mercredi 30 novembre 2016

Novembre 2016



Lectures de Novembre 2016




ROMANS/ NOUVELLES
- "Le bonheur national brut" (François Roux)
- "The Cazalet chronicles T2: Marking time" (Elizabeth Jane Howard) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Autobiographie d'une courgette" (Guillaume Paris) ♥︎♥︎♥︎
- "The curious charms of Arthur Pepper" (Phaedra Patrick) ♥︎♥︎♥︎
- "Novembres" (Martine Delerm) ♥︎♥︎♥︎
- "Les dix plus beaux jours de ma vie" (Adena Halpern) ♥︎
- "Warren 13 T1: L'oeil-qui-voit-tout" (Tania del Rio/Will Staehle) ♥︎♥︎♥︎
- "Une fille au manteau bleu" (Monica Hesse) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Soudain, j'ai entendu la voix de l'eau" (Hiromi Kawakami) ♥︎♥︎
- "Invincible summer" (Alice Adams) ♥︎
- "Last things" (Jenny Offill)
- "Ca m'énerve" (Marie-Ange Guillaume) ♥︎♥︎
- "La boutique Vif-Argent T1: Une valise pleine d'étoiles" (P.D. Baccalorio) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "Le livre d'or" (Deborah Copaken Kogan) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "En scène! T1" (Cuvie) ♥︎♥︎
- "Le loup en slip" (Wilfrid Lupano/Mayana Itoïz/Paul Cauuet) ♥︎♥︎♥︎
- "Je vois des antennes partout" (Julie Delporte) ♥︎♥︎♥︎
- "Le cycle d'Inari T1: L'âme et la matière" (Winston Wilsteiner) ♥︎
- "Le mari de mon frère T2" (Gengoroh Tagame) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La fille du professeur" (Emmanuel Guibert/Joann Sfar) ♥︎♥︎

DIVERS
- "Le bois dormait" (Rebecca Dautremer) ♥︎♥︎♥︎
- "Rue des Amours" (Carl Norac/Carole Chaix) ♥︎♥︎♥︎♥︎

mardi 29 novembre 2016

"Gilmore girls: A year in the life"




Au début du millénaire, j'ai fait partie des fans de la première heure de "Gilmore girls" - enchantée par le débit de mitraillette de Lauren Graham, les références culturelles tous azimuts d'Amy Sherman-Palladino, l'atmosphère de Stars Hollow et la dinguerie des personnages secondaires. Une année après l'autre, j'achetais les coffrets DVD américains lorsqu'ils sortaient, je me rationnais pour ne pas les visionner trop vite, puis je devais attendre l'automne suivant. Comme beaucoup de fans, j'ai été déçue par la 7ème et dernière saison dont la créatrice avait été évincée, et je brûlais d'envie de connaître les fameux "quatre derniers mots" par lesquels elle avait toujours voulu conclure sa série. J'ai longtemps espéré une suite sans trop y croire, et depuis que la confirmation du tournage de "A year in the life", j'étais partagée entre mon impatience de retrouver Lorelai, Rory et Cie et ma crainte que la magie ne soit plus au rendez-vous (comme avec le Veronica Mars movie qui m'avait fait un choc dans le mauvais sens du terme). Alors, ce revival, qu'est-ce que j'en ai pensé? 

ATTENTION: SPOILERS. 
PLEIN. 
VOUS AUREZ ETE PREVENUS.

Ce que j'ai beaucoup aimé:
- L'idée de calquer les 4 épisodes sur le rythme des saisons. Ca permet de varier les tenues, les ambiances et les activités à Stars Hollow, et puis aussi de sentir le temps passer sur un format qui n'est pas celui auquel la série nous avait habitués, d'autant que tous les épisodes ont été disponibles en même temps et que les fans ont tous dû les dévorer assez vite. 
- Le traitement de la disparition de Richard, ses obsèques, la nouvelle vie d'Emily en tant que veuve, le chagrin de Lorelai qui s'était pourtant souvent clashée avec son père. C'est la note la plus grave de "A year in the life", la plus réaliste aussi. J'ai trouvé qu'elle touchait juste, et constituait en outre un bel hommage à Edward Hermann.
- Rory qui, d'élève brillante dont on pensait qu'elle aurait toute la presse à ses pieds, est devenue une journaliste freelance qui galère comme tout le monde. Ca aussi, c'est une touche de réalisme bienvenue qui contrebalance le côté "conte de fées moderne" de la série, lequel pourrait finir par agacer autrement. (Par contre, comment une trentenaire soi-disant fauchée fait-elle pour passer sa vie à sauter au dernier moment dans un avion pour Londres?)
- La thérapie d'Emily et Lorelai. Si beaucoup de temps a passé, l'incompréhension fondamentale entre mère et fille demeure. Le plus souvent aussi comique que grinçante, elle devient parfois dramatique, voire carrément terrible comme lorsque Lorelai soûle évoque des souvenirs inappropriés de son père ou lorsqu'elle s'écharpe avec sa mère dans la cuisine, qui a toujours été le théâtre de leurs plus grands affrontements. 
- Toutes les scènes avec Paris. Mettons que je ne me rende pas compte que le personnage ressemble à une version légèrement plus jeune et plus caféinée de moi-même. Une décennie après la fin de la série, Paris Geller, sainte patronne des personnalités de type A, est toujours aussi terrifiante et hilarante. (Et puis la nouvelle coupe de cheveux de Liza Weil lui va super bien.)
- Le running gag du wifi au diner de Luke, et la vraie raison pour laquelle il ne fonctionne pas.
- Revoir tout le monde, ne fût-ce que l'espace d'une scène. Dans le Veronica Mars movie, j'avais trouvé que ce fan service faisait atrocement artificiel. Là, à la fois parce qu'il y a plus de temps à l'écran et parce qu'il est plus facile de justifier que les personnages secondaires soient toujours dans la vie des héroïnes, ça passe très bien, et ça contribue même à l'atmosphère un peu hors du temps de Stars Hollow: une fois qu'on habite là, pourquoi voudrait-on en bouger? Sauf évidemment si on est ce traître de Michel. Bonus: on découvre enfin que Lane a un père!
- Les cameos des acteurs de "Bunheads" (l'autre série d'Amy Sherman-Palladino) et de "Parenthood" (dans laquelle Lauren Graham a joué une mère assez différente pendant 6 ans après "Gilmore Girls"). Ca donne au revival un petit côté familial plus qu'approprié. 

Ce que je n'ai pas aimé:
- La relation ridicule de Rory avec Paul. Je comprends bien que c'était censé faire rire, mais le gag récurrent du petit ami que tout le monde oublie, y compris sa copine, tombe très vite à plat. Et puis ça ne ressemble pas du tout à Rory de traîner presque 3 ans à ses basques un type dont elle n'a rien à faire et ne voit jamais. 
- Le manque de communication dans le couple Lorelai-Luke. Sérieusement, quels quasi-quadragénaires a priori disposés à avoir des enfants ensemble passent 9 ans sans aborder le sujet une seule fois? Je comprends que si enfants supplémentaires il y avait eu, toute la dynamique de la série s'en serait trouvée modifiée. Mais j'aurais préféré une explication plus crédible à leur absence que "On a juste oublié d'en parler". Et puis Luke qui ne dit pas à Lorelai qu'il s'est laissé entraîner dans des visites de locaux commerciaux par sa mère, Lorelai qui laisse Luke croire qu'elle continue la thérapie avec sa mère alors qu'elle y va seule... WTF, people? C'est un miracle que vous ayez tenu ensemble aussi longtemps.
- La relation secrète de Rory avec Logan. J'ai bien failli m'étrangler de dépit en découvrant ça. Ce gosse de riches trop gâté et irresponsable n'était déjà pas pour elle quand elle avait 20 ans; il l'est encore moins maintenant qu'elle en a 32 et qu'il est fiancé à une autre. Il a proposé de l'épouser et elle a refusé, alors pourquoi se la joue-t-elle plan-cul désinvolte avec lui tout en attendant visiblement autre chose?
- La comédie musicale. Ca occupait un trop gros bout de l'épisode "Eté". Même si ça justifie la présence de Sutton Foster et si la chouette chanson de la fin fait écho aux sentiments de Lorelai d'un façon assez poignante. 

...Mais tout ça, c'est pour les trois premiers épisodes, qui ont leurs hauts et leurs bas en restant néanmoins toujours agréables à regarder. Le quatrième et dernier épisode, "Automne"? Ne cherchez pas: il est PAR-FAIT. Une fin meilleure que tout ce que j'aurais pu souhaiter ou imaginer. Une heure et demie d'émotion pure, le coeur gonflé et les larmes au bord des yeux. L'épiphanie de Lorelai en pleine cambrousse, et le coup de fil qu'elle passe à sa mère pour lui raconter son souvenir préféré de Richard. La folle équipée de la Life and Death Brigade, et les adieux de Rory à Logan et ses amis le lendemain matin. La grande tirade affolée de Luke dans la cuisine, quand il croit que Lorelai va le quitter. L'entretien avec une trophy wife pendant lequel Emily envoie bouler les horribles bonnes femmes des DAR, et la façon dont elle change radicalement de vie. Rory retournant écrire le début de son livre dans la maison vide de ses grands-parents où résonnent les voix du passé.  La conversation de Rory et Dean à l'épicerie, quand elle rend hommage au merveilleux petit ami qu'il a été. Enfin, le mariage tant attendu de Lorelai et Luke - nocturne, onirique, juste merveilleux.

Il y a tout dans cet épisode: le temps qui passe, les choses qui restent les mêmes et celles qui changent irrémédiablement, les décisions difficiles auxquelles on doit faire face, les questions auxquelles on doit trouver les réponses dans la douleur. La vie, quoi. Je n'aurais vraiment pas pu rêver mieux. N'en déplaise aux gens frustrés par les fameux quatre mots - et même si les Gilmore girls me manqueront beaucoup -, une autre suite ne pourrait que gâcher cette conclusion parfaite.

lundi 28 novembre 2016

Ice Magic "Antarctica" à Hasselt


C'est devenu une de nos traditions: à l'approche des fêtes, nous allons voir le festival de sculptures de glace où qu'il ait choisi de planter son chapiteau en Belgique. Les années précédentes, nous avons eu droit au Seigneur des Anneaux puis au Hobbit, à la bédé belge et à Star Wars. Cette fois, le thème est l'Antarctique, et j'ai pensé que ce serait un changement agréable. En plus, à Hasselt, il y a aussi un beau jardin zen et un chouette musée de la mode; du coup, il y avait de quoi amortir le déplacement en train! Dimanche après-midi, nous sommes donc sortis de la gare de Hasselt vers 14h30, et nous avons commencé par sauter dans un bus pour nous rendre au jardin zen, pensant que les photos rendraient mieux en début d'après-midi quand il y avait encore de la lumière. Pas de bol: le jardin était fermé pour travaux jusqu'au 31 mars (ce que nous n'avions vu nulle par sur internet en préparant notre sortie). 

Un peu contrariés, nous avons demandé au GPS de l'iPhone de Chouchou de nous ramener à pied vers le Ice Magic. Et là, horreur malheur: contrairement aux éditions précédentes, qui se tenaient à part du reste des festivités de fin d'année, le Ice Magic Antartica était niché en plein coeur du marché de Noël. Et si mal indiqué que nous avons tourné un long moment pour en trouver l'entrée, au milieu d'une foule compacte et parmi cet infâme mélange d'odeurs de nourriture grasse et de vin épicé que je déteste cordialement. Consolation: les billets coûtaient seulement 9€ (au lieu de 15 d'habitude), et il n'y avait pas de file d'attente pour accéder au chapiteau. Nous avons vite compris pourquoi. La visite est si rapide que pour une fois, nous n'avons même pas eu le temps d'avoir froid aux mains en prenant des photos sans gants. Dix minutes à tout casser. 


















Alors, oui, les sculptures en elles-mêmes sont toujours aussi réussies, finement ouvragées et bien mises en valeur par un choix judicieux d'éclairage ainsi qu'une disposition qui permet de les admirer sans être gêné par les autres visiteurs. Je regrette toutefois l'absence de panneaux explicatifs: j'aurais trouvé ça bien de donner les noms des animaux représentés et, pendant qu'on y était, de glisser un petit message sur la disparition annoncée de la banquise et la menace que ça représente pour nombre d'espèces. Et au final, un aller-retour en train depuis Bruxelles plus une entrée plein tarif par personne, ça fait quand même beaucoup de temps et d'argent pour dix minutes d'attraction. Une déception, donc. 

Ice Magic - Winterland
Kolonel Dusartplein
3500 Hasselt

dimanche 27 novembre 2016

Les joies de la semaine #47




Lundi: pour me donner le courage de me remettre au travail l'après-midi, faire brûler ma bougie "Spiced apple compote" et me promettre un chocolat chaud-tartines beurrées quand j'aurai terminé mon quota de pages / le scanner d'une amie qui se révèle négatif 

Mardi: une belle journée d'automne, douce et ensoleillée / une proposition de boulot qui tombe à pic pour financer les dépenses extraordinaires de début 2017 / j'aime retrouver chaque mardi midi M. et C., les deux autres "habitués" du cours d'aerial yoga / manger un crumble aux pêches en lisant une bédé à l'espace café de Filigranes / m'offrir un parfait pull en laine grise chez & other stories / prendre des plats indiens chez M&S pour le dîner / profiter des promos Brussels Airlines pour réserver un séjour à Lisbonne en mars prochain

Mercredi: profiter de la promo de Black Friday pour m'inscrire au Creativity Workshop de Liz Gilbert sur Udemy / un chouette dîner chez Madame Chapeau avec Fifo de passage à Bruxelles / dans la foulée, commencer le cours de portugais sur Duolingo

Jeudi: levée avant 8h30 pour une fois / à la fin de ma trad en cours, la scène vachement émouvante où la méchante héroïne échange sa vie contre celle de sa petite soeur / les confidences inattendues en réponse à la question posée sur la page Facebook de mon blog / "This is us" réussit à me toucher profondément semaine après semaine

Vendredi:  géniale vidéo de Liz Gilbert sur la différence entre hobby, travail, carrière et vocation / rendu la trad sur laquelle je bossais depuis le début du mois / retrouver les Gilmore Girls dans le premier des quatre épisodes de "A year in the life"

Samedi: Chouchou qui part héroïquement à la chasse aux croissants pour notre petit-dej / je commence à sentir mes progrès à l'aerial yoga / un goûter-lecture au premier étage de l'Exki de la Porte de Namur / l'ornithorynque kleptomane dans "Fantastic beasts and where to find them" / 100 abonnés au compte Instagram de L'Annexe / le soir, se glisser dans des draps propres / coup de foudre pour le premier tome de "La boutique Vif-Argent"

Dimanche: prendre le train pour aller à Hasselt; à l'aller, commencer un page turner en regardant défiler la campagne flamande du coin de l'oeil; au retour, manger des feuilletés (saucisse/ketchup/curry pour Chouchou, fromage pour moi) sur la petite tablette des carrés

...et sans jour particulier: sans même que je l'allume, ma bougie menthe-basilic embaume toute la pièce

samedi 26 novembre 2016

Les conversations absurdes #1


Intérieur chambre à coucher. Il est minuit et nous venons de nous mettre au lit. Je tente de me blottir contre Chouchou. 
MOI: Aaaaaaah! Mais tu es glacé! (J'entreprends une exploration prudente.) Tu as les fesses froides, le ventre froid, les mains froides, les pieds froids, les cuisses froides et... Ah, tiens, c'est bizarre, ton sexe a une température normale. 
CHOUCHOU, sur un ton docte: Les testicules sont pourvus d'un mécanisme de régulation thermique qui...
MOI: C'est de ton pénis que je te parle. 
CHOUCHOU, imperturbable: Il est juste à côté. 
MOI: ...
CHOUCHOU: C'est comme quand le voisin du premier étage nous chauffe par en-dessous. 

vendredi 25 novembre 2016

Ceci n'est pas l'article que je comptais écrire hier soir




Non, à la base, j'étais partie pour mettre en évidence le fait qu'on ne sait jamais ce qui se passe réellement dans la vie des autres, y compris de nos proches. Le tout dans le cadre plus vaste d'une réflexion sur les côtés insidieusement positifs de l'angoisse. Mais j'y reviendrai car c'est un sujet qui me tient à coeur et sur lequel je pense avoir des choses intéressantes à dire. 

En attendant, donc, hier, j'ai lancé une question sur la page Facebook du blog, comme je le fais parfois. J'ai demandé: "Quelle est la chose que vos collègues ou vos simples copains serait surpris d'apprendre sur vous?" J'ai précisé que je ne réclamais pas qu'on m'avoue des secrets honteux, mais plutôt des choses qu'on met peu en avant et qui ne cadrent pas forcément avec le reste. Je m'attendais à des réponses du genre: "Je suis contrôleur du fisc dans la journée et je prends des cours de pole dancing le soir". Des trucs inattendus mais pas dramatiques, quoi. 

Au lieu de ça, j'ai reçu une avalanche de MP et de mails me racontant des choses vraiment intimes, parfois assez douloureuses ou du moins mal vécues. Et franchement, je ne m'y attendais pas du tout. C'est vrai que je me livre pas mal dans ce blog, mais je n'ai jamais caché que j'étais une grande grosse misanthrope pas très gâtée sur le plan de l'empathie, et j'étais à mille lieues d'imaginer que ça donnerait à de parfaites inconnues l'envie de m'ouvrir leur coeur de cette façon. Et là, du coup, je suis tout émue par vos gentils messages et par le fait d'avoir sans le chercher réussi à toucher quelque chose chez vous. 

Merci pour la confiance que vous m'avez témoignée en m'écrivant. J'ai toujours tenu ce blog avant tout pour mon plaisir, et là, je me dis qu'il est fort possible qu'il ne fasse pas du bien qu'à moi. Même pour une grosse misanthrope, c'est très, très gratifiant. 

Et il s'est passé un truc assez rigolo. Un nombre pas du tout insignifiant d'entre vous m'a avoué la même chose en prenant des tas de précautions ou en se justifiant à mort, comme si je risquais d'être choquée. Et il se trouve qu'à ces filles (qui du coup vont pouvoir se reconnaître), j'ai répondu: "Bah oui, moi aussi". Comme quoi, on s'escrime peut-être à balayer sous le tapis des trucs super répandus dont on devrait pouvoir discuter en toute décontraction. Je dis ça, je dis rien. 

Et je crois qu'à l'avenir, j'écouterai moins souvent ma crainte des trolls quand je suis inspirée pour écrire sur un sujet délicat ou polémique. 

jeudi 24 novembre 2016

Le truc de l'auto-correct


Quand je suis devenue traductrice littéraire, une chose m'est apparue assez vite: ma productivité était limitée, non pas par la vitesse à laquelle je changeais l'anglais en français dans ma tête, mais par la vitesse à laquelle j'entrais le résultat dans mon traitement de texte. J'appartiens à la dernière génération qui n'a pas appris à se servir correctement d'un clavier d'ordinateur; aujourd'hui encore, je tape avec cinq doigts maximum, dans un joyeux désordre qui fait le désespoir de mon ancienne dactylo de mère. 

Bien sûr, j'aurais pu prendre des cours pour corriger mes mauvaises habitudes, mais ça me gonflait. Alors, en bonne feignasse soucieuse de maximiser le rapport effort déployé/résultat obtenu, j'ai trouvé un truc tout bête qui m'a permis de doubler ma vitesse de frappe. Je pensais que tout le monde faisait ça, et puis chaque fois que j'en discute avec des collègues, je me rends compte que non. Donc, juste au cas où vous auriez le même problème que moi, je vous livre mon astuce. 

Dans Word (ou Neo-Office), allez dans le menu déroulant "Options" tout en haut de votre écran, et cliquez sur "Corrections automatiques" (ou "Options d'Auto-Correct"). Vous y trouverez, déjà programmées, des corrections de fautes d'orthographe et de frappe les plus courantes. Ce que je vous propose, c'est d'y rajouter des raccourcis des mots et expressions que vous utilisez le plus couramment. Par exemple: dans la colonne de gauche Remplacer:, vous tapez qm, et dans celle de droite Par:, vous tapez quand même. Puis vous cliquez sur le bouton Nouveau à droite. Répétez la procédure pour créer autant de raccourcis que vous voulez, et tout à la fin, cliquez sur le bouton OK en bas pour valider l'ensemble. Désormais, chaque fois que vous taperez qm, votre traitement de texte écrira quand même



Quel que soit le secteur dans lequel vous travaillez, vous devez employer un bon 50% de termes et d'expressions récurrents. Créez pour chacun d'eux un raccourci en 2 ou 3 lettres qui ne se trouvent naturellement telles quelles dans aucun mot de la langue française: surtout pas de va, de il, de la... Commencez par une dizaine de choses faciles à retenir et, une fois que vous avez pris l'habitude d'utiliser ces premiers raccourcis, allongez progressivement la liste en fonction des mots ou expressions qui vous semblent les plus fréquents dans votre job. 

Pour ma part, en plus des termes généraux, j'ai toujours un tas de raccourcis liés à ma traduction en cours, notamment les noms de lieux ou de personnages. Par exemple, pour une série de bit-lit bien connue: vp = vampire, lg = loup-garou, mm = métamorphe, ly = lycanthrope, sl = Saint-Louis, cd = Cirque des Damnésjc = Jean-Claude, mh = Micah, nl = Nathaniel... Vous voyez l'idée. Parfois, quand je change de bouquin, je veux réutiliser un raccourci que j'avais déjà employé pour un autre. Par exemple, si mon nouveau héros s'appelle Jean-Christophe, il me suffit de retourner dans les options de correction automatiques et de modifier le contenu de la colonne de droite en face de jc. (Toujours sans oublier de valider en bas à la fin, sinon le changement ne sera pas pris en compte.)

Plus on s'habitue à utiliser le procédé, plus on peut gagner de temps de frappe - au premier jet, mais aussi en éliminant le risque de coquilles à corriger plus tard - en compliquant les raccourcis. Dans les bouquins que je traduis, il y a des expressions liées à la gestuelle qui reviennent tout le temps; souvent, elles tiennent en un seul mot en anglais mais sont bien plus longues en français. Exemple: "he shrugged" qui devient "il haussa les épaules", ou "he glanced" qui devient "il jeta un coup d'oeil". Et hop: he = haussa les épaules, jco = jeta un coup d'oeil. Je pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages, mais vous voyez l'idée. Comme je tape au kilomètre (km = kilomètre) dans mon boulot, ce bête truc me fait économiser un temps fou. Essayez, vous allez voir!

mercredi 23 novembre 2016

La carotte et le tunnel




Hier matin, alors que je lui annonçais que j'allais lui rendre en fin de semaine la trad qu'elle voulait pour début janvier, une de mes éditrices m'a demandé si je serais intéressée par un autre boulot à remettre début mars au plus tard. J'ai commencé par répondre que ça ne serait pas possible, car j'avais déjà un monstre d'un million quatre cent mille signes à boucler pour cette date. Puis j'ai regardé le bouquin: il avait l'air très sympa. Et j'aime bosser avec cette éditrice. Et je vais avoir des tas de dépenses extraordinaires en début d'année prochaine: le ravalement de façade de ma résidence, mon MacBook à changer, le début des prélèvements de la fameuse retraite complémentaire obligatoire de la RAAP qui va nous pomper 8% de nos revenus bruts... Bref, je ne cracherais pas sur quelques milliers d'euros supplémentaires. Mais ça voudrait dire me taper des semaines de damnée jusqu'à début mars. A mon âge canonique et compte tenu de ma fainéantise congénitale, est-ce bien raisonnable? Indécise, je feuilletais le bouquin en me disant que ça serait quand même bien que l'univers m'envoie un signe, lorsque j'ai remarqué que l'héroïne s'appelait comme Funambuline-en-vrai, coquetterie orthographique incluse, et que le personnage masculin principal portait le prénom de mon père, qui n'était pas un prénom courant. J'ai joué au Tétris avec mon planning et dit banco à mon éditrice. 

Dans la foulée, j'ai proposé à Chouchou: "Viens, on profite des super promos de Brussels Airlines qui se terminent ce soir et on se réserve un grand week-end quelque part en mars, parce que je l'aurai bien mérité." On a regardé les destinations pour lesquelles il y avait des aller-retour à 58€, à condition de revenir au plus tard le 22 mars. Immédiatement, j'ai piaillé: "Oslo, Oslo! C'est la dernière capitale scandinave qu'on n'a pas faite, parce que la vie est tellement chère là-bas, mais si on prend un appart Air B'n'B, ce sera peut-être jouable." On a regardé les apparts Air B'n'B: il y avait moyen de dégoter un studio équipé en centre-ville pour moins de 100€ la nuit. Je ne me tenais plus de joie, mais j'ai quand même eu l'idée de vérifier les températures moyennes à Oslo en mars. -3°. Ah. Euh, non. On dirait qu'on va se garder ça sous le coude pour le mois de juin ou de juillet, plutôt. Dans les autres destinations possibles, il n'y avait malheureusement pas Dublin, qui figure sur notre liste de villes à visiter depuis longtemps mais que Brussels Airlines ne dessert pas en direct. Chouchou était très tenté par Berlin, et moi toujours pas du tout. Naples, il faudrait avoir une grosse semaine pour se faire la côte amalfitaine en voiture. En fin de compte, on a donc opté pour Lisbonne. On avait eu un goût de trop peu en 2010 - et depuis, des tas d'escapes games ont ouvert là-bas. De plus, il devrait faire beau au Portugal début mars, la vie n'y est pas chère et on n'aura pas de mauvaise surprise avec le taux de change. 

Lisbonne est donc officiellement devenue la carotte au bout d'un tunnel de boulot de trois mois. Bah, de toute façon, qui a besoin de temps libre en hiver, quand il fait froid et moche et que c'est si difficile de se motiver pour sortir? 

lundi 21 novembre 2016

Les joies de la semaine #46




Lundi: deux portraits inspirants dans le dernier numéro de Frankie: une ex du Royal Ballet qui donne des cours de danse classique sur du metal, et la créatrice d'une association qui crée des liens d'amitié entre handicapés mentaux et personnes neurotypiques

Mardi: réussir du premier coup l'entrée dans le hamac en cumulet avant, à l'aerial yoga / les chenilles qui crient à la fin du cours / entamer le dernier Hiromi Kawakami en attendant ma soupe de nouilles au Pho Pho / le moment où Kyan Khojandi arrive à faire pleurer toute une salle de rire en parlant de la mort de son père / croiser Ness et son Speculoos à la sortie du spectacle / échanger quelques phrases avec l'artiste, prendre des selfies, faire signer mon billet / voir qu'il a liké mes Instagram de lui sur scène

Mercredi: il fait aussi mauvais que possible, même pour un mois de novembre, mais je m'en fous parce que je suis très amoureuse / commander le dernier Flow international que je ne parviens pas à trouver en boutique / deux soirées sympas en prévision la semaine prochaine / un nouvel épisode de "This is us"

Jeudi: un très bon lunch à l'Umami Matcha Café avec Shermane / chez Lupicia, une provision de Neige Blanche pour l'hiver / découverte de la réflexologie oculaire chez Free Persephone / "Rue des Amours" me donne terriblement envie de dessiner aux crayons de couleur / le confort et le super plateau-repas en 1ère classe du Thalys

Vendredi: un cookie chocolat blanc-matcha tout moelleux pour le petit-déjeuner / commander enfin mon Hobonichi Cousin / rire très fort devant l'épisode 10.08 de "The Big Bang Theory" / entamer ma nouvelle bougie Spiced Apple Compote de chez Muji

Samedi: à la caisse du Delhaize, proposer au monsieur qui va être en retard à son travail de passer devant nous / une discussion animée avec G+D autour d'un brunch chez God Save The Cream / le chocolat chaud de Méert / une autre discussion animée, cette fois avec le vendeur barbu du rayon bébé-jeunesse de Tropismes / un gros tri dans ma penderie et mes placards de salle de bain 

Dimanche: une troc party en petit comité dans la jolie maison de Sophie-Grosquick / butin du jour: du chocolat en poudre Whittard, un dentifrice de princesse à la menthe, un collant rouge à petits coeurs, une jolie jupe bleu marine et un blazer militaire en velours qui m'iront impec après une petite retouche / Ann-Sophie qui me ramène gentiment chez moi en voiture / l'avenir de la France s'annonce bien sombre, mais ce soir, personne n'est plus dépité ni humilié que Sarko - et ça, ça se fête!

...et sans jour particulier: le bonnet gris en laine aran rapporté d'Edimbourg était un super investissement / Boulet qui like trois de mes tweets / Metallica jouant "Master of puppets" live au Grand Journal... / ...et une version merveilleusement déconnante de "Enter sandman" avec Jimmy Fallon

dimanche 20 novembre 2016

Let's play!


J'ai toujours adoré les jeux de société. Je garde d'excellents souvenirs des parties de Monopoly ou de Bonne Paye disputées dans mon enfance. Ado, j'ai développé pour les jeux de rôles une passion indirectement à l'origine de ma carrière de traductrice. Jeune adulte, je passais une grande partie de mes week-ends à saboter mes amitiés en cours autour d'un plateau de Civilisation ou d'Illuminati. J'ai piqué des crises de fou-rire monstrueuses grâce à Pictionnary, et me suis enorgueillie de mon taux de réponses justes aux questions marrons du Trivial Pursuit (par contre, passons pudiquement sur mon silence embarrassé quand je tombais sur le camembert jaune). J'ai rencontré mon ex-mari grâce - ou à cause? - de Diplomacy, et longtemps été redoutable aux dames chinoises. Puis je n'ai joué à rien ou presque pendant une longue période. Mais maintenant que mes neveux sont assez grands pour autre chose que le Uno, je dois avouer que j'y reprends goût! A l'approche des fêtes, petit panorama des jeux que j'aime et de ceux que j'ai hyper envie de tester...


LES VIEUX DE LA VIEILLE, TESTES ET APPROUVES DEPUIS MOULTES ANNEES



Pérudo: un jeu à base de dés où l'on parie sur le nombre de faces comprenant un certain nombre de points cachées dans les cornets des adversaires. Mélange de bluff, de chance et de réflexion. Parties assez rapides (15-20 mn) et très, très animées. A partir de 10-12 ans seulement: avant ça, difficile de maîtriser la notion de statistiques. De 2 à 6 joueurs. Peut-être mon jeu préféré au monde, même si je suis loin d'être la meilleure dans mon entourage!



Stupide Vautour: un jeu de cartes où il faut simultanément attraper des souris et éviter des vautours. Les règles s'apprennent en deux minutes, pour des parties rapides mais où la situation est susceptible de se retourner jusqu'au dernier moment. Un peu de ruse est nécessaire pour gagner! A partir de 8 ans. De 2 à 5 joueurs. 



Blokus: un jeu de plateau dont les pièces font penser au célèbre Tétris. Le but: être le premier à se débarrasser de ses pièces en les posant de façon à ce qu'elles touchent les autres pièces de la même couleur par un angle seulement - tout en essayant de bloquer le ou les adversaires pour les empêcher de placer les leurs. Aucune notion de chance n'intervient, c'est de la pure stratégie. A partir de 8 ans. Le classique est conçu pour 2 à 4 joueurs, mais il existe une version "duo", avec un plateau plus petit pour deux joueurs seulement. 


LE PETIT NOUVEAU, STAR DES VACANCES D'ETE



Oceanos: coup de coeur pour ce jeu de plateau aux illustrations magnifiques. Chaque joueur possède un sous-marin différent de ceux de ses adversaires; il doit le faire évoluer de façon stratégique pour collecter des trésors et des créatures aquatiques tout en créant une barrière de corail. Les règles peuvent sembler un peu compliquées à la base, mais on les maîtrise assez vite une fois qu'on s'y met. Une partie dure de 30 à 40 minutes environ. A partir de 8 ans. De 2 à 5 joueurs. 


CEUX QUE J'OFFRIRAIS BIEN A NOEL (POUR Y JOUER AVEC LES DESTINATAIRES)



Mysterium: un jeu coopératif qui fait penser à un croisement entre le Cluedo et La fureur de Dracula. Les joueurs cherchent à élucider ensemble le meurtre d'un fantôme qui hante un manoir. Le graphisme, l'ambiance et le principe m'attirent terriblement! 2 à 7 joueurs, à partir de 10 ans. 



Celestia: un jeu de plateau où les joueurs, voyageant à bord d'un aéronef avec d'autres aventuriers,   afin de récupérer le plus de trésors possibles dans les merveilleuses cités de Celestia. Les illustrations et le thème me font rêver. 2 à 6 joueurs, à partir de 8 ans. 


Takenoko: un jeu de plateau original où les joueurs doivent prendre soin d'un panda en lui aménageant une bambouseraie. Dois-je rappeler la passion que nourrit Darklulu vis-à-vis des gros nounours noirs et blancs? Ou mon ambition, après le passage à Pairai Daiza en avril, de conserver mon titre de meilleure tatie du monde? (EDIT: Damned, il l'a déjà. Il va falloir trouver autre chose.) 2 à 4 joueurs, à partir de 8 ans. 

Et vous, quels sont les jeux auxquels vous aimez jouer en famille ou entre amis? Des recommandations à me faire? 

vendredi 18 novembre 2016

"Dr. Strange"


Chouchou et moi m'avions pas été au cinéma ensemble depuis le mois de mars. Mais le Dr. Strange est un de mes héros Marvel préférés, et comme j'adore Benedict Cumberbatch, je me suis dit que même si je trouvais le film nul, j'aurais toujours le plaisir des yeux. Or donc, pour ceux qui n'auraient pas passé leur adolescence le nez enfoui dans les comics, Stephen Strange est un neurochirurgien brillant mais d'une arrogance insupportable. Le jour où un accident de la route le laisse avec les mains trop abîmées pour continuer à opérer, le sens de sa vie s'envole, et il part au Népal en quête d'un mystérieux Grand Ancien qui aurait le pouvoir de le guérir. Il découvre qu'il possède des pouvoirs mystiques, mais aussi que l'univers est bien plus vaste et plus dangereux qu'il ne l'imaginait...

Bon, on ne va pas se mentir: la seule originalité du scénario, c'est la  magie du Dr. Strange, qui change un peu des pouvoirs plus typiques de super-héros comme les X-Men ou les Avengers. Pour le reste, on est dans un film assez calibré, mais de bonne facture. L'humour obligatoire fonctionne à merveille - surtout dans les moments où Strange se fait rabattre le caquet, dans ses échanges avec le méchant Kaecilius et ses interactions avec la Cape de Lévitation (je veux la même pour Noël, merci, bisous). Les effets spéciaux vertigineux font penser à "Inception" en beaucoup plus réussi. Benedict Cumberbatch est à peine moins tête-à-claques que dans "Sherlock", mais ça lui va bien. Je reste assez perplexe quant au choix de Tilda Swinton pour incarner ce qui était à la base un vieil Asiatique. Certes, elle joue très bien, et on ne peut qu'applaudir le fait de féminiser un peu un casting où, sans elle, le seul personnage non pourvu d'un pénis serait l'obligatoire chérie du héros. Mais sérieusement, des actrices asiatiques qui auraient été parfaites dans le rôle, je suis sûre qu'il en existe des tonnes. Michelle Yeoh, au hasard? Cela dit, j'ai beaucoup apprécié l'ambiguïté de son personnage, dans le genre "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Son Grand Ancien n'est pas spécialement bienveillant et, à mille lieues de la sagesse d'un Yoda ou d'un maître Miyagi, se révèle pétri d'énormes défauts. Je me suis sentie affreusement concernée par tout ce qu'ielle dit à Strange sur son rapport aux autres et sa place dans le monde. Bref, pour une fois, je suis sortie d'un film de super-héros absolument ravie de m'être laissée embarquer! Et je rempilerai volontiers quand sortira la suite.


mercredi 16 novembre 2016

Vu et grave kiffé: "Pulsions" de Kyan Khojandi


Hier soir, Kyan Khojandi (alias "le mec de Bref") se produisait pour la 130ème fois sur scène avec son one man show "Pulsions". C'était au centre culturel d'Uccle, soit pas franchement à côté de chez nous, mais nous avions nos billets depuis six mois, et ni la météo toute pourrie ni la pénurie de places de parking dans le quartier n'ont réussi à nous décourager. Avec la semaine affreuse qu'on venait de passer, on avait grand besoin de rire un bon coup, si possible en parlant d'autre chose que de politique.

Défi relevé! Comme son nom l'indique assez bien, "Pulsions" passe en revue certains des élans incontrôlables de l'être humain: le sexe, la bouffe, l'amour, la violence... Kyan Khojandi puise à ses propres mésaventures pour divertir le public sans fausse pudeur ni vraie méchanceté, mais avec un sens aigu de l'observation et un don merveilleux pour le comique de répétition. Je ne suis pas hyper bon public pour l'humour - que j'ai très sarcastique, voire carrément noir -, mais il a réussi à me faire pleurer de rire en évoquant la mort de son père. (Pas seulement, bien sûr, mais ça, c'était quand même un sacré tour de force.)

Son spectacle n'est pas que drôle: il est profondément humain, et intime sans que jamais le public se sente en position de voyeur. "Un bon souvenir, ça peut consister à être là pour quelqu'un qui est en train de vivre un mauvais souvenir, et par notre présence, le rendre moins mauvais", dit très joliment l'artiste en conclusion. Avant de revenir pour un rappel très "bréfien" qui achève de mettre la salle en délire. Puis d'annoncer que si des gens veulent lui parler ou prendre des photos avec lui, il sera dans le hall d'ici cinq minutes. Non seulement ce mec a du talent, mais c'est un vrai gentil. Et si finalement, l'humour et la bienveillance étaient une forme de résistance - la seule position politique acceptable dans ce monde de fous? Quoi qu'il en soit, si "Pulsions" passe près de chez vous, je ne peux que vous conseiller d'y aller. Et vous garantir que vous passerez une excellente soirée.




(Désolée: les photos ne sont pas terribles, vu qu'on était au rang K, et on en a pris très peu pour ne pas gêner nos voisins.)


lundi 14 novembre 2016

Et maintenant, on fait quoi?




C'est la question que je me pose depuis mercredi dernier. Parce que même d'un point de vue très égoïste, il serait naïf de croire que ce qui se passe aux USA ne va pas nous affecter, fût-ce indirectement. Et encore plus naïf de refuser de voir que les soubresauts d'agonie du patriarcat blanc sont en train de provoquer en Europe une nouvelle montée du fascisme et du repli identitaire qui rappelle méchamment l'Allemagne des années 30. En France, on peut être quasiment certains de voir Marine Le Pen au second tour des présidentielles en mai prochain. Et même si elle est battue, ce sera vraisemblablement par Alain Juppé ou un politicard du même acabit, quelqu'un de déconnecté de la réalité qui continuera à faire le jeu des banques et des multinationales et d'aller chercher de l'argent là où il n'y en a plus (dans les poches de la classe moyenne) au lieu de courir après le manque à gagner ahurissant de l'évasion fiscale. 

Ce qui n'est pas qu'un problème d'ordre économique: quand la classe moyenne se sent acculée, elle se retourne rarement contre les puissants; elle préfère chercher des boucs émissaires parmi les gens encore moins fortunés qu'elle. Soit les immigrés et les réfugiés, au hasard. On a un gros, gros problème de société sur les bras, et de mon point de vue, on ne le résoudra pas sans dynamiter le capitalisme. Comme le temps qu'on s'y résolve, on aura sans doute pourri la planète au point de la rendre quasi-inhabitable par l'être humain, j'avoue que la tentation de baisser les bras est assez grande pour les privilégiés dans mon genre, ceux dont le mode de vie se trouve le moins directement menacé. 

Car après tout, que faire contre cette situation déprimante qui nous dépasse? Comment penser qu'on peut avoir un impact significatif sur elle? Je n'ai pas l'intention d'entrer en politique pour tenter de changer le système de l'intérieur. Je n'aime pas assez les gens pour aller faire du bénévolat sur le terrain. Je ne suis même pas suffisamment maîtresse de mon tempérament pour essayer de recadrer les racistes/misogynes/homophobes de façon calme, polie et raisonnée - c'est-à-dire, sans les traiter de connards décérébrés au bout de 2,7 secondes, ce qui me soulagerait sur le coup mais serait sans doute peu productif et risquerait de m'envoyer à l'hosto pour peu que je tombe sur un connard décérébré violent. Je ne suis pas prof pour éduquer la prochaine génération. Et comme je vis, encore plus que la moyenne, dans une bulle où je ne laisse entrer que des gens possédant des valeurs similaires aux miennes, la seule chose que je sais faire à peu près bien - écrire - ne toucherait que des personnes déjà convaincues. 

Pourtant, je pense qu'il est important de chercher des moyens d'action concrets. Parce qu'au bout d'un moment, ne rien faire, c'est collaborer avec les dominants. J'ai beau me dire que je suis quelqu'un de globalement bienveillant (à distance si possible, mais globalement bienveillant quand même), si je n'agis pas pour changer ce que je vomis, j'en deviens responsable moi aussi. Coupable d'avoir laissé faire les pourris. De cautionner leurs agissements par mon silence et mon immobilisme. J'ai très souvent envie de me soustraire à la société humaine, mais que ça me plaise ou non, j'en fais partie. Je ne peux pas me dérober. 

Et donc, je cherche comment être l'un de ces petits ruisseaux qui, paraît-il, peuvent faire les grandes rivières. J'aime beaucoup l'initiative de l'épingle à nourrice, mais même si ça prenait en Europe, vu que je passe 95% de mon temps enfermée chez moi, l'adopter ne servirait qu'à décupler ma consommation de pansements (je suis assez peu adroite). J'ai la ferme intention d'augmenter mes contributions financières à des causes qui m'importent. Et de prendre un abonnement payant à un site de presse sérieux. Autre idée à laquelle je n'aurais pas forcément pensé sans Sarah von Bargen: privilégier les événements et les produits culturels qui mettent en avant les LGBTQ et les racisés ou traitent de leurs droits. Je dirais bien: a contrario, ne pas consommer d'âneries crasses qui incitent au sexisme et à la discrimination (genre les émissions de Cyril Hanouna et Cie), mais je ne le fais déjà pas. Après, je sèche un peu. Et comme je suis sûre de ne pas être la seule à me poser ces questions depuis quelques jours... je vous écoute. Au quotidien, qu'est-ce que vous faites ou envisagez de faire pour défendre vos valeurs et empêcher le Côté Obscur de gagner? 

Les joies de la semaine #45




Lundi: trop facile, trop rapide et trop bon, ce petit velouté de champignons / une journée grise et froide, ma couette, mon nouveau gilet en tricot et un bon bouquin = que du bonheur

Mardi: un cours d'aerial presque entièrement au ras du sol, avec des mouvements nouveaux / un Belge sauvage au Peck 47 pour mon déjeuner tardif / oh, une nouvelle bédé de Julie Delporte! / un excellent Earl Grey pointes blanches chez Méert / "Dr. Strange": pour une fois que je kiffe un film de super-héros...

Mercredi: la petite carte que Chouchou glisse dans mon MacBook avant de partir bosser / me coucher à 20h30 pour rattraper cette maudite nuit blanche d'élections présidentielles américaines, et dormir 13h d'affilée

Jeudi: une petite razzia dans le food court de M&S pendant qu'on peut encore / une boîte indienne pour le dîner

Vendredi: Chouchou qui me prend dans ses bras sans rien dire tandis que je pleure à chaudes larmes sur la mort de Leonard Cohen / le même qui nous fait des spaghetti ail-citron pour manger devant le pilote de "Good girls revolt"

Samedi: pas pris un gramme bien que j'aie méchamment compensé avec la bouffe ces dernières semaines / réussir tous mes exercices de planche latérale à l'aerial yoga / une mini session de shopping: bougie parfumée, duo de tasses à thé, savons Lush, collants 120 deniers, deux bouquins / un goûter portugais chez Forcado / la cagette de délicieuses mandarines achetée le matin chez Delhaize

Dimanche: un brunch maison alors qu'il fait super moche dehors / en m'attelant enfin à ma compta pro en retard, retrouver un relevé de droits d'auteur de 50€ dont j'ai oublié de réclamer le paiement / me régaler avec le livre 1 de "Warren XIII" / réaliser à quel point, quand tout va mal autour, mon couple est un refuge et une force

dimanche 13 novembre 2016

"Sausage party": le foodporn au sens littéral du terme


Dans un supermarché américain comme il y en a tant, les aliments sont persuadés que les clients sont des dieux, et ils ont hâte que ceux-ci les mettent dans leur chariot pour les emporter dans le Grand Au-Delà où, c'est certain, ils ne connaîtront qu'une félicité sans mélange. Jusqu'au jour où un pot de moutarde au miel, acheté par erreur et rapporté pour échange, révèle la terrible vérité à ses camarades: en fait, les dieux les tuent pour les manger! 

L'été dernier, lorsqu'est venu le moment d'emmener mes neveux voir un dessin animé au cinéma, j'avais trois possibilités en tête: "Le monde de Dory", "Comme des bêtes" et "Sausage party". Ce dernier n'étant pas encore sorti en France, il a été disqualifié d'entrée de jeu. Et heureusement. Parce que je ne sais pas trop comment j'aurais expliqué à Attila et Darklulu les constantes allusions salaces entre saucisses et pains à hot-dogs, la philosophie du flacon de douche vaginale selon laquelle tous les trous se valent, et surtout la monstrueuse orgie des aliments victorieux à la fin. (Pour la violence délirante, j'imagine qu'ils sont déjà blasés.)

Chouchou et moi avons passé toute la durée du film à ouvrir de grands yeux en nous écriant: "Noooooon?". On s'attendait à un dessin animé irrévérencieux, mais pas à quelque chose d'aussi trash et politiquement incorrect. Au total, un film jouissivement barge, mais pas du tout pour les enfants, et sans doute même pas pour tous les adultes. Après, c'est sûr que ça change des bons sentiments de Disney et Pixar...




vendredi 11 novembre 2016

So long, Leonard


Photo: Joel Saget/AFP

J'ai découvert Leonard Cohen sur le tard. Et tout de suite, je l'ai aimé fort. D'abord pour ses textes magnifiques et sa voix incroyable. Puis, comme j'étais intriguée par ses références souvent ésotériques, je me suis penchée sur sa bibliographie, et j'ai été fasciné par le bonhomme lui-même. Qui avait tout vu et tout essayé. Qui s'était mille fois trompé et qui était mille fois reparti de zéro. Qui savait comme personne mélanger spiritualité et hédonisme. Qui voyait clair dans les recoins les plus obscurs de l'âme humaine, et qui ne jugeait pas. 

Je l'ai vu sur scène deux fois, et son humilité m'a bouleversée. Je savais que sa santé déclinait beaucoup ces derniers temps. Ce matin, en lisant les messages de sympathie que j'avais reçus sur Facebook, j'ai deviné avant même de voir la nouvelle. La lumière de Leonard s'était éteinte dans un monde qui me semblait déjà bien assez sombre cette semaine. J'essaie de ne pas penser que c'est la fin d'une époque. Leonard avait 82 ans; il a foutrement bien vécu et il laisse derrière lui une oeuvre immortelle. Que peut-on souhaiter de plus à quiconque? 



(Et ça, c'est ma chanson préférée de lui. Je sais que ça n'est pas la plus belle ni la plus compréhensible, et que la musique a mal vieilli. Mais elle a une signification particulière dans mon histoire personnelle. Et puis, j'ai bien besoin de ses accents conquérants ce matin.)

mercredi 9 novembre 2016

Où on nage en plein cauchemar




Depuis des semaines, Chouchou jubilait en regardant la progression des intentions de vote aux Etats-Unis. Depuis des semaines, la parano en moi lui répétait "Rien n'est décidé avant le vote proprement dit; je ne serai tranquille que le 9 novembre au matin".
C'est pas souvent que je déteste avoir raison. 
Hier, j'ai réussi à ne pas rester collée devant mon ordinateur. Je suis allée à mon cours d'aerial yoga; j'ai déjeuné en ville, acheté quelques bouquins chez Tropismes et lu l'un d'eux chez Méert devant un Earl Grey pointes blanches. Puis j'ai rejoint Chouchou à l'UGC Toison d'Or pour aller voir "Dr. Strange" que - une fois n'est pas coutume avec les films de super-héros - j'ai adoré. On est rentrés de bonne humeur. Chouchou devait encore faire une nuit blanche pour son boulot, et vu les circonstances, j'ai décidé de rester debout avec lui. On s'est fait du sobacha, on a ouvert chacun une fenêtre sur le site de CNN et une autre sur le site de The Guardian, et on a regardé tomber les estimations. 
Je ne vais pas vous la refaire état par état, mais assez vite, j'ai trouvé que ça sentait le roussi et commencé à répéter: "J'y crois pas, il va passer. Mais qui sont les abrutis qui votent pour ce malade mental? Comment c'est possible que plus ou moins une moitié des votants américains pensent qu'un milliardaire-né qui a fait banqueroute trois fois, gruge ses employés et s'arrange pour ne pas payer d'impôts va lutter efficacement contre la corruption et améliorer les conditions de vie des plus pauvres? Comme une seule femme a-t-elle pu donner sa voix à quelqu'un qui a été accusé de plus d'une dizaine d'agressions sexuelles et qui tient des propos si méprisants envers l'ensemble de son genre? Comment un seul racisé a-t-il pu penser que Donald "on-va-bâtir-un-mur" Trump, qui passe son temps à soupçonner tous les Musulmans d'être des terroristes, avait ses intérêts à coeur?"
Bon, en vrai, c'était moins cohérent que ça; ça donnait plutôt quelque chose comme "Putain. Putain, putain, PUTAIIIIIIIIIIN."
Quand j'ai fini par me coucher vers 6h30, il restait encore quelques états qui ne s'étaient pas prononcés, mais on savait déjà que les carottes étaient cuites. 
Apparemment, les Américains sont plus sexistes que racistes. Ils ont bien voulu élire un président noir deux fois, mais une femme? 
Le peuple a parlé: plutôt filer les codes de l'arme nucléaire la plus puissante au monde à un malade mental pro-Poutine qu'à une personne qualifiée pourvue d'un vagin. 
Mon dégoût est immense. Mes peurs pour l'avenir aussi. 
On n'avait déjà pas avancé des masses sur la question du réchauffement climatique, mais maintenant, avec un président américain qui nie l'existence même du phénomène... Enfin cela dit, s'il commence à balancer des bombes dans tous les sens, l'humanité n'aura pas le temps d'être éradiquée par des catastrophes naturelles en plus en plus violentes. Je ne sais pas s'il faut voir ça comme une consolation. Je sais, par contre, que je me réjouis plus que jamais de ne pas avoir d'enfants et que j'ai envie de pleurer en pensant à l'avenir qu'on prépare à mes neveux. 
On était tous unanimement d'accord pour trouver 2016 pourrie. 2017 et les suivantes s'annoncent tellement pires...
Je veux croire que d'ici le printemps, les trois quarts des électeurs de Trump feront comme les pro-Brexit et pleureront que ah oui mais ils n'avaient pas bien compris, peut-on refaire les élections? Sauf que PommeZ, ça marche juste dans "Dr. Strange" si on a l'oeil d'Agamotto. Je veux croire aussi que des garde-fous se mettront en place, mais avec le Sénat et le Congrès, plus sans doute la Cour Suprême, du côté républicain, Trump va disposer d'un pouvoir de nuisance sans précédent dans l'histoire du monde. 
Plus tard, peut-être, j'arriverai à faire preuve du bel optimisme de The Blogess qui publiait ce chouette billet hier. Pour l'instant, je suis bien trop furieuse, révoltée et inquiète. 

mardi 8 novembre 2016

"After life"


C'est une mention dans un article de Flow qui m'a donné envie de voir ce film japonais dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. Le concept: après leur mort, les gens ont trois jours pour choisir un unique souvenir de leur vie à emporter dans l'au-delà. Puis les gardiens chargés de veiller sur eux reconstituent le souvenir en question sous la forme d'un film dans lequel ils tiennent le rôle principal. Après quoi, ils disparaissent. Et chaque nouvelle semaine amène une autre fournée de défunts.

J'avoue que si le thème ne m'avait pas tant intriguée, j'aurais décroché très vite - je ne suis pas du tout bonne cliente pour les films lents et contemplatifs. Mais là, le thème me fascinait. Dans la première partie, mise en scène comme un documentaire, les défunts de la semaine filmés de face et en gros plan pendant leur interview avec le gardien qui leur a été assigné peinent plus ou moins à choisir parmi leurs souvenirs. Une jeune fille opte banalement pour un séjour à Disneyland. Un pilote veut voler à travers les nuages avec son Cessna. Une vieille dame se revoit danser en robe rouge pour son grand frère quand elle était enfant. Une ex-prostituée évoque son histoire avec un homme marié. Un vieillard indécis doit se repasser les enregistrements vidéos de toute sa vie, tandis qu'un jeune homme de 21 ans refuse catégoriquement de choisir pour ne pas désavouer le reste de sa courte existence. Puis les gardiens se mettent au travail pour recréer les souvenirs avec des moyens plus que réduits qui les obligent à faire preuve d'une grande imagination, et le documentaire prend des allures de film de Michel Gondry. Enfin, alors qu'on croit que l'histoire va s'arrêter là, elle prend un tour très personnel pour les gardiens restés assez neutres jusqu'ici - un rebondissement que j'ai beaucoup apprécié dans la façon dont il permet de boucler une certaine boucle. 

L'atmosphère d'"After life" est assez particulière: alors que le film introduit une notion de l'au-delà originale et plutôt poétique, l'action (le peu qu'il y en a!) se déroule dans une sorte de pensionnat décrépit et vaguement déprimant. Les acteurs jouent de façon assez retenue pour la plupart, et hormis lors des récits de souvenirs, les dialogues sont minimalistes. Ce qui laisse toute latitude au spectateur pour se poser lui aussi la question cruciale: et moi, si je devais n'emporter qu'un seul moment de ma vie, lequel choisirais-je? En ce qui me concerne, je n'ai pas eu à réfléchir longtemps. Ce serait le 61. Et vous? 

lundi 7 novembre 2016

J'ai rien foutu ce week-end




C'est pas souvent que ça m'arrive: entre samedi et dimanche, tout ce qu'il y avait dans mon agenda, c'était un cours d'aerial yoga. Rien d'autre. 
D'habitude, j'aime bien avoir plein de trucs prévus le week-end. Une expo à voir. Des petites courses sympas à faire, genre bédé fraîchement sortie ou bouffe anglaise chez M&S. Un brunch à tester. Sinon, j'ai l'impression de gaspiller les deux seuls jours de la semaine où je ne dois pas bosser (surtout que là, je viens de bourrer une trad supplémentaire dans mon agenda, ce qui me fait un emploi du temps bien chargé du lundi au vendredi jusqu'à mi-février prochain). 
En plus, il fait super beau en ce moment à Bruxelles. Froid mais soleil. Un temps à se promener en donnant des coups de pied dans les feuilles mortes et en se répétant que l'automne est une saison formidable. 
Mais là, ben non. Pas de projets spécialement réjouissants. Et pas envie non plus de me coller sur le dos la corvée de compta pro pourtant en retard depuis début juin (oui, c'est mal), ni de refaire mon profil LinkedIn ou de virer mes fournitures de scrapbooking (je dois absolument m'en débarrasser; si quelqu'un à Bruxelles est intéressé, envoyez-moi un mail...).

Alors, ce week-end, je n'ai rien fait, ou si peu. 
Je me suis acheté des tulipes rouges en rentrant du sport, parce que les fleurs ont fait partie des premières victimes des récentes restrictions budgétaires et que mon dernier bouquet remontait à presque deux mois. Je les ai mises dans le joli petit vase boule qui, à l'origine, servait de maison à la jacinthe d'eau increvable que j'ai tuée en dix jours - qu'au moins il serve à quelque chose. 
J'ai lu presque tout le tome 2 de "The Cazalet chronicles" vautrée sur mon lit dans mon nouveau gros gilet beige, avec une tasse de thé à portée de main (tant pis pour mon anémie) et ma petite bougie aux pois de senteur allumée. Je me suis absolument régalée; c'est une saga idéale pour les week-ends paresseux, l'équivalent littéraire d'une énorme part d'apple pie. 
J'ai terminé le premier numéro du magazine Les Confettis dont je rédigerai peut-être une critique plus tard (spoiler: je ne suis pas séduite), et entamé le dernier Frankie en date. 
J'ai regardé Chouchou faire des crêpes, qu'on a mangées devant un film japonais d'une lenteur que j'aurais trouvée exaspérante si le sujet ne m'avait pas tant intéressée, et je n'ai même pas décroché et été chercher mon iPad au bout d'une heure. 
Je me suis traînée au marché Flagey pour faire le plein de légumes, et notamment de courgettes rondes histoire de tester une recette vidéo aperçue le matin sur Facebook. C'était complètement raté, plein d'eau avec un oeuf pas assez cuit sur le dessus. Pour me venger, au goûter, j'ai testé une autre recette vidéo trouvé sur Facebook: des petits croissants aux pommes. C'était pas mal mais sans plus. On ne peut pas gagner à tous les coups. Du coup, le soir, au lieu du velouté de champignons que je pensais faire initialement, je me suis rabattue sur une de nos valeurs sûres: un risotto aux asperges. 
J'ai exceptionnellement réclamé un second épisode de "The good place", et si Chouchou n'avait pas eu du boulot après le dîner, je m'en serais peut-être fait un troisième.
J'ai dressé une liste de tous les articles que je voulais écrire pour le blog, et j'ai soigneusement évité de rédiger la moindre ligne d'un seul d'entre eux.

Bref, la décadence complète.

Et vous, c'était comment, ce week-end? Vous préférez prévoir plein d'activités prévues, improviser selon les envies du moment ou glander un max pendant que c'est possible?


dimanche 6 novembre 2016

Les joies de la semaine #44




Lundi: ne pas bosser le matin pour pouvoir tranquillement ranger et mettre à jour les trucs en attente depuis deux semaines / les palets bretons rapportés de Nantes nous ramènent un peu au week-end passé là-bas

Mardi: entamer la traduction du tome 3 de "Young Elites" et constater que ça va super vite / une tresse au chocolat pour nous récompenser de bosser tous les deux en ce jour férié / les spaghetti noglu à base de riz et de maïs: un délice / l'émouvant monologue de Kevin sur la vie et la mort à la fin de l'épisode 5 de "This is us"

Mercredi: récupéré la commande Amazon que le livreur DHL avait déposée chez un commerçant voisin / trouver enfin le courage d'écrire ce long billet que je ruminais depuis des mois

Jeudi: repérages de prochaines lectures chez Filigranes / reprise de l'aerial yoga après deux semaines et demie d'interruption, ça fait du bien

Vendredi: trouver le dernier Frankie et le dernier Oh Comely chez Waterstones / troquer mon avoir chez Naf-Naf contre un gilet en grosse maille beige ultra douillet / un cocktail chez LIB avec Gasparde et Sunalee... / ...suivi par un canard aux crêpes chez Fanny Thai où Chouchou nous rejoint

Samedi: tenir cinq minutes la tête en bas à l'aerial yoga / sur le chemin du retour, m'arrêter chez le fleuriste pour une brassée de petites tulipes rouges / passer l'après-midi à bouquiner et à siester / Chouchou nous fait des crêpes en guise de dîner / on aime tous les deux le film japonais "After life" / faire découvrir l'aerial yoga à Pénélope B sur Twitter / Chouchou, vêtu uniquement d'une attelle de cheville et d'une paire de chaussettes, chante "Où sont les poils?" sur un air de Patrick Juvet 

Dimanche: ça faisait longtemps qu'on n'avait pas été au marché un dimanche matin / Chouchou se dévoue pour porter le linge propre à la laverie et le faire sécher / une double ration de "The good place" ce soir

...et sans jour particulier: "The Cazalet chronicles", gros coeur de coeur lecture qui se confirme avec le tome 2 / une météo froide mais essentiellement ensoleillée à Bruxelles / un moral au beau fixe