est un courant artistique né aux Etats-Unis dans les années 60. Dérivé du Pop Art et s'interrogeant comme lui sur la société de consommation, il reproduit, avec un réalisme tel qu'on croirait parfois contempler une photo, des scènes du quotidien. D'abord typiquement américaines, avec une prédilection pour les diners, les grosses voitures et les non moins grosses motos, celles-ci acquièrent une portée culturelle un peu plus large au fur et à mesure que le mouvement s'étend à des peintres d'autres pays. 












D'un point de vue technique, je trouve les oeuvres actuellement exposées au musée d'Ixelles assez hallucinantes. La plupart des artistes, qui ont travaillé avec de l'huile ou de l'acrylique, ont dû procéder par couches très fines au lieu de jouer sur les reliefs comme on le fait généralement avec ces médiums. Le résultat est stupéfiant. Au premier étage, notamment, il y a une vue ultra-touristique du Grand Canal, à Venise, dans laquelle l'eau semble bouger. Les 67 tableaux de 34 peintres différents sont classés en 3 époques, et un(e) guide est toujours présent(e) pour répondre aux questions des visiteurs. Franchement, ça vaut le coup d'oeil. 

Rue Jean Volsem 71
1050 Bruxelles
Entrée: 8€ (ou 5€ pour les habitants d'Ixelles)
donnant aussi accès à la collection permanente
qui est riche et très intéressante!

lundi 11 juillet 2016

Les brunchs du dimanche (40): Peck 20




Bien que notre unique tentative de brunch au Peck 47 n'ait été qu'à moitié satisfaisante (non pas à cause de la nourriture, mais de l'affluence), j'y suis souvent retournée pour un lunch tardif, et à force, j'ai goûté et adoré une grande partie de la carte. Alors, quand j'ai appris qu'un second établissement venait juste d'ouvrir près de la place Stéphanie et qu'il n'était pas encore pris d'assaut par les hipsters barbus, je me suis dépêchée d'aller tester avec Chouchou. 




La première chose qu'on remarque, c'est la belle terrasse dans une rue piétonnière bordée de restaurants - très sympa en ce moment, sans doute inutilisable à partir de la rentrée, mais tout ce qui est pris n'est plus à prendre. A l'intérieur, une salle toute en longueur, décorée dans un style un peu moins cozy que le Peck 47 mais paradoxalement plus confortable grâce au meilleur espacement des tables et à la banquette qui court le long de tout un mur. 




Pour le menu, on retrouve les grandes lignes de celui du Peck 47: scones et gaufres salés en guise d'options breakfast et brunch servis toute la journée, des tas sandwiches crapuleux, une soupe du jour, pleins de délicieux jus frais. Des choix végétariens pour les amateurs, dont le délicieux Frenchy qui est l'un de mes plats préférés au Peck 47 (en revanche, pas de Wild Belgian, hélas!). Bref, une nourriture sans chichis mais très gourmande. 




Nous avons partagé une soupe du jour (petit pois-menthe, servi avec du pain brun Guinness), puis enchaîné avec un egg-sausage fest pour Chouchou (oeufs Benedict + saucisses sur scones salés, avec une salade d'accompagnement) et un Cubano pour moi (sandwich saucisse-fromage-pickles servi avec un petit verre de soupe). En boissons, un jus pastèque-citronnelle-citron vert pour moi, et pomelo-orange-concombre pour Chouchou. Montant de l'addition:39€. Pas donné mais cohérent avec les prix pratiqués sur Bruxelles pour ce type de repas. Et on était tout à fait rassasiés à la sortie.




Peck 20
Rue Jourdan 20
1060 Bruxelles

dimanche 10 juillet 2016

Les joies de la semaine #27




Lundi: la SNCF me rembourse 25€ à cause du retard de mon dernier TGV / mon billet du jour en petite Une humeurs de HelloCoton / lire des bédés au calme chez Filigranes / mon fleuriste a encore des pivoines blanches

Mardi: coup sur coup, deux intéressantes propositions de partenariat pour le blog / le soir, aller manger aux food trucks du marché du Luxembourg

Mercredi: il ne m'aura fallu que 9h30 (relecture incluse) pour venir à bout de cette bédé de 250 pages / un lunch-lecture tranquille au nouveau Peck 20 / coup de fil à la famille pour les 15 ans d'Attila, qui a eu son brevet mention TB et qui est admis au lycée européen, tandis que Cahouète finit 2ème de sa classe après être passé de CM1 en CM2 au milieu de l'année

Jeudi: reçu mes jolies derbies Esska bleu canard / il semble que la trad du prochain AB va avancer plus vite que prévu / une photo rigolote dans le fauteuil d'Hagrid à l'expo Harry Potter / miam les petits gâteaux chocolat-matcha

Vendredi: avant même de nous lever, un gros fou-rire dans lequel il est question entre autres choses de reproduction des escargots / mon billet d'hier en petite Une culture de HelloCoton / mes cheveux n'ont jamais été aussi flamboyants / le patron de La Machine me reconnaît et me remercie pour mon "super article" / happy hour dans la douceur de l'air estival et l'animation d'un vendredi soir autour des halles Saint Géry

Samedi: un brunch en amoureux au Peck 20 / "Love your dress, it's beautiful", me dit une vendeuse (super lookée) de Waterstones à propos de ma robe Monop' à imprimé ananas / un esquimau Pierre Marcolini chocolat noir-framboise / commencer le dernier Judy Blume à la terrasse du Pain Quot' des Galeries Royales  

Dimanche: pour changer un peu, aller faire le marché à Saint-Gilles et trouver entre autres choses: du melon de Cavaillon qui sent trop bon, des abricots bien mûrs, du gorgonzola pleiiiiin de bleu et des m'semen comme au Maroc / déjeuner vite fait d'un des bons bagels d'APDM / l'expo sur la peinture hyper-réaliste au musée d'Ixelles, surtout les scènes de diner

...et sans jour particulier: l'application Prisma qui donne des effets géniaux à mes Instagram / travailler côte à côte plutôt que face à face, c'est bien pratique pour se faire des bisous / avancer dans mes cours de CSS / l'odeur de mon nouveau savon Lait d'Iris de chez Bubbles at Home / le thé vert citron-gingembre de God Save the Cream, méga rafraîchissant glacé

Et si vous n'avez pas encore participé au concours "La soudaine apparition de Hope Arden" sur l'Annexe, c'est par ici!

jeudi 7 juillet 2016

"Harry Potter: the Exhibition" au Brussels Expo




Je me doute que je vais encore passer pour une râleuse, mais tant pis. 

Quand les réservations pour l'expo Harry Potter ont ouvert en février dernier, j'ai bondi pour acheter deux billets en ligne (l'unique moyen de se les procurer: il n'y a pas de vente sur place). J'ai un peu tiqué devant le prix - 21€ par adulte, tout de même... - mais j'avais lu des articles sur le passage de l'expo à Paris l'année dernière, et apparemment, les pièces exposées étaient différentes de celles que nous avions déjà vues aux studios de la Warner Bros près de Londres. Du coup, comme je suis vraiment très fan de l'univers de J.K. Rowling et des films qui en ont été tirés, j'ai pensé que ça vaudrait le coup. Et qu'avec un peu de chance, le système de réservation pour un créneau horaire bien précis fluidifierait le traffic en supprimant les longues files d'attente et la foule à l'intérieur. 

HA HA HA HA HA HA HA. (Ceci est un rire plus jaune qu'un citron élevé en Floride et souffrant d'un ictère galopant.)




En fait, donc, nous nous sommes cogné environ une heure d'attente, la moitié en extérieur et la moitié en intérieur - alors que, la porte du hall 2 franchie, nous pensions pénétrer dans l'exposition même: erreur, grosse erreur! Lorsque nous avons fini par nous retrouver poussés dans une pièce où nous avons dû subir en groupe une petite présentation du choixpeau, ma patience, qui n'est pas ma plus grande qualité dans les meilleures circonstances, avait déjà largement atteint ses limites. Chouchou m'a dit: "Tu vas voir, le gag, c'est qu'on va continuer en file indienne pendant toute l'expo". C'était une tentative d'humour. Et malheureusement, il s'est avéré qu'elle collait plus ou moins à la réalité.

Dans la première vraie salle d'expo, un troupeau compact piétinait à tel point que j'ai failli m'élancer directement vers la sortie l'écume aux lèvres, en bousculant tout le monde sur mon passage - un peu comme à l'expo David Bowie l'an dernier, en fait. Impossible d'approcher les vitrines avec les dizaines de gens plantés devant un audioguide collé à l'oreille, et entre mon mètre cinquante-quatre et l'obscurité ambiante, impossible d'y voir quoi que ce soit à plus de cinquante centimètres de distance. Je vous jure que ma zénitude a été mise à très, très rude épreuve. 










Passé la première salle, la foule s'est légèrement dispersée, ce qui m'a permis de ne pas finir la journée en prison pour avoir sauvagement mordu une douzaine de lambins. J'ai pu essayer de me faire une opinion objective sur l'expo elle-même, et voici ce que j'en pense. Non, elle n'est pas redondante avec celle des studios de la Warner Bros, et oui, elle est plutôt bien fichue avec ses regroupements thématiques: une grande salle pour les cours à Poudlard, une consacrée au quidditch, une aux créatures surnaturelles, une autre aux forces du mal, etc. On peut essentiellement admirer des "petites pièces": costumes et accessoires plutôt que décors imposants, bien que la mise en scène soit également assez soignée. 










En revanche, j'ai regretté la quasi absence d'éléments interactifs, alors que l'univers de Harry Potter s'y prête si bien. Deux ou trois stands de prise de photos (payantes, évidemment), la possibilité de "déraciner" une plante hurleuse ou de s'asseoir dans le fauteuil géant d'Hagrid et, euh, c'est tout. En une demi-heure, nous avions fait le tour. La visite se conclut par l'inévitable boutique pleine de gadgets licenciés, et pas forcément les plus chouettes qui existent. 










En résumé: l'expo est pas mal mais pourrait être mieux, surtout pour le prix, et les conditions de visite sont juste épouvantables pour qui craint un peu la foule. Si j'avais su, honnêtement, je ne serais pas venue. 

Jusqu'au 11 septembre 2016 à Brussels Expo (métro Heysel)
Réservations en ligne ici